Chapitre 51 · 27 min de lecture · 35 min d’écoute
Christ, le seul préservatif contre un esprit réprouvé
Les doctrines de l’Évangile sont des doctrines de paix, et elles apportent la consolation à tous ceux qui y croient ; elles ne sont pas comme la loi donnée par Moïse, qui consistait en cérémonies pénibles et douloureuses ; elles ne portent pas non plus avec elles cette terreur que portait la loi, comme dans ces mots : « Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi » : si vous observiez toute la loi, et que vous la transgressiez en un seul point, vous êtes coupables de la transgression de tous. La loi prononce des menaces contre tous ceux qui ne se conforment pas à ses commandements rigoureux ; mais l’Évangile est une déclaration de grâce, de paix et de miséricorde ; vous y trouvez le récit du sang de Christ, un sang qui parle mieux que celui d’Abel ; car le sang d’Abel criait à haute voix vengeance, vengeance. Mais celui de Jésus-Christ crie miséricorde, miséricorde, miséricorde sur le pécheur coupable. Si celui-ci vient à Christ, s’il confesse et délaisse son péché, alors Jésus aura pitié de lui. Et si, mes frères, vous sentez seulement vos péchés, si vous êtes convaincus de vos iniquités, si vous vous sentez des pécheurs perdus et ruinés, et que vous veniez dire à Christ votre condition perdue, vous trouverez bientôt combien il est prêt à vous secourir ; il vous donnera son Esprit ; et si vous avez son Esprit, vous ne pouvez être réprouvés : vous trouverez que son Esprit vivifie et rafraîchit ; il n’est pas comme l’esprit du monde, un esprit d’outrage, d’envie et de toute sorte de manque de charité.
La plupart d’entre vous peuvent confirmer par leur propre expérience la vérité de ce que je dis ; car n’êtes-vous pas outragés et calomniés, et le monde ne dit-il pas toute sorte de mal contre vous, uniquement parce que vous suivez Jésus-Christ, parce que vous ne voulez pas vous précipiter avec eux dans le même débordement de débauche ? Tandis qu’ils chantent les chansons des ivrognes, vous chantez des psaumes et des cantiques ; tandis qu’ils sont au théâtre, vous écoutez un sermon ; tandis qu’ils boivent, font ripaille, gaspillent leur temps précieux et hâtent leur propre perte, vous lisez, vous priez, vous méditez, et vous travaillez à votre salut avec crainte et tremblement. C’en est assez pour que le monde vous outrage ; vous n’êtes pas assez polis ni assez à la mode pour lui. Si vous voulez vivre pieusement, il faut que vous souffriez la persécution ; vous ne devez pas vous attendre à traverser ce monde sans être persécutés et injuriés. Si vous étiez du monde, le monde vous aimerait, car il aime toujours ce qui est à lui ; mais si vous n’êtes pas du monde, il vous haïra ; il l’a fait dans tous les siècles, il n’a jamais aimé que ceux qui se plaisaient à ses vanités et à ses séductions. Il a fait mourir plus d’un ami de Jésus, uniquement parce qu’ils l’aimaient. C’est pourquoi, mes frères, ne soyez pas surpris si vous rencontrez une fournaise d’épreuve, car toutes ces choses serviront à vous envoyer plus tôt auprès de votre Maître.
L’esprit du monde est haine ; celui de Christ est amour ; l’esprit du monde est tourment ; celui de Christ est plaisir ; l’esprit du monde est tristesse ; celui de Christ est joie ; l’esprit du monde est mauvais, et celui de Christ est bon ; l’esprit du monde ne nous satisfera jamais, mais l’Esprit de Christ est entière satisfaction ; l’esprit du monde est misère ; celui de Christ est repos. En un mot, l’esprit du monde n’a rien de durable ; mais l’Esprit de Christ est durable, et il demeurera à travers une éternité de siècles : l’Esprit de Christ ôtera toute difficulté, dissipera tout doute, et servira à vous amener à lui, pour vivre avec lui aux siècles des siècles.
D’après les paroles de mon texte, je vous montrerai :
I. La nécessité de recevoir l’Esprit de Christ.
II. Qui est Christ, dont vous devez recevoir l’Esprit. Et puis
Je conclurai par une exhortation à vous tous, grands et petits, riches et pauvres, à venir au Seigneur Jésus-Christ, et à lui demander de recevoir son Esprit, afin que vous ne soyez pas réprouvés.
Premièrement, je dois vous montrer la nécessité qu’il y a de recevoir l’Esprit de Christ.
Et ici, mes frères, il sera nécessaire de vous considérer dans votre premier état, c’est-à-dire lorsque Dieu créa d’abord Adam, qu’il le plaça dans le jardin d’Éden, et lui accorda le privilège de manger de tous les arbres du jardin, excepté de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, qui était au milieu. Nos premiers parents n’eurent pas été longtemps dans cet état d’innocence qu’ils en déchurent ; ils transgressèrent les commandements divins, et entraînèrent toute leur postérité dans la culpabilité ; car, comme Adam était notre représentant, nous devions tenir ou tomber en lui ; et, comme il était notre chef fédéral, sa chute assujettit toute notre race à la puissance de la mort, car la mort est entrée dans le monde par le péché ; et nous sommes tous devenus passibles du châtiment éternel dû par Dieu à la désobéissance de l’homme au commandement divin.
Or, comme l’homme avait péché et qu’une satisfaction était exigée, il était impossible à une créature finie de satisfaire celui qui était un Dieu d’une pureté si rigoureuse qu’il ne peut regarder l’iniquité ; et l’homme, par la justice de Dieu, aurait été précipité dans l’abîme préparé de toute antiquité pour le diable et pour ses anges ; mais, au moment où la justice allait prononcer la sentence irrévocable, le Seigneur Jésus-Christ vint et s’offrit lui-même en rançon pour les pauvres pécheurs. Quelle admirable condescendance du Seigneur