Chapitre 10 · 34 min de lecture · 44 min d’écoute
L’esprit de servitude et l’esprit d’adoption
Sermon 9
L’esprit de servitude et l’esprit d’adoption.
« vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! »
Romains 8:15.
1. SAINT PAUL parle ici à ceux qui sont enfants de Dieu par la foi. « Vous », dit-il, vous qui êtes vraiment ses enfants, qui avez été abreuvés de son Esprit, « vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte » ; « mais, parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils ». « vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! »
2. L’esprit de servitude et de crainte est bien éloigné de cet Esprit d’adoption, qui est un Esprit d’amour. Ceux qui ne sont mus que par une crainte servile ne peuvent être appelés « fils de Dieu » ; cependant quelques-uns d’entre eux peuvent être appelés ses serviteurs, et ils ne sont « pas loin du royaume des cieux ».
3. Mais il est à craindre que la masse du genre humain, oui, de ce qu’on appelle le monde chrétien, n’ait pas même atteint jusque-là, mais qu’elle soit encore bien loin, « et Dieu n’est dans aucune de leurs pensées ». On peut trouver quelques noms de ceux qui aiment Dieu ; il y en a un peu plus qui le craignent ; mais le plus grand nombre n’a ni la crainte de Dieu devant les yeux, ni l’amour de Dieu dans le cœur.
4. Peut-être la plupart d’entre vous, qui, par la miséricorde de Dieu, participez maintenant à un meilleur esprit, peuvent-ils se souvenir du temps où vous étiez comme eux, où vous étiez sous la même condamnation. Mais d’abord vous ne le saviez pas, quoique vous fussiez chaque jour vautrés dans vos péchés et dans votre sang ; jusqu’à ce que, au temps marqué, vous ayez « reçu l’esprit de crainte » (vous l’avez reçu, car cela aussi est un don de Dieu) ; et ensuite la crainte s’est évanouie, et l’Esprit d’amour a rempli vos cœurs.
5. Celui qui est dans le premier état d’âme, sans crainte ni amour, est appelé dans l’Écriture « homme naturel » ; celui qui est sous l’esprit de servitude et de crainte est quelquefois dit être « sous la loi » (quoique cette expression signifie plus souvent celui qui est sous l’économie juive, ou qui se croit obligé d’observer tous les rites et toutes les cérémonies de la loi juive) ; mais celui qui a échangé l’esprit de crainte contre l’Esprit d’amour est proprement dit être « sous la grâce ».
Or, comme il nous importe grandement de savoir de quel esprit nous sommes animés, je m’efforcerai de montrer distinctement, premièrement, l’état de « l’homme naturel » ; deuxièmement, celui de l’homme qui est « sous la loi » ; et troisièmement, celui de l’homme qui est « sous la grâce ».
I. 1. Et, premièrement, l’état de l’homme naturel. L’Écriture le représente comme un état de sommeil : la voix de Dieu lui dit : « Réveille-toi, toi qui dors ». Car son âme est plongée dans un profond sommeil ; ses sens spirituels ne sont pas éveillés ; ils ne discernent ni le bien ni le mal spirituels. Les yeux de son entendement sont fermés ; ils sont scellés et ne voient point. Les nuées et les ténèbres reposent continuellement sur eux ; car il est couché dans la vallée de l’ombre de la mort. De là vient que, n’ayant aucune entrée pour la connaissance des choses spirituelles, toutes les avenues de son âme étant fermées, il est dans une ignorance grossière et stupide de tout ce qu’il lui importe le plus de connaître. Il ignore entièrement Dieu, ne connaissant rien de lui comme il devrait le connaître. Il est totalement étranger à la loi de Dieu, quant à son sens véritable, intérieur et spirituel. Il n’a aucune idée de cette sainteté évangélique sans laquelle personne ne verra le Seigneur, ni du bonheur que trouvent seuls ceux dont « vie est cachée avec Christ en Dieu ».
