Si vous vous êtes jamais demandé pourquoi certaines prières semblent ébranler le ciel tandis que d’autres retombent à terre, La prière qui prévaut, sous-titré « Qu’est-ce qui l’entrave ? », vous en donne une réponse brève et sans détour. L’évangéliste D. L. Moody s’y propose de montrer quelle sorte de prière Dieu honore réellement — non pas une technique ou une formule magique, mais un ensemble de dispositions du cœur que l’Écriture récompense. Ce guide d’étude vous accompagne à travers le but du livre, sa construction, ses thèmes centraux et la manière de le lire aujourd’hui, afin qu’au terme de votre lecture vous ne compreniez pas seulement la prière qui prévaut, mais que vous commenciez à prier ainsi. Le texte intégral se lit gratuitement sur Ochorus.

Ce qu’est le livre, et le but de Moody

La prière qui prévaut est le manuel pratique de Moody sur la prière qui saisit Dieu. Publié pour la première fois en 1884 et tiré en grande partie de sa propre prédication, c’est moins un traité qu’une suite de causeries pénétrantes, riches en illustrations. Moody n’était pas un théologien de formation, mais un ancien vendeur de chaussures devenu évangéliste, et il écrit exactement comme il prêchait : directement, chaleureusement, avec une histoire à chaque page. Sa question est délibérément pratique. Il suppose que ses lecteurs croient déjà que la prière est un devoir ; ce qu’il veut mettre au jour, c’est pourquoi tant de nos prières semblent accomplir si peu.

Son but, en une phrase, est de faire passer les chrétiens d’une prière vague, centrée sur soi et sans attente, à une prière précise, issue d’un cœur pur et pleine de foi. Il commence en affirmant avec insistance que les grandes figures de la Bible n’étaient pas une classe à part de super-saints, mais des gens comme nous, qui avaient appris à prier.

Ceux qui ont laissé la plus profonde empreinte sur cette terre maudite par le péché ont été des hommes et des femmes de prière.

Dwight L. Moody

Cette conviction traverse tout le reste. Si Abraham, Anne, Daniel et Élie ont prévalu auprès de Dieu, la même porte reste ouverte à tout croyant ordinaire qui acceptera de rencontrer Dieu aux conditions que pose l’Écriture. Moody rappelle la parole de l’apôtre selon laquelle Élie était « un homme de la même nature que nous » (Jacques 5:17), précisément pour abolir la distance entre le lecteur et les saints d’autrefois qui priaient.

Comment le livre est construit

La structure de La prière qui prévaut fait son génie, et il vaut la peine de la saisir avant de commencer. Après un premier chapitre sur les prières de la Bible, Moody consacre un court chapitre à chacun de ce qu’il appelle les grands éléments de la prière, pris tour à tour : l’adoration, la confession, la restitution, l’action de grâces, le pardon, l’unité, la foi, la requête et la soumission. Un dernier chapitre rassemble des prières exaucées de manière frappante, comme autant de preuves que tout cela porte du fruit.

Ces éléments sont moins une liste à réciter dans l’ordre que des ingrédients qui, ensemble, font prévaloir la prière. Moody commence par l’adoration, parce qu’il croit que l’adoration doit précéder la demande ; nous venons d’abord pour honorer Dieu, et non simplement pour lui présenter des requêtes. Il passe ensuite à la confession, en remarquant que ceux qui avaient le plus de puissance auprès de Dieu étaient les plus prompts à reconnaître leur péché. Vient alors la restitution, l’un des chapitres les plus revigorants du livre, où il soutient qu’un tort non réparé est un véritable obstacle à la prière :

Si j’ai, à quelque moment que ce soit, pris ce qui ne m’appartient pas, et que je ne sois pas disposé à faire restitution, mes prières ne monteront pas bien haut vers le ciel.

