Chapitre 9 · 26 min de lecture · 34 min d’écoute
L’Institution pour la connaissance des Écritures
1834-1835.
CARACTÈRE NON SCRIPTURAIRE DES SOCIÉTÉS RELIGIEUSES ET CHARITABLES EXISTANTES—PROJET D’UNE NOUVELLE INSTITUTION—LA PAROLE DE DIEU SEULE RÈGLE, ET LA PROMESSE DE DIEU SEUL APPUI—« EN TOUTE CHOSE FAITES CONNAÎTRE VOS BESOINS À DIEU »—GAGE DE LA BÉNÉDICTION DIVINE SUR L’INSTITUTION—DEUIL—UN AIDE ENVOYÉ À PROPOS—RÉCOMPENSE DE CEUX QUI CHERCHENT LA FACE DE DIEU.
21 févr. J’ai été conduit ce matin à former le plan d’une institution fondée sur des principes scripturaires, pour la propagation de l’Évangile dans le pays et à l’étranger. J’ai la confiance que cette affaire vient de Dieu. 25 févr. J’ai de nouveau été conduit aujourd’hui à prier au sujet de la formation d’une nouvelle institution missionnaire, et je me suis senti encore plus confirmé dans la pensée que nous devons le faire.
[Quelques lecteurs demanderont peut-être pourquoi nous avons formé une nouvelle institution pour la propagation de l’Évangile, et pourquoi nous ne nous sommes pas unis à l’une des sociétés religieuses déjà existantes, puisqu’il y a plusieurs sociétés missionnaires, bibliques, de traités et d’écoles. J’expose donc nos raisons, afin de montrer que rien d’autre que le désir de garder une bonne conscience ne nous a fait agir comme nous l’avons fait. Car, comme par la grâce de Dieu nous reconnaissions la parole de Dieu pour la seule règle de conduite des disciples du Seigneur Jésus, nous trouvâmes, en comparant à la parole de Dieu les sociétés religieuses qui existaient alors, qu’elles s’en écartaient tellement que nous ne pouvions nous unir à elles tout en gardant une bonne conscience. Je ne mentionne ici que les points suivants.
1. Le but que ces sociétés religieuses se proposent, et qui est constamment mis sous les yeux de leurs membres, c’est que le monde deviendra graduellement de mieux en mieux, et qu’à la fin le monde entier sera converti. À cet effet, on se réfère constamment au passage d’Habakuk 2:14 : « Car la terre sera remplie de la connaissance de la gloire de l’Éternel, Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent » ; ou à celui d’Ésaïe 11:9 : « Car la terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel, Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. » Mais que ces passages ne peuvent se rapporter à l’économie présente, mais à celle qui commencera au retour du Seigneur,—que dans l’économie présente les choses ne deviendront pas spirituellement meilleures, mais plutôt pires,—et que dans l’économie présente ce n’est pas le monde entier qui sera converti, mais seulement un peuple rassemblé du milieu des nations pour le Seigneur,—c’est ce qui ressort clairement de nombreux passages du témoignage divin, dont je ne citerai que les suivants : Matth. 13:24-30, et versets 36-43, 2 Tim. 3:1-13, Actes 15:14.
Un désir sincère de la conversion des pécheurs, et la prière fervente adressée pour elle au Seigneur, sont tout à fait scripturaires ; mais il est non scripturaire d’attendre la conversion du monde entier. Un tel but, nous ne pouvions nous le proposer dans le service du Seigneur.
2. Mais ce qui est pire, c’est la liaison de ces sociétés religieuses avec le monde, liaison entièrement contraire à la parole de Dieu (2 Cor. 6:14-18). Dans les choses temporelles, les enfants de Dieu ont besoin, tant qu’ils demeurent ici-bas sur la terre, de se servir du monde ; mais quand l’œuvre à accomplir exige que ceux qui s’y emploient possèdent la vie spirituelle (dont les incrédules sont absolument dépourvus), les enfants de Dieu sont tenus, par leur fidélité envers leur Seigneur, de s’abstenir entièrement de toute association avec les non-régénérés. Mais, hélas ! la liaison avec le monde n’est que trop marquée dans ces sociétés religieuses ; car quiconque paie une guinée, ou, dans certaines sociétés, une demi-guinée, est considéré comme membre. Cet homme a beau vivre dans le péché, il a beau montrer à chacun qu’il ne connaît pas le Seigneur Jésus : pourvu que la guinée ou la demi-guinée soit payée, il est considéré comme membre et a, à ce titre, le droit de voter. De plus, quiconque paie une somme plus forte, par exemple dix livres ou vingt livres, peut devenir, dans beaucoup de sociétés, membre à vie, quelque ouvertement pécheresse que soit sa vie à ce moment-là, ou qu’elle le devienne par la suite. Assurément, il ne faut pas qu’il en soit ainsi.
