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Le danger des richesses

Chapitre 88 · 34 min de lecture · 44 min d’écoute

Le danger des richesses

Sermon 87

Le danger des richesses

« Ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. »

1 Timothée 6:9.

1. Combien innombrables sont les funestes conséquences qui ont suivi de ce que les hommes ne connaissent pas, ou ne considèrent pas, cette grande vérité ! Et combien il en est peu, même dans le monde chrétien, qui la connaissent ou la considèrent comme il faut ! Oui, combien est petit le nombre de ceux qui, même parmi les vrais chrétiens, la comprennent et la prennent à cœur ! La plupart d’entre eux aussi la passent fort légèrement, se souvenant à peine qu’il y a un tel texte dans la Bible. Et beaucoup lui donnent une interprétation qui la rend absolument sans effet. « Ceux qui veulent s’enrichir, disent-ils, ce sont ceux qui veulent s’enrichir à tout prix, qui Veulent s’enrichir à tort ou à raison ; qui sont résolus à arriver à leurs fins, à atteindre ce but, quels que soient les moyens qu’ils emploient pour y parvenir ; ceux-là “tombent dans la tentation” et dans tous les maux qu’énumère l’apôtre. » Mais, en vérité, si c’était là tout le sens du texte, il aurait aussi bien pu ne pas être dans la Bible.

2. C’est si loin d’être tout le sens du texte que ce n’en est aucunement le sens. L’apôtre ne parle pas ici d’acquérir des richesses injustement, mais de tout autre chose : ses paroles doivent se prendre dans leur sens simple et évident, sans restriction ni réserve d’aucune sorte. Saint Paul ne dit pas : « Ceux qui veulent s’enrichir par de mauvais moyens, par le vol, le brigandage, l’oppression ou l’extorsion ; ceux qui veulent s’enrichir par la fraude ou par des artifices malhonnêtes ; mais simplement : « ceux qui veulent s’enrichir » : ceux-là, en admettant, en supposant même que les moyens qu’ils emploient soient aussi innocents qu’on voudra, « tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. »

3. Mais qui croit cela ? Qui le reçoit comme la vérité de Dieu ? Qui en est profondément convaincu ? Qui prêche cela ? Grande est aujourd’hui la troupe des prédicateurs, réguliers et irréguliers ; mais qui d’entre eux tous prêche ouvertement et explicitement cette étrange doctrine ? C’est la remarque pénétrante d’un grand homme : « La chaire est la forteresse d’un prédicateur craintif. » Mais qui, même dans sa forteresse, a le courage de déclarer une vérité si peu à la mode ? Je ne me souviens pas d’avoir entendu, en soixante ans, un seul sermon prêché sur ce sujet. Et quel auteur, dans le même espace de temps, l’a déclarée par la presse ? du moins en langue anglaise ? Je n’en connais pas un. Je n’ai ni vu ni entendu parler d’aucun auteur de ce genre. J’en ai vu deux ou trois qui l’effleurent ; mais aucun qui en traite expressément. Moi-même, je l’ai souvent effleurée en prêchant, et deux fois dans ce que j’ai publié : une fois en expliquant le Sermon de notre Seigneur sur la montagne, et une fois dans le discours sur « Mammon d’iniquité » ; mais je n’ai encore jamais publié ni prêché aucun sermon expressément sur ce sujet. Il est grand temps que je le fasse ;—que je parle enfin aussi fortement et aussi explicitement que je le puis, afin de laisser derrière moi un témoignage plein et clair, quand il plaira à Dieu de me rappeler d’ici.

4. Oh ! que Dieu me donne de dire des paroles justes et puissantes ; et à vous, de les recevoir dans des cœurs honnêtes et humbles ! Qu’on ne dise pas : « Ils s’asseyent devant toi comme mon peuple, et ils écoutent tes paroles, mais ils ne les mettent point en pratique ; tu es pour eux comme un chanteur agréable, possédant une belle voix, et habile dans la musique. Ils écoutent tes paroles, mais ils ne les mettent point en pratique. » Oh ! puissiez-vous « n’être pas des auditeurs oublieux, mais des ouvriers de la parole », afin d’être « heureux dans votre activité » ! C’est dans cette espérance que je m’efforcerai,

I. D’expliquer les paroles de l’apôtre. Et,

II. De les appliquer.

Mais, hélas ! « qui est suffisant pour ces choses? » Qui est capable de remonter le torrent général ? de combattre tous les préjugés, non seulement du vulgaire, mais aussi du monde savant et du monde religieux ? Cependant rien n’est trop difficile pour Dieu ! Sa grâce nous suffit toujours. En son nom donc, et par sa force, je m’y efforcerai.

