Chapitre 139 · 17 min de lecture · 21 min d’écoute
Sur ce qui attriste le Saint-Esprit
Sermon 138 152152(Écrit en l’année 1733)
Sur ce qui attriste le Saint-Esprit
« N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. »
Éphésiens 4:30.
Il ne peut y avoir de point plus important, pour celui qui sait que c’est le Saint-Esprit qui nous conduit dans toute la vérité et dans toute la sainteté, que de considérer dans quelle disposition d’âme nous devons accueillir sa divine présence ; de manière à ne pas l’éloigner de nous, ni le frustrer des fins gracieuses auxquelles est destinée sa demeure en nous ; fins qui ne sont pas l’amusement de notre intelligence, mais la conversion et l’entière sanctification de nos cœurs et de nos vies.
Ces paroles de l’apôtre contiennent à ce sujet une exhortation des plus sérieuses et des plus affectueuses : « N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. »
Le titre de « saint », appliqué à l’Esprit de Dieu, ne signifie pas seulement qu’il est saint dans sa propre nature, mais qu’il nous rend saints ; qu’il est pour son Église la grande source de la sainteté ; l’Esprit d’où découlent toute la grâce et toute la vertu par lesquelles les taches de la culpabilité sont effacées, par lesquelles nous sommes renouvelés dans toutes les saintes dispositions et portons de nouveau l’image de notre Créateur. L’apôtre avait donc de grandes raisons de donner à ce sujet cette charge solennelle, et la plus haute obligation pèse sur nous tous de la considérer avec l’attention la plus profonde ; et, pour le faire plus efficacement, je rechercherai :
I. En quel sens il est dit que l’Esprit de Dieu est attristé par les péchés des hommes :
II. Par quelle sorte de péché il est plus particulièrement attristé.
III. Je m’efforcerai de montrer la force de l’argument de l’apôtre contre ce qui attriste le Saint-Esprit, — « Par lequel nous avons été scellés pour le jour de la rédemption. »
I. Je dois premièrement rechercher en quel sens on peut dire que l’Esprit de Dieu est attristé par les péchés des hommes. Il n’y a en Dieu rien de ce que nous appelons proprement passion. Mais il y a quelque chose d’un ordre infiniment plus élevé : certains mouvements de sa volonté, plus forts et plus vigoureux que les hommes ne peuvent le concevoir ; et, bien qu’ils n’aient pas la nature des passions humaines, ils en remplissent cependant les fins. Par la tristesse, nous devons donc entendre une disposition de la volonté de Dieu qui découle à la fois de son amour sans bornes pour la personne des hommes et de son horreur infinie pour leurs péchés. Et c’est en ce sens restreint qu’elle est ici appliquée à l’Esprit de Dieu dans les paroles de l’apôtre.
Et les raisons pour lesquelles elle lui est particulièrement appliquée sont : premièrement, parce qu’il est plus immédiatement présent avec nous ; deuxièmement, parce que nos péchés sont autant de mépris de cette suprême expression de son amour, et frustrent le Saint-Esprit dans son dernier remède ; et, troisièmement, parce que, par cette conduite ingrate, nous le provoquons à se retirer de nous.
