Chapitre 11 · 21 min de lecture · 28 min d’écoute
Le champ s’élargit
1836-1837.
UN OBSTACLE INATTENDU—UNE SOUMISSION ENTIÈRE—UNE DEUXIÈME MAISON D’ORPHELINS PROPOSÉE—UN TEXTE ENCOURAGEANT—LA NOUVELLE MAISON D’ORPHELINS OUVERTE—UNE PRIÈRE PLEINEMENT EXAUCÉE—PROGRÈS DE L’ŒUVRE DU SEIGNEUR—LA SURVEILLANCE DU TROUPEAU.
À la date du 18 mai 1836, M. Müller écrit :—
Dans les pages qui précèdent, j’ai exposé le succès dont il a plu au Seigneur de couronner les prières de son serviteur au sujet de la fondation d’une maison d’orphelins dans cette ville. L’objet de ma prière était qu’il veuille bien, dans sa grâce, fournir une maison, soit en prêt, soit en don, ou bien que quelqu’un fût conduit à en payer le loyer ; en outre, qu’il me donne mille livres pour cette œuvre, ainsi que des personnes qualifiées pour prendre soin des enfants. Un jour ou deux plus tard, je fus conduit à demander, en plus de ce qui précède, qu’il mette au cœur de son peuple de m’envoyer des meubles et quelques vêtements pour les enfants. En réponse à ces requêtes, on a envoyé beaucoup de meubles, de vêtements et de vivres ; on a fait l’offre conditionnelle d’une maison, à titre de don ; des personnes se sont proposées pour prendre soin des enfants, et diverses sommes d’argent ont été données, depuis cent livres jusqu’à un demi-penny.
Il peut être bon de dire que les résultats ci-dessus ont été obtenus en réponse à la prière, sans que j’aie demandé à personne la moindre chose ; ce dont je me suis abstenu, non par manque de confiance envers les frères, ni parce que je doutais de leur amour pour le Seigneur, mais afin de voir d’autant plus clairement la main de Dieu.
Autant que je m’en souvienne, j’ai porté devant le Seigneur, dans mes requêtes, jusqu’aux moindres circonstances concernant la maison des orphelins, ayant conscience de ma propre faiblesse et de mon ignorance. Il y avait cependant un point pour lequel je n’avais jamais prié, à savoir que le Seigneur envoie des enfants ; car je tenais naturellement pour certain que les demandes seraient nombreuses. Le jour fixé arriva, et pas une seule demande ne fut faite. Cette circonstance m’amena alors à m’humilier profondément devant mon Dieu dans la prière, et à examiner une fois de plus mon cœur quant à tous les motifs qui m’animaient en cette affaire ; et, pouvant dire, comme auparavant, que sa gloire était mon but principal, c.-à-d. que l’on vît que ce n’est pas une chose vaine de se confier dans le Dieu vivant, et continuant toujours à prier, je fus enfin amené à cet état où je pouvais dire du fond du cœur que je me réjouirais de ce que Dieu fût glorifié en cette affaire, dût-ce être en réduisant le tout à néant. Mais comme, après tout, il me semblait encore plus propre à la gloire de Dieu d’établir la maison des orphelins et de la faire prospérer, je pus alors lui demander de tout cœur d’envoyer des demandes. Je jouis dès lors d’un cœur paisible à ce sujet, et je fus aussi plus assuré que jamais que Dieu l’établirait. Le lendemain même, la première demande fut faite, et en peu de temps quarante-trois enfants furent proposés. Je louai la maison du n° 6 de Wilson Street, qui, à cause de son prix modique et de sa grandeur, convenait très bien.
J’ai mentionné que nous avions l’intention de recevoir les enfants de la septième à la douzième année. Mais après que six demandes eurent été faites pour des enfants âgés de quatre à six ans, ce fut pour moi un sujet de sérieuse réflexion, accompagnée de prière, de savoir si, tant qu’il y aurait des places vacantes, de tels enfants ne devraient pas être reçus, bien qu’aussi jeunes. J’en vins enfin à la conclusion de recevoir les petites filles de moins de sept ans pour lesquelles une demande avait été faite. En outre, on m’a représenté à plusieurs reprises combien il serait souhaitable de fonder aussi, dans cette ville, une maison d’orphelins pour les enfants du sexe masculin, et l’on a même envoyé des articles pour de petits garçons orphelins. En partie donc pour ces raisons ; en partie parce que l’établissement déjà ouvert a été entièrement rempli en quelques jours ; et en partie parce que le Seigneur a fait jusqu’ici bien au-delà de ce que j’aurais pu attendre ; j’en suis enfin venu, après avoir prié à plusieurs reprises, à la conclusion de proposer, au nom du Seigneur, et en ne comptant que sur lui seul pour les ressources, la fondation d’une maison d’orphelins pour les tout-petits.
