Chapitre 67 · 21 min de lecture · 28 min d’écoute
Les signes des temps
Sermon 66
Les signes des temps
« Vous savez discerner l’aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps. »
Matthieu 16:3.
1. Voici le passage entier : « Les pharisiens et les sadducéens abordèrent Jésus et, pour l’éprouver, lui demandèrent de leur faire voir un signe venant du ciel. Jésus leur répondit: Le soir, vous dites: Il fera beau, car le ciel est rouge; et le matin: Il y aura de l’orage aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Hypocrites ! Vous savez discerner l’aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps. » [Matthieu 16:1–3]
2. « Les pharisiens et les sadducéens abordèrent Jésus. » En général, ils étaient tout à fait opposés les uns aux autres ; mais ce n’est pas chose rare que les enfants du monde mettent de côté leur opposition mutuelle (au moins pour un temps) et s’unissent cordialement pour s’opposer aux enfants de Dieu. « Et, pour l’éprouver » ; c’est-à-dire pour mettre à l’épreuve s’il était vraiment envoyé de Dieu, ils « lui demandèrent de leur faire voir un signe venant du ciel » ; ce que, croyaient-ils, aucun faux prophète n’était capable de faire. Il n’est pas improbable qu’ils s’imaginaient que cela les convaincrait qu’il était réellement envoyé de Dieu. « Jésus leur répondit: Le soir, vous dites: Il fera beau, car le ciel est rouge; et le matin: Il y aura de l’orage aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. » Il y avait probablement, dans leur climat, des signes plus sûrs du beau et du mauvais temps qu’il n’y en a dans le nôtre. « Hypocrites » ; faisant profession d’amour, tandis que vous avez de l’inimitié dans le cœur ; « Vous savez discerner l’aspect du ciel », et juger par là du temps qu’il fera ; « et vous ne pouvez discerner les signes des temps », quand Dieu introduit dans le monde son Fils premier-né ?
3. Recherchons plus particulièrement, premièrement : quels étaient les temps dont notre Seigneur parle ici, et quels étaient les signes par lesquels ces temps devaient se distinguer de tous les autres ? Nous pourrons ensuite rechercher, secondement : quels sont les temps que nous avons lieu de croire maintenant proches, et comment se fait-il que tous ceux qui s’appellent chrétiens ne discernent pas les signes de ces temps-ci ?
I. 1. Recherchons, en premier lieu : quels étaient ces temps dont notre Seigneur parle ici ? Il est facile de répondre : les temps du Messie ; les temps ordonnés avant la fondation du monde, où il plut à Dieu de donner son Fils unique, pour qu’il prît notre nature, qu’il « parût comme un simple homme », qu’il vécût une vie de tristesse et de douleur, et qu’il fût enfin « obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix », afin que « quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle ». Tel était le temps important dont les pharisiens et les sadducéens ne pouvaient discerner les signes. Si clairs qu’ils fussent en eux-mêmes, un voile si épais était pourtant sur le cœur de ces hommes qu’ils ne discernèrent pas les marques de sa venue, bien qu’elle eût été prédite si longtemps auparavant.
2. Mais quels étaient ces signes de la venue de ce Juste, qui avaient été si longtemps et si clairement prédits, et par lesquels ils auraient aisément discerné ces temps, si le voile n’avait été sur leur cœur ? Ils sont nombreux ; mais il peut suffire d’en mentionner quelques-uns. L’un des premiers est celui qu’indiquent les paroles solennelles prononcées par Jacob peu avant sa mort (Genèse 49:10 :) : « Le sceptre ne s’éloignera point de Juda, Ni le bâton souverain d’entre ses pieds, Jusqu’à ce que vienne le Schilo. » Tous les Juifs, anciens et modernes, s’accordent à dire que par le Schilo il faut entendre le Messie, qui devait donc venir, selon la prophétie, « avant que le sceptre », c’est-à-dire la souveraineté, « se fût éloigné de Juda ». Or le sceptre, sans contestation, s’éloigna de Juda à cette époque même : — signe infaillible qu’à cette époque même le Schilo, c’est-à-dire le Messie, vint.
