Une vie de confiance
La délivrance

Chapitre 13 · 27 min de lecture · 35 min d’écoute

La délivrance

1838.

« DANS LA DÉTRESSE, MAIS NON DANS LE DÉSESPOIR »—LA FOI JUSTIFIÉE—UNE LEÇON D’OBÉISSANCE—DES DONS ABONDANTS—UNE MOISSON SPIRITUELLE—UN JOUR DE GRÂCES—UN SECOURS OPPORTUN—UNE SAISON D’ABONDANCE—L’OBÉISSANCE RÉCOMPENSÉE.

16 sept. 1838. Jour du Seigneur, après-midi. Nous nous sommes de nouveau réunis pour prier au sujet des ressources pour les orphelins. Nous sommes en paix, et notre espérance est en Dieu : nous comptons qu’il interviendra dans sa grâce, bien qu’il ne soit entré qu’un shilling depuis hier soir.

17 sept. L’épreuve continue toujours. Elle devient de plus en plus éprouvante, même pour la foi, à mesure que les jours passent. Mais je suis sûr que Dieu enverra du secours, si seulement nous savons attendre. L’un des ouvriers avait reçu un peu d’argent, dont il a donné douze shillings six pence ; une autre ouvrière a donné onze shillings huit pence, tout l’argent qui lui restait : cette somme, avec dix-sept shillings six pence, en partie entrés, en partie déjà en caisse, nous a permis de payer ce qui devait l’être et d’acheter des provisions, de sorte que rien encore, en aucune façon, n’a manqué. Ce soir, j’ai été quelque peu éprouvé par le long retard de sommes plus importantes ; mais, conduit à chercher du réconfort dans les Écritures, j’ai senti mon âme grandement rafraîchie, et ma foi de nouveau fortifiée, par le psaume 34, si bien que je suis allé tout joyeux retrouver mes chers compagnons d’œuvre pour prier. Je leur ai lu le psaume, et j’ai cherché à réjouir leurs cœurs par les précieuses promesses qu’il contient.

18 sept. Le frère T. avait vingt-cinq shillings en caisse, et moi trois shillings. Cette livre huit shillings nous a permis d’acheter la viande et le pain nécessaires, un peu de thé pour l’une des maisons, et du lait pour toutes : il n’en faut pas davantage. Ainsi le Seigneur a pourvu non seulement à ce jour, mais il y a du pain d’avance pour deux jours. Maintenant, cependant, nous voici à l’extrémité. Les fonds sont épuisés. Les ouvriers qui avaient un peu d’argent ont donné tant qu’il leur en restait. Voyez maintenant comment le Seigneur nous a secourus ! Une dame des environs de Londres, qui apportait un paquet contenant de l’argent de la part de sa fille, était arrivée à Bristol il y a quatre ou cinq jours, et avait pris un logement dans la maison voisine de celle des garçons. Cet après-midi, elle m’a elle-même aimablement apporté l’argent, qui se montait à trois livres deux shillings et six pence. Nous en étions réduits au point de devoir vendre les objets dont on pouvait se passer ; mais ce matin j’avais demandé au Seigneur, si possible, de nous épargner cette nécessité. Que l’argent soit resté plusieurs jours si près des maisons des orphelins sans être donné, c’est une preuve évidente qu’il était dès le commencement dans le cœur de Dieu de nous secourir ; mais, parce qu’il prend plaisir aux prières de ses enfants, il nous avait laissés prier si longtemps ; il voulait aussi éprouver notre foi, et rendre la réponse d’autant plus douce. C’est vraiment une précieuse délivrance. J’ai éclaté en louanges et en actions de grâces dès le premier instant où je me suis trouvé seul après avoir reçu l’argent. J’ai retrouvé ce soir mes compagnons d’œuvre pour la prière et la louange ; leurs cœurs n’ont pas été peu réjouis. Cet argent a été partagé ce soir, et il pourvoira largement à tout ce qui sera nécessaire demain.