1. Il est dit que nous attristons le Saint-Esprit par nos péchés, à cause de sa présence immédiate avec nous. Ils sont commis plus directement sous ses yeux, et lui sont par conséquent plus gravement offensants. Il lui plaît de regarder les chrétiens qui font profession de piété comme plus particulièrement mis à part pour son honneur ; bien plus, nous lui sommes si étroitement unis qu’il est dit que nous sommes « avec lui un seul esprit » ; c’est pourquoi tout péché que nous commettons maintenant, outre sa culpabilité propre, renferme une provocation nouvelle et infiniment grave. « Ne vous connaissez-vous pas vous-mêmes », dit saint Paul, « et ne savez-vous pas que vos corps sont les temples du Saint-Esprit ? » Et comment le sont-ils, sinon par sa demeure et sa présence intime dans nos âmes ? Lors donc que nous dressons dans nos cœurs (qui sont proprement son autel) les idoles des inclinations terrestres, et que nous nous prosternons pour servir ces passions vicieuses que nous devrions sacrifier à sa volonté, — cela doit nécessairement lui être offensant et douloureux au plus haut degré. « Car quel accord y a-t-il entre » le Saint-Esprit « et Bélial? ou quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles? »
2. Nous attristons le Saint-Esprit par nos péchés, parce qu’ils sont autant de mépris de la suprême expression de son amour, et qu’ils le frustrent dans le dernier remède par lequel il lui plaît de travailler à notre relèvement. Et ainsi, tout péché que nous commettons maintenant est commis en dépit de tous ses puissants secours, au mépris de ses répréhensions, — retour ingrat pour une bonté infinie !
Comme le Saint-Esprit est le ministre immédiat de la volonté de Dieu sur la terre, et qu’il conduit toutes les grandes affaires de l’Église de Christ, — si, tandis qu’il répand sur nous les richesses de sa grâce, il les trouve toutes sans effet, il n’est pas étonnant qu’il en appelle au monde entier, dans les paroles du prophète, contre notre ingratitude : « Maintenant donc, ô hommes de Juda, Soyez juges entre moi et ma vigne! Qu’y avait-il encore à faire à ma vigne, Que je n’aie pas fait pour elle? Pourquoi, quand j’ai espéré qu’elle produirait de bons raisins, En a-t-elle produit de mauvais? » Ces paroles, et beaucoup d’autres semblables que nous rencontrons dans les saintes Écritures, sont les plus hautes expressions de la plus profonde sollicitude ; elles impliquent la plus extrême répugnance à traiter sévèrement ceux-là mêmes qu’il n’a pu cependant réformer par toutes les sages méthodes de sa grâce. Le Saint-Esprit se représente ici comme quelqu’un qui serait heureux d’épargner les pécheurs s’il le pouvait ; et nous pouvons donc être sûrs qu’il lui est douloureux qu’ils ne le lui permettent pas par leurs péchés.
Que des hommes frustrent ainsi l’Esprit saint d’amour, — car tel est aussi son titre particulier, — qu’ils l’obligent ainsi à attendre pour leur faire grâce, à nous accompagner pendant toute la carrière de notre folie et de notre vanité, à se tenir là et à être témoin de notre obstination, tenant entre ses mains les offres pressantes d’une bonté infinie, — c’est une conduite d’une telle nature qu’aucune âme touchée de la grâce n’en peut supporter la pensée. C’est une preuve de la miséricorde sans bornes de Dieu qu’il lui plaise de déclarer qu’il en est seulement attristé ; que son indignation n’éclate pas en flammes contre ceux qui sont si bassement ingrats, pour les consumer en un moment.
Ce fut une telle ingratitude chez les Juifs, après des expériences sans nombre de ses miséricordes extraordinaires envers eux, qui fit qu’enfin l’amour infini se tourna en amertume pour leur rendre selon leurs œuvres ; comme nous le voyons raconté par les prophètes de la manière la plus touchante et la plus vive. Et assurément, si nous considérons les obligations beaucoup plus grandes qu’il nous a imposées, à nous qui jouissons des plus hauts privilèges, nous pouvons être sûrs que notre conduite coupable et rebelle sera enfin aussi grande que les miséricordes dont nous avons abusé.
Il n’est pas douteux que Dieu observe tous les fils des hommes, et que sa colère demeure sur tout ouvrier d’iniquité. Mais c’est celui qui fait profession de piété et qui, ayant connu son amour qui pardonne, lui est infidèle, qui attriste son Saint-Esprit ; ce qui implique dans nos péchés une bassesse particulière. Un homme peut être irrité, il est vrai, par les torts de son ennemi ; mais il est proprement attristé par les offenses de son ami. Et c’est pourquoi, outre nos autres obligations, notre relation très étroite avec Dieu, en tant que ses amis et ses enfants, serait, si nous avions une étincelle de reconnaissance dans nos âmes, un puissant frein pour nous préserver du mal.
