Une vie de confiance
La foi confirmée par la prospérité

Chapitre 21 · 48 min de lecture · 1 h 2 min d’écoute

La foi confirmée par la prospérité

1846-1848.

L’ESPRIT DE SUPPLICATION ACCORDÉ ET LA PRIÈRE EXAUCÉE—LE TEMPS DU BESOIN DE L’HOMME ET DE LA LIBÉRALITÉ DE DIEU—UNE FOI QUI NE CHANCELLE PAS—N’AVOIR AFFAIRE QU’À DIEU—LA SOMME NÉCESSAIRE FOURNIE—UN « BESOIN » PERPÉTUEL—NE PAS SE LASSER DANS L’ŒUVRE DE DIEU—LA JOIE DE LA PRIÈRE EXAUCÉE—QUATRE DEMANDES ACCORDÉES—« PERSÉVÉRER DANS LA PRIÈRE »—LA CONSTRUCTION COMMENCÉE—HISTOIRE PERSONNELLE—UNE DÉLIVRANCE REMARQUABLE.

Dans le chapitre qui suit, M. Müller a regroupé, sous les rubriques appropriées, les principaux événements liés à chacune des branches de l’œuvre du Seigneur qui lui était confiée.

I. AIDE AUX OUVRIERS MISSIONNAIRES.

Jamais, depuis que j’avais entrepris d’envoyer de l’aide aux ouvriers du pays et de l’étranger, le Seigneur ne m’avait confié des sommes aussi importantes qu’au cours de la période dont traite ce chapitre. Je n’avais jamais eu plus besoin de ressources pécuniaires que pendant ces deux années, à cause des nombreux appels pressants ; mais j’eus en même temps la joie extrême et le privilège d’y répondre comme il ne m’avait encore jamais été donné de le faire. Ces remarques s’appliquent à tous les divers objets de l’Institution, mais surtout aux secours destinés aux frères qui travaillent dans la parole et dans l’enseignement, au pays et à l’étranger, sans être rattachés à aucune société, ou sans recevoir aucun salaire régulier pour la prédication de la parole.

Le 26 mai 1846, après la clôture des comptes, on me remit un chèque de cent livres, dont l’emploi était laissé à ma discrétion. J’en mis la moitié au fonds destiné à ces objets, et l’autre moitié au fonds des orphelins. À la clôture des comptes, il restait en caisse, pour ces objets, quatre-vingt-onze livres quatre shillings onze pence trois farthings, auxquels s’ajoutèrent ces cinquante livres ; je commençai donc cette période avec plus de ressources que je n’en avais jamais eu en caisse au début d’une nouvelle période ; et la suite fut à l’image du commencement. J’ai souvent été frappé de la pensée que l’une des raisons particulières pour lesquelles, dans l’ensemble, il me fut donné de connaître si peu d’épreuves quant aux ressources de l’œuvre pendant ces deux années, en comparaison des temps antérieurs, était peut-être que le Seigneur voulait ainsi me dire qu’il était disposé à donner ce qui serait nécessaire une fois la nouvelle maison des orphelins construite, bien que les dépenses dussent alors être d’environ deux mille cinq cents livres par an de plus qu’auparavant.

4 juin 1846. Aujourd’hui m’a été remise, au moment même où je me relevais de mes genoux, après avoir demandé au Seigneur davantage de ressources, surtout pour l’œuvre missionnaire, la somme de cent cinquante livres, avec la demande d’en employer cinquante livres pour les orphelins, cinquante livres pour les ouvriers en Angleterre et cinquante livres pour les ouvriers à l’étranger.

Dès le commencement de cette Institution, le 5 mars 1834, j’avais eu le désir d’employer une partie des fonds qui me seraient confiés à aider des frères missionnaires en pays étrangers, qui ne sont soutenus par aucun salaire régulier ; et depuis plusieurs années j’avais aussi le désir d’assister des frères travaillant dans des conditions semblables en Grande-Bretagne et en Irlande. Le Seigneur m’avait d’ailleurs accordé le grand privilège d’assister plus ou moins de tels frères pendant tout le temps que cette Institution avait été en activité ; mais ce fut surtout pendant les deux années dont traite ce chapitre qu’il commença à me permettre de le faire dans une mesure bien plus grande qu’auparavant. Je savais pertinemment que beaucoup de frères qui prêchent la parole, sans recevoir de salaire pour cela ni posséder de biens pour vivre, étaient dans le besoin. On pourrait dire, il est vrai, que de tels frères doivent se confier en Dieu ; que, s’ils prêchent Jésus comme la seule espérance de salut pour les pécheurs, ils doivent leur donner le bon exemple en se confiant eux-mêmes en Dieu pour la satisfaction de leurs besoins temporels, afin que les inconvertis soient amenés par là à se confier dans le seul Seigneur Jésus pour le salut de leur âme. Cela est vrai, tout à fait vrai. Ceux qui prêchent la précieuse bonne nouvelle du salut à tout pécheur qui met sa confiance dans les mérites du Seigneur Jésus doivent assurément dépendre eux-mêmes de Dieu, leur Seigneur et Père, pour la satisfaction de leurs besoins temporels ; mais je sentais aussi que moi, leur frère, je devais chercher à les aider autant qu’il était en moi. Je m’y appliquai plus que jamais à partir du début de l’année 1846, car je savais que, pour des raisons particulières, il y avait un appel tout spécial à secourir de tels frères ; et comme mes propres ressources n’auraient pas mené bien loin, je me livrai pour ces frères à une prière plus fervente que jamais. Le résultat fut que, pendant les deux années de cette période, le Seigneur répondit de telle manière à mes supplications quotidiennes à ce sujet que j’eus l’honneur d’envoyer aux ouvriers du pays et de l’étranger près de trois fois plus qu’au cours de toute autre période antérieure de même durée. Mille cinq cent cinquante-neuf livres onze shillings six pence furent dépensées de cette manière, ce qui permit d’assister vingt et un frères qui travaillaient en pays étrangers et dix-neuf qui travaillaient en Grande-Bretagne et en Irlande. Si importante que soit cette somme en comparaison de ce que j’avais pu faire à cet égard les années précédentes, elle est pourtant petite, bien petite, en comparaison de ce que mon cœur désirait pouvoir faire pour ces quarante frères. Il est souvent arrivé, et même presque toujours, que l’aide que Dieu m’a permis d’envoyer à de tels frères leur est parvenue à un moment de grand besoin. Parfois il ne leur restait plus du tout d’argent. Parfois même leurs dernières provisions étaient presque épuisées, quand je leur envoyais des secours. Certains d’entre eux sont pères de familles nombreuses, ou ont des femmes et des enfants maladifs ; quelques-uns étaient autrefois dans l’aisance en ce monde, mais sont devenus pauvres à cause de Christ ; et quelques-uns se sont vu tout enlever à cause de Christ. N’est-ce pas un honneur que de secourir de tels frères ? Je pourrais remplir des centaines de pages d’extraits des lettres des chers frères à qui j’ai envoyé de l’aide, et ils seraient d’une grande édification pour le lecteur ; mais je ne me sens pas libre de le faire. Comme je n’ai pas seulement travaillé pour ces frères dans la prière, demandant que Dieu me confie des ressources et m’accorde le privilège de les secourir, mais que j’ai aussi demandé à Dieu de me diriger tout spécialement vers ceux qui pourraient être dans un besoin particulier, au cas où je ne pourrais les aider tous ; et comme j’ai cherché, par une parole d’encouragement, à fortifier leurs mains en Dieu ; j’ai tout lieu de croire que ces chers frères n’ont pas seulement été secourus par ces dons d’argent sur le plan temporel, mais aussi que le fait que Dieu leur envoyait de l’aide dans leur extrémité a contribué à rafraîchir et à fortifier leur cœur, et à les amener de plus en plus à se confier en lui.

