Chapitre 25 · 41 min de lecture · 53 min d’écoute
Moissonner avec joie
1852-1854.
ATTENDRE DE GRANDES CHOSES DE DIEU—DON D’UNE GRANDE LIBÉRALITÉ—UTILITÉ CROISSANTE DE L’INSTITUTION POUR LA CONNAISSANCE DES ÉCRITURES—ACCÈS AUPRÈS DE DIEU PAR LA FOI EN CHRIST—UNE VOIX DU MONT LIBAN—BIENFAIT D’ATTENDRE LE TEMPS DE DIEU—UNE GESTION SCRUPULEUSE—LA FOI, SEUL APPUI—« CETTE PAUVRE VEUVE A MIS PLUS QUE TOUS LES AUTRES »—DE PLUS GRANDES ŒUVRES DE LA FOI EN PERSPECTIVE—CONSEILS AUX DISTRIBUTEURS DE TRAITÉS—UNE NOUVELLE ET RUDE ÉPREUVE DE LA FOI.
Le 26 mai 1852, il y avait en caisse, pour la construction de la deuxième nouvelle maison des orphelins, trois mille cinq cent trente livres neuf shillings six pence et un farthing. Des dons, allant de trois cents livres à quatre pence, continuèrent d’arriver en réponse à la prière. Le 4 janvier 1853, M. M. écrit : —
De Londres, deux shillings six pence. Voilà maintenant plus de dix-neuf mois que, jour après jour, je m’attends à Dieu pour obtenir des fonds destinés à la construction, et presque chaque jour j’ai reçu quelque chose en réponse à la prière. Ces dons ont été pour la plupart modestes, comparés à la somme qu’exigera l’achèvement de cette entreprise ; ils ont néanmoins montré que le Seigneur, à cause de son Fils bien-aimé, écoute mes supplications et celles de mes collaborateurs et de ceux qui m’aident dans l’œuvre ; et ils ont été pour moi de précieux encouragements à continuer de m’attendre à Dieu. Depuis bien des mois, j’avais l’assurance que le Seigneur, en son temps, donnerait des sommes plus importantes pour cette œuvre ; et, ces derniers mois, je l’en ai supplié avec une ardeur toujours croissante. Enfin il a abondamment rafraîchi mon esprit et exaucé ma demande. J’ai reçu aujourd’hui la promesse qu’à titre de don commun de plusieurs chrétiens, il me serait versé la somme de huit mille cent livres pour l’œuvre du Seigneur qui est entre mes mains.
Il est impossible de décrire le rafraîchissement spirituel que ce don a procuré à mon cœur. Jour après jour, pendant dix-neuf mois, j’avais attendu un secours plus abondant que celui que j’avais reçu. J’avais la pleine assurance que Dieu m’aiderait par des sommes plus importantes ; pourtant l’attente fut longue. Voyez combien il est précieux de s’attendre à Dieu ! Voyez comme ceux qui le font ne sont pas confus ! Leur foi et leur patience peuvent être longuement et durement éprouvées ; mais à la fin, on verra très assurément que Dieu honore ceux qui l’honorent et ne permettra pas qu’ils soient couverts de honte. L’importance de ce don, tout en rafraîchissant extrêmement mon esprit, ne m’a pas surpris le moins du monde ; car j’attends de grandes choses de Dieu. Me suis-je glorifié en Dieu en vain ? N’est-il pas manifeste qu’il est infiniment précieux, à tous égards, de dépendre de Dieu ? Est-ce pour rien que je sers Dieu ? N’est-il pas évident que les principes selon lesquels je travaille ne s’appliquent pas seulement à l’œuvre de Dieu sur une petite échelle, mais aussi, comme je l’ai tant de fois affirmé au cours de ces dix-neuf dernières années, aux entreprises les plus vastes accomplies pour Dieu ?
Au cours de l’année qui se termina le 26 mai 1853, neuf mille une livres trois shillings furent reçues pour le fonds de construction, ce qui porta ce fonds à douze mille cinq cent trente et une livres douze shillings un farthing.
Pour les divers objets de l’Institution pour la connaissance des Écritures, c’est-à-dire pour les écoles, les missions, les Bibles et les traités, j’ai dû dépenser, de mai 1852 à mai 1853, environ six cents livres par mois, soit plus de sept mille livres en tout ; mais j’ai eu de quoi faire face à toutes les demandes ; et, par-dessus le marché, le Seigneur m’a aidé à augmenter le fonds de construction de neuf mille livres. Jamais, au cours des dix-neuf années précédentes, les dépenses courantes de l’Institution n’avaient été aussi grandes ; mais jamais non plus l’étendue de ses activités et les ressources qu’il plut au Seigneur d’envoyer n’avaient été aussi grandes.
Vous voyez, cher lecteur, que nous sommes richement récompensés d’avoir attendu Dieu. Vous apercevez avec quel empressement son cœur écoute les supplications de ses enfants qui mettent en lui leur confiance. Si vous n’en avez jamais fait l’essai, faites-le maintenant. Mais pour que vos prières soient exaucées, il faut que vous présentiez vos requêtes à Dieu en vous fondant sur les mérites et la dignité du Seigneur Jésus. Vous ne devez pas compter sur votre propre dignité ni sur vos propres mérites, mais uniquement sur le Seigneur Jésus, comme fondement de votre acceptation devant Dieu, pour votre personne, pour vos prières, pour vos travaux et pour toute chose. Croyez-vous réellement en Jésus ? Dépendez-vous vraiment de lui seul pour le salut de votre âme ? Veillez bien à ce que pas le moindre degré de votre propre justice ne soit présenté à Dieu comme un titre à être accepté. Mais alors, si vous croyez au Seigneur Jésus, il faut encore, pour que vos prières soient exaucées, que les choses que vous demandez à Dieu soient de telle nature que Dieu puisse vous les accorder, parce qu’elles servent son honneur et votre véritable bien. Si l’obtention de vos requêtes n’était pas pour votre véritable bien, ou ne tendait pas à l’honneur de Dieu, vous pourriez prier longtemps sans obtenir ce que vous désirez. La gloire de Dieu devrait toujours être présente devant les enfants de Dieu dans ce qu’ils désirent recevoir de sa main ; et leur propre profit spirituel, si intimement lié à l’honneur de Dieu, ne devrait jamais être perdu de vue dans leurs requêtes. Mais à présent, supposons que nous croyions au Seigneur Jésus et que nous présentions nos requêtes à Dieu en dépendant uniquement du Seigneur Jésus comme fondement de leur exaucement ; supposons aussi qu’autant que nous puissions en juger honnêtement et droitement, l’obtention de nos requêtes serait pour notre véritable bien spirituel et pour l’honneur de Dieu : il nous faut encore, enfin, persévérer dans la prière jusqu’à ce que la bénédiction nous soit accordée. Il ne suffit pas de commencer à prier, ni de prier comme il faut ; il ne suffit pas non plus de continuer à prier pendant un temps ; mais nous devons persévérer dans la prière, patiemment et avec foi, jusqu’à ce que nous obtenions une réponse ; et, de plus, nous n’avons pas seulement à persévérer dans la prière jusqu’au bout, mais nous avons aussi à croire que Dieu nous entend et qu’il exaucera nos prières. Le plus souvent, nous échouons parce que nous ne persévérons pas dans la prière jusqu’à ce que la bénédiction soit obtenue, et parce que nous n’attendons pas la bénédiction. Aussi sûrement que ces différents points se trouvent réunis chez quelqu’un, aussi sûrement ses requêtes seront exaucées.
