Chapitre 8 · 24 min de lecture · 31 min d’écoute
Débuts du ministère à Bristol
1832-1835.
« NOUS N’AVONS POINT ICI-BAS DE CITÉ PERMANENTE »—AVERTISSEMENT AU VOYAGEUR CHRÉTIEN—NOUVEAUX GAGES DE BIEN—LE CHEMIN APLANI—RÉUNIONS POUR LES ÂMES EN QUÊTE—DIEU NE FAIT POINT ACCEPTION DE PERSONNES—FRANCKE, « QUOIQUE MORT, PARLE ENCORE »—LE PAIN QUOTIDIEN FOURNI—UN PEUPLE QUI LUI APPARTIENNE.
8 avril. J’ai fortement senti aujourd’hui que Teignmouth n’est plus ma place et que je la quitterai. Je ferai remarquer qu’au mois d’août 1831 j’avais commencé à sentir vivement que mon œuvre à Teignmouth était achevée et que je devais aller ailleurs. Je fus conduit à examiner la chose plus mûrement, et je finis par la trancher ainsi : cela ne venait probablement pas de Dieu, puisque, pour certaines raisons, j’aurais naturellement aimé quitter Teignmouth. Après quoi, je me sentis tout à fait en paix de rester. Au commencement de l’année 1832, je recommençai à douter fortement que Teignmouth fût ma place, et à me demander si mon don n’était pas bien plutôt d’aller de lieu en lieu pour ramener les croyants aux Écritures que de demeurer en un seul endroit et d’y travailler comme pasteur. Je résolus d’éprouver si ce n’était pas la volonté de Dieu que je continue à me donner à l’œuvre pastorale parmi les frères de Teignmouth ; et il me fut accordé de m’y consacrer avec plus d’ardeur et de fidélité que jamais ; j’en fus assurément très rafraîchi et béni, et j’en vis aussitôt sortir des bénédictions. Cette expérience sembla, plus que jamais, me fixer à Teignmouth. Mais, malgré cela, l’impression que mon œuvre y était achevée revint au bout de quelque temps, comme le montre la remarque de mon journal du 8 avril, et elle devint de plus en plus forte. Il y avait à cela une circonstance remarquable. Partout où j’allais, je prêchais avec beaucoup plus de joie et de puissance qu’à Teignmouth, tout le contraire de ce qui s’était passé lors de ma première arrivée là-bas. De plus, presque partout j’avais beaucoup plus d’auditeurs qu’à Teignmouth, et je trouvais des gens affamés de nourriture spirituelle, ce qui, d’une manière générale, n’était plus le cas à Teignmouth.
11 avril. J’ai de nouveau fortement senti que Teignmouth ne sera plus longtemps ma résidence. 12 avril. J’ai toujours l’impression que Teignmouth n’est plus ma place. 13 avril. À mon retour de Torquay, où j’étais allé prêcher, j’ai trouvé une lettre du frère Craik, venue de Bristol. Il m’invite à venir l’aider. D’après ce qu’il écrit, il me semble que des villes comme Bristol conviennent mieux à mes dons. Ô Seigneur, enseigne-moi ! J’ai senti aujourd’hui plus que jamais que je quitterai bientôt Teignmouth. Je crains cependant qu’il ne s’y mêle bien des choses qui sentent la chair, et cela me rend craintif. Il me semble que je devrais aller sous peu à Bristol, si le Seigneur le permet. 14 avril. J’ai écrit au frère Craik une lettre dans laquelle je lui disais que je viendrais si je voyais clairement que c’est la volonté du Seigneur. J’ai de nouveau senti très fortement aujourd’hui, oui, bien plus que jamais, que je quitterai bientôt Teignmouth.
15 avril. Jour du Seigneur. Ce soir, j’ai prêché, aussi complètement que le temps le permettait, sur le second avènement du Seigneur. Après quoi, j’ai dit aux frères quel effet cette doctrine avait produit sur moi lorsque je l’avais reçue pour la première fois, au point de me décider à quitter Londres et à prêcher à travers tout le royaume ; mais que le Seigneur m’avait retenu principalement à Teignmouth pendant ces deux ans et trois mois, et qu’il me semblait maintenant que le temps approchait où je les quitterais. Je leur ai rappelé ce que je leur avais dit lorsqu’ils m’avaient demandé de prendre soin d’eux : que je ne pouvais prendre aucun engagement ferme, mais que je ne resterais avec eux qu’aussi longtemps que j’y verrais la volonté du Seigneur. Il y a eu ensuite beaucoup de larmes. Mais je suis maintenant de nouveau en paix.