20 sept. Matin. Le Seigneur a de nouveau eu la bonté d’envoyer un peu. Hier soir, on m’a donné un shilling et six pence, et ce matin une livre trois shillings. Soir. Ce soir, le Seigneur a envoyé de nouvelles ressources ; huit livres onze shillings et deux pence et demi sont entrés, nouvelle preuve que le Seigneur ne nous oublie pas. Il y avait dans le tronc de la maison des orphelines une livre un shilling, et dans celui de la maison des garçons une livre sept shillings et deux pence et demi. L’une des ouvrières, conformément à la promesse qu’elle avait faite il y a aujourd’hui huit jours, a donné six livres trois shillings. Il y a environ dix-huit mois, elle avait jugé bon de ne plus garder d’argent pour elle-même à la caisse d’épargne ; elle avait donc, dans son cœur, donné aux maisons des orphelins l’argent qu’elle y avait, avec l’intention de le retirer en un temps de besoin. Il y a quelque temps (m’a-t-elle dit ce soir), elle en avait retiré une partie pour acheter plusieurs articles utiles aux maisons des orphelins ; la somme était maintenant réduite à six livres. Lorsqu’elle a appris le besoin présent, elle est allée, il y a aujourd’hui huit jours, à la caisse d’épargne, et a fait savoir qu’elle désirait retirer son argent aujourd’hui.

22 sept. Hier comme aujourd’hui, nous nous sommes de nouveau réunis pour la prière et la louange. Nous ne sommes pas dans un besoin immédiat, mais le 29, dix-neuf livres dix shillings seront dues pour le loyer des trois maisons des orphelins. Aujourd’hui il n’y avait que quatre shillings et sept pence en caisse pour les autres objets de l’institution, bien que ce fût le jour de paie de certains maîtres. Ma consolation était le Dieu vivant. Au cours de cette semaine, il m’avait secouru si souvent et d’une manière si remarquable, en ce qui concerne les maisons des orphelins, que c’eût été doublement coupable de ne pas me confier en lui pour être secouru dans cette nouvelle difficulté. Il n’est rien entré ce matin. Vers deux heures, heure habituelle de la paie des maîtres, on m’a donné un souverain, avec lequel je suis allé aussitôt chez le frère T., qui s’occupe de cette partie de l’œuvre, pour payer, au moins en partie, les traitements de la semaine. J’ai appris qu’il avait reçu un souverain dans la matinée. Grâce à ce souverain, joint à celui que j’avais reçu juste au moment où il le fallait, nous avons pu traverser cette journée.

25 sept. Hier et les jours précédents, nous avons continué à nous réunir pour prier. Dans quatre jours, le loyer des maisons des orphelins sera dû, et nous n’avons rien pour y faire face ; de plus, l’argent du ménage des trois maisons est de nouveau épuisé. Que le Seigneur ait compassion de nous, et continue de nous envoyer du secours ! Ce matin, on a trouvé neuf shillings et six pence dans le tronc de ma maison. Nous nous sommes encore réunis hier pour prier. Aujourd’hui je n’ai pas pu y aller, à cause d’une indisposition ; j’ai donc fait prier le frère T. de partager entre les trois directrices les dix-huit shillings et six pence (dont dix shillings étaient entrés hier soir, et huit shillings et six pence se trouvaient déjà en caisse).

29 sept. Samedi soir. Depuis plusieurs jours, on prie au sujet du loyer, qui est dû aujourd’hui. Je l’attendais, bien que je ne susse pas d’où viendrait un seul shilling. Ce matin, le frère T. est venu me voir, et, comme aucun argent n’était entré, nous avons prié ensemble, et nous avons persévéré dans la supplication de dix heures à midi moins le quart. Midi a sonné, heure à laquelle le loyer aurait dû être payé, mais aucun argent n’avait été envoyé. Depuis quelques jours, j’avais eu à plusieurs reprises le pressentiment que le Seigneur pourrait bien ne pas répondre à notre attente, afin de nous amener à mettre de côté chaque semaine, ou chaque jour, l’argent du loyer. C’est le second, et seulement le second, échec complet quant aux réponses à la prière dans l’œuvre, au cours des quatre ans et six mois écoulés. Le premier concernait le loyer semestriel des salles d’école de Castle-Green, échu le 1er juillet 1837, qui à cette date n’était rentré qu’en partie. Je suis maintenant pleinement convaincu que le loyer doit être mis de côté chaque jour ou chaque semaine, selon que Dieu nous fait prospérer, afin que l’œuvre, même sur ce point, soit un témoignage. Que le Seigneur nous aide donc à agir en conséquence, et qu’il veuille maintenant, dans sa miséricorde, envoyer les ressources pour payer le loyer !

