Une vie de confiance
Grâces continuées

Chapitre 22 · 28 min de lecture · 36 min d’écoute

Grâces continuées

1848-1850.

DE HUMBLES DÉBUTS—DE NOBLES DESSEINS—LES ORPHELINS POURVUS—UNE JOURNÉE MÉMORABLE—DE L’ARGENT « PLACÉ À INTÉRÊT »—DES RESSOURCES VENUES D’UNE SOURCE INATTENDUE—LES PROGRÈS DE LA NOUVELLE MAISON DES ORPHELINS—LES RESSOURCES FOURNIES POUR SON ACHÈVEMENT—UNE JOIE INEXPRIMABLE EN DIEU—COUP D’ŒIL SUR LES DEUX ANNÉES ÉCOULÉES.

Le 26 mai 1848, j’avais en main, pour les fonds des Bibles, des traités, des missions et des écoles de l’Institution pour la connaissance des Écritures, cinq livres dix-neuf shillings sept pence un farthing ; somme si modique que, sans l’aide de Dieu, je n’aurais pu continuer même quelques jours ; car, durant cette période, notre dépense moyenne pour une seule journée, rien que pour cette partie de l’œuvre, égalait à elle seule tout le solde qui me restait en main. Voyez maintenant comment Dieu me fit traverser cette période, en me permettant de faire face à la dépense des milliers de livres qui furent consacrées à ces objets, sans compter l’œuvre des orphelins, du 26 mai 1848 au 26 mai 1850.

Dès le lendemain de la clôture des comptes, le 27 mai 1848, je reçus du Westmoreland cinq livres, premier don de cette période pour cette partie de l’œuvre ; le donateur en destinait la moitié aux dépenses courantes des orphelins, et l’autre moitié à ces objets. Le jour suivant, 28 mai, on déposa anonymement dans les troncs de la chapelle, pour les missions, un shilling six pence, et deux pence. Or il se trouva que toutes les dépenses relatives à ces objets ne s’élevèrent, pendant les deux premiers jours, qu’à environ trois livres, que je pus payer avec ce qui était entré et le solde qui restait en main ; et le 29 mai je reçus cent livres. Comme l’emploi de cette somme m’était laissé, j’en pris la moitié pour les orphelins et l’autre moitié pour ces objets. Je me trouvai ainsi pourvu de quoi faire face aux dépenses qui m’incombèrent le lendemain, 30 mai, jour où je devais payer les traitements hebdomadaires des instituteurs des écoles de jour.

9 juin. Grand a été mon désir, et nombreuses ont été mes prières à Dieu, qu’il daigne condescendre à se servir de moi plus encore, en m’accordant le privilège d’aider des frères qui travaillent à la prédication et à l’enseignement, dans le pays et à l’étranger, sans aucun traitement ; car, comparativement, je n’ai pu faire que très peu pour eux pendant les quatre derniers mois. Enfin, en réponse à mes prières, j’ai reçu ce matin cent soixante livres pour les ouvriers du pays et de l’étranger. Le Seigneur peut juger nécessaire, pour l’épreuve de notre foi, de paraître pour un temps ne pas prendre garde à nos supplications ; mais si nous continuons à nous attendre à lui avec patience et avec foi, il deviendra manifeste, en son temps et à sa manière, que nous ne l’avons pas invoqué en vain.

12 juillet. Mon âme soupire après de nouveaux secours pour les ouvriers du pays et de l’étranger, auxquels j’ai envoyé ces derniers temps tout ce que je pouvais. Presque toutes les lettres que j’ai reçues des frères à qui j’avais envoyé de l’argent m’ont fait voir leur grand besoin. Quelques-uns étaient dans la plus extrême nécessité lorsque mes envois leur sont parvenus. C’est dans ces circonstances qu’est arrivé ce matin un don de cent dix-sept livres deux shillings sept pence, dont j’ai pris cinquante livres pour ces objets, et soixante-sept livres deux shillings sept pence pour les orphelins.

9 nov. Il ne me restait plus que quelques shillings, mardi soir, le 7 courant, pour les traitements hebdomadaires des instituteurs de la semaine à venir. En outre, presque tous les traités sont de nouveau épuisés, et il y a près de quatre semaines que j’ai déboursé le dernier argent que j’avais en main pour les missions. Sur ce dernier point, mon cœur désirait tout particulièrement pouvoir envoyer de nouveau du secours aux ouvriers du pays et de l’étranger, car je sais combien est grand le besoin de beaucoup d’entre eux. Telle était ma situation quant aux ressources, lorsque j’ai reçu aujourd’hui mille livres.