16 avril. Ce matin, je suis toujours en paix. Je suis heureux d’avoir parlé aux frères, afin qu’ils soient préparés au cas où le Seigneur me retirerait d’au milieu d’eux. Je suis parti aujourd’hui pour Dartmouth, où j’ai prêché le soir. J’ai eu aujourd’hui cinq exaucements. 1. Je me suis réveillé à cinq heures, ce que j’avais demandé au Seigneur hier soir. 2. Le Seigneur a délivré ma chère femme d’une indisposition dont elle souffrait. Il m’aurait été pénible de devoir la laisser dans cet état. 3. Le Seigneur nous a envoyé de l’argent. 4. Il y avait une place libre dans la diligence de Dartmouth, qui ne fait que passer par Teignmouth. 5. Ce soir, j’ai été assisté dans ma prédication, et mon âme a été rafraîchie.
21 avril. Je voudrais adresser ici un mot d’avertissement aux croyants. Souvent l’œuvre même du Seigneur peut devenir une tentation qui nous détourne de cette communion avec lui si essentielle au bien de notre propre âme. Le 19, j’avais quitté Dartmouth, beaucoup conversé ce jour-là, prêché le soir, marché ensuite huit milles, dormi à peine cinq heures, parcouru de nouveau le lendemain vingt-cinq milles, prêché deux fois et, en outre, beaucoup conversé ; je m’étais couché à onze heures et levé avant cinq. Tout cela montre que mon corps et mon esprit avaient besoin de repos ; c’est pourquoi, si indifférent à l’œuvre du Seigneur que j’eusse pu paraître à mes frères, j’aurais dû prendre beaucoup de temps tranquille pour la prière et la lecture de la Parole, d’autant plus que j’avais ce jour-là un long voyage devant moi et que j’allais à Bristol, ce qui en soi demandait beaucoup de prière. Au lieu de cela, je me suis hâté vers la réunion de prière après quelques minutes de prière personnelle. Mais que nul ne pense que la prière publique puisse remplacer la communion dans le cabinet. Puis encore, plus tard, alors que j’aurais dû m’arracher, pour ainsi dire de force, à la compagnie de frères et de sœurs bien-aimés, et rendre témoignage pour le Seigneur, (et, à vrai dire, c’eût été le meilleur témoignage que je pusse leur donner,) en leur disant que j’avais besoin d’une communion secrète avec le Seigneur, je ne l’ai pas fait, mais j’ai passé le temps, jusqu’à l’arrivée de la diligence, à converser avec eux. Or, si profitable qu’ait pu être, à certains égards, cette matinée pour ceux avec qui je me trouvais, mon âme avait besoin de nourriture ; et, ne l’ayant pas reçue, j’étais maigre et j’en ai ressenti les effets toute la journée ; et c’est de là, je crois, qu’il est venu que je suis resté muet dans la diligence, sans dire un mot pour Christ ni donner un seul traité, bien que j’en eusse exprès les poches pleines.
22 avril. Ce matin, j’ai prêché à la chapelle Gideon, à Bristol. L’après-midi, j’ai prêché à la chapelle de Pithay. Ce sermon a été une bénédiction pour beaucoup, beaucoup d’âmes ; et beaucoup ont été amenés par lui à venir ensuite entendre le frère Craik et moi. Entre autres, il a été le moyen de la conversion d’un jeune homme, ivrogne notoire, qui se rendait une fois de plus au cabaret lorsqu’une de ses connaissances le rencontra et lui proposa de venir avec lui entendre prêcher un étranger. Il y alla ; et dès ce moment il fut si complètement changé qu’il ne remit plus jamais les pieds au cabaret, et il fut ensuite si heureux dans le Seigneur que souvent il en négligeait son souper, tant il avait hâte de lire les Écritures, comme sa femme me l’a raconté. Il mourut environ cinq mois plus tard. Ce soir, j’ai été grandement instruit en entendant prêcher le frère Craik. Je suis maintenant pleinement persuadé que Bristol est le lieu où le Seigneur veut que je travaille.