2. Et pour cette raison même, parce qu’il est profondément endormi, il est en quelque sens en repos. Parce qu’il est aveugle, il est aussi en sécurité ; il dit : « Bah ! il ne m’arrivera aucun mal. » Les ténèbres qui le couvrent de tous côtés le maintiennent dans une sorte de paix, autant que la paix peut s’accorder avec les œuvres du diable et avec un esprit terrestre et diabolique. Il ne voit pas qu’il se tient au bord de l’abîme ; c’est pourquoi il ne le craint pas. Il ne peut trembler devant un danger qu’il ne connaît pas. Il n’a pas assez d’intelligence pour craindre. D’où vient qu’il n’a aucune frayeur de Dieu ? C’est qu’il l’ignore totalement. S’il ne dit pas dans son cœur : « Il n’y a point de Dieu! » ou que « il est assis au-dessus du cercle des cieux, et qu’il ne s’abaisse » pas « à regarder les choses qui se font sur la terre », du moins il se satisfait tout aussi bien, à toutes fins épicuriennes, en disant : « Dieu est miséricordieux » ; confondant et engloutissant à la fois, dans cette idée informe de la miséricorde, toute sa sainteté et sa haine essentielle du péché, toute sa justice, sa sagesse et sa vérité. Il n’a aucune frayeur de la vengeance dénoncée contre ceux qui n’obéissent pas à la sainte loi de Dieu, parce qu’il ne la comprend pas. Il s’imagine que le point principal est de faire ainsi, d’être extérieurement irréprochable ; et il ne voit pas qu’elle s’étend à chaque disposition, à chaque désir, à chaque pensée, à chaque mouvement du cœur. Ou bien il se figure que l’obligation en a cessé ; que Christ est venu pour « abolir la loi ou les prophètes » ; pour sauver son peuple dans ses péchés, et non de ses péchés ; pour les mener au ciel sans la sainteté : — nonobstant ses propres paroles : « il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé » ; et : « Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! N’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. »
3. Il est en sécurité, parce qu’il s’ignore entièrement lui-même. De là vient qu’il parle de « se repentir un jour ou l’autre » ; il ne sait pas au juste quand, mais à quelque moment avant de mourir ; tenant pour certain que cela est tout à fait en son pouvoir. Car qu’est-ce qui l’empêcherait de le faire, s’il le veut ? Pourvu qu’il prenne une fois une résolution, nul doute qu’il ne la tienne !
4. Mais cette ignorance n’éclate jamais avec autant de force que chez ceux qu’on appelle des hommes instruits. Si un homme naturel est l’un d’eux, il peut discourir longuement de ses facultés raisonnables, de la liberté de sa volonté, et de la nécessité absolue d’une telle liberté pour constituer l’homme agent moral. Il lit, il raisonne, il prouve jusqu’à la démonstration que tout homme peut faire ce qu’il veut ; qu’il peut disposer son propre cœur au mal ou au bien, comme bon lui semble. Ainsi le dieu de ce monde étend un double voile d’aveuglement sur son cœur, de peur que, par quelque moyen, « la splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ » ne vienne à « briller » sur lui.
5. De la même ignorance de lui-même et de Dieu, il peut naître quelquefois chez l’homme naturel une sorte de joie, à se féliciter de sa propre sagesse et de sa propre bonté ; et ce que le monde appelle joie, il peut souvent le posséder. Il peut avoir du plaisir de diverses sortes, soit à satisfaire les désirs de la chair, ou la convoitise des yeux, ou l’orgueil de la vie ; surtout s’il a de grands biens, s’il jouit d’une fortune opulente ; alors il peut se « vêtir de pourpre et de fin lin, et mener chaque jour joyeuse et brillante vie ». Et tant qu’il se traite ainsi lui-même avec complaisance, les hommes diront sans doute du bien de lui. Ils diront : « C’est un homme heureux. » Car, en vérité, c’est là la somme du bonheur mondain : s’habiller, faire des visites, causer, manger, boire, et se lever pour se divertir.
6. Il n’est pas surprenant que quelqu’un qui se trouve en de telles circonstances, assoupi par les opiums de la flatterie et du péché, s’imagine, parmi ses autres rêves éveillés, qu’il marche dans une grande liberté. Avec quelle facilité peut-il se persuader qu’il est libre de toutes les erreurs vulgaires et du préjugé de l’éducation ; qu’il juge parfaitement juste, et qu’il se garde de tous les extrêmes ! « Je suis libre, peut-il dire, de tout l’enthousiasme des âmes faibles et étroites ; de la superstition, cette maladie des sots et des lâches, toujours justes à l’excès ; et de la bigoterie, à laquelle sont continuellement sujets ceux qui n’ont pas une manière de penser libre et généreuse. » Et il n’est que trop certain qu’il est entièrement libre de la « sagesse d’en haut », de la sainteté, de la religion du cœur, de tous les sentiments qui étaient en Christ.