3 juin. Du 16 mai jusqu’à ce jour, j’ai été retenu à la maison, et une partie du temps au lit, à cause d’une inflammation locale qui m’empêche de marcher. Presque chaque jour pendant ce temps, j’ai pu continuer à écrire un récit des voies du Seigneur envers moi, qui avait de nouveau été mis de côté après le 7 mai, à cause d’un certain nombre d’occupations pressantes. Il est très remarquable que la plus grande objection contre sa rédaction en vue de l’impression était le manque de temps. Or, grâce à cette affliction, qui me laisse l’esprit libre et me donne du temps, puisque je suis retenu à la maison, j’ai pu écrire environ une centaine de pages in-quarto.
14 juin. Ce matin, le frère C——r et moi avons prié ensemble, surtout au sujet des écoles et de la diffusion des Écritures. Outre les bénédictions demandées sur l’œuvre, nous avons aussi demandé au Seigneur les moyens nécessaires ; car le 1er juillet, dix-sept livres dix shillings seront dues pour le loyer des salles de classe, et, en plus, il nous faut au moins quarante livres de plus pour continuer la diffusion des Écritures, pour payer les traitements des directeurs, etc. Pour tout cela, nous n’avons qu’environ sept livres. J’ai aussi prié pour le reste des mille livres destinées à la maison des orphelins.
21 juin. Ce soir, le frère C——r et moi avons constaté que non seulement il a plu au Seigneur de nous envoyer, par les offrandes reçues au cours de la semaine dernière, en réponse à nos prières, les dix-sept livres dix shillings qui seront dues le 1er juillet pour le loyer de deux salles de classe, mais encore que nous avons cinq livres de plus que le nécessaire. Ainsi le Seigneur a une fois de plus exaucé nos prières.
28 juillet. Depuis quelques semaines, nous n’avons pas pu payer le traitement des directeurs et des institutrices un mois d’avance, mais avons été obligés de le payer chaque semaine. Le frère C——r et moi avons, ces derniers temps, prié ensemble à plusieurs reprises au sujet des fonds, mais nous avions été réduits à une telle extrémité que nous n’aurions pas même pu payer ce traitement hebdomadaire des maîtres, si le Seigneur ne nous était, aujourd’hui encore, très remarquablement venu en aide. Car, outre une livre qui nous a été donnée, un frère a donné ce soir huit livres, somme qui avait été réunie par un certain nombre de ses ouvriers payant chacun un penny par semaine, de leur propre mouvement, pour nos fonds. Cet argent s’amassait depuis de longs mois, et, dans notre détresse, il avait été mis au cœur de ce frère de l’apporter.
29 juillet. Ce soir, de six heures à neuf heures et demie, nous avons eu une réunion pour les âmes en quête. Douze nouveaux cas se sont présentés à nous.
1er octobre. Aujourd’hui, en ne comptant que sur le Seigneur seul pour les ressources, nous avons engagé un frère comme directeur d’une sixième école de jour. À cause des nombreuses délivrances que nous avons eues ces derniers temps, nous n’avons pas hésité à élargir le champ, car une autre école de garçons était grandement nécessaire.
5 octobre. Ce soir, on m’a donné vingt-cinq livres pour l’Institution pour la connaissance des Écritures. Ainsi le Seigneur a déjà donné les moyens de couvrir les dépenses de la nouvelle école de garçons pour quelques mois à venir.
19 octobre. Aujourd’hui, après avoir prié bien des fois à ce sujet, j’ai enfin engagé une sœur comme directrice de la maison des tout-petits, n’ayant jamais pu, jusqu’à ce jour, rencontrer une personne qui parût convenir, bien que depuis quelque temps il y eût assez d’argent en caisse pour commencer cette œuvre, et que des demandes eussent été faites pour plusieurs orphelins en bas âge.