I. D’expliquer les paroles de l’apôtre.

1. Et, premièrement, considérons ce que c’est qu’être riche. Qu’entend l’apôtre par cette expression ?

Le verset précédent en fixe le sens : « si donc nous avons la nourriture et le vêtement » (littéralement de quoi nous couvrir ; car le mot comprend le logement aussi bien que les habits), « cela nous suffira. » « Mais ceux qui veulent s’enrichir » ; c’est-à-dire ceux qui veulent avoir plus que cela ; plus que la nourriture et de quoi se couvrir. Il s’ensuit clairement que tout ce qui dépasse cela est, au sens de l’apôtre, richesses ; tout ce qui est au-dessus du simple nécessaire, ou tout au plus des commodités, de la vie. Quiconque a suffisamment de nourriture pour manger et de vêtements pour se couvrir, avec un lieu où reposer sa tête, et quelque chose de plus, est riche.

2. Considérons, secondement, ce qui est impliqué dans cette expression : « ceux qui veulent s’enrichir » ? Et cela n’implique-t-il pas, premièrement, ceux qui désirent être riches, avoir plus que la nourriture et de quoi se couvrir ; ceux qui désirent sérieusement et de propos délibéré plus que de quoi manger, de quoi se vêtir et un lieu où reposer leur tête, plus que le simple nécessaire et les commodités de la vie ? Tous ceux, du moins, qui se permettent ce désir, qui n’y voient aucun mal, désirent être riches.

3. Et, secondement, il en est de même de tous ceux qui, calmement, délibérément et de propos arrêté, s’efforcent d’obtenir plus que la nourriture et de quoi se couvrir ; qui visent et s’efforcent d’acquérir, non seulement autant de biens de ce monde qu’il en faut pour se procurer le nécessaire et les commodités de la vie, mais davantage, soit pour l’amasser, soit pour le dépenser en superfluités. Tous ceux-là prouvent indéniablement leur « désir de s’enrichir » par les efforts qu’ils font pour y parvenir.

4. Ne devons-nous pas, troisièmement, ranger parmi ceux qui désirent s’enrichir tous ceux qui, de fait, « amassent des trésors sur la terre » ? chose aussi expressément et aussi clairement défendue par notre Seigneur que l’adultère ou le meurtre. On accorde (1.) que nous devons pourvoir au nécessaire et aux commodités de ceux de notre maison ; (2.) que les gens d’affaires doivent mettre de côté autant qu’il est nécessaire pour la conduite de leurs affaires ; (3.) que nous devons laisser à nos enfants de quoi pourvoir à leur nécessaire et à leurs commodités après que nous aurons quitté le monde ; et (4.) que nous devons rechercher ce qui est honnête devant tous les hommes, de manière à ne « devoir rien à personne ». Mais amasser davantage, quand cela est fait, c’est ce que notre Seigneur a formellement défendu. Quand on le fait calmement et de propos délibéré, c’est une preuve évidente que l’on désire s’enrichir. Et amasser ainsi de l’argent ne s’accorde pas plus avec une bonne conscience que de le jeter à la mer.

5. Nous devons ranger parmi eux, quatrièmement, tous ceux qui possèdent plus de biens de ce monde qu’ils n’en emploient selon la volonté du Donateur : je devrais plutôt dire, du Propriétaire ; car il ne fait que nous les prêter comme à des économes, se réservant à lui-même la propriété. Et, à vrai dire, il ne peut absolument pas faire autrement, puisqu’ils sont l’ouvrage de ses mains ; il est, et doit être, le possesseur du ciel et de la terre. C’est là son droit inaliénable ; un droit dont il ne peut se dessaisir. Et, avec cette portion de ses biens qu’il a déposée entre nos mains, il nous a remis un écrit qui spécifie les fins pour lesquelles il nous les a confiés. Si donc nous en gardons entre nos mains plus qu’il n’est nécessaire pour les fins précédentes, nous tombons certainement sous l’accusation de « désirer nous enrichir ». En outre, nous sommes coupables d’enfouir dans la terre le talent de notre Seigneur, et, pour cette raison, nous risquons d’être déclarés serviteurs méchants, parce qu’inutiles.

6. Sous cette accusation de « désirer s’enrichir » tombent, cinquièmement, tous les « amis de l’argent ». Le mot désigne proprement ceux qui font leurs délices de l’argent ; ceux qui y prennent plaisir ; ceux qui y cherchent leur bonheur ; qui couvent leur or et leur argent, leurs billets ou leurs obligations. Tel était l’homme dépeint par le fin peintre romain, qui éclatait en ce monologue si naturel :—

… Populus me sibilat, at mihi plaudo

Ipse domi simul ac nummos contemplor in arca.

[Voici la traduction que Francis a donnée de ces vers d’Horace :

« Qu’ils sifflent tant qu’ils veulent,

Tandis que, pleinement heureux à mon propre avis,

Je compte mon argent et jouis de mon coffre. » — Édit.]

S’il y a des vices qui ne sont pas naturels à l’homme, j’imagine que celui-ci en est un ; car l’argent, de lui-même, ne paraît satisfaire aucun désir ou appétit naturel de l’esprit humain ; et, en soixante ans d’observation, je ne me souviens pas d’un seul exemple d’homme livré à l’amour de l’argent avant qu’il eût négligé d’employer ce talent précieux selon la volonté de son Maître. Après cela, le péché fut puni par le péché ; et il fut permis à ce mauvais esprit d’entrer en lui.