3. Les moyens employés dans ces sociétés religieuses pour obtenir de l’argent pour l’œuvre du Seigneur sont aussi, à d’autres égards, non scripturaires ; car il est extrêmement courant de demander de l’argent aux inconvertis, ce que même Abraham n’aurait pas fait (Genèse 14:21-24) ; et combien moins devrions-nous le faire, nous à qui non seulement il est défendu d’avoir communion avec les incrédules en toutes ces choses (2 Cor. 6:14-18), mais qui sommes aussi en communion avec le Père et le Fils, et qui pouvons donc obtenir du Seigneur tout ce dont nous pouvons avoir besoin pour son service, sans être obligés d’aller vers le monde inconverti ! Combien les premiers disciples agissaient différemment à cet égard, c’est ce que nous apprenons par 3 Jean 7.
4. Ce n’est cependant pas seulement en ces points-là qu’il y a liaison avec le monde dans ces sociétés religieuses ; mais il n’est pas rare que même des membres des comités (les personnes qui dirigent les affaires des sociétés) soient manifestement des inconvertis, sinon des ennemis déclarés de la vérité ; et on le tolère parce qu’ils sont riches, ou, comme on dit, influents.
5. Il est extrêmement courant de chercher à obtenir, comme patrons et présidents de ces sociétés et comme présidents des assemblées publiques, des personnes de rang ou de fortune, afin d’attirer le public. Jamais je n’ai connu un seul cas où un serviteur de Christ pauvre, mais très dévoué, sage et expérimenté, ait été invité à présider de telles assemblées publiques. Assurément, d’après ces principes, les pêcheurs de Galilée, qui furent apôtres, ou notre Seigneur lui-même, qu’on appelait le charpentier, n’auraient pas été appelés à cette fonction. Il ne doit pas en être ainsi parmi les disciples du Seigneur Jésus, qui ne devraient pas juger de l’aptitude d’une personne au service dans l’Église de Christ d’après la position qu’elle occupe dans le monde ou d’après la richesse qu’elle possède.
6. Presque toutes ces sociétés contractent des dettes, de sorte qu’il est relativement rare de lire le rapport de l’une d’elles sans y trouver qu’elle a dépensé plus qu’elle n’a reçu, ce qui est pourtant contraire à la fois à l’esprit et à la lettre du Nouveau Testament. (Rom. 13:8.)
Or, bien que le frère Craik et moi fussions prêts, par la grâce de Dieu, à reconnaître de grand cœur non seulement qu’il y a beaucoup de vrais enfants de Dieu liés à ces sociétés religieuses, mais aussi que le Seigneur a béni leurs efforts à bien des égards, malgré l’existence de ces principes et pratiques, et d’autres encore, que nous jugions non scripturaires, il nous parut néanmoins que sa volonté était que nous fussions entièrement séparés de ces sociétés, (dussions-nous être regardés comme des gens singuliers, ou dût-il même paraître que nous méprisions les autres ou voulions nous élever au-dessus d’eux,) afin que, par la bénédiction de Dieu, nous puissions attirer l’attention des enfants de Dieu qui sont dans ces sociétés sur leurs pratiques non scripturaires ; et nous aimions mieux n’avoir absolument aucun lien avec ces sociétés que d’agir contrairement aux saintes Écritures. Nous nous en séparâmes donc entièrement, tout en restant unis dans l’amour fraternel avec les croyants qui en faisaient partie, et sans vouloir aucunement les juger de ce qu’ils y restaient attachés, s’ils ne voient pas que de telles choses sont contraires à l’Écriture. Mais, les voyant telles nous-mêmes, nous ne pouvions y rester en bonne conscience. Après avoir ainsi marché quelque temps, nous considérâmes que ce serait d’une influence fâcheuse sur les frères parmi lesquels nous travaillions, et aussi contraire à l’esprit de l’Évangile de Christ, si nous ne faisions absolument rien pour les objets missionnaires, la diffusion des saintes Écritures, des traités, etc. ; et nous fûmes donc conduits, pour ces raisons et pour d’autres, à faire quelque chose pour la propagation de l’Évangile dans le pays et à l’étranger, si petit que fût le commencement.]