Au cours de l’année 1852-53, les frais d’entretien des orphelins furent entièrement couverts par des dons non sollicités. On n’en donnera que deux ou trois détails.
29 juin 1852. J’ai reçu aujourd’hui l’un des dons les plus remarquables que j’aie jamais eus. Je donne le récit en entier, sans le nom de la donatrice.
Lyon, le 24 juin 1852,
Cher frère en Christ,
Il y a maintenant plusieurs années que j’ai lu avec un grand intérêt, et j’espère avec quelque profit pour mon âme, le récit de vos travaux et de vos expériences. Depuis lors, votre œuvre a été l’objet de bien des pensées et de bien des prières, et j’ai donné de nombreux exemplaires de votre livre à des amis chrétiens. L’un d’eux l’a lu en Syrie, sur le mont Liban, où il se trouve pour ses affaires commerciales ; et, tandis qu’il priait pour vous et vos chers orphelins, le Seigneur lui a mis au cœur de vous envoyer deux livres, auxquelles mon mari en a ajouté deux autres ; et nous vous prions d’accepter cette petite offrande au nom du Seigneur. Si vous avez publié quelque chose sur les voies du Seigneur envers vous depuis l’année 1844, nous serons très heureux de le recevoir. Vous pourriez le faire parvenir à MM. * * * *, Londres, pour * * * *, de Lyon. Et maintenant, cher frère, que la grâce et la paix du Seigneur reposent sur vous et sur les habitants de votre chère maison.
Affectueusement vôtre dans le Seigneur,
* * * *
J’ai reçu des dons d’Australie, des Indes orientales, des Antilles, des États-Unis, du Canada, du cap de Bonne-Espérance, de France, de Suisse, d’Allemagne, d’Italie, etc. ; et voici maintenant aussi ce don du mont Liban, accompagné de la prière d’un frère chrétien dont je n’avais jamais entendu le nom et que je ne connais pas même aujourd’hui. Voyez, cher lecteur : c’est ainsi que le Seigneur m’a aidé dans ce précieux service depuis vingt-deux ans. Avec mes collaborateurs ou sans eux, et eux sans moi, nos prières montent vers le Seigneur pour obtenir du secours, et il lui plaît, à cause de Jésus, d’écouter nos supplications et d’incliner le cœur de quelques-uns de ses enfants, connus de nous ou non, à nous envoyer du secours. Les donateurs peuvent être riches ou pauvres ; ils peuvent vivre tout près, ou à plus de dix mille milles ; ils peuvent donner beaucoup ou peu ; ils peuvent avoir souvent donné auparavant, ou jamais ; ils peuvent nous être bien connus, ou pas du tout : en tout cela et en bien d’autres choses, les variations peuvent être constantes ; mais Dieu nous aide continuellement ; nous ne sommes jamais confus. Et pourquoi ? Simplement parce que, par la grâce de Dieu, nous sommes rendus capables de nous confier en lui pour ce dont nous avons besoin.
9 oct. Ce matin, Luc 7 s’est présenté dans le cours de ma lecture avant le déjeuner. En lisant le récit du centenier et de la résurrection du fils de la veuve de Naïn, j’ai élevé mon cœur vers le Seigneur Jésus en ces termes : « Seigneur Jésus, tu as aujourd’hui la même puissance. Tu peux me fournir des ressources pour ton œuvre qui est entre mes mains. Veuille le faire. » Environ une demi-heure plus tard, j’ai reçu deux cent trente livres quinze shillings, et aussi un shilling. Ces deux cent trente livres quinze shillings ont été laissées à ma disposition, pour ce qui serait le plus nécessaire. J’en ai pris la moitié pour les dépenses courantes des orphelins, et l’autre moitié pour les autres objets. Me voici maintenant amplement pourvu pour faire face aux besoins de ce jour.
La joie que procurent de tels exaucements ne peut se décrire. J’étais résolu à m’attendre à Dieu seul et à ne pas me procurer moi-même une délivrance contraire à l’Écriture. J’ai des milliers de livres pour le fonds de construction ; mais je n’ai pas voulu y toucher, parce qu’elles avaient été une fois mises à part pour cet objet. Il y a aussi un legs de cent livres pour les orphelins, échu depuis deux mois ; dans l’attente de son paiement, le cœur pourrait naturellement être enclin à prendre un peu d’argent sur le fonds de construction, quitte à le remplacer par l’argent du legs quand il arriverait ; mais je n’ai pas voulu sortir ainsi de la voie que Dieu a fixée pour obtenir du secours. Au moment même où ce don est arrivé, j’avais fait un paquet de cent livres que je me trouvais avoir en main, reçues pour le fonds de construction, afin de les porter à la banque, car j’étais résolu à ne pas y toucher, mais à m’attendre à Dieu. Mon âme magnifie le Seigneur pour sa bonté !
Ce dernier paragraphe est copié de mon journal, tel que je l’ai écrit sur le moment. J’ajoute quelques mots aux dernières phrases.