7. Mais, outre cette sorte grossière de cupidité, l’amour de l’argent, il y a une espèce plus raffinée de cupidité, que mentionne le grand apôtre, pleonexia, qui signifie littéralement le désir d’avoir davantage ; davantage que ce que nous avons déjà. Et ceux-là aussi entrent dans la catégorie de ceux qui veulent s’enrichir. Il est vrai que ce désir, contenu dans de justes limites, est innocent ; bien plus, louable. Mais quand il dépasse les bornes (et combien il est difficile de ne pas les dépasser !), alors il tombe sous la présente censure.

8. Mais qui est capable de recevoir ces paroles dures ? Qui peut croire qu’elles sont les grandes vérités de Dieu ? Pas beaucoup de sages, pas beaucoup de nobles, pas beaucoup de gens renommés pour leur savoir ; personne, à vrai dire, qui ne soit enseigné de Dieu. Et qui sont ceux que Dieu enseigne ? Que notre Seigneur réponde : Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu. Ceux qui pensent autrement seront si loin de la recevoir qu’ils ne seront pas même capables de la comprendre. Deux hommes aussi sensés que la plupart de ceux qui sont en angleterre s’assirent ensemble, il y a quelque temps, pour lire et examiner ce discours simple sur : Ne vous amassez pas des trésors sur la terre. Après une longue et profonde réflexion, l’un d’eux s’écria : « Positivement, je ne puis le comprendre. Dites-moi, le comprenez-vous, monsieur L. ? » M. L. répondit honnêtement : « En vérité, non. Je ne puis concevoir ce que veut dire M. W. Je n’y comprends absolument rien. » Tant notre entendement naturel est entièrement aveugle à l’égard de la vérité de Dieu !

9. ayant expliqué la première partie du texte, « ceux qui veulent s’enrichir », et désigné aussi clairement que je l’ai pu les personnes dont il est parlé, je vais maintenant m’efforcer, avec l’aide de Dieu, d’expliquer ce qui est dit d’elles : « Ils tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. »

« Ils tombent dans la tentation. » Cela semble signifier beaucoup plus que simplement : « Ils sont tentés. » Ils entrent dans la tentation : ils y tombent tout droit, de tout leur poids. Ses flots les environnent et les recouvrent entièrement. de ceux qui entrent ainsi dans la tentation, bien peu en réchappent. Et le petit nombre de ceux qui en réchappent en sont cruellement brûlés, bien qu’ils ne soient pas entièrement consumés. S’ils en réchappent, c’est avec la peau de leurs dents, et avec de profondes blessures qui ne se guérissent pas aisément.

10. Ils tombent, secondement, « dans le piège », le piège du diable, qu’il a tendu tout exprès sur leur chemin. Je crois que le mot grec désigne proprement un traquenard, un piège d’acier, qui ne laisse paraître aucune apparence de danger. Mais dès qu’une créature touche le ressort, il se referme soudain ; et, ou bien il lui broie les os, ou bien il la livre à une ruine inévitable.

11. Ils tombent, troisièmement, « dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux » ; anoetous, sots, insensés, extravagants ; aussi contraires à la raison, au bon sens, qu’ils le sont à la religion ; pernicieux, tant pour le corps que pour l’âme, tendant à affaiblir, oui, à détruire toute disposition de grâce et toute disposition céleste : destructeurs de cette foi qui est l’œuvre de Dieu ; de cette espérance qui est pleine d’immortalité ; de l’amour pour Dieu et pour notre prochain, et de toute bonne parole et de toute bonne œuvre.

12. Mais quels sont ces désirs ? C’est là une question de la plus haute importance, et qui mérite la plus profonde considération.

En général, ils peuvent tous se résumer en un seul : le désir du bonheur hors de Dieu. Celui-ci comprend, directement ou indirectement, tout désir insensé et pernicieux. Saint Paul l’exprime en parlant d’« aimer la créature plus que le Créateur » ; et d’être des hommes « aimant le plaisir plus que Dieu ». En particulier, ce sont (pour employer l’énumération exacte et belle de saint Jean) « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie » ; et le désir des richesses tend naturellement à les faire naître et à les accroître toutes.

13. « La convoitise de la chair » s’entend généralement dans un sens beaucoup trop étroit. Elle ne se rapporte pas, comme on le suppose communément, à l’un des sens seulement, mais elle embrasse tous les plaisirs des sens, la satisfaction de n’importe lequel des sens extérieurs. Elle se rapporte en particulier au goût. Combien de milliers n’en trouvons-nous pas aujourd’hui, chez qui le principe dominant est le désir d’accroître le plaisir de goûter ! Peut-être ne satisfont-ils pas ce désir d’une manière grossière, au point d’encourir le reproche d’intempérance ; encore moins au point de ruiner leur santé ou d’affaiblir leur entendement par la gourmandise ou l’ivrognerie. Mais ils vivent dans une sensualité distinguée et réglée ; dans un épicurisme élégant, qui ne nuit pas au corps, mais détruit seulement l’âme, en la tenant éloignée de toute vraie religion.

