Chapitre 107 · 17 min de lecture · 22 min d’écoute
Sur la foi
Sermon 106
Sur la foi
« Or sans la foi il est impossible de lui être agréable. »
Hébreux 11:6.
1. Mais qu’est-ce que la foi ? C’est une « démonstration et une conviction » divine « des choses qu’on ne voit pas » ; des choses qu’on ne voit pas maintenant, qu’elles soient visibles ou invisibles de leur nature. En particulier, c’est une démonstration et une conviction divine de Dieu et des choses de Dieu. C’est la définition de la foi la plus compréhensive qui ait jamais été donnée ou qui puisse l’être, puisqu’elle renferme toutes les espèces de foi, depuis la plus basse jusqu’à la plus haute. Et pourtant je ne me souviens d’aucun écrivain éminent qui ait donné un exposé complet et clair de ses différentes sortes, parmi tous les traités verbeux et fastidieux qui ont été publiés sur ce sujet.
2. Quelque chose de semblable, il est vrai, a été écrit par ce grand et excellent homme, M. Fletcher, dans son « Traité des diverses dispensations de la grâce de Dieu ». Il y fait observer qu’il y a quatre dispensations, qui se distinguent les unes des autres par le degré de lumière que Dieu daigne accorder à ceux qui se trouvent sous chacune d’elles. Un faible degré de lumière est donné à ceux qui sont sous la dispensation païenne. Ceux-là croyaient généralement « qu’il y avait un Dieu, et qu’il était le rémunérateur de ceux qui le cherchent avec soin ». Mais un degré de lumière bien plus considérable fut accordé à la nation juive, puisque c’est à elle que « les oracles de Dieu », le grand moyen de lumière, « ont été confiés ». De là vient que beaucoup d’entre eux eurent des vues claires et élevées de la nature et des attributs de Dieu, de leurs devoirs envers Dieu et envers les hommes ; bien plus, de la grande promesse faite à nos premiers parents et transmise par eux à leur postérité, que « la postérité de la femme écraserait la tête du serpent ».
3. Mais au-dessus de la dispensation païenne et de la dispensation juive était celle de Jean-Baptiste. À lui fut donnée une lumière plus claire encore ; et lui-même était « la lampe qui brûle et qui luit ». À lui il fut donné de « contempler l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde ». Aussi notre Seigneur lui-même affirme-t-il que, « parmi ceux qui sont nés de femmes », il ne s’en était point élevé jusqu’alors « de plus grand que Jean-Baptiste ». Et néanmoins il nous apprend que « le plus petit dans le royaume de Dieu », la dispensation chrétienne, « est plus grand que lui ». Par quelqu’un qui est sous la dispensation chrétienne, M. Fletcher entend quelqu’un qui a reçu l’Esprit d’adoption, à l’esprit duquel l’Esprit de Dieu rend témoignage « qu’il est enfant de Dieu ».
Pour expliquer ceci plus avant encore, je m’efforcerai, avec l’aide de Dieu,
premièrement, de montrer les différentes sortes de foi ; et, secondement, d’en tirer quelques conséquences pratiques.
I. En premier lieu, je m’efforcerai de montrer les différentes sortes de foi. Il serait facile soit de les ramener à un plus petit nombre, soit de les diviser en un plus grand. Mais il ne paraît pas que cela servirait à rien d’utile.
1. La plus basse sorte de foi, si tant est que ce soit une foi, est celle du matérialiste, — d’un homme qui, comme feu lord Kames, croit qu’il n’y a rien que de la matière dans l’univers. Je dis : si tant est que ce soit une foi ; car, à proprement parler, ce n’en est pas une. Ce n’est pas « une démonstration ou une conviction de Dieu », car ils ne croient pas qu’il y en ait un ; ce n’est pas non plus « une conviction des choses qu’on ne voit pas », car ils en nient l’existence. Ou si, par bienséance, ils admettent qu’il y a un Dieu, ils le supposent pourtant matériel lui-même. Car l’une de leurs maximes est : Jupiter est quodcunque vides. « Tout ce que vous voyez est Dieu. » Tout ce que vous voyez ! Un dieu visible, tangible ! Excellente théologie ! Exquise absurdité !