L’esprit naturel est toujours enclin à raisonner quand nous devrions croire ; à se mettre à l’ouvrage quand nous devrions rester tranquilles ; à suivre son propre chemin quand nous devrions marcher fermement dans les voies de Dieu, si pénibles qu’elles soient pour la nature. Au début de ma conversion, j’aurais dit : Quel mal peut-il y avoir à prendre un peu de l’argent mis de côté pour le fonds de construction ? Dieu m’aidera de nouveau, dans quelque temps, en m’envoyant des ressources pour les orphelins, et alors je pourrai le remplacer. Ou encore : il y a cet argent dû au titre du legs de cent livres. Cet argent est tout à fait sûr ; ne puis-je donc pas, sur cette garantie, prendre un peu de l’argent du fonds de construction et, quand le legs sera payé, remplacer ce que j’aurai pris ? D’après ce que j’ai vu des croyants, je sais que beaucoup agiraient ainsi. Mais qu’en résulte-t-il quand nous devançons ainsi Dieu en suivant notre propre chemin ? Bien souvent, nous chargeons notre conscience d’une culpabilité ; et sinon, nous affaiblissons assurément la foi au lieu de l’accroître ; et chaque fois que nous nous procurons ainsi nous-mêmes une délivrance, il nous devient de plus en plus difficile de nous confier en Dieu, jusqu’à ce qu’enfin nous cédions entièrement à notre raison naturelle et déchue, et que l’incrédulité l’emporte. Combien il en va autrement quand on est rendu capable d’attendre le temps de Dieu et de regarder à lui seul pour le secours et la délivrance ! Quand enfin le secours arrive, après bien des moments de prière peut-être, et après un long exercice de la foi et de la patience peut-être, combien il est doux, et quelle récompense présente l’âme reçoit aussitôt pour s’être confiée en Dieu et avoir attendu patiemment sa délivrance ! Cher lecteur chrétien, si vous n’avez jamais marché auparavant dans ce sentier d’obéissance, faites-le maintenant, et vous connaîtrez alors par expérience la douceur de la joie qui en découle.
12 oct. Par la vente de chiffons et d’os, douze shillings six pence. Je copie textuellement le registre des recettes. Nous cherchons à tirer le meilleur parti de toute chose. En tant qu’intendant de fonds publics, j’estime juste que même ces objets soient convertis en argent ; et nous ne pourrions pas non plus attendre de réponses à nos prières si nous laissions sciemment se produire le moindre gaspillage dans cette œuvre. Car c’est justement parce que l’argent est reçu de Dieu, uniquement en réponse à la prière, qu’il nous convient d’autant plus d’en user avec soin.
Du 20 déc. 1852 au 4 janv. 1853, nous n’avons rien eu en avance sur nos besoins. Les ressources n’arrivaient qu’au fur et à mesure qu’elles étaient requises pour des besoins pressants. Mais le 4 janvier, nous avons reçu, comme il est dit sous une autre rubrique, le don le plus important que j’aie jamais eu, dont j’ai pris six cents livres pour l’entretien des orphelins. J’expose ces faits afin de donner une illustration pratique que ceux-là se trompent entièrement qui supposent que l’œuvre n’est plus une œuvre de foi, comme elle l’était les années précédentes. Il est vrai que nous avons maintenant un revenu plus considérable que dans les années 1838, 1839 et 1840 ; mais il est vrai aussi que nos dépenses sont trois fois plus élevées. Nous n’avons aujourd’hui aucun revenu régulier, pas plus que nous n’en avions alors. Nous ne demandons aujourd’hui de secours à aucun être humain, pas plus que nous ne le faisions alors. Nous dépendons de Dieu seul, par sa grâce, tout comme nous le faisions alors. Qui donc, dans le monde entier, affirmera que je lui aie jamais demandé du secours pour cette œuvre des orphelins, depuis ses débuts, le 9 déc. 1835, jusqu’à ce jour ? Or, puisque nous n’avons pas de fonds pour vivre ; puisque nous n’avons pas de souscripteurs ou de donateurs réguliers sur lesquels nous puissions compter ; puisque nous ne demandons jamais de secours aux hommes, mais à Dieu seul ; et puisque, enfin, nous n’avons jamais contracté de dettes pour cette œuvre et que nous n’en contractons pas davantage aujourd’hui : pourquoi ne serait-ce plus maintenant une œuvre de foi, comme autrefois ? Ceux qui disent qu’elle ne l’est plus voudront-ils se mettre dans la position où j’étais lorsque, à la fin de l’année 1852, il ne me restait pas deux livres, et qu’environ trois cent trente personnes devaient être pourvues, jour après jour, de tout ce dont elles avaient besoin, et éprouver s’il s’agit maintenant d’autre chose que d’une œuvre de foi ? Mais peut-être en ai-je trop dit à ce sujet. Car chacun, hormis ceux qui sont résolus à ne pas voir, n’aura aucune peine à comprendre que maintenant, comme autrefois, on ne pourrait éviter d’être accablé dans une telle position qu’en regardant jour après jour au Seigneur, et cela non seulement pour les ressources pécuniaires, mais pour obtenir du secours dans les innombrables difficultés que l’on rencontre continuellement dans une telle œuvre.
Comment pourrais-je assez louer, adorer et magnifier le Seigneur pour son amour et sa fidélité, lui qui me porte ainsi d’année en année dans ce service qui est le sien, me fournissant tout ce dont j’ai besoin en fait de ressources, de collaborateurs, de force d’esprit et, par-dessus tout, de soutien spirituel ! Sans son aide et son soutien, je serais complètement accablé en très peu de temps ; mais, par son aide, je poursuis ma route et je suis très heureux, spirituellement, dans mon service ; et ma santé n’est pas, en général, plus mauvaise aujourd’hui qu’il y a vingt ans, mais plutôt meilleure.
Au cours de l’année 1852-53, il y eut quatre écoles de jour, comptant 235 enfants, entièrement entretenues par les fonds de l’Institution. En outre, une école du dimanche à Bristol, comptant 150 enfants, fut entièrement entretenue, et trois autres, dans le Devonshire, le Somersetshire et le Gloucestershire, comptant 280 enfants, furent aidées. Enfin, une école d’adultes, comptant 103 élèves adultes, fut entièrement entretenue par les fonds de l’Institution. Du 5 mars 1834 au 26 mai 1853, nous avons eu à notre charge 5 686 enfants dans les diverses écoles de jour, 2 673 enfants dans les écoles du dimanche et 2 132 personnes dans l’école d’adultes. Il fut dépensé sur les fonds de l’Institution, au cours de cette année, pour les diverses écoles, £349, 12s. 11d.