2 oct. Mardi soir. Que le saint nom du Seigneur soit loué ! Il a agi envers nous avec la plus grande libéralité durant ces trois derniers jours ! Avant-hier, cinq livres sont entrées pour les orphelins. Oh ! que le Seigneur est bon ! Toujours, avant que le besoin ne devienne réel, il a envoyé du secours. Hier est entrée une livre dix shillings de plus. Ainsi les dépenses du ménage d’hier ont été couvertes. Le Seigneur m’a aussi aidé à payer hier les dix-neuf livres dix shillings du loyer. Voici comment les ressources ont été obtenues : l’un des ouvriers avait reçu de sa famille dix livres, plus cinq livres d’une sœur dans le Seigneur, ainsi qu’un peu d’autre argent. Il en a donné seize livres, qui, avec les trois livres dix shillings restant des cinq livres mentionnées plus haut, ont fait dix-neuf livres dix shillings, la somme nécessaire. Aujourd’hui, nous étions de nouveau très à court. Il n’y avait pas d’argent en caisse pour prendre le pain, comme d’habitude, pour la maison des garçons et celle des tout-petits. Mais de nouveau le Seigneur nous a secourus. Une sœur arrivée cet après-midi de Swansea a apporté une livre sept shillings, et l’un des ouvriers a vendu un objet, ce qui lui a permis de donner une livre treize shillings. Nous avions ainsi trois livres,—une livre pour chaque maison,—et nous avons pu acheter du pain avant la fin du jour. Jusqu’ici rien ne nous a manqué !

9 oct. Aujourd’hui, nous avons été plus à court que jamais. Les provisions n’auraient duré que la journée, et l’argent du lait, dans l’une des maisons, n’a pu être réuni que parce que l’un des ouvriers a vendu un de ses volumes. La directrice de la maison des garçons n’avait plus ce matin que deux shillings. Comme elle se demandait s’il fallait acheter du pain avec, ou plutôt de la viande, pour compléter le dîner avec la viande qu’elle avait à la maison, le boulanger est passé et a laissé en cadeau trois pains de quatre livres. Dans ce grand besoin, un peu d’argent ayant été donné à l’un des ouvriers, il en a remis deux livres, grâce auxquelles nous avons pu acheter de la viande, du pain et d’autres provisions.

10 oct. Il n’y a plus de charbon à la maison des tout-petits, et presque plus dans les deux autres maisons. De plus, les tonneaux de mélasse des trois maisons sont presque vides. C’est pourquoi nous avons demandé au Seigneur de nouvelles ressources.

11 oct. Le « père des orphelins » a de nouveau montré le soin qu’il prend de nous. Une orpheline du Devonshire est arrivée hier soir. On a envoyé avec elle deux livres cinq shillings et six pence. La sœur qui l’a amenée a donné aussi une théière, un sucrier et un pot à crème en argent, pesant quarante-huit onces, car elle avait trouvé en Christ les vraies richesses. Il y avait aussi neuf shillings dans les troncs. L’un des ouvriers a payé une tonne de charbon. Nous avons tiré seize livres seize shillings des objets en argent. Ainsi avons-nous été secourus pour les lourdes dépenses des jours suivants.

12 oct. Aujourd’hui, sept frères et sœurs ont été reçus parmi nous dans la communion, et huit ont été proposés. Que le Seigneur envoie des collaborateurs pour l’œuvre !

15 oct. Je savais qu’il faudrait ce matin de l’argent pour bien des choses dans les maisons des orphelins, et mon cœur s’élevait donc vers le Seigneur. Juste au moment où j’allais retrouver mes compagnons d’œuvre pour la prière, j’ai reçu de Trowbridge quatre livres. Il était aussi entré, aux maisons des orphelins, sept shillings et trois pence. L’un des ouvriers y a ajouté une livre. J’ai pu ainsi pourvoir abondamment à tout ce qui manquait, et payer un tonneau de mélasse et une tonne de charbon. Mais nous voici de nouveau rejetés sur l’amour de notre Seigneur pour de nouvelles ressources, car il n’y a plus rien en caisse, et les ouvriers n’ont plus rien à eux à donner.