5 mars. Ce soir, dans une réunion publique, le frère Craik et moi avons exposé les principes selon lesquels nous comptons diriger l’institution que nous nous proposons de fonder pour la propagation de l’Évangile dans le pays et à l’étranger. Il n’y avait rien d’imposant extérieurement, ni dans le nombre des assistants ni dans nos discours. Qu’il plaise au Seigneur, dans sa grâce, d’accorder sa bénédiction à l’institution, qui s’appellera « l’Institution pour la connaissance des Écritures, dans le pays et à l’étranger ».
I. LES PRINCIPES DE L’INSTITUTION.
1. Nous considérons que tout croyant est tenu, d’une manière ou d’une autre, d’aider la cause de Christ, et nous avons dans l’Écriture le droit d’attendre la bénédiction du Seigneur sur notre œuvre de foi et notre travail de charité ; et bien que, d’après Matth. 13:24-43, 2 Tim. 3:1-13 et beaucoup d’autres passages, le monde ne doive pas être converti avant la venue de notre Seigneur Jésus, cependant, tant qu’il tarde, tous les moyens scripturaires doivent être employés pour le rassemblement des élus de Dieu.
2. Avec l’aide du Seigneur, nous n’entendons pas rechercher le patronage du monde ; c’est-à-dire que nous ne pensons jamais demander à des personnes inconverties de rang ou de fortune d’accorder leur appui à cette institution, parce que ce serait, à notre avis, déshonorer le Seigneur. C’est au nom de notre Dieu que nous levons l’étendard, Ps. 20:6 ; lui seul sera notre patron, et s’il nous aide, nous prospérerons ; et s’il n’est pas pour nous, nous ne réussirons pas.
3. Nous n’entendons pas demander de l’argent aux incrédules (2 Cor. 6:14-18) ; toutefois nous ne nous sentons pas autorisés à refuser leurs dons, s’ils venaient à les offrir d’eux-mêmes. Actes 28:2-10.
4. Nous rejetons absolument l’aide des incrédules pour l’administration ou la conduite des affaires de l’institution. 2 Cor. 6:14-18.
5. Nous comptons ne jamais étendre le champ de travail en contractant des dettes (Rom. 13:8) pour en appeler ensuite à l’Église de Christ afin d’obtenir du secours, parce que nous considérons cela comme opposé à la fois à la lettre et à l’esprit du Nouveau Testament ; mais, Dieu nous aidant, nous porterons dans la prière secrète les besoins de l’institution au Seigneur, et nous agirons selon les moyens que Dieu nous donnera.
6. Nous n’entendons pas mesurer le succès de l’institution au montant de l’argent donné ou au nombre de Bibles distribuées, etc., mais à la bénédiction du Seigneur sur l’œuvre (Zach. 4:6) ; et nous l’attendons dans la mesure où il nous aidera à nous attendre à lui dans la prière.
7. Tout en voulant éviter de rechercher une singularité inutile, nous désirons marcher simplement selon l’Écriture, sans compromettre la vérité, et recevoir en même temps avec reconnaissance toute instruction que des croyants expérimentés, après avoir prié, auront à nous donner sur un fondement scripturaire au sujet de l’institution.