25 octobre. Aujourd’hui, nous avons obtenu sans aucune peine, par la bonne main de Dieu, un local très convenable pour la maison des tout-petits.
5 novembre. Un frère a donné cent livres, dont cinquante avaient été promises auparavant pour garantir le loyer du local. C’est un fait remarquable, au sujet de ce don, que j’avais demandé à plusieurs reprises au Seigneur, en décembre de l’année dernière, d’incliner le cœur de ce frère à donner ces cent livres, et j’avais pris note de cette prière dans mon journal, le 12 décembre 1835. Le 25 janvier 1836, il promit cinquante livres, et le 5 novembre, il en donna cinquante autres en plus de cette somme ; mais ce ne fut que quelques jours plus tard que je me rappelai que la somme même que j’avais demandée au Seigneur avait été donnée. Lorsqu’il me revint à l’esprit que cette prière avait été notée dans mon journal, et que je la montrai au donateur, nous nous réjouîmes ensemble ; lui, d’avoir été l’instrument de ce don, et moi, d’avoir vu ma requête exaucée.
30 novembre. À cause de nombreuses occupations pressantes, je n’avais pas été conduit, depuis quelque temps, à prier au sujet des fonds. Mais, étant dans un grand besoin, j’ai été conduit, hier matin, à le demander instamment au Seigneur ; et, en réponse à cette requête, un frère m’a donné hier soir dix livres. Il avait à cœur, depuis plusieurs mois, de donner cette somme, mais en avait été jusqu’ici empêché, faute de moyens. Juste maintenant, dans notre grande détresse, le Seigneur lui en a fourni les moyens, et c’est ainsi que nous avons été secourus. Outre ces dix livres, j’ai reçu hier soir une lettre contenant cinq livres, d’une sœur que je n’ai jamais vue, et dont Dieu s’est servi plusieurs fois comme d’un instrument pour subvenir à nos besoins. Elle écrit ceci : « J’ai eu tellement à cœur ces derniers temps de vous envoyer de l’argent, que j’ai le sentiment qu’il doit y avoir quelque besoin, auquel le Seigneur se propose de me faire l’honneur de pourvoir par mon moyen. Je vous envoie donc ci-joint cinq livres, tout ce que j’ai à la maison en ce moment. »
9 décembre. Une livre, avec Marc 9:36-37 : « Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d’eux », etc., passage très encourageant pour cette œuvre, et dont je n’avais jamais senti la force auparavant.
15 décembre. Ce jour a été mis à part pour la prière et l’action de grâces au sujet de la maison des tout-petits, qui a été ouverte le 28 novembre. Le matin, nous avons eu une réunion de prière. L’après-midi, outre la prière et l’action de grâces, je me suis adressé aux enfants de nos écoles de jour et aux orphelins, environ 350, sur Ecclésiaste 12:1.
En plus des dons mentionnés ci-dessus, on reçut au cours de l’année des dons en argent, en vivres, en vêtements, en livres, en boîtes, en seaux à charbon, en objets d’ornement (destinés à être vendus), etc. ; ainsi que l’offre de soins médicaux et de médicaments gratuits. Jusqu’à la fin de 1836, on avait donné sept cent soixante-dix livres neuf pence et demi, et quarante livres avaient été promises.
31 décembre. Nous avons eu ce soir une réunion de prière pour louer le Seigneur de sa bonté durant l’année écoulée, et pour lui demander la continuation de ses faveurs.
Au cours de l’année écoulée, ont été reçus dans l’Église : 52 ; et il a plu au Seigneur de me donner, pour ce qui est de mes besoins temporels, £232 11s. 9d.
2 janvier 1837. Ce soir, les deux Églises ont eu de nouveau une réunion de prière spéciale.
5 janvier. Aujourd’hui, une sœur est venue me parler de la conversion de son père, qui, dans sa quatre-vingtième année, après avoir vécu ouvertement dans le péché pendant de longues années, a enfin été amené à la connaissance du Seigneur. Cette sœur avait longtemps prié pour la conversion de son père, et enfin, quoique seulement au bout de vingt ans, le Seigneur lui a accordé le désir de son cœur.
18 mai. Il y a maintenant soixante-quatre enfants dans les deux maisons d’orphelins, et deux autres sont attendus, ce qui remplira les deux maisons.