Au cours de cette année, il fut employé sur les fonds de l’Institution, pour la diffusion des saintes Écritures, £431, 5s, 1½d., et il fut diffusé 1 666 Bibles et 1 210 Nouveaux Testaments. Du 5 mars 1834 au 26 mai 1853, il fut diffusé 10 476 Bibles et 6 061 Nouveaux Testaments.
Depuis plusieurs années, cette partie de l’œuvre m’a paru de plus en plus importante, à cause des terribles efforts déployés par les puissances des ténèbres pour ravir à l’Église de Christ les saintes Écritures. C’est pourquoi j’ai cherché à saisir toutes les occasions de diffuser les saintes Écritures en Angleterre, en Irlande, au Canada, en Guyane britannique, aux Indes orientales, en Chine, en Australie, etc. Toutes les portes ouvertes qu’il a plu au Seigneur de placer devant moi, dans ces régions ou dans d’autres parties du monde, je les ai franchies avec joie ; oui, j’ai tenu pour un véritable privilège que Dieu me permette de répandre sa sainte Parole. Beaucoup de serviteurs de Christ, en diverses parties du monde, m’ont assisté dans ce service, et c’est par leur intermédiaire que des exemplaires des saintes Écritures ont été diffusés.
Au cours de cette année, il fut dépensé sur les fonds de l’Institution, pour les objets missionnaires, £2,234, 2s. 6d. Cette somme permit d’aider, à un degré plus ou moins grand, cinquante-quatre ouvriers dans la parole et dans la doctrine, en diverses parties du monde.
Il fut employé pour la diffusion des traités, du 26 mai 1852 au 26 mai 1853, la somme de £555, 16s. 7½d. ; et il fut diffusé au cours de cette année 733 674 traités.
Le nombre total des traités diffusés jusqu’au 26 mai 1853 s’élevait à 1 820 040. Du 19 nov. 1840 au 10 mai 1842, première période pendant laquelle la diffusion des traités fut en activité dans le cadre de l’Institution pour la connaissance des Écritures dans le pays et à l’étranger, il en fut diffusé 19 609 ; du 26 mai 1851 au 26 mai 1852, 489 136 ; et pendant la présente période, 733 674.
Au début de cette période, il y avait 300 orphelins dans la nouvelle maison des orphelins d’Ashley Down, à Bristol. Au cours de l’année, 13 orphelins y furent admis, ce qui fit 313 en tout. Le nombre total des orphelins qui furent à notre charge d’avril 1836 au 26 mai 1853 s’élevait à 528.
Sans que personne ait été personnellement sollicité par moi pour quoi que ce soit, la somme de £55,408, 17s. 5¾d. m’a été donnée pour les orphelins, en réponse à la prière adressée à Dieu, depuis le début de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1853. Le lecteur sera peut-être aussi intéressé de savoir que le montant total donné pour les autres objets, depuis le début de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1853, s’élevait à £19,163, 14s. 1½d. ; et que ce qui était rentré par la vente de Bibles et de traités, et par les contributions des enfants des écoles de jour, s’élevait à £3,490, 7s. 1¼d. En outre, une grande quantité et une grande variété de vêtements, de meubles, de provisions, etc., furent données à l’usage des orphelins.
Les dépenses relatives à l’entretien des 300 orphelins et des apprentis, au cours de cette année, s’élevèrent à £3,453, 15s. 1½d.
31 déc. 1852. Au cours de cette année, 35 croyants ont été reçus dans la communion fraternelle. Il a plu au Seigneur de me donner £445, 8s. 8½d.
Mon beau-frère, M. A. N. Groves, dont il a été fait mention dans la première partie de ce récit comme m’ayant aidé par son exemple lorsque je commençai mes travaux en Angleterre en 1829 — en ce que, sans aucun soutien visible et sans être rattaché à aucune société missionnaire, il était parti avec sa femme et ses enfants pour Bagdad comme missionnaire, après avoir renoncé à une clientèle lucrative d’environ mille cinq cents livres par an —, revint des Indes orientales pour la troisième fois à l’automne 1852, extrêmement malade. Il vécut cependant jusqu’au 20 mai 1853, et, après avoir rendu au Seigneur un témoignage des plus bénis, il s’endormit en Jésus dans ma maison.
J’ai déjà dit que le 26 mai 1853, j’avais en caisse, pour la construction de bâtiments assez vastes pour recevoir 700 enfants, la somme de £12,531, 12s. 0¼d.
Un seul fait suffira à montrer la grande diversité des sources d’où proviennent les dons, ainsi que l’extrême disparité de leurs montants.
17 janv. 1854. De S. R. et E. R., deux pauvres ouvrières de fabrique, près de Stroud, 1s. 7d. J’ai aussi reçu ce jour la promesse qu’il me serait versé, pour l’œuvre du Seigneur qui est entre mes mains, £5,207, dont je pourrais disposer comme je le jugerais le meilleur.
La somme totale reçue pour la nouvelle maison des orphelins, au cours de l’année qui se termina le 26 mai 1854, fut de £5,285, 17s. 5d., ce qui porta le total en caisse, au 26 mai 1854, à £17,816, 19s. 5¼d.
Au cours de cette année, les dépenses courantes des divers objets de l’Institution pour la connaissance des Écritures dans le pays et à l’étranger s’élevèrent à £7,507, 0s. 11½d., soit £471, 8s. 11d. de plus qu’en aucune année précédente ; et pourtant le Seigneur ne m’a pas seulement rendu capable d’y faire face entièrement, mais aussi d’ajouter la somme de £5,285, 7s. 5d. au fonds de construction.