Depuis le 5 mars 1834, j’ai reçu en tout plus de quarante-quatre mille livres [jusqu’au 26 mai 1850 seulement] ; et le Seigneur a tellement élargi l’œuvre et m’a tellement aidé que, pendant les trois dernières années, j’ai eu le privilège de débourser à son service, en rapport avec cette œuvre, environ vingt-cinq mille livres ; et pas une seule fois, durant cette période, je n’ai eu à faire face à un paiement sans que le Seigneur m’en eût d’avance fourni les moyens. S’il plaisait au Seigneur de daigner se servir encore de moi de cette manière, il pourrait disposer les choses de telle sorte qu’un champ de travail plus vaste encore me fût confié, lequel exigerait des sommes plus considérables encore. En vérité, il doit être manifeste à tous les enfants de Dieu au cœur simple qui liront attentivement les comptes rendus de cette Institution, qu’il est tout disposé à prêter l’oreille aux supplications de ses enfants qui crient à lui dans leur besoin ; et rendre cela manifeste, voilà le grand but que je poursuis au moyen de cette Institution.

2 janv. 1850. L’année nouvelle commence, même pour cette partie de l’œuvre, par de nouvelles grâces. On m’a donné cent soixante livres, à employer là où le besoin serait le plus grand.

30 janv. Ce mois-ci, j’ai été particulièrement conduit à envoyer beaucoup de secours aux ouvriers du pays et de l’étranger. Sous d’autres rapports aussi, les dépenses pour ces objets avaient été considérables. C’est pourquoi les fonds qui leur étaient destinés étaient tombés à environ quatre-vingts livres, lorsque j’ai reçu ce soir quatre cent cinquante livres ; le donateur désirait aimablement que j’en prenne cinquante livres pour mes dépenses personnelles, que j’en donne cinquante au frère Craik, et que j’emploie le reste là où le besoin serait le plus grand.

3 mai. L’œuvre est maintenant vaste, les sorties considérables. Pendant ce mois, on a encore dépensé environ cinq cents livres pour les divers objets de l’Institution, et je n’entrevois aucune diminution des dépenses ; bien plus, je ne désire pas qu’elles diminuent. J’ai autant de satisfaction, autant de joie, à tirer sur mes banquiers des chèques de montants élevés, que j’en ai à leur remettre les chèques, les mandats ou les gros billets que je reçois du Dieu vivant, par l’intermédiaire des donateurs, pour cette œuvre. Car l’argent n’a de valeur pour moi que dans la mesure où je puis l’employer pour Dieu ; et plus je puis débourser pour l’œuvre de Dieu, plus j’ai la perspective d’être de nouveau pourvu par lui ; et plus est grande la somme que je puis obtenir de lui, en réponse à la seule prière, plus grande est la preuve de la bénédiction et de la réalité de cette manière de traiter directement avec le Dieu vivant pour ce dont j’ai besoin ; c’est pourquoi, je le répète, j’ai autant de joie à donner qu’à recevoir. Je me suis appliqué, par exemple, de toutes mes forces, et en déployant beaucoup d’efforts de corps et d’esprit, mais surtout en travaillant en esprit, à faire remplir d’enfants la maison des orphelins, non seulement afin que trois cents orphelins démunis, n’ayant ni père ni mère, pussent ainsi être logés, nourris, vêtus, instruits et soignés de toute manière, dans leur corps, leur intelligence et leur âme ; mais aussi afin que de fortes sommes fussent ainsi nécessaires et dépensées, et que j’eusse plus que jamais lieu de puiser largement dans les trésors inépuisables de Dieu. Que je ne veuille pas dire, en parlant ainsi, que l’argent obtenu de cette manière par la prière puisse être gaspillé, il est à peine besoin de le faire remarquer ; car si quelqu’un obtenait de Dieu des ressources par la seule prière, et les gaspillait ensuite, il découvrirait bientôt qu’il n’est plus capable de prier avec foi pour de nouveaux secours.