14. l’expérience montre que l’imagination se satisfait principalement par le moyen de l’œil : c’est pourquoi « la convoitise des yeux », dans son sens naturel, c’est le désir et la recherche du bonheur dans la satisfaction de l’imagination. Or, l’imagination se satisfait soit par la grandeur, soit par la beauté, soit par la nouveauté : principalement par la dernière ; car ni les objets grandioses ni les objets beaux ne plaisent plus longtemps qu’ils ne sont nouveaux.

15. Chercher le bonheur dans le savoir, de quelque genre qu’il soit, tombe sous « la convoitise des yeux » ; que ce soit dans l’histoire, les langues, la poésie, ou dans quelque branche de la philosophie naturelle ou expérimentale : oui, nous devons y comprendre les diverses sortes de savoir, telles que la géométrie, l’algèbre et la métaphysique. Car si notre suprême délice est dans l’une d’elles, nous satisfaisons en cela « la convoitise des yeux ».

16. « L’orgueil de la vie » (quoi que puisse signifier par ailleurs cette expression très peu commune, he alazoneia tou biou) semble impliquer principalement le désir de l’honneur, de l’estime, de l’admiration et des applaudissements des hommes ; car rien ne tend plus directement à faire naître et à nourrir l’orgueil que l’honneur qui vient des hommes. Et comme les richesses attirent beaucoup d’admiration et occasionnent beaucoup d’applaudissements, elles fournissent à proportion un aliment à l’orgueil, et peuvent donc aussi être rapportées à ce chef.

17. Le désir du bien-être est un autre de ces désirs insensés et pernicieux ; le désir d’éviter toute croix, tout degré de peine, de danger, de difficulté ; le désir de passer la vie à sommeiller et d’aller au ciel (comme dit le vulgaire) sur un lit de plume. Chacun peut observer comment les richesses font d’abord naître ce désir, puis le confirment et l’accroissent, rendant les hommes de plus en plus mous et délicats ; de moins en moins disposés, et en vérité de moins en moins capables, à « se charger chaque jour de leur croix » ; à « souffrir comme de bons soldats de Jésus-Christ », et à « s’emparer du royaume des cieux par la violence ».

18. Les richesses, désirées ou possédées, mènent naturellement à l’un ou à l’autre de ces désirs insensés et pernicieux ; et, en fournissant les moyens de les satisfaire tous, tendent naturellement à les accroître. Et il y a une étroite liaison entre les désirs profanes et toute autre passion et disposition profane. Nous passons aisément de ceux-là à l’orgueil, à la colère, à l’amertume, à l’envie, à la malice, à l’esprit de vengeance ; à un esprit entêté, qui ne veut ni conseil ni réprimande : en vérité, à toute disposition terrestre, charnelle ou diabolique. Tout cela, le désir ou la possession des richesses tend naturellement à le créer, à le fortifier et à l’accroître.

19. Et, ce faisant, dans la mesure même où ils prévalent, ils « transpercent les hommes de beaucoup de douleurs » ; douleurs du remords, d’une conscience coupable ; douleurs qui découlent de toutes les mauvaises dispositions qu’ils inspirent ou accroissent ; douleurs inséparables de ces désirs eux-mêmes, car tout désir profane est un désir inquiet ; et douleurs nées de la contrariété de ces désirs entre eux, d’où vient qu’il est impossible de les satisfaire tous. Et, à la fin, « ils plongent » le corps dans la douleur, la maladie, la « ruine », et l’âme dans la « perdition » éternelle.

II. 1. Je dois, en second lieu, appliquer ce qui a été dit. Et c’est là le point principal. Car que sert la connaissance la plus claire, même des choses les plus excellentes, même des choses de Dieu, si elle ne va pas plus loin que la spéculation, si elle n’est pas réduite en pratique ? Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. Et ce qu’il entend, qu’il le mette aussitôt en pratique. Oh ! que Dieu me donne ce que je désire ardemment ! qu’avant que je m’en aille et que je ne sois plus, je voie un peuple entièrement dévoué à Dieu, crucifié au monde, et pour qui le monde soit crucifié ; un peuple vraiment donné à Dieu, de corps, d’âme et de biens ! Avec quelle joie je dirais alors : « Maintenant, tu laisses ton serviteur S’en aller en paix ! »

2. Je demande donc, au nom de Dieu : Qui d’entre vous « désire s’enrichir » ? Lequel d’entre vous (interrogez votre propre cœur sous le regard de Dieu) désire sérieusement et de propos délibéré (et peut-être s’en applaudit, comme d’un exemple non médiocre de sa prudence) avoir plus que de quoi manger, de quoi se vêtir, et une maison pour l’abriter ? Qui d’entre vous désire avoir plus que le simple nécessaire et les commodités de la vie ? Arrêtez ! Réfléchissez ! Que faites-vous ? Le mal est devant vous ! Voulez-vous vous jeter sur la pointe d’une épée ? Par la grâce de Dieu, retournez-vous et vivez !