7. Car pendant tout ce temps il est esclave du péché. Il commet le péché, plus ou moins, jour après jour. Pourtant il n’en est pas troublé ; il « n’est dans aucune servitude », comme disent certains ; il ne ressent aucune condamnation. Il se contente (quand même il ferait profession de croire que la révélation chrétienne vient de Dieu) de dire : « L’homme est fragile. Nous sommes tous faibles. Chacun a son infirmité. » Peut-être cite-t-il l’Écriture : « Eh quoi ! Salomon ne dit-il pas : — Le juste tombe dans le péché sept fois par jour ! — Et sans doute ce sont tous des hypocrites ou des enthousiastes, ceux qui prétendent être meilleurs que leurs voisins. » Si, à quelque moment, une pensée sérieuse se fixe sur lui, il l’étouffe aussitôt que possible en disant : « Pourquoi craindrais-je, puisque Dieu est miséricordieux et que Christ est mort pour les pécheurs ? » Ainsi il demeure un esclave volontaire du péché, content de la servitude de la corruption, impie au-dedans et au-dehors, et satisfait de l’être ; non seulement ne triomphant pas du péché, mais ne s’efforçant même pas d’en triompher, en particulier de ce péché qui l’enveloppe si facilement.
8. Tel est l’état de tout homme naturel, qu’il soit un transgresseur grossier et scandaleux, ou un pécheur plus honorable et plus convenable, ayant l’apparence, mais non la force de la piété. Mais comment un tel homme peut-il être convaincu de péché ? Comment est-il amené à se repentir ? À être sous la loi ? À recevoir l’esprit de servitude pour être dans la crainte ? C’est là le point qu’il nous faut maintenant considérer.
II. 1. Par quelque dispensation redoutable de sa providence, ou par sa parole appliquée avec la démonstration de son Esprit, Dieu touche le cœur de celui qui était couché endormi dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort. Il est terriblement secoué de son sommeil, et il s’éveille à la conscience de son danger. Peut-être en un instant, peut-être par degrés, les yeux de son entendement sont ouverts, et maintenant pour la première fois (le voile étant en partie ôté) ils discernent l’état réel où il se trouve. Une lumière affreuse fait irruption dans son âme ; une lumière telle qu’on peut la concevoir jaillissant de l’abîme sans fond, des plus basses profondeurs, d’un étang de feu brûlant de soufre. Il voit enfin que le Dieu plein d’amour et de miséricorde est aussi « un feu dévorant » ; qu’il est un Dieu juste et terrible, qui rend à chacun selon ses œuvres, qui entre en jugement avec l’impie pour toute parole vaine, oui, et pour les imaginations du cœur. Il perçoit maintenant clairement que le grand et saint Dieu a les « yeux trop purs pour voir le mal » ; qu’il est le vengeur de quiconque se révolte contre lui, et qu’il rend en face au méchant ce qu’il mérite ; et que « C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant. »
2. Le sens intérieur et spirituel de la loi de Dieu commence alors à éclater à ses yeux. Il perçoit que « le commandement n’a point de limite », et que « rien ne se dérobe à sa lumière ». Il est convaincu que chacune de ses parties se rapporte, non seulement au péché ou à l’obéissance extérieure, mais à ce qui se passe dans les replis secrets de l’âme, où nul œil que celui de Dieu ne peut pénétrer. S’il entend maintenant : « Tu ne tueras point. », Dieu parle dans le tonnerre : « Quiconque hait son frère est un meurtrier » ; « celui qui dira à son frère : Insensé! Mérite d’être puni par le feu de la géhenne ». Si la loi dit : « Tu ne commettras point d’adultère. », la voix du Seigneur retentit à ses oreilles : « quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur ». Et ainsi, sur chaque point, il sent que la parole de Dieu est « vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants ». Elle est « pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et mœlles ». Et cela d’autant plus qu’il a conscience d’avoir négligé un si grand salut ; d’avoir « foulé aux pieds le Fils de Dieu », qui l’aurait sauvé de ses péchés, et d’avoir « tenu pour profane le sang de l’alliance », comme une chose commune, qui ne sanctifie point.
3. Et comme il sait que « tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte », il se voit lui-même nu, dépouillé de toutes les feuilles de figuier qu’il avait cousues ensemble, de toutes ses pauvres prétentions à la religion ou à la vertu, et de ses misérables excuses pour pécher contre Dieu. Il se voit maintenant comme les anciens sacrifices, fendu pour ainsi dire en deux, depuis le cou jusqu’en bas, de sorte que tout ce qui est en lui est mis à découvert. Son cœur est à nu, et il voit qu’il n’est que péché, « tortueux par-dessus tout, et il est méchant » ; qu’il est entièrement corrompu et abominable, plus que la langue ne peut l’exprimer ; qu’il n’y habite aucun bien, mais seulement l’injustice et l’impiété ; chacun de ses mouvements, chacune de ses dispositions et de ses pensées n’étant que mauvais continuellement.
