Chapitre 24 · 22 min de lecture · 28 min d’écoute
Une prospérité constante
1850-1852.
LE DÉSIR D’UNE UTILITÉ PLUS ÉTENDUE EXAUCÉ—UN DON IMPORTANT ATTENDU ET REÇU—COUP D’ŒIL SUR 1851—EXPÉRIENCE PERSONNELLE—LE FONDS DE CONSTRUCTION DE LA DEUXIÈME NOUVELLE MAISON DES ORPHELINS—LE DOUTE REPOUSSÉ—CE N’EST PAS EN VAIN QU’ON S’ATTEND À DIEU—COUP D’ŒIL SUR 1852.
Au commencement de l’année qui s’ouvrit en mai 1850, mon dessein était de chercher le secours du Seigneur, afin de pouvoir assister plus encore qu’auparavant les frères qui travaillent pour l’Évangile, dans le pays et à l’étranger, en dépendant de Dieu pour leurs besoins temporels, et de travailler plus que jamais à la diffusion des saintes Écritures et de simples traités évangéliques.
11 juin. Grâce aux sommes entrées pendant les quinze premiers jours de cette période, j’ai pu commencer à exécuter le dessein que j’avais formé ; et comme le Seigneur m’a rendu capable, sans calculs inquiets, de continuer à donner à mesure qu’il daignait me confier des ressources, de même il m’a de nouveau envoyé d’autres secours avant que tout fût épuisé. C’est un point d’une grande importance dans la vie divine de ne pas calculer avec inquiétude au sujet du lendemain, ni de distribuer avec parcimonie en vue de besoins futurs possibles qui ne viendront peut-être jamais ; mais de considérer que seul le moment présent nous appartient pour servir le Seigneur, et que le lendemain ne viendra peut-être jamais pour nous.
20 avril 1851. Pendant toute l’année en cours, jusqu’à cette date, le Seigneur m’a pourvu de ressources si abondantes qu’il ne s’est pas présenté devant moi un seul cas où il eût été souhaitable, selon la mesure de lumière qui m’est donnée, d’apporter du secours ou d’étendre l’œuvre, sans que j’eusse en même temps d’amples ressources pour le faire. Au milieu de la grande crise de l’époque, si généralement ressentie, et à cause de laquelle, humainement parlant, j’aurais pu moi aussi être extrêmement éprouvé par le manque de ressources, je n’ai au contraire, à aucun moment de l’œuvre au cours des dix-sept années précédentes, eu une plus grande abondance de ressources. J’insiste à dessein sur ce point, parce que je désire qu’on sache de plus en plus qu’il n’y a pas, en fin de compte, de chemin plus facile, meilleur ni plus heureux que le chemin de Dieu, et cela en particulier aussi pour ce qui est d’obtenir des ressources simplement en réponse à la prière, sans solliciter personne.
Au début de l’année, j’avais en main pour les orphelins plus que je n’en avais eu depuis bien des années dans des circonstances semblables, le solde pour les dépenses courantes, au 26 mai 1850, étant de cent cinquante livres sept shillings dix pence. Pourtant, si important que fût ce solde en comparaison de ce qu’il avait généralement été auparavant, combien la somme était petite en réalité ! Environ trois cents personnes étaient attachées à la nouvelle maison des orphelins, et il fallait chaque jour leur fournir tout ce dont elles avaient besoin, sans compter plusieurs apprentis qui devaient encore être entretenus. Aussi les cent cinquante livres en main ne suffisaient-elles qu’à couvrir les besoins d’une quinzaine de jours environ, puisque les dépenses moyennes de la seule œuvre des orphelins étaient d’environ dix livres par jour. Mettez-vous donc, cher lecteur, à ma place. Trois cents personnes à table chaque jour, et cent cinquante livres en main ! À regarder les choses naturellement, il y a de quoi trembler ; mais, me confiant dans le Dieu vivant, comme sa grâce me rendait capable de le faire, je n’éprouvais pas la moindre angoisse d’esprit, et j’avais l’assurance que Dieu m’aiderait aussi certainement qu’il l’avait fait quatorze ans auparavant, lorsque le nombre des orphelins n’en était que la dixième partie.