3. Mais si des arguments de ce genre ne sont pas assez forts pour nous empêcher d’attrister notre meilleur Ami, le Saint-Esprit de Dieu, considérons que, par cette conduite ingrate, nous le provoquerons à se retirer de nous.
Presque tous ceux qui ont jamais goûté les bons dons du Saint-Esprit doivent avoir fait l’expérience de cette vérité. Il faut espérer que nous avons eu, à un moment ou à un autre, un sentiment si vif de sa sainte influence sur nous que, lorsque nous avons eu le malheur de l’offenser, nous pouvions aisément percevoir le changement dans nos âmes, par ces ténèbres, cette angoisse et cet abattement qui suivent plus particulièrement les péchés volontaires et présomptueux. En ces moments-là, le bienheureux Esprit se retirait et nous cachait sa présence ; nous étions justement abandonnés au sentiment de notre propre misère et de notre détresse, jusqu’à ce que nous nous fussions humiliés devant le Seigneur, et que, par une profonde repentance et une foi agissante, nous eussions obtenu le retour de la miséricorde et de la paix divines.
Et plus souvent nous l’offensons, plus nous affaiblissons ses influences dans nos âmes. Car des ruptures fréquentes amèneront nécessairement de l’éloignement entre nous ; et il est impossible que notre commerce avec lui soit cordial, quand il est troublé par des interruptions répétées. Ainsi un homme pardonnera à son ami un grand nombre d’imprudences, et quelques transgressions volontaires ; mais s’il le trouve souvent occupé à l’outrager, toute sa bienveillance s’usera par degrés ; et la chaleur de son affection, même envers celui qui en avait la plus grande part, s’éteindra ; car il ne pourra s’empêcher de penser qu’un tel homme ne désire plus, ni ne mérite, d’entretenir amitié avec lui.
II. J’en viens maintenant à considérer par quelles sortes de péchés le Saint-Esprit est plus particulièrement attristé. Ces péchés sont, en général, ceux qui ou bien, dès l’abord, frustrent entièrement sa grâce de l’effet qu’elle doit avoir sur nos âmes, ou bien sont ensuite directement contraires à ses secours pleins de grâce et de miséricorde. De la première sorte, je ne mentionnerai pour le présent que l’irréflexion ; de la seconde, les péchés de présomption.
Le premier que je mentionnerai, comme attristant plus particulièrement le Saint-Esprit, c’est l’irréflexion et l’inattention à ses saints mouvements en nous. Il y a une certaine disposition, un certain état de l’âme, une sobriété d’esprit, sans laquelle l’Esprit de Dieu ne concourra pas à la purification de nos cœurs. Il est en notre pouvoir, par sa grâce prévenante et sa grâce qui nous assiste, de préparer cela en nous-mêmes ; et il attend que nous le fassions, cela étant le fondement de toutes ses œuvres ultérieures. Or, cela consiste à maintenir nos esprits dans une disposition calme et sérieuse, à régler et à apaiser nos affections, et à rappeler et réprimer les poursuites déréglées de nos passions après les vanités et les plaisirs de ce monde ; chose d’une telle importance que la raison même pour laquelle les hommes profitent si peu sous les moyens les plus puissants, c’est qu’ils ne regardent pas assez au dedans d’eux-mêmes, qu’ils n’observent et ne surveillent pas les désordres et les imperfections de leur propre esprit, et ne sont pas attentifs aux directions et aux remèdes que le Saint-Esprit est toujours prêt à leur suggérer. Les hommes sont généralement perdus dans le tumulte de la vie, dans ses affaires ou ses plaisirs, et semblent penser que leur régénération, leur nature nouvelle, germera et grandira en eux avec aussi peu de soin et de réflexion de leur part que leurs corps ont été conçus et sont parvenus à leur pleine force et à leur pleine stature ; tandis qu’il n’y a rien de plus certain que ceci : le Saint-Esprit ne purifiera pas notre nature si nous ne sommes pas attentifs à ses mouvements, qui sont perdus pour nous tant que, selon le langage du prophète, nous « dissipons notre temps », — tant que nous gaspillons nos pensées en choses inutiles, et laissons notre avancement spirituel, la seule chose nécessaire, entièrement oublié et négligé.