4. Et non seulement il voit, mais il sent en lui-même, par une émotion de l’âme qu’il ne peut décrire, que pour les péchés de son cœur, sa vie fût-elle sans reproche (ce qu’elle n’est pourtant pas et ne peut être, puisque « un mauvais arbre ne peut porter de bons fruits »), il mérite d’être jeté dans le feu qui ne s’éteindra jamais. Il sent que « le salaire », la juste rétribution « du péché », de son propre péché par-dessus tout, « c’est la mort » ; la seconde mort, la mort qui ne meurt point, la perdition du corps et de l’âme dans l’enfer.
5. Ici prend fin son rêve agréable, son repos trompeur, sa fausse paix, sa vaine sécurité. Sa joie s’évanouit maintenant comme une nuée ; les plaisirs, autrefois aimés, ne le charment plus. Ils lui deviennent fades ; il a en dégoût cette douceur écœurante ; il est las de les porter. Les ombres du bonheur s’enfuient et s’abîment dans l’oubli ; de sorte qu’il est dépouillé de tout, et qu’il erre çà et là, cherchant du repos et n’en trouvant point.
6. Les vapeurs de ces opiums étant maintenant dissipées, il sent l’angoisse d’un esprit blessé. Il découvre que le péché lâché sur l’âme (que ce soit l’orgueil, la colère ou le mauvais désir, que ce soit la volonté propre, la malice, l’envie, la vengeance ou tout autre) est une parfaite misère. Il éprouve la tristesse du cœur pour les bénédictions qu’il a perdues et pour la malédiction qui est venue sur lui ; le remords de s’être ainsi perdu lui-même et d’avoir méprisé ses propres grâces ; la crainte, née d’un vif sentiment de la colère de Dieu et des suites de sa colère, du châtiment qu’il a justement mérité et qu’il voit suspendu sur sa tête ; — la crainte de la mort, qui est pour lui la porte de l’enfer, l’entrée de la mort éternelle ; — la crainte du diable, l’exécuteur de la colère et de la juste vengeance de Dieu ; — la crainte des hommes, qui, s’ils pouvaient tuer son corps, plongeraient par là le corps et l’âme dans l’enfer ; une crainte qui s’élève quelquefois à un tel degré que la pauvre âme, pécheresse et coupable, est terrifiée par tout, par rien, par des ombres, par une feuille agitée du vent. Bien plus, elle peut quelquefois toucher à l’égarement, rendant un homme « Ivre, mais non de vin », suspendant l’exercice de la mémoire, de l’entendement, de toutes les facultés naturelles. Quelquefois elle peut approcher du bord même du désespoir ; de sorte que celui qui tremble au nom de la mort peut cependant être prêt à s’y précipiter à tout moment, à « choisir l’étranglement plutôt que la vie ». Un tel homme peut bien rugir, comme celui d’autrefois, à cause du trouble de son cœur. Il peut bien s’écrier : « L’esprit de l’homme le soutient dans la maladie; Mais l’esprit abattu, qui le relèvera? »
7. Maintenant il désire véritablement s’affranchir du péché, et il commence à lutter contre lui. Mais, bien qu’il lutte de toutes ses forces, il ne peut vaincre : le péché est plus fort que lui. Il voudrait bien s’échapper ; mais il est si étroitement enfermé dans sa prison qu’il ne peut en sortir. Il prend des résolutions contre le péché, et pourtant il continue de pécher ; il voit le piège, il l’a en horreur, et il s’y jette. Voilà à quoi sert sa raison si vantée : — seulement à aggraver sa culpabilité et à accroître sa misère ! Telle est la liberté de sa volonté : libre seulement pour le mal ; libre de « boire l’iniquité comme l’eau » ; de s’égarer toujours plus loin du Dieu vivant, et de faire toujours plus « outrage à l’Esprit de la grâce » !