27 nov. Depuis sept semaines, les entrées ont été très faibles en comparaison des dépenses, tant pour les orphelins que pour les divers autres objets de l’Institution pour la connaissance des Écritures. Il est entré pour les orphelins £187, 16s. 2¾d., et pour les autres objets £62, 11s. 1d. ; et les dépenses ont été, pendant ces sept semaines, de £477, 2s. 11d. pour les orphelins, et de £394, 9s. 8d. pour les divers autres objets. On a donc dépensé en tout £871, 12s. 7d., tandis que les entrées n’ont été en tout que de £250, 7s. 3¾d. Nous ne nous sommes pas endettés, bien entendu, car nous ne commandons jamais rien sans en avoir les moyens en main. Nous n’avons même pas éprouvé la moindre difficulté quant aux ressources, parce que le Seigneur, dans sa bonté, avait envoyé des sommes considérables juste avant le début de cette période. Environ trois cent trente personnes se mettent maintenant à table chaque jour dans la nouvelle maison des orphelins, et les dépenses pour les seuls orphelins sont d’environ dix livres par jour, et celles des autres parties de l’œuvre également d’environ dix livres par jour, de sorte qu’il me faut recevoir à raison de vingt livres par jour pour poursuivre l’œuvre ; mais, au cours de ces quarante-neuf jours, il n’y a eu qu’un seul jour où j’aie reçu environ vingt livres, et la plupart du temps seulement quelques livres par jour, et parfois même seulement quelques shillings. Mais que fallait-il faire dans ces circonstances ? Je me suis livré à la prière. Dieu, dont j’ai été rendu capable de faire mon refuge, et mon seul refuge, depuis plus de vingt ans, je l’ai supplié jour après jour. Et lorsque, jour après jour, je n’ai encore reçu que de petites sommes, et parfois rien ou presque rien, le seul effet que cela a produit sur moi a été de me faire prier avec plus d’instance. Ma confiance en Dieu n’est nullement ébranlée. Je n’ai jamais eu la pensée qu’il ne m’aiderait pas : il ne m’a même jamais été permis, une seule fois, de considérer ces sept semaines autrement que comme un arrangement du Seigneur qui, pour l’épreuve de ma foi, a voulu qu’il n’entre que si peu. Je suis sûr que, lorsqu’il m’aura suffisamment éprouvé, de plus fortes sommes arriveront de nouveau. En attendant, combien le Seigneur a été bon, non seulement en me donnant tout ce dont j’ai eu besoin, mais encore en me laissant maintenant même de l’argent en main ! Et quant à nos provisions dans la nouvelle maison des orphelins, elles sont aussi abondantes que d’habitude. Nous avons dans la maison au moins cent cinquante sacs de pommes de terre, vingt sacs de farine, trente-trois barils de flocons d’avoine contenant chacun environ deux cents livres, environ trois cents paires de chaussures neuves (outre environ neuf cents paires en usage), environ dix tonnes de charbon, une grande quantité de savon et de riz ; et ainsi de toutes les autres parties des provisions, à proportion. En fait, alors que les entrées ont été faibles, je viens de commander des articles en gros comme auparavant, lorsque nos entrées étaient peut-être quatre ou cinq fois plus fortes pour la même période. Mon jugement est qu’il plaira bientôt au Seigneur d’envoyer de nouveau de plus fortes sommes, puisqu’il lui a plu d’exercer ma foi de cette manière pendant quelque temps. Que je voie le résultat !