3. Un second signe éminent de ces temps, les temps de la venue du Messie, nous est donné au troisième chapitre de la prophétie de Malachie : « Voici, j’enverrai mon messager; Il préparera le chemin devant moi. Et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez. » (Malachie 3:1). Combien manifestement cela s’accomplit, d’abord par la venue de Jean-Baptiste, puis par notre bienheureux Seigneur lui-même, « entrant soudain dans son temple » ! Et quel signe pouvait être plus clair, pour ceux qui considéraient sans prévention les paroles du prophète Ésaïe (Ésaïe 40:3 :) : « la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers. »
4. Mais des signes plus clairs encore que ceux-là (si quelques-uns pouvaient l’être davantage) furent les œuvres puissantes qu’il accomplit. Aussi déclare-t-il lui-même : « Les œuvres que je fais … rendent témoignage de moi. » Et c’est à elles qu’il en appelle expressément dans sa réponse à la question de Jean-Baptiste (question posée, non pas, comme quelques-uns l’ont étrangement imaginé, à cause de quelque doute qu’il aurait eu lui-même, mais par le désir d’affermir ses disciples, qui pourraient peut-être chanceler quand leur Maître leur serait enlevé : « Es-tu celui qui doit venir », le Messie ? « ou devons-nous en attendre un autre? » Aucune réponse purement verbale n’aurait pu être aussi convaincante que ce qu’ils voyaient de leurs propres yeux. Jésus les renvoya donc à ce témoignage : « Jésus leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. » (Matthieu 11:4, 5.)
5. Mais comment se fit-il donc que ceux qui avaient la vue si perçante pour d’autres choses, qui savaient « discerner l’aspect du ciel », ne fussent pas capables de discerner ces signes qui annonçaient la venue du Messie ? Ils ne pouvaient les discerner, non faute d’évidence — elle était pleine et claire, — mais faute d’intégrité en eux-mêmes ; parce qu’ils étaient « Une génération méchante et adultère » ; parce que la perversité de leur cœur répandait un nuage sur leur intelligence. C’est pourquoi, bien que le Soleil de justice brillât avec éclat, ils y restaient insensibles. Ils ne voulaient pas être convaincus : c’est pourquoi ils demeurèrent dans l’ignorance. La lumière était suffisante ; mais ils fermèrent les yeux pour ne pas la voir : de sorte qu’ils furent sans excuse, jusqu’à ce que la vengeance vînt sur eux jusqu’au bout.
II. 1. Nous avons, en second lieu, à considérer quels sont les temps que nous avons lieu de croire maintenant proches. Et comment se fait-il que tous ceux qui s’appellent chrétiens ne discernent pas les signes de ces temps-ci ?
Les temps que nous avons lieu de croire proches (s’ils ne sont pas déjà commencés) sont ce que beaucoup d’hommes pieux ont appelé le temps de « la gloire des derniers jours » ; — c’est-à-dire le temps où Dieu déploierait glorieusement sa puissance et son amour dans l’accomplissement de sa promesse pleine de grâce, que « la terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel, Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent ».
2. « Mais y a-t-il en Angleterre, ou dans quelque partie du monde, des signes de l’approche d’un tel temps ? » Il n’y a pas beaucoup d’années, une personne d’un savoir considérable, aussi bien que d’un rang éminent dans l’Église (alors évêque de Londres), fit, dans sa lettre pastorale, cette observation : « Je ne puis m’imaginer ce que veulent dire ces gens quand ils parlent d’une grande œuvre de Dieu en ce temps-ci. Je ne vois maintenant aucune œuvre de Dieu, plus qu’il n’y en a eu en aucun autre temps. » Je le crois : je crois que ce grand homme ne voyait aucune œuvre extraordinaire de Dieu. Ni lui, ni le commun de ceux qu’on appelle chrétiens, ne voyaient aucun signe du jour glorieux qui approche. Mais comment l’expliquer ? Comment se fait-il que ceux qui savent aujourd’hui « discerner l’aspect du ciel », qui sont non seulement de grands philosophes, mais de grands théologiens, aussi éminents que le furent jamais les sadducéens, ou même les pharisiens, ne discernent pas les signes de ces temps glorieux qui, s’ils ne sont pas commencés, sont proches, à la porte même ?