7 mars 1847. Ces derniers temps, j’avais souvent supplié le Seigneur de daigner se servir de moi encore davantage comme d’un intendant, en me permettant d’envoyer de l’aide aux nombreux chers frères que je connais, travaillant au pays et à l’étranger sans aucun salaire, et dont je connaissais, pour beaucoup, le besoin. C’est dans ces circonstances que j’ai reçu ce matin cent cinquante livres, avec les lignes suivantes :—

Cher frère,

J’ai grand plaisir à vous envoyer cent livres pour les ouvriers de la vigne du Seigneur au pays et à l’étranger, et cinquante livres pour d’autres œuvres qui sont entre vos mains.

Bien affectueusement à vous,
* * *

5 avril. Depuis que j’ai pu, le mois dernier, envoyer environ cent trente livres aux ouvriers du pays et de l’étranger, j’ai prié jour après jour pour que le Seigneur veuille bien me donner bientôt de nouveau des ressources pour eux, à cause de leur grand besoin ; en fait, tous nos fonds étaient si épuisés que je n’avais que juste assez pour demain soir, afin de faire face aux dépenses hebdomadaires des six écoles de jour, lorsque ce matin j’ai reçu cent vingt-cinq livres pour ces objets. Presque aussitôt après qu’on m’eut remis ce don, j’ai reçu de Demerara une lettre sur le grand besoin des frères qui y travaillent, nouvelle qui m’a rendu plus précieux encore le secours si opportun que je venais de recevoir.

26 mai 1848. Par l’amour fidèle du Seigneur, j’ai pu faire face à toutes les lourdes dépenses liées à ces objets pendant les deux dernières années, qui se sont montées à près de deux mille six cents livres, et en même temps ne rien devoir à personne et garder en caisse un solde de cinq livres dix-neuf shillings sept pence et demi.

II. L’ENTRETIEN DES ORPHELINS.

20 janv. 1847. Pendant toute cette période, depuis le 26 mai 1846, date de la clôture des comptes, soit près de huit mois, nous avons toujours eu des ressources en abondance, et la plupart du temps environ deux cents livres en caisse. La somme de mille soixante-cinq livres est entrée pour les orphelins en moins de huit mois, à quoi il faut ajouter le solde de quatre-vingt-cinq livres quatre shillings neuf pence trois farthings qui restait en caisse à la clôture des comptes. J’ai ainsi toujours pu remettre d’avance aux directrices des quatre maisons des orphelins l’argent nécessaire aux besoins d’une semaine. Mais maintenant, après avoir versé hier soir quarante-cinq livres cinq shillings pour le ménage d’une semaine d’avance et pour d’autres dépenses, l’argent qui reste en caisse est nécessaire pour le loyer et pour la farine d’avoine qu’on a commandée en Écosse. Ce matin je me suis donc livré tout particulièrement à la prière au sujet des ressources pour les besoins présents des orphelins. Quel bonheur de pouvoir aller au Dieu vivant ! Combien il est précieux de le connaître en ces jours de détresse générale ! Les pommes de terre sont trop chères en ce moment pour nourrir les orphelins. Le riz, que nous leur avons substitué, coûte deux fois plus cher que d’ordinaire ; la farine d’avoine plus de deux fois plus cher, et le pain moitié plus cher que d’habitude. Mais les richesses de Dieu sont aussi grandes que jamais. Il sait que nos dépenses sont lourdes. Il sait qu’un peu ne suffira pas en ces jours où les vivres sont si chers, car il y a environ cent cinquante personnes à pourvoir, maîtresses et apprentis compris. Mon âme est en paix.—Soir. Vers midi, j’ai reçu d’un médecin pieux le billet suivant, avec un chèque de cinq livres :—

Mon cher monsieur,

Je vous envoie quelque chose pour acheter du pain aux orphelins. La cherté des vivres doit se faire sentir à beaucoup ; mais le Seigneur, dans le jugement, n’en est pas moins miséricordieux. Il soutiendra. Je suis votre ami sincère, qui vous veut du bien,

* * * *

9 mars. Ce soir, mardi, je constate que depuis mardi soir dernier il est de nouveau entré quarante-quatre livres un shilling six pence trois farthings. Que le Seigneur est bon de m’aider semaine après semaine à faire face à ces lourdes dépenses, surtout en cette saison de profonde détresse et de cherté des vivres ! À sa louange, je puis dire que nous n’avons manqué de rien de tout cet hiver. En préparant ces extraits de mon journal pour l’impression, je me souviens d’avoir entendu faire les remarques suivantes au sujet de l’époque dont je parle en ce moment, je veux dire la saison de disette de l’hiver 1846-7 : « Je me demande comment il en va maintenant des orphelins ? Si M. Müller peut maintenant pourvoir à leurs besoins comme il l’a fait, nous ne dirons plus rien. » Quand j’entendais de telles remarques, je ne disais rien d’autre que ceci : « Nous ne manquons de rien » ; ou : « Dieu nous aide. » Si ces lignes tombaient entre les mains de quelqu’un qui a eu de telles pensées, qu’il se souvienne que c’est précisément le moment pour la foi d’agir, quand la vue cesse. Plus les difficultés sont grandes, plus la tâche est facile pour la foi. Tant qu’il reste certaines perspectives naturelles, la foi n’avance pas aussi aisément (si je puis m’exprimer ainsi) que lorsque toutes les perspectives naturelles font défaut. Il est vrai que pendant le temps de la disette nos dépenses furent considérablement plus élevées que d’ordinaire ; il est vrai aussi que beaucoup de personnes qui, autrement, auraient peut-être donné, ne purent le faire, ou virent leur superflu dirigé vers d’autres canaux, comme l’Irlande, etc. ; mais l’or et l’argent appartiennent au Seigneur. C’est à lui que nous adressâmes notre prière. C’est en lui que nous mîmes notre confiance. Et il ne nous abandonna pas. Car nous traversâmes cet hiver aussi aisément que n’importe quel hiver depuis que l’œuvre existait. Et il ne pouvait en être autrement ; car Dieu avait, à ce moment précis, une occasion toute particulière de montrer combien il est heureux de se confier en lui. Cherchez, cher lecteur, à mettre de plus en plus votre confiance en lui pour toutes choses, et vous trouverez, même pour ce qui concerne cette vie, qu’il est des plus précieux d’agir ainsi.