3. Par la même autorité je demande : Qui d’entre vous s’efforce de s’enrichir ? de se procurer plus que le simple nécessaire et les commodités de la vie ? Que chacun de vous mette la main sur son cœur et se demande sérieusement : « Suis-je de ce nombre ? Est-ce que je travaille, non seulement pour ce dont j’ai besoin, mais pour plus que ce dont j’ai besoin ? » Que l’Esprit de Dieu dise à chacun de ceux que cela concerne : « Tu es cet homme-là! »

4. Je demande, « troisièmement : Qui d’entre vous, de fait, « s’amasse des trésors sur la terre » ? s’accroît en biens ? ajoute, aussi vite qu’il le peut, maison à maison, et champ à champ ! Aussi longtemps que tu « te fais ainsi du bien à toi-même, les hommes diront du bien de toi ». Ils t’appelleront un homme sage, un homme prudent ! un homme qui a l’œil sur le principal. Telle est, et telle a toujours été, la sagesse du monde. Mais Dieu te dit : « “Insensé!” ne vois-tu pas que “tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu” ? »

5. Peut-être demanderez-vous : « Mais ne conseillez-vous pas vous-même de gagner tout ce que nous pouvons, et d’épargner tout ce que nous pouvons ? Et est-il possible de le faire sans à la fois désirer et s’efforcer de s’enrichir ? bien plus, en supposant que nos efforts réussissent, sans amasser effectivement des trésors sur la terre ? » Je réponds : C’est possible. Vous pouvez gagner tout ce que vous pouvez sans nuire ni à votre âme ni à votre corps ; vous pouvez épargner tout ce que vous pouvez, en évitant soigneusement toute dépense inutile ; et cependant ne jamais amasser de trésors sur la terre, ni désirer ou vous efforcer de le faire.

6. Permettez-moi de parler de moi-même aussi librement que je le ferais d’un autre homme Je gagne tout ce que je peux (à savoir, en écrivant) sans nuire ni à mon âme ni à mon corps. J’épargne tout ce que je peux, ne gaspillant volontairement rien, pas une feuille de papier, pas un verre d’eau. Je ne dépense rien, pas un shilling, sinon comme un sacrifice à Dieu. Cependant, en donnant tout ce que je peux, je suis efficacement préservé d’« amasser des trésors sur la terre ». Oui, et je suis préservé de le désirer ou de m’y efforcer, aussi longtemps que je donne tout ce que je peux. Et que je fais cela, j’en appelle, pour en témoigner, à tous ceux qui me connaissent, amis et ennemis.

7. Mais quelqu’un dira peut-être : « Que vous vous y efforciez ou non, vous êtes indéniablement riche. Vous avez plus que le nécessaire de la vie. » Je l’ai. Mais l’apôtre ne fait pas porter l’accusation simplement sur le fait de posséder une quantité quelconque de biens, mais sur le fait d’en posséder plus que nous n’en employons selon la volonté du Donateur.

Il y a quarante-deux ans, désirant fournir aux pauvres des livres moins chers, plus courts et plus simples qu’aucun de ceux que j’avais vus, j’écrivis beaucoup de petits traités, généralement à un penny la pièce ; et ensuite plusieurs plus grands. Quelques-uns eurent un débit auquel je n’avais jamais songé ; et, par ce moyen, je devins riche sans m’en apercevoir. Mais je ne l’ai jamais désiré ni ne m’y suis jamais efforcé. Et maintenant que cela m’est venu sans que je m’en aperçoive, je n’amasse pas de trésors sur la terre : je n’amasse rien du tout. Mon désir et mon effort, à cet égard, sont de « finir ma pelote avec l’année ». Je ne puis éviter de laisser mes livres derrière moi, quand Dieu me rappellera d’ici ; mais, à tout autre égard, mes propres mains seront mes exécuteurs testamentaires.