27 avril. Il nous semble, au frère Craik et à moi, que la volonté du Seigneur est que nous rentrions chez nous la semaine prochaine, afin d’examiner davantage, dans le calme et sans être influencés par ce que nous voyons ici, la volonté du Seigneur à notre égard. Il nous paraît en particulier bien plus probable que nous arriverons à une juste conclusion parmi les frères et les sœurs du Devonshire, dont nous aurons à voir les larmes et à entendre les instances pour que nous restions avec eux, qu’ici à Bristol, où nous ne voyons que ceux qui désirent nous garder.
28 avril. Il nous semble toujours que la volonté du Seigneur est que nous partions bientôt tous deux, afin d’avoir un temps tranquille pour prier au sujet de Bristol. 29 avril. J’ai prêché ce matin sur Apoc. 3:14-22. Comme on l’a vu par la suite, ce témoignage a été béni pour beaucoup, bien que mon âme n’y trouvât pas de joie. Cet après-midi, le frère Craik a prêché sur un navire appelé l’Arche de Clifton, aménagé en chapelle. Le soir, j’ai prêché sur le même navire. Dieu a grandement honoré ces témoignages aussi, et s’en est servi pour amener ensuite à nos lieux de réunion plusieurs de ceux qui nous avaient alors entendus. Comme Dieu a été avec nous, et comme il nous a aidés, montrant ainsi avec évidence que c’est lui-même qui nous avait envoyés dans cette ville !
30 avril. Il a été des plus émouvants de prendre congé des chers enfants de Dieu, des dizaines nous pressant de revenir bientôt, beaucoup les larmes aux yeux. La bénédiction que le Seigneur a accordée à notre ministère paraît très grande. Nous voyons tous deux pleinement que la volonté du Seigneur est que nous venions ici, bien que nous ne voyions pas dans quelles circonstances. Un frère a promis de louer pour nous la chapelle Bethesda et de répondre du paiement du loyer ; de sorte que nous aurions ainsi deux grandes chapelles. J’ai vu encore aujourd’hui deux cas où ma prédication a été bénie.
1er mai. Le frère Craik et moi sommes partis ce matin pour le Devonshire.
3 mai. J’ai vu aujourd’hui plusieurs des frères, et je me suis senti si pleinement assuré que c’est la volonté du Seigneur que j’aille à Bristol que je le leur ai dit. Ce soir, j’ai eu une réunion avec les trois diacres, à qui j’en ai parlé franchement, en leur demandant, s’ils voyaient en moi quelque chose de mauvais dans cette affaire, de me le dire. Ils n’ont rien eu à objecter ; bien plus, quoique désirant vivement que je reste, ils étaient eux-mêmes convaincus que mon départ vient de Dieu.
5 mai. Une autre preuve frappante, à mes yeux, que mon départ de Teignmouth vient de Dieu, c’est que des croyants vraiment spirituels, tout en souhaitant vivement que je reste, voient eux-mêmes que je dois aller à Bristol.
7 mai. Ayant reçu le 5 mai une lettre de Bristol, j’y ai répondu aujourd’hui de telle manière que le Seigneur ait encore une occasion d’empêcher notre départ pour cette ville, si ce départ ne vient pas de lui.
15 mai. Juste au moment où j’étais en prière au sujet de Bristol, on m’a fait appeler chez le frère Craik. Deux lettres étaient arrivées de Bristol. Les frères qui se réunissent à Gideon acceptent notre offre de venir aux conditions que nous avons posées, c’est-à-dire de ne nous considérer pour le moment que comme exerçant un ministère parmi eux, mais sans aucune relation pastorale fixe, afin que nous puissions prêcher comme nous estimons que c’est selon la pensée de Dieu, sans égard à aucun de leurs règlements ; que la location des bancs soit supprimée ; et que nous continuions, quant à la provision de nos besoins temporels, comme dans le Devonshire. Nous comptons, si le Seigneur le veut, partir dans une semaine environ, bien que rien ne soit encore réglé au sujet de la chapelle Bethesda.