Lorsque les comptes furent clos, le 26 mai 1848, j’avais en main pour les orphelins un solde d’une livre dix shillings trois pence trois quarts. C’est avec cette somme que nous commençâmes, alors que chaque jour plus de cent trente personnes devaient être entretenues dans les quatre maisons des orphelins de Wilson Street.

Dès le lendemain de la clôture des comptes, le 27 mai 1848, je reçus du Westmoreland cinq livres, dont le donateur destinait la moitié aux orphelins et la moitié aux autres objets. Je reçus ce don comme un gage, venu des mains du Dieu vivant, que pendant toute cette période aussi il pourvoirait à ces nombreux orphelins, comme il l’avait fait les années précédentes.

9 nov. Jusqu’à ce jour, il a été pourvu aux besoins des orphelins comme par le passé. Hier, il n’est entré que cinq shillings six pence. Demain, il faudra davantage d’argent pour le ménage. Dans cette pauvreté, j’ai reçu ce matin mille livres. Comme cet argent était laissé à ma disposition, pour être employé selon les besoins les plus pressants, j’en ai pris six cents livres pour le fonds de construction, trois cents livres pour les missions et la diffusion des Bibles et des traités, et cent livres pour les besoins présents des orphelins. J’ai ainsi les ressources encore nécessaires aux frais de ménage de cette semaine, et je puis en outre faire face à d’autres lourdes dépenses qui m’attendent la semaine prochaine.

20 févr. 1849. Pendant trois mois et dix jours, depuis le 9 nov. 1848, les dons sont toujours arrivés de telle sorte que nous avons été dans l’abondance pendant toute cette période, de nouveaux dons étant toujours reçus avant que tout l’argent en main fût dépensé. Le montant total des entrées pendant cette période a été de quatre cent soixante-neuf livres quatorze shillings dix pence. Or aujourd’hui il n’y avait pas d’argent en main pour avancer la somme nécessaire au ménage de la semaine prochaine. Tout l’argent en main était dû pour le loyer, et donc indisponible, car je ne m’endette jamais pour quoi que ce soit. Dans ce besoin, on m’a donné cet après-midi la somme de deux cents livres, laissée à ma disposition pour l’aménagement de la nouvelle maison des orphelins, ou pour tel des objets de l’Institution pour la connaissance des Écritures qui serait dans le besoin. Comme toutefois j’ai, autant que je sache, toutes les ressources nécessaires pour aménager et meubler la nouvelle maison des orphelins, et qu’il n’y a pas d’argent en main pour les besoins présents des orphelins, j’en ai pris cent livres pour cet objet.

9 mars. La nouvelle maison des orphelins est maintenant presque prête. C’est pourquoi nous devons faire de grandes provisions pour les vêtements des enfants. Ces derniers jours, j’ai commandé à cet effet des milliers de yards d’étoffe, et il faudra en commander des milliers d’autres, sans parler d’une réserve de beaucoup d’autres choses. Il faut pour cela de fortes sommes. Dans ces circonstances, j’ai reçu aujourd’hui un don de trois cents livres, à employer pour le fonds de construction ou pour les dépenses courantes des divers objets, selon le besoin le plus pressant. Comme j’estime que nous avons tout ce qu’il faut pour l’aménagement et l’ameublement de la maison, qu’il y a plus d’argent en main qu’à l’ordinaire pour les missions, la diffusion des Bibles et des traités et les diverses écoles, et que nous n’avons qu’environ soixante livres pour les besoins présents des orphelins, en vue de toutes les lourdes dépenses qui nous attendent, j’ai pris la totalité de ce don pour les orphelins, puisque le donateur a eu la bonté de m’en laisser entièrement la disposition. Ce don, qui arrive juste maintenant, a été pour mon esprit un rafraîchissement extrêmement grand ; car il vient au commencement du grand accroissement de nos dépenses, lié aux trois cents orphelins au lieu de cent vingt, comme un gage de Dieu qu’il nous fournira aussi les ressources quand les besoins des trois cents seront plus de deux fois plus grands qu’aujourd’hui. Grâce à ce don, j’ai de quoi faire face à toute la dépense qu’entraînera l’approvisionnement du nouvel établissement en vivres, savon, étoffes pour vêtements, mercerie, et en beaucoup d’autres articles qu’il serait souhaitable d’acheter en gros. Que le Seigneur soit loué pour sa bonté !