28 mai. Le récit de quelques-unes des voies du Seigneur envers moi est maintenant sur le point d’être publié, ce qui m’a conduit de nouveau, il y a aujourd’hui huit jours, et à plusieurs reprises depuis, à demander très instamment au Seigneur qu’il veuille bien me donner ce qui manque encore des mille livres que je lui ai demandées pour les orphelins ; car, bien que, dans mon propre esprit, la chose soit comme faite, à tel point que j’ai pu à plusieurs reprises remercier Dieu de ce qu’il me donnera sûrement jusqu’au dernier shilling de cette somme, cela ne suffirait pas aux autres. Comme donc toute cette affaire de la maison des orphelins avait été commencée pour la gloire de Dieu, afin qu’il y eût ainsi, devant le monde et devant l’Église, une autre preuve visible que le Seigneur prend plaisir à exaucer la prière ; comme il manquait encore une partie des mille livres ; et comme je désirais ardemment que le livre ne quittât pas la presse avant que jusqu’au dernier shilling de cette somme eût été donné en réponse à la prière, sans que j’eusse demandé quoi que ce soit à une seule personne, afin d’avoir ainsi le doux privilège de rendre témoignage à Dieu dans ce livre ;—pour ces raisons, dis-je, je me suis livré instamment à la prière à ce sujet depuis le 21 mai. Le 22 mai sont arrivées sept livres et dix shillings, et le 23 mai, trois livres. Le 24 mai, une dame que je n’avais jamais vue est venue me voir, et m’a donné quarante livres. Cette circonstance m’a grandement encouragé ; car le Seigneur m’a montré par là, de nouveau, qu’il est disposé à continuer de nous envoyer de grosses sommes, et qu’elles peuvent même venir de personnes que nous n’avons jamais vues auparavant. Le 25 mai, trois livres et six shillings ont été envoyés, de deux côtés inattendus. Le 27 mai, on a envoyé anonymement de Londres un paquet de vêtements usagés, et un souverain. Aujourd’hui (28 mai), j’ai reçu de nouveau quatre livres trois shillings six pence ; et l’on a aussi envoyé d’assez loin un paquet contenant sept paires de chaussettes, et les bijoux suivants, destinés à être vendus pour l’entretien des orphelins : une épingle d’or ornée d’une perle d’Irlande, quinze perles d’Irlande, deux épingles, deux broches, deux médaillons, un cachet, deux boutons, onze bagues, une chaîne et un bracelet, le tout en or.
15 juin. Aujourd’hui, je me suis livré une fois de plus instamment à la prière au sujet du reste des mille livres. Ce soir, cinq livres ont été données, de sorte que la somme entière est maintenant réunie. Pendant dix-huit mois et dix jours, cette requête a été portée devant Dieu presque chaque jour. Depuis le moment où je l’ai demandée jusqu’à ce que le Seigneur l’ait pleinement accordée, il ne m’a jamais été permis de douter qu’il donnerait jusqu’au dernier shilling de cette somme. Souvent je l’ai loué d’avance, dans l’assurance qu’il exaucerait ma requête. Ce que nous devons surtout rechercher dans la prière, c’est de croire que nous recevons, selon Marc 11:24 : « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. »
Comme le Seigneur a si grandement daigné écouter mes prières, que je considère comme l’un des talents particuliers qu’il m’a confiés celui d’exercer la foi en ses promesses, en ce qui concerne mes propres besoins temporels et ceux des autres ; comme une maison d’orphelins pour les garçons de plus de sept ans semble grandement nécessaire dans cette ville ; et comme, sans elle, nous ne savons pas non plus comment pourvoir aux petits garçons de la maison des tout-petits, lorsqu’ils auront plus de sept ans, je me propose de fonder une maison d’orphelins pour une quarantaine de garçons de plus de sept ans.
12 juillet. La même amie qui m’a donné, le 24 mai 1837, quarante livres pour les orphelins, et que je n’avais jamais vue jusque-là, m’a donné quatre cent soixante livres de plus, ce qui fait cinq cents livres en tout.