21 mai. J’ai commencé aujourd’hui à prendre congé des frères de Teignmouth, en rendant visite à chacun d’eux. Ç’a été une journée éprouvante. Beaucoup de larmes de la part des saints. Si je n’étais pas si pleinement persuadé que c’est la volonté de Dieu que nous allions à Bristol, j’aurais eu peine à le supporter.
22 mai. Les frères de Teignmouth disent qu’ils s’attendent à nous voir bientôt revenir. Pour autant que je comprenne la manière dont Dieu agit envers ses enfants, cela paraît très peu probable. Vers le soir, le Seigneur, après des prières répétées, m’a donné Col. 1:21-23 comme texte pour la dernière parole d’exhortation. Il m’a semblé préférable de parler le moins possible de moi-même et le plus possible de Christ. J’ai à peine fait allusion à notre séparation, et je me suis contenté, dans la prière finale, de me recommander au Seigneur avec les frères. Les scènes d’adieu sont très éprouvantes, mais ma pleine conviction est que cette séparation vient du Seigneur. 23 mai. Ma femme, M. Groves, mon beau-père, et moi sommes partis ce matin pour Exeter. Le cher frère Craik compte nous suivre demain.
Juste avant de quitter Teignmouth, nous avions reçu, d’une manière inattendue, environ quinze livres ; sans quoi nous n’aurions pas pu faire face à toutes les dépenses du départ, du voyage, etc. Par là aussi, le Seigneur montra quelle était sa pensée au sujet de notre départ pour Bristol.
Le récit qui suit montrera maintenant au lecteur croyant jusqu’à quel point les faits ont confirmé ce que j’ai dit de ma conviction que c’était la volonté de Dieu que nous allions à Bristol.
25 mai 1832. Ce soir, nous sommes arrivés à Bristol. 27 mai. Ce matin, nous avons reçu un souverain, envoyé par une sœur demeurant dans le Devonshire, ce que nous prenons comme un gage que le Seigneur pourvoira à nos besoins ici aussi. 28 mai. Comme nous allions parler aux frères qui administrent les affaires temporelles de la chapelle Gideon de la suppression de la location des bancs, pour que toutes les places soient libres et que les offrandes volontaires soient reçues dans un tronc — question qui n’était pas tout à fait réglée de leur côté, comme le frère Craik et moi l’avions cru —, nous avons trouvé que le Seigneur avait si gracieusement disposé cette affaire pour nous qu’il n’y eut pas la moindre objection de la part de ces frères.
4 juin. Depuis plusieurs jours, nous cherchions un logement ; mais n’en trouvant aucun d’assez simple et d’assez bon marché, nous avons été conduits à faire aussi de cela un sujet de prière fervente ; et voici qu’aussitôt après, le Seigneur nous en a donné un qui convient. Nous ne payons que dix-huit shillings par semaine pour deux salons et trois chambres à coucher, le charbon et le service compris. Il était particulièrement difficile de trouver un logement meublé bon marché comptant cinq pièces dans la même maison, ce qui nous est nécessaire, puisque le frère Craik et nous vivons ensemble. Que le Seigneur est bon d’être ainsi intervenu pour nous, en réponse à la prière, et quel encouragement à tout lui remettre dans la prière !
25 juin. Il a été définitivement décidé aujourd’hui de louer la chapelle Bethesda pour un an, à condition qu’un frère paie sur-le-champ le loyer, étant entendu que, si le Seigneur bénit nos travaux en ce lieu, de sorte que des croyants s’y rassemblent en communion, il compte qu’ils l’aideront ; sinon, qu’il paiera tout. C’était la seule manière dont nous pouvions prendre la chapelle ; car nous n’aurions pu penser qu’il fût selon Dieu d’avoir cette chapelle, même avec toutes les perspectives d’utilité, si cela avait dû faire de nous des débiteurs en quelque façon que ce soit.
6 juillet. Nous avons commencé aujourd’hui à prêcher à la chapelle Bethesda. Ç’a été une bonne journée. 13 juillet. Nous avons appris aujourd’hui les premiers cas de choléra à Bristol. 16 juillet. Nous avions fixé ce soir, de six à neuf heures, un temps pour nous entretenir à la sacristie, un par un, avec les personnes qui désiraient nous parler de leur âme. Il en est venu tant que nous avons été occupés de six heures à dix heures vingt.