18 juin. Aujourd’hui, comme fruit de prières poursuivies pendant trois ans et sept mois, on a commencé à transférer les enfants des quatre maisons des orphelins de Wilson Street, à Bristol, dans la nouvelle maison des orphelins.

23 juin. Samedi soir. Cette semaine a été vraiment une semaine de grâces grandes, nombreuses et particulières. Tous les orphelins, avec leurs instituteurs et leurs surveillants, ont été transférés dans la nouvelle maison des orphelins lundi, mardi, mercredi et jeudi ; de sorte qu’il y a maintenant environ cent quarante personnes sous un même toit. Le Seigneur nous a aidés de la façon la plus manifeste. Comme j’avais, depuis plus de trois ans, cherché le secours de Dieu pour tout ce qui touchait à la nouvelle maison des orphelins, je comptais sur son aide sur ce point aussi ; mais il a dépassé mon attente. Bien que les derniers enfants ne soient entrés qu’avant-hier, il règne déjà dans la maison, avec l’aide de Dieu, un ordre tel que les choses peuvent se faire à la minute près, d’après l’aiguille des pendules. Son nom doit en être loué, et mon âme le magnifie pour sa bonté ! Pour ce qui est aussi des secours temporels destinés aux chers orphelins, le Seigneur s’est montré extrêmement bon. Le deuxième jour de l’arrivée des enfants, on nous a envoyé vingt livres. Le troisième jour, une personne qui parcourait avec moi une partie de la maison m’a dit : « Ces enfants doivent consommer une grande quantité de vivres », et, tout en parlant, elle a tiré de sa poche un rouleau de billets de la Banque d’Angleterre d’un montant de cent livres, qu’elle m’a remis pour les orphelins. Le même soir, on m’a aussi envoyé pour les orphelins un très grand tonneau de mélasse, et pour leurs instituteurs et surveillants six pains de sucre. De plus, un tonnelier a fait gratuitement deux grands tonneaux neufs pour la mélasse. Le lendemain, j’ai appris qu’on avait acheté pour les orphelins environ mille livres de riz, qui devaient être envoyées. Outre cela, plusieurs petits dons sont arrivés. Le Seigneur a daigné nous aider si libéralement ces derniers temps que non seulement j’ai pu faire face à toutes les dépenses extraordinaires et lourdes qu’ont entraînées le transfert des orphelins de Wilson Street dans la nouvelle maison des orphelins, l’approvisionnement des magasins de la nouvelle maison, etc. ; mais que j’ai encore plus de cinq cents livres en main pour commencer le ménage dans la nouvelle maison des orphelins. Combien elle est vraie, cette parole : ceux qui se confient dans le Seigneur ne seront point confondus ! Après tant de longues et nombreuses saisons de grande épreuve de la foi, au cours de ces treize ans et deux mois pendant lesquels les orphelins ont été à Wilson Street, le Seigneur nous en fait sortir dans une abondance relative. Que son saint nom en soit loué !

30 août. Reçu un billet de cinquante livres accompagné de ces mots : « Je vous envoie ci-joint un billet de cinquante livres, moitié pour les missions, moitié pour les orphelins, à moins que vous ne soyez vous-même dans le besoin ; en ce cas, prenez cinq livres pour vous. Ce sera la dernière somme importante que je pourrai vous faire parvenir. Presque tout le reste est déjà placé à intérêt. » J’ai pris la moitié de ces cinquante livres pour les orphelins, et la moitié pour les missionnaires. L’auteur de la lettre avait vendu, quelque temps auparavant, son unique bien terrestre, et m’avait envoyé à différentes reprises des sommes de cent vingt livres, de cent livres, de cinquante-cinq livres, de cinquante livres et de vingt livres pour l’œuvre du Seigneur qui est entre mes mains. Quand il dit donc : « le reste est déjà placé à intérêt », il veut dire qu’il l’a donné pour le Seigneur, ce qui est assurément, pour le temps comme pour l’éternité, la meilleure manière d’employer les biens que le Seigneur daigne nous confier, dans la mesure où, considérant dans la crainte de Dieu tous nos divers devoirs, obligations et liens, nous pouvons le faire. Comme ceci est écrit pour le profit spirituel du lecteur, je ne puis m’empêcher d’ajouter à cet extrait de mon journal, à la date du 30 août 1849, que depuis lors j’ai reçu d’autres dons du même donateur, et bien plus importants encore. Il employa pour Dieu les biens que Dieu daigna lui confier, et, contrairement à l’attente de ce frère, les cinquante livres ci-dessus ne furent pas le dernier don important ; car il plut à Dieu de lui confier peu après une autre somme considérable, qu’il employa de nouveau pour le Seigneur. Cela ne me surprit nullement ; car c’est l’ordre du Seigneur que, de quelque manière qu’il lui plaise de faire de nous ses intendants, que ce soit pour les choses temporelles ou spirituelles, si nous agissons vraiment en intendants, et non en propriétaires, il nous établira intendants sur davantage.