4 janv. 1851. Aujourd’hui même, le Seigneur m’a donné une preuve des plus précieuses qu’il prend plaisir à ce que nous attendions de grandes choses de lui. J’ai reçu ce soir la somme de trois mille livres, le don le plus important que j’aie reçu jusqu’ici. J’écris de nouveau maintenant que j’attends des sommes bien plus fortes encore, afin qu’il devienne de plus en plus manifeste qu’il n’y a pas de manière plus heureuse, plus facile ni meilleure d’obtenir des ressources pécuniaires pour l’œuvre du Seigneur que celle dans laquelle j’ai été conduit. Combien ma joie en Dieu est grande à cause de ce don, je ne saurais le décrire ; mais elle n’est pas le moins du monde mêlée d’agitation. Je reçois ce don des mains du Dieu vivant ; j’attends continuellement son secours, et je suis parfaitement assuré que je l’aurai ; c’est pourquoi mon âme est calme et paisible, sans aucune agitation, bien que le don soit si important. Ce don est toutefois comme une voix du ciel qui me parle d’une affaire de la plus haute importance, au sujet de laquelle je cherche la direction du Seigneur : la construction d’une autre maison des orphelins.
26 mai. Me voici parvenu à la fin de cette période. L’œuvre s’agrandit de plus en plus. Le mois dernier, j’ai déboursé pour les orphelins plus de quatre cent cinquante livres, et pour les autres objets plus de cinq cents livres, soit près de mille livres en un seul mois ; et pourtant il me reste en main, grâce à la bonté du Seigneur, un solde plus important qu’à la fin d’aucune des périodes précédentes.
Du 26 mai 1850 au 26 mai 1851, il y eut à Bristol quatre écoles de jour, comptant 286 enfants, entièrement entretenues par les fonds de l’Institution ; et trois autres, dans le Devonshire, le Gloucestershire et le Norfolk, comptant 180 enfants, furent assistées. En outre, une école du dimanche à Bristol, de 184 enfants, fut entièrement entretenue, et deux autres, dans le Devonshire et le Gloucestershire, comptant 213 enfants, furent assistées. Enfin, une école d’adultes à Bristol, de 90 personnes, fut entièrement entretenue. Les dépenses relatives à toutes ces diverses écoles s’élevèrent, pendant cette période, à £379, 17s. Depuis la fondation de l’Institution, le 5 mars 1834, jusqu’au 26 mai 1851, il y eut 5 343 enfants dans les diverses écoles de jour de Bristol seulement, 2 379 dans l’école du dimanche, et 1 896 personnes dans l’école d’adultes, sans compter les milliers d’élèves des écoles assistées hors de Bristol.
On dépensa pendant cette période, sur les fonds de l’Institution, pour la diffusion des saintes Écritures, £150, 16s. 5d. On vendit 345 Bibles et on en donna 899 ; et on vendit 30 Nouveaux Testaments et on en donna 413, pendant cette période. Du 5 mars 1834 au 26 mai 1851, on diffusa 7 709 Bibles et 4 442 Nouveaux Testaments.
Pendant cette année, on dépensa sur les fonds de l’Institution, pour les missions, la somme de £2,000, 11s. 1d. Grâce à cette somme, quarante-cinq ouvriers de la prédication et de l’enseignement, en diverses parties du monde, furent assistés dans une mesure plus ou moins grande. Le montant total de £2,000 fut envoyé à ces quarante-cinq serviteurs du Seigneur Jésus en 264 envois différents.
Pendant cette période, on dépensa £358, 7s. 3d. pour la diffusion des traités, et l’on diffusa 303 098 traités et petits livres. Il me fut permis d’envoyer plus de traités que pendant l’ensemble des dix années précédentes réunies. Et il ne faut pas cacher au lecteur, comme un sujet d’actions de grâces, qu’il plut au Seigneur de me faire apprendre à maintes reprises des cas de conversion dus à la distribution de ces traités pendant cette période.