2. La seconde sorte de foi, si vous accordez qu’un matérialiste en ait quelqu’une, est la foi du déiste. J’entends par là quelqu’un qui croit qu’il y a un Dieu, distinct de la matière, mais qui ne croit pas à la Bible. Nous pouvons en remarquer deux sortes. Les uns sont de pures bêtes à figure humaine, entièrement sous la puissance des passions les plus viles, et ayant « un franc appétit de se mêler à la fange ». Les autres déistes sont, à la plupart des égards, des créatures raisonnables, bien que malheureusement prévenus contre le christianisme : la plupart d’entre eux croient à l’existence et aux attributs de Dieu ; ils croient que Dieu a fait le monde et le gouverne, et que l’âme ne meurt pas avec le corps, mais demeurera éternellement dans un état de bonheur ou de misère.
3. La sorte de foi qui vient ensuite est la foi des païens, à laquelle je joins celle des mahométans. Je ne puis m’empêcher de la préférer à la foi des déistes, parce que, bien qu’elle embrasse à peu près les mêmes objets, ils sont pourtant plus à plaindre qu’à blâmer pour l’étroitesse de leur foi. Et s’ils ne croient pas toute la vérité, ce n’est pas faute de sincérité, mais seulement faute de lumière. Quelqu’un demandant à Chicali, un vieux chef indien : « Pourquoi vous autres, hommes rouges, n’en savez-vous pas autant que nous autres, hommes blancs ? » il répondit aussitôt : « Parce que vous avez la grande Parole, et que nous ne l’avons pas. »
4. On ne peut douter que cette excuse ne vaille pour des millions de païens modernes. Puisqu’on leur a peu donné, on leur demandera peu. Quant aux païens anciens, des millions d’entre eux étaient, eux aussi, des sauvages. On n’attendra donc d’eux rien de plus que d’avoir vécu selon la lumière qu’ils avaient. Mais nous avons de grandes raisons d’espérer que beaucoup d’entre eux, surtout chez les nations civilisées, bien qu’ils vécussent parmi des païens, étaient pourtant d’un tout autre esprit, Dieu leur ayant enseigné, par sa voix intérieure, toutes les choses essentielles de la vraie religion. Bien plus, il en fut ainsi de ce mahométan, un Arabe, qui, il y a un siècle ou deux, écrivit la Vie de Hai Ebn Yokdan. L’histoire paraît être imaginée ; mais elle contient tous les principes de la religion pure et sans tache.
5. Mais, en général, nous pouvons assurément placer la foi d’un Juif au-dessus de celle d’un païen ou d’un mahométan. Par la foi juive, j’entends la foi de ceux qui vécurent entre le don de la loi et la venue de Christ. Ceux-là, c’est-à-dire ceux d’entre eux qui étaient sérieux et sincères, croyaient tout ce qui est écrit dans l’Ancien Testament. En particulier, ils croyaient que, dans la plénitude des temps, le Messie paraîtrait, « pour faire cesser les transgressions et mettre fin aux péchés, et amener la justice éternelle ».
6. Il n’est pas aussi facile de porter un jugement sur la foi de nos Juifs modernes. Il est clair qu’« un voile est encore jeté sur leurs cœurs » quand on lit Moïse et les prophètes. Le dieu de ce siècle endurcit encore leurs cœurs et aveugle encore leurs yeux, « de peur que jamais la lumière de l’Évangile glorieux » ne fasse irruption en eux. De sorte que nous pouvons dire de ce peuple ce que le Saint-Esprit disait à leurs pères : « Car le cœur de ce peuple est devenu insensible; Ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, De peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles, Qu’ils ne comprennent de leur cœur, Qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. » (Actes 28:27.) Ce n’est pourtant pas à nous de prononcer une sentence sur eux, mais de les laisser à leur propre Maître.