16 oct. De bon matin, je regardais au Seigneur pour obtenir du secours, quand, presque aussitôt après, le frère T. est venu m’apporter deux cuillers à soupe et six cuillers à café en argent, déposées anonymement, hier après-midi, à la maison des orphelines. Cet après-midi, j’ai reçu douze livres du Staffordshire.

22 oct. Aujourd’hui, nos fonds étaient de nouveau très bas. À la maison des tout-petits, il ne restait que deux pence, et fort peu dans les deux autres maisons. Mais le Seigneur a encore manifestement exaucé la prière, en envoyant quatre livres trois shillings et un penny.

27 oct. Grâces soient rendues à notre adorable Seigneur ! Aujourd’hui encore, nous n’avons pas été confondus ; car il y avait six shillings dans le tronc de la maison des tout-petits, et six shillings sont entrés pour des objets qu’on avait donnés à vendre. L’un des ouvriers y a ajouté dix-huit shillings. Grâce à cette livre dix shillings, nous avons pu faire face à toutes les demandes pressantes, et nous procurer des provisions pour aujourd’hui et demain.

29 oct. Lundi. Le Seigneur nous a encore donné aujourd’hui notre pain quotidien, bien que le matin il n’y eût pas la moindre perspective naturelle d’obtenir des ressources.

30 oct. Ce jour a été de nouveau un jour de grâces particulières quant aux fonds. Pendant que je priais à leur sujet, un frère a apporté deux yards un quart de drap. Il l’avait acheté pour lui-même ; mais ensuite, considérant qu’il avait assez de vêtements, il l’a donné pour qu’on le vende au profit des orphelins. Ce soir, une sœur m’a donné vingt livres, dont dix pour les orphelins et dix pour les autres objets.

7 nov. Les fonds sont de nouveau complètement épuisés.

10 nov. Samedi. Tout paraissait sombre, à en juger par les apparences naturelles, au commencement de ce jour. Mais le Seigneur nous a secourus, et nous a permis de faire face à toutes les demandes. Nous sommes arrivés à la fin d’une semaine de plus, ayant pu pourvoir aux besoins de quatre-vingt-dix-sept personnes dans les maisons des orphelins, sans rien devoir.

13 nov. Ce matin, notre besoin était de nouveau grand. J’ai en main vingt livres mises de côté pour le loyer, mais, pour l’honneur du Seigneur, je n’ai pas voulu y toucher. Rien n’était entré, et les ouvriers n’avaient presque rien à donner. Je suis allé néanmoins aux maisons des orphelins pour prier avec mes compagnons d’œuvre, pour les consoler s’il se pouvait, et pour voir ce qu’on pouvait faire. En arrivant, j’ai appris que dix-neuf shillings et six pence étaient entrés ce matin. Renseignement pris, il ne fallait plus que deux shillings et six pence pour passer la journée. L’un des ouvriers a pu les ajouter de son propre argent. Ainsi le Seigneur nous a encore tirés de notre difficulté. L’un des ouvriers a donné quelques objets dont il pouvait se passer, et un autre une boîte à ouvrage, pour qu’on les vende au profit des orphelins. Avant la fin de ce jour, le Seigneur a envoyé une livre deux shillings et quatre pence de plus, de sorte que nous avons aussi un peu pour demain.

20 nov. Aujourd’hui, notre besoin était extrêmement grand, mais le secours du Seigneur l’a été aussi. Je suis allé retrouver les frères et les sœurs comme d’habitude. J’ai appris qu’il faudrait une livre pour subvenir aux besoins du jour, mais que trois shillings seulement étaient entrés. Juste au moment où nous allions prier, l’un des ouvriers est arrivé, et, après la prière, il a donné dix shillings. Pendant que nous priions, un autre ouvrier est entré, qui avait reçu une livre. Nous avions ainsi une livre treize shillings,—plus, donc, que ce qui était strictement nécessaire.