Il y a maintenant trois ans et quatre mois que le frère Craik et moi avons commencé, en comptant sur le Seigneur pour les fonds, à chercher à favoriser la propagation de l’Évangile au moyen d’écoles, de la diffusion des saintes Écritures et du soutien apporté aux entreprises missionnaires. Depuis lors, il a été diffusé par notre intermédiaire 4 030 exemplaires des Écritures ; quatre écoles de jour pour enfants pauvres ont été fondées par nous ; 1 119 enfants ont été instruits dans les six écoles de jour, et 353 enfants s’y trouvent actuellement. En outre, une école du dimanche et une école d’adultes ont reçu tout ce dont elles avaient besoin, et des entreprises missionnaires aux Indes orientales, dans le Haut-Canada et sur le continent européen ont été soutenues. De plus, la parole de Dieu a été prêchée de maison en maison parmi les pauvres, en lien avec l’Institution pour la connaissance des Écritures, par le frère C——r, au cours des deux dernières années.
Le 15 août 1837 fut publiée la partie précédente de ce récit.
17 août. Aujourd’hui, deux enfants de plus ont été reçus dans la maison des tout-petits, ce qui complète notre effectif, soit soixante-six dans la maison des orphelines et la maison des tout-petits.
2 septembre. J’ai cherché une maison pour les orphelins garçons ces trois derniers jours. Tout le reste a été fourni. Le Seigneur a donné des personnes qualifiées pour prendre soin des enfants, de l’argent, etc. En son temps, il donnera aussi une maison.
19 septembre. Il m’a été aujourd’hui particulièrement mis à cœur que je devrais rechercher davantage la retraite, l’œuvre dût-elle apparemment en souffrir autant que ce soit ; et qu’il faudrait prendre des dispositions qui me permettent de visiter davantage les frères, car une Église non visitée deviendra tôt ou tard une Église malade. Des pasteurs, comme compagnons d’œuvre, sont grandement nécessaires parmi nous.
28 septembre. Depuis longtemps, je suis trop occupé au-dehors. Hier matin, j’ai passé environ trois heures dans la sacristie de Gideon, pour pouvoir avoir plus de temps pour la retraite. J’avais l’intention de faire de même l’après-midi, mais avant que j’aie pu quitter la maison, on est venu me voir, et ainsi une personne après l’autre est venue, jusqu’à ce que j’aie dû sortir. Il en a été de même aujourd’hui encore.
16 octobre. Depuis longtemps, le frère Craik et moi avons senti l’importance de faire davantage de visites pastorales, et ç’a été l’une de nos plus grandes épreuves de n’avoir pu y consacrer plus de temps. Ce soir, nous avons eu, tout exprès, une réunion des deux Églises, au cours de laquelle le frère Craik et moi, ainsi qu’un frère du Devonshire, avons parlé sur : I. L’importance des visites pastorales. II. Les obstacles particuliers qui nous ont empêchés de nous en acquitter. III. La question de savoir s’il y avait quelque moyen d’écarter une partie de ces obstacles.
I. Quant à l’importance des visites pastorales, les points suivants ont été mentionnés : 1. Veiller sur les saints, en les visitant, pour prévenir la froideur, ou pour les relever de leurs chutes. 2. Les conseiller et les guider dans leurs affaires de famille, dans leur commerce et dans les choses spirituelles. 3. Entretenir ces relations affectueuses et familières qui sont si désirables entre les saints et ceux qui veillent sur eux. Ces visites devraient être, si possible, fréquentes ; mais, dans notre cas, plusieurs obstacles s’y sont opposés.