Il faut encore une somme importante avant que je puisse bâtir une autre maison pour 700 orphelins ; et je n’ai pas davantage aujourd’hui qu’au commencement de perspective naturelle d’obtenir ce qui manque encore ; mais mon espérance est dans le Dieu vivant. Lorsque j’arrivai à la conclusion que c’était la volonté de Dieu que je bâtisse une autre maison des orphelins, non seulement je n’avais aucune perspective naturelle d’obtenir les £35,000 que cet objet exigerait, mais je n’avais même aucune perspective naturelle de pouvoir pourvoir aux besoins des trois cents orphelins déjà à ma charge. Trois années se sont écoulées depuis lors, et j’ai eu tout ce qu’il me fallait pour eux, soit environ £10,500 ; et j’ai reçu £17,816, 19s. 5¼d. pour le fonds de construction. Ne puis-je pas bien me confier dans le Seigneur pour ce qui manque encore au fonds de construction ? Par sa grâce, je le ferai, et je mettrai ma joie à le faire ; car je sais qu’à la fin toutes mes prières se changeront en louanges pour ce qui concerne cette partie du service.
Il est un point qui m’encourage particulièrement à continuer de m’attendre au Seigneur pour le reste des ressources nécessaires, à savoir que les demandes d’admission d’orphelins continuent d’affluer. Le 26 mai 1853, il y avait 480 orphelins en attente d’admission. Depuis lors, on a présenté des demandes pour 181 autres, ce qui fait 661 en tout. Ces enfants ont de trois mois et au-dessus, et tous ont perdu par la mort leur père et leur mère.
Au cours de l’année que nous passons ici en revue, j’ai reçu, dans des circonstances d’un intérêt particulier, le don suivant pour les ouvriers missionnaires.
Le 9 août 1853, je reçus la lettre d’un frère chrétien, accompagnée d’un mandat de quatre-vingt-huit livres deux shillings six pence sur ses banquiers, dont trois livres deux shillings six pence provenaient d’un tronc pour les orphelins placé dans un lieu de réunion de croyants, et quatre-vingt-cinq livres d’une pauvre veuve qui avait vendu sa petite maison, tout son bien, et qui avait mis quatre-vingt-dix livres, le montant total de ce qu’elle avait reçu, dans ce tronc pour les orphelins deux mois auparavant, le 9 juin 1853. L’argent était resté quelque temps dans ce tronc sans que personne le sût, jusqu’au jour où le tronc fut ouvert et où l’on y trouva les quatre-vingt-dix livres, avec quelques lignes sans nom. Cependant, comme le frère qui m’envoya l’argent avait eu connaissance de l’intention de cette femme de vendre sa petite maison et de m’en envoyer le produit pour l’œuvre du Seigneur, il ne se sentit pas libre de me l’envoyer sans lui faire des représentations par l’intermédiaire de deux frères, qu’il envoya avec l’argent pour le lui offrir de nouveau ; car il la savait très pauvre et craignait que ce ne fût là un acte d’exaltation, qu’elle pourrait regretter par la suite. Ces frères ne purent obtenir d’elle qu’elle reprît l’argent, mais ils la persuadèrent de reprendre cinq livres sur la somme ; alors le frère en question ne se sentit plus libre de garder l’argent loin de moi, et m’envoya donc les quatre-vingt-cinq livres.
À la réception de cet envoi, j’écrivis aussitôt à la pauvre et pieuse veuve, lui offrant les frais de voyage pour venir à Bristol, afin de pouvoir m’entretenir personnellement avec elle ; car je craignais que ce ne fût un acte d’exaltation, d’autant plus qu’elle avait repris cinq livres sur la somme. Cette sœur dans le Seigneur, une veuve d’environ soixante ans, vint à Bristol et me raconta en toute simplicité comment, dix ans auparavant, en l’année 1843, elle avait résolu que, si jamais elle entrait en possession de la petite maison où elle vivait avec son mari, elle la vendrait et en donnerait le produit au Seigneur. Environ cinq ans plus tard, son mari mourut ; et elle, n’ayant pas d’enfants ni personne qui eût sur elle un droit particulier, chercha alors à se défaire de son petit bien, comme elle en avait eu la pensée durant toutes ces années. Cependant, une difficulté après l’autre l’empêcha de parvenir à le vendre. Enfin elle se trouva dans une gêne particulière, ne pouvant payer la rente foncière annuelle de la petite maison et du jardin, et elle demanda au Seigneur de lui permettre de vendre la propriété, afin de pouvoir accomplir le désir qu’elle nourrissait depuis dix ans : lui donner le produit de ce bien qui était le sien. Il l’aida alors. La maison fut vendue, l’argent payé, et elle mit la totalité des quatre-vingt-dix livres dans le tronc des orphelins à mon intention, assurée que le Seigneur me dirigerait sur la meilleure manière d’employer cet argent pour lui. Je la questionnai encore et encore pour découvrir si ce n’était pas l’exaltation qui l’avait poussée à agir comme elle l’avait fait ; mais je vis non seulement que sa décision était bien arrêtée depuis dix ans, mais aussi qu’elle était capable de répondre par la parole de Dieu à toutes les objections que je lui faisais à dessein, afin de la sonder et de savoir si elle avait agi avec intelligence et par de justes motifs. Enfin je fus pleinement convaincu que ce n’était ni par impulsion ni sous l’effet de l’exaltation qu’elle avait donné cet argent. Je lui dis ensuite à peu près ceci : « Vous êtes pauvre, vous avez environ soixante ans, vos forces vont donc en diminuant ; ne pourriez-vous pas, dès lors, garder cet argent pour vous-même ? » Sa réponse fut, autant que je m’en souvienne, à peu près celle-ci : « Dieu a toujours pourvu à mes besoins, et je ne doute pas qu’il le fera aussi à l’avenir. Je suis capable de travailler et de gagner mon pain aussi bien que d’autres, et je suis prête à travailler comme garde-malade, ou de toute autre manière. » Que pouvais-je objecter à cela ? C’est exactement ce qu’un enfant de Dieu dirait, et devrait dire. Mais la plus grande de toutes les difficultés qui s’opposaient à ce que j’accepte les quatre-vingt-cinq livres demeurait dans mon esprit, et je l’expose, car je raconte toute l’affaire pour le profit du lecteur. La voici. La maison avait été vendue quatre-vingt-dix livres. La somme entière avait été mise dans le tronc ; mais, à la persuasion des deux frères chargés de faire des représentations à cette veuve, elle s’était laissé amener à reprendre cinq livres sur les quatre-vingt-dix. Je me dis donc : ne pourrait-elle pas être disposée, au bout de quelque temps, à reprendre la totalité des quatre-vingt-dix livres ? Comment, dès lors, pourrais-je être en paix en acceptant cet argent ? C’est pourquoi j’insistai particulièrement sur ce point et lui dis que je craignais qu’elle ne regrettât entièrement son acte au bout de quelque temps, puisqu’elle avait repris ces cinq livres. J’appris alors dans quelles circonstances elle avait été amenée à reprendre ces cinq livres.
