Une vie de confiance
Moissonner abondamment

Chapitre 20 · 41 min de lecture · 53 min d’écoute

Moissonner abondamment

1845-1846.

UNE DEMANDE INATTENDUE—DÉLIBÉRATION—UNE GRANDE ENTREPRISE—CONFIANCE DANS LES RESSOURCES DU DIEU VIVANT—UNE RÉPONSE ATTENDUE ET REÇUE—PRIÈRE POUR OBTENIR LA FOI ET LA PATIENCE—NOUVELLES PREUVES DE LA FAVEUR DIVINE—LE BONHEUR DE FORMER DE NOBLES DESSEINS.

J’avais commencé, le 9 déc. 1835, l’œuvre qui consistait à prendre soin d’enfants privés par la mort de leurs deux parents, nés de parents mariés et se trouvant dans le dénuement. Pendant près de dix ans, je n’avais jamais eu le moindre désir de bâtir une maison des orphelins. Au contraire, je préférais résolument employer aux besoins du moment les ressources qui pourraient arriver, et je désirais plutôt étendre l’œuvre selon les moyens qu’il plairait au Seigneur de donner. Il en fut ainsi jusqu’à la fin d’octobre 1845, où je fus amené à considérer cette question d’une manière toute nouvelle pour moi. En voici l’occasion : le 30 oct. 1845, je reçus d’un monsieur qui habitait la rue où se trouvaient les quatre maisons des orphelins une lettre polie et amicale, dans laquelle il m’exposait courtoisement que les habitants des maisons voisines étaient incommodés de diverses manières par la présence des maisons des orphelins dans Wilson Street. Il me laissait juge de la chose.

Je reçus cette lettre le jeudi matin 30 oct. 1845. Très occupé cette semaine-là, j’eus à peine le temps d’examiner la question. Le lundi matin 3 nov., cependant, je mis à part quelques heures pour l’examiner dans la prière, et après avoir supplié le Seigneur de me conduire à une juste décision, je mis par écrit les raisons qui me paraissaient rendre souhaitable que les maisons des orphelins fussent transférées hors de Wilson Street, ainsi que les raisons contre ce transfert. Pour autant qu’elles se prêtent à être imprimées, les voici :—

I. RAISONS DE QUITTER WILSON STREET.

1. Les voisins se sentent incommodés par le bruit des enfants aux heures de récréation. Cette plainte n’est ni sans fondement ni injuste ; car beaucoup de personnes sont fort incommodées par le bruit des enfants, et ceux qui habitent tout près des maisons des orphelins doivent l’être aux heures de récréation, même si ce bruit n’est que de telle nature qu’on ne saurait aucunement en faire un reproche à ces chers enfants. Moi-même, pour cette raison, je trouverais pénible pour ma tête de demeurer porte à porte avec les maisons des orphelins. Je dois donc faire aux autres ce que je voudrais qu’on me fît. Ce point ne m’était jamais apparu sous un jour aussi sérieux.

2. Le grand nombre des pensionnaires des maisons avait plusieurs fois empêché les égouts de bien fonctionner, et avait ainsi, à quelques reprises, gâté l’eau dans une ou deux des maisons voisines. Au sujet de ces deux raisons, en ce qui concerne les habitants voisins des maisons des orphelins, ces paroles : « Que votre privilège ne soit pas un sujet de calomnie » (Romains 14:16), et : « Que votre douceur (c.-à-d. votre esprit conciliant) soit connue de tous les hommes » (Philippiens 4:5), me parurent deux portions importantes de la parole de Dieu à mettre en pratique dans cette affaire.

Mais outre les raisons de transférer les maisons des orphelins hors de Wilson Street à cause des inconvénients occasionnels et inévitables qui en résultent pour les voisins, il m’apparut alors, dès que je fus amené à examiner sérieusement les raisons de transférer l’Institution hors de Wilson Street, d’autres raisons de le faire, liées à l’œuvre elle-même ; elles s’étaient déjà présentées à moi, mais jamais avec autant de force que maintenant, où la question m’était posée plus directement par la lettre dans laquelle on me priait poliment de transférer les maisons des orphelins hors de Wilson Street. Ces raisons sont les suivantes :—

1. Nous n’avons pas de cours de récréation convenables dans Wilson Street. Il y a bien une cour, mais elle n’est assez grande que pour les enfants d’une seule maison à la fois ; or, comme il y a des enfants dans quatre maisons qui devraient en profiter, nous ne pouvons nous arranger de manière que tous en profitent pleinement, les repas, les heures de classe, le temps qu’il fait et d’autres empêchements s’y opposant. Je sais que les chers orphelins doivent être formés à des habitudes de travail ; mais les enfants sont des enfants, et il faut les traiter comme tels ; et, pour leur santé, ils devraient pouvoir profiter pleinement d’une cour de récréation. Or c’est ce qu’ils ne peuvent avoir dans Wilson Street ; et les emmener dans les champs pour qu’ils prennent de l’exercice, comme nous en avons l’habitude, est souvent fort incommode.

2. Nous n’avons point, près des maisons des orphelins, de terrain à cultiver ; aussi faut-il faire marcher les enfants davantage, pour employer les moyens convenables de les garder en santé, avec la bénédiction de Dieu, qu’il ne leur est bon à d’autres égards ; car les promenades fréquentes font aisément naître chez les enfants des habitudes d’oisiveté, ce qui se ferait particulièrement sentir lorsque les garçons sont mis en apprentissage. Mais on ne saurait remédier à cette difficulté en restant dans Wilson Street et en louant ailleurs un terrain à cultiver ; car préparer les enfants et les conduire jusqu’au terrain non seulement prend beaucoup de temps, mais entraîne d’autres grands inconvénients, et même des difficultés insurmontables, si bien que nous avons jugé nécessaire de renoncer à une petite parcelle que nous avions louée environ deux ans pour les garçons orphelins, à une distance d’environ un demi-mille de Wilson Street. Ainsi, en quittant Wilson Street et en acquérant des bâtiments entourés de terres à cultiver, nous pourrions procurer aux enfants un avantage moral des plus importants, ayant l’occasion, plus pleinement que maintenant, de les former à des habitudes de travail, sans compter que nous donnerions aux garçons une occupation qui leur convient mieux que le tricot, seule occupation qu’ils aient aujourd’hui, outre faire leurs lits, nettoyer la maison et aider à préparer leurs repas. De plus, ce serait une occupation au grand air, qui non seulement exercerait leurs membres, mais rendrait presque entièrement inutiles les promenades faites pour la santé.