8. Plus il s’efforce, désire, travaille pour être libre, plus il sent ses chaînes, les pesantes chaînes du péché, par lesquelles Satan le lie et « le tient captif pour le soumettre à sa volonté » ; il est son esclave, quelque murmure qu’il fasse ; il a beau se révolter, il ne peut l’emporter. Il est toujours dans la servitude et la crainte, à cause du péché : généralement de quelque péché extérieur auquel il est particulièrement enclin, soit par nature, soit par habitude, soit par les circonstances extérieures ; mais toujours de quelque péché intérieur, de quelque mauvaise disposition ou de quelque affection impie. Et plus il s’irrite contre lui, plus le péché l’emporte ; il peut mordre sa chaîne, mais non la briser. Ainsi il peine sans fin, se repentant et péchant, et se repentant et péchant encore, jusqu’à ce qu’enfin le pauvre misérable, pécheur et impuissant, soit à bout de ressources, et puisse à peine gémir : « Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort? »
9. Toute cette lutte de celui qui est « sous la loi », sous « l’esprit de crainte et de servitude », est admirablement décrite par l’apôtre dans le chapitre précédent, où il parle en la personne d’un homme réveillé. « Pour moi », dit-il, « étant autrefois sans loi, je vivais » (verset 9) : j’avais beaucoup de vie, de sagesse, de force et de vertu ; du moins je le pensais. « mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus » : quand le commandement, dans son sens spirituel, vint à mon cœur avec la puissance de Dieu, mon péché inné fut excité, irrité, enflammé, et toute ma vertu mourut. « le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort. Car le péché saisissant l’occasion, me séduisit par le commandement, et par lui me fit mourir. » (versets 10, 11) : il vint sur moi à l’improviste, tua toutes mes espérances, et me montra clairement qu’au milieu de la vie j’étais dans la mort. « La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. » (verset 12) : je n’en rejette plus la faute sur elle, mais sur la corruption de mon propre cœur. Je reconnais que « la loi est spirituelle; mais moi, je suis charnel, vendu au péché » (verset 14) : je vois maintenant à la fois la nature spirituelle de la loi et mon propre cœur charnel et diabolique, « vendu au péché », entièrement asservi (comme les esclaves achetés à prix d’argent, qui étaient absolument à la disposition de leur maître). « Car je ne sais pas ce que je fais: je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais. » (verset 15) : telle est la servitude sous laquelle je gémis ; telle est la tyrannie de mon dur maître. « j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. » (versets 18, 19). « Je trouve donc en moi cette loi », un pouvoir intérieur qui me contraint : « quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. Car je prends plaisir », ou je consens, « à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur » (versets 21, 22) : dans mon « entendement » (c’est ainsi que l’apôtre s’explique lui-même dans les mots qui suivent immédiatement ; et c’est ainsi que o eso anthropos, l’homme intérieur, est entendu chez tous les autres écrivains grecs). Mais je vois dans mes membres une autre loi, un autre pouvoir qui me contraint, qui lutte contre la loi de mon entendement, ou de l’homme intérieur, et qui me rend captif de la loi, ou du pouvoir, « du péché » (verset 23) : me traînant, pour ainsi dire, attaché aux roues du char de mon vainqueur, dans cela même que mon âme a en horreur. « Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort? » (verset 24). Qui me délivrera de cette vie impuissante et mourante, de cette servitude du péché et de la misère ? Jusqu’à ce que cela soit fait, « moi-même » (ou plutôt ce moi, autos ego, cet homme que je représente maintenant), « je suis par l’entendement », ou l’homme intérieur, « esclave de la loi de Dieu » ; mon entendement, ma conscience, est du côté de Dieu ; « et je suis par la chair », par mon corps, « esclave de la loi du péché » (verset 25), étant emporté par une force à laquelle je ne puis résister.
10. Quelle vive peinture est-ce là de celui qui est « sous la loi » ; de celui qui sent le fardeau qu’il ne peut secouer ; qui soupire après la liberté, la puissance et l’amour, mais qui est encore dans la crainte et la servitude ! jusqu’au moment où Dieu répond au misérable qui s’écrie : « Qui me délivrera » de cette servitude du péché, de ce corps de mort ? — « La grâce de Dieu, par Jésus-Christ ton Seigneur. »
III. 1. Alors prend fin cette misérable servitude, et il n’est plus « sous la loi », mais « sous la grâce ». C’est cet état que nous avons, troisièmement, à considérer : l’état de celui qui a trouvé grâce, ou faveur, aux yeux de Dieu, c’est-à-dire du Père, et qui a la grâce, ou la puissance, du Saint-Esprit, régnant dans son cœur ; qui a reçu, selon le langage de l’apôtre, l’« Esprit d’adoption, par lequel » il crie maintenant : « Abba! Père! »
2. « Il a crié à l’Éternel dans sa détresse, et Dieu le délivre de ses angoisses. » Ses yeux sont ouverts d’une tout autre manière qu’auparavant, pour voir un Dieu plein d’amour et de grâce. Tandis qu’il appelle : « Je t’en supplie, Fais-moi voir ta gloire! » — il entend une voix au plus intime de son âme : « Je ferai passer devant toi toute ma bonté, et je proclamerai devant toi le nom de l’Éternel; je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde. » Et il ne se passe pas longtemps avant que « L’Éternel » descende dans la nuée et « proclame le nom de l’Éternel ». Alors il voit, mais non avec des yeux de chair et de sang : « L’Éternel, l’Éternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu’à mille générations, qui pardonne l’iniquité, la rébellion et le péché ».
