Chapitre 111 · 17 min de lecture · 23 min d’écoute
Sur les découvertes de la foi
Sermon 110
Sur les découvertes de la foi
« Or la foi est […] une démonstration de celles qu’on ne voit pas. »
Hébreux 11:1.
1. Depuis bien des siècles, les hommes de sens ont admis cette maxime : Nihil est in intellectu quod non fuit prius in sensu : c’est-à-dire : « Il n’y a rien dans l’entendement qui n’ait d’abord été perçu par quelqu’un des sens. » Toute la connaissance que nous avons naturellement dérive originairement de nos sens. C’est pourquoi ceux qui sont privés de quelque sens ne peuvent avoir la moindre connaissance ni la moindre idée des objets de ce sens ; comme ceux qui n’ont jamais eu la vue n’ont pas la moindre connaissance ni la moindre notion de la lumière ou des couleurs. Quelques-uns, il est vrai, se sont efforcés ces dernières années de prouver que nous avons des idées innées, qui ne dérivent d’aucun des sens, mais qui sont contemporaines de l’entendement. Mais cette question a maintenant été examinée à fond par des hommes du plus grand sens et du plus grand savoir. Et toutes les personnes impartiales s’accordent à reconnaître que, bien que certaines choses soient si claires et si évidentes que nous pouvons très difficilement éviter de les connaître dès que nous parvenons à l’usage de notre entendement, la connaissance même de ces choses n’est pas innée, mais dérive de quelqu’un de nos sens.
2. Mais il y a une grande différence entre nos sens, considérés comme les avenues de notre connaissance. Quelques-uns ont une sphère d’action très étroite, d’autres une sphère plus étendue. Par le toucher, nous ne discernons que les objets qui touchent quelque partie de notre corps ; et, par conséquent, ce sens ne s’étend qu’à un petit nombre d’objets. Nos sens du goût et de l’odorat (que quelques-uns comptent comme des espèces du toucher) s’étendent à moins d’objets encore. Mais, d’un autre côté, notre sens plus noble de l’ouïe a une sphère d’action extrêmement vaste ; surtout dans le cas des grands bruits, comme le tonnerre, le mugissement de la mer, ou la décharge du canon ; ce dernier bruit a souvent été entendu à une distance de près de cent milles. Cependant l’espace auquel s’étend l’ouïe elle-même est petit, comparé à celui que parcourt la vue. La vue embrasse d’un seul regard, non seulement les perspectives les plus illimitées de la terre, mais aussi la lune et les autres planètes, le soleil, et même les étoiles fixes ; quoiqu’elles soient à une distance si incommensurable qu’elles ne paraissent pas plus grandes à travers nos meilleurs télescopes qu’à l’œil nu.
3. Mais toutefois aucun de nos sens, non, pas même la vue, ne peut atteindre au-delà des bornes de ce monde visible. Ils nous fournissent du monde matériel une connaissance qui répond à tous les besoins de la vie. Mais, comme c’est pour cette fin qu’ils nous ont été donnés, ils ne peuvent aller au-delà. Ils ne nous fournissent aucune information sur le monde invisible.
4. Mais le sage et miséricordieux Gouverneur des mondes, tant visible qu’invisible, a préparé un remède à ce défaut. Il a établi la foi pour suppléer au défaut des sens ; pour nous prendre là où les sens nous déposent, et nous aider à franchir le grand abîme. Son office commence là où finit celui des sens. Les sens sont la démonstration des choses qu’on voit ; du monde visible et matériel, et de ses diverses parties. La foi, au contraire, est « une démonstration de celles qu’on ne voit pas » ; du monde invisible ; de toutes ces choses invisibles qui sont révélées dans les oracles de Dieu. Mais, à la vérité, ces oracles ne révèlent rien, ils ne sont qu’une lettre morte, s’ils « ne trouvent pas de la foi chez ceux qui les entendent ».