10 mars. J’ai pu, hier soir, faire face très aisément à toutes les dépenses de la semaine qui vient, mais il ne nous restait alors plus rien, car j’ai mis de côté le reste de l’argent, afin de ne pas nous endetter pour le loyer, les dépenses des apprentis, etc. Alors qu’il ne restait de nouveau plus rien pour les dépenses de ménage à venir, une dame chrétienne demeurant à une distance considérable m’a informé par le courrier de ce matin qu’elle a versé entre les mains de MM. Stuckey & Cie, de Bristol, mes banquiers, la somme de cent livres à ma disposition, au profit des orphelins. Par le même courrier, j’ai reçu aussi dix shillings de Droitwich. Que le saint nom du Seigneur soit loué pour ce secours si opportun !

11 mai. Ce soir j’ai pu faire face à toutes les dépenses de ménage de la semaine qui vient, grâce à ce qui est entré depuis le 4 mai, mais en même temps il ne me reste rien. Jusqu’ici les enfants n’ont manqué de rien. Jamais, depuis le commencement de l’œuvre, les vivres n’ont été aussi chers, et de loin, qu’ils le sont maintenant. Le pain coûte presque deux fois plus qu’il y a dix-huit mois, la farine d’avoine près de trois fois plus qu’autrefois, le riz plus du double de son prix habituel, et l’on ne peut employer de pommes de terre, tant leur prix est excessif.

30 mai. Jour du Seigneur, matin. Je viens de recevoir, dans notre grand besoin, alors que nous n’avions pas assez en caisse pour les nécessités de demain, six livres six shillings d’un gentilhomme chrétien titré de Zurich, en Suisse, à une distance d’environ mille milles. Quel secours opportun entre tous ! Je puis ainsi envoyer tout le reste des provisions nécessaires jusqu’à mardi soir.

En ces jours de gêne, une question se posait naturellement : Si, alors que vous n’avez à prendre soin que de cent trente orphelins, vous êtes si pauvre, que ferez-vous quand il y en aura trois cents, pour lesquels vous êtes justement sur le point de bâtir une maison ? Et encore : N’est-ce pas une indication qu’il ne faut pas agrandir l’œuvre, puisque vous êtes maintenant si pauvre avec seulement environ le tiers du nombre d’orphelins que vous vous proposez de recevoir dans la nouvelle maison des orphelins ? Ces pensées, cependant, ne m’éprouvent pas ; car je sais que : 1. C’est seulement pour l’épreuve de ma foi, comme auparavant, que le Seigneur permet que je sois de nouveau pauvre maintenant. Jamais les dépenses de l’œuvre n’ont été aussi grandes que du 26 mai 1846 au 26 mai 1847 ; mais jamais non plus il n’est entré autant dans le même laps de temps, au cours d’aucune autre période de cette œuvre. 2. C’est pour le profit de l’Église tout entière que je dois maintenant traverser de nouveau ces jours de pauvreté. 3. Il est aussi facile au Seigneur de me fournir toutes les ressources que l’œuvre exigera une fois la nouvelle maison des orphelins ouverte, que de me donner ce dont j’ai besoin maintenant, bien que les dépenses doivent selon toute probabilité être alors de deux mille cinq cents livres par an de plus qu’elles ne le sont à présent.

13 juillet. Le produit d’un tronc pour les orphelins, de Stafford, quatre livres sept shillings six pence. L’ami qui a envoyé l’argent désirait savoir s’il était arrivé à un moment de besoin. J’ai reçu beaucoup de demandes semblables, auxquelles je ne puis rien répondre, ou tout au plus dire que la réponse se trouvera dans le prochain Rapport. On comprendra aisément, en y réfléchissant, que si je disais que le don est arrivé à propos, cela laisserait entendre que nous n’avions que peu de chose ou rien du tout en caisse ; et que signifierait cela, sinon ceci : « Comme nos dépenses sont si grandes, ce que vous venez d’envoyer sera bientôt de nouveau épuisé ; envoyez-nous donc davantage, ou trouvez quelque ami pour nous aider. » Or, par là même, le but principal de cette œuvre, « montrer combien il est heureux de n’avoir affaire qu’à Dieu seul, et combien il est heureux de se confier en lui dans les moments les plus sombres », serait entravé. C’est aussi pour cette raison même que je ne publie pas les comptes très fréquemment, par exemple chaque trimestre, comme on me l’a demandé ; mais je suis heureux d’attendre une année, ou dix-huit mois, ou deux ans, ou davantage ; et même alors je ne les publie pas pour obtenir de l’argent (bien que Dieu se soit incontestablement servi des Rapports comme d’instruments pour nous procurer des ressources), mais pour le bien de l’Église de Dieu, afin de rafraîchir, d’encourager, d’exhorter et d’instruire mes frères en Christ ; et aussi parce qu’il est nécessaire que, de temps à autre, je rende publiquement compte de la manière dont ont été dépensées les sommes considérables qui m’ont été confiées.

19 oct. J’ai quitté Bristol avec ma chère femme, en partie parce que nous avions tous deux grand besoin de changer d’air, et en partie parce que je désirais vivement travailler dans la parole pendant quelques semaines dans le Westmoreland et le Cumberland. Je n’ai pu laisser plus de ressources qu’il n’en fallait pour environ trois jours de dépenses de ménage. Mais je n’aurais pu rester à Bristol, quand même il n’y aurait rien eu du tout en caisse ; mon espérance était que Dieu nous aiderait pendant mon absence. Durant tout le temps de mon séjour à Bowness, dans le Westmoreland, du 20 oct. au 20 nov., il a fallu jour après jour, à l’exception des trois premiers jours après mon départ, s’attendre à Dieu pour les provisions quotidiennes des orphelins. Il en est résulté que chaque don, sans exception, reçu pendant mon absence, est arrivé fort à propos. En partie à cause de ma santé, et en partie à cause des occasions de service dans le Westmoreland et ailleurs, je n’ai pas cru bon de revenir à Bristol plus tôt que je ne l’ai fait, malgré une si grande pauvreté ; et je n’aurais d’ailleurs rien pu faire à Bristol, quant à l’obtention des ressources, que je ne puisse faire dans le Westmoreland, puisque la prière et la foi sont les seuls moyens dont je fais usage pour obtenir des provisions quand nous sommes dans le besoin.

23 déc. Le besoin d’aujourd’hui était de onze livres. Le Seigneur m’a donné cette somme de la manière suivante : hier soir j’ai reçu une livre, avec un pantalon et des guêtres, et un coupon de futaine pour les orphelins. Mais comme je savais combien il faudrait aujourd’hui, je me suis de nouveau attendu au Seigneur ce matin pour obtenir du secours, et, une minute après m’être relevé de mes genoux, j’ai reçu de Liverpool une lettre contenant dix livres pour les orphelins. Le donateur écrit : « J’ai depuis quelque temps dans mon tiroir le billet de dix livres ci-joint, avec l’intention de vous l’envoyer pour les orphelins ; mais mon temps est si occupé que, lorsque j’étais à mon bureau à un moment propice, je l’ai oublié. Je le joins pourtant maintenant », etc. Quel secours opportun ! Comme il correspond exactement, au shilling près, à ce qu’il faut aujourd’hui ! Qu’il est remarquable que juste maintenant ce donateur de Liverpool soit poussé à envoyer les dix livres qui étaient, selon ses propres termes, depuis quelque temps dans son tiroir en vue de me les envoyer ! Tout cela prouve abondamment la providence la plus minutieuse et la plus particulière de Dieu, et son empressement à répondre aux supplications de ses enfants.

