Chapitre 14 · 25 min de lecture · 32 min d’écoute
Demander et recevoir
1839.
SECOURS POUR LES SAINTS PAUVRES—LA BANQUE QUI NE PEUT FAIRE FAILLITE—RESSOURCES ÉPUISÉES—LIBÉRALITÉ D’UNE SŒUR QUI VIT DU TRAVAIL DE SES MAINS—« IL SAIT DE QUOI NOUS SOMMES FORMÉS »—RACHETER LE TEMPS—LA PIÉTÉ UTILE À TOUT.
1er, 2 et 3 janvier 1839. Nous avons eu, ces trois jours-ci, trois réunions de prière spéciales de l’Église. L’année a commencé par des grâces. Dès la première heure de l’année, il est arrivé pour les orphelins deux livres sept shillings, donnés après notre réunion de prière habituelle du 31 décembre, qui, cette fois, a duré de sept heures du soir jusqu’après minuit.
5 janv. Aujourd’hui, j’ai reçu encore un chapeau neuf, le onzième qui m’ait été donné, l’un après l’autre, depuis que je suis en Angleterre.
20 janv. Depuis quelque temps, il m’a semblé que ces paroles : « vous avez toujours les pauvres avec vous, et vous pouvez leur faire du bien quand vous voulez », que le Seigneur adressa à ses disciples, qui étaient eux-mêmes très pauvres, impliquent que les enfants de Dieu, en tant que tels, ont auprès de Dieu le pouvoir d’attirer, par le moyen de la prière, des bénédictions temporelles sur des saints pauvres ou sur des incrédules pauvres. C’est pourquoi j’ai été amené à demander au Seigneur des ressources pour venir en aide aux saints pauvres ; et, à diverses reprises, il a incité ses enfants à me confier des sommes, grandes et petites, pour cet objet particulier ; ou bien il a mis à ma disposition, d’une manière ou d’une autre, de l’argent que je pouvais employer ainsi. De même, il y a quelques jours, j’avais de nouveau demandé des ressources pour pouvoir aider plus largement les saints pauvres qui sont en communion avec nous, car en ce moment beaucoup d’entre eux ne sont pas seulement éprouvés par les difficultés temporelles ordinaires que ramène l’hiver, mais surtout par la cherté du pain. Et voici que ce soir le Seigneur m’a donné la réponse à ma prière. En rentrant de la réunion, j’ai trouvé chez moi un frère qui m’a offert de me donner dix livres par semaine, pendant douze semaines, afin de procurer aux saints pauvres du charbon et les vêtements nécessaires, mais surtout du pain. [En effet, deux jours plus tard, ce frère m’envoya cent vingt livres, grâce auxquelles un très grand nombre de personnes, en particulier de pauvres veuves, furent grandement secourues, principalement en farine et en pain. Cet argent dura juste jusqu’à ce que le prix du pain fût descendu de neuf pence et demi à sept pence et demi.]
7 févr. Cette journée a été l’une des plus remarquables pour ce qui est des fonds. Il n’y avait pas d’argent en caisse. Je m’attendais à Dieu. Je l’avais prié à plusieurs reprises, mais aucun secours n’était venu. Le frère T. est passé entre onze heures et midi pour me dire qu’il faudrait environ une livre deux shillings pour prendre le pain des trois maisons et faire face aux autres dépenses ; mais nous n’avions que deux shillings neuf pence, retirés la veille des troncs des maisons des orphelins. Il s’est rendu à Clifton pour prendre des dispositions en vue de l’admission des trois orphelins de notre sœur Loader, qui s’est endormie le 4 ; car, bien que nous n’ayons pas de fonds en caisse, l’œuvre continue, et notre confiance n’est pas diminuée. Je l’ai donc prié de repasser, en revenant de Clifton, pour voir si le Seigneur n’aurait pas envoyé de l’argent dans l’intervalle. Quand il est revenu, je n’avais rien reçu, mais l’un des ouvriers, qui avait cinq shillings à lui, les a donnés. Il était alors quatre heures. Je ne savais pas comment les sœurs avaient passé la journée. Vers la fin du jour, je me suis rendu à la maison des orphelines pour me réunir avec les frères pour prier. En arrivant, j’ai trouvé qu’une caisse était arrivée pour moi de Barnstable. Le port était payé ; autrement il n’y