Le 26 mai 1850, il y avait 275 orphelins dans la nouvelle maison des orphelins d’Ashley Down, à Bristol. Le 26 mai 1851, il y avait 300 orphelins dans la nouvelle maison des orphelins. Le nombre total des orphelins qui ont été à notre charge depuis avril 1836 jusqu’au 26 mai 1851 est de 488. Il entra en tout pendant cette année £4,102, 14s. 9¼d. pour l’entretien des orphelins, et £3,640, 9s. 1¾d. pour les autres objets ; et, après qu’il eut été pleinement satisfait à toutes les exigences relatives aux orphelins, il resta en main un solde de £970, 13s. 11¾d. De même, après être entré par toutes les portes qu’il plut au Seigneur d’ouvrir devant moi pour les autres objets, et avoir fait bien plus qu’au cours d’aucune année précédente, il me resta en main, le 26 mai 1851, un solde de £809, 10s. 6d. En vérité, ce n’est pas en vain que nous nous confions dans le Seigneur !
Sans que j’aie personnellement sollicité qui que ce soit pour quoi que ce soit, la somme de £38,018, 4s. 6½d. me fut donnée pour les orphelins comme fruit de la prière adressée à Dieu, depuis le commencement de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1851. Il intéressera peut-être aussi le lecteur de savoir que le montant total des contributions volontaires pour les autres objets, depuis le commencement de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1851, s’éleva à £13,988, 11s. 9¼d. ; et que ce qui entra par la vente de Bibles et de traités et par les rétributions des enfants des écoles de jour s’éleva à £2,890, 9s. 11¾d.
Il plut au Seigneur de réjouir grandement nos cœurs par l’œuvre de son Saint-Esprit parmi les orphelins pendant cette période.
31 déc. 1850. Pendant cette année, 57 personnes ont été reçues dans la communion, et en tout, depuis que le frère Craik et moi avons commencé à travailler à Bristol, 1 313. Le Seigneur a daigné me donner, pour mes dépenses personnelles, £402, 4s. 5d.
26 mai 1851. Le lecteur se souviendra que j’ai déclaré dans un chapitre précédent que je me proposais d’agrandir l’œuvre des orphelins, non en dépendant de mes amis chrétiens, ni de mes anciens donateurs, mais en dépendant uniquement du Dieu vivant. Avant de faire connaître au public ce que je me proposais de faire, je donnai à lire le récit des exercices de mon esprit à ce sujet à un ami chrétien très estimé, le seul qui, en dehors de ma famille, eût connaissance de mon intention avant qu’elle fût rendue publique. Je le fis surtout afin que, après avoir attendu pendant plusieurs mois Dieu dans le secret pour obtenir sa direction à ce sujet, je pusse aussi avoir le conseil d’un homme de Dieu priant, judicieux et prudent. Lorsque ce frère me rendit le manuscrit, il m’adressa des paroles d’encouragement au sujet de ce dessein, et me donna un demi-souverain pour le fonds de construction de cette maison destinée à sept cents orphelins démunis. Ce fut le premier don ; je le reçus le 13 mai 1851, et il fut, je l’avoue, un grand rafraîchissement et un grand encouragement pour moi, d’autant plus qu’il venait d’un frère si prudent, et après que j’avais eu pendant plusieurs mois, par la prière secrète, l’assurance que je devais aller de l’avant.
Le 28 mai 1851, mon intention fut connue du public, et le soir du 29 mai je reçus d’une dame chrétienne un souverain pour le fonds de construction.
1er juin. Un frère dans le Seigneur, qui signe ses dons de la lettre « P. », m’a donné dix shillings. J’ai reçu aussi un souverain. Ce soir, j’ai reçu encore quatre demi-couronnes, accompagnées de paroles très encourageantes et d’expressions de joie de ce que j’aie été conduit à ce dessein de bâtir une autre maison des orphelins pour sept cents orphelins de plus. Il m’est parvenu aussi, de façon anonyme, trois shillings. De même, un vieux shilling, une petite pièce américaine et deux shillings. Et d’une servante chrétienne de Clifton, deux shillings six pence.