5. En particulier, la foi est pour moi la démonstration de l’existence de cette chose invisible, mon âme. Sans elle, je serais dans une entière incertitude à son égard. Je serais contraint de poser cette triste question :
Entends-tu, soumis, n’être que d’humble naissance,
Quelques particules à part d’une terre plus fine ?
Mais par la foi je sais qu’elle est un esprit immortel, fait à l’image de Dieu ; à son image naturelle et à son image morale ; « une incorruptible peinture du Dieu de gloire ». Par la même démonstration, je sais que je suis maintenant déchu de la glorieuse image de Dieu ; oui, que moi, comme tout le genre humain, je suis « mort par mes offenses et par mes péchés » : si entièrement mort, que « ce qui est bon […] n’habite pas en moi » ; que je suis enclin à tout mal, et totalement incapable de vivifier mon âme.
6. Par la foi je sais qu’outre les âmes des hommes, il y a d’autres ordres d’esprits ; oui, je crois que
Des millions de créatures spirituelles parcourent la terre,
Invisibles, que nous veillions ou que nous dormions.
Je les appelle anges, et je crois qu’une partie d’entre eux sont saints et heureux, et l’autre partie méchants et misérables. Je crois que les premiers, les bons anges, sont continuellement envoyés de Dieu « exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut » ; lesquels seront bientôt « semblables aux anges », quoiqu’ils leur soient maintenant un peu inférieurs. Je crois que les seconds, les mauvais anges, appelés dans l’Écriture démons, unis sous un seul chef (nommé dans l’Écriture Satan ; c’est-à-dire, par excellence, l’ennemi, l’adversaire de Dieu et de l’homme), ou bien parcourent les régions supérieures, d’où ils sont appelés « princes de la puissance de l’air » ; ou bien, comme lui, rôdent sur la terre « comme des lions rugissants, cherchant qui ils dévoreront ».
7. Mais je sais par la foi qu’au-dessus de tous ceux-là est le Seigneur Jéhovah, celui qui est, qui était, et qui vient ; qui est Dieu de toute éternité et aux siècles des siècles ; celui qui remplit les cieux et la terre ; celui qui est infini en puissance, en sagesse, en justice, en miséricorde et en sainteté ; celui qui a créé toutes choses, visibles et invisibles, par le souffle de sa bouche, et qui les « soutient » encore toutes, les conserve dans l’être, « par sa parole puissante » ; et qui gouverne toutes choses dans les cieux en haut, sur la terre en bas, et sous la terre. Par la foi je sais « qu’il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, la Parole et le Saint-Esprit », et que « ces trois sont un » ; que la Parole, Dieu le Fils, « a été faite chair », a vécu et est mort pour notre salut, est ressuscité, est monté au ciel, et est maintenant assis à la droite du Père. Par la foi je sais que le Saint-Esprit est le dispensateur de toute vie spirituelle ; de la justice, de la paix et de la joie par le Saint-Esprit ; de la sainteté et du bonheur, par le rétablissement de cette image de Dieu dans laquelle nous avons été créés. De toutes ces choses, la foi est la démonstration, la seule démonstration, pour les enfants des hommes.
8. Et comme les informations que nous recevons de nos sens ne s’étendent pas au monde invisible, elles ne s’étendent pas non plus (à ce qui lui est étroitement lié) au monde éternel. Malgré toute l’instruction que peuvent fournir la vue ou quelqu’un des autres sens,
La vaste perspective, la perspective sans bornes, s’étend devant nous ;
Mais, hélas ! des nuages et des ténèbres reposent sur elle.
