Sermons choisis de George Whitefield
Exhortation au peuple de Dieu à ne pas se laisser décourager dans sa marche par les railleries et le mépris des méchants

Chapitre 56 · 12 min de lecture · 15 min d’écoute

Exhortation au peuple de Dieu à ne pas se laisser décourager dans sa marche par les railleries et le mépris des méchants

Hébreux 4:9 — « Il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu. »

Quand on considère les persécutions auxquelles sont exposés ceux qui vivent dans le présent siècle selon la justice et la piété, on s’étonne que les gens de cette génération tiennent tant à avoir la réputation d’être vivants, alors qu’en réalité ils sont morts. Le peuple de Dieu ne doit guère attendre autre chose que des afflictions et des épreuves tant qu’il est dans ce monde ; l’expérience commune semble contredire mon texte, qui déclare qu’il y a un repos pour le peuple de Dieu ; mais l’auteur de l’épître aux Hébreux, lorsqu’il parle de ce repos, ne voulait pas dire qu’ils auraient un repos ici-bas. Non ; il savait trop bien que le peuple de Dieu, tous ceux qui veulent chercher et servir le Seigneur Jésus, doivent être méprisés, haïs, raillés, calomniés et maltraités ; mais le temps approchait où ils jouiraient d’un repos parfait : il y a un repos réservé pour eux, et c’est là pour vous, mes frères, un encouragement à tenir ferme et à poursuivre votre chemin avec joie ; après la mort, il y aura un repos éternel ; au jour du jugement, vous serez enlevés pour habiter avec le Seigneur Jésus-Christ ; et là, vous serez pour toujours affranchis du péché ; vous vous reposerez de toute espèce de douleur, et vous ne serez plus tourmentés par les tentations de Satan. Maintenant, vous ne pouvez rien entreprendre pour la gloire de Dieu ou pour le bien de votre âme, sans que le diable cherche à vous en dissuader, ou à vous distraire pendant que vous le faites, ou à vous décourager après l’avoir fait. Ici, nous sommes raillés et tournés en dérision ; comme le monde a haï le Seigneur Jésus-Christ, ainsi il vous haïra : mais ne vous découragez pas, bien que nous soyons ici l’objet du mépris et comme le rebut de toutes choses, et que nous soyons donnés en spectacle aux hommes et aux anges. Ils ont beau nous chasser de leurs synagogues, rejeter notre nom comme infâme et nous regarder comme des gens indignes de leur compagnie ; dans ce repos qui vous est préparé, mes frères, nous serons alors contemplés dans notre gloire, et eux seront exclus de l’assemblée des saints et séparés de nous, qu’ils le veuillent ou non ; à moins que le Seigneur Jésus-Christ, par sa grâce gratuite, riche et souveraine, ne les amène à lui.

Les scribes et les pharisiens de ce temps, savants selon la lettre, nous regardent comme des insensés et des enthousiastes ; mais, bien qu’ils fassent tant de bruit autour du mot enthousiaste, il ne signifie rien de plus que ceci : un homme en Dieu ; et quel chrétien peut dire qu’il n’est pas en Dieu, et que Dieu n’est pas en lui ? Et si c’est là être un enthousiaste, Dieu veuille que je le sois de plus en plus ; si le fait d’être en Christ, et d’avoir Christ en nous, fait de nous des enthousiastes, plût à Dieu que nous fussions tous de plus en plus des enthousiastes ! Ils trouvent maintenant étrange que nous ne courions pas avec eux dans tous les excès de la débauche, et parce que nous refusons d’aller avec eux aux divertissements du diable, ils disent du mal de nous. Nous ne pouvons plus passer dans la rue sans que chacun nous montre du doigt avec mépris et s’écrie : « Voilà encore un de ses disciples ; quoi ! vous voilà devenu, vous aussi, l’un de ses disciples ! » Mais il y a un repos qui sera pour vous une délivrance complète. Que rien de tout cela ne vous ébranle ; car, bien que vous soyez ainsi traités ici-bas, considérez qu’au ciel vous n’aurez aucune compagnie qui vous décourage, mais seulement des compagnons qui vous seront en aide ; vous n’y trouverez aucun moqueur, tous seront prêts à s’unir de cœur et de voix à votre joie et à vos louanges éternelles. Vous ne serez pas traités d’enthousiastes, d’insensés et de populace, dans ce repos qui reste pour le peuple de Dieu. C’est pourquoi possédez vos âmes par la patience ; regardez comme un sujet de joie de tomber dans la tribulation ; Dieu, en son temps, nous délivrera ; qu’il ne vous soit pas un sujet de découragement qu’on nous empêche de prêcher dans l’église ; ne reculez pas, ne vous retirez pas à cause de l’opposition ; n’ayez honte ni de votre œuvre ni de votre Maître ; mais retenez fermement votre intégrité. Vous devez vous attendre à passer par la mauvaise et par la bonne réputation ; ne craignez pas la violence des hommes déraisonnables ; laissez-les vous haïr et vous rejeter à cause du Seigneur : voici, il paraîtra pour votre joie, et eux seront confondus ; c’est pourquoi tenez ferme et persévérez jusqu’à la fin. Soyez inébranlables et patients, et supportez les afflictions du monde ; si vous êtes le peuple de Dieu, il y a un repos préparé pour vous, et vous l’obtiendrez certainement.