aurait pas eu d’argent pour le régler. (Voyez comme la main du Seigneur est dans les plus petites choses !) La caisse a été ouverte ; elle contenait, dans une lettre d’une sœur, dix livres, dont huit pour les orphelins et deux pour le fonds biblique ; de la part de frères de Barnstable, deux livres onze shillings deux pence ; et d’un autre frère, cinq shillings. Il y avait en outre dans la caisse quatre yards de mérinos, trois paires de souliers neufs, deux paires de chaussettes neuves ; de plus, six ouvrages à vendre ; et encore un porte-crayon en or, deux bagues en or, deux pendants d’oreilles en or, un collier et un porte-crayon en argent. M’étant informé de la manière dont les sœurs avaient été soutenues pendant la journée, voici ce que j’ai appris : il y avait dans les maisons tout ce qu’il fallait pour le dîner. Après le dîner, une dame de Thornbury est venue acheter un de mes Récits et un des Rapports, et a donné trois shillings en plus. Environ cinq minutes après, le boulanger est arrivé à la maison des garçons. La directrice de la maison des orphelines, l’ayant aperçu, y est allée aussitôt avec les six shillings six pence qu’elle venait de recevoir (pour éviter qu’on le renvoie, puisqu’il n’y avait pas d’argent en caisse à la maison des garçons), et a acheté du pain pour quatre shillings six pence. Les deux shillings restants, avec le peu qu’il y avait en caisse, ont servi à acheter le pain de la maison des orphelines. Grâce aux dons envoyés dans la caisse, j’ai pu, avant la fin du jour, remettre aux directrices une abondante provision.
13 février. Ce soir, on m’a remis cinq livres, arrivées dans les circonstances suivantes. Un monsieur et une dame visitaient les maisons des orphelins et rencontrèrent, à la maison des garçons, deux dames qui les visitaient aussi. L’une de ces dames dit à la directrice de la maison des garçons : « Évidemment, vous ne pouvez pas faire marcher ces établissements sans une bonne réserve de fonds. » Le monsieur, se tournant vers la directrice, lui demanda : « Avez-vous une bonne réserve ? » Elle répondit : « Nos fonds sont déposés dans une banque qui ne peut pas faire faillite. » Les larmes vinrent aux yeux de la dame qui avait posé la question. En partant, le monsieur donna cinq livres au directeur des garçons ; elles arrivèrent alors que je n’avais pas un penny en caisse.
5 mars. Aujourd’hui, cependant, je savais qu’il faudrait de nouveau plusieurs livres, car, outre les provisions de chaque jour, il fallait du charbon, les tonneaux de mélasse étaient vides dans deux maisons, et il n’y avait que cinq shillings en caisse. Je me suis donc livré à la prière ce matin. Pendant que je priais, Q. Q. a envoyé un chèque de sept livres dix shillings.
23 mars. Aujourd’hui, j’ai reçu une lettre du frère T., qui se trouve dans le Devonshire pour sa santé, m’informant qu’on lui a donné une lourde chaîne en or, une bague sertie de dix brillants, une paire de bracelets en or et deux livres. Il avait donné un Rapport à un frère qui, l’ayant lu, en fut poussé à prier ; et, sachant que sa sœur, qui est croyante, possédait ces bijoux, il demanda au Seigneur d’incliner son cœur à s’en dessaisir au profit de nos orphelins, ce qu’elle fit peu après. Grâce à ces dons, je puis à la fois faire face aux dépenses restantes de cette semaine et payer quinze livres qui restent encore dues sur les traitements. Non seulement mes collaborateurs ne me demandent jamais rien, mais ils sont prêts à se défaire de leur argent, ou de quoi que ce soit, à l’heure du besoin ; néanmoins, j’avais souvent prié le Seigneur à ce sujet, et il m’a maintenant accordé ma demande, ce dont je me réjouis.
13 avril. Je me suis entretenu avec une autre des orphelines, qui semble avoir été véritablement convertie, et dont la conduite est conséquente depuis bien des mois. Demain, elle sera reçue dans la communion des saints.
