La Pratique de la présence de Dieu (Pour ados)
Le bateau plein de tonneaux

Chapitre 8 · 3 min de lecture · 3 min d’écoute

Le bateau plein de tonneaux

« Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. » — Philippiens 4:6

Une année, le monastère envoya frère Laurent en voyage d’affaires. Il devait se rendre en Bourgogne, une région célèbre pour son vin, afin d’acheter la provision de la communauté pour l’année. C’était, dit Beaufort, « une commission très désagréable pour lui ». Laurent n’avait aucun sens des affaires. Pire encore, sa jambe allait si mal que sur le bateau, il « ne pouvait se déplacer qu’en se roulant sur les tonneaux ».

Imagine la scène. Un frère boiteux qui déteste marchander, envoyé négocier un gros achat, et qui se déplace sur un bateau de marchandises en roulant par-dessus les tonneaux de vin. Si quelqu’un avait une raison de paniquer, c’était bien lui.

Il ne paniqua pas. Beaufort dit qu’il ne s’en fit aucun souci. Il dit simplement à Dieu que « c’était son affaire à lui qu’il faisait », et il la lui laissa. Et il « trouva ensuite que tout s’était très bien fait ». L’année d’avant, on l’avait envoyé faire la même commission dans une autre région, l’Auvergne, et il disait qu’il ne savait même pas comment tout s’était arrangé, mais que cela s’était très bien passé.

C’était sa façon habituelle d’affronter les choses difficiles. Quand il se trouvait devant quelque chose qu’il savait ne pas pouvoir faire, il disait à Dieu : « Seigneur, je ne saurais faire cela si vous ne m’en rendez capable. » Et Beaufort dit qu’il « recevait alors une force plus que suffisante ».

Plus tard, Laurent alla encore plus loin. Il remarqua que lorsqu’une tâche l’attendait, il ne s’en tracassait plus à l’avance. Au contraire, « quand le moment de la faire était venu, il trouvait en Dieu, comme dans un miroir clair, tout ce qu’il lui convenait de faire ».

Pour être juste envers ceux d’entre nous qui aiment tout planifier, cela ne veut pas dire ne jamais se préparer. Souviens-toi : à la cuisine, il réfléchissait à chaque travail avant de commencer. Cela veut dire ne pas porter le poids de la tâche de demain pendant toute la journée d’aujourd’hui. Planifier et s’inquiéter, ce n’est pas la même chose. Planifier, c’est faire ce que tu peux. S’inquiéter, c’est essayer de porter ce que seul Dieu peut porter.

Tu auras tes propres tonneaux de vin : des examens, des entretiens, une conversation difficile, un match, l’arrivée dans un nouvel établissement. Fais le travail que tu as à faire. Puis fais ce que Laurent faisait. Dis à Dieu que c’est aussi son affaire. Demande-lui de la force. Et fais-lui confiance : quand le moment viendra, il sera là avec ce dont tu as besoin.

Une chose à faire cette semaine : pense à quelque chose qui approche et que tu redoutes. Chaque fois que l’inquiétude revient cette semaine, dis la prière de Laurent : « Seigneur, je ne peux pas faire ça si tu ne m’aides pas. » Puis fais une chose concrète pour te préparer, et laisse le reste à Dieu.

Questions pour réfléchir

Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.

Pourquoi le voyage pour acheter le vin était-il difficile pour frère Laurent ?

Il n’avait aucun don pour les affaires, et sa jambe allait si mal qu’il ne pouvait se déplacer sur le bateau qu’en se roulant sur les tonneaux.

Que dit-il à Dieu au sujet de cette tâche ?

Que c’était l’affaire de Dieu qu’il faisait. Il avait aussi l’habitude de prier : « Seigneur, je ne saurais faire cela si vous ne m’en rendez capable », et il recevait une force plus que suffisante.

D’après ce chapitre, quelle est la différence entre planifier et s’inquiéter ?

Planifier, c’est faire ce que tu peux pour te préparer, comme Laurent à la cuisine. S’inquiéter, c’est essayer de porter à l’avance ce que seul Dieu peut porter.

Chapitre 8 terminé

Le bateau plein de tonneaux

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