8. En ceci, mes frères, que ceux d’entre vous qui sont riches soient comme moi. Vous qui possédez plus que la nourriture et le vêtement, vous demandez : « Que ferons-nous ? Jetterons-nous à la mer ce que Dieu nous a donné ? » À Dieu ne plaise que vous le fassiez ! C’est un excellent talent : il peut être employé grandement à la gloire de Dieu. Votre chemin est tout tracé devant vous ; si vous avez du courage, marchez-y. Ayant gagné, dans le bon sens, tout ce que vous pouvez, et épargné tout ce que vous pouvez, en dépit de la nature, de la coutume et de la prudence mondaine, donnez tout ce que vous pouvez. Je ne dis pas : « Soyez un bon Juif, donnant la dîme de tout ce que vous possédez. » Je ne dis pas : « Soyez un bon pharisien, donnant le cinquième de tout votre bien. » Je n’ose pas vous conseiller de donner la moitié de ce que vous avez ; non, ni les trois quarts ; mais tout ! Élevez vos cœurs, et vous verrez clairement en quel sens cela doit se faire. Si vous désirez être un « économe fidèle et prudent », de cette portion des biens de votre Seigneur qu’il a pour le présent déposée entre vos mains, mais avec le droit de la reprendre quand il lui plaira, (1.) pourvoyez aux choses nécessaires pour vous-même ; de quoi manger, de quoi vous vêtir ; tout ce que la nature demande avec modération pour vous conserver en santé et en force ; (2.) pourvoyez à ces mêmes choses pour votre femme, vos enfants, vos serviteurs, ou tous autres qui appartiennent à votre maison. Si, cela fait, il reste un surplus, alors faites du bien « aux frères en la foi ». S’il reste encore un surplus, « selon que vous en avez l’occasion, pratiquez le bien envers tous ». En agissant ainsi, vous donnez tout ce que vous pouvez ; bien plus, en un sens véritable, tout ce que vous avez. Car tout ce qui est dépensé de cette manière est réellement donné à Dieu. Vous rendez à Dieu ce qui est à Dieu, non seulement par ce que vous donnez aux pauvres, mais aussi par ce que vous dépensez pour pourvoir aux choses nécessaires pour vous-même et pour votre maison.

9. Ô vous, méthodistes, écoutez la parole du Seigneur ! J’ai un message de Dieu pour tous les hommes ; mais pour vous par-dessus tous. Depuis plus de quarante ans, j’ai été votre serviteur et celui de vos pères. Et je n’ai pas été comme un roseau agité par le vent : je n’ai pas varié dans mon témoignage. Je vous ai attesté exactement la même chose depuis le premier jour jusqu’à maintenant. Mais « Qui a cru à ce qui nous était annoncé? » Pas beaucoup de riches, je le crains : je crains qu’il ne soit nécessaire d’appliquer à quelques-uns d’entre vous ces terribles paroles de l’apôtre : « A vous maintenant, riches! Pleurez et gémissez, à cause des malheurs qui viendront sur vous. Votre or et votre argent sont rouillés; et leur rouille s’élèvera en témoignage contre vous, et dévorera vos chairs comme un feu. » Certainement elle le fera, à moins que vous n’épargniez tout ce que vous pouvez et ne donniez tout ce que vous pouvez. Mais qui d’entre vous a considéré cela depuis que vous avez entendu pour la première fois la volonté du Seigneur à ce sujet ? Qui est maintenant résolu à le considérer et à le pratiquer ? Par la grâce de Dieu, commencez aujourd’hui !

10. Ô vous, amis de l’argent, écoutez la parole du Seigneur ! Supposez-vous que l’argent, fût-il multiplié comme le sable de la mer, puisse donner le bonheur ? Alors vous êtes « livrés à une puissance d’égarement, pour croire au mensonge » ; — à un mensonge palpable, réfuté chaque jour par mille expériences. Ouvrez les yeux ! Regardez tout autour de vous ! Les hommes les plus riches sont-ils les plus heureux ? Ceux qui ont les plus grandes possessions ont-ils la plus grande part de contentement ? N’est-ce pas tout le contraire qui est vrai ? N’est-ce pas une observation commune que les plus riches des hommes sont, en général, les plus mécontents, les plus misérables ? La plupart d’entre eux n’avaient-ils pas plus de contentement quand ils avaient moins d’argent ? Regardez dans votre propre cœur. Si vous vous êtes accrus en biens, vous êtes-vous accrus à proportion en bonheur ? Vous avez plus de biens ; mais avez-vous plus de contentement ? Vous savez qu’en cherchant le bonheur dans les richesses, vous ne faites que vous efforcer de boire à des coupes vides. Et qu’elles soient peintes et dorées aussi finement que l’on voudra, elles n’en restent pas moins vides.

11. Ô vous qui désirez ou qui vous efforcez de vous enrichir, écoutez la parole du Seigneur ! Pourquoi seriez-vous encore frappés ? L’expérience même ne vous enseignera-t-elle pas la sagesse ? Sauterez-vous dans une fosse les yeux ouverts ? Pourquoi tomberiez-vous encore « dans la tentation » ? Il ne peut se faire que la tentation, ne vous assaille pas, aussi longtemps que vous êtes dans le corps. Mais quand même elle vous assaillirait de tous côtés, pourquoi voulez-vous y entrer ? Il n’y a aucune nécessité à cela : c’est votre propre acte et fait volontaire. Pourquoi vous précipiteriez-vous encore dans le piège, dans le traquenard que Satan vous a tendu, et qui est tout prêt à vous briser les os ? à écraser votre âme jusqu’à la mort ? Après un avertissement loyal, pourquoi vous enfonceriez-vous encore dans des « désirs insensés et pernicieux » ? désirs aussi incompatibles avec la raison qu’avec la religion elle-même ; désirs qui vous ont déjà fait plus de mal que tous les trésors de la terre ne pourraient en compenser.