3. Nous accordons, il est vrai, que dans tous les âges de l’Église « Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards », non avec splendeur et pompe, ni avec aucune de ces circonstances extérieures qui accompagnent ordinairement les royaumes de ce monde. Nous accordons que ce « royaume de Dieu est au-dedans de nous », et que par conséquent, quand il commence, soit dans un individu, soit dans une nation, il « est semblable à un grain de sénevé », qui d’abord « est la plus petite de toutes les semences », mais qui pourtant croît peu à peu, jusqu’à ce qu’il « devienne un grand arbre ». Ou, pour employer l’autre comparaison de notre Seigneur, il est semblable à « un peu de levain qu’une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que la pâte soit toute levée ».
4. Mais ne peut-on pas demander : « Y a-t-il maintenant quelque signe que le jour de la puissance de Dieu approche ? » J’en appelle à toute personne loyale et sans prévention : ne pouvons-nous pas, aujourd’hui, discerner tous ces signes (en prenant les mots dans un sens spirituel) auxquels notre Seigneur renvoya les disciples de Jean ? « les aveugles voient » : ceux qui étaient aveugles de naissance, incapables de voir leur propre état déplorable, et bien moins encore de voir Dieu et le remède qu’il leur a préparé dans le Fils de son amour, se voient maintenant eux-mêmes, oui, et voient « la lumière de la gloire de Dieu sur la face de Christ ». Les yeux de leur intelligence étant maintenant ouverts, ils voient clairement toutes choses. — « les sourds entendent » : ceux qui étaient auparavant entièrement sourds à tous les appels extérieurs et intérieurs de Dieu entendent maintenant, non seulement les appels de sa providence, mais aussi les murmures de sa grâce. — « les boiteux marchent » : ceux qui ne s’étaient jamais encore levés de terre, ni n’avaient fait un seul pas vers le ciel, marchent maintenant dans toutes les voies de Dieu ; bien plus, ils « courent dans la carrière qui leur est ouverte ». — « les lépreux sont purifiés » : la lèpre mortelle du péché, qu’ils avaient apportée avec eux dans le monde, et qu’aucun art humain n’avait jamais pu guérir, les a maintenant entièrement quittés. Et assurément jamais, en aucun âge ni en aucune nation depuis les apôtres, ces paroles : « la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres », ne se sont accomplies d’une manière aussi éminente qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, le levain de l’Évangile, la foi agissante par l’amour, — la sainteté intérieure et extérieure, — ou (pour employer les termes de saint Paul) « la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit », — s’est tellement répandu en diverses parties de l’Europe, particulièrement en Angleterre, en Écosse, en Irlande, dans les îles, au nord et au sud, de la Géorgie à la Nouvelle-Angleterre et à Terre-Neuve, que des pécheurs ont été véritablement convertis à Dieu, entièrement changés dans leur cœur et dans leur vie ; non par dizaines ou par centaines seulement, mais par milliers, oui, par myriades ! Le fait ne peut être nié : nous pouvons désigner les personnes, avec leurs noms et leurs lieux de résidence. Et pourtant les sages du monde, les hommes éminents, les hommes de savoir et de renom, « ne peuvent s’imaginer ce que nous voulons dire quand nous parlons d’une œuvre extraordinaire de Dieu » ! Ils ne peuvent discerner les signes de ces temps-ci ! Ils ne voient aucun signe que Dieu se lève pour défendre sa propre cause et établir son royaume sur la terre !