Les sens n’y laissent pas entrer un seul rayon de lumière pour découvrir
« les secrets de l’abîme illimité ». Ce monde éternel commence à la mort, à la mort de chaque personne en particulier. Au moment où le souffle de l’homme s’en va, il devient un habitant de l’éternité. À cet instant même le temps s’évanouit, « comme un songe au réveil ». Et ici encore la foi tient la place des sens, et nous donne une vue des choses à venir : elle tire d’un seul coup le voile qui pend entre l’existence mortelle et l’existence immortelle. La foi nous découvre les âmes des justes, aussitôt reçues par les saints anges, et portées par ces esprits au service de Dieu dans le sein d’Abraham ; dans les délices du paradis, le jardin de Dieu, où la lumière de sa face brille perpétuellement ; où le juste converse, non seulement avec ses anciens parents, ses amis et ses compagnons d’armes, mais avec les saints de toutes les nations et de tous les âges, avec les glorieux morts des jours anciens, avec la noble armée des martyrs, les apôtres, les prophètes, les patriarches, Abraham, Isaac et Jacob : oui, et par-dessus tout cela, il sera avec Christ, d’une manière qui ne pouvait être tant qu’il demeurait dans le corps.
9. Elle découvre de même les âmes des hommes impies, saisies au moment même où elles quittent les lèvres tremblantes, par ces ministres de la vengeance, les mauvais anges, et entraînées dans leur propre lieu. Il est vrai que ce n’est pas encore l’enfer le plus profond : ils ne doivent pas y être tourmentés « avant le temps » ; avant la fin du monde, où chacun recevra la juste rémunération qui lui est due. Jusque-là, ils seront probablement employés par leur méchant maître à faire avancer son royaume infernal, et à faire tout le mal qui est en leur pouvoir aux pauvres et faibles enfants des hommes. Mais toutefois, partout où ils chercheront le repos, ils n’en trouveront point. Ils portent avec eux leur propre enfer, dans le ver qui ne meurt point ; dans le sentiment de leur culpabilité et de la colère de Dieu, qui consume continuellement leurs esprits ; dans des dispositions diaboliques et infernales, qui sont la misère même ; et dans ce qu’ils ne peuvent secouer, non, pas même pour une heure, pas plus qu’ils ne peuvent se défaire de leur propre être, — cette « attente terrible du jugement et l’ardeur d’un feu qui dévorera les adversaires de Dieu ».
10. De plus, la foi ouvre une autre scène dans le monde éternel ; savoir, la venue de notre Seigneur sur les nuées du ciel pour « juger les vivants et les morts ». Elle nous rend capables de voir « le grand trône blanc descendant du ciel, et celui qui est assis dessus, devant la face duquel les cieux et la terre s’enfuient, et il n’est plus trouvé de place pour eux ». Nous voyons « les morts, les grands et les petits, se tenir devant Dieu ». Nous voyons « les livres ouverts, et les morts jugés d’après ce qui était écrit dans ces livres ». Nous voyons la terre et la mer rendre leurs morts, et l’enfer (c’est-à-dire le monde invisible)« rendre les morts qui étaient en lui, et chacun jugé selon ses œuvres.
11. Par la foi, nous voyons aussi les conséquences immédiates du jugement général. Nous voyons l’exécution de cette heureuse sentence prononcée sur ceux qui sont à la droite : « Venez, vous qui êtes bénis de mon Père; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde ! » Après quoi les saints anges accordent leurs harpes, et chantent : « Portes, élevez vos têtes ; élevez-vous, portes éternelles, afin que les héritiers de la gloire fassent leur entrée ! » Et alors ils boiront aux fleuves de délices qui sont à la droite de Dieu pour toujours. Nous voyons de même l’exécution de cette terrible sentence, prononcée sur ceux qui sont à la gauche : « Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. » Et alors les ministres de la vengeance divine les plongeront dans « l’étang ardent de feu et de soufre ; où ils n’ont de repos ni jour ni nuit, mais où la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles ».
