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Section I. De la nature de la volonté
Guide de lecture
À propos de ce livre
L’œuvre de philosophie la plus rigoureuse de Jonathan Edwards : la démonstration que la volonté n’est jamais indifférente, mais suit toujours ce que l’esprit trouve le plus convaincant, de sorte qu’un homme est libre de faire ce qui lui plaît, et pourtant n’est pas libre de vouloir autrement qu’il ne veut. Un livre écrit contre l’idée d’une volonté qui se déterminerait elle-même à partir de rien.
ON pensera peut-être qu’il n’est guère nécessaire d’entreprendre de définir ou de décrire la Volonté, ce mot étant en général aussi bien compris que tous ceux dont nous pourrions nous servir pour l’expliquer ; et sans doute en serait-il ainsi, si les philosophes, les métaphysiciens et les théologiens polémistes n’avaient obscurci la question par ce qu’ils en ont
Sommaire
- 1 Section I. De la nature de la volonté 8 min
- 2 Section II. De la détermination de la volonté 19 min
- 3 Section III. Du sens des termes Nécessité, Impossibilité, Incapacité, etc., et de la Contingence 15 min
- 4 Section IV. De la distinction entre la nécessité naturelle et la nécessité morale, et de l’incapacité 16 min
- 5 Section V. De la notion de liberté et d’agentivité morale 8 min
- 6 Section I. Où l’on montre l’incohérence manifeste de la notion arminienne de la liberté de la volonté, qui consisterait dans le pouvoir d’autodétermination de la volonté 9 min
- 7 Section II. Examen de plusieurs prétendus moyens d’échapper au raisonnement qui précède 12 min
- 8 Section III. Si un événement quelconque, et la volition en particulier, peut se produire sans une cause de son existence 13 min
- 9 Section IV. Si la volition peut naître sans cause, par l’activité de la nature de l’âme 9 min
- 10 Section V. Où l’on montre que, à supposer vraies les choses affirmées dans ces échappatoires, elles seraient hors de propos et ne serviraient en rien la cause de la liberté arminienne ; et comment, dès lors, les écrivains arminiens sont obligés de parler de manière incohérente 9 min
- 11 Section VI. De la volonté qui se détermine dans des choses parfaitement indifférentes sous la vue de l’esprit 16 min
- 12 Section VII. De la notion d’une liberté de la volonté consistant dans l’indifférence 20 min
- 13 Section VIII. De la prétendue liberté de la volonté, en tant qu’opposée à toute nécessité 7 min
- 14 Section IX. De la connexion des actes de la volonté avec les dictamens de l’entendement 17 min
- 15 Section X. La volition nécessairement liée à l’influence des motifs : avec des observations particulières sur la grande inconséquence des affirmations et des raisonnements de M. Chubb touchant la liberté de la volonté 32 min
- 16 Section XI. Preuve tirée de la Prescience certaine que Dieu a des volitions des Agents moraux 42 min
- 17 Section XII. La prescience certaine que Dieu a des volitions futures des agents moraux est incompatible avec une contingence de ces volitions qui serait exempte de toute nécessité 28 min
- 18 Section XIII. Que l’on suppose les volitions des agents moraux liées ou non à quelque chose d’antécédent, elles doivent néanmoins être nécessaires en un sens tel qu’il renverse la liberté arminienne 7 min
- 19 Section I. L’Excellence morale de Dieu est nécessaire, et pourtant vertueuse et digne de louange 8 min
- 20 Section II. Les actes de la volonté de l’âme humaine de Jésus-Christ, nécessairement saints, et pourtant vraiment vertueux, dignes de louange, dignes de récompense, etc. 31 min
- 21 Section III. Le cas de ceux qui sont livrés par Dieu au péché, et de l’homme déchu en général, prouve que la Nécessité et l’Incapacité morales sont compatibles avec la culpabilité 16 min
- 22 Section IV. Le commandement et l’obligation d’obéir, compatibles avec l’incapacité morale d’obéir 23 min
- 23 Section V. De cette sincérité des désirs et des efforts qu’on suppose excuser l’omission de choses bonnes en elles-mêmes, examinée en particulier 18 min
- 24 Section VI. La liberté d’indifférence non seulement n’est pas nécessaire à la vertu, mais lui est absolument contraire ; et toutes les habitudes ou inclinations, vertueuses ou vicieuses, sont incompatibles avec les notions arminiennes de liberté et d’agentivité morale 17 min
- 25 Section VII. Les notions arminiennes d’agentivité morale sont incompatibles avec toute influence du motif et de l’incitation, dans les actions vertueuses comme dans les actions vicieuses 14 min
- 26 Section I. L’essence de la vertu et du vice des dispositions du cœur et des actes de la volonté ne réside pas dans leur cause, mais dans leur nature 14 min
- 27 Section II. La fausseté et l’incohérence de cette notion métaphysique de l’action et de l’agentivité qui semble être généralement admise par les défenseurs de la doctrine arminienne touchant la liberté, l’agentivité morale, etc 17 min
- 28 Section III. Les raisons pour lesquelles certains jugent contraire au sens commun de supposer que des choses nécessaires soient dignes de louange ou de blâme 14 min
- 29 Section IV. Il est conforme au sens commun et aux notions naturelles des hommes de supposer la nécessité morale compatible avec la louange et le blâme, la récompense et le châtiment 18 min
- 30 Section V. Des objections selon lesquelles ce système de nécessité rend vains et inutiles tous les moyens et tous les efforts pour éviter le péché ou obtenir la vertu et la sainteté, et ne fait des hommes que de simples machines dans les affaires de la morale et de la religion 16 min
- 31 Section VI. De l’objection selon laquelle la doctrine que nous avons soutenue s’accorde avec la doctrine stoïcienne du destin et avec les opinions de M. Hobbes 6 min
- 32 Section VII. De la nécessité de la volonté divine 15 min
Questions et réponses
De quoi parle « De la liberté de la volonté » ?