9 janv. 1850. Aujourd’hui, le comité du Fonds du choléra de Bristol m’a envoyé vingt livres, que les messieurs qui le composent avaient votées au profit des vingt enfants qui avaient perdu leurs parents du choléra, et que j’avais reçus dans la nouvelle maison des orphelins.

Je n’avais sollicité cet argent ni directement ni indirectement ; j’hésitais même à donner des renseignements sur le nombre d’orphelins du choléra que j’avais reçus, de peur qu’il n’y eût ne fût-ce que l’apparence que, après tout, je demandais de l’argent, au lieu de me confier uniquement dans le Dieu vivant. Mais quelques-uns des messieurs du comité, à ce que j’apprends, sachant que j’avais reçu beaucoup d’enfants rendus orphelins par le choléra, proposèrent qu’on versât à l’Institution un souverain pour chacun de ces enfants que j’avais reçus. Cette somme fut particulièrement remarquable à mes yeux, comme une preuve nouvelle des moyens innombrables dont Dieu dispose pour me procurer des ressources.

Je ne puis non plus m’empêcher de relever la remarquable coïncidence qui fit qu’au moment où Dieu visita ce pays par le choléra, en 1849, j’avais tant de place pour recevoir des orphelins. Le Seigneur daigna m’accorder la joie et le doux privilège de recevoir en tout vingt-six enfants, âgés de dix mois et plus, qui perdirent leurs parents du choléra à cette époque, et beaucoup d’autres encore, depuis lors, que ce terrible fléau avait privés de leurs parents.

Lorsque j’ai parlé pour la dernière fois des progrès de la nouvelle maison des orphelins, elle était en construction. Une partie en était déjà couverte, et le reste devait l’être peu de semaines après. Mais combien il restait encore à faire sous d’autres rapports ! Un bâtiment assez considérable pour compter environ trois cents grandes fenêtres exigerait, même une fois achevé, une somme immense de travail pour être aménagé et meublé à l’usage de trois cent trente personnes. Puis, cela fait, l’installation des orphelins, de leurs instituteurs et des autres surveillants demandait un secours plus abondant encore. En outre, trouver des aides qualifiés pour cette partie de l’œuvre n’était vraiment pas une mince affaire. Enfin, bien que le Seigneur eût déjà daigné me donner plus de onze mille livres pour la nouvelle maison des orphelins, j’avais encore besoin de plusieurs milliers de livres pour mettre l’ensemble en état de recevoir les orphelins. Et maintenant, en regardant en arrière, et en constatant que non seulement j’ai été aidé en toutes ces choses, mais aussi, en chacune d’elles, bien au-delà de mes plus grandes espérances, ne me convient-il pas de dire à ceux qui aiment le Seigneur Jésus, et entre les mains desquels ce récit pourra tomber : « Exaltez avec moi l’Éternel! Célébrons tous son nom! » Chacune des difficultés qui précèdent, et qui existaient encore le 26 mai 1848, était si grande que, s’il n’en était resté qu’une seule et que je n’eusse pas été aidé, quel en aurait été le résultat ? Mais alors que la perspective qui s’ouvrait devant moi eût été accablante si je l’avais regardée naturellement, il ne me fut jamais permis, pas même une seule fois, de mettre en doute quelle en serait l’issue. Car, de même que dès le commencement j’étais sûr que c’était la volonté de Dieu que j’entreprenne l’œuvre de lui bâtir cette grande maison des orphelins, de même, dès le commencement, j’étais aussi certain que le tout serait achevé que si le bâtiment eût déjà été devant mes yeux de chair, et que si la maison eût déjà été remplie de trois cents orphelins démunis. J’avais donc bon courage au milieu d’une pression accablante de travail encore à faire, de très nombreuses difficultés encore à surmonter et de milliers de livres encore nécessaires ; et je m’adonnai plus encore à la prière, et cherchai plus encore à exercer ma foi sur les promesses de Dieu. Et maintenant l’œuvre est faite, les difficultés sont surmontées, tout l’argent nécessaire a été obtenu, et même plus qu’il ne m’en fallait ; et, quant aux aides dans l’œuvre, j’en ai obtenu au-delà même de mes espérances et de mes prières. Près de sept ans se sont écoulés (1856) depuis l’ouverture de la nouvelle maison des orphelins, et environ trois cent trente personnes s’y mettent à table chaque jour pour leurs repas.