3. Si nous quittions Wilson Street pour nous établir à la campagne, nous pourrions faire toute la lessive à la maison, alors qu’aujourd’hui, faute de place, elle ne peut s’y faire qu’en partie. Ainsi les filles aussi auraient à la maison un travail plus pénible, point de grande importance pour elles, afin qu’elles ressentent moins les rudesses qui accompagnent l’entrée en service.

4. La situation de Wilson Street n’est peut-être guère assez tonifiante pour fortifier la constitution des orphelins, dont la plupart, étant issus de parents très malades, ont besoin d’un séjour des plus vivifiants.

5. La situation actuelle n’est certainement pas souhaitable pour les maîtres et maîtresses, d’autant qu’une fois leurs heures de travail achevées, ils n’ont ni jardin ni champ tout près de la maison où aller aussitôt prendre un peu de délassement pour le corps ; et pour quelques-uns d’entre eux les champs où ils pourraient respirer un air tonifiant sont trop éloignés.

6. En temps de maladie, nous sommes trop à l’étroit dans les maisons de Wilson Street. S’il y avait moins de trente enfants dans chaque maison, la dépense moyenne par enfant serait trop élevée, car il est souhaitable, dans l’organisation actuelle, qu’il n’y ait pas moins de trois ouvriers par maison ; et pourtant, s’il y a trente enfants dans chaque maison, nous sommes trop serrés en temps de maladie, puisque nous n’avons pas une seule chambre libre dans aucune des maisons. Or, bien que le Seigneur nous ait, durant toutes ces années, aidés avec une grande miséricorde à traverser de telles périodes, ce n’a pas été sans inconvénient, ni peut-être sans avoir, en ces moments-là, plus d’enfants dans une même chambre que la santé ne le permet souhaitablement.

7. Même en temps ordinaire, quand il n’y a point de maladie, il serait souhaitable d’avoir plus de place.

Il n’y a pas, à Bristol ni dans les environs immédiats, de bâtiments où nous puissions avoir ces avantages ; car voilà dix ans que je cherche de tous côtés dans ce but. Mais supposons qu’on trouve une grande maison dans un quartier de la ville, une deuxième à un mille de là, une troisième et une quatrième dans d’autres directions : de telles maisons, à cause de notre position particulière dans l’œuvre, ne conviendraient pas. Car dans les temps de besoin, l’éloignement des diverses maisons rendrait fort incommode pour les ouvriers de se réunir pour prier, pour partager les ressources qui peuvent se trouver en main, etc. En outre, lorsque, dans des moments d’autres difficultés particulières liées à l’œuvre, je désirerais réunir tous mes collaborateurs, il surgirait une grande difficulté du fait qu’ils seraient dispersés dans différents quartiers de la ville. Ce serait aussi fort incommode pour les personnes qui désirent voir l’œuvre que d’aller de lieu en lieu pour visiter toutes les maisons des orphelins. Mais ce n’est pas tout. Plus j’ai considéré la question, plus je suis maintenant persuadé qu’aucune grande maison ordinaire, bâtie pour des familles particulières, et donc calculée pour loger, dix ou quinze personnes au plus pendant une durée prolongée, ne saurait convenir à des institutions charitables de quelque importance, car aucune maison ordinaire, à moins d’être bâtie exprès, n’offre les avantages voulus d’aération, point si nécessaire à la santé des pensionnaires d’une institution charitable. Il ne me sembla donc rester d’autre parti que de bâtir des locaux à cet effet.

II. RAISONS DE RESTER DANS WILSON STREET.

1. Dieu a jusqu’ici désigné cet endroit de la manière la plus évidente. Au commencement de l’œuvre, en 1835, on ne pouvait avoir d’autre maison que le no 6 de Wilson Street. Plus tard, en 1836, comme la maison des petits orphelins était sur le point d’ouvrir, je cherchai de nouveau de tous côtés et vis beaucoup de maisons, mais n’en trouvai aucune qui convînt, jusqu’à ce que, tout à coup et de la façon la plus inattendue, les occupants du no 1 de Wilson Street désirèrent quitter immédiatement cette maison, et je pus ainsi la louer. Lorsqu’en 1837 je fus sur le point d’ouvrir la maison des garçons orphelins, je cherchai encore une maison de tous côtés ; car j’ignorais alors ce que l’expérience m’a appris depuis, à savoir qu’il était si important que toutes les maisons fussent proches les unes des autres. Après avoir longtemps cherché en vain, je trouvai enfin une très grande maison, non loin de Wilson Street, que je louai ; mais quand les occupants des maisons du voisinage apprirent que cette maison avait été louée pour une institution charitable, ils menacèrent le propriétaire d’un procès, ce qui l’amena à me prier de renoncer au bail, ce que, naturellement, je fis aussitôt. Enfin, de la façon la plus inattendue, après avoir cherché en vain de tous côtés, les occupants du no 3 de Wilson Street me l’offrirent, et je le louai pour les garçons orphelins. Enfin, en l’année 1843, lorsque je fus amené à voir que la volonté de Dieu était d’avancer dans cette œuvre et de fonder la maison des filles orphelines no 2, pour les filles plus âgées, un trait particulier de l’affaire fut que la maison no 4 de Wilson Street m’avait été offerte sans que je l’eusse cherchée, alors que depuis environ six ans il n’y avait pas eu dans cette rue une seule grande maison à louer.

[Mais bien que Dieu ait jusqu’ici désigné Wilson Street comme l’endroit où cette œuvre devait se poursuivre, le temps ne serait-il pas venu maintenant de déménager ?]

2. Peut-être pourrions-nous aussi louer les nos 2, 5 et 7 de Wilson Street, et employer deux de ces trois maisons comme maisons des orphelins, et la troisième comme infirmerie en cas de maladie.