Il y a beaucoup de personnes qui, dans l’ensemble de leur vie, ont une conduite régulière, observent les moyens d’avancement, et fréquentent exactement le saint sacrement ; et qui cependant, dans les intervalles de leurs devoirs, donnent trop de liberté à leurs pensées, à leurs affections et à leurs discours : elles semblent ajourner la grande affaire du salut à la prochaine heure de dévotion. Si ces personnes qui font profession de piété perdent tant dans leur état spirituel faute d’ajuster et de balancer leurs comptes, que devons-nous donc penser de ceux qui accordent à peine une pensée sérieuse à leur bien éternel ? Assurément, il n’est pas de disposition d’esprit moins amie de l’esprit de la religion qu’une disposition légère et irréfléchie, qui, par une succession naturelle d’affections fortes et vaines, ferme leurs âmes à tout ce qui est utile, jusqu’à ce qu’enfin ils soient surpris par une léthargie fatale ; ils perdent de vue tout danger, et deviennent insensibles aux convictions divines ; et, par suite, frustrent entièrement tous les moyens bénis de relèvement. Si donc nous mesurons la tristesse du Saint-Esprit au sujet des péchés des hommes par les degrés de son désappointement, nous pouvons conclure qu’il n’y a pas d’état d’esprit qui l’attriste davantage, si ce n’est celui de la méchanceté effective.
Les péchés de présomption sont, en vérité, offensants au plus haut point pour le Saint-Esprit de Dieu. Ce sont des actes d’inimitié ouverte contre lui, et ils ont toute la culpabilité d’une rébellion ouverte. Le pécheur volontaire n’est ni ignorant ni surpris ; mais il combat sciemment contre le commandement exprès de Dieu, et contre la conviction vive, pleine et présente de son propre esprit et de sa propre conscience ; de sorte que c’est là la mesure même de l’iniquité. Et toutes les autres sortes de péchés sont plus ou moins odieuses selon qu’elles sont plus près ou plus loin des péchés de cette nature terrible ; en tant que ceux-ci impliquent la plus grande opposition à la volonté de Dieu, le mépris de sa miséricorde et le défi à sa justice. Si quelque chose le peut, c’est assurément ce qui doit l’attrister au point de lui faire retirer entièrement sa présence pleine de grâce.
III. J’en viens maintenant à montrer la force de l’argument de l’apôtre contre ce qui attriste le Saint-Esprit, — parce que nous avons « été scellés pour le jour de la rédemption ».
Par « le jour de la rédemption », on peut entendre soit le moment où nous quittons ces corps à la mort, soit celui où nous les reprendrons à la résurrection générale. Mais ici il s’agit probablement du second ; et c’est en ce sens que l’apôtre emploie le mot dans un autre passage : « En attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. » Et c’est pour ce jour de la rédemption que nous sommes scellés par le Saint-Esprit, de ces trois manières : —