3. Une lumière céleste et salutaire fait maintenant irruption dans son âme. Il « tourne les regards vers celui qu’il a percé » ; et « Dieu, qui a dit: La lumière brillera du sein des ténèbres! fait briller la lumière dans son cœur ». Il voit la lumière du glorieux amour de Dieu sur la face de Jésus-Christ. Il a une divine « démonstration des choses qu’on ne voit pas » par les sens, et même des « profondeurs de Dieu » ; plus particulièrement de l’amour de Dieu, de son amour qui pardonne à celui qui croit en Jésus. Accablée par cette vue, son âme tout entière s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu! » Car il voit toutes ses iniquités posées sur Celui qui « les a portées lui-même en son corps sur le bois » ; il contemple l’Agneau de Dieu qui ôte ses péchés. Avec quelle clarté discerne-t-il maintenant que « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même ; qu’il a fait devenir péché pour nous celui qui n’a point connu le péché, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » ; — et qu’il est lui-même réconcilié avec Dieu par ce sang de l’alliance !
4. Ici prennent fin à la fois la culpabilité et la puissance du péché. Il peut dire maintenant : « J’ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair » (c’est-à-dire dans ce corps mortel), « je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. » Ici prennent fin le remords, et la tristesse du cœur, et l’angoisse d’un esprit blessé. « Dieu change sa tristesse en joie. » Il avait fait la plaie, et maintenant ses mains la bandent. Ici prend fin aussi cette servitude de la crainte ; car « Son cœur est ferme, confiant en l’Éternel ». Il ne peut plus craindre la colère de Dieu, car il sait qu’elle est maintenant détournée de lui, et il ne le regarde plus comme un Juge irrité, mais comme un Père plein d’amour. Il ne peut craindre le diable, sachant qu’il n’a « aucun pouvoir, s’il ne lui a été donné d’en haut ». Il ne craint pas l’enfer, étant héritier du royaume des cieux ; par conséquent, il n’a aucune crainte de la mort, par laquelle il était autrefois, pendant tant d’années, « retenu dans la servitude ». Bien plutôt, sachant que, « si cette tente où il habite sur la terre est détruite, il a dans le ciel un édifice qui est l’ouvrage de Dieu, une demeure éternelle qui n’a pas été faite de main d’homme ; il gémit, désirant revêtir son domicile céleste ». Il soupire après le moment de quitter cette maison de terre, afin que « ce qui est mortel » soit « englouti par la vie » ; sachant que Dieu « l’a formé pour cela même, et qu’il lui a donné les arrhes de son Esprit ».
5. Et « là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » ; la liberté, non seulement à l’égard de la culpabilité et de la crainte, mais à l’égard du péché, de ce joug le plus pesant de tous, de cette servitude la plus vile de toutes. Son travail n’est plus maintenant en vain. Le filet est rompu, et il est délivré. Non seulement il lutte, mais aussi il l’emporte ; non seulement il combat, mais aussi il triomphe. « Désormais il n’est plus esclave du péché. » (Chapitre 6:6.) Il est « mort au péché, et vivant pour Dieu » ; « le péché ne règne » plus maintenant, même « dans son corps mortel », et il n’obéit pas « à ses convoitises ». Il ne « livre pas ses membres au péché, comme des instruments d’iniquité, mais à Dieu, comme des instruments de justice ». Car, « ayant été maintenant affranchi du péché, il est devenu esclave de la justice ».
6. Ainsi, « ayant la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ », se glorifiant « dans l’espérance de la gloire de Dieu », et ayant puissance sur tout péché, sur tout mauvais désir, toute mauvaise disposition, toute mauvaise parole et toute mauvaise œuvre, il est un témoin vivant de « la liberté de la gloire des enfants de Dieu » ; et tous ceux-là, ayant reçu en partage « une foi du même prix », rendent témoignage d’une seule voix : « Nous avons reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! »
7. C’est cet Esprit qui continuellement « produit en eux le vouloir et le faire, selon son bon plaisir ». C’est lui qui répand dans leurs cœurs l’amour de Dieu et l’amour de tous les hommes, purifiant par là leurs cœurs de l’amour du monde, de la convoitise de la chair, de la convoitise des yeux et de l’orgueil de la vie. C’est par lui qu’ils sont délivrés de la colère et de l’orgueil, de toutes les affections viles et déréglées. Par suite, ils sont délivrés des mauvaises paroles et des mauvaises œuvres, de toute impiété dans leur conduite ; ne faisant aucun mal à aucun enfant des hommes, et étant zélés pour toutes les bonnes œuvres.