7. Je n’ai pas besoin de m’arrêter sur la foi de Jean-Baptiste, non plus que sur la dispensation sous laquelle il se trouvait, parce que l’une et l’autre, comme M. Fletcher les décrit fort bien, lui étaient particulières. En le mettant à part, la foi des catholiques romains, en général, paraît être au-dessus de celle des anciens Juifs. Si la plupart d’entre eux sont des volontaires en matière de foi, croyant plus que Dieu n’a révélé, on ne peut nier qu’ils ne croient tout ce que Dieu a révélé comme nécessaire au salut. En cela nous nous réjouissons pour eux : nous sommes heureux qu’aucun des nouveaux articles qu’ils ont ajoutés, au concile de Trente, « à la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes », ne contredise assez essentiellement l’un des anciens articles pour le rendre sans effet.
8. La foi des protestants, en général, n’embrasse comme nécessaires au salut que les vérités qui sont clairement révélées dans les oracles de Dieu. Tout ce qui est clairement déclaré dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament est l’objet de leur foi. Ils ne croient ni plus ni moins que ce qui est manifestement contenu dans les saintes Écritures et qui peut être prouvé par elles. La parole de Dieu est « une lampe à leurs pieds, et une lumière dans tous leurs sentiers ». Ils n’osent, sous aucun prétexte, s’en écarter ni à droite ni à gauche. La parole écrite est la règle entière et unique de leur foi, aussi bien que de leur pratique. Ils croient tout ce que Dieu a déclaré, et font profession de faire tout ce qu’il a commandé. Telle est la foi propre des protestants : ils s’en tiendront à celle-là, et à nulle autre.
9. Jusqu’ici la foi a été considérée principalement comme une démonstration et une conviction de telles ou telles vérités. Et c’est dans ce sens qu’on la prend aujourd’hui dans toutes les parties du monde chrétien. Mais, en attendant, qu’on remarque soigneusement (car l’éternité en dépend) que ni la foi d’un catholique romain, ni celle d’un protestant, si elle ne contient rien de plus que cela, rien de plus que l’adhésion à telles et telles vérités, ne servira davantage devant Dieu que la foi d’un mahométan ou d’un païen, bien plus, que celle d’un déiste ou d’un matérialiste. Car cette « foi peut-elle le sauver? » Peut-elle sauver un homme quelconque, soit du péché, soit de l’enfer ? Pas plus qu’elle ne put sauver Judas Iscariot ; pas plus qu’elle ne peut sauver le diable et ses anges, qui sont tous convaincus que chaque iota de la sainte Écriture est vrai.
10. Mais quelle est la foi qui est proprement salutaire, qui apporte le salut éternel à tous ceux qui la gardent jusqu’à la fin ? C’est une conviction divine de Dieu et des choses de Dieu, telle que, même dans son enfance, elle rend capable quiconque la possède de « craindre Dieu et de pratiquer la justice ». Et quiconque, en toute nation, croit jusque-là, l’apôtre déclare qu’il « lui est agréable ». Il est effectivement, à ce moment même, dans un état d’acceptation. Mais il n’est encore qu’un serviteur de Dieu, et non proprement un fils. Cependant, qu’on remarque bien que « la colère de Dieu » ne « demeure » plus « sur lui ».