14 avril. Aujourd’hui, il est arrivé pour les orphelins cinq livres huit pence, dont une livre est l’un des dons les plus remarquables que nous ayons jamais reçus. Un frère pauvre, chargé d’une nombreuse famille et d’un maigre salaire,—ils sont huit dans la famille, et il gagnait quinze shillings jusqu’à ces derniers temps, où son salaire a été porté à dix-huit shillings—a mis de côté cet argent, peu à peu, sur ce que son maître lui donnait pour la bière. Ce frère, converti il y a environ cinq ans, était auparavant un ivrogne notoire.
2 juillet. Aujourd’hui, alors qu’il n’y avait pas un shilling en caisse, on m’a donné cinquante livres pour le fonds des écoles, de la Bible et des missions.
15 juillet. Lundi. Aujourd’hui, il fallait deux livres sept shillings trois pence pour les orphelins, mais nous n’avions rien. Je ne savais comment obtenir de quoi faire le dîner, ni le reste de ce qu’il fallait. Mon cœur était parfaitement en paix, et singulièrement assuré du secours, bien que je ne susse pas le moins du monde d’où il viendrait. Avant que le frère T. arrive, j’ai reçu des Indes une lettre, écrite en mai, avec un mandat de cinquante livres pour les orphelins. J’avais dit samedi dernier au frère T. qu’il serait souhaitable d’avoir cinquante livres, car les traitements de tous mes collaborateurs sont échus, les trois tonneaux de mélasse sont vides, toutes les provisions sont épuisées, plusieurs vêtements sont nécessaires, ainsi que de la laine pour que les garçons puissent continuer leur tricot.
19 août. Lundi. Voici encore un jour où notre foi a été particulièrement éprouvée ; mais même aujourd’hui nous n’avons pas été confondus. Il n’y avait pas un penny en caisse au début de la journée. Nous avions donc de nouveau, pour plus de cent personnes, à regarder au Seigneur. Mais je dois le dire, à la louange du Seigneur : mon âme était parfaitement en paix. J’avais l’intention d’aller de très bonne heure aux maisons des orphelins pour prier avec mes collaborateurs ; mais, comme une personne après l’autre venait me voir, j’en ai été empêché toute la matinée. Quand le frère T. est venu me demander de l’argent, entre midi et une heure, je n’avais rien à lui donner. L’après-midi, à quatre heures, j’ai pu me réunir avec les frères et les sœurs. En arrivant à la maison des orphelines, j’ai appris que l’un des enfants dont nous avions annoncé l’admission avait été amené de Bath, et qu’on avait envoyé avec lui une livre cinq shillings. Après la réunion, l’un des ouvriers a donné dix shillings. Avec cette livre quinze shillings, nous avons pu, ce jour-là encore, pourvoir à tout le nécessaire.
22 août. Pendant ma promenade du matin, tandis que je rappelais au Seigneur nos besoins, j’ai eu l’assurance qu’il enverrait du secours aujourd’hui même. Mon assurance naissait de notre besoin ; car il ne semblait y avoir aucun moyen de passer la journée sans qu’un secours fût envoyé. Après le déjeuner, je me suis demandé s’il y avait quelque chose qui pût être converti en argent pour les chers enfants. Entre autres choses, il m’est tombé sous la main un certain nombre de brochures religieuses qui avaient été données au profit des orphelins ; mais le tout semblait loin de suffire aux nécessités du jour. Dans notre profonde pauvreté, après que j’eus rassemblé les quelques objets à vendre, une sœur, qui gagne son pain du travail de ses mains, a apporté quatre-vingt-deux livres. Cette sœur avait compris que les croyants en notre Seigneur Jésus sont tenus de mettre en pratique ses commandements : « Vendez ce que vous possédez (vendez vos biens), et donnez-le en aumônes », Luc 12:33 ; et « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre », Matt. 6:19. Elle avait donc retiré son argent de la banque et des fonds publics, soit deux cent cinquante livres, et me l’avait apporté en trois fois, au profit des orphelins, du fonds de la Bible, des missions et des écoles, et des saints pauvres. Il y a environ deux mois, elle m’avait apporté cent livres de plus, produit de la vente d’un autre bien qu’elle possédait ; la moitié devait servir au fonds des écoles, de la Bible et des missions, et l’autre moitié aux saints pauvres. Ces quatre-vingt-deux livres qu’elle a apportées aujourd’hui sont le produit de la vente de son dernier bien terrestre. [Au moment où je prépare cette cinquième édition pour l’impression, plus de seize années se sont écoulées, et cette sœur n’a jamais exprimé le moindre regret de la démarche qu’elle avait faite ; elle continue tranquillement à travailler de ses mains pour gagner son pain.]