21 juin. Vingt-quatre jours se sont maintenant écoulés depuis que j’ai été rendu capable, jour après jour, de m’attendre au Seigneur pour les ressources, avec une bonne mesure d’ardeur et avec foi ; mais jusqu’ici il n’est entré qu’un peu plus de vingt-huit livres. Je ne suis pourtant pas découragé. Moins il entre, plus je prie avec instance, plus je guette les exaucements, et plus j’ai l’assurance que le Seigneur, en son temps, après avoir éprouvé ma foi, m’enverra de plus fortes sommes, et enfin tout ce dont j’ai besoin.
12 août. Jour après jour, je m’attends au Seigneur pour obtenir les ressources nécessaires à cet objet, et en général plus d’une fois par jour je fléchis les genoux devant Dieu à ce sujet. De plus, ces derniers temps, j’ai été rendu capable de supplier le Seigneur avec une ardeur croissante de bien vouloir envoyer des ressources pour le fonds de construction. Mon âme a été constamment en paix, bien que si peu de chose, comparativement, soit encore entré (en tout, cent vingt-sept livres dix-neuf shillings neuf pence) ; et bien que Satan ait cherché de la manière la plus subtile à ébranler ma confiance, et à m’amener à me demander si, après tout, je ne m’étais pas trompé sur toute cette affaire. Pourtant, bien qu’il y ait visé, je dois confesser, à la louange de Dieu, qu’il ne lui a pas été permis de triompher. J’ai particulièrement supplié le Seigneur, ces derniers temps, de bien vouloir rafraîchir mon esprit en envoyant quelque don important pour cette partie de l’œuvre. Dans ces circonstances, j’ai reçu ce matin cinq cents livres pour le nouveau bâtiment. Je n’ai pas été le moins du monde agité. J’attends les ressources. Au moment même où j’ai reçu ce don, j’attendais des ressources, de gros dons ; et je n’aurais pas été surpris qu’il fût arrivé cinq mille livres, ou davantage. Que le Seigneur soit loué pour ce précieux encouragement, qui m’a stimulé plus encore à la prière !
13 sept. La patience et la foi sont encore requises, et, par la grâce de Dieu, mon désir est « que la patience accomplisse parfaitement son œuvre ». Pas un penny n’est entré aujourd’hui pour le fonds de construction, mais on a demandé l’admission de cinq orphelins de plus, de sorte qu’en moins d’un seul mois, quarante m’ont été présentés, tous privés de leurs deux parents, et tous dans un très grand dénuement. Dans ces circonstances, comment ne travaillerais-je pas avec ferveur dans la prière pour que le Seigneur daigne me confier les ressources nécessaires à la construction d’une autre maison des orphelins pour sept cents orphelins ? Plus je considère les choses selon les apparences et les perspectives naturelles, moins il semble probable que j’obtienne la somme nécessaire ; mais j’ai foi en Dieu, et mon attente est de lui seul. Dès le commencement, je n’ai dépendu que de lui au sujet de cet agrandissement projeté de l’œuvre, et c’est pourquoi je n’ai pas été déçu, bien que jusqu’ici il ne soit entré que la quarantième partie de ce qui est nécessaire (huit cent quatre-vingt-deux livres dix-huit shillings sept pence et demi). Mais combien vite, combien très vite le Seigneur peut changer l’aspect des choses ! Ce soir même, tandis que j’écris, il pourrait me donner plusieurs milliers de livres. Je continue donc à m’attendre à Dieu, et je cherche à fortifier mon cœur par sa sainte parole, et, tandis qu’il tarde à me répondre, à m’occuper de son service béni. De ceci, cependant, mon âme n’a pas le moindre doute : quand il aura plu au Seigneur d’exercer mon âme par l’épreuve de la foi et de la patience, il découvrira son bras, et enverra du secours. Le fait que les demandes d’admission d’orphelins démunis soient si nombreuses me stimule à la prière, et m’est aussi un grand encouragement à croire que le Seigneur m’accordera le désir de mon cœur : procurer un autre foyer à ces enfants démunis, sans père ni mère.