21 nov. Jamais nos fonds n’avaient été aussi bas qu’aujourd’hui. Il n’y avait pas un seul demi-penny en caisse chez les directrices des trois maisons. Néanmoins, il y avait un bon dîner, et, en s’arrangeant pour s’aider mutuellement avec le pain, etc., on avait l’espoir de passer encore cette journée ; mais pour aucune des maisons nous n’avions la perspective de pouvoir prendre du pain. Quand j’ai quitté les frères et les sœurs à une heure, après la prière, je leur ai dit qu’il nous fallait attendre du secours, et voir comment le Seigneur nous délivrerait cette fois. J’étais sûr du secours, mais nous étions vraiment à l’étroit. Arrivé à Kingsdown, j’ai senti que j’avais besoin de plus d’exercice, ayant très froid ; c’est pourquoi je ne suis pas rentré par le plus court chemin, mais en faisant le tour par Clarence-place. À une vingtaine de yards de ma maison, j’ai rencontré un frère, qui a rebroussé chemin avec moi, et, après un petit entretien, m’a donné dix livres à remettre aux frères diacres, pour procurer aux pauvres saints du charbon, des couvertures et des vêtements chauds ; et aussi cinq livres pour les orphelins, et cinq livres pour les autres objets de l’Institution pour la connaissance des Écritures. Le frère était passé deux fois chez moi pendant que j’étais aux maisons des orphelins, et si j’étais arrivé une demi-minute plus tard, je l’aurais manqué. Mais le Seigneur connaissait notre besoin, et c’est pourquoi il m’a permis de le rencontrer.

24 nov. Ce jour a été, lui aussi, très remarquable. Nous avions ce matin aussi peu en main qu’à aucun autre moment, et pourtant il fallait plusieurs livres. Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, et dont la parole déclare si formellement qu’aucun de ceux qui se confient en lui ne sera confondu, nous a secourus aujourd’hui encore. Pendant que je priais au sujet des fonds, vers dix heures du matin, on m’a annoncé qu’un monsieur était venu me voir. Il venait m’informer qu’une dame avait commandé trois sacs de pommes de terre à envoyer aux maisons des orphelins. Jamais ils n’auraient pu venir plus à propos. Cela a été pour moi un encouragement à continuer d’attendre du secours. Quand je suis arrivé à la réunion de prière, vers midi, j’ai appris que deux shillings étaient entrés, ainsi qu’une livre pour une guitare qu’on avait donnée pour être vendue. Le paiement de cette guitare était attendu depuis bien des semaines. Nous avions dit à plusieurs reprises entre nous qu’il pourrait bien arriver juste au moment où nous en aurions le plus besoin ; et oh ! que c’était vrai ! Mais, avec tout cela, nous n’aurions pu mettre de côté les loyers de cette semaine, qui se montaient à trente shillings. L’un des ouvriers a donc donné sa montre au fonds des orphelins, à cette condition que, si le Seigneur ne nous permettait pas de combler ce déficit avant le 21 décembre, elle serait vendue, mais pas autrement, car il en a besoin pour le service du Seigneur. [Quelques jours plus tard, le Seigneur nous a donné les moyens de mettre de côté les trente shillings, et trente shillings de plus pour le loyer de la semaine suivante.] Ainsi le Seigneur nous a secourus pendant ce jour, et nous a du même coup amenés au terme d’une semaine de plus.