II. LES OBJETS DE L’INSTITUTION.
1. Aider les écoles de jour, les écoles du dimanche et les écoles d’adultes où l’instruction est donnée selon des principes scripturaires, et, dans la mesure où le Seigneur nous en donnera les moyens, nous fournira des maîtres convenables et, à d’autres égards, nous aplanira le chemin, fonder des écoles de ce genre. Nous y joignons aussi le placement d’enfants pauvres dans de telles écoles de jour.
a. Par écoles de jour fondées sur des principes scripturaires, nous entendons des écoles de jour dont les maîtres sont des personnes pieuses,—où le chemin du salut est montré selon l’Écriture,—et où aucun enseignement n’est donné qui soit opposé aux principes de l’Évangile.
b. Les écoles du dimanche dont tous les maîtres sont des croyants, et où les saintes Écritures sont le seul fondement de l’enseignement, sont les seules que l’institution aide en leur fournissant des Bibles, des Nouveaux Testaments, etc. ; car nous considérons comme non scripturaire qu’on permette à des personnes qui ne font pas elles-mêmes profession de connaître le Seigneur de donner l’instruction religieuse.
c. L’institution n’aide aucune école d’adultes en lui fournissant des Bibles, des Nouveaux Testaments, des abécédaires, etc., à moins que les maîtres ne soient des croyants.
2. Répandre les saintes Écritures.
3. Le troisième objet de cette institution est d’aider les entreprises missionnaires.
Nous désirons aider les missionnaires dont la conduite paraît le plus conforme aux Écritures.
7 mars. Il ne nous reste aujourd’hui qu’un shilling. Ce soir, en rentrant de notre travail, nous avons trouvé un frère, notre tailleur, qui nous attendait ; il apportait un habillement neuf pour le frère Craik et pour moi, qu’un frère, dont le nom ne devait pas être mentionné, avait commandé pour nous.
23 avril. Hier et aujourd’hui, j’avais demandé au Seigneur de nous envoyer vingt livres, afin que nous puissions nous procurer une plus grande provision de Bibles et de Nouveaux Testaments que les maigres fonds de l’Institution pour la connaissance des Écritures ne nous permettaient d’en acheter ; et ce soir une sœur, sans qu’on lui ait rien demandé, a promis de nous donner cette somme, ajoutant qu’elle éprouvait un plaisir particulier à répandre les saintes Écritures, parce que leur simple lecture avait été le moyen de l’amener à la connaissance du Seigneur.
8 juin. Jour du Seigneur. Je n’ai pas obtenu de texte hier, malgré des prières répétées et la lecture de la Parole. Ce matin, je me suis réveillé avec ces mots : « Ma grâce te suffit. » Dès que je me fus habillé, je me suis tourné vers 2 Cor. 12 pour méditer ce passage ; mais en le faisant, après avoir prié, j’ai été amené à penser que je n’avais pas été dirigé vers cette portion pour en parler, comme je l’avais cru d’abord ; j’ai donc suivi ma pratique habituelle en pareil cas, c’est-à-dire continuer ma lecture des Écritures là où je l’avais laissée la veille au soir. Ce faisant, arrivé à Héb. 11:13-16, j’ai senti que c’était là le texte. Après avoir prié, j’y ai été confirmé, et il a plu au Seigneur de m’ouvrir ce passage. J’ai prêché là-dessus avec une grande joie. Il a plu à Dieu de bénir grandement ce que j’ai dit sur ce passage, et au moins une âme a été amenée par là au Seigneur.
25 juin. Ces trois derniers jours, j’ai eu très peu de réelle communion avec Dieu ; aussi ai-je été très faible spirituellement, et ai-je plusieurs fois ressenti de l’irritabilité d’humeur.
26 juin. J’ai pu, par la grâce de Dieu, me lever de bonne heure, et j’ai eu près de deux heures de prière avant le déjeuner. Je me sens maintenant, ce matin, plus à l’aise.
11 juillet. J’ai beaucoup prié au sujet d’un maître pour l’école de garçons qui doit être fondée en liaison avec notre petite institution. Huit candidats se sont présentés pour la place, mais aucun ne paraissait convenir. Enfin, le Seigneur nous a donné un frère, qui commencera l’œuvre.