Nous avons continué ces réunions depuis lors, deux fois par semaine, ou une fois par semaine, ou une fois tous les quinze jours, ou une fois par mois, selon que nos forces et notre temps le permettaient, ou selon qu’elles paraissaient nécessaires. Nous les avons trouvées utiles aux égards suivants :—
1. Beaucoup de personnes, par timidité, préféreraient venir à la sacristie à une heure fixée pour s’entretenir avec nous plutôt que de nous rendre visite chez nous. 2. Le fait même de fixer un moment pour recevoir les gens et s’entretenir avec eux en particulier des choses de l’éternité en a amené quelques-uns qui, humainement parlant, ne seraient jamais venus nous voir en d’autres circonstances ; bien plus, il a amené même des personnes qui, tout en se croyant préoccupées des choses de Dieu, étaient pourtant dans une ignorance complète ; et ainsi nous avons eu l’occasion de leur parler. 3. Ces réunions ont aussi été pour nous-mêmes un grand encouragement dans l’œuvre ; car souvent, quand nous pensions que telle ou telle explication de la Parole n’avait fait aucun bien, ces réunions nous ont fait découvrir le contraire ; et de même, quand nos mains étaient languissantes, nous avons été encouragés à nouveau à aller de l’avant dans l’œuvre du Seigneur et à continuer de semer la semence dans l’espérance, en voyant à ces réunions de nouveaux cas où le Seigneur avait daigné se servir de nous comme d’instruments ; d’autant plus qu’il est arrivé quelquefois, de cette manière, que des personnes nous parlent du bien qu’elles avaient retiré de notre ministère non seulement quelques mois auparavant, mais même deux, trois et quatre ans plus tôt.
Pour les raisons qui précèdent, je recommanderais tout particulièrement aux autres serviteurs de Christ, surtout à ceux qui vivent dans de grandes villes, s’ils n’ont pas déjà adopté un plan semblable, d’examiner s’il ne serait pas bon pour eux aussi de réserver de tels moments pour recevoir ceux qui s’enquièrent. Ces réunions demandent cependant beaucoup de prière, pour qu’on puisse parler comme il faut à tous ceux qui viennent, selon leurs besoins divers ; et l’on est continuellement amené à sentir que l’on n’est pas par soi-même capable de ces choses, mais que notre capacité ne peut venir que de Dieu. Ces réunions ont aussi été, de loin, la partie la plus épuisante de tout notre travail, bien qu’elles en soient en même temps la plus rafraîchissante.
18 juillet. J’ai passé aujourd’hui toute la matinée à la sacristie, pour m’assurer un temps de tranquillité. C’est depuis quelque temps le seul moyen, à cause de la multiplicité de mes occupations, d’avoir à coup sûr du temps pour la prière, la lecture de la Parole et la méditation. 19 juillet. J’ai passé de neuf heures et demie à une heure à la sacristie, et j’ai eu une réelle communion avec le Seigneur. Loué soit le Seigneur, qui m’a mis au cœur de faire de la sacristie un lieu de retraite !
5 août. Lorsque tout notre argent a été épuisé aujourd’hui, le Seigneur a de nouveau pourvu gracieusement à nos besoins. 6 août. Cet après-midi, de deux heures à plus de six heures, le frère Craik et moi avons été à la sacristie pour recevoir les âmes en quête. Nous avons eu de nouveau, en voyant plusieurs exemples de bénédiction sur nos travaux, d’abondantes raisons de louer le Seigneur de nous avoir envoyés à Bristol.
13 août. Ce soir, un frère et quatre sœurs se sont unis au frère Craik et à moi en communion d’Église à Bethesda, sans aucun règlement, ne désirant qu’agir selon la lumière qu’il plaira au Seigneur de nous donner par sa Parole.
17 septembre. Ce matin, le Seigneur, en plus de toutes ses autres grâces, nous a donné une petite fille, qui se porte bien, ainsi que sa mère.