28 nov. C’est peut-être, de tous les jours, le plus remarquable jusqu’ici en ce qui concerne les fonds. Quand je priais ce matin à leur sujet, j’ai pu croire fermement que le Seigneur enverrait du secours, bien que tout parût sombre selon les apparences naturelles. À midi, je me suis réuni comme d’habitude avec les frères et les sœurs pour prier. Il n’était entré qu’un shilling, déposé anonymement hier soir à la maison des tout-petits, et qui, à deux pence près, avait déjà été dépensé à cause du grand besoin. J’ai appris aussi que quelqu’un avait nettoyé gratuitement la pendule de la maison des tout-petits, et avait offert d’entretenir les pendules des trois maisons. Ainsi le Seigneur donnait, même en cela, un petit encouragement, et une preuve qu’il pense encore à nous. Renseignement pris, j’ai constaté qu’il y avait tout le nécessaire pour le dîner dans les trois maisons ; mais ni à la maison des tout-petits ni à celle des garçons il n’y avait assez de pain pour le thé, ni d’argent pour acheter du lait. Jamais nous n’avions été plus bas, et peut-être jamais aussi bas. Nous nous sommes alors livrés ensemble à la prière, exposant simplement le cas devant le Seigneur. Pendant la prière, on a frappé à la porte, et l’une des sœurs est sortie. Après que les deux frères qui travaillent dans les maisons des orphelins et moi eûmes prié à haute voix, nous avons continué quelque temps à prier en silence. Quant à moi, j’élevais mon cœur vers le Seigneur pour qu’il nous ouvre une issue, et pour savoir s’il y avait autre chose que je puisse faire en bonne conscience, outre m’attendre à lui, afin que nous ayons de la nourriture pour les enfants. Enfin nous nous sommes relevés. J’ai dit : « Dieu enverra sûrement du secours. » Ces mots n’avaient pas encore tout à fait franchi mes lèvres que j’ai aperçu une lettre posée sur la table, qu’on avait apportée pendant que nous priions. Elle venait de ma femme, et contenait une autre lettre, d’un frère, avec dix livres pour les orphelins. Avant-hier soir, un frère m’avait demandé si le solde en caisse pour les orphelins serait cette fois-ci, à l’arrêté des comptes, aussi important que la dernière fois. J’avais répondu qu’il serait aussi important qu’il plairait au Seigneur. Le lendemain matin, ce frère a été poussé à se souvenir des orphelins, et à envoyer aujourd’hui dix livres, qui sont arrivées après mon départ de la maison, et qu’à cause de notre besoin on m’a fait suivre aussitôt. Le frère qui a envoyé les dix livres pour les orphelins a envoyé aussi dix livres à partager entre le frère Craik et moi, pour que nous nous achetions des vêtements neufs.

29 nov. Le Seigneur a grandement béni nos réunions de prière. Elles nous ont conduits à beaucoup prier pour les enfants des maisons des orphelins, des écoles de jour et de l’école du dimanche. Elles nous ont amenés à prier pour nous-mêmes, pour les maîtres des écoles de jour et pour les moniteurs de l’école du dimanche, afin que la grâce nous soit donnée de marcher devant les enfants et d’agir envers eux de telle sorte que le Seigneur soit glorifié par nous. Nous avons aussi souvent été conduits à intercéder pour les croyants avec qui nous sommes en communion, et pour l’Église tout entière. Nous avons spécialement demandé que notre œuvre amène l’Église en général à une confiance plus simple dans le Seigneur. Que ces réunions n’aient pas été vaines quant à l’obtention des fonds, on l’a déjà suffisamment vu par les nombreux exemples rapportés dans les pages qui précèdent. Aujourd’hui, cependant, nous en avons eu une nouvelle preuve particulière. À notre réunion, j’ai appris que dix shillings étaient entrés hier après-midi. De retour chez moi, j’ai trouvé une livre entrée, et peu après j’ai reçu une autre livre. Le soir, j’ai reçu cinquante livres, envoyées du Suffolk par une sœur qui avait souvent exprimé avec quelle joie elle contribuerait plus largement à l’œuvre qui est entre nos mains si elle en avait les moyens, et qui, justement maintenant, en ce temps de besoin, a obtenu les moyens de réaliser le désir de son cœur. Je me réjouis de ce dernier don tout particulièrement, non à cause de l’importance de la somme, mais parce qu’il me permet de payer à mes frères et sœurs des maisons des orphelins le traitement qui leur est dû.