5. Mais comment l’expliquer ? Comment se fait-il qu’ils ne puissent discerner les signes de ces temps-ci ? Nous pouvons expliquer leur manque de discernement par le même principe qui nous a expliqué celui des pharisiens et des sadducéens : à savoir qu’ils sont eux aussi ce qu’étaient ceux-là, une « génération adultère et pécheresse ». Si leur œil était simple, tout leur corps serait plein de lumière ; mais si leur œil est mauvais, tout leur corps doit être plein de ténèbres. Toute mauvaise disposition obscurcit l’âme ; toute mauvaise passion couvre l’intelligence d’un nuage. Comment donc pouvons-nous nous attendre à ce que ceux-là soient capables de discerner les signes des temps, qui sont pleins de toutes les passions déréglées, et esclaves de toutes les mauvaises dispositions ? Or c’est là réellement leur cas. Ils sont pleins d’orgueil : ils ont d’eux-mêmes une opinion beaucoup plus haute qu’ils ne doivent. Ils sont vains : ils « tirent leur gloire les uns des autres, et ne cherchent point la gloire qui vient de Dieu seul ». Ils nourrissent dans leur cœur la haine et la malice ; ils donnent place à la colère, à l’envie, à la vengeance ; ils rendent le mal pour le mal, et l’injure pour l’injure. Au lieu de surmonter le mal par le bien, ils ne se font aucun scrupule de réclamer œil pour œil et dent pour dent. Ils « n’ont pas de goût pour les choses de Dieu, mais pour celles des hommes ». Ils s’affectionnent, non aux choses d’en haut, mais à celles qui sont de la terre. Ils « aiment la créature plus que le Créateur » ; ils sont des hommes « aimant le plaisir plus que Dieu ». Comment donc discerneraient-ils les signes des temps ? Le dieu de ce monde, qu’ils servent, a aveuglé leur cœur, et couvert leur esprit d’un voile d’épaisses ténèbres. Hélas ! qu’ont à faire ces « âmes de chair et de sang » (comme dit quelqu’un) avec Dieu, ou avec les choses de Dieu ?
6. Saint Jean donne cette raison même pour laquelle les Juifs ne comprenaient pas les choses de Dieu : à savoir que, par suite de leurs péchés précédents et de leur rejet volontaire de la lumière, Dieu les avait maintenant livrés à Satan, qui les aveugla sans retour. Maintes et maintes fois, quand ils auraient pu voir, ils ne le voulurent pas ; ils fermèrent les yeux à la lumière ; et maintenant ils ne peuvent plus voir, Dieu les ayant livrés à un esprit sans discernement. C’est pourquoi ils ne croient pas, parce qu’Ésaïe a dit (c’est-à-dire à cause de la raison donnée dans cette parole d’Ésaïe) : « Il a aveuglé leurs yeux; et il a endurci leur cœur, De peur qu’ils ne voient des yeux, Qu’ils ne comprennent du cœur, Qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. » Le sens clair n’est pas que Dieu ait fait cela par sa propre puissance immédiate — ce serait un pur blasphème de dire que Dieu, en ce sens, endurcit qui que ce soit ; mais son Esprit ne lutte plus avec eux, et alors Satan les endurcit efficacement.
7. Et comme il en fut d’eux dans les temps anciens, ainsi en est-il de la génération présente. Des milliers de ceux qui portent le nom de Christ sont maintenant livrés à un esprit sans discernement. Le dieu de ce monde a tellement aveuglé leurs yeux que la lumière ne peut briller sur eux ; de sorte qu’ils ne peuvent pas plus discerner les signes des temps que ne le pouvaient autrefois les pharisiens et les sadducéens. Un exemple étonnant de cet aveuglement spirituel, de cette entière incapacité à discerner les signes des temps dont parle l’Écriture, nous est donné dans l’ouvrage très célèbre d’un écrivain éminent, mort récemment, qui suppose que la nouvelle Jérusalem descendit du ciel lorsque Constantin le Grand se déclara chrétien. Je dis : se déclara chrétien ; car je n’ose affirmer qu’il le fût, pas plus que Pierre le Grand. Je ne puis m’empêcher de croire qu’il aurait été plus près de la vérité s’il avait dit que ce fut le temps où un immense nuage de soufre infernal et de fumée monta du puits de l’abîme ! Car assurément il n’y eut jamais de temps où Satan remporta un avantage si funeste sur l’Église de Christ que lorsqu’un tel flot de richesses, d’honneurs et de puissance fit irruption sur elle, particulièrement sur le clergé !