9 octobre. Notre petite institution, fondée dans la dépendance du Seigneur et pourvue par lui de moyens, fonctionne maintenant depuis sept mois, et ont reçu par elle le bienfait de l’instruction,—1. À l’école du dimanche, environ 120 enfants. 2. À l’école d’adultes, environ 40 adultes. 3. Dans les deux écoles de jour de garçons et les deux écoles de jour de filles, 209 enfants, dont 54 entièrement gratuitement ; les autres paient environ un tiers de la dépense. Il a aussi été répandu 482 Bibles et 520 Nouveaux Testaments. Enfin, cinquante-sept livres ont été dépensées pour aider l’effort missionnaire. Les moyens que le Seigneur nous a envoyés, comme fruit de beaucoup de prières, pendant ces sept mois, s’élèvent à cent soixante-sept livres dix shillings et un demi-penny.
28 octobre. Nous avons entendu un récit des plus émouvants au sujet d’un pauvre petit orphelin qui a fréquenté quelque temps l’une de nos écoles, et qui semble y avoir été amené, autant que nous pouvons en juger, à une réelle inquiétude pour son âme par ce que j’avais dit des tourments de l’enfer ; il y a quelque temps, on l’a placé à l’hospice des pauvres, à quelques milles de Bristol. Il a exprimé un grand chagrin de ne plus pouvoir suivre notre école et notre ministère. Puisse ceci, si c’est la volonté du Seigneur, me conduire à faire aussi quelque chose pour subvenir aux besoins temporels des enfants pauvres, dont la pression a fait retirer ce pauvre garçon de notre école !
4 novembre. J’ai passé la plus grande partie de la matinée à lire la Parole et à prier, et j’ai demandé aussi notre pain quotidien, car il ne nous reste presque plus d’argent. 5 novembre. J’ai passé presque toute la journée dans la prière et la lecture de la Parole. J’ai prié aussi de nouveau pour que nos besoins temporels soient satisfaits, mais le Seigneur n’est pas encore intervenu. 8 novembre. Samedi. Le Seigneur a de nouveau gracieusement pourvu à nos besoins temporels pendant cette semaine, bien qu’au commencement il nous restât peu de chose. J’ai beaucoup prié cette semaine pour de l’argent, plus qu’aucune autre semaine, autant que je m’en souvienne, depuis que nous sommes à Bristol. Le Seigneur a pourvu à nos besoins par la vente de ce dont nous n’avions pas besoin, ou par le paiement de ce qui nous était dû.
10 décembre. Nous avons appris aujourd’hui qu’un frère décédé avait laissé douze livres au frère Craik et à moi.
31 décembre 1834. 1. Depuis que le frère Craik et moi travaillons à Bristol, 227 frères et sœurs se sont joints à nous dans la communion. Sur ces 227 qui se sont joints à nous, 103 ont été convertis par notre moyen, et beaucoup ont été amenés à la liberté de l’Évangile, ou ramenés de leur égarement. Quarante-sept jeunes convertis sont à Gideon, et cinquante-six à Bethesda. 2. Le revenu que le Seigneur m’a donné au cours de cette année est :—
1. Ma part des offrandes volontaires par les troncs, £135 13 2¼
2. Argent qui m’a été donné par des saints, à Bristol et au dehors 92 7 6
Au total £228 0 8¼
3. En outre, de nombreux articles en provisions, vêtements et meubles, valant pour nous environ 60 0 0
1er janvier 1835. Nous avons eu hier soir une réunion de prière spéciale, afin de louer le Seigneur pour toutes les nombreuses grâces que nous avons reçues pendant l’année écoulée, et de lui demander de nous continuer sa faveur. 13 janvier. J’ai visité de maison en maison les habitants d’Orange Street, et j’ai vu ainsi les familles de neuf maisons, pour savoir si quelqu’un avait besoin d’une Bible, si l’on savait lire, si l’on désirait placer les enfants dans nos écoles de jour ou à l’école du dimanche, afin de les aider en conséquence. Cela m’a donné l’occasion de m’entretenir avec eux de leur âme.
15 janvier. Ce matin, je suis allé de nouveau de maison en maison dans Orange Street. Je serais très heureux d’être souvent occupé à une telle œuvre, car elle est des plus importantes ; mais nous avons les mains si pleines d’autres travaux que nous ne pouvons faire que peu de chose de ce côté. 21 janvier. Reçu, en réponse à la prière, d’une source inattendue, cinq livres pour l’Institution pour la connaissance des Écritures. Le Seigneur verse, tandis que nous cherchons à répandre. Car pendant la semaine écoulée, rien que parmi les pauvres, en allant de maison en maison, on a vendu à prix réduit cinquante-huit exemplaires des Écritures ; continuer cette œuvre est de la plus haute importance, mais demandera beaucoup de moyens.