8. Pour tout résumer : l’homme naturel ne craint ni n’aime Dieu ; celui qui est sous la loi le craint ; celui qui est sous la grâce l’aime. Le premier n’a aucune lumière dans les choses de Dieu, mais marche dans des ténèbres complètes ; le second voit la lumière douloureuse de l’enfer ; le troisième, la lumière joyeuse du ciel. Celui qui dort dans la mort a une fausse paix ; celui qui est réveillé n’a aucune paix ; celui qui croit a la vraie paix, — la paix de Dieu qui remplit son cœur et qui y règne. Le païen, baptisé ou non baptisé, a une liberté imaginaire, qui n’est en réalité que licence ; le Juif, ou celui qui est sous l’économie juive, est dans une servitude lourde et pénible ; le chrétien jouit de la vraie et glorieuse liberté des enfants de Dieu. Un enfant du diable non réveillé pèche volontairement ; celui qui est réveillé pèche contre sa volonté ; un enfant de Dieu « ne pèche point », mais « se garde lui-même, et le malin ne le touche pas ». Pour conclure : l’homme naturel ne triomphe ni ne combat ; l’homme qui est sous la loi combat le péché, mais ne peut triompher ; l’homme qui est sous la grâce combat et triomphe, oui, il est « plus que vainqueur par celui qui l’aime ».
IV. 1. De cet exposé simple du triple état de l’homme, l’état naturel, l’état légal et l’état évangélique, il ressort qu’il ne suffit pas de diviser le genre humain en sincères et en non sincères. Un homme peut être sincère dans n’importe lequel de ces états ; non seulement lorsqu’il a « un Esprit d’adoption », mais tandis qu’il a « un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte » ; bien plus, tandis qu’il n’a ni cette crainte ni l’amour. Car sans aucun doute il peut y avoir des païens sincères, aussi bien que des Juifs ou des chrétiens sincères. Cette circonstance, donc, ne prouve nullement qu’un homme soit dans un état d’acceptation devant Dieu.
« Examinez-vous vous-mêmes » donc, non seulement pour savoir si vous êtes sincères, mais « pour savoir si vous êtes dans la foi ». Examinez de près (car cela vous importe beaucoup) quel est le principe qui gouverne votre âme ! Est-ce l’amour de Dieu ? Est-ce la crainte de Dieu ? Ou n’est-ce ni l’un ni l’autre ? N’est-ce pas plutôt l’amour du monde ? l’amour du plaisir ou du gain ? du bien-être ou de la réputation ? S’il en est ainsi, vous n’êtes pas même allés aussi loin qu’un Juif. Vous n’êtes encore qu’un païen. Avez-vous le ciel dans votre cœur ? Avez-vous l’Esprit d’adoption, qui crie sans cesse : Abba, Père ? Ou bien criez-vous à Dieu comme « Du sein du séjour des morts », accablé de tristesse et de crainte ? Ou êtes-vous étranger à toute cette affaire, et ne pouvez-vous imaginer ce que je veux dire ? Païen, arrachez le masque ! Vous n’avez jamais revêtu Christ ! Tenez-vous là à visage découvert ! Levez les yeux au ciel, et reconnaissez devant Celui qui vit aux siècles des siècles que vous n’avez aucune part, ni parmi les fils, ni parmi les serviteurs de Dieu !
Qui que vous soyez, commettez-vous le péché, ou ne le commettez-vous pas ? Si vous le commettez, est-ce volontairement ou involontairement ? Dans l’un et l’autre cas, Dieu vous a dit à qui vous êtes : « Celui qui pèche est du diable ». Si vous le commettez volontairement, vous êtes son fidèle serviteur ; il ne manquera pas de récompenser votre travail. Si c’est involontairement, vous êtes encore son serviteur. Que Dieu vous délivre de ses mains !
Combattez-vous chaque jour contre tout péché ? Et êtes-vous chaque jour plus que vainqueur ? Je vous reconnais pour un enfant de Dieu. Oh ! demeurez ferme dans votre glorieuse liberté ! Combattez-vous, mais sans vaincre ? Luttez-vous pour la victoire, sans pouvoir l’obtenir ? Alors vous n’êtes pas encore un croyant en Christ ; mais poursuivez, et vous connaîtrez le Seigneur. Ne combattez-vous pas du tout, mais menez-vous une vie facile, indolente et mondaine ! Oh ! comment avez-vous osé prononcer le nom de Christ, seulement pour en faire un sujet d’opprobre parmi les païens ? Réveillez-vous, dormeur ! Invoquez votre Dieu avant que l’abîme ne vous engloutisse !