8. D’après la même règle, quels signes cet écrivain aurait-il attendus de la conversion prochaine des païens ? Il se serait sans doute attendu à un héros, comme Charles de Suède ou Frédéric de Prusse, pour porter le feu, l’épée et le christianisme à travers des nations entières à la fois ! Et l’on ne peut nier que, depuis le temps de Constantin, bien des nations aient été converties de cette manière. Mais pourrait-on dire de conversions comme celles-là : « Le royaume des cieux ne vient pas de manière à frapper les regards » ? Assurément, tout le monde doit remarquer un guerrier qui se rue à travers le pays à la tête de cinquante ou soixante mille hommes ! Mais est-ce là la manière de répandre le christianisme qu’a choisie son auteur, le Prince de la paix ? Non, ce n’est pas de cette manière qu’un grain de sénevé croît jusqu’à devenir un grand arbre. Ce n’est pas ainsi qu’un peu de levain fait lever toute la pâte. Il se répand plutôt par degrés, de plus en plus loin, jusqu’à ce que le tout soit levé. Nous pouvons juger de ce qui sera par la suite d’après ce que nous avons déjà vu. Et c’est de cette manière que la vraie religion chrétienne, la foi qui est agissante par l’amour, s’est répandue, particulièrement en Grande-Bretagne et dans ses dépendances, depuis un demi-siècle.
9. Elle continue de se répandre de la même manière au temps présent aussi, comme il peut aisément paraître à tous ceux dont les yeux ne sont pas aveuglés. Tous ceux qui éprouvent dans leur propre cœur la puissance de Dieu pour le salut s’apercevront aisément que la même religion dont ils jouissent continue de se répandre de cœur en cœur. Ils reconnaissent la même grâce de Dieu agissant de tous côtés avec force et avec douceur ; et ils se réjouissent de voir un pécheur, puis un autre, demander d’abord : « que faut-il que je fasse pour être sauvé? » — puis rendre ce témoignage : « Mon âme exalte le Seigneur, Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur. » Après une enquête loyale et impartiale, ils trouvent de plus en plus de personnes, non seulement parmi ceux qui avaient quelque forme de religion, mais parmi ceux qui n’en avaient aucune, qui étaient des pécheurs débauchés et perdus, maintenant entièrement changés, craignant vraiment Dieu et pratiquant la justice. Ils en remarquent de plus en plus, même parmi ces pauvres rebuts de l’humanité, qui sont changés intérieurement et extérieurement ; aimant Dieu et leur prochain ; vivant dans la pratique constante de la justice, de la miséricorde et de la vérité ; faisant du bien à tous selon qu’ils en ont l’occasion ; paisibles et heureux dans leur vie, et triomphants dans leur mort.