12. Mais outre le monde invisible et le monde éternel, qu’on ne voit pas, qui ne se découvrent que par la foi, il y a tout un ordre de choses qu’on ne voit pas, qui ne peuvent être discernées par aucun de nos sens extérieurs. Je veux parler du monde spirituel, entendant par là le royaume de Dieu dans l’âme de l’homme. « L’œil ne l’a point vu, l’oreille ne l’a point entendu ; et il ne peut monter au cœur de l’homme de concevoir les choses » de ce royaume intérieur, à moins que Dieu ne les révèle par son Esprit. Le Saint-Esprit nous prépare à son royaume intérieur en ôtant le voile de dessus notre cœur, et en nous rendant capables de nous connaître nous-mêmes comme nous sommes connus de lui ; en « nous convainquant de péché », de notre mauvaise nature, de nos mauvaises dispositions, de nos mauvaises paroles et de nos mauvaises actions ; lesquelles ne peuvent toutes que participer de la corruption du cœur d’où elles procèdent. Il nous convainc ensuite de ce que méritent nos péchés ; de sorte que notre bouche est fermée, et que nous sommes contraints de nous reconnaître coupables devant Dieu. En même temps, nous « recevons un esprit de servitude » qui nous tient « dans la crainte » ; crainte de la colère de Dieu, crainte du châtiment que nous avons mérité ; et, par-dessus tout, crainte de la mort, de peur qu’elle ne nous livre à la mort éternelle. Les âmes ainsi convaincues sentent qu’elles sont si étroitement enfermées dans la prison qu’elles ne peuvent en sortir. Elles se sentent tout ensemble entièrement pécheresses, entièrement coupables et entièrement impuissantes. Mais toute cette conviction implique une espèce de foi, étant « une démonstration de celles qu’on ne voit pas » ; de choses qu’il n’est même pas possible de voir ni de connaître, jusqu’à ce que Dieu nous les révèle.
13. Mais qu’on remarque bien toutefois (car c’est un point d’une importance non petite) que cette foi n’est que la foi d’un serviteur, et non la foi d’un fils. Comme c’est un point que beaucoup ne comprennent pas clairement, je m’efforcerai de le rendre un peu plus clair. La foi d’un serviteur implique une démonstration divine du monde invisible et du monde éternel ; oui, et une démonstration du monde spirituel, autant qu’elle peut exister sans expérience vivante. Quiconque est parvenu à cette foi, la foi d’un serviteur, « craint Dieu, et se détourne du mal » ; ou, comme l’exprime saint Pierre, « le craint et […] pratique la justice ». En conséquence de quoi, il est, dans une certaine mesure, comme l’observe l’apôtre, « agréable » à Dieu. Ailleurs, il est décrit en ces termes : « Celui qui craint Dieu, et qui observe ses commandements. » Celui-là même qui est allé jusque-là dans la religion, qui obéit à Dieu par crainte, n’est en aucune façon à mépriser ; puisque « La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse ». Il faut néanmoins l’exhorter à ne pas s’arrêter là ; à ne point prendre de repos qu’il ne soit parvenu à l’adoption des fils ; qu’il n’obéisse par amour, ce qui est le privilège de tous les enfants de Dieu.