17 mars 1852. Jour après jour, je m’attends à Dieu pour les ressources. Avec une pleine confiance, tant dans la puissance du Seigneur à me donner les ressources que dans sa bonne volonté à le faire, je suis rendu capable de continuer à attendre. Mais il lui plaît d’exercer ma foi et ma patience, et cela a été particulièrement le cas ces derniers temps. Il n’est pas entré plus de vingt-sept livres onze shillings pendant les quatre dernières semaines pour le fonds de construction. Pourtant, au milieu de tout cela, avec l’aide de Dieu, mon cœur a été gardé tourné vers le Seigneur, dans l’attente de son secours. Or aujourd’hui mon cœur a été grandement rafraîchi par un don de neuf cent quatre-vingt-dix-neuf livres treize shillings cinq pence. Je ne saurais décrire à personne combien ce don rafraîchit mon esprit. Après m’être attendu au Seigneur, jour après jour, pendant des semaines, et n’avoir reçu, comparativement, que si peu, soit pour les dépenses courantes, soit pour le fonds de construction, cet exaucement de nombreuses prières est extrêmement doux à mon esprit.
20 mai. Il restait en main, de l’ancien fonds de construction, un solde de £776, 14s. 4¾d., que j’ai ajouté au fonds de construction actuel, de sorte que le soir du 26 mai 1852 j’avais en tout £3,530, 9s. 0¼.
Ressources pour le fonds des écoles, des Bibles, des missions et des traités, envoyées en réponse à la prière du 26 mai 1851 au 26 mai 1852.—Jamais, au cours des dix-huit années écoulées, je n’avais commencé une nouvelle période avec autant d’argent en main qu’au début de celle-ci. Il restait un solde de £809, 10s. 6d. pour ces objets. Bien avant que ce solde fût épuisé, cependant, le Seigneur daigna envoyer de nouveaux secours ; de sorte que, pendant toute l’année, il ne se présenta pas devant moi un seul cas où, selon mon jugement, il eût été souhaitable de soutenir des écoles ou des missions, ou la diffusion des saintes Écritures et des traités, sans que j’eusse toujours en main les ressources pour le faire.
Ressources pour l’entretien des orphelins, envoyées en réponse à la prière du 26 mai 1851 au 26 mai 1852.—Au début de cette période, j’avais en main pour les dépenses courantes des orphelins £970, 13s. 11¾d. Nous n’avions jamais eu un solde aussi important pour les autres objets au commencement d’aucune nouvelle période qu’au commencement de celle-ci, et il en était de même pour l’œuvre des orphelins. Mais bien que nous eussions ce solde important pour commencer, la dépendance de Dieu était encore requise jour après jour, car le secours pécuniaire n’est qu’une très petite partie de ce qui est nécessaire ; et même quant aux ressources, cette somme n’aurait pas duré longtemps, si le Seigneur n’avait envoyé de nouveaux secours. C’est pourtant ce qu’il fit ; et c’est ainsi que, si nous eûmes d’autres épreuves, variées et nombreuses, nous n’éprouvâmes presque aucune difficulté quant aux ressources.