12. Ne vous ont-ils pas déjà fait du mal, ne vous ont-ils pas blessés à l’endroit le plus sensible, en ralentissant, sinon en détruisant entièrement, votre « faim et soif de la justice » ? Avez-vous maintenant le même ardent désir que vous aviez autrefois de toute l’image de Dieu ? Avez-vous le même désir véhément qu’autrefois de « tendre à la perfection » ? Ne vous ont-ils pas fait du mal en affaiblissant votre foi ? Avez-vous maintenant « l’impression durable de la foi, qui rend réelles les choses à venir » ? Persévérez-vous, dans toutes les tentations, qu’elles viennent du plaisir ou de la douleur, « comme voyant celui qui est invisible » ? Avez-vous chaque jour, et à chaque heure, un sentiment ininterrompu de sa présence ? Ne vous ont-ils pas fait du mal à l’égard de votre espérance ? Avez-vous maintenant une espérance pleine d’immortalité ? Êtes-vous encore remplis de l’attente ardente de toutes les grandes et précieuses promesses ? Goûtez-vous maintenant « les puissances du siècle à venir » ? Êtes-vous « assis dans les lieux célestes, en Jésus-Christ » ?

13. Ne vous ont-ils pas fait tant de mal qu’ils ont frappé votre religion au cœur ? N’ont-ils pas refroidi (sinon éteint) votre amour pour Dieu ? Cela se détermine aisément. Avez-vous le même délice en Dieu que vous aviez autrefois ? Pouvez-vous dire maintenant :

Je ne veux rien ici-bas ni là-haut ;

Heureux, heureux en ton amour !

Je crains que non. Et si votre amour de Dieu a décliné en quelque manière, votre amour du prochain a décliné de même. Vous êtes donc blessés dans la vie même et dans l’esprit même de votre religion ! Si vous perdez l’amour, vous perdez tout.

14. N’êtes-vous pas blessés à l’égard de votre humilité ? Si vous vous êtes accrus en biens, il ne peut guère en être autrement. Beaucoup vous estimeront meilleur parce que vous êtes plus riche ; Et comment pourrez-vous vous empêcher de le penser vous-même ? surtout si l’on considère les éloges que quelques-uns vous donneront en toute simplicité, et beaucoup dans le dessein de se servir de vous.

Si vous êtes blessés dans votre humilité, cela se montrera à ce signe : vous n’êtes plus aussi docile que vous l’étiez, plus aussi accessible au conseil ; vous n’êtes plus aussi facile à convaincre, plus aussi facile à persuader ; vous avez une bien meilleure opinion de votre propre jugement et vous êtes plus attaché à votre propre volonté. Autrefois on pouvait vous conduire avec un fil ; maintenant on ne peut vous faire tourner avec une corde de charrette. Vous étiez heureux d’être averti ou repris ; mais ce temps est passé. Et maintenant vous tenez pour votre ennemi l’homme qui vous dit la vérité. Oh ! que chacun de vous considère cela avec calme, et voie si ce n’est pas là son propre portrait !

15. N’êtes-vous pas également blessés à l’égard de votre douceur ? Vous aviez autrefois appris une excellente leçon de celui qui était doux aussi bien qu’humble de cœur. Quand on vous injuriait, vous ne rendiez pas d’injures. Vous ne rendiez pas outrage pour outrage, mais, au contraire, vous bénissiez. Votre amour ne s’irritait point, mais vous rendait capable en toute occasion de surmonter le mal par le bien. En est-il ainsi maintenant ? Je crains que non. Je crains que vous ne puissiez « supporter tout ». Hélas ! on pourrait plutôt dire que vous ne pouvez rien supporter ; ni injure, ni même un affront ! Avec quelle promptitude vous êtes troublé ! Avec quelle facilité cela vous vient : « Quoi ! me traiter ainsi, moi ! Quelle insolence ! Comment a-t-il osé le faire ! Je ne suis plus maintenant ce que j’étais autrefois. Qu’il sache que je suis maintenant capable de me défendre. » Vous voulez dire : de vous venger. Et c’est beaucoup si vous n’en êtes pas désireux aussi bien que capable ; si vous ne saisissez pas votre compagnon de service à la gorge.

16. Et n’êtes-vous pas blessés aussi dans votre patience ? Votre amour, maintenant, « supporte tout » ? « Possédez-vous » encore « votre âme par la patience », comme quand vous avez cru pour la première fois ? Oh ! quel changement il y a là ! Vous avez de nouveau appris à être souvent de mauvaise humeur. Vous êtes souvent irrité ; vous sentez l’aigreur, bien plus, vous vous y laissez aller. Vous trouvez une foule de choses qui vont si mal que vous ne savez comment les supporter.

Il y a bien des années, j’étais assis à Londres avec un gentilhomme qui craignait beaucoup Dieu et qui donnait généralement, d’année en année, les neuf dixièmes de son revenu annuel. Un domestique entra et jeta quelques charbons sur le feu. Une bouffée de fumée en sortit. Le baronnet se jeta en arrière dans son fauteuil et s’écria : « Ô monsieur Wesley, voilà les croix que je rencontre chaque jour ! » N’aurait-il pas été moins impatient s’il avait eu cinquante livres par an, au lieu de cinq mille ?