14. Exhortez-le à avancer, par tous les moyens possibles, jusqu’à ce qu’il passe « de la foi à la foi » ; de la foi d’un serviteur à la foi d’un fils ; de l’esprit de servitude qui tient dans la crainte, à l’esprit d’amour filial : il aura alors « Christ révélé dans son cœur », qui le rendra capable de rendre ce témoignage : « si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi », — la vraie voix d’un enfant de Dieu. Il sera alors « né de Dieu », changé intérieurement par la grande puissance de Dieu, d’un esprit « terrestre, charnel, diabolique », en « les sentiments qui étaient en Jésus-Christ ». Il éprouvera ce que saint Paul entend par ces paroles remarquables aux Galates : « Vous êtes fils de Dieu par la foi ; Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie: Abba! Père! » « Celui qui croit », en fils (comme l’observe saint Jean), « a ce témoignage en lui-même ». « L’Esprit lui-même rend témoignage à son esprit qu’il est enfant de Dieu. » « L’amour de Dieu est répandu dans son cœur par le Saint-Esprit qui lui a été donné. »
15. Mais beaucoup de doutes et de craintes peuvent encore subsister, même chez un enfant de Dieu, tant qu’il est faible dans la foi ; tant qu’il est au nombre de ceux que saint Paul appelle « des enfants en Christ ». Mais quand sa foi est fortifiée, quand il reçoit l’impression permanente de la foi, qui rend réelles les choses à venir ; quand il a reçu le témoignage permanent de l’Esprit, les doutes et les craintes s’évanouissent. Il jouit alors de la plérophorie, ou « pleine assurance de la foi » ; qui exclut tout doute, et toute « crainte » qui « suppose un châtiment ». À ceux qu’il appelle jeunes gens, saint Jean dit : « Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, et que la parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le malin. » Ceux-là, observe l’apôtre dans l’autre verset, avaient « la parole de Dieu » demeurant en eux. Cela peut signifier, non sans vraisemblance, « la parole de pardon », la parole qui leur déclara tous leurs péchés pardonnés. En conséquence de quoi, ils ont le sentiment de la faveur divine, sans aucune interruption.
16. C’est à ceux-là plus particulièrement que nous pouvons appliquer l’exhortation de l’apôtre Paul : « laissant les éléments de la parole de Christ », savoir, la repentance et la foi, « tendons à ce qui est parfait ». Mais en quel sens devons-nous « laisser ces éléments ? Non pas absolument ; car nous devons retenir l’un et l’autre, la connaissance de nous-mêmes et la connaissance de Dieu, jusqu’à la fin de notre vie : mais seulement relativement ; en ne fixant pas, comme nous le faisions au commencement, toute notre attention sur eux ; en ne pensant et en ne parlant perpétuellement de rien d’autre que de la repentance ou de la foi. Mais quelle est cette « perfection » dont il est ici parlé ? Ce n’est pas seulement une délivrance des doutes et des craintes, mais du péché ; de tout péché intérieur aussi bien qu’extérieur ; des mauvais désirs et des mauvaises dispositions, aussi bien que des mauvaises paroles et des mauvaises œuvres. Oui, et ce n’est pas seulement une bénédiction négative, une délivrance de toutes les mauvaises dispositions, impliquée dans cette expression : « Je circoncirai ton cœur » ; mais c’est aussi une bénédiction positive ; savoir, toutes les bonnes dispositions plantées à leur place ; ce qu’implique clairement cette autre expression : « Aimer le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, et de toute votre âme. »
17. Ce sont là ceux à qui l’apôtre Jean donne le titre vénérable de pères, qui « ont connu celui qui est dès le commencement » ; le Dieu éternel, Trois-en-Un. L’un d’eux s’exprime ainsi : « Je porte partout avec moi une vérité expérimentale et une plénitude de la présence de la Trinité à jamais bénie. » Et ceux qui sont pères en Christ jouissent généralement, quoique non pas toujours, je crois, de la plérophorie, ou « pleine assurance de l’espérance » ; n’ayant pas plus de doute de régner avec lui dans la gloire que s’ils le voyaient déjà venir sur les nuées du ciel. Mais cela ne les empêche pas de croître continuellement dans la connaissance et l’amour de Dieu. Tandis qu’ils sont « toujours joyeux, prient sans cesse, et rendent grâces en toutes choses », ils demandent en particulier de ne jamais cesser de veiller, de renoncer à eux-mêmes, de se charger chaque jour de leur croix, de combattre le bon combat de la foi ; et de lutter contre le monde, le diable, et leurs propres et nombreuses infirmités ; jusqu’à ce qu’ils puissent « comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance » ; oui, jusqu’à ce qu’ils soient « remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu ». Yarm, 11 juin 1788.
Chapitre 111 terminé
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