11. À la vérité, il y a près de cinquante ans, lorsque les prédicateurs qu’on appelle communément méthodistes commencèrent à prêcher cette grande doctrine scripturaire, le salut par la foi, ils n’étaient pas suffisamment avertis de la différence qu’il y a entre un serviteur et un enfant de Dieu. Ils ne comprenaient pas clairement que même celui « qui craint Dieu et qui pratique la justice lui est agréable ». En conséquence, ils étaient enclins à attrister le cœur de ceux que Dieu n’avait point attristés. Car ils demandaient souvent à ceux qui craignaient Dieu : « Savez-vous que vos péchés vous sont pardonnés ? » Et, sur leur réponse : « Non », ils répliquaient aussitôt : « Alors vous êtes un enfant du diable. » Non ; cela ne s’ensuit pas. On aurait pu dire (et c’est tout ce qu’on peut dire avec justesse) : « Jusqu’ici vous n’êtes qu’un serviteur ; vous n’êtes pas un enfant de Dieu. Vous avez déjà grand sujet de louer Dieu de ce qu’il vous a appelé à son honorable service. Ne craignez point. Continuez à crier à lui, “et vous verrez de plus grandes choses que celles-ci”. »
12. Et, en effet, à moins que les serviteurs de Dieu ne s’arrêtent en chemin, ils recevront l’adoption de fils. Ils recevront la foi des enfants de Dieu, par le fait qu’il leur révèle son Fils unique dans leur cœur. Ainsi la foi d’un enfant est, proprement et directement, une conviction divine par laquelle tout enfant de Dieu est rendu capable de rendre ce témoignage : « La vie que je vis maintenant, je la vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. » Et quiconque a cette foi, l’Esprit de Dieu rend témoignage à son esprit qu’il est enfant de Dieu. Ainsi l’apôtre écrit-il aux Galates : « Vous êtes fils de Dieu par la foi. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans vos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie: Abba! Père! » — c’est-à-dire en vous donnant une confiance filiale en lui, avec une tendre affection envers lui. Voilà donc ce qui (si saint Paul était enseigné de Dieu et écrivait poussé par le Saint-Esprit) constitue proprement la différence entre un serviteur de Dieu et un enfant de Dieu. « Celui qui croit », en enfant de Dieu, « a ce témoignage en lui-même ». Le serviteur ne l’a pas. Que personne, toutefois, ne le décourage ; exhortez-le plutôt avec amour à l’attendre à chaque instant.
13. Il est facile de remarquer que toutes les sortes de foi que nous pouvons concevoir se ramènent à l’une ou à l’autre des précédentes. Mais aspirons aux dons les meilleurs, et suivons la voie par excellence. Il n’y a aucune raison pour que vous vous contentiez de la foi d’un matérialiste, d’un païen ou d’un déiste ; ni même, à vrai dire, de celle d’un serviteur. Je ne sache pas que Dieu l’exige de vous. À la vérité, si vous l’avez reçue, vous ne devez pas la rejeter ; vous ne devez en aucune manière la déprécier, mais en être sincèrement reconnaissant. Cependant, prenez garde de vous y arrêter : avancez jusqu’à ce que vous receviez l’Esprit d’adoption ; ne vous reposez point que cet Esprit ne rende clairement témoignage à votre esprit que vous êtes enfant de Dieu.
II. Je passe, en second lieu, à tirer quelques conséquences des observations qui précèdent.
1. Et je voudrais conclure, premièrement, dans quel état affreux, s’il y a un Dieu, se trouve un matérialiste, un homme qui renie non seulement « le Seigneur qui l’a racheté », mais aussi le Seigneur qui l’a fait. « Or sans la foi il est impossible d’être agréable à Dieu. » Mais il est impossible qu’il ait la moindre foi, — la moindre conviction d’un monde invisible, car il croit qu’il n’existe rien de tel ; — la moindre conviction de l’existence d’un Dieu, car un Dieu matériel n’est pas un Dieu du tout. Car vous ne pouvez pas plus supposer que le soleil ou les cieux soient Dieu, que vous ne pouvez supposer un Dieu de bois ou de pierre. Et, de plus, quiconque croit que toutes choses ne sont que matière doit nécessairement croire que toutes choses sont gouvernées par une terrible nécessité, — une nécessité aussi inexorable que les vents, aussi impitoyable que les rochers, aussi implacable que les vagues qui se brisent contre eux, ou que les pauvres marins naufragés ! Qui donc te secourra, pauvre malheureux abandonné, quand tu auras le plus besoin de secours ? Les vents, et les mers, et les rochers, et les tempêtes ! Tels sont les meilleurs secours que les matérialistes puissent espérer !