17. Mais revenons. Vous qui avez réussi dans vos efforts pour vous accroître en biens, n’êtes-vous pas insensiblement tombés dans la mollesse de l’esprit, sinon aussi du corps ? Vous ne vous réjouissez plus de « souffrir comme de bons soldats de Jésus-Christ ». Vous ne vous « précipitez plus dans le royaume des cieux, pour vous en emparer comme d’assaut ». Vous ne « renoncez » plus de bon cœur et avec joie « à vous-mêmes », vous ne « vous chargez » plus « chaque jour de votre croix ». Vous ne pouvez vous refuser le pauvre plaisir d’un peu de sommeil, ou d’un lit moelleux, pour entendre la parole qui peut sauver vos âmes ! En vérité, vous « ne pouvez sortir si tôt le matin ; d’ailleurs il fait nuit, bien plus, il fait froid, et peut-être pleut-il aussi. Le froid, l’obscurité, la pluie, tout cela ensemble, — je ne puis même y songer ». Vous ne parliez pas ainsi quand vous étiez pauvre. Vous ne faisiez alors aucun cas de toutes ces choses. C’est le changement de situation qui a occasionné ce triste changement dans votre corps et dans votre esprit ; Vous n’êtes plus que l’ombre de ce que vous étiez ! Qu’ont fait pour vous les richesses ?

« Mais on ne peut s’attendre que je fasse comme j’ai fait. Car je suis maintenant devenu vieux. » Ne suis-je pas devenu vieux aussi bien que vous ? Ne suis-je pas dans ma soixante-dix-huitième année ? Cependant, par la grâce de Dieu, je ne ralentis pas encore le pas. Et vous ne le ralentiriez pas non plus, si vous étiez encore pauvre.

18. Vous êtes si profondément blessés que vous avez presque perdu votre zèle pour les œuvres de miséricorde, aussi bien que pour les œuvres de piété. Autrefois vous alliez de l’avant, à travers le froid ou la pluie, ou quelque croix qui se trouvât sur votre chemin, pour voir les pauvres, les malades, les affligés. Vous alliez de lieu en lieu faisant du bien, et vous découvriez ceux qui n’étaient pas capables de vous trouver. Vous descendiez joyeusement dans leurs caves, et montiez dans leurs mansardes,

Pour subvenir à tous leurs besoins,

Et dépenser et vous dépenser pour secourir ses saints.

Vous découvriez toute scène de misère humaine, et vous la secouriez selon votre pouvoir :

Chaque forme de malheur émouvait ta généreuse pitié ;

Tu voyais la face de ton Sauveur, et, la voyant, tu l’aimais.

Marchez-vous maintenant sur les mêmes traces ? Qu’est-ce qui vous en empêche ? Craignez-vous de gâter votre habit de soie ? Ou y a-t-il un autre lion sur le chemin ? Avez-vous peur d’attraper de la vermine ? Et n’avez-vous pas peur que le lion rugissant ne vous attrape vous-mêmes ? N’avez-vous pas peur de celui qui a dit : « toutes les fois que vous n’avez pas fait ces choses à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne les avez pas faites » ? Qu’est-ce qui suivra ? « Retirez-vous, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. »

19. Autrefois, combien vous étiez attentifs à cette parole : « Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur; tu auras soin de reprendre ton prochain, mais tu ne te chargeras point d’un péché à cause de lui. » Vous repreniez, directement ou indirectement, tous ceux qui péchaient sous vos yeux. Et d’heureuses conséquences s’ensuivaient promptement. Combien était bonne une parole dite à propos ! C’était souvent comme une flèche dans la main d’un géant. Bien des cœurs en étaient transpercés. Bien des hommes au cœur endurci, qui dédaignaient d’entendre un sermon,

Tombaient vaincus au pied de sa croix,

Et sentaient ses flèches trempées dans le sang.

Mais lequel d’entre vous a maintenant cette compassion pour les ignorants, et pour ceux qui sont hors du chemin ? Ils peuvent errer, pour ce qui vous regarde, et se précipiter dans l’étang de feu, sans que rien ne les arrête ni ne les retienne. L’or a endurci vos cœurs. Vous avez autre chose à faire.

Sans secours, sans pitié, que les misérables tombent.

20. Ainsi vous ai-je donné, ô vous qui gagnez, qui aimez, qui possédez les richesses, un avertissement de plus (peut-être le dernier). Oh ! qu’il ne soit pas vain ! Que Dieu l’écrive sur tous vos cœurs ! Bien qu’« il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu », cependant ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. » Seigneur, parle ! et les riches mêmes qui entendent ces paroles entreront dans ton royaume, « s’empareront du royaume des cieux par la violence », « vendront tout pour la perle de grand prix » ; seront « crucifiés au monde, et regarderont toutes choses comme de la boue, afin de gagner Christ » !

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