Chapitre 97 · 3 min de lecture · 3 min d’écoute
Toute espérance et toute confiance doivent être placées en Dieu seul
Le disciple
QUELLE est, Seigneur, la confiance que j’ai en cette vie, ou quelle est ma plus grande consolation parmi toutes les choses qui paraissent sous le ciel ? N’est-ce pas toi, Seigneur mon Dieu, dont les miséricordes sont sans nombre ? Où me suis-je jamais bien trouvé sans toi ? Ou comment les choses pouvaient-elles mal aller quand tu étais présent ? J’aime mieux être pauvre pour toi que riche sans toi. Je préfère errer sur la terre avec toi que posséder le ciel sans toi. Où tu es, là est le ciel ; et où tu n’es pas, là sont la mort et l’enfer. Tu es mon désir, et c’est pourquoi il me faut crier vers toi, gémir et prier. Je ne puis me fier pleinement à personne pour m’aider dans mes besoins, sinon à toi seul, mon Dieu. Tu es mon espérance. Tu es ma confiance. Tu es mon consolateur, très fidèle en toute nécessité.
Tous cherchent leurs propres intérêts. Toi, au contraire, tu places en premier mon salut et mon progrès, et tu fais tout tourner à mon bien. Même lorsque tu m’exposes à diverses tentations et à diverses épreuves, toi qui as coutume d’éprouver de mille manières ceux que tu aimes, tu ordonnes tout cela pour mon bien. Tu ne dois pas être moins aimé ni moins loué dans cette épreuve que si tu m’avais comblé de consolations célestes.
C’est donc en toi, Seigneur Dieu, que je place toute mon espérance et mon refuge. Sur toi je décharge toutes mes peines et mes angoisses, car tout ce que j’ai hors de toi, je le trouve faible et instable. Il ne me servira de rien d’avoir beaucoup d’amis ; de puissants protecteurs ne pourront m’aider, ni de sages conseillers me donner des réponses utiles, ni les livres des savants me consoler, ni aucun bien précieux racheter ma liberté, ni aucun lieu, si secret et si beau qu’il soit, m’abriter, si toi-même tu ne m’assistes, ne me réconfortes, ne me consoles, ne m’instruis et ne me gardes. Car toutes les choses qui semblent faites pour notre paix et notre bonheur ne sont rien quand tu es absent, et ne donnent en vérité aucun bonheur.
Tu es en effet la source de tout bien, le sommet de la vie, la profondeur de tout ce qui peut se dire. Espérer en toi par-dessus toutes choses est la plus forte consolation de tes serviteurs.
Mon Dieu, Père des miséricordes, c’est vers toi que je regarde, c’est en toi que je me confie. Bénis et sanctifie mon âme d’une bénédiction céleste, afin qu’elle devienne ta sainte demeure et le siège de ta gloire éternelle. Et dans ce temple de ta dignité, que rien ne se trouve qui puisse offenser ta majesté. Dans ta grande bonté et dans la multitude de tes miséricordes, regarde-moi et écoute la prière de ton pauvre serviteur, exilé loin de toi dans la région de l’ombre de la mort. Protège et garde l’âme de ton pauvre serviteur parmi les nombreux périls de cette vie corruptible, et, par ta grâce qui l’accompagne, conduis-le par les chemins de la paix jusqu’à la terre de l’éternelle lumière.
Chapitre 97 terminé
Toute espérance et toute confiance doivent être placées en Dieu seul