[Mais alors, me dis-je, l’objection que pourraient faire les voisins d’en face, à cause du bruit des enfants aux heures de récréation, etc., ne subsisterait-elle pas ? En outre, les égouts seraient encore moins appropriés, n’étant pas construits pour tant de pensionnaires ; et les modifier coûterait fort cher. La cour de récréation serait encore plus insuffisante si l’on ajoutait deux maisons nouvelles. Enfin, il n’y avait aucune raison de penser que nous pourrions louer les nos 2, 5 et 7.]

3. Il y a contre la construction ces trois grandes objections : la somme considérable qu’elle exige, et qui pourrait être dépensée pour les besoins présents des orphelins ; le caractère de pèlerin du chrétien semble se perdre dans la construction ; le temps qu’il faudra nécessairement pour prendre les dispositions voulues.

[Toutes ces objections, me dis-je, ne sont-elles pas valables seulement si je me mettais à bâtir sans nécessité ? Si je pouvais louer des bâtiments réellement convenables à tous égards pour l’œuvre, et que je préférais bâtir, alors ces objections s’appliqueraient ; mais quand on y est contraint, ce n’est rien de plus que si huit cents enfants de Dieu en communion, qui jusqu’ici louaient un lieu de réunion mais sont obligés pour certaines raisons de le quitter et ne peuvent en louer un autre, élevaient un grand bâtiment. On ne pourrait les accuser de dépenser sans nécessité de l’argent à bâtir au lieu de louer ; on ne pourrait non plus dire avec justice qu’ils ont pour autant renoncé au caractère de pèlerin ; et ce ne serait pas du temps perdu si quelques-uns prenaient des dispositions pour la construction de ce lieu de réunion. Ainsi ces trois objections que je viens de mentionner, et qui avaient été pendant dix ans fortement présentes à mon esprit, furent levées dès que je vis clairement qu’il ne restait rien d’autre à faire que de bâtir.]

Après avoir passé quelques heures dans la prière et la réflexion sur ce sujet, je commençai déjà à voir que le Seigneur me conduirait à bâtir, et que ses desseins n’étaient pas seulement le bien des orphelins et une meilleure organisation de toute l’œuvre, mais aussi de rendre un témoignage plus grand encore qu’il pouvait et voulait fournir de grandes sommes à ceux qui en ont besoin et qui s’attendent à lui pour les recevoir ; et de plus, qu’il étendrait l’œuvre, de sorte que, si je bâtissais une fois une maison, elle fût assez grande pour loger trois cents orphelins, avec leurs maîtres et maîtresses, et les autres surveillants et domestiques nécessaires à l’œuvre. Sur ce dernier point, je crois important de faire remarquer qu’à aucune époque les demandes d’admission d’orphelins n’avaient été plus nombreuses que juste avant que je fusse amené à penser à bâtir, si bien qu’il m’était tout à fait pénible de ne pouvoir répondre aux désirs de toutes les nombreuses personnes qui demandaient l’admission d’orphelins. Beaucoup attendaient leur admission, surtout des garçons orphelins.

Dans l’après-midi du 3 novembre 1845, j’exposai l’affaire à mes collaborateurs dans l’église (au nombre de huit), pour avoir leur avis sur la question de savoir si je ne devais pas quitter Wilson Street et bâtir. Tous jugèrent que je devais quitter Wilson Street, et aucun ne vit de raisons contre la construction.

Le 4 nov., ma chère femme et moi commençâmes à nous réunir pour prier à ce sujet, et nous résolûmes de le faire chaque matin. Nous demandâmes à Dieu plus de lumière sur les points particuliers liés à cette question ; et, assuré que sa volonté était que je bâtisse, je commençai à demander au Seigneur les moyens.

Le 7 nov., ayant considéré la chose plus à fond, je jugeai que des bâtiments assez vastes pour fournir tout le logement nécessaire à trois cents enfants (depuis leur plus jeune âge jusqu’à quinze ou seize ans), avec un terrain assez grand aux environs de Bristol pour y élever les bâtiments, le reste devant être cultivé à la bêche, coûteraient au moins dix mille livres. Je ne fus pas découragé par là, mais je me confiai dans le Dieu vivant.

Nous continuâmes à nous réunir chaque matin pour prier pendant quinze jours, mais pas un seul don n’arriva ; pourtant mon cœur ne se découragea pas. Plus je priais, plus j’étais assuré que le Seigneur donnerait les moyens. Oui, j’étais aussi pleinement assuré que le Seigneur le ferait que si j’avais déjà vu devant moi les nouveaux bâtiments. Cette assurance ne venait pas de quelque sentiment vague et exalté, de la simple excitation du moment, mais : 1. Des raisons déjà rapportées, et surtout du commandement contenu dans Philippiens 4:5. Car je voyais que je n’agirais pas selon la pensée de notre Seigneur Jésus si je ne transférais pas, aussitôt que je le pourrais, les orphelins hors de Wilson Street, puisqu’on m’avait exposé, dans la lettre mentionnée plus haut, que leur séjour dans cette rue était une gêne pour certains de ses habitants. 2. Cette assurance que je bâtirais une maison des orphelins venait en outre de toute la manière dont il avait plu au Seigneur de me conduire à l’égard de l’Institution pour la connaissance des Écritures, dans le pays et à l’étranger, depuis son commencement le 5 mars 1834, c.-à-d. il m’a conduit en avant comme par une main invisible, étendant l’œuvre de plus en plus depuis son début, et, en général, sans que je l’aie recherché, et plaçant les choses si clairement devant moi que je ne pouvais que voir que je devais avancer. 3. Enfin et surtout, cette assurance que je bâtirais pour le Seigneur cette maison de miséricorde venait aussi particulièrement de ce que, ayant rigoureusement sondé mon cœur quant aux motifs qui me faisaient agir, je trouvais que, devant Dieu, je pouvais dire que mes seuls motifs étaient son honneur et sa gloire, le bien de l’Église de Christ en général, le bien réel, temporel et spirituel, des orphelins démunis, et le bien de tous ceux qui prendraient soin d’eux dans le bâtiment à élever. Et trouvant qu’après avoir prié encore et encore à ce sujet je demeurais dans une paix parfaite, je jugeai que c’était assurément la volonté de Dieu que j’aille de l’avant.