4 septembre. J’ai été amené à prier pour savoir si c’est la volonté du Seigneur que je quitte Bristol pour un temps, car je souffre depuis quinze jours d’une indigestion qui affaiblit tout mon organisme, de sorte que les nerfs de ma tête sont plus atteints que d’ordinaire. Il y a cependant deux obstacles sur ce chemin : le manque de ressources pour les orphelins, et le manque de ressources pour mes propres dépenses personnelles. Aujourd’hui, j’ai reçu de Q. Q. un chèque de sept livres dix shillings pour les orphelins, qui est donc arrivé fort à propos. Il est entré en outre quatre livres depuis avant-hier.
5 septembre. Aujourd’hui, une sœur m’a envoyé cinq livres pour moi-même, à employer pour ma santé. Elle avait appris que ma santé déclinait de nouveau. Je ne mets pas d’argent de côté pour de tels usages ; mais chaque fois que j’ai réellement besoin de ressources, que ce soit pour moi ou pour d’autres, le Seigneur me les envoie, en réponse à la prière ; car, cette fois encore, il m’avait accordé de prier au sujet de ressources pour moi et pour les orphelins, afin que mon chemin fût rendu clair quant à mon départ de Bristol pour un temps.
7 septembre. Trowbridge. Ce jour a été très bon. J’ai eu beaucoup de communion avec le Seigneur. Quelle bonté de m’éloigner pour un temps de l’œuvre de Bristol, pour me donner plus de communion avec lui ! Je me suis souvenu de la bonté particulière du Seigneur envers moi en ce lieu, au commencement de l’année dernière. Et combien il a été bon depuis ! J’ai beaucoup prié pour moi-même, pour l’Église en général, pour les saints d’ici et de Bristol, pour mes parents inconvertis, pour ma chère femme, et pour que le Seigneur pourvoie à mes propres besoins temporels et à ceux des orphelins ; et je sais qu’il m’a exaucé. Je suis entouré d’amis bienveillants en la personne des chers saints sous le toit desquels je loge, et je me sens tout à fait chez moi. Ma chambre est bien meilleure qu’il ne m’est nécessaire ; pourtant un fauteuil, dans l’état de faiblesse physique où je suis, pour m’agenouiller devant lui pendant la prière, aurait ajouté à mon confort. L’après-midi, sans en avoir dit un mot, j’ai trouvé un fauteuil installé dans ma chambre. J’ai été frappé de la bonté, de la bonté toute particulière de mon Père céleste, qui prend garde aux plus petits besoins et aux plus petites commodités de son enfant. Ayant prié plus que d’habitude, j’ai trouvé que mes entretiens avec les saints, au thé, étaient pleins d’onction et plus profitables que de coutume.
9 septembre. Je suis rentré à Bristol, pour en repartir demain pour Exeter, si le Seigneur le permet, à cause de ma santé. Pendant mon séjour à Trowbridge, j’avais instamment demandé au Seigneur de bien vouloir envoyer des ressources pour les orphelins avant que j’aille dans le Devonshire, et j’avais la pleine assurance que des fonds arriveraient avant mon départ de Bristol. À mon retour, j’ai donc demandé à ma femme combien il était entré, et j’ai appris que ce n’était que huit livres neuf shillings sept pence trois quarts. C’était bien moins que je ne l’avais espéré, et cela ne répondait pas au but pour lequel j’avais spécialement demandé des ressources, c’est-à-dire pouvoir laisser assez pour plusieurs jours. Ma réponse fut donc conforme à la foi qui m’avait été donnée, et, à en juger par l’ardeur et la confiance de ma prière, je dis que le Seigneur enverrait davantage avant mon départ. Environ une heure après, le frère Craik m’a apporté dix livres, ainsi qu’une lettre annonçant l’arrivée d’une grande caisse pleine d’objets à vendre au profit des orphelins.