Pendant la période du 26 mai 1851 au 26 mai 1852, furent entièrement entretenues par les fonds de l’Institution quatre écoles de jour à Bristol, comptant 248 enfants pauvres ; et trois autres, dans le Devonshire, le Monmouthshire et le Norfolk, furent assistées. En outre, une école du dimanche à Bristol, de 243 enfants, fut entièrement entretenue, et deux autres, dans le Devonshire et le Gloucestershire, comptant 230 enfants, furent assistées. Enfin, une école d’adultes à Bristol, de 120 élèves adultes, fut entièrement entretenue pendant cette période. Du 5 mars 1834 au 26 mai 1852, il y eut 5 525 enfants dans les écoles de jour de Bristol, 2 600 dans l’école du dimanche, et 2 033 adultes dans l’école d’adultes. On dépensa sur les fonds de l’Institution, pour ces diverses écoles, pendant cette période, £360, 1s. 9d.
Pendant cette période, on dépensa sur les fonds de l’Institution £207, 3s. 1d. pour la diffusion des saintes Écritures, surtout parmi les plus pauvres des pauvres. On distribua pendant cette période 1 101 Bibles et 409 Nouveaux Testaments. On diffusa en tout, du 5 mars 1834 au 26 mai 1852, 8 810 Bibles et 4 851 Nouveaux Testaments.
Pendant cette année, on dépensa sur les fonds de l’Institution, pour les missions, la somme de £2,005, 7s. 5d. Grâce à cette somme, cinquante et un ouvriers de la prédication et de l’enseignement, en diverses parties du monde, furent assistés dans une mesure plus ou moins grande.
On consacra à la diffusion des traités, du 26 mai 1851 au 26 mai 1852, la somme de £356, 11s. 3½d. On diffusa pendant l’année 489 136 traités.
Le nombre total des traités diffusés depuis le commencement jusqu’au 26 mai 1852 fut de 1 086 366.
Le 26 mai 1851, il y avait 300 orphelins dans la nouvelle maison des orphelins d’Ashley Down, à Bristol. De ce jour jusqu’au 26 mai 1852, on y admit 27 orphelins. Le total des dépenses relatives à l’entretien des orphelins, du 26 mai 1851 au 26 mai 1852, fut de £3,035, 3s. 4d. Le nombre total des orphelins qui furent à notre charge depuis avril 1836 jusqu’au 26 mai 1852 fut de 515.
Sans que j’aie personnellement sollicité qui que ce soit pour quoi que ce soit, la somme de £42,970, 17s. 6d. me fut donnée pour les orphelins comme fruit de la prière adressée à Dieu, depuis le commencement de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1852. Il intéressera peut-être aussi le lecteur de savoir que le montant total des contributions volontaires pour les autres objets, depuis le commencement de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1852, s’éleva à £15,976, 10s. 6¼d. ; et que ce qui entra par la vente de Bibles et de traités et par les rétributions des enfants des écoles de jour s’éleva à £3,073, 1s. 9¾d. En outre, une grande variété et une grande quantité d’articles d’habillement, de mobilier, de vivres, etc., furent données pour l’usage des orphelins.
Plusieurs des orphelins qui quittèrent l’établissement pendant cette année s’en allèrent croyants, s’étant convertis quelque temps avant leur départ ; l’un d’eux aussi, qui mourut, donna des preuves très nettes d’un vrai changement de cœur par la foi en notre Seigneur Jésus ; plusieurs de ceux qui avaient été à notre charge les années précédentes, comme nous l’apprîmes au cours de cette année, prirent ouvertement parti pour le Seigneur, et firent remonter leurs premières impressions aux instructions reçues pendant qu’ils étaient sous nos soins ; enfin, parmi ceux qui étaient à notre charge, il n’y en avait pas peu dont l’état spirituel nous donnait de la joie et de la consolation. Ainsi, au milieu de beaucoup de difficultés et d’épreuves, et de quelques découragements, nous eûmes d’abondants sujets de louer Dieu pour sa bonté, et d’aller de l’avant dans la force du Seigneur.
31 déc. 1851. Pendant cette année, le Seigneur a daigné me donner, pour mes dépenses personnelles, £465, 13s. 1¾d.
Chapitre 24 terminé
Une prospérité constante