Le 15 nov., le frère R. C. arriva pour travailler quelque temps à Bristol. Je lui fis part de ma situation quant à la nécessité de transférer les orphelins hors de Wilson Street, et j’eus aussi son avis sur la question de savoir s’il venait de Dieu que je bâtisse. L’avis de ce cher frère m’encouragea grandement. Sa visite me fut d’un grand secours sur ce point, surtout en me poussant plus encore à porter devant Dieu tout ce qui touchait à cette affaire. Il me mit aussi à cœur de demander à Dieu de me diriger quant au plan du bâtiment. Il me dit : « Il faut que vous demandiez à Dieu de vous aider en vous montrant le plan, afin que tout soit selon la pensée de Dieu. »

Au 9 déc., trente-cinq jours s’étaient écoulés pendant lesquels je m’étais attendu à Dieu jour après jour pour obtenir les moyens de cette œuvre, et pas un seul penny ne m’avait été donné. Néanmoins, cela ne me découragea pas le moins du monde ; au contraire, mon assurance que Dieu, en son temps et à sa manière, donnerait les moyens, grandissait de plus en plus. Le passage auquel j’étais arrivé dans ma méditation suivie du Nouveau Testament était le commencement de l’épître de Jacques. Plus qu’à aucune autre époque de ma vie, je fus frappé par ces versets : « Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves (c.-à-d. les afflictions) auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien. » (Jacques 1:2-4). C’est surtout le dernier verset : « Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre », etc., que je trouvai d’une extrême importance au regard de la construction de la maison des orphelins. Il conduisit mon âme à demander jour après jour, dans la prière, que le Seigneur augmente ma foi et soutienne ma patience. Ces versets étaient si profondément imprimés dans mon cœur que je ne pouvais m’empêcher de penser que Dieu voulait particulièrement me bénir par eux, en vue de l’œuvre qui était devant moi, et que j’aurais spécialement besoin de patience aussi bien que de foi.

Le trente-sixième jour après que j’eus commencé à prier, le 10 déc. 1845, je reçus mille livres pour la construction de la maison des orphelins. C’était le don le plus important que j’eusse reçu jusqu’alors pour l’Institution pour la connaissance des Écritures ; mais lorsque je le reçus, je fus aussi calme, aussi tranquille que si je n’avais reçu qu’un shilling. Car mon cœur guettait les réponses. Jour après jour, je m’attendais à recevoir des réponses à mes prières. Ayant donc la foi à ce sujet, ce don ne me surprit pas le moins du monde. Oui, si l’on m’avait donné cinq mille ou dix mille livres au lieu de mille, je n’en aurais pas été surpris.

13 déc. Le trente-neuvième jour, ma belle-sœur, qui avait passé quelques semaines à Londres et était maintenant de retour à Bristol, m’a raconté qu’elle avait rencontré à Londres un monsieur qui, ayant tout récemment lu avec un profond intérêt le récit des voies du Seigneur envers moi, désirait connaître le plus de détails possible sur l’œuvre qui est entre mes mains. Ma belle-sœur lui ayant dit que je me proposais de bâtir une maison des orphelins, il a offert, étant architecte, d’en faire le plan et de surveiller la construction gratuitement. Sans qu’on le lui eût demandé, il a insisté auprès d’elle sur ce point avec un intérêt profond et vif. J’apprends aussi qu’il est chrétien. Le fait que cette offre vienne sans avoir été sollicitée, et d’un architecte chrétien, montre tout particulièrement la main de Dieu. C’est la deuxième preuve que Dieu m’aidera dans cette affaire.

23 déc. C’est aujourd’hui le cinquantième jour depuis que je suis arrivé à la conclusion de bâtir, et le quarante-neuvième depuis que nous nous attendons chaque jour à Dieu pour obtenir son secours. Rien de plus n’est arrivé depuis le 10 déc., pas même un penny. Ce matin, j’ai été particulièrement encouragé par la pensée que le Seigneur m’a envoyé les mille livres, et la promesse de ce pieux architecte, que je n’ai jamais vu et dont j’ignore encore le nom, non pour se moquer de moi, mais comme un gage qu’il donnera tout ce qui est nécessaire.

Il semble souhaitable que nous ayons un grand terrain, d’au moins six ou sept acres. Ce terrain doit se trouver aux environs de Bristol : 1. Afin que la maison des orphelins me soit accessible, puisque ma résidence est actuellement fixée par mes autres travaux à Bristol. 2. Afin que les ouvriers de l’Institution et les orphelins puissent assister à nos réunions, au moins le jour du Seigneur. Car si l’on tenait des réunions exprès dans la maison des orphelins, soit les ouvriers, soit les enfants n’en profiteraient pas dans la mesure souhaitable. 3. Afin que les habitants de Bristol aient l’avantage de voir de leurs propres yeux cette œuvre de Dieu, qui est si manifestement la sienne et non la mienne. 4. Afin que les étrangers qui passent par Bristol puissent y avoir facilement accès, pour la même raison. Mais alors, un tel terrain près de Bristol, où règne justement en ce moment une fureur de construire par spéculation, coûterait, selon toute probabilité humaine, entre deux et trois mille livres. Puis le bâtiment lui-même, si simple fût-il, ne coûterait pas moins de six à huit mille livres, puisqu’il est destiné à trois cents orphelins, sans compter tous leurs surveillants, maîtres et aides. En outre, l’aménagement et l’ameublement de la maison pour tous ces pensionnaires, entre trois et quatre cents, ne coûteraient pas moins de quinze cents livres de plus. C’est en vérité une grosse somme dont j’ai besoin ; mais mon espérance est en Dieu. Je n’ai pas recherché cette chose. Elle n’a pas commencé avec moi. C’est Dieu qui, tout à fait à l’improviste, au moyen de la lettre mentionnée plus haut, m’y a conduit. La veille même du jour où je reçus cette lettre, je ne pensais pas plus à bâtir des locaux pour loger les orphelins que je ne l’avais fait pendant les dix années précédentes. Ma prière spéciale est que Dieu me conserve la foi et la patience. S’il lui plaît de m’aider à continuer, dans la foi et la patience, à m’attendre à lui, le secours viendra sûrement.