30 déc. Au début de cette journée, je n’avais rien pour les nécessités du jour, bien que j’eusse lieu de croire qu’il faudrait de nouveau plusieurs livres. J’attendais donc encore de nouvelles provisions. Et en effet, vers dix heures ce matin, un frère dans le Seigneur, venu hier soir passer une nuit chez moi, m’a donné dix livres, à employer là où le besoin serait le plus grand. Il faut remarquer, au sujet de ce don : 1. J’avais, il n’y a pas longtemps, reçu un don de lui. 2. Ce frère avait d’ordinaire indiqué comment il désirait que ses dons fussent employés, et ils avaient été surtout destinés à l’œuvre missionnaire ; mais cette fois il m’a laissé le soin d’employer cet argent là où le besoin serait le plus grand, et je pouvais donc en prendre ce qu’il fallait pour les orphelins. 3: J’étais maintenant extrêmement pauvre aussi quant aux fonds de tous les autres objets, de sorte que j’avais été obligé de dire mardi soir dernier, le 28, aux maîtres des écoles de jour que, s’il n’entrait pas de nouvelles ressources, je ne pourrais pas leur verser leur salaire hebdomadaire, comme d’habitude, mardi soir prochain, étant à cet égard plus pauvre que je ne l’avais été depuis des années. Quelle bonté donc de la part du Seigneur, non seulement de me donner cet argent par ce frère en ce moment, mais aussi de disposer son cœur à m’en laisser l’emploi là où le besoin serait le plus grand ! J’en ai pris la moitié pour les dépenses de ménage des orphelins de ce jour, et la moitié pour le fonds des écoles, pour le salaire hebdomadaire des maîtres mardi prochain. J’ai encore reçu ce matin un demi-souverain de Droitwich. Le peu qui restait, une fois les dépenses de ménage réglées, a été mis de côté pour le loyer et les dépenses des apprentis, et je me suis retrouvé de nouveau sans un sou, attendant de nouvelles provisions pour demain.

31 déc. 1847. Le dernier jour d’une nouvelle année était arrivé. Grandes et nombreuses avaient été cette année les miséricordes de Dieu envers moi à tous égards, en particulier aussi en ce qui concerne les orphelins ; mais maintenant je n’avais de nouveau rien pour aujourd’hui, sinon deux shillings qui se trouvent dans l’un des troncs de ma maison. J’ai pu néanmoins, par la grâce de Dieu, attendre aussi des provisions pour ce dernier jour d’une nouvelle année, pleinement assuré que le Seigneur ne me confondrait pas. Et il en a été ainsi, selon mon attente ; car, avant qu’on me demandât de l’argent, j’ai reçu cent livres, qu’on me laissait employer à n’importe quelle partie du service du Seigneur où le besoin paraîtrait le plus grand.

2 févr. 1848. Ce matin, pendant ma promenade d’avant le déjeuner, je me suis senti conduit hors de mon chemin habituel, dans une direction que je n’avais pas prise depuis quelques mois. En enjambant un échalier, je me suis dit : « Peut-être Dieu a-t-il une raison même en cela. » Environ cinq minutes après, j’ai rencontré un gentleman chrétien qui m’a donné deux souverains pour les orphelins, et j’ai su alors pourquoi j’avais été conduit de ce côté.

3 févr. Le lecteur dira peut-être : « Vous êtes continuellement dans le besoin. À peine une demande est-elle satisfaite qu’une autre survient. Ne trouvez-vous pas que c’est une vie éprouvante, et n’en êtes-vous pas las ? » Je réponds : Il est vrai que je suis plus ou moins continuellement dans le besoin en ce qui concerne cette œuvre. Et si je devais ouvrir tout mon cœur au lecteur à ce sujet, il aurait plus de raison encore de dire que je suis continuellement dans le besoin. Car ce que j’ai écrit ici concerne presque exclusivement la manière dont il a plu à Dieu de me fournir l’argent nécessaire pour poursuivre l’œuvre ; mais j’affirme de propos délibéré que ce n’est nullement là, quoi qu’en puisse penser l’un ou l’autre, la principale chose dont j’ai besoin jour après jour. Je me bornerai à indiquer quelques autres choses. La maladie parmi les enfants : des cas très difficiles et très longs, où, malgré tous les moyens employés mois après mois, et même année après année, les enfants demeurent malades. Il ne reste qu’à les garder, ou à les renvoyer à l’Union paroissiale dont ils relèvent, puisqu’ils n’ont pas de parents en mesure de pourvoir à leurs besoins. Le fait même de les avoir soignés et veillés pendant des années ne fait que nous les rendre plus chers, et rendrait d’autant plus pénible leur renvoi à leur paroisse. C’est là un « besoin » qui me conduit à Dieu. Il faut ici la prière, non seulement pour les ressources que réclament de tels enfants malades, mais pour être guidé et recevoir la sagesse d’en haut.

Parfois il faut placer des enfants comme domestiques ou comme apprentis. Il faut une place convenable, sinon mieux vaut qu’ils restent sous notre garde. L’obtention de cette place convenable est un « besoin » véritable. Elle est plus difficile à obtenir que de l’argent. Il m’a fallu parfois m’attendre à Dieu pendant bien des semaines pour que ce « besoin » soit satisfait ; mais il m’a toujours finalement secouru. Parfois aussi mon « besoin » de sagesse et de direction a été grand, pour savoir comment il fallait traiter certains enfants dans des circonstances particulières ; et surtout comment me conduire envers certains apprentis ou domestiques qui avaient autrefois été dans les maisons des orphelins. Un « besoin » à cet égard n’est pas une petite chose ; j’ai cependant constaté qu’en cela comme en toutes les autres choses où j’étais dans le « besoin », j’ai été secouru, pourvu que j’aie vraiment su m’attendre patiemment à Dieu. Cette parole : « la piété est utile à tout, ayant la promesse de la vie présente et de celle qui est à venir » (1 Timothée 4:8), je l’ai trouvée vraie dans ma propre expérience en des occasions presque innombrables.