Je ne m’adresserai pas à vous, pharisiens, ce matin, ni à personne d’autre qu’à vous qui avez éprouvé les douleurs de la nouvelle naissance, ou qui les éprouvez à présent, et qui savez ce que c’est que d’aimer le Seigneur Jésus avec sincérité et vérité : ne vous découragez pas, mes chers frères, et ne pensez pas de mal des voies de Dieu parce que vous n’êtes pas aimés des hommes de ce monde ; si vous étiez du monde, il vous aimerait ; votre compagnie lui plairait alors ; il ne vous chasserait pas d’une taverne ou d’un cabaret ; il ne vous prendrait pas en aversion parce que vous chantez les chansons des ivrognes, ou que vous allez au théâtre, au bal, ou à d’autres divertissements polis et à la mode, comme on les appelle ; non, voilà ce qu’aiment les enfants du monde ; mais si vous voulez chanter des hymnes et des psaumes, et aller entendre ce que Dieu a à dire à vos âmes, et passer votre temps à lire, à prier et à fréquenter les assemblées religieuses, c’est alors qu’ils vous prennent en aversion et qu’ils vous chassent de leur compagnie comme si vous en étiez indignes ; mais que rien de tout cela ne vous ébranle, car le repos que Jésus-Christ vous a préparé est une ample récompense de tout ce que vous pouvez rencontrer ici-bas.

Ce repos est le fruit du sang du Seigneur Jésus-Christ : oh ! combien nos âmes seront remplies d’amour à la pensée que c’est par les flots de ce sang que nous avons triomphé de la violence du monde et des pièges du diable ! Mes chers frères, ne vous laissez pas décourager par le traitement que vous recevez ici-bas, mais qu’il soit plutôt pour vous un moyen de vous exciter à avancer dans l’amour du Seigneur Jésus-Christ, qui vous a préparé un repos. Pouvez-vous considérer ce que Christ a fait et souffert pour vous, et laisser votre cœur s’engourdir dans des plaisirs vils et insensés ? Pouvez-vous entendre parler d’un Jésus haletant, saignant, mourant, et rester pourtant froids et insensibles ? Y eut-il jamais une douleur pareille à sa douleur ? Et tout cela, il l’a enduré pour vous sauver, vous qui étiez vils et souillés, et, par nature, depuis la chute, un mélange bigarré de la bête et du diable. Jésus-Christ, en mourant sur la croix, s’est proposé d’ôter de votre cœur le diable et la bête, et de le préparer pour y habiter lui-même. Pensez à l’amour de ce Jésus qui est le vôtre, et alors un peu d’opprobre et de mépris vous ébranlera-t-il ? Assurément non. J’attends de vous des choses meilleures, des choses favorables au salut.

Oh ! pensez avec quel ravissement et quel étonnement vous verrez le Seigneur Jésus-Christ, lorsqu’il viendra vous prendre dans son repos : maintenant son cœur nous est ouvert, mais nos cœurs lui sont fermés ; alors, alors, son cœur sera ouvert, et les nôtres le seront aussi. Ô mes frères, combien votre amour grandira ! Avec quels transports vous verrez le Seigneur Jésus-Christ ! C’est pourquoi supportez patiemment quelques opprobres ici-bas, et ne rendez pas injure pour injure. Qu’ils disent de moi ce qu’il leur plaira : les opprobres, les railleries et le mépris de ce monde ne me feront aucun mal, mais retomberont sur leurs propres têtes ; remettez-vous-en au Seigneur, qui sait ce qui est le meilleur pour vous et pour moi : ne mettez pas son amour en doute ; il sera avec vous ; seulement, vous qui avez goûté que le Seigneur est plein de bonté, attachez-vous à le suivre de près.

Et maintenant, laissez-moi dire un mot à vous qui n’avez pas encore éprouvé l’amour de Christ pour vos âmes, mais qui attendez qu’il se manifeste. Je serai très bref, car je ne voudrais pas empiéter sur les devoirs de ce jour.