24 déc. Pas encore d’autre don. Mais mon espérance en Dieu est inébranlable. Il m’aidera très assurément. Je n’ai à dessein publié aucune circulaire à ce sujet, afin que la main de Dieu soit d’autant plus manifeste. À quelques personnes résidant à Bristol ou ailleurs, j’ai parlé de mon intention de bâtir, quand la conversation m’y a amené. Par ce moyen, s’il plaît au Seigneur, il peut le faire connaître à d’autres, et envoyer ainsi des ressources pour le fonds de construction. Ou bien il peut envoyer une telle abondance de ressources pour l’œuvre qui existe déjà, que de cette abondance il reste un riche excédent pour le fonds de construction. Mais de quelque manière que Dieu m’aide, je désire voir sa main rendue tout à fait manifeste. Il y aura sans doute bien des épreuves liées à cet agrandissement du champ de travail (car si, avec les cent trente orphelins, il y a eu tant d’épreuves de la foi, à quoi faut-il s’attendre quand le nombre sera de trois cents ?) ; c’est pourquoi je désire voir aussi clairement que la lumière du jour que c’est Dieu lui-même qui me conduit en avant.

29 déc. C’est aujourd’hui le cinquante-sixième jour depuis que je suis arrivé à la conclusion de bâtir, et le cinquante-cinquième depuis que je m’attends à Dieu jour après jour à ce sujet. Seul ce don unique était arrivé jusqu’à ce soir, où j’ai reçu cinquante livres. Ce don m’est extrêmement précieux, non seulement parce que je suis sûr qu’il est donné de très bon cœur, ni même à cause de son importance, mais parce que c’est une autre preuve précieuse que Dieu mènera la chose à bonne fin ; sinon il ne me donnerait pas ces gages. Toute mon affaire est donc de continuer, dans la foi et la patience, à m’attendre à Dieu. Mon assurance n’a cessé de grandir que Dieu se bâtira à lui-même une grande maison des orphelins dans cette ville, pour montrer à ses habitants, et à tous ceux qui pourront le lire ou l’entendre raconter, quelle chose bénie c’est de se confier en lui. Ces derniers temps, j’ai vu, par la grâce de Dieu, de plus en plus combien je suis entièrement indigne d’être employé par Dieu à ce service glorieux et honorable, et je ne puis que dire : « Seigneur, voici ton serviteur, s’il te plaît d’employer quelqu’un tel que moi. »

30 déc. 1845. Ce matin, dans le cours de ma lecture, je suis arrivé au commencement du livre d’Esdras. J’ai été particulièrement réconforté par les deux points suivants, contenus dans le premier chapitre, en les appliquant à la construction de la maison des orphelins : 1. Cyrus, un roi idolâtre, fut employé par Dieu pour fournir les moyens de bâtir le temple de Jérusalem : combien il est donc facile à Dieu de fournir dix mille livres pour la maison des orphelins, ou même vingt ou trente mille livres, s’il le faut. 2. Le peuple fut poussé par Dieu à aider ceux qui montaient à Jérusalem. Ainsi c’est peu de chose pour lui de mettre au cœur de ses enfants de m’aider, puisque je désire bâtir cette maison de miséricorde à son nom. J’ai fait cette méditation avant le déjeuner. Après la prière en famille, le matin, j’ai eu de nouveau mon temps habituel de prière au sujet de la construction, et cette fois elle était particulièrement jointe à des actions de grâces pour les cinquante livres reçues hier soir, et à des supplications pour que le donateur soit béni. J’attendais maintenant davantage, comme je le fais jour après jour, lorsque cet après-midi j’ai reçu d’une personne de Clevedon deux shillings six pence, de son petit-fils six pence, et de la sœur dans le Seigneur qui apportait l’argent la monnaie qu’elle ne désirait pas qu’on lui rende, soit encore six pence. Ces dons, quoique petits, me sont néanmoins très précieux, car je les reçois comme de nouvelles preuves, venues des mains de Dieu, qu’il mènera très assurément cette chose à son accomplissement. Ce soir, j’ai reçu mille livres pour le fonds de construction. Lorsque j’ai reçu ce don, j’étais aussi calme, oui, aussi parfaitement calme que si j’avais reçu un seul penny, parce que, par la grâce de Dieu, j’ai foi en lui ; c’est pourquoi j’attends des réponses à mes prières, et je suis sûr que Dieu donnera jusqu’au dernier shilling ce qui est nécessaire.

2 janvier 1846. Ce soir, j’ai reçu de Bideford onze shillings pour le fonds de construction.

3 janv. Un des orphelins a donné six pence.

6 janv. Reçu un petit sac fait de graines exotiques, et une fleur en coquillages, pour être vendus au profit du fonds de construction. La sœur qui a envoyé ces objets m’a écrit qu’au moment même où elle avait appris mon intention de bâtir une maison des orphelins, ce texte s’était présenté à son esprit : « Qui es-tu, grande montagne, devant Zorobabel? Tu seras aplanie. » (Zacharie 4:7). Un des orphelins a aussi envoyé quatre pence.

Ayant demandé au Seigneur d’aller devant moi, je suis sorti aujourd’hui pour chercher un terrain. On m’avait plusieurs fois indiqué comme un endroit convenable l’arsenal qui doit être vendu. Je ne le pensais pas, mais je pensais devoir au moins le voir. L’ayant vu et ayant été confirmé dans mon jugement sur sa mauvaise convenance, j’ai demandé au Seigneur si je devais me diriger vers la ville ou vers Stapleton. Je me suis senti conduit à aller vers la ville, et j’ai vu, aussitôt après, quelques champs près de l’arsenal. M’étant informé de leur propriétaire, j’ai été amené à lui écrire ce soir pour lui demander s’il est disposé à les vendre, etc. J’attends maintenant tranquillement le bon plaisir du Seigneur. Si son temps est venu de répondre à nos requêtes au sujet d’un terrain convenable, j’en serai heureux ; s’il n’est pas encore venu, je désire que « la patience accomplisse parfaitement son œuvre », afin que je sois parfait et accompli, sans faillir en rien.