Jusqu’au 26 mai 1848, j’avais reçu en tout, pour faire face aux dépenses de construction de la nouvelle maison des orphelins, la somme de onze mille soixante-deux livres quatre shillings onze pence et demi.

19 août. Il y a aujourd’hui un an que la première pierre de la nouvelle maison des orphelins a été posée, et maintenant le bâtiment est élevé et presque entièrement couvert. Une partie du plâtrage intérieur est même déjà faite. Comment mon âme pourrait-elle assez magnifier le Seigneur pour tout le secours qu’il a daigné accorder depuis un an jour pour jour ! Maintenant que nous sommes si avancés, j’ai supplié Dieu avec une instance croissante de bien vouloir me donner les ressources encore nécessaires pour aménager et meubler la maison ; car, maintenant encore, je dépends entièrement de lui pour des sommes considérables à cet effet. Mais s’il faut encore beaucoup, je n’ai jamais eu, par la grâce de Dieu, la moindre appréhension quant à sa disposition à me donner tout ce dont j’ai besoin ; au contraire, j’ai eu l’assurance que, lorsque j’aurais réellement besoin de l’argent pour les aménagements et le mobilier, il viendrait. Et aujourd’hui même le Seigneur m’a prouvé de nouveau combien il est disposé à agir selon ma foi ; car on m’a donné ce matin huit cent quatre-vingt-sept livres, à l’aimable condition que j’en prenne vingt livres pour mes dépenses personnelles, le reste pouvant être employé pour le fonds de construction ou pour les besoins présents des divers objets de l’Institution, selon ce qui me paraîtrait le mieux.

9 nov. Aujourd’hui le Seigneur m’a aidé plus abondamment encore. J’ai reçu un don de mille livres, à employer pour le fonds de construction et pour les besoins présents de l’œuvre en général, selon ce que pourraient exiger les divers objets de l’Institution.

17 janv. 1849. Le moment approche où il faudra prendre de nouvelles mesures pour aménager et meubler la maison, car plus des deux tiers des pièces sont presque prêtes. Dans ces circonstances, j’ai prié jour après jour avec d’autant plus d’instance pour que le Seigneur daigne me donner les ressources encore nécessaires ; et de même que mon cœur a eu l’assurance, dès le commencement et tout au long de ces trois ans et deux mois, depuis que j’ai commencé à prier à ce sujet, que Dieu m’aiderait de toute manière dans cette œuvre, de même j’ai été particulièrement persuadé qu’il daignerait fournir les ressources nécessaires pour faire face à toutes les lourdes dépenses qui restent encore à couvrir. Or aujourd’hui j’ai de nouveau reçu une précieuse réponse à mes supplications quotidiennes au sujet de cette œuvre ; car j’ai reçu ce soir six cents livres, dont on désirait que le frère Craik et moi prenions chacun cinquante livres pour nous-mêmes ; les cinq cents livres restantes étaient laissées entièrement à ma disposition ; on faisait cependant une mention particulière des lourdes dépenses d’aménagement et d’ameublement de la nouvelle maison des orphelins, pour lesquelles je pourrais prendre cette somme en partie ou en totalité.