Je vous adresserai une parole d’invitation : c’est de continuer à attendre le Seigneur ; ne l’abandonnez pas, même s’il ne répond pas à vos requêtes la première ou la deuxième fois que vous le cherchez ; persévérez, ne cessez pas de le chercher, et vous recevrez une réponse de paix ; souvenez-vous de ce pauvre homme, infirme, qui était resté couché trente-huit ans près de la piscine de Béthesda pour y trouver du soulagement ; et pourtant il découvrit enfin que cela valait la peine d’attendre : il obtint ce qu’il désirait.

Et si seulement vous êtes zélés pour le Seigneur et que vous cherchiez Jésus, si votre zèle est selon la piété et que vous le priiez de vous donner son Esprit, vous recevrez certainement une réponse de paix ; vous éprouverez qu’il est bon de chercher le Seigneur, vous serez adoptés dans sa famille, et rendus capables par son Esprit de crier : « Abba! Père! » Oh ! ne vous retirez donc pas, mais veillez continuellement à la porte de la sagesse, et vous trouverez que toutes ses voies sont des voies agréables, et que tous ses sentiers sont paisibles ; alors vous trouverez que cela vaut la peine d’attendre le Seigneur Jésus ; et quand vous aurez reçu son Esprit au-dedans de vous, toute la puissance des hommes ou des démons ne pourra vous faire abandonner les voies du Seigneur Jésus-Christ.

Si seulement vous goûtez une fois à son amour qui pardonne, il vous sera si délicieux que vous en réclamerez toujours davantage ; vous en serez aussi remplis que vous pouvez l’être, et vous ne serez pourtant pas rassasiés ; vous désirerez de plus en plus cet amour de Jésus, vous aurez faim et soif, et de nouveau faim et soif, et vous ne serez jamais rassasiés jusqu’à ce que vous parveniez à ce repos qui est préparé pour le peuple de Dieu, où toute faim et toute soif cesseront, et se changeront en cantiques et en alléluias, et cela aux siècles des siècles.

Vous tous qui avez l’intention de participer aux symboles du corps et du sang de notre Seigneur mourant, examinez-vous bien vous-mêmes, de peur qu’en mangeant et en buvant indignement, vous ne mangiez et ne buviez votre propre condamnation : souvenez-vous de l’amour mourant de votre Seigneur mourant, et mangez et buvez en mémoire de lui ; ne laissez pas le monde vous empêcher d’y prendre part ; et quand vous aurez mangé et bu, ne vous en allez pas vous jeter dans le monde ; faites voir au monde que vous avez été avec Jésus ; ne lui donnez aucun sujet de parler mal à propos : il ne le fait que trop sans en avoir l’occasion ; mais combien il se réjouirait s’il en avait un juste sujet !

Prenez donc bien garde à vos sentiers, afin de ne pas faire de faux pas ; souvenez-vous que toutes vos fautes sont grossies, et que tous vos petits faux pas me sont imputés ; c’est pourquoi veillez bien sur vos voies, vos paroles, vos actions, afin qu’elles fassent taire les contradicteurs ; faites-leur voir que nous avons avec nous la présence de Dieu, et que la prédication en plein champ a produit du bien.

Laissez-moi vous exhorter encore une fois à considérer l’amour du Seigneur Jésus-Christ. Oh ! n’oubliez pas cet amour. Considérez, je vous en supplie, combien il a été grand envers vous, et ne méprisez pas sa grâce, les richesses, l’amour, la bonté de votre cher Rédempteur, le Seigneur Jésus-Christ, qui vous a préparé ce repos éternel ; il a aussi donné sa vie pour l’amour de vous : quel grand amour fut celui-là ! Alors que vous étiez ennemis du Seigneur de gloire, il est mort pour vous, afin de vous racheter du péché, de l’enfer et de la colère, et afin que vous viviez et régniez avec lui aux siècles des siècles.

L’Agneau qui est mort et qui a été enseveli est maintenant ressuscité et élevé, et il est assis à la droite de Dieu le Père ; et quand il viendra juger le monde entier, alors, mes frères, on verra si nous avons mérité le traitement que le monde nous a fait subir ; alors on saura qui sont les vrais disciples du Seigneur Jésus, et qui sont les insensés et les fous ; mais puisse-t-il être décidé, dans ce monde même, que nous et nos ennemis d’à présent entrions dans ce repos que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment.

Que Dieu nous l’accorde dans son infinie miséricorde !

Mes frères, que ces quelques paroles d’exhortation ne soient pas oubliées, mais serrez-les dans vos cœurs, et souvenez-vous qu’on vous en demandera compte un autre jour. Je me serais étendu davantage, mais les devoirs de ce jour m’ont obligé à m’en abstenir.

Or, à Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, soient toute puissance, etc.

Chapitre 56 terminé

Exhortation au peuple de Dieu à ne pas se laisser décourager dans sa marche par les railleries et le mépris des méchants

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