De plus, lorsque l’un ou l’autre des ouvriers a dû quitter l’œuvre pour raison de santé ou pour d’autres motifs, j’ai été en de tels moments dans un « besoin » bien plus grand que lorsqu’il me fallait de l’argent pour les divers objets de l’Institution. Je ne pouvais voir un tel « besoin » satisfait qu’en m’attendant à Dieu. Je ne pouvais rien faire, sinon parler de cette affaire à mon Père céleste, et il m’a toujours secouru. L’une des plus grandes difficultés de cette œuvre est d’obtenir des personnes pieuses qui y conviennent ; il faut tenir compte de tant de choses. Un âge convenable, la santé, les dons, l’expérience, l’amour des enfants, une piété véritable, un cœur disposé à servir Dieu dans l’œuvre et non à se servir soi-même, un cœur disposé à supporter les nombreuses épreuves et difficultés qui s’y rattachent, une intention manifeste de travailler, non en vue de la rémunération, mais pour servir Dieu dans leur travail : assurément, obtenir des personnes pieuses chez qui ces qualités se trouvent réunies, ne fût-ce que dans une certaine mesure, n’est pas chose facile. Non que quelqu’un aille supposer que je cherche des collaborateurs parfaits. Non que quelqu’un aille supposer que je parle de mes collaborateurs comme s’ils étaient sans faiblesses, sans lacunes et sans défauts. Je suis moi-même loin, bien loin d’être sans faiblesses, sans lacunes et sans défauts. Du reste, je ne m’attends jamais à trouver pour cette œuvre des collaborateurs qui n’aient pas leurs faiblesses ; mais voici ce que je veux dire : l’œuvre de Dieu entre mes mains est d’une telle nature, et elle est réellement poursuivie, par la grâce de Dieu, avec une si sincère intention de servir Dieu par elle (quelles que soient les défaillances de mes collaborateurs et les miennes), que c’est pour moi une affaire d’une grande importance de trouver des personnes vraiment aptes, chez qui les qualités ci-dessus se trouvent réunies autant que possible. Et, quoi qu’il puisse manquer, c’est de plus en plus mon but d’obtenir de tels aides ; on comprendra donc aisément combien mon « besoin » doit être grand, encore et encore, à cet égard précis. Je conseille ici tout particulièrement à ceux qui, à l’avenir, solliciteraient des places dans cette œuvre, d’avoir ces remarques présentes à l’esprit ; car, par la grâce de Dieu, j’ai résolu de ne jamais confier à personne une place dans l’Institution, si elle n’y convient pas selon la lumière que Dieu me donne.

De plus, que les ouvriers travaillent heureusement ensemble, et que je poursuive heureusement le service avec eux ; que je sois leur serviteur, d’une part, et que, d’autre part, je garde pourtant la place que Dieu m’a donnée dans cette œuvre : assurément, quiconque considère attentivement cela verra aussitôt qu’il y a là une difficulté et un « besoin » bien plus grands que tout ce qui touche à l’argent. Oh ! comme ces choses poussent à invoquer Dieu ! Comme elles font continuellement sentir son « besoin » ! En vérité, je suis dans le besoin, dans un besoin continuel. Je pourrais mentionner beaucoup d’autres points de cette œuvre où je suis plus ou moins continuellement dans le « besoin » ; mais je n’en citerai qu’un. Il y a maintenant bien des années que je me glorifie du Dieu vivant d’une manière si publique, par mes publications. Pour cette raison, Satan guette sans aucun doute ma chute, et si j’étais laissé à moi-même, je deviendrais sa proie. L’orgueil, l’incrédulité ou d’autres péchés causeraient ma ruine et m’amèneraient à couvrir le nom de Jésus d’un opprobre terrible. Voilà donc un « besoin », un grand « besoin ». Je me sens véritablement dans le « besoin », dans un grand « besoin », ne serait-ce que d’être soutenu par Dieu ; car je ne puis tenir debout un seul instant si je suis laissé à moi-même. Oh ! que nul de mes chers lecteurs ne m’admire, ne s’étonne de ma foi, et ne pense de moi que je suis au-dessus de l’incrédulité ! Oh ! que nul de mes chers lecteurs ne pense que je ne pourrais pas être enflé d’orgueil, ou à d’autres égards déshonorer Dieu de la manière la plus terrible, et ainsi devenir enfin, bien que Dieu se soit servi de moi jusqu’ici pour bénir tant de personnes, un signal d’alarme pour l’Église de Christ ! Non, je suis aussi faible que jamais. J’ai autant besoin que jamais d’être soutenu dans la foi et dans toute autre grâce. Je suis donc dans le « besoin », dans un grand « besoin » ; c’est pourquoi aidez-moi, cher lecteur chrétien, de vos prières.

Je reconnais donc pleinement que je suis dans un « besoin » continuel. C’est le cas pour les questions d’argent, parce que l’œuvre est maintenant si étendue. Quelques centaines de livres ne mènent pas bien loin. Il y a souvent eu des semaines où mes besoins s’élevaient à plusieurs centaines de livres par semaine, et l’on peut donc aisément supposer que, même s’il arrive de gros dons, ils ne durent pas longtemps. Mais tout en reconnaissant cela, je désire que le lecteur chrétien garde à l’esprit qu’il y a d’autres nécessités, et même de plus grandes que celles qui touchent à l’argent. Si toutefois le lecteur disait qu’il pense « que je dois trouver cette vie très éprouvante, et que je dois en être las », je me permets de déclarer qu’il se trompe entièrement. Je ne trouve pas que la vie liée à cette œuvre soit une vie éprouvante, mais une vie très heureuse. Il est impossible de décrire l’abondance de paix et de joie céleste qui a souvent inondé mon âme grâce aux nouvelles réponses que j’ai obtenues de Dieu, après m’être attendu à lui pour recevoir secours et bénédiction ; et plus j’ai dû m’attendre à lui longtemps, ou plus mon besoin était grand, plus grande était la jouissance quand la réponse venait enfin, ce qui s’est souvent fait d’une manière très remarquable, afin de rendre la main de Dieu d’autant plus manifeste. Je déclare donc solennellement que je ne trouve pas cette vie éprouvante, mais très heureuse, et que par conséquent je n’en suis pas le moins du monde las. Les gênes et les difficultés, je m’y attendais dès le tout début. Avant de commencer ce service, je m’y attendais ; bien plus, son but principal était que l’Église tout entière fût fortifiée dans la foi, et amenée à se confier plus simplement, plus habituellement et plus entièrement dans le Dieu vivant, en voyant sa main étendue en ma faveur à l’heure du besoin. Je m’attendais donc à des épreuves, à de grandes épreuves et à des gênes ; mais c’était de bon cœur, pour la gloire de Dieu et le profit des chers enfants de Dieu, que je désirais les traverser, pourvu seulement que les saints fussent édifiés par les voies de Dieu envers moi. Plus je persévère dans ce service, plus les épreuves de tel ou tel genre deviennent grandes ; mais en même temps plus je suis heureux dans ce service qui est le mien, et plus j’ai l’assurance d’être employé comme le Seigneur le veut. Comment donc pourrais-je être las de poursuivre l’œuvre de Dieu selon les principes qui sont les miens ?

III. LA NOUVELLE MAISON DES ORPHELINS D’ASHLEY DOWN.

Jusqu’au 26 mai 1846, on avait reçu £2,710, 3s. 5½d. pour la construction de la nouvelle maison des orphelins.

4 juillet 1846. Depuis environ trois mois, ma foi et ma patience ont été extrêmement éprouvées au sujet du terrain que j’ai acheté pour bâtir la maison des orphelins, car les plus grandes difficultés ont surgi quant à savoir si j’entrerais finalement en possession de ce terrain ; mais, par la grâce de Dieu, mon cœur a été gardé dans la paix, pleinement assuré que, si le Seigneur m’enlevait ce morceau de terrain, ce ne serait que pour m’en donner un meilleur encore ; car notre Père céleste n’enlève jamais à ses enfants une chose terrestre sans avoir l’intention de leur donner à la place quelque chose de meilleur. Mais au milieu de toute cette grande épreuve de foi, je ne pouvais m’empêcher de penser, d’après la manière si manifeste dont Dieu m’avait donné ce terrain, que les difficultés n’étaient permises que pour l’épreuve de ma foi et de ma patience. Et c’est ce qui est arrivé. Hier soir j’ai reçu une lettre qui a levé toutes les difficultés, et maintenant, avec la bénédiction de Dieu, l’acte de cession sera dressé dans quelques jours.