12 févr. La nouvelle maison des orphelins est maintenant presque entièrement terminée. Dans six semaines, avec l’aide de Dieu, tout sera achevé. C’est pourquoi j’ai été très occupé, ces quinze derniers jours, à prendre les dispositions nécessaires pour l’aménager et la meubler ; mais plus je m’en suis occupé, plus j’ai vu quelle grosse somme exigeront l’ensemble des aménagements et le mobilier ; et cette considération m’a conduit ces derniers temps à supplier le Seigneur plus instamment encore de bien vouloir me donner les ressources qui pourraient encore être nécessaires pour l’achèvement du tout. Dans ces circonstances, un frère dans le Seigneur est venu me voir ce matin, et, après quelques minutes d’entretien, m’a donné deux mille livres, en me permettant aimablement de les employer pour l’aménagement et l’ameublement de la nouvelle maison des orphelins, ou pour toute autre chose nécessaire à l’œuvre des orphelins. J’ai porté la totalité de cette somme, du moins pour le moment, au fonds de construction. Maintenant, cher lecteur, mettez-vous à ma place. Il y a onze cent quatre-vingt-quinze jours que j’ai commencé à demander au Seigneur les ressources pour bâtir et aménager une maison des orphelins. Jour après jour, par sa grâce, j’ai depuis lors continué à lui présenter cette affaire. Sans un instant de doute, d’appréhension ou d’hésitation, j’ai pu me confier en Dieu pour les ressources. Dès le commencement, après m’être une fois assuré de la volonté de Dieu au sujet de cette œuvre, j’ai eu l’assurance qu’il la mènerait à bien ; bien plus, j’en ai été aussi sûr dès le commencement que si j’avais déjà eu en main toutes les ressources nécessaires, ou que si la maison avait été réellement devant moi, habitée par les enfants. Mais si pour la foi, il y a trois ans déjà, l’œuvre entière était accomplie, pour la vue il restait bien des difficultés, et de grandes, à surmonter. Et même au début de cette journée, il restait beaucoup de difficultés quant aux ressources, comme sous d’autres rapports ; aussi étais-je sur le point de m’adonner de nouveau tout particulièrement à la prière, au moment même où l’on m’a annoncé que le donateur des deux mille livres mentionnées plus haut était venu me voir. Maintenant j’ai, autant que je puis voir, les ressources qui me permettront de faire face à toutes les dépenses ; et selon toute probabilité j’aurai même plusieurs centaines de livres de plus qu’il ne faut. Ainsi le Seigneur montre qu’il peut et veut non seulement donner autant qu’il est absolument nécessaire pour son œuvre, mais aussi qu’il peut et veut donner abondamment. Il est impossible de décrire la joie véritable que j’ai eue en Dieu en recevant cette somme. J’étais calme, pas le moins du monde agité, capable de poursuivre aussitôt d’autres travaux qui m’ont occupé tout de suite après avoir reçu ce don ; mais inexprimable était le délice que je trouvais en Dieu, qui m’avait ainsi donné la pleine réponse à mes milliers de prières, pendant ces onze cent quatre-vingt-quinze jours.

J’ai ainsi donné, à titre d’exemples, quelques-uns des centaines de dons, allant d’un farthing à deux mille livres, pour montrer comment le Seigneur daigna me fournir les ressources. Le montant total des entrées pour le fonds de construction fut de quinze mille sept cent quatre-vingt-quatre livres dix-huit shillings dix pence.

Une fois payées toutes les dépenses pour l’achat du terrain, l’acte de cession, l’enregistrement des actes fiduciaires à la Chancellerie, la construction, l’aménagement et l’ameublement de la nouvelle maison des orphelins, il resta un solde de sept cent soixante-seize livres quatorze shillings trois pence trois farthings : preuve manifeste que le Seigneur peut non seulement nous fournir tout ce dont nous avons besoin à son service, en réponse à la seule prière, mais qu’il peut aussi nous donner même plus que nous n’avons besoin.


Pendant toute la période de deux ans qui prit fin le 26 mai 1850, cinq écoles de jour, comptant 329 enfants, furent entièrement entretenues par les fonds de cette Institution ; et une certaine aide pécuniaire fut accordée à quatre autres écoles de jour. Une école du dimanche, de 168 enfants, fut aussi entièrement entretenue, et une autre reçut une aide occasionnelle. Enfin, une école d’adultes, comptant 106 élèves adultes, fut entretenue pendant cette période. On dépensa pour ces diverses écoles £851, 1s. 5½d., durant ces deux années. Le nombre total des enfants instruits dans les écoles de jour, par l’intermédiaire de cette Institution, du 5 mars 1834 au 26 mai 1850, s’éleva à 5 114 ; celui des écoles du dimanche, à 2 200 ; et celui des personnes de l’école d’adultes, à 1 737. En tout, 9 051.