2. Presque aussi désolé est le cas du pauvre déiste, si savant, bien plus, si moral qu’il puisse être. Car vous aussi, bien que vous n’y preniez peut-être pas garde, vous êtes réellement « sans Dieu dans le monde ». Voyez votre religion, la « Religion de la nature esquissée » par l’ingénieux M. Wollaston, que je me souviens d’avoir vu, quand j’étais à l’école, assister au service public dans la chapelle de la Chartreuse. Fonde-t-il sa religion sur Dieu ? Rien moins. Il la fonde sur la vérité, la vérité abstraite. Mais n’entend-il pas Dieu par cette expression ? Non ; il le met hors de question, et bâtit un beau château en l’air sans rien devoir ni à lui ni à sa parole. Voyez votre orateur de Glasgow à la langue doucereuse, l’un des écrivains les plus agréables de ce siècle ! A-t-il, dans son système, plus affaire avec Dieu que M. Wollaston ? Fait-il dériver de lui, comme du Père des lumières, de la Source de tout bien, son « Idée de la vertu » ? Tout le contraire. Non seulement il dresse toute sa théorie sans prendre le moindre égard à Dieu, mais vers la fin il pose cette question : « Le fait d’avoir égard à Dieu dans une action en augmente-t-il la vertu ? » Il répond : « Non ; il s’en faut tellement que, si, en faisant une action vertueuse, c’est-à-dire bienveillante, un homme y mêle le désir de plaire à Dieu, plus ce désir est grand, moins il y a de vertu dans cette action ? » Jamais encore je n’avais rencontré ni Juif, ni Turc, ni païen qui reniât Dieu aussi ouvertement que ce professeur chrétien !
3. Mais nous n’avons présentement rien à faire avec les païens, les mahométans et les Juifs ; seulement, nous pouvons souhaiter que leur vie ne fasse pas honte à beaucoup d’entre nous qui portons le nom de chrétiens. Nous n’avons pas beaucoup plus à faire avec les membres de l’Église de Rome. Mais nous ne pouvons douter que beaucoup d’entre eux, comme l’excellent archevêque de Cambrai, ne gardent encore (malgré bien des erreurs) cette foi qui est agissante par la charité. Et combien de protestants en jouissent, qu’ils soient membres de l’Église d’Angleterre ou d’autres congrégations ? Nous avons des raisons de croire qu’ils sont en nombre considérable, des uns comme des autres (et, Dieu soit béni, en nombre croissant), dans toutes les parties du pays.
4. Une fois encore, je vous exhorte, vous qui craignez Dieu et pratiquez la justice, vous qui êtes serviteurs de Dieu, premièrement, à fuir tout péché comme devant la face d’un serpent, étant
Prompts comme la prunelle de l’œil
À sentir du péché la moindre atteinte ;
et à pratiquer la justice, dans toute la mesure du pouvoir que vous avez maintenant, en abondant en œuvres de piété et de miséricorde ; et, secondement, à crier continuellement à Dieu, afin qu’il révèle son Fils dans vos cœurs, de sorte que vous ne soyez plus serviteurs, mais fils, ayant son amour répandu dans vos cœurs, et marchant dans « la liberté de la gloire des enfants de Dieu ».
5. Je vous exhorte, enfin, vous qui sentez déjà l’Esprit de Dieu rendre témoignage à votre esprit que vous êtes enfants de Dieu, à suivre le conseil de l’apôtre : Marchez dans toutes les bonnes œuvres pour lesquelles vous avez été créés en Jésus-Christ. Et alors, « laissant les éléments de la parole de Christ, sans poser de nouveau le fondement du renoncement aux œuvres mortes, de la foi en Dieu », tendez à la perfection. Bien plus, quand vous serez parvenus à une mesure d’amour parfait, quand Dieu aura circoncis vos cœurs et vous aura rendus capables de l’aimer de tout votre cœur et de toute votre âme, ne songez pas à vous y arrêter. Cela est impossible. Vous ne pouvez demeurer immobiles ; il vous faut ou monter ou tomber, monter plus haut ou tomber plus bas. C’est pourquoi la voix de Dieu aux enfants d’Israël, aux enfants de Dieu, est : « En avant ! » « Oubliant ce qui est en arrière et vous portant vers ce qui est en avant, courez vers le but, pour remporter le prix de votre vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ ! »
Chapitre 107 terminé
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