6 juillet. La raison pour laquelle, pendant plusieurs mois, il était entré si peu pour le fonds de construction me semblait être celle-ci : nous n’avions pas besoin de cet argent pour le moment ; et quand il serait nécessaire, et quand ma foi et ma patience auraient été suffisamment éprouvées, le Seigneur enverrait davantage. Et c’est ce qui s’est vérifié ; car aujourd’hui m’a été remise la somme de deux mille cinquante livres, dont deux mille livres pour le fonds de construction et cinquante livres pour les nécessités présentes.

Il est impossible de décrire ma joie en Dieu lorsque j’ai reçu ce don. Je n’étais ni agité ni surpris ; car j’attends les réponses à mes prières. Je crois que Dieu m’entend. Pourtant mon cœur était si plein de joie que je ne pouvais que m’asseoir devant Dieu et l’admirer, comme David en 2 Samuel 7. Enfin je me suis jeté la face contre terre, et j’ai éclaté en actions de grâces envers Dieu, en lui consacrant de nouveau mon cœur pour son service béni.

21 juillet. Ce matin, un gentleman du Devonshire, en route pour Londres, est venu me voir. Quand il est arrivé, j’étais justement en prière, ayant, entre autres choses, présenté au Seigneur les points suivants : 1. Je lui avais demandé quelques ressources pour mes propres besoins temporels, étant dans la gêne. 2. Je lui avais demandé davantage de ressources pour le fonds de construction, et je l’avais supplié de hâter l’affaire, à cause des habitants de Wilson Street, à cause du bien des enfants et de ceux qui en ont la charge dans les maisons des orphelins, et enfin pour que je puisse admettre davantage d’orphelins, tant les demandes sont nombreuses. 3. J’avais aussi demandé au Seigneur des ressources pour les besoins présents des orphelins, les dépenses étant si grandes. 4. J’avais demandé des ressources pour les autres objets. Quand j’ai vu ce gentleman du Devonshire, il m’a donné vingt livres, dont dix livres pour le fonds de construction, cinq livres pour les besoins présents des orphelins, deux livres pour le frère Craik et moi-même, et les trois livres restantes laissées à ma disposition, que j’ai appliquées aux autres objets de l’Institution pour la connaissance des Écritures. J’ai ainsi reçu, au moment même où je demandais à Dieu, quatre réponses à mes prières.

19 nov. Je suis maintenant poussé de plus en plus à importuner le Seigneur pour qu’il m’envoie les ressources nécessaires afin que je puisse commencer la construction. Car : 1. Depuis quelque temps déjà, il a été déclaré publiquement, par écrit, que j’estime que ce n’est pas sans fondement que certains habitants de Wilson Street se jugent incommodés par la présence des maisons des orphelins dans cette rue, et je désire donc vivement pouvoir en retirer les orphelins le plus tôt possible. 2. Je suis de plus en plus convaincu qu’il serait grandement profitable aux enfants, tant physiquement que moralement, avec la bénédiction de Dieu, de se trouver dans la situation qu’ils doivent occuper une fois la nouvelle maison des orphelins bâtie. Et 3. Parce que le nombre des orphelins très pauvres et démunis qui attendent leur admission est si grand, et que de nouvelles demandes arrivent sans cesse. Or, si, par la grâce de Dieu, je ne voudrais pas que la construction commence un seul jour plus tôt que ce n’est sa volonté, et si je crois fermement qu’il me donnera, en son temps, chaque shilling dont j’ai besoin, je sais aussi qu’il aime être supplié avec instance, et qu’il prend plaisir à la persévérance dans la prière et à ce qu’on l’importune, comme on le voit si clairement par la parabole de la veuve et du juge inique (Luc 18:1-8). Pour ces raisons, je me suis de nouveau livré hier soir tout particulièrement à la prière, afin que le Seigneur envoie davantage de ressources, y étant en outre spécialement poussé, en plus des raisons ci-dessus, parce qu’il n’était entré que relativement peu depuis le 29 du mois dernier. Ce matin, entre cinq et six heures, j’ai de nouveau prié, entre autres choses, au sujet du fonds de construction, puis j’ai eu un long moment de lecture de la parole de Dieu. Au cours de ma lecture, je suis arrivé à Marc 11:24 : « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. » J’ai souvent senti l’importance de la vérité que contient ce passage, et j’en ai souvent parlé ; mais ce matin je l’ai sentie de nouveau tout particulièrement, et, l’appliquant à la nouvelle maison des orphelins, j’ai dit au Seigneur : « Seigneur, je crois que tu me donneras tout ce dont j’ai besoin pour cette œuvre. Je suis sûr que j’aurai tout, parce que je crois que je le reçois en réponse à ma prière. » Ainsi, le cœur plein de paix au sujet de cette œuvre, j’ai poursuivi la lecture du reste du chapitre et du chapitre suivant. Après le culte de famille, j’ai eu de nouveau mon temps habituel de prière pour toutes les nombreuses parties de l’œuvre et leurs divers besoins, demandant aussi des bénédictions sur mes collaborateurs, sur la diffusion des Bibles et des traités, et sur les âmes précieuses de l’école d’adultes, des écoles du dimanche, des six écoles de jour et des quatre maisons des orphelins. Parmi toutes ces nombreuses choses, j’ai de nouveau présenté mes requêtes au sujet des ressources pour la construction. Et maintenant, remarquez bien : environ cinq minutes après m’être relevé de mes genoux, on m’a remis une lettre recommandée contenant un chèque de trois cents livres, dont deux cent quatre-vingts livres pour le fonds de construction, dix livres pour mes dépenses personnelles et dix livres pour le frère Craik. Que le saint nom du Seigneur soit loué pour cet encouragement précieux, grâce auquel le fonds de construction s’élève maintenant à plus de six mille livres !

9 déc. Il y a maintenant quatre cents jours que, jour après jour, je m’attends à Dieu pour obtenir du secours en vue de la construction de la maison des orphelins ; mais jusqu’ici il me maintient encore dans l’épreuve de la foi et de la patience. Il me dit encore, pour ainsi dire : « Mon heure n’est pas encore venue. » Pourtant il me soutient pour que je continue à m’attendre à lui. Par sa grâce, ma foi n’est nullement ébranlée ; mais je suis tout à fait sûr qu’il me donnera, en son temps, tout ce dont j’ai besoin pour cette œuvre. Comment je recevrai les ressources encore nécessaires, et quand, je l’ignore ; mais je suis sûr que Dieu m’aidera en son temps et à sa manière. En attendant, j’ai d’abondantes raisons de louer Dieu de ce que je ne m’attends pas à lui en vain ; car depuis un an jour pour jour, il m’a donné, en réponse à la prière, un terrain des plus convenables, et six mille trois cent quatre livres pour le fonds de construction, ainsi qu’environ deux mille sept cents livres pour les besoins présents de l’œuvre, de sorte qu’en tout j’ai reçu depuis un an, uniquement en réponse à la prière, la somme de neuf mille livres. Assurément, je ne m’attends pas au Seigneur en vain ! Avec son aide, je suis donc résolu à poursuivre dans cette voie jusqu’à la fin.