À son retour de voyage, M. M. écrit :—
Pendant mon séjour à Plymouth, je fus poussé de nouveau à me lever de bonne heure, bénédiction dont je n’ai pas perdu les fruits depuis. Ce qui m’y conduisit, ce fut l’exemple du frère chez qui je logeais, et une remarque qu’il fit en parlant des sacrifices du Lévitique : « que, comme on ne devait pas offrir le rebut des animaux, ainsi la meilleure partie de notre temps devait être consacrée tout spécialement à la communion avec le Seigneur ». Dans l’ensemble, j’avais été, les années précédentes, plutôt matinal. Mais depuis que les nerfs de ma tête étaient si faibles, j’avais pensé que, la journée étant assez longue pour mes forces, il valait mieux ne pas me lever tôt, afin que les nerfs de ma tête pussent ainsi jouir d’un plus long repos. Pour cette raison, je ne me levais qu’entre six et sept heures, et parfois après sept heures. Pour le même motif, j’avais pris exprès l’habitude de dormir un quart d’heure ou une demi-heure après le dîner, car je croyais y trouver un bienfait pour calmer les nerfs de ma tête. De cette façon, cependant, mon âme avait souffert plus ou moins chaque jour, et parfois considérablement, parce que de temps à autre un travail inévitable m’arrivait avant que j’eusse eu le temps suffisant pour la prière et la lecture de la Parole. Après avoir entendu la remarque à laquelle j’ai fait allusion, je résolus que, quoi que mon corps pût en souffrir, je ne laisserais plus s’écouler au lit la partie la plus précieuse de la journée. Par la grâce de Dieu, je pus dès le lendemain commencer à me lever plus tôt ; et j’ai continué depuis lors à me lever de bonne heure. Je m’accorde maintenant environ sept heures de sommeil, ce qui, bien que je sois loin d’être robuste et que j’aie beaucoup de fatigue intellectuelle, suffit tout à fait, je le constate, à me reposer. De plus, je renonçai à dormir après le dîner. Le résultat a été que j’ai pu me ménager ainsi, avant le déjeuner, de longs et précieux moments de prière et de méditation ; et, quant à mon corps, et à l’état de mon système nerveux en particulier, je me porte beaucoup mieux depuis. En vérité, je crois que la pire chose que j’eusse pu faire pour mes nerfs affaiblis était de rester au lit une heure ou plus de plus que je n’avais coutume de le faire avant ma maladie ; car c’était le meilleur moyen de les maintenir faibles. Comme ces lignes peuvent tomber entre les mains de quelques enfants de Dieu qui n’ont pas l’habitude de se lever tôt, j’ajouterai quelques remarques sur ce sujet.
I. On pourrait demander : Combien de temps dois-je m’accorder pour le repos ? La réponse est qu’on ne peut donner aucune règle d’application universelle, car toutes les personnes n’ont pas besoin de la même mesure de sommeil, et les mêmes personnes aussi, à différentes époques, selon la force ou la faiblesse de leur corps, peuvent en avoir besoin de plus ou de moins. Les femmes aussi, étant en général plus faibles de corps, ont besoin de plus de sommeil que les hommes. Pourtant, d’après ce que je puis savoir, l’avis des médecins est que les hommes en bonne santé n’ont pas besoin de plus de six à sept heures de sommeil, et les femmes de plus de sept à huit heures ; de sorte que ce serait plutôt une exception qu’un homme eût besoin de plus de sept heures et une femme de plus de huit. Mais en même temps, mon conseil formel est que les enfants de Dieu prennent garde de ne pas s’accorder trop peu de sommeil, car il y a peu d’hommes qui puissent se contenter de moins de six heures de sommeil tout en restant bien portants de corps et d’esprit, et peu de femmes qui puissent se contenter de moins de sept heures. Ce qui est certain, c’est que, pendant longtemps, quand j’étais jeune homme, avant d’entrer à l’université, je me couchais régulièrement à dix heures et me levais à quatre heures, j’étudiais beaucoup, et j’étais en bonne santé ; et il est certain aussi que, depuis que je ne m’accorde qu’environ sept heures, c’est-à-dire depuis mon séjour à Plymouth en oct. 1839, je me porte beaucoup mieux de corps, et des nerfs en particulier, que lorsque je restais au lit huit heures ou huit heures et demie.