Les deux frères qui étaient allés la voir pour lui représenter qu’il convenait de reprendre les quatre-vingt-dix livres, ou une partie, lui avaient dit que Barnabas avait vendu sa terre, mais qu’ensuite il avait vécu avec d’autres de ce que lui et d’autres avaient versé dans le fonds commun, et que, par conséquent, elle pouvait reprendre au moins une partie des quatre-vingt-dix livres, si elle ne voulait pas reprendre le tout. Elle s’était alors dit qu’« en tant qu’enfant de Dieu, elle pouvait prendre la part des enfants », et que, puisqu’elle avait donné à Dieu ces quatre-vingt-dix livres, elle pouvait en reprendre cinq. Elle me dit qu’elle estimait que les frères lui avaient montré par les saintes Écritures ce qu’elle pouvait faire, et que c’était pour cela qu’elle avait repris ces cinq livres. Je ne partageais pas moi-même le jugement des frères qui avaient dit cela (car rien ne prouve que Barnabas ait jamais été entretenu sur le fonds commun, produit de la vente des maisons et des terres, sur lequel les pauvres étaient entretenus) ; mais je ne dis rien à dessein à la veuve, de peur qu’elle ne fût aussitôt amenée à me donner aussi ces cinq livres. Elle avait d’ailleurs ces cinq livres intactes, et me les montra ; et avant de partir, elle voulut absolument me faire prendre une livre pour le bien des orphelins, ce que je ne refusai pas, car je n’avais pas l’intention de garder les quatre-vingt-cinq livres. Elle me donna aussi pour les orphelins une pièce de six pence que quelqu’un lui avait donnée pour elle-même, quelques jours auparavant.
Je lui demandai alors, puisque cette affaire des cinq livres retenues était éclaircie de façon satisfaisante pour ce qui touchait à l’état de son propre cœur, ce qu’elle désirait que je fasse de l’argent, au cas où je jugerais bon de le garder. Elle me répondit qu’elle s’en remettait à moi, que Dieu me dirigerait à ce sujet ; mais que, si elle devait en dire quoi que ce soit, elle aimerait surtout qu’il servît à l’entretien de frères qui travaillent dans la parole sans aucun salaire et qui exposent leur vie pour le nom de Christ. Elle désirait que moi, j’en eusse une partie ; mais je refusai catégoriquement, de peur d’être blâmé dans cette affaire. Je lui offris ensuite de payer ses frais de voyage, puisqu’elle était venue me trouver, ce qu’elle ne voulut pas accepter, n’en ayant pas besoin. Pour conclure, je lui dis que j’allais encore prier à ce sujet et réfléchir à ce qu’il convenait de faire. Je priai alors avec cette chère et pieuse femme, la recommandai à Dieu, me séparai d’elle, et ne l’ai pas revue depuis.
J’attendis du 9 août 1853 au 7 mars 1854 ; ce jour-là, je lui écrivis pour lui offrir de lui rendre la totalité des quatre-vingt-cinq livres, ou une partie. Le 9 mars 1854, juste sept mois après que j’eus reçu l’argent, juste neuf mois après qu’elle l’eut effectivement donné, et dix ans et neuf mois après qu’elle eut pris la résolution de donner sa maison et son jardin à Dieu, je reçus d’elle une lettre déclarant qu’elle était dans les mêmes dispositions que depuis des années. J’employai donc l’argent à aider ceux des frères missionnaires à l’étranger qui, à ma connaissance, ressemblaient le plus à la catégorie d’hommes qu’elle désirait assister.
Les raisons pour lesquelles je me suis étendu si minutieusement sur ce fait sont les suivantes : 1. Si l’on devait me blâmer, moi qui suis l’intendant des libéralités des enfants de Dieu, d’avoir reçu d’une pauvre veuve presque littéralement tout son bien, on peut voir de quelle manière je l’ai fait. Refuser encore le 9 mars 1854 aurait été aller au-delà de ce que j’étais autorisé à faire. 2. Je désirais aussi donner une illustration pratique du fait que je ne désire de dons que selon la voie de Dieu. Ce n’est pas seulement l’argent que je désire, mais l’argent reçu en réponse à la prière, selon l’ordre de Dieu. 3. Ce fait montre combien Dieu m’aide souvent de la manière la plus inattendue. 4. J’ai aussi rapporté cet exemple pour qu’il y ait une preuve nouvelle que, même en ces derniers jours, l’amour de Christ a une puissance qui presse et peut agir puissamment, comme aux jours des apôtres. J’ai été témoin de bien des exemples semblables durant les vingt années où je me suis occupé de ce service qui est le mien. Rendons grâces à Dieu pour de tels cas, et cherchons la grâce d’imiter ces hommes et ces femmes pieux, plutôt que de penser qu’ils vont trop loin. Je ne puis toutefois quitter ce sujet sans recommander cette pauvre veuve aux prières de tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus, afin qu’elle soit gardée dans l’humilité, de peur que, s’estimant beaucoup elle-même à cause de ce qu’elle a été rendue capable de faire par la grâce de Dieu, elle ne perde non seulement la bénédiction dans sa propre âme, mais que ce fait ne devienne aussi pour elle un piège. Priez aussi, lecteur croyant, pour qu’il ne lui soit jamais permis de regretter ce qu’elle a fait pour le Seigneur.
Après avoir exposé en détail les sources et la manière dont fut pourvu l’entretien des orphelins pendant vingt-quatre jours, M. M. ajoute : —
Le but particulier pour lequel je suis entré dans tant de détails est de montrer que l’œuvre est aujourd’hui, autant que jamais, une œuvre menée entièrement dans la dépendance du Dieu vivant, qui seul est notre espérance, vers qui seul nous regardons pour obtenir du secours, et qui ne nous a jamais abandonnés à l’heure du besoin. Il y a cependant une chose qui distingue cette année des années précédentes : c’est que, si nos épreuves de foi ont été cette année tout aussi grandes que les années précédentes, la somme nécessaire n’avait jamais été aussi grande autrefois que pendant cette année, d’autant plus que, durant la plus grande partie de l’année, le pain était environ deux fois plus cher que pendant plusieurs années auparavant.