1er octobre. Réunion pour les âmes en quête cet après-midi, de deux à cinq heures. Bien plus de personnes sont convaincues de péché par la prédication du frère Craik que par la mienne. Cette circonstance m’a conduit à en rechercher les raisons, qui sont probablement celles-ci : 1. Le frère Craik est plus spirituel que moi. 2. Il prie plus ardemment que moi pour la conversion des pécheurs. 3. Dans son ministère public, il s’adresse plus fréquemment que moi aux pécheurs en tant que tels. Cela m’a conduit à prier plus souvent et plus ardemment pour la conversion des pécheurs, et à m’adresser plus fréquemment à eux en tant que tels. Ce dernier point n’avait jamais été négligé intentionnellement, mais il ne s’était pas présenté aussi souvent à mon esprit qu’à celui du frère Craik. Depuis lors, les cas où il a plu au Seigneur de se servir de moi comme d’un instrument de conversion ont été tout aussi nombreux que ceux où il s’est servi du frère Craik.
9 février 1833. J’ai lu une partie de la vie de Franke. Que le Seigneur m’aide dans sa grâce à le suivre, dans la mesure où il a suivi Christ. La plupart des enfants du Seigneur que nous connaissons à Bristol sont pauvres, et si le Seigneur nous faisait la grâce de vivre davantage comme a vécu ce cher homme de Dieu, nous pourrions tirer de la banque de notre Père céleste bien plus que nous ne l’avons fait jusqu’ici, pour nos pauvres frères et sœurs. 2 mars. Dans la rue, un homme a couru vers le frère Craik, lui a mis dans la main un papier contenant dix shillings en disant : « C’est pour vous et pour M. Müller », et s’en est allé précipitamment. 28 mai. Ce matin, tandis que j’étais assis dans ma chambre, la détresse de plusieurs frères et sœurs m’est revenue à l’esprit, et je me suis dit : « Oh ! s’il plaisait au Seigneur de me donner les moyens de les secourir ! » Environ une heure plus tard, j’ai reçu soixante livres d’un frère que je n’ai jamais vu jusqu’à ce jour, et qui vivait alors, comme il vit encore, à une distance de plusieurs milliers de milles.
29 mai. Revue des douze derniers mois, quant aux fruits de nos travaux à Bristol : 1. Le nombre total de ceux qui se sont joints à nous au cours de l’année a été de cent neuf. 2. Il y a eu, par notre moyen, autant que nous en avons entendu parler et que nous pouvons en juger quant aux personnes, soixante-cinq conversions. 3. Beaucoup de rétrogrades ont été ramenés, et beaucoup d’enfants de Dieu ont été encouragés et affermis dans le chemin de la vérité.
12 juin. J’ai senti ce matin que nous pourrions faire quelque chose pour l’âme de ces pauvres garçons et filles, et de ces adultes ou vieillards, à qui nous distribuons chaque jour du pain depuis quelque temps, en fondant pour eux une école, en leur lisant les Écritures et en leur parlant du Seigneur. Ce désir n’a pas été réalisé. Le principal obstacle fut un surcroît de travail qui survint justement à cette époque pour le frère Craik et pour moi. Peu après, le nombre des pauvres qui venaient chercher du pain monta à soixante ou quatre-vingts par jour, ce qui incommodait nos voisins, car les mendiants traînaient par bandes dans la rue ; aussi fûmes-nous obligés de leur dire de ne plus venir chercher de pain. Cette pensée aboutit finalement à la formation de l’Institution pour la connaissance des Écritures et à la fondation des maisons des orphelins.
17 décembre. Ce soir, le frère Craik et moi avons pris le thé dans une famille dont cinq membres ont été amenés à la connaissance du Seigneur par notre moyen. Pour encourager les frères qui désireraient prêcher l’Évangile dans une langue qui n’est pas la leur, je mentionnerai que le premier membre de cette famille qui fut converti était venu simplement par curiosité, pour entendre mon accent étranger, après qu’on lui eut répété quelques mots que je prononçais mal.
31 décembre. En relisant mon journal, je trouve,—1. Qu’au moins deux cent soixante personnes (d’après le nombre de noms que nous avons inscrits, mais il y en a eu beaucoup plus) sont venues s’entretenir avec nous des intérêts de leur âme. Sur ce nombre, cent cinquante-trois se sont jointes à notre communion pendant ces dix-huit derniers mois, dont soixante ont été amenées à la connaissance du Seigneur par notre moyen.