6 déc. Cet après-midi, j’ai reçu cent livres d’une sœur,—cinquante pour les orphelins, et cinquante pour le fonds des écoles, des Bibles et des missions. Cette même sœur, qui gagne son pain de ses propres mains, avait donné, le 5 octobre 1837, cinquante livres pour la maison des garçons, et elle avait donné pour les besoins des pauvres saints, en août 1838, cent livres de plus ; car elle avait été rendue disposée à mettre en pratique ces précieuses exhortations : « Si nous avons la nourriture et le vêtement, cela nous suffira. » « Vendez ce que vous possédez, et donnez-le en aumônes. Faites-vous des bourses qui ne s’usent point, un trésor inépuisable dans les cieux, où le voleur n’approche point, et où la teigne ne détruit point. » « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. » Quant aux cinquante livres données sur cette somme pour le fonds des écoles, des Bibles et des missions, il est digne de remarque que nous n’avions pas voulu commander de Bibles à références avant d’en avoir les moyens. Nous avions prié à plusieurs reprises au sujet de ce manque de Bibles, et particulièrement encore ce matin. Il nous avait aussi été très à cœur aujourd’hui de demander au Seigneur de nous permettre de faire imprimer le Rapport, ce que nous ne pouvions faire s’il ne nous envoyait d’abord les moyens. Enfin, nous lui avions aussi demandé à plusieurs reprises de nous pourvoir si largement, si c’était sa volonté, qu’au moment des réunions publiques nous puissions de nouveau parler d’abondance. Car, bien que depuis quelques mois la date des réunions publiques eût été fixée sans aucun égard à l’état des fonds, on aurait néanmoins pu croire que nous avions convoqué les frères pour leur parler de notre pauvreté, et les amener ainsi à donner.

11, 12 et 13 déc. Les soirs de ces trois jours ont eu lieu des réunions publiques, où j’ai rendu compte des voies du Seigneur envers nous quant aux maisons des orphelins et aux autres objets de l’Institution pour la connaissance des Écritures. Comme l’œuvre, et particulièrement celle des maisons des orphelins, avait été commencée pour le bien de l’Église tout entière, il nous a paru bon d’exposer publiquement, de temps à autre, comment le Seigneur avait agi envers nous à son sujet ; et comme, le 9 déc., la troisième année depuis le commencement de l’œuvre des orphelins s’était achevée, ce moment nous a semblé convenable pour tenir ces réunions.

Je relève brièvement les détails suivants concernant les trois premiers objets de l’Institution pour la connaissance des Écritures. 1. Il y a actuellement—décembre 1838—une école du dimanche entretenue par elle, qui compte quatre cent soixante-trois enfants. Cette partie de l’œuvre appelle des actions de grâces particulières ; car, au cours de ces dix-huit derniers mois, le nombre des enfants a été presque trois fois plus élevé qu’auparavant. Cinq des élèves ont été convertis au cours des deux dernières années, et sont maintenant en communion avec l’Église ; trois d’entre eux sont moniteurs à l’école. 2. Il y a, en rapport avec l’Institution, une école d’adultes, où, depuis le commencement de l’œuvre, plus de cent vingt adultes ont été instruits, et où actuellement douze apprennent à lire. 3. Depuis sa fondation, l’Institution a entièrement entretenu plusieurs écoles de jour pour enfants pauvres, et, au cours des deux dernières années, six écoles de ce genre,—trois pour les garçons et trois pour les filles. Le nombre total des enfants qui ont été instruits dans les écoles de jour par le moyen de l’Institution, depuis sa formation, s’élève à 1 534 ; le nombre des élèves actuellement inscrits dans les six écoles de jour est de 342. 4. Au cours des deux dernières années, 1 884 exemplaires des Écritures ont été distribués en rapport avec l’Institution, et, depuis le commencement de l’œuvre, le 5 mars 1834, 5 078 exemplaires. 5. Pour les missions, on a dépensé £74, 18s. 4d. 6. Le total des recettes pour les trois premiers objets, au cours des deux dernières années, s’est élevé à £1,129, 13s. 1d. ; le total des dépenses, à £1,111, 13s. 7½d.

Il y a actuellement 86 orphelins dans les trois maisons, c.-à-d. 31 à la maison des orphelines, 31 à la maison des tout-petits et 24 à la maison des garçons. Le nombre total des orphelins qui ont été confiés à nos soins du 11 avril 1836 au 9 déc. 1838 s’élève à 110.