Mais, dira-t-on peut-être, si vous avez connu une telle épreuve de foi avec ces trois cents orphelins, pourquoi cherchez-vous à bâtir une autre maison des orphelins pour sept cents de plus, et à en avoir ainsi mille à votre charge ? N’aurez-vous pas des épreuves de foi plus grandes encore ?
Voici ma réponse : 1. Dieu ne m’a jamais fait défaut durant les vingt années de ce service qui est le mien. 2. Je poursuis ma route aussi aisément aujourd’hui avec trois cents orphelins qu’avec trente, le nombre par lequel j’ai commencé. Leur nombre est dix fois plus grand qu’au début ; mais Dieu m’a toujours aidé. 3. Les épreuves de foi étaient prévues ; oui, elles étaient l’un des buts principaux de l’œuvre, pour le profit de l’Église de Christ tout entière. 4. Le courage m’a été donné d’aller de l’avant, uniquement dans la dépendance de Dieu, avec l’assurance qu’il m’aiderait ; toutefois, je me suis attendu à lui en secret pendant six mois avant de faire connaître mon intention, afin de ne pas faire un pas précipité ; et je n’ai jamais regretté d’être allé de l’avant. 5. Mais il faut ajouter que l’abondance même que le Seigneur m’a donnée au moment où mon esprit était occupé de cette question m’a été une grande confirmation que je ne m’étais pas mépris sur sa pensée. Et même au cours de cette année, combien son secours a été grand ; car le revenu de l’ensemble de l’œuvre s’est élevé à douze mille sept cent quatre-vingt-cinq livres quinze shillings sept pence et demi. J’ai donc l’assurance que le Seigneur, en son temps, non seulement me permettra de bâtir une autre maison des orphelins, mais aussi que, lorsqu’il lui aura plu de la remplir, il trouvera les moyens de pourvoir aux besoins de ces enfants.
Au cours de cette année, quatre écoles de jour, comptant 202 enfants, furent entièrement entretenues par les fonds de l’Institution. En outre, une école du dimanche à Bristol, comptant 137 enfants, fut entièrement entretenue, et trois autres, dans le Devonshire, le Somersetshire et le Gloucestershire, comptant 300 enfants, furent aidées. Enfin, une école d’adultes, comptant 154 élèves adultes, fut entièrement entretenue. La somme totale dépensée au cours de cette année pour ces écoles s’éleva à £359, 15s. 10½d. Le nombre de tous les enfants qui furent à notre charge dans les seules écoles entièrement entretenues par cette Institution, du 5 mars 1834 au 26 mai 1854, fut de 5 817 dans les écoles de jour, de 2 748 dans les écoles du dimanche, et de 2 315 personnes dans l’école d’adultes.
Au cours de cette année, il fut dépensé pour la diffusion des saintes Écritures, sur les fonds de l’Institution, £433, 2s. 9d. Il fut diffusé au cours de cette année 1 890 Bibles et 1 288 Nouveaux Testaments ; et, depuis le début de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1854, 12 366 Bibles et 7 349 Testaments.
Au cours de cette année, il fut dépensé sur les fonds de l’Institution, pour les objets missionnaires, la somme de £2,249, 10s. 8½d. Cette somme permit d’aider, à un degré plus ou moins grand, cinquante-six ouvriers dans la parole et dans la doctrine, en diverses parties du monde.
Au cours de cette année, il plut de nouveau au Seigneur de bénir abondamment les travaux de beaucoup de ces serviteurs de Christ qui furent aidés par les fonds de cette Institution, et cela dans les pays étrangers aussi bien que dans le nôtre.
Il fut employé pour la diffusion des traités, du 26 mai 1853 au 26 mai 1854, la somme de £563, 5s. 0½d. ; et il fut diffusé 869 636 traités.
Le nombre total de tous les traités diffusés depuis le début jusqu’au 26 mai 1854 s’élevait à 2 689 676.
Nous désirons être reconnaissants envers le Seigneur de ce qu’à aucune période précédente il ne nous a été donné de diffuser plus de traités et plus d’exemplaires des saintes Écritures, ni d’aider davantage les travaux missionnaires, que durant cette période ; mais nous ne voudrions pas nous reposer là-dessus. C’est la bénédiction du Seigneur sur nos travaux qu’il nous faut, que nous désirons, et que, par sa grâce, nous recherchons aussi.
Si quelques-uns de mes lecteurs chrétiens ont l’habitude de distribuer des traités et n’ont pourtant jamais vu de fruit, puis-je leur suggérer, pour qu’ils les examinent dans la prière, les conseils suivants ? 1. Recherchez, par la prière et la méditation des saintes Écritures, un état de cœur tel que vous soyez disposés à laisser à Dieu tout l’honneur, si quelque bien s’accomplit par votre service. Si vous désirez l’honneur pour vous-mêmes, ne fût-ce qu’en partie, vous obligez le Seigneur, pour ainsi dire, à vous mettre de côté pour l’instant comme un vase qui n’est pas encore utile à son maître. L’une des plus grandes conditions pour être utile au service du Seigneur est un cœur qui désire sincèrement lui procurer de l’honneur. 2. Faites précéder tous vos travaux d’une prière ardente et assidue ; allez à l’œuvre dans un esprit de prière ; et faites-les suivre de la prière. Ne vous reposez pas sur le nombre de traités que vous avez distribués. Un million de traités peuvent ne pas être le moyen de convertir une seule âme ; et pourtant, combien grande, au-delà de tout calcul, peut être la bénédiction qui découle d’un seul traité. Il en est de même de la diffusion des saintes Écritures et du ministère de la parole lui-même. Attendez donc tout de la bénédiction du Seigneur, et rien du tout de vos propres efforts. 3. Et pourtant, en même temps, travaillez, entrez par toutes les portes ouvertes, insistez en toute occasion, favorable ou non, comme si tout dépendait de vos travaux. C’est là, comme il a déjà été dit, l’un des grands secrets d’un service fructueux pour le Seigneur : travailler comme si tout dépendait de notre diligence, et pourtant ne pas se reposer le moins du monde sur nos efforts, mais sur la bénédiction du Seigneur. 4. Cette bénédiction du Seigneur, toutefois, ne doit pas seulement être recherchée dans la prière ; elle doit aussi être attendue, guettée, continuellement guettée ; et il en résultera que nous l’obtiendrons sûrement. 5. Mais supposons que, pour l’épreuve de notre foi, cette bénédiction soit longtemps dérobée à nos regards ; ou supposons même que nous devions nous endormir avant de voir beaucoup de bien résulter de nos travaux : nos travaux, s’ils sont menés de la manière et dans l’esprit qui ont été indiqués, n’en seront pas moins, à la fin, abondamment reconnus, et nous aurons une riche moisson au jour de Christ.