28 janvier. J’ai beaucoup prié ces jours-ci pour savoir si le Seigneur veut que j’aille comme missionnaire aux Indes orientales, et je suis tout disposé à partir, s’il daigne se servir de moi de cette manière. 29 janvier. J’ai été vivement poussé à prier au sujet d’un départ pour Calcutta comme missionnaire. Que le Seigneur me guide en cette affaire ! (Malgré toutes mes prières répétées et ferventes au commencement de 1835, et ma disposition à partir si c’était la volonté du Seigneur, il ne m’envoya pourtant pas.)
25 février. Au nom du Seigneur, et dans la dépendance de lui seul pour la subsistance, nous avons fondé une cinquième école de jour pour enfants pauvres, qui a été ouverte aujourd’hui. Nous avons maintenant deux écoles de garçons et trois écoles de filles.
M. Müller, ayant résolu de se rendre en Allemagne, principalement pour des affaires missionnaires, arriva à Londres le 27 février, et écrit :—
Ce matin, je suis allé au Bureau des étrangers pour mon passeport. En entrant dans le bureau, j’ai vu un imprimé où il est déclaré que tout étranger qui néglige de renouveler tous les six mois son certificat de résidence, qu’il reçoit en déposant son passeport, s’expose à une amende de cinquante livres ou à l’emprisonnement. Cette loi, je l’ai enfreinte par ignorance depuis que j’ai quitté Londres, en 1829. Il m’a paru bien préférable d’avouer tout de suite que je l’avais fait par ignorance plutôt que de l’enfreindre maintenant volontairement, en me confiant dans le Seigneur quant aux conséquences de cette démarche. C’est ce que j’ai fait, et le Seigneur a incliné le cœur du fonctionnaire auquel j’avais affaire à passer outre à mon infraction à la loi, parce que je l’avais enfreinte par ignorance. Après avoir obtenu mon passeport, j’ai rencontré une difficulté inattendue : l’ambassadeur de Prusse refusait de le viser, parce qu’il ne contenait pas mon signalement, et il me fallait donc prouver que j’étais bien la personne désignée dans le passeport. Cette difficulté n’a été levée qu’au bout de trois jours, lorsque, après une prière fervente, l’ambassadeur a été satisfait grâce à une pièce signée par quelques citoyens de Londres qui me connaissent. Cette difficulté même, une fois que le Seigneur l’a eu levée, m’a été un sujet d’actions de grâces ; car j’ai obtenu ainsi un passeport nouveau, rédigé de telle manière que, si jamais j’en ai de nouveau besoin, il préviendra des difficultés semblables.
M. Müller fut absent cinq semaines, pendant lesquelles il connut beaucoup d’exaucements et d’encouragements pour sa foi.
15 avril. Bristol. Hier, à une heure, nous avons débarqué à Londres. En réponse à la prière, j’ai obtenu rapidement mes affaires à la douane, et j’ai rejoint mes amis de Chancery Lane un peu avant deux heures.
3 juin. Nous avons eu aujourd’hui une réunion publique au sujet de l’Institution pour la connaissance des Écritures, dans le pays et à l’étranger. Il y a maintenant quinze mois que, dans la dépendance du Seigneur pour la provision des moyens, il nous a été donné de procurer l’instruction à des enfants pauvres, de répandre les saintes Écritures et d’aider les travaux missionnaires. Pendant ce temps, bien que le champ de travail n’ait cessé de s’étendre et que nous ayons été de temps à autre réduits à peu de fonds, le Seigneur n’a jamais permis que nous soyons obligés d’arrêter l’œuvre. Il nous a été donné, pendant ce temps, de fonder trois écoles de jour et de rattacher à l’institution deux autres écoles de jour charitables qui, humainement parlant, auraient sans cela été fermées faute de moyens. Le nombre des enfants qui ont ainsi reçu l’instruction, dans les seules écoles de jour, s’élève à 439. Le nombre des exemplaires des saintes Écritures qui ont été répandus est de 795 Bibles et 753 Nouveaux Testaments. Nous avons aussi envoyé, pour aider les travaux missionnaires au Canada, aux Indes orientales et sur le continent européen, cent dix-sept livres onze shillings. Le montant total des offrandes volontaires remises entre nos mains pour poursuivre cette œuvre, du 5 mars 1834 au 19 mai 1835, est de £363 12s. 0¾d.