II. Si l’on demande : Mais pourquoi devrais-je me lever de bonne heure ? La réponse est que « rester trop longtemps au lit », c’est 1. Perdre son temps, ce qui ne convient pas à un saint, racheté par le sang précieux de Jésus, avec son temps et tout ce qu’il possède, pour être employé au service du Seigneur. Si nous dormons plus qu’il n’est nécessaire pour réparer les forces du corps, nous gaspillons le temps que le Seigneur nous a confié comme un talent, pour être employé à sa gloire, à notre propre profit, et au profit des saints et des incrédules qui nous entourent. 2. Rester trop longtemps au lit nuit au corps. De même que nous nous faisons du mal en prenant trop de nourriture, il en est ainsi du sommeil. Les médecins reconnaîtront volontiers que rester au lit plus longtemps qu’il n’est nécessaire pour fortifier le corps l’affaiblit au contraire. 3. Cela nuit à l’âme. Rester trop longtemps au lit ne nous empêche pas seulement de consacrer à la prière et à la méditation la partie la plus précieuse du jour, mais cette paresse mène aussi à beaucoup d’autres maux. Il suffit à chacun de faire l’expérience de passer une, deux ou trois heures dans la prière et la méditation avant le déjeuner, soit dans sa chambre, soit dans les champs, la Bible à la main, et il découvrira bientôt l’effet bienfaisant qu’exerce le lever matinal sur l’homme extérieur et sur l’homme intérieur. Je supplie tous mes frères et sœurs entre les mains de qui ces lignes pourront tomber, et qui n’ont pas l’habitude de se lever tôt, d’en faire l’essai ; ils loueront le Seigneur de l’avoir fait.
III. On peut enfin demander : Mais comment m’y prendre pour me lever de bonne heure ? Voici mon conseil : 1. Commencez tout de suite, ne tardez pas. Dès demain, commencez à vous lever tôt. 2. Mais ne comptez pas sur vos propres forces. C’est peut-être la raison pour laquelle vous avez pu, auparavant, commencer à vous lever tôt, puis y renoncer. Aussi sûrement que vous compterez sur vos propres forces en cette affaire, elle n’aboutira à rien. Dans toute bonne œuvre, nous dépendons du Seigneur, et dans celle-ci nous sentirons particulièrement combien nous sommes faibles. Si quelqu’un se lève afin de consacrer à la prière et à la méditation le temps qu’il prend sur son sommeil, qu’il soit certain que Satan s’efforcera de lui mettre des obstacles sur le chemin. 3. Confiez-vous au Seigneur pour obtenir son secours. Vous l’honorerez si vous attendez de lui du secours en cette matière. Livrez-vous à la prière pour obtenir son aide, attendez-la, et vous l’aurez. 4. Employez toutefois, en outre, les moyens suivants : a. Couchez-vous de bonne heure. Si vous veillez tard, vous ne pouvez pas vous lever tôt. Qu’aucune compagnie, qu’aucune multitude d’occupations ne vous empêche de vous coucher habituellement de bonne heure. Si vous y manquez, vous ne pouvez ni ne devez vous lever tôt, car votre corps a besoin de repos. Retenez aussi tout particulièrement que, ni pour le corps ni pour l’âme, ce n’est la même chose de se coucher tard et de se lever tard, ou de se coucher tôt et de se lever tôt. Les médecins eux-mêmes vous diront combien il est nuisible de veiller tard et de passer au lit les heures du matin ; mais combien plus important encore est-il de se retirer tôt et de se lever tôt, afin de s’assurer du temps pour la prière et la méditation avant que commencent les affaires de la journée, et de consacrer à ces exercices le moment où l’esprit et le corps sont le plus dispos, pour obtenir ainsi la force spirituelle nécessaire aux combats, aux épreuves et au travail de la journée. b. Faites-vous appeler, si possible, à l’heure à laquelle vous avez résolu devant Dieu de vous lever ; ou procurez-vous, ce qui est encore mieux, un réveil, au moyen duquel vous pourrez régler presque à la minute l’heure à laquelle vous désirez vous lever. Pour environ douze shillings, on peut acheter presque dans toutes les villes une petite pendule allemande à réveil. Bien que j’aie été bien des fois réveillé par le Seigneur, en réponse à la prière, presque à la minute où je désirais me lever, j’ai cru bon de me procurer un réveil pour m’aider dans mon dessein de me lever tôt : non certes comme s’il pouvait m’apporter le moindre secours sans la bénédiction du Seigneur, car je resterais au lit malgré le bruit du réveil, s’il ne me donnait la grâce de me lever ; mais en le considérant simplement comme un moyen. c. Levez-vous aussitôt réveillé. Ne restez pas une minute de plus au lit, sinon vous risquez de vous rendormir. d. Ne vous découragez pas si vous vous sentez somnolent et fatigué parce que vous vous levez tôt. Cela passera bientôt. Au bout de quelques jours, vous vous sentirez plus fort et plus dispos qu’au temps où vous restiez au lit une heure ou deux de plus qu’il ne vous était nécessaire. e. Accordez-vous toujours les mêmes heures de sommeil. N’y changez rien, à moins que la maladie ne vous y oblige.
