Chapitre 7 · 3 min de lecture · 3 min d’écoute
Un brin de paille par terre
« Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. » — Luc 16:10
La plupart d’entre nous pensent en secret que servir Dieu comme il faut, c’est faire quelque chose de grand. Conduire la louange. Partir à l’étranger. Donner un message qui change des vies. Frère Laurent était heureux avec quelque chose de bien plus petit. Beaufort dit qu’il était content quand il pouvait « ramasser un brin de paille par terre pour l’amour de Dieu, en ne cherchant que lui seul, et rien d’autre, pas même ses dons ».
Un brin de paille par terre. Dans une cour de monastère, c’est à peu près le plus petit travail qui existe. Mais s’il était fait par amour, Laurent le comptait comme un acte d’adoration. Il disait que Dieu « ne regarde pas la grandeur de l’œuvre, mais l’amour avec lequel on l’accomplit ».
Il alla plus loin. Certains, disait-il, pensent que devenir plus saint veut dire changer ce qu’on fait : de nouvelles activités, de nouvelles disciplines, plus d’agitation religieuse. Laurent n’était pas d’accord. Il disait que notre sainteté « ne dépend pas de changer nos œuvres, mais de faire pour Dieu ce que nous faisons d’ordinaire pour nous-mêmes ».
Relis ça lentement, parce que c’est peut-être la phrase la plus pratique du livre. Tu n’as pas forcément besoin d’ajouter plein de nouvelles choses à ta vie pour te rapprocher de Dieu. Tu as besoin de prendre les choses que tu fais déjà, te lever, étudier, manger, marcher jusqu’au bus, faire du sport, aider à la maison, et de commencer à les faire avec Dieu et pour Dieu.
Plus tard dans sa vie, Laurent changea de travail, et il finit par réparer les sandales de la communauté. Il dit à Beaufort qu’il était très content du poste qu’il avait, mais tout aussi prêt à le quitter que le précédent, parce qu’il se plaisait « toujours en toute condition, à faire de petites choses pour l’amour de Dieu ».
Il mettait aussi en garde contre la lassitude face aux petites choses. Nous ne devons pas, disait-il, « nous lasser de faire de petites choses pour l’amour de Dieu ». C’est facile d’être fidèle quand quelque chose paraît important et que quelqu’un regarde. C’est plus dur quand c’est la centième fois que tu remplis le lave-vaisselle. Mais Jésus l’a dit : « Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. » C’est dans les petites choses qu’on apprend la fidélité.
Alors la prochaine fois que tu ramasses une chaussette qui traîne, que tu tiens une porte, ou que tu finis des devoirs que personne ne félicitera jamais, tu peux le faire à la manière de Laurent. Petit travail. Grand amour. Dieu voit les deux.
Une chose à faire cette semaine : chaque jour, fais un petit travail que personne ne remarquera, pour quelqu’un d’autre, et fais-le exprès pour Dieu. Ne le dis à personne. À la fin de la semaine, raconte-les à Dieu.
Questions pour réfléchir
Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.
Pourquoi frère Laurent était-il heureux de ramasser un brin de paille par terre ?
Parce qu’il le faisait pour l’amour de Dieu. Il croyait que Dieu ne regarde pas la taille du travail, mais l’amour avec lequel on le fait.
Selon Laurent, devenir saint veut-il dire changer ce que nous faisons ?
Pas d’abord. Il disait que cela dépend de faire pour Dieu les choses que nous faisons d’ordinaire pour nous-mêmes.
Quel travail eut-il plus tard, et que pensait-il du fait de changer de travail ?
Il réparait les sandales de la communauté. Il y était heureux, mais tout aussi prêt à partir, parce qu’il trouvait la joie partout en faisant de petites choses pour l’amour de Dieu.
Chapitre 7 terminé
Un brin de paille par terre