8 janv. Ce soir, j’ai reçu une réponse à ma lettre. Le propriétaire de ces champs écrit que, s’il les vendait, ce ne serait que comme terrain à bâtir, et qu’ils seront donc trop chers.

9 janv. Je suis allé ce matin voir encore une fois ces champs, qui semblent très convenables. J’y ai rencontré M. L., agent foncier, qui m’a dit qu’ils coûteraient près de mille livres l’acre, et seraient donc trop chers. J’ai prié M. L. de m’informer s’il entendait parler de quelque terrain convenable à vendre.

31 janv. Voilà maintenant quatre-vingt-neuf jours que je m’attends chaque jour à Dieu au sujet de la construction d’une maison des orphelins. Le moment me semble maintenant proche où le Seigneur nous donnera un terrain, et je l’ai dit ce soir aux frères et aux sœurs, après notre réunion de prière habituelle du samedi soir à la maison des orphelins.

1er févr. Une pauvre veuve a envoyé aujourd’hui dix shillings.

2 févr. Aujourd’hui j’ai entendu parler d’un terrain convenable et bon marché à Ashley Down.

3 févr. Vu le terrain. C’est le plus souhaitable de tous ceux que j’ai vus. On a mis anonymement dans un tronc des orphelins, chez moi, un souverain enveloppé dans un morceau de papier sur lequel était écrit : « La nouvelle maison des orphelins. »

4 févr. Ce soir, je suis passé chez le propriétaire du terrain d’Ashley Down dont j’avais entendu parler le 2, mais il n’était pas chez lui. Comme on m’avait cependant informé que je le trouverais à son bureau, j’y suis allé, mais je ne l’y ai pas trouvé non plus, car il venait tout juste de partir. J’aurais pu repasser plus tard à son domicile, un des domestiques m’ayant informé qu’il serait sûrement chez lui vers huit heures ; mais je ne l’ai pas fait, jugeant que c’était la main de Dieu qui avait voulu que je ne le trouve ni à l’un ni à l’autre endroit ; et j’ai donc jugé préférable de ne pas forcer les choses, car « il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre ».

5 févr. J’ai vu ce matin le propriétaire du terrain. Il m’a dit qu’il s’était réveillé à trois heures ce matin et n’avait pu se rendormir avant cinq heures. Pendant qu’il était ainsi éveillé, son esprit n’avait cessé d’être occupé du terrain au sujet duquel on lui avait fait, à ma demande, une démarche pour la construction d’une maison des orphelins ; et il avait résolu en lui-même que, si je le lui demandais, non seulement il me le céderait, mais pour cent vingt livres l’acre, au lieu de deux cents livres, prix qu’il en avait demandé auparavant. Que le Seigneur est bon ! L’accord a été conclu ce matin, et j’ai acheté un champ de près de sept acres, à cent vingt livres l’acre.

Remarquez la main de Dieu dans le fait que je n’aie pas trouvé le propriétaire chez lui hier soir ! Le Seigneur voulait parler d’abord à son serviteur à ce sujet, pendant une nuit d’insomnie, et l’amener à se décider pleinement avant que je l’eusse vu.

8 févr. J’ai écrit avant-hier à l’architecte qui m’a offert son aide gratuitement.

11 févr. Reçu d’une sœur dans le Seigneur cinq livres. Reçu aussi de l’architecte la réponse suivante à ma lettre :—

Cher Monsieur,

Ce me sera une satisfaction, plus grande que je ne puis l’exprimer par lettre, de vous prêter main-forte dans l’œuvre d’amour où vous êtes engagé, et j’estimerai comme un très grand privilège qu’il me soit permis d’exercer mes talents d’architecte et de géomètre dans l’érection du bâtiment que vous vous proposez d’élever pour les orphelins. Je pense vraiment ce que je dis et, si tout va bien, avec la bénédiction de Dieu, je vous fournirai gratuitement les plans, élévations et coupes, avec le devis descriptif des travaux, afin que le coût puisse en être exactement évalué. Je vous établirai aussi un devis et surveillerai les travaux pour vous gratuitement, etc.

La somme totale donnée pour le fonds de construction jusqu’au 4 juin 1846 est de deux mille sept cent dix livres trois shillings cinq pence et demi. Ce n’est qu’une petite partie de ce qui sera nécessaire ; mais, par la grâce de Dieu, je suis dans une paix parfaite, pleinement assuré que Dieu, en son temps, enverra toute la somme requise. Nombreux et grands ont déjà été les exercices de foi et de patience depuis que j’ai commencé à me donner à la prière au sujet de cette œuvre, et ils pourront être plus grands encore avant qu’elle soit accomplie ; mais Dieu, dans les richesses de sa grâce, m’aidera à les traverser tous. Il y a maintenant (4 juin 1846) deux cent douze jours que j’ai commencé à prier au sujet de cette œuvre, et jour après jour, depuis lors, j’ai été rendu capable de continuer à m’attendre à Dieu, et je suis plus assuré que jamais que, malgré toute mon extrême indignité, Dieu daignera m’employer à bâtir cette maison. S’il s’était agi de l’excitation du moment, les difficultés qui sont déjà venues sur moi à propos de cette œuvre (et qui ne sont pas rapportées ici parce qu’elles occuperaient trop de place) m’auraient accablé ; mais comme Dieu lui-même, je l’espère, m’a conduit à cette œuvre, ainsi il m’a aidé, il m’aide, et je ne doute pas qu’il m’aidera jusqu’à la fin.

La maison doit être construite de manière à loger cent quarante filles orphelines de plus de sept ans, quatre-vingts garçons orphelins de plus de sept ans, et quatre-vingts orphelins des deux sexes depuis leur plus jeune âge jusqu’à sept ans, avec tous les surveillants, maîtres, etc., qui pourront être nécessaires. Les petits, une fois passé l’âge de sept ans, seront transférés dans les différentes sections des garçons et des filles plus âgés.