2. En repassant la manière dont le Seigneur a agi envers moi quant aux choses temporelles, je trouve qu’il m’a envoyé, au cours de l’année écoulée,—
1. En offrandes volontaires par les troncs, pour ma part £152 14 5¼
2. Dons en argent qui m’ont été faits 25 1 3
3. Dons en vêtements et en provisions, d’une valeur d’au moins 20 0 0
4. Un frère m’a envoyé, de loin 60 0 0
5. Nous sommes logés sans loyer, ce qui vaut pour notre part 10 0 0
£267 15 8¼
Il y a juste quatre ans que j’ai commencé à me confier dans le Seigneur seul pour la provision de mes besoins temporels. Le peu que j’avais alors, valant tout au plus cent livres par an, je l’abandonnai pour le Seigneur, ne gardant alors qu’environ cinq livres. Le Seigneur honora grandement ce petit sacrifice, et il me donna en retour non seulement autant que ce que j’avais abandonné, mais beaucoup plus. Car dès la première année, il m’envoya, d’une manière ou d’une autre, en comptant ce qui me vint par ma famille, environ cent trente livres. La deuxième année, cent cinquante et une livres dix-huit shillings et huit pence. La troisième année, cent quatre-vingt-quinze livres trois shillings. Cette année, deux cent soixante-sept livres quinze shillings et huit pence un quart. Les points suivants méritent une attention particulière : 1. Pendant ces trois dernières années et trois mois, je n’ai jamais rien demandé à personne ; mais, par l’aide du Seigneur, j’ai pu en tout temps lui présenter mes besoins, et il y a pourvu dans sa grâce. 2. À la fin de chacune de ces quatre années, bien que mon revenu ait été relativement considérable, il ne m’est resté que quelques shillings ou rien du tout ; et il en est encore ainsi aujourd’hui, par l’aide de Dieu. 3. Au cours de la dernière année, une part considérable de mon revenu est venue d’une distance de plusieurs milliers de milles, d’un frère que je n’ai jamais vu. 4. Depuis que nous avons été obligés de cesser de distribuer du pain à une cinquantaine de pauvres chaque jour, à cause de nos voisins, notre revenu n’a pas été, pendant la seconde partie de cette année, à beaucoup près aussi important, à peine la moitié, que pendant la première.
9 janvier 1834. Le frère Craik et moi avons prêché pendant ces dix-huit mois, une fois par mois, à Brislington, village voisin de Bristol, mais nous n’y avons vu aucun fruit de nos travaux. Cela m’a conduit aujourd’hui à prier très ardemment le Seigneur pour la conversion des pécheurs en ce lieu. À la chapelle aussi, j’ai été particulièrement conduit à prier encore à ce sujet, et j’ai demandé spécialement au Seigneur qu’il lui plaise de convertir au moins une âme ce soir, afin que nous ayons un petit encouragement. J’ai prêché avec beaucoup d’assistance, et j’espère que du bien a été fait ce soir. Le Seigneur a agi selon ma demande. Un jeune homme a été amené à la connaissance de la vérité.
14 janvier. J’avais été fort éprouvé par la difficulté de choisir un texte pour prêcher le matin du 20 octobre, et j’avais fini par prêcher sans joie. J’ai appris aujourd’hui un neuvième cas où ce sermon même a été béni.
31 janvier. Ce soir, une Société de Dorcas a été formée parmi les sœurs en communion avec nous, mais non selon le modèle de celle que nous avions trouvée à notre arrivée à Bristol ; car, de même que nous avons renvoyé de l’école du dimanche tous les moniteurs qui n’étaient pas de vrais croyants, de même seules des femmes croyantes se réuniront désormais pour confectionner des vêtements pour les pauvres. Le fait d’être mêlées à des incrédules n’avait pas seulement fait obstacle aux entretiens spirituels entre les sœurs, mais avait dû aussi être nuisible aux deux parties à plusieurs égards. Une sœur, maintenant unie à nous dans la communion, a reconnu que son appartenance à la Société de Dorcas, avant sa conversion, avait été dans une certaine mesure le moyen de l’entretenir dans une fausse sécurité, car elle pensait qu’en contribuant à de telles choses elle pourrait finalement gagner le ciel. Oh ! que les saints, dans un amour fidèle, selon la parole de Dieu (2 Cor. 6:14-18), se séparent davantage des incrédules en toutes choses spirituelles, et ne se mettent pas avec eux sous un joug étranger !
Chapitre 8 terminé
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