22 juin. Ce matin, à deux heures, mon beau-père est mort. 25 juin. Notre petit garçon est si malade que je n’ai aucun espoir de guérison. Que la sainte volonté du Seigneur s’accomplisse à l’égard du cher petit ! 26 juin. Ma prière, hier soir, a été que Dieu veuille soutenir ma chère femme dans l’épreuve, s’il retirait le petit, et le prendre bientôt auprès de lui, lui épargnant ainsi la souffrance. Je n’ai pas prié pour la guérison de l’enfant. Deux heures après seulement, le cher petit est entré dans la maison du Père. Il m’est si pleinement donné de réaliser que le cher enfant est bien mieux auprès du Seigneur Jésus qu’avec nous, que je ressens à peine la perte, et que, lorsque je pleure, je pleure de joie.
18 juillet. Depuis plusieurs jours, je me sens faible de la poitrine. Cette faiblesse n’a cessé d’augmenter, et aujourd’hui je l’ai ressentie plus que jamais. J’ai jugé bon de m’abstenir la semaine prochaine de toute prise de parole en public. Que le Seigneur m’accorde d’être rapproché de lui par ce moyen, car je ne suis pas du tout dans l’état où je devrais être, et je pense quelquefois que nos récentes afflictions ont été perdues pour moi et que le Seigneur aura besoin de me châtier sévèrement.
31 juillet. Aujourd’hui, le frère C——r, autrefois ministre dans l’Église établie, qui est venu chez nous il y a quelques jours, a commencé, en liaison avec l’Institution pour la connaissance des Écritures, à aller de maison en maison pour répandre la vérité comme missionnaire de ville. [Ce fut une intervention remarquable de Dieu. Le frère Craik avait été, depuis quelques mois déjà, empêché par une infirmité corporelle de travailler à l’œuvre des écoles, à la diffusion des Écritures, etc. ; et ma propre faiblesse, peu après l’arrivée du frère C——r, augmenta au point que je fus obligé d’abandonner entièrement l’œuvre. Quelle grâce, donc, de la part du Seigneur, d’envoyer le frère C——r, pour que l’œuvre pût ainsi continuer ! Jusqu’en juillet 1837, ce frère bien-aimé put poursuivre son travail, et ainsi cette petite institution fut agrandie d’une manière très importante quant au champ de travail.]
24 août. Je me sens très faible, et je souffre plus qu’auparavant de la maladie. Je me demande si je dois quitter entièrement Bristol pour un temps. Je n’ai pas d’argent pour partir changer d’air. J’ai reçu une invitation à passer une semaine chez une sœur à la campagne, et je pense accepter l’invitation et partir demain. 26 août. Aujourd’hui, on m’a donné cinq livres dans le but exprès de me faire changer d’air. 29 août. Aujourd’hui, j’ai reçu encore cinq livres dans le même but.
30 août. Aujourd’hui, pour la première fois un jour du Seigneur depuis notre arrivée à Bristol, j’ai été empêché de prêcher par la maladie. Avec quelle miséricorde le Seigneur a agi en me donnant tant de force pendant ces années ! On m’a envoyé encore cinq livres pour m’aider à me procurer un changement d’air. Combien le Seigneur est bon de me fournir ainsi les moyens de quitter Bristol ! 2 septembre. Parti avec ma famille pour Portishead.
15 septembre. Comme j’ai clairement compris que la personne qui me loue son cheval n’a pas de licence, j’ai vu que, étant tenu comme croyant d’agir selon les lois du pays, je ne pouvais plus m’en servir ; et comme l’exercice à cheval paraît, humainement parlant, des plus importants pour mon rétablissement, et que c’est le seul cheval qu’on puisse avoir dans l’endroit, nous en sommes venus à la conclusion de quitter Portishead demain. Aussitôt après, j’ai reçu une aimable lettre d’un frère et de deux sœurs dans le Seigneur qui habitent l’île de Wight ; elle contenait une quatrième invitation, plus pressante que jamais, à venir passer quelque temps chez eux. Ils ajoutaient qu’ils avaient prié à plusieurs reprises à ce sujet et qu’ils étaient persuadés que je devais venir. Cette affaire a été aujourd’hui un sujet de prière.