Avant de quitter cette période, il peut être à propos de revenir sur les points divers suivants, concernant l’Institution pour la connaissance des Écritures, dans le pays et à l’étranger, pour la période du 14 juillet 1844 au 26 mai 1846.

1. Pendant toute cette période, quatre écoles de jour, comptant 278 enfants, furent entièrement entretenues par les fonds de l’Institution. Trois autres écoles de jour furent en outre aidées. Le nombre des enfants instruits dans les écoles de jour entièrement entretenues par les fonds de l’Institution, du 5 mars 1834 au 26 mai 1846, s’élève à 3 983. Pendant la période du 14 juillet 1844 au 26 mai 1846, £628, 19s. 4¾d. furent dépensées pour l’ensemble des écoles entièrement ou partiellement entretenues par les fonds de l’Institution pour la connaissance des Écritures. De plus, pendant cette période, furent aussi entièrement entretenues une école du dimanche de 80 enfants et une école d’adultes fréquentée par 60 personnes. Le nombre total des élèves adultes qui reçurent l’instruction, depuis la fondation de cette Institution jusqu’au 26 mai 1846, est de 1 146.

2. Pendant cette période furent diffusées 269 Bibles et 171 Nouveaux Testaments ; et 5 079 Bibles et 3 528 Nouveaux Testaments furent diffusés depuis le commencement de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1846. Du 14 juillet 1844 au 26 mai 1846, £40, 7s. 10d. des fonds de l’Institution furent consacrées à cet objet.

3. Du 14 juillet 1844 au 26 mai 1846, fut employée pour les missions à l’étranger et dans le pays la somme de £595, 7s. 9d. À aucune période antérieure on n’avait dépensé autant des fonds de cette Institution pour l’œuvre missionnaire ; cela venait de ce que, plus je correspondais avec des frères qui travaillaient à la prédication et à l’enseignement dans les pays étrangers, plus je voyais combien ils avaient besoin d’assistance ; et ainsi, mon cœur ayant été porté à prier Dieu en leur faveur, afin qu’il lui plût de m’envoyer des moyens de les assister, il lui plut de le faire. Cela m’amena à me proposer, selon que Dieu m’en donnerait la grâce, de penser encore davantage à eux à l’avenir, et de chercher à pouvoir les assister plus encore. Il en fut de même à l’égard des frères qui travaillent en Angleterre sans salaire ni traitement, mais qui se confient dans le Dieu vivant pour pourvoir à leurs besoins quotidiens ; je désirais ardemment aider ces frères, et je ne doutais pas que Dieu m’en rendrait capable.

4. Pour la diffusion des traités, du 14 juillet 1844 au 26 mai 1846, fut employée la somme de £56, 6s. 9½d., avec laquelle on acheta 52 003 de ces petites publications, qui, avec les 5 315 en réserve au 14 juillet 1844, font 57 318, dont 40 565 furent diffusées. Le nombre total diffusé du 19 nov. 1840 au 26 mai 1846 s’élève à 99 647.

5. Du 14 juillet 1844 au 26 mai 1846, 30 orphelins furent reçus dans les quatre maisons des orphelins, ce qui, avec ceux qui se trouvaient dans les quatre maisons au 14 juillet 1844, fait 151 en tout.

Au 26 mai 1846, il y avait 121 orphelins dans les quatre maisons. En outre, six apprentis étaient encore entretenus par les fonds de l’Institution, de sorte que le nombre total était de 127. Le nombre des orphelins qui furent à notre charge d’avril 1836 au 26 mai 1846 s’élève à 213.

Je relève encore les points suivants concernant les maisons des orphelins.

1. Sans que j’aie personnellement sollicité qui que ce soit pour quoi que ce soit, la somme de £13,275, 6s. 9¾d. me fut donnée en réponse à la prière adressée à Dieu, depuis le commencement de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1846. Cette somme comprend les £2,710, 3s. 5½d. qui, jusqu’au 4 juin 1846, furent données pour le fonds de construction. (Le lecteur aimera peut-être savoir que le montant total donné en contributions libres pour les autres objets, depuis le commencement de l’œuvre jusqu’au 26 mai 1846, s’élève à £4,833, 18s. 10¾d. ; et que ce qui est entré par la vente de Bibles et de traités, et par les paiements des enfants des écoles de jour, s’élève à £2,097, 18s. 2½d.) 2. En outre, une grande variété et un grand nombre d’articles d’habillement, de mobilier, de provisions, etc., furent donnés pour les orphelins, comme on l’a indiqué dans les rapports imprimés. La dépense totale pour les orphelins, du 14 juillet 1844 au 26 mai 1846, fut de £2,732, 14s. 1½d., et pour les autres objets de £1,325, 7s. 7¼d.

Pour conclure, je ne puis m’empêcher de mentionner, à la louange du Seigneur, au sujet de cette période, que quatre des enfants de l’école du dimanche furent admis à la communion. De même, trois autres orphelins furent reçus dans la communion de l’église ; de sorte que jusqu’alors trente-deux des orphelins en tout y avaient été admis. Je mentionne aussi avec une joie particulière, et comme un sujet de reconnaissance, que parmi ceux qui furent placés en apprentissage ou en service du 14 juillet 1844 au 26 mai 1846, dix étaient croyants, la plupart d’entre eux étant depuis plusieurs années dans la communion avant d’entrer en service. Mais tout en désirant recevoir ces exemples comme de précieux encouragements du Seigneur à poursuivre notre service, nous ne pouvons que croire, à en juger par les nombreuses prières que le Seigneur nous donne pour les enfants et les adultes confiés à nos soins et à notre enseignement, que ce que nous voyons n’est qu’un gage d’une moisson bien plus grande au jour de l’apparition de Christ.

31 déc. 1844. Depuis que le frère Craik et moi sommes venus à Bristol, 982 croyants ont été reçus dans la communion. Pendant cette année, 73 l’ont été.