Le total des recettes pour les orphelins, du 9 déc. 1836 au 9 déc. 1838, s’est élevé à £1,341, 4s. 7d. ; le total des dépenses, à £1,664, 4s. 0¾d. Il y a deux ans, il y avait en caisse un solde de £373, 4s. 8¼d., et le solde est maintenant de £50, 5s. 3d.

16 déc. On a déposé anonymement dans le tronc de la chapelle Bethesda un papier contenant quatre livres dix shillings. Sur le papier était écrit : « Pour le loyer des maisons des orphelins, du 10 au 31 déc. 1838. “Sentez et voyez combien l’Éternel est bon! Heureux l’homme qui cherche en lui son refuge!” » Afin que le lecteur puisse saisir la valeur de ce don, je le prierais de relire ce que j’ai écrit à la date du « 29 sept. » de cette année. [La personne qui a donné ces quatre livres dix shillings pour le loyer des maisons des orphelins pendant les trois premières semaines qui ont suivi les réunions publiques, où la question du loyer avait été pleinement exposée pour l’instruction des frères, a continué pendant trois ans, jusqu’au 10 déc. 1841, à donner régulièrement, mais anonymement, une livre dix shillings par semaine dans le même but, ce qui était exactement la somme requise chaque semaine pour le loyer de ces trois maisons. Ainsi le Seigneur a récompensé notre fidélité à suivre la lumière qu’il nous avait donnée. Mais la principale bénédiction résultant de cette circonstance est à mes yeux celle-ci,—que plusieurs frères, qui gagnent leur pain du travail de leurs mains, ont appris par là que c’est la volonté du Seigneur qu’ils mettent de côté leur loyer chaque semaine. Je supplie les frères qui ne suivent pas cette ligne de conduite de le faire, et ils éprouveront bientôt l’avantage d’agir selon les principes de l’Écriture, même en ce qui concerne cette vie.]

17 déc. Aujourd’hui, onze frères et sœurs ont été proposés pour la communion.

20 déc. Comme les dépenses pour les orphelins ont dépassé quarante-sept livres au cours des six derniers jours, qu’il n’est entré qu’un peu plus de treize livres, et que l’argent destiné à l’impression du Rapport devait être réservé, afin que nous ne soyons pas endettés, nous étions de nouveau très bas aujourd’hui, bien qu’il n’y ait que six jours depuis les réunions publiques. Comme je savais que demain il faudrait plusieurs livres pour approvisionner les directrices, je me suis livré ce matin à la prière. Environ un quart d’heure après, j’ai reçu trois livres, montant d’un legs laissé par une sœur qui s’est endormie en Jésus il y a plusieurs mois, en Irlande. En outre, j’ai reçu du frère par qui le legs a été payé deux livres dix shillings pour le fonds des orphelins. Avec ces cinq livres dix shillings, j’espère pouvoir faire face aux dépenses de demain.

22 déc. Un jour solennel. J’ai reçu aujourd’hui la nouvelle que mon frère est mort le 7 octobre. « Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice? » doit être l’appui du croyant en un tel moment, et, par la grâce, c’est maintenant mon appui. Je sais que le Seigneur est glorifié en mon frère, quelle qu’ait été sa fin. Que le Seigneur fasse de cet événement une bénédiction durable pour moi, surtout en me portant à prier avec ferveur pour mon père !

RÉCAPITULATION DE L’ANNÉE 1838.

1. Quant à l’Église. Il y a actuellement 405 personnes en communion avec nous ; 61 ont été ajoutées l’année dernière, dont 36 ont été amenées parmi nous à la connaissance de la vérité.

2. Quant à mes ressources temporelles. Il a plu au Seigneur de me donner au cours de l’année écoulée £350, 4s. 8d.

À aucune époque de ma vie je n’ai eu un tel besoin de ressources, à cause de ma propre longue maladie et de celle de ma chère femme, et à cause des nombreuses et particulières demandes d’argent, qu’au cours de l’année écoulée ; mais aussi, à aucune époque de ma vie le Seigneur ne m’a si richement pourvu. En vérité, il doit être manifeste pour tous que j’ai servi un Maître très bon, cette année encore, et que, même pour cette vie, c’est de loin le meilleur parti que de chercher à agir selon la pensée du Seigneur quant aux choses temporelles !


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