II. Les obstacles particuliers, dans notre cas, sont : 1. Le grand nombre de ceux qui sont en communion avec nous. Cent personnes seraient tout autant que nous avons la force d’en visiter régulièrement, et aussi souvent qu’il serait désirable ; or il y en a près de quatre cents en communion avec nous. 2. La distance qui sépare les maisons des saints de nos propres demeures, car beaucoup habitent à plus de deux milles. 3. La bénédiction du Seigneur sur nos travaux. Pas une année ne s’est écoulée, depuis que nous sommes à Bristol, sans que plus de cinquante personnes aient été ajoutées à notre nombre, et il a fallu en général s’entretenir plusieurs fois avec chacune d’elles avant de l’admettre dans la communion. 4. Le fait que le frère Craik et moi avons chacun la charge de deux Églises. À première vue, il semble que le travail se trouve ainsi partagé, mais le nombre double de réunions, etc., double presque le travail. 5. Le simple fait de diriger, et de prendre soin, en général, d’un grand corps de croyants, indépendamment des autres travaux, prend beaucoup plus de temps et demande beaucoup plus de force que de prendre soin d’un petit corps de croyants, puisque nous désirons, par la grâce, ne tolérer parmi nous aucun péché connu. 6. La position que nous avons dans l’Église en général nous amène beaucoup de frères qui passent par Bristol, qui viennent nous voir ou logent chez nous, et auxquels, selon la volonté du Seigneur, nous devons consacrer quelque temps. 7. Dans mon propre cas, une correspondance étendue et nécessaire. 8. La faiblesse de corps de l’un et de l’autre. Quand la prédication est terminée,—quand les étrangers qui logent chez nous sont partis,—quand les visites à notre maison ont pris fin,—quand les lettres nécessaires, si brèves soient-elles, sont écrites,—quand les affaires indispensables de l’Église sont réglées,—notre esprit est souvent si épuisé que nous sommes heureux d’être tranquilles. 9. Mais supposons qu’il nous reste de la force physique, une fois toutes ces choses accomplies, la disposition d’esprit n’est pas toujours telle que l’on puisse faire des visites. Après avoir été particulièrement éprouvé par les affaires de l’Église, ce qui n’est pas rare dans un corps si nombreux, ou après avoir été abattu dans sa propre âme, on peut être en état d’entrer dans son cabinet, mais non de visiter les saints. 10. Enfin, dans mon propre cas, une part non négligeable de mon temps est prise par les affaires des maisons d’orphelins, des écoles, de la diffusion des Écritures, du soutien aux entreprises missionnaires, et par les autres travaux liés à l’Institution pour la connaissance des Écritures.
III. Que faut-il faire dans ces circonstances ? 1. Aux jours des apôtres, il y aurait eu davantage de frères pour veiller sur un corps aussi nombreux que le nôtre. Le Seigneur ne nous a pas imposé un fardeau trop lourd pour nous ; il n’est pas un maître dur. Il est évident qu’il ne veut pas que nous tentions même de visiter tous les saints autant qu’il est manifestement nécessaire, et encore moins aussi fréquemment qu’il serait désirable. Nous le mentionnons pour prévenir tout sentiment de malaise chez les chers saints confiés à nos soins pastoraux, qui se trouvent moins visités qu’ils ne l’étaient à notre arrivée à Bristol, lorsqu’ils n’étaient pas soixante-dix, alors qu’ils sont maintenant environ quatre cents, et lorsqu’à bien d’autres égards l’œuvre entre nos mains n’était pas moitié aussi considérable qu’elle l’est maintenant, et que nous avions beaucoup plus de force physique. 2. Il est donc évident que d’autres pasteurs sont nécessaires ; non des pasteurs de nom, mais des hommes que le Seigneur a appelés, et auxquels il a donné un cœur de pasteur et des dons pastoraux. 3. Le Seigneur peut les susciter parmi nous, ou les envoyer d’ailleurs. 4. Mais, en attendant, nous devrions au moins voir s’il n’y a pas parmi nous des aides. 5. Quant à l’œuvre elle-même, afin de gagner du temps, il paraît souhaitable que les deux Églises, Bethesda et Gideon, soient réunies en une seule, que la fraction du pain ait lieu alternativement, et que le nombre des réunions hebdomadaires soit réduit.
21 octobre. Aujourd’hui, le Seigneur m’a donné une maison pour les orphelins garçons, dans la même rue que les deux autres maisons d’orphelins.
La santé de M. Müller ayant souffert de ses soucis, on lui envoya, de sources inattendues, de l’argent destiné à des voyages et à du repos.
REVUE DE L’ANNÉE 1837.
1. Il y a maintenant quatre-vingt-un enfants dans les trois maisons d’orphelins, et neuf frères et sœurs qui en prennent soin. Quatre-vingt-dix personnes se mettent donc chaque jour à table. Seigneur, regarde aux besoins de ton serviteur !
2. Les écoles demandent autant d’aide qu’auparavant, et même davantage, en particulier l’école du dimanche, qui compte actuellement environ 320 enfants, et les écoles de jour environ 350. Seigneur, ton serviteur est un homme pauvre ; mais il s’est confié en toi, et s’est glorifié en toi devant les fils des hommes ; ne permets donc pas qu’il soit confus ! Qu’on ne dise pas que tout cela n’était qu’exaltation, et que c’est pourquoi tout est tombé dans le néant !
3. Mes ressources temporelles se sont élevées à £307 2s. 6½d.
Chapitre 11 terminé
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