Au début de cette période, il y avait 300 orphelins dans la nouvelle maison des orphelins d’Ashley Down, à Bristol. Au cours de l’année, 30 orphelins y furent admis, ce qui fit 330 en tout. Le nombre total des orphelins qui furent à notre charge d’avril 1836 au 26 mai 1854 s’élevait à 558.
Les dépenses de l’année pour l’entretien des orphelins s’élevèrent à £3,897, 2s. 0½d.
Sans que personne ait été personnellement sollicité par moi pour quoi que ce soit, la somme de £64,591, 6s. 11¼d. m’a été donnée pour les orphelins, en réponse à la prière adressée à Dieu, depuis le début de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1854. Le lecteur sera peut-être aussi intéressé de savoir que le montant total donné pour les autres objets, depuis le début de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1854, s’élevait à £22,268, 2s. 11¼d. ; et que ce qui était rentré par la vente de Bibles et de traités, et par les contributions des enfants des écoles de jour, depuis le début jusqu’au 26 mai 1854, s’élevait à £3,989, 4s. 5¾d.
Nos travaux continuèrent d’être bénis parmi les orphelins. Nous vîmes aussi de nouveau, au cours de cette année, du fruit de nos travaux parmi des orphelins qui avaient été autrefois à notre charge.
En juillet 1853, il plut au Seigneur d’éprouver ma foi d’une manière dont elle n’avait encore jamais été éprouvée. Ma fille bien-aimée, notre unique enfant, croyante depuis le commencement de l’année 1846, tomba malade le 20 juin. Cette maladie, d’abord une fièvre lente, se changea en typhus. Le 3 juillet, il semblait n’y avoir plus aucun espoir de guérison. C’était maintenant l’épreuve de la foi. Mais la foi triompha. Ma femme bien-aimée et moi fûmes rendus capables de la remettre entre les mains du Seigneur. Il nous soutint tous deux d’une manière extraordinaire. Mais je ne parlerai que de moi-même. Bien que mon unique et bien-aimée enfant eût été amenée près du tombeau, mon âme était pourtant dans une paix parfaite, satisfaite de la volonté de mon Père céleste, assurée qu’il ne ferait pour elle et pour ses parents que ce qui, à la fin, serait le meilleur. Elle resta très malade jusque vers le 20 juillet, où le rétablissement commença. Le 18 août, elle était assez remise pour pouvoir être transportée à Clevedon, afin de changer d’air, bien qu’extrêmement faible. Il y avait alors cinquante-neuf jours qu’elle était tombée malade.
Pendant que j’étais dans cette affliction, cette grande affliction, outre que j’étais en paix pour ce qui concernait la dispensation du Seigneur, je me sentais aussi parfaitement en paix quant à la cause de l’affliction. Lorsqu’en août 1831 la main du Seigneur s’appesantit lourdement sur moi dans ma famille, comme je l’ai rapporté dans la première partie de ce récit, je n’eus pas la moindre hésitation à reconnaître que c’était la verge du Père, appliquée avec une sagesse et un amour infinis pour relever mon âme d’un état de tiédeur. Cette fois, cependant, je n’éprouvais rien de tel. Conscient comme je l’étais de mes nombreuses faiblesses, de mes fautes et de mes manquements, au point d’être prêt, moi aussi, à dire avec l’apôtre Paul : « Misérable que je suis! », j’avais pourtant l’assurance que cette affliction ne venait pas sur moi comme la verge paternelle, mais pour l’épreuve de ma foi. On s’imagine souvent à mon sujet, sans doute, que toutes mes épreuves de foi portent sur des questions d’argent, bien que j’aie très souvent affirmé le contraire ; or voici que le Seigneur voulait éprouver ma foi au sujet de l’un de mes plus chers trésors terrestres, oui, après ma femme bien-aimée, le plus cher de tous mes biens sur la terre. Les parents savent ce qu’est un enfant unique, un enfant bien-aimé, et ce que doit être pour des parents croyants un enfant unique, un enfant croyant. Eh bien, le Père céleste disait, pour ainsi dire, par cette dispensation qui était la sienne : Es-tu disposé à me rendre cette enfant ? Mon cœur répondit : Comme il te semble bon, mon Père céleste. Que ta volonté soit faite. Mais, de même que nos cœurs furent rendus disposés à rendre notre enfant bien-aimée à celui qui nous l’avait donnée, de même il fut prêt à nous la laisser, et elle vécut. « Fais de l’Éternel tes délices, Et il te donnera ce que ton cœur désire. » Psaume 37:4. Le désir de mon cœur était de garder ma fille bien-aimée, si telle était la volonté de Dieu ; le moyen de nous la rendre était d’être satisfait de la volonté du Seigneur.
De toutes les épreuves de foi que j’ai eu à traverser jusqu’ici, celle-ci fut la plus grande ; et, par l’abondante miséricorde de Dieu — je le reconnais à sa louange —, je fus rendu capable de faire mes délices de la volonté de Dieu ; car j’avais la parfaite certitude que, si le Seigneur prenait cette fille bien-aimée, ce serait le meilleur pour ses parents, le meilleur pour elle-même, et davantage pour la gloire de Dieu que si elle vivait : de cette meilleure part je me contentais ; et ainsi mon cœur avait la paix, une paix parfaite, et je n’eus pas un instant d’inquiétude. Il en serait ainsi en toutes circonstances, si douloureuses soient-elles, si le croyant exerçait la foi.
31 déc. 1853. Au cours de cette année, il a plu au Seigneur de me donner £638, 11s. 8½d.
Chapitre 25 terminé
Moissonner avec joie