22 déc. Aujourd’hui j’ai de nouveau une preuve précieuse que persévérer à s’attendre au Seigneur n’est pas vain. Pendant ce mois, il n’était entré que relativement peu pour le fonds de construction ; pourtant, par la grâce de Dieu, j’avais pu, comme auparavant, et même peut-être avec plus d’ardeur qu’auparavant, faire connaître mes requêtes à Dieu, de plus en plus convaincu que je devais chercher, par une prière fervente, à pouvoir bientôt commencer la construction. En outre, j’avais aussi tout particulièrement supplié le Seigneur de me donner des ressources pour les frères missionnaires, et aussi pour les frères qui travaillent dans la parole en diverses parties de l’Angleterre et de l’Irlande, car toutes mes ressources pour eux étaient maintenant épuisées. Je m’étais aussi attendu à Dieu pour obtenir de quoi commander un nouveau stock de traités. Enfin, j’avais supplié le Seigneur encore et encore de me donner des ressources pour les saints pauvres de Bristol, qui sont nombreux, et dont le besoin est actuellement particulièrement grand. Or aujourd’hui le Seigneur m’a accordé de précieuses réponses à mes requêtes au sujet de ces divers objets, car j’ai reçu ce matin mille livres, avec ces mots : « Je vous envoie un peu d’argent, dont vous pourrez appliquer une partie aux orphelins et aux autres objets de votre Institution, selon leurs besoins, et mettre le reste au fonds de construction. Au prix actuel des vivres, vos dépenses pour les orphelins doivent être lourdes. Veuillez aussi prendre vingt-cinq livres pour vos propres besoins. »

25 janvier 1847. La saison approche maintenant où l’on pourra commencer à bâtir. C’est pourquoi je me suis livré à la prière avec une ardeur accrue, importunant le Seigneur pour qu’il daigne intervenir en notre faveur et envoyer promptement le reste de la somme nécessaire, et j’ai senti de plus en plus, ces derniers temps, qu’approche le moment où le Seigneur me donnera tout ce qu’il faut pour commencer la construction. Tous les divers arguments que j’ai souvent présentés à Dieu, je les lui ai de nouveau présentés ce matin. Il y a maintenant quatorze mois et trois semaines que, jour après jour, j’adresse à Dieu mes requêtes en faveur de cette œuvre. Je me suis relevé de mes genoux ce matin dans la pleine confiance non seulement que Dieu pouvait, mais aussi qu’il voulait envoyer les ressources, et cela bientôt. Jamais, durant tous ces quatorze mois et trois semaines, je n’ai eu le moindre doute que j’aurais tout ce qui est nécessaire. Et maintenant, cher lecteur croyant, réjouissez-vous et louez avec moi. Environ une heure après avoir ainsi prié, on m’a remis la somme de deux mille livres pour le fonds de construction. J’ai donc reçu en tout £9,285, 3s. 9½d. pour cette œuvre. Je ne puis décrire la joie que j’ai eue en Dieu en recevant ce don. Il faut le connaître par expérience pour le sentir. Quatre cent quarante-sept jours, j’ai dû m’attendre à Dieu avant que la somme n’atteigne le montant ci-dessus. Combien est grande la bénédiction que l’âme obtient en se confiant en Dieu et en attendant patiemment ! N’est-il pas manifeste combien il est précieux de poursuivre l’œuvre de Dieu de cette manière, même pour ce qui est de l’obtention des ressources ? Du 10 déc. 1845 au 25 janv. 1847, soit treize mois et demi, j’ai reçu, uniquement en réponse à la prière, neuf mille deux cent quatre-vingt-cinq livres. Ajoutez-y ce qui est entré pendant ce temps pour les besoins présents des divers objets de l’Institution, et le total est d’environ douze mille cinq cents livres, entièrement fruit de la prière adressée à Dieu. Peut-on donc dire avec quelque fondement que cette manière de poursuivre l’œuvre de Dieu peut fort bien convenir sur une petite échelle et dans un cadre restreint, mais qu’elle ne conviendrait pas sur une grande échelle ? Le fait mis ici en lumière contredit de telles affirmations.

23 juin. En ce jour, le Seigneur, dans sa grande bonté, par un don de mille livres pour le fonds de construction, a de nouveau encouragé abondamment mon cœur à me confier en lui pour tout ce dont j’aurai encore besoin afin de faire face au reste des dépenses liées à l’aménagement et à l’ameublement de la nouvelle maison des orphelins, etc.

29 avril 1848. La somme totale que j’ai reçue pour le fonds de construction est de £11,062, 4s. 11½d. Cette somme me permet de faire face à toutes les dépenses liées à l’achat du terrain et à l’érection de la maison. J’ai déclaré précédemment que je n’avais pas l’intention de commencer la construction avant d’avoir toutes les ressources nécessaires, et cette intention a été suivie. Rien n’a été entrepris tant que je n’ai pas eu des ressources suffisantes pour couvrir toutes les sommes dues aux divers entrepreneurs ; mais une fois que j’ai eu tout ce qu’il leur fallait, je n’ai pas cru bon de tarder davantage, bien que j’aie vu clairement alors, et plus clairement encore depuis, qu’il me faudrait encore une somme considérable pour achever l’œuvre. Car, si le bâtiment doit être à tous égards des plus simples et des moins coûteux, il doit pourtant, étant destiné à abriter trois cents orphelins avec tous leurs maîtres et surveillants, être nécessairement un très grand bâtiment, et il s’est donc révélé même un peu plus coûteux que je ne l’avais pensé, puisque l’ensemble (aménagements et mobilier compris) ne peut être réalisé à moins de quatorze mille cinq cents livres, pour lesquelles le Seigneur m’a déjà donné, comme je l’ai dit, onze mille soixante-deux livres quatre shillings onze pence et demi. La somme qui manque encore est nécessaire pour tous les aménagements ordinaires, l’appareil de chauffage, les installations de gaz, l’ameublement de toute la maison, la création de trois grandes cours de récréation et d’un petit chemin, et pour quelques travaux supplémentaires qui n’ont pu être compris dans les contrats. Je n’ai pas jugé nécessaire de différer le début de la construction, bien qu’il dût falloir encore plusieurs milliers de livres, car toutes ces dépenses ne devaient être réglées que bien des mois après le commencement des travaux.

Les travaux de construction commencèrent le 5 juillet 1847. Pendant six cent sept jours, j’avais cherché le secours de Dieu jour après jour, avant que nous en arrivions à pouvoir commencer la construction ; mais enfin il m’accorda le désir de mon cœur.

IV. POINTS DIVERS CONCERNANT L’INSTITUTION POUR LA CONNAISSANCE DES ÉCRITURES, AU PAYS ET À L’ÉTRANGER.

1. Pendant toute cette période, six écoles de jour, comptant 330 enfants, furent entretenues par les fonds de l’Institution ; deux écoles du dimanche furent entièrement entretenues par elle, et une troisième fut aidée de temps à autre. En outre, quatre des enfants des écoles du dimanche furent, au cours de ces deux années, reçus dans la communion de l’Église. Le nombre total des enfants qui reçurent l’instruction dans les écoles de jour de l’Institution, depuis son commencement jusqu’au 26 mai 1848, s’éleva à 4 519. Le nombre des élèves adultes instruits pendant cette période à l’école d’adultes, qui était entretenue par les fonds de l’Institution, s’éleva à 292 ; et le nombre total des adultes qui reçurent l’instruction du 5 mars 1834 au 26 mai 1848 fut de 1 438. Le total des dépenses liées à toutes ces écoles, au cours de ces deux années, s’éleva à £886, 1s. 11½d.