C’est l’ouvrage de philosophie et de théologie le plus rigoureux de Jonathan Edwards : une démonstration soutenue que la volonté n’est jamais neutre ni indifférente, mais suit toujours ce que l’esprit trouve le plus convaincant. Edwards en conclut qu’un homme est libre de faire ce qui lui plaît, et pourtant n’est pas libre de vouloir autrement — une défense de la souveraineté de Dieu et de la responsabilité humaine contre la notion d’une volonté sans cause, qui se déterminerait elle-même.
Qui était Jonathan Edwards ?
Jonathan Edwards fut un pasteur et théologien de la Nouvelle-Angleterre au XVIIIe siècle, l’une des grandes figures du Grand Réveil, et il est souvent considéré comme le plus grand esprit philosophique de l’histoire américaine. À côté de ses écrits sur le réveil et de son Traité des affections religieuses, ce traité montre son versant le plus rigoureux, au raisonnement serré, appliqué à l’une des questions les plus difficiles de la théologie et de la philosophie.
Quel est l’argument central d’Edwards ?
Que la volonté choisit toujours selon le motif le plus fort — qu’un homme agit selon ce qui, au moment du choix, paraît le plus désirable à son esprit. La volonté n’est donc pas un pouvoir neutre qui pourrait aussi bien se porter d’un côté que de l’autre, mais elle est déterminée par les inclinations et les perceptions propres de la personne. Nous faisons ce que nous voulons le plus, et en ce sens nous sommes libres ; mais nous ne pouvons vouloir autrement que nous ne voulons.
Quelle différence Edwards fait-il entre capacité « naturelle » et capacité « morale » ?
Edwards distingue l’incapacité naturelle — être empêché physiquement ou extérieurement de faire une chose — de l’incapacité morale, qui n’est que le manque de volonté ou d’inclination à la faire. Le pécheur n’est pas naturellement incapable de venir à Dieu, comme s’il était enchaîné, mais moralement incapable, en ce que son propre cœur s’y refuse ; et cela, soutient Edwards, le laisse pleinement responsable, puisque rien hors de lui ne le contraint à refuser.
Pourquoi Edwards l’a-t-il écrit ?
Pour défendre la conception calviniste de la souveraineté de Dieu et de la responsabilité humaine contre l’opinion grandissante selon laquelle la vraie liberté exige une volonté que rien ne détermine, ni le caractère propre de l’homme ni le décret de Dieu. Edwards voulait montrer qu’une telle volonté autodéterminée est à la fois incohérente et contraire à l’Écriture, et que la vraie responsabilité morale repose plutôt sur le fait que nous agissons selon nos désirs les plus forts.
Ce livre est-il difficile à lire ?
Oui — c’est l’ouvrage le plus exigeant d’Edwards, argumenté de façon serrée et abstraite, et il récompense la patience et l’attention. Mais sa logique est puissante et son influence immense ; les lecteurs disposés à suivre son raisonnement y trouvent l’une des défenses les plus redoutables de la souveraineté divine et une analyse pénétrante de ce que signifie réellement la liberté humaine.
Pourquoi ce livre a-t-il eu tant d’influence ?
Parce qu’il a fixé les termes du débat sur le libre arbitre, la souveraineté et la responsabilité pour des générations de théologiens, et qu’il demeure un jalon à la fois de la philosophie américaine et de la théologie réformée. Ses distinctions ont façonné la manière dont beaucoup de chrétiens concilient la souveraineté de Dieu et la responsabilité de l’homme, et on l’étudie et on en débat encore plus de deux siècles et demi plus tard.
Par où un lecteur devrait-il commencer ?
Par le début, où Edwards définit ses termes — la volonté, les motifs, la capacité —, puisque tout son argument est bâti précisément sur eux. C’est un livre à lire lentement et dans l’ordre, en suivant la chaîne du raisonnement maillon par maillon ; les lecteurs qui prennent ce temps trouvent sa rigueur gratifiante et ses conclusions difficiles à éluder.
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À propos de l'auteur
Jonathan Edwards
De la liberté de la volonté · 1754
John Frederick Kensett, “Passing off of the Storm” (1872). The Metropolitan Museum of Art, Open Access.
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