16 septembre. Nous en sommes venus ce matin à la conclusion que moi, je devais aller à l’île de Wight ; mais nous ne voyions pas comment ma femme, mon enfant et notre servante pourraient m’accompagner, car nous n’avions pas assez d’argent pour les frais de voyage ; et pourtant cela paraissait important. Le Seigneur a gracieusement levé la difficulté ce soir ; car nous avons reçu, de la manière la plus inattendue et sans l’avoir demandé, cinq livres et treize shillings qui nous étaient dus, et aussi, alors que nous étions déjà couchés, on nous a apporté une lettre contenant un don de deux livres. Combien, combien le Seigneur est bon et tendre !
19 septembre. Ce soir, nous sommes arrivés chez nos amis de l’île de Wight, qui nous ont reçus avec la plus grande bonté.
29 septembre. Hier soir, en me retirant d’auprès de la famille, j’avais envie d’aller me coucher tout de suite, car j’avais prié peu de temps auparavant ; et, me sentant faible de corps, le froid de la nuit était pour moi une tentation de ne pas prier davantage. Cependant, le Seigneur m’a aidé à tomber à genoux ; et à peine avais-je commencé à prier qu’il a fait briller sa lumière dans mon âme et m’a donné un esprit de prière tel que je n’en avais pas connu depuis bien des semaines. Dans sa grâce, il a une fois de plus ranimé son œuvre dans mon cœur. J’ai joui, pendant plus d’une heure, de cette proximité de Dieu et de cette ferveur dans la prière après lesquelles mon âme soupirait depuis bien des semaines. Pour la première fois au cours de cette maladie, j’avais aussi maintenant un esprit de prière à l’égard de ma santé. J’ai pu demander instamment au Seigneur de me rétablir, ce qui n’avait pas été le cas auparavant. Je désire maintenant retourner à l’œuvre de Bristol, mais sans impatience, et je me sens assuré que le Seigneur me fortifiera pour y retourner. Je me suis couché particulièrement heureux, je me suis réveillé ce matin dans une grande paix, je me suis levé plus tôt que d’habitude, et j’ai eu de nouveau, pendant plus d’une heure, une réelle communion avec le Seigneur avant le déjeuner. Puisse-t-il, dans sa miséricorde, conserver cet état de cœur à son très indigne enfant !
9 octobre. J’ai eu bien des fois la pensée de publier quelque récit de la bonté du Seigneur envers moi, pour l’instruction, la consolation et l’encouragement des enfants de Dieu. J’ai examiné aujourd’hui toutes les raisons pour et contre, et je trouve qu’il n’y en a presque aucune contre et beaucoup pour.
15 novembre. Bristol. Le frère C——r et moi avons prié ensemble ces cinq derniers jours pour qu’il plaise au Seigneur de nous envoyer les moyens de poursuivre l’œuvre de l’Institution pour la connaissance des Écritures. Ce soir, un frère m’a donné six shillings et un penny : c’était l’argent qu’il versait autrefois pour l’entretien d’une association de métier, qu’il a récemment abandonnée pour l’amour du Seigneur. 18 novembre. Ce soir, on m’a donné trente livres : vingt-cinq livres pour l’Institution pour la connaissance des Écritures, et cinq livres pour moi-même. C’est là une réponse des plus remarquables à la prière. Le frère C——r et moi avons prié ensemble à plusieurs reprises, la semaine dernière, au sujet de l’œuvre, et surtout pour qu’il plaise au Seigneur de nous donner les moyens de la continuer, et même d’en étendre le champ. En outre, j’ai plusieurs fois demandé de quoi subvenir à mes propres besoins, et il a bien voulu exaucer ces deux requêtes. Oh ! que j’aie la grâce de me confier en lui de plus en plus !
Chapitre 9 terminé
L’Institution pour la connaissance des Écritures