Les 10, 11 et 12 décembre, nous avons eu des réunions publiques, où nous avons rendu compte des voies du Seigneur envers nous à l’égard des maisons des orphelins et des autres objets de l’Institution pour la connaissance des Écritures. Il y a maintenant—10 décembre 1839—cinq ans et neuf mois que l’Institution pour la connaissance des Écritures est à l’œuvre.
Au cours de l’année écoulée aussi. 1. Nous avons pu continuer à pourvoir à toutes les dépenses nécessaires des six écoles de jour, trois pour les garçons et trois pour les filles. Le nombre des enfants qui les fréquentent actuellement s’élève à 286. Le nombre total des enfants qui ont été instruits dans les écoles de jour, par le moyen de l’Institution, depuis sa fondation, s’élève à 1 795. 2. Il y a actuellement 226 enfants à l’école du dimanche. 3. Il y a 14 adultes qui apprennent à lire à l’école des adultes, et environ 130 adultes ont été instruits dans cette école depuis la fondation de l’Institution. 4. Il a été diffusé, au cours de l’année écoulée, 514 exemplaires des Écritures, et 5 592 depuis le 5 mars 1834. 5. Il a été dépensé, au cours de l’année écoulée, £91, 6s. pour les missions. 6. Il a été reçu dans les trois maisons des orphelins, du 9 décembre 1838 au 9 décembre 1839, 16 orphelins. Il y a actuellement 96 orphelins dans les trois maisons. Le nombre total des orphelins qui ont été à notre charge du 11 avril 1836 au 9 décembre 1839 s’élève à 126.
Pour les maisons des orphelins, sans que nous ayons demandé quoi que ce soit à qui que ce soit, la somme de £3,067, 8s. 9¼d. a été donnée, uniquement en réponse à la prière adressée à Dieu, depuis le commencement de l’œuvre jusqu’au 9 décembre 1839.
Le total des dépenses relatives aux objets de l’Institution, non compris les maisons des orphelins, du 19 novembre 1838 au 19 novembre 1839, est de £542, 13s. Le solde en caisse au 19 novembre 1839 était de 18s. 5d.
Le total des dépenses relatives aux trois maisons des orphelins, du 9 décembre 1838 au 9 décembre 1839, est de £960, 9s. 2¾d. Le solde en caisse au 9 décembre 1839 était de £46, 8s. 1d.
31 décembre. Ma santé est bien meilleure qu’elle ne l’a été depuis des années. Mes facultés intellectuelles aussi sont aussi bonnes qu’elles l’ont jamais été au cours des trois dernières années. J’attribue cela à la bénédiction de Dieu, par le moyen du lever matinal et de l’habitude de plonger la tête dans l’eau froide en me levant.
RÉCAPITULATION DE L’ANNÉE 1839.
1. Quant à l’Église : au cours de l’année écoulée, 115 personnes y ont été ajoutées ; parmi elles, 34 ont été amenées à la connaissance du Seigneur au milieu de nous.
2. Quant à mes ressources temporelles, il a plu au Seigneur de me donner, au cours de l’année écoulée, £313, 2s. 5d.
Chapitre 14 terminé
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