Il a plu au Seigneur de me donner pendant cette année £267, 6s. 9d. Il faut y ajouter que, pendant les deux premiers mois et six jours de cette année, mes dépenses et celles de ma chère femme, durant notre séjour en Allemagne, furent couvertes, ainsi que nos frais de voyage pour le retour, comme je l’ai rapporté dans une autre partie de mon récit. De plus, pendant toute cette année, une dame chrétienne donna à notre chère enfant la pension et l’instruction sans aucune rétribution, présent qui ne valait pas moins pour nous de cinquante livres. Je ne puis m’empêcher de faire à ce sujet quelques remarques. J’avais clairement vu que la volonté de Dieu était que ma fille fût élevée en pension, et non à la maison. Mes raisons étaient celles-ci : 1. Ma chère femme, bien que très capable d’instruire notre fille quant aux connaissances, ne pouvait, étant occupée en sa qualité d’épouse à toutes sortes de choses liées au service du Seigneur, se donner sans interruption à cette tâche ; et la faire à moitié nous parut préjudiciable à notre fille. 2. J’avais vu des cas où l’éducation à la maison d’un enfant unique avait très mal tourné. 3. Je jugeais que la fréquentation d’autres enfants serait salutaire à notre fille, pourvu que ces rapports fussent convenablement surveillés ; car ainsi un enfant est introduit dès son jeune âge dans un petit monde, et les choses ne fondent pas toutes à la fois sur une jeune personne lorsqu’elle est enfin obligée de quitter le toit paternel. 4. Mais ce qui me conduisit plus que tout à cette décision, c’est que, comme dans l’Église de Christ le Seigneur a qualifié les membres du corps pour l’accomplissement de certaines tâches, et que tous n’ont pas le même don ni le même service, de même certains croyants sont appelés et qualifiés plus que d’autres pour instruire les enfants, et se donnent à ce service particulier ; et que, par conséquent, je devais tirer parti de leurs aptitudes et du fait qu’ils ont consacré tout leur temps à ce service particulier. Ces raisons nous amenèrent à mettre notre fille en pension au lieu de l’élever à la maison, et nous n’avons jamais eu lieu de regretter cette démarche ; au contraire, nous avons eu d’abondants sujets d’en louer Dieu. J’ai fait ces remarques à dessein, car je sais bien que certains croyants ont sur ce sujet des vues différentes, et je désire les servir de la mesure de lumière et d’expérience que j’ai reçue.

Lorsque notre fille eut passé six mois en pension, je demandai la note ; la dame chrétienne dans l’établissement de qui elle se trouvait me répondit qu’elle avait plaisir à l’instruire gratuitement. Cependant, comme j’insistais, j’obtins la note. Elle fut payée, mais la somme exacte me fut renvoyée anonymement ; je découvris aussitôt, naturellement, qu’elle venait de la sœur chrétienne dont ma fille fréquentait l’école. Dès lors, je ne pus jamais plus obtenir la note, bien que ma chère enfant soit restée environ six ans de plus à l’école. Je rapporte ce point pour cette raison particulière : Dieu m’avait mis à cœur de prendre soin des pauvres orphelins démunis. J’avais été amené à me donner à ce service ; lui, en retour, comme récompense dès cette vie, veilla à ce que ma propre enfant bien-aimée reçût une très bonne éducation, sans qu’il m’en coûtât rien. J’étais capable, et bien capable, de payer son éducation, et tout disposé à le faire ; mais le Seigneur la donna gratuitement, montrant aussi par là combien il est prêt à m’aider abondamment et à pourvoir à mes besoins.

Ayant appris que les frères d’Allemagne étaient égarés par de faux docteurs, et ayant reçu, en réponse à la prière, cinq cents livres pour les frais de son voyage là-bas, M. M. quitta Bristol le 19 juillet 1845 et, après avoir travaillé en Allemagne à la prédication et à l’enseignement, revint à Bristol le 11 oct. 1845.

Le lecteur demandera peut-être : Quel a été le résultat de ce travail en Allemagne ? Je réponds : Dieu seul le sait. Le jour de Christ le fera connaître. À en juger par le travail constant de la prière durant les huit mois qui précédèrent mon second voyage, et jour après jour tandis que j’étais sur le continent, et jour après jour pendant longtemps après mon retour, je suis fondé à attendre du fruit, et j’en attends. J’attends un fruit abondant au jour de l’apparition de Christ. En attendant, ma consolation est que deux cent vingt mille traités ont été diffusés, dont beaucoup, par la providence de Dieu, ont pénétré non seulement dans les lieux les plus ténébreux du continent européen, mais sont allés aussi en Amérique et en Australie. De plus, quatre mille exemplaires de mon récit, en allemand, sont presque tous diffusés. Et encore, la publication de mon récit en allemand m’amena à faire de même en français, ce qui fut accompli environ trois ans plus tard. De plus, ces traités ont été réimprimés à Hambourg et à Cologne, et sont diffusés par d’autres chrétiens ; en outre, le fait de les avoir publiés en Allemagne m’amena à les faire stéréotyper en Angleterre, et ils continuent d’être diffusés dans bien des pays.

31 décembre 1845. Ont été reçus dans la communion 53 croyants pendant cette année, et 1 055 depuis le début de notre arrivée à Bristol.

Pendant cette année, il a plu au Seigneur de me donner £433, 19s. 1¾d. Il faut y ajouter que ma chère enfant a de nouveau reçu, pendant toute cette année, son éducation gratuite dans un pensionnat, comme je l’ai rapporté à la fin de l’année précédente, ce qui m’a épargné environ cinquante livres. De plus, mes frais de voyage pour aller en Allemagne et en revenir, ainsi que les autres dépenses liées à mon service en Allemagne, ont été payés sur les £500 dont il a été question. En ajoutant ces deux éléments aux £433, j’ai eu au moins £500.

29 avril 1846. Aujourd’hui, ma femme bien-aimée et moi avons eu la joie inexprimablement grande de recevoir une lettre de notre fille bien-aimée, alors que nous séjournons à Chippenham pour le service du Seigneur ; elle nous écrit qu’elle a maintenant trouvé la paix dans le Seigneur Jésus. Ainsi nos prières se changent en louanges. Environ dix-huit mois auparavant, j’avais commencé à prier particulièrement pour la conversion de ma chère enfant, et le Seigneur semble avoir commencé peu après à travailler dans son cœur.


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