1. En recevant sur nos âmes son empreinte réelle ; en étant rendus participants de la nature divine.
2. En le recevant comme une marque de la propriété de Dieu ; comme un signe que nous appartenons à Christ. Et,
3. Comme des arrhes et une assurance données à notre propre esprit que nous avons droit au bonheur éternel.
Et, premièrement, nous sommes scellés par le Saint-Esprit de Dieu en recevant sur nos âmes son empreinte réelle ; en étant rendus participants de la nature divine, et rendus « capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière ». C’est là, en vérité, le dessein de sa demeure en nous : guérir nos âmes déréglées, et rétablir dans notre nature cette image de lui-même que nos corruptions originelle et actuelles ont si fort défigurée. Et jusqu’à ce que nos esprits soient, en quelque mesure, ainsi renouvelés, nous ne pouvons avoir aucune communion avec lui. Car « Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité. » Mais par le renouvellement de nos esprits à l’image de celui qui nous a créés, nous devenons toujours plus capables de recevoir ses influences ; et, au moyen d’un commerce quotidien avec lui, nous sommes de plus en plus transformés à sa ressemblance, jusqu’à ce que nous en soyons rassasiés.
Cette ressemblance avec Dieu, cette conformité de notre volonté et de nos affections à sa volonté, c’est, à proprement parler, la sainteté ; et produire cela en nous, c’est la fin propre et le dessein de toutes les influences du Saint-Esprit. Au moyen de sa présence en nous, nous recevons de lui une grande plénitude de saintes vertus ; nous prenons dans nos esprits des traits de ressemblance qui correspondent à ses perfections originales. Et ainsi nous sommes scellés par lui, dans le premier sens, par voie de préparation pour notre jour de rédemption.
Et puisqu’il en est ainsi, et que notre nature nouvelle grandit ainsi sous la puissance de ses mains, que faisons-nous, quand nous l’attristons par nos péchés, sinon défaire et détruire son œuvre ? Nous frustrons ses desseins en abattant les clôtures qu’il s’efforçait d’élever contre les débordements de la corruption ; de sorte qu’à la fin nous mettons entièrement en échec toutes les mesures pleines de grâce qu’il avait prises pour notre salut.
2. Nous sommes scellés par le Saint-Esprit pour le jour de la rédemption, comme un signe de la propriété de Dieu sur nous, et comme une marque que nous appartenons à Christ. Et cela est, par son ordonnance, la condition et la garantie de ce bonheur futur où il n’admettra que ceux qui ont reçu dans leurs cœurs l’Esprit de son Fils. Mais tous ceux en qui il trouvera cette marque et ce caractère, quand il viendra juger le monde, il les prendra pour lui, et ne permettra pas au destructeur de leur nuire. C’est dans ce but même que le prophète Malachie, parlant de ceux qui craignaient Dieu, dit : « Ils seront à moi, dit l’Éternel, au jour où je rassemblerai mes joyaux » ; — c’est-à-dire, quand je mettrai sur eux mon sceau et ma marque ; — « J’aurai compassion d’eux, Comme un homme a compassion de son fils qui le sert. »
Or, si le Saint-Esprit est le signe, le sceau et la garantie de notre salut, alors, en l’attristant par nos péchés, nous brisons ce sceau de nos propres mains, nous annulons notre plus ferme garantie, et, autant qu’il est en nous, nous révoquons notre propre droit à la vie éternelle.
Outre que le Saint-Esprit en nous est la garantie de notre salut, il en est aussi les arrhes, et il assure notre esprit que nous avons droit au bonheur éternel. « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » Et pour que ce témoignage intérieur soit vif et permanent, il est absolument nécessaire d’être soigneusement attentif à l’opération secrète du Saint-Esprit en nous ; lui qui, en répandant ses saintes consolations dans nos âmes, en ranimant nos esprits abattus, et en nous donnant un goût vif de ses promesses, éveille en nous des sentiments lumineux et joyeux, et donne à l’homme, d’avance, un avant-goût de la félicité vers laquelle il s’en va. C’est en ce sens que l’apôtre dit aux Corinthiens que Dieu nous a « marqués d’un sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l’Esprit » ; et ces arrhes, non seulement pour confirmer notre droit au bonheur, mais comme une part effective, dès à présent, de cette récompense dont nous attendons la plénitude dans l’avenir.
Chapitre 139 terminé
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