Du 26 mai 1848 au 26 mai 1850, on diffusa 719 Bibles et 239 Nouveaux Testaments. On dépensa pour cet objet, pendant cette période, £104, 15s. 11d. des fonds de l’Institution. On diffusa en tout, du 5 mars 1834 au 26 mai 1850, 6 465 Bibles et 3 999 Nouveaux Testaments.

Du 26 mai 1848 au 26 mai 1850, on dépensa £2,574, 16s. 6d. des fonds de l’Institution pour les missions, ce qui permit d’assister quarante prédicateurs de l’Évangile en Guyane britannique, aux Indes orientales, en Suisse, en France, en Allemagne, au Canada, en Écosse, en Irlande et en Angleterre.

Le lecteur remarquera combien cet objet de l’Institution s’accrut pendant les quatre dernières années précédant le 26 mai 1850. Cela vint de ce que, au début de 1846, le besoin de certains frères qui travaillaient à la prédication et à l’enseignement me fut présenté, et que Dieu me les mit sur le cœur, afin que je combatte pour eux dans la prière, et que j’obtienne de lui des ressources en leur faveur dans une plus large mesure que je ne l’avais fait auparavant. Depuis lors, le Seigneur a daigné se servir de moi de plus en plus de cette manière. Car du 26 mai 1846 au 26 mai 1848, on dépensa pour cet objet près de trois fois plus que durant toute période antérieure de même durée ; et pendant la période du 26 mai 1848 au 26 mai 1850, il me fut non seulement permis de faire autant qu’auparavant, mais même de dépenser £1,016, 5s. de plus que pendant la période précédente, malgré toutes les nombreuses et lourdes dépenses supplémentaires des divers autres objets de l’Institution.

J’ai le doux privilège de déclarer que les travaux de beaucoup de ces quarante serviteurs du Seigneur que j’ai assistés furent particulièrement bénis de Dieu pendant ces deux années. De très nombreuses conversions eurent lieu par leur moyen.

Du 26 mai 1848 au 26 mai 1850, la somme de £184, 9s. 4½d. fut dépensée pour la diffusion des traités. On diffusa pendant cette période 130 464 traités. Le nombre total des traités diffusés du 19 nov. 1840 au 26 mai 1850 s’éleva à 294 128.

Du 24 juillet 1849 au 26 mai 1850, on reçut en tout 170 orphelins, âgés de dix mois et plus. Le 26 mai 1850, il y avait donc 275 orphelins dans la nouvelle maison des orphelins ; et, avec les instituteurs, les surveillants, les infirmières et les domestiques de l’intérieur et de l’extérieur, etc., le nombre total des personnes attachées à l’établissement était de 308. Le nombre total des orphelins qui furent à notre charge depuis avril 1836 jusqu’au 26 mai 1850 fut de 443.

Sans que j’aie personnellement sollicité qui que ce soit pour quoi que ce soit, la somme de £33,868, 11s. 1¼d. me fut donnée pour les orphelins, comme fruit de la prière adressée à Dieu, depuis le commencement de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1850. Il intéressera peut-être aussi le lecteur de savoir que le montant total des contributions volontaires pour les autres objets, depuis le commencement de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1850, s’éleva à £10,531, 3s. 3¾d. ; et que ce qui entra par la vente de Bibles et de traités et par les rétributions des enfants des écoles, jusqu’au 26 mai 1850, s’éleva à £2,707, 9s. 3½d.

Le total des dépenses courantes pour les orphelins du 26 mai 1848 au 26 mai 1849 fut de £1,559, 6s. 9d., et le total de leurs dépenses courantes du 26 mai 1849 au 26 mai 1850 ne fut que de £2,665, 13s. 2¾d., c.-à-d. seulement environ £1,100 de plus que l’année précédente.

Quant à mes affaires personnelles, du 26 mai 1848 au 26 mai 1850 :—

31 déc. 1848. Pendant cette année, le Seigneur a daigné me donner £474, 17s. 7d. Il faut encore y ajouter, pour cette année aussi, comme je l’ai déjà dit, l’éducation gratuite de ma fille dans un pensionnat, d’une valeur d’au moins £50.

31 déc. 1849. Le Seigneur m’a envoyé, pendant l’année écoulée, £413, 2s. 4d.


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