Dwight L. Moody

L’action de grâces suit, puis le pardon, que Moody tient pour l’élément peut-être le plus difficile de tous, et pour celui qui, plus que tout autre, prive les gens de puissance auprès de Dieu. L’unité vient ensuite, illustrée par la prière d’un même accord de l’Église primitive à la Pentecôte (Actes 2:1). Le livre s’élève alors jusqu’à son cœur avec la foi et la requête, avant de s’achever, à dessein, sur la soumission — la volonté inclinée devant celle de Dieu. En lisant les chapitres dans l’ordre, vous voyez Moody bâtir un tableau complet de la prière que Dieu exauce.

Les thèmes centraux

Plusieurs fils relient ces éléments entre eux. Le premier est la priorité d’un cœur pur et prompt à pardonner. Moody est convaincu que la plupart des prières non exaucées sont des prières entravées — bloquées par un péché non confessé, une restitution non faite ou un refus de pardonner. Avant même de nous demander de prier davantage, il nous demande d’agir en toute droiture envers Dieu et envers notre prochain. Son chapitre sur le pardon s’appuie sur la demande « pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (Matthieu 6:12) comme pierre de touche pour savoir si nous sommes réellement nés de Dieu.

Le deuxième thème est la foi. Pour Moody, la prière de foi est le pivot sur lequel tout tourne. Il rappelle la promesse faite à celui qui manque de sagesse : « qu’il la demande à Dieu », mais « qu’il la demande avec foi, sans douter » (Jacques 1:5–6), et il trace une ligne nette entre le doute et la confiance :

L’incrédulité voit quelque chose dans la main de Dieu et dit : « Je ne puis l’obtenir. » La foi le voit et dit : « Je l’aurai. »

Dwight L. Moody

Le troisième thème est la requête précise et persévérante. Moody n’a guère de patience pour les prières qui font le tour du globe sans rien demander. S’appuyant sur « Demandez, et l’on vous donnera » (Matthieu 7:7), il presse ses lecteurs de nommer ce qu’ils désirent réellement et d’attendre une réponse. Il est tout aussi clair sur le danger inverse — demander avec un mauvais motif — et cite l’avertissement adressé à certains : « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal » (Jacques 4:3).

Combien de fois allons-nous aux réunions de prière sans rien demander vraiment !

Dwight L. Moody

Le quatrième thème est la soumission, et c’est par elle que Moody empêche sa hardiesse de basculer dans la présomption. La prière qui prévaut, insiste-t-il, est offerte avec foi tout en restant remise à la sagesse de Dieu, à l’image de la prière du Christ : « que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne » (Luc 22:42). Il aime mieux que Dieu choisisse que de choisir lui-même. Enfin, tout le livre est porté par les exemples bibliques. Moody enseigne la prière surtout en présentant ceux qui ont prié et ont été exaucés — Zachée rendant le quadruple de ce qu’il avait pris (Luc 19:8), l’Église réunie d’un même accord, et par-dessus tout la promesse du Christ : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé » (Jean 15:7).

Qui devrait le lire

La prière qui prévaut s’adresse à tout chrétien qui désire prier avec plus de vérité et de puissance, et qui soupçonne que quelque chose entrave discrètement ses prières. Parce que les chapitres sont courts et pleins d’histoires, le livre convient aussi bien au débutant qui apprend tout juste à prier qu’au croyant aguerri qui souhaite une remise en question exigeante. Les nouveaux chrétiens y trouveront une carte claire et rassurante de ce qu’implique la prière. Ceux qui conduisent les autres — pasteurs, parents, responsables de petits groupes — trouveront chaque élément facile à enseigner et à mettre en pratique sous leurs yeux.

Il est particulièrement précieux pour quiconque s’est découragé, a prié sans recevoir, semble-t-il, de réponse, et a commencé à se demander si la prière change vraiment quoi que ce soit. Moody affronte ce découragement de face, non par du sentiment, mais par l’examen de soi et l’espérance. Les lecteurs qui préfèrent la théologie systématique à l’anecdote trouveront peut-être son style décousu, mais eux aussi seront aiguisés par son sens pratique implacable. C’est un livre auquel il faut obéir autant qu’il faut le comprendre.