2. Peut-être une des raisons pour lesquelles tant de gens ont d’eux-mêmes une plus haute opinion qu’ils ne doivent, et ne discernent pas en quel état ils se trouvent, est-elle que ces divers états de l’âme sont souvent mêlés ensemble, et se rencontrent dans une certaine mesure en une seule et même personne. Ainsi l’expérience montre que l’état légal, ou état de crainte, est fréquemment mêlé avec l’état naturel ; car il est peu d’hommes si profondément endormis dans le péché qu’ils ne soient quelquefois plus ou moins réveillés. Comme l’Esprit de Dieu « n’attend pas l’appel de l’homme », ainsi, à certains moments, il veut être entendu. Il les remplit de crainte, de sorte que, pour un temps du moins, les païens « savent qu’ils ne sont que des hommes ». Ils sentent le fardeau du péché, et désirent ardemment fuir la colère à venir. Mais non pour longtemps : ils permettent rarement aux flèches de la conviction de pénétrer profondément dans leur âme ; mais ils étouffent promptement la grâce de Dieu, et retournent se vautrer dans le bourbier.
De même, l’état évangélique, ou état d’amour, est fréquemment mêlé avec l’état légal. Car peu de ceux qui ont l’esprit de servitude et de crainte demeurent toujours sans espérance. Le Dieu sage et plein de grâce le permet rarement ; « car Il se souvient que nous sommes poussière » ; et il ne veut pas que « la chair tombe en défaillance devant lui, ni l’esprit qu’il a fait ». C’est pourquoi, aux moments qu’il juge bons, il donne une aurore de lumière à ceux qui sont assis dans les ténèbres. Il fait passer devant eux une partie de sa bonté, et il montre qu’il est un « Dieu qui écoute la prière ». Ils voient la promesse, qui est par la foi en Jésus-Christ, quoiqu’elle soit encore éloignée ; et par là ils sont encouragés à « courir avec persévérance dans la carrière qui leur est ouverte ».
3. Une autre raison pour laquelle beaucoup se trompent eux-mêmes, c’est qu’ils ne considèrent pas jusqu’où un homme peut aller, tout en restant dans un état naturel, ou tout au plus dans un état légal. Un homme peut être d’un naturel compatissant et bienveillant ; il peut être affable, courtois, généreux, amical ; il peut avoir quelque degré de douceur, de patience, de tempérance et de beaucoup d’autres vertus morales. Il peut éprouver bien des désirs de secouer tout vice et d’atteindre de plus hauts degrés de vertu. Il peut s’abstenir de beaucoup de mal ; peut-être de tout ce qui est grossièrement contraire à la justice, à la miséricorde ou à la vérité. Il peut faire beaucoup de bien, nourrir ceux qui ont faim, vêtir ceux qui sont nus, secourir la veuve et l’orphelin. Il peut assister au culte public, prier en particulier, lire beaucoup de livres de dévotion ; et pourtant, malgré tout cela, il peut n’être qu’un simple homme naturel, ne connaissant ni lui-même ni Dieu ; également étranger à l’esprit de crainte et à celui d’amour ; ne s’étant ni repenti, ni n’ayant cru à l’Évangile.
Mais supposez qu’à tout cela vienne s’ajouter une profonde conviction de péché, avec une grande crainte de la colère de Dieu ; des désirs véhéments de rejeter tout péché et d’accomplir toute justice ; une joie fréquente dans l’espérance, et des touches d’amour qui effleurent souvent l’âme ; même ces choses ne prouvent pas qu’un homme soit sous la grâce, qu’il ait la vraie et vivante foi chrétienne, à moins que l’Esprit d’adoption ne demeure dans son cœur, à moins qu’il ne puisse continuellement crier : « Abba! Père! »
4. Prenez donc garde, vous qui êtes appelé du nom de Christ, de ne pas rester en deçà du but de votre vocation céleste. Prenez garde de vous reposer, soit dans un état naturel, avec un trop grand nombre de ceux qu’on tient pour de bons chrétiens ; soit dans un état légal, dans lequel ceux qui sont hautement estimés des hommes se contentent généralement de vivre et de mourir. Non, Dieu vous a préparé quelque chose de meilleur, si vous persévérez jusqu’à ce que vous l’ayez atteint. Vous n’êtes pas appelé à craindre et à trembler comme les démons, mais à vous réjouir et à aimer, comme les anges de Dieu. « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. » Vous serez « toujours joyeux » ; vous prierez « sans cesse » ; vous rendrez « grâces en toutes choses ». Vous ferez la volonté de Dieu sur la terre comme elle se fait au ciel. Oh ! discernez « quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait » ! Offrez-vous maintenant vous-même comme « un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu ». « Ce à quoi vous êtes déjà parvenu, retenez-le », en « vous portant vers ce qui est en avant » ; jusqu’à ce que « le Dieu de paix vous rende accompli en toute bonne œuvre, et fasse en vous ce qui lui est agréable, par Jésus-Christ, auquel soit la gloire aux siècles des siècles! Amen! »
Chapitre 10 terminé
L’esprit de servitude et l’esprit d’adoption