2. Pendant cette période furent diffusés 649 Bibles et 232 Nouveaux Testaments. Du 5 mars 1834 au 26 mai 1848, on diffusa 5 746 Bibles et 3 760 Nouveaux Testaments. Pendant cette période, £74, 9s. 10d. des fonds de l’Institution furent dépensées pour cet objet.

3. Du 26 mai 1846 au 26 mai 1848, on dépensa sur les fonds de l’Institution, pour l’œuvre missionnaire, £1,559, 11s. 6d., ce qui permit d’assister 43 ouvriers de l’Évangile, au pays et à l’étranger.

4. Pendant cette période, 64 021 traités furent diffusés, et la somme de £63, 1s. 5d. des fonds de l’Institution fut dépensée pour cet objet. Le nombre total des traités diffusés du 19 nov. 1840 au 26 mai 1848 s’éleva à 163 668.

5. Du 26 mai 1846 au 26 mai 1848, 51 orphelins furent reçus dans les quatre maisons des orphelins, ce qui, avec ceux qui s’y trouvaient le 26 mai 1846, fit 172 en tout.

Le 26 mai 1848, il y avait 122 orphelins dans les quatre maisons. Le nombre des orphelins confiés à nos soins d’avril 1836 au 26 mai 1848 fut de 264. Le montant total des dépenses liées à l’entretien des orphelins du 26 mai 1846 au 26 mai 1848 fut de £3,228, 5s. 11d.

Je fais remarquer, au sujet des maisons des orphelins, que, sans que j’aie personnellement sollicité qui que ce soit pour quoi que ce soit, la somme de £24,771, 19s. 8¾d. m’a été donnée comme fruit de la prière adressée à Dieu, depuis le commencement de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1848. Cette somme comprend les £11,062, 4s. 11½d. qui, jusqu’au 26 mai 1848, avaient été données pour le fonds de construction. Le lecteur sera peut-être intéressé de savoir que le montant total donné en contributions libres pour les autres objets, depuis le commencement de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1848, fut de £7,060, 14s. 1¾d. ; et que ce qui provint de la vente des Bibles et des traités, et de la rétribution payée par les enfants des écoles de jour, s’éleva à £2,373, 3s. 7½d.

V. HISTOIRE PERSONNELLE.

31 déc. 1846. Au cours de cette année, 66 personnes ont été reçues dans la communion. Il a plu au Seigneur de me donner cette année £399, 2s. 11d. À quoi il faut encore ajouter, comme je l’ai expliqué dans un chapitre précédent, que pendant toute cette année aussi ma fille a été, sans aucuns frais, dans un pensionnat, ce qui représente environ cinquante livres.

En novembre 1847, je connus une délivrance des plus remarquables, qui est rapportée ici à la louange du Seigneur, car elle montre une fois de plus comment le Seigneur veille sur ses enfants.

Je travaillais depuis peu à Bowness et à Keswick dans le ministère de la parole, en octobre et en novembre. À Keswick, je logeais avec ma chère femme dans une grande pension de famille où nous étions pourtant seuls à ce moment-là, à l’exception d’un monsieur célibataire. Juste avant notre départ de Keswick, le matin du 24 nov., j’appris que ce monsieur, qui logeait dans la même maison, s’était tiré une balle pendant la nuit, mais n’était pas tout à fait mort. Nous n’avions pas entendu la détonation du pistolet, car la nuit était très orageuse et la maison grande. Deux jours après, je reçus d’un frère chrétien de Keswick les renseignements suivants sur cet événement.

Keswick, 25 nov. 1847.

Cher monsieur Müller,

Jamais les soins tendres et tout-puissants de notre Père plein d’amour ne se sont étendus davantage sur vous, et en vérité sur nous tous, que pendant votre séjour chez Mme ——. M. —— avait complètement perdu la raison deux ou trois jours avant votre départ. Sans que personne le retienne, il avait passé les deux derniers jours et les deux dernières nuits à aller et venir dans sa chambre, des pistolets chargés à la main. De plus, il s’était mis en tête que vous alliez le tuer. Quelle grâce de la part de Dieu d’avoir étendu ses ailes sur vous et sur la chère Mme Müller, de sorte que Satan n’a pu franchir la haie pour toucher ne fût-ce qu’un cheveu de votre tête ! Humainement parlant, rien ne l’aurait empêché d’entrer dans la pièce où nous prenions tous le thé et de tirer parmi nous ; mais le Seigneur a été notre refuge et notre forteresse, et il nous a préservés d’un danger dont nous ne savions rien. Il s’est tiré une balle dans le cou et dans la poitrine, mais il n’est pas mort. On lui a mis une camisole de force. J’ai aidé à découper ses vêtements, et à rendre d’autres petits services nécessaires en pareil moment, et je lui ai parlé de l’amour de Christ mourant pour les pauvres pécheurs. « Je le sais », a-t-il dit. Il s’est tiré dessus une première fois vers trois heures du matin, et de nouveau vers sept heures. Quel spectacle offrait sa chambre : des pistolets baignant dans le sang ; des couteaux, des lancettes et des rasoirs ensanglantés éparpillés sur le plancher, etc.

J’ajoute un extrait d’une seconde lettre écrite par le même frère chrétien, parce qu’elle montre mieux encore combien le Seigneur fut miséricordieux envers nous à ce moment-là, en nous protégeant.

M. —— est encore en vie, et ses amis l’ont fait transporter dans le Yorkshire. Il semble que la folie soit dans sa famille, son père se trouvant en ce moment dans un asile. Il est évident qu’il avait les pistolets dans ses poches, mais personne ne le savait avant que l’événement ne se produise. J’ignore à quelle heure de la nuit vous êtes allés vous coucher, mais je pense que c’était vers dix heures. Si c’est le cas, c’est à dix heures que M. —— est descendu de sa chambre, après y être resté six heures. C’est une grâce que vous ne l’ayez pas rencontré, car il est clair qu’il portait sur lui des pistolets chargés.

31 déc. 1847. Au cours de cette année, 39 personnes ont été reçues dans la communion ; et en tout, depuis que M. Craik et moi avons commencé à travailler à Bristol, 1 157, sans compter les 68 que nous avons trouvées dans la communion. Au cours de cette année, il a plu au Seigneur de me donner £412, 18s. 8½d. À quoi il faut encore ajouter l’éducation gratuite de ma chère fille dans un pensionnat, ce qui représente pour nous au moins cinquante livres.

En avril 1848, je pus, avec l’aide du Seigneur, achever tous les arrangements pour la publication en langue française du Récit des voies du Seigneur envers moi ; et vers le mois de septembre de la même année, le livre parut sous le titre suivant : « Exposé de quelques-unes des dispensations de Dieu envers Georges Müller. Paris, librairie Protestante, Rue Tronchet, 2. »


Chapitre 21 terminé

La foi confirmée par la prospérité

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