Comment le lire aujourd’hui

Lisez-le lentement, un élément à la fois. Le livre est fait pour cela : prenez un seul chapitre pour la lecture du jour et laissez son unique question peser sur votre conscience avant de poursuivre. Moody suppose que vous vous arrêterez pour agir, et non que vous vous contenterez de tourner les pages.

Gardez votre Bible ouverte à côté du livre. Parce que Moody enseigne par l’exemple, ses chapitres sont tissés d’Écriture, et vous en tirerez bien davantage si vous allez lire les prières qu’il cite — celle d’Anne, celle de Daniel, celle d’Élie — ainsi que les récits qui les entourent. Tenez aussi un carnet, et faites de chaque élément un examen personnel : y a-t-il une confession que j’évite ? Une restitution que je dois ? Une personne à qui je n’ai pas pardonné ? Une requête que je n’ai jamais osé formuler précisément ?

Quelques illustrations de Moody, marquées par le XIXe siècle, paraissent datées, et son anglais est la prose simple de son temps, façonnée par la Bible du roi Jacques ; lisez au-delà des détails d’époque pour atteindre l’idée qu’ils recouvrent, remarquablement intemporelle. Et souvenez-vous de la conviction qui encadre tout son propos :

Il est aussi important pour nous de savoir comment prier que de savoir comment travailler.

Dwight L. Moody

Lisez dans un esprit de prière, et laissez le livre devenir une école de prière plutôt qu’un simple livre sur la prière. S’il vous pousse à présenter à Dieu des requêtes précises avec actions de grâces, dans l’esprit de l’exhortation « Ne vous inquiétez de rien », mais « en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces » (Philippiens 4:6), il aura accompli son œuvre.

Pour la réflexion

Ces questions peuvent servir dans la méditation personnelle, dans un journal ou dans une discussion de groupe, à mesure que vous avancez dans le livre :

  1. Moody soutient que la plupart des prières non exaucées sont des prières entravées. En lisant les éléments — l’adoration, la confession, la restitution, l’action de grâces, le pardon, l’unité, la foi, la requête, la soumission —, lequel met au jour le plus grand obstacle dans votre propre vie de prière ?
  2. Y a-t-il une restitution que vous devez, ou une personne à qui vous avez refusé de pardonner, qui pourrait se dresser entre vous et Dieu ? Que faudrait-il faire, concrètement, pour réparer cela cette semaine ?
  3. Moody dit que l’incrédulité voit le don dans la main de Dieu et dit « Je ne puis l’obtenir », tandis que la foi dit « Je l’aurai ». Où avez-vous le plus besoin de passer de l’hésitation à la confiance ?
  4. Nommez une chose précise que vous n’avez jamais réellement demandée à Dieu. Qu’est-ce qui a maintenu vos prières dans le vague, et à quoi ressemblerait une requête concrète ?
  5. Comment tenez-vous ensemble une demande hardie, pleine d’attente, et une véritable soumission au « que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne » ? Quel côté avez-vous tendance à négliger ?

À lire ensuite

Pour poursuivre avec Moody lui-même, tournez-vous vers Le chemin vers Dieu, sa chaleureuse invitation à l’assurance et à la vie nouvelle qui rendent possible une vie de prière. Placez ensuite La prière qui prévaut à côté d’un classique qui l’accompagne bien : Puissance par la prière d’E. M. Bounds, qui défend la même conviction sous un autre angle — l’œuvre de Dieu ne s’accomplit pas par de meilleures méthodes, mais par des hommes et des femmes qui prient. Ensemble, ils forment un cours bref et revigorant sur la prière qui prévaut, et tous trois se lisent gratuitement et en intégralité sur Ochorus.