10. Quelle excuse, donc, ont ceux qui croient que les Écritures sont la Parole de Dieu, de ne pas discerner les signes de ces temps-ci, comme préparant l’appel général des païens ? Qu’est-ce que Dieu aurait pu faire, qu’il n’ait pas fait, pour vous convaincre que le jour vient, que le temps est proche, où il accomplira ses glorieuses promesses, où il se lèvera pour défendre sa propre cause et pour établir son royaume sur toute la terre ? Quoi, en vérité, à moins qu’il ne vous eût forcés à croire ? Et cela, il ne pouvait le faire sans détruire la nature qu’il vous avait donnée : car il vous a faits agents libres, ayant un pouvoir intérieur de vous déterminer vous-mêmes, qui est essentiel à votre nature. Et il vous traite comme des agents libres du commencement à la fin. Comme tels, vous pouvez fermer ou ouvrir les yeux, à votre gré. Vous avez assez de lumière qui brille tout autour de vous ; pourtant vous n’avez pas besoin de la voir si vous ne le voulez pas. Mais soyez assurés que Dieu ne prend pas plaisir à vous voir fermer les yeux, puis dire : « Je ne puis voir. » Je vous conseille d’examiner impartialement toute l’affaire. Après une enquête loyale sur les faits, considérez profondément : « Quelle est l’œuvre de Dieu ? » « Qui a jamais vu rien de semblable? Qui a jamais entendu pareille chose ? » Une nation n’a-t-elle pas, pour ainsi dire, pu « naître en un jour » ? Combien rapide, et aussi combien profonde et combien étendue, est l’œuvre qui s’est accomplie dans le siècle présent ! Et assurément « non par la puissance ni par la force, mais par l’Esprit du Seigneur ». Car combien les moyens étaient absolument insuffisants ! combien les instruments étaient incapables de produire un tel effet, — du moins ceux dont il a plu à Dieu de se servir dans les États britanniques et en Amérique ! Par quels instruments invraisemblables il a plu à Dieu d’agir dès le commencement ! « Quelques jeunes têtes sans expérience, disait l’évêque de Londres, que peuvent-elles prétendre faire ? » Elles prétendaient être, dans la main de Dieu, ce qu’est une plume dans la main d’un homme. Elles prétendaient (et elles le prétendent encore aujourd’hui) faire l’œuvre pour laquelle elles sont envoyées ; faire précisément ce qu’il plaît au Seigneur. Et s’il lui plaît de renverser les murailles de Jéricho, les forteresses de Satan, non par les machines de guerre, mais par le son des cornes de bélier, qui lui dira : « Que fais-tu? »
11. Cependant, « heureux sont vos yeux, parce qu’ils voient : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. » Vous voyez et reconnaissez le jour de votre visitation, une visitation telle que ni vous ni vos pères n’en aviez connu. Vous pouvez bien dire : « C’est ici la journée que l’Éternel a faite: Qu’elle soit pour nous un sujet d’allégresse et de joie! » Vous voyez l’aurore de ce jour glorieux dont tous les prophètes ont parlé. Et comment mettrez-vous à profit, de la manière la plus efficace, ce jour de votre visitation ?
12. Le premier point est celui-ci : veillez à ne pas recevoir vous-mêmes en vain la bénédiction de Dieu. Commencez par la racine, si vous ne l’avez déjà fait. Repentez-vous maintenant, et croyez à l’Évangile ! Si vous avez cru, « Prenez garde à vous-mêmes, afin que vous ne perdiez pas le fruit de votre travail, mais que vous receviez une pleine récompense. » Ranimez le don de Dieu qui est en vous ! Marchez dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière. Et tandis que vous « retenez ce que vous avez atteint, tendez à la perfection ». Oui, et quand vous serez « rendus parfaits dans l’amour », continuez, « oubliant ce qui est en arrière, à courir vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ ».
13. Il vous appartient, en second lieu, d’aider votre prochain. « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » Pendant que vous en avez l’occasion, pratiquez le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi. Proclamez la bonne nouvelle du salut prêt à être révélé, non seulement à ceux de votre propre maison, non seulement à vos parents, à vos amis et à vos connaissances, mais à tous ceux que Dieu, dans sa providence, remet entre vos mains ! « Vous », qui savez déjà en qui vous avez cru, « êtes le sel de la terre ». Travaillez à assaisonner de la connaissance et de l’amour de Dieu tous ceux avec qui vous avez quelque rapport ! « Vous êtes comme une ville située sur une montagne » ; vous ne pouvez, vous ne devez pas être cachés. « Vous êtes la lumière du monde. on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau » ; combien moins le Dieu infiniment sage ! Non ; qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison, tous ceux qui sont témoins de votre vie et de votre conduite. Avant tout, persévérez dans la prière, pour vous-mêmes, pour toute l’Église de Dieu, et pour tous les enfants des hommes, afin qu’ils se souviennent d’eux-mêmes et se tournent vers notre Dieu, et qu’eux aussi jouissent de la bénédiction de l’Évangile sur la terre, et de la gloire de Dieu dans le ciel !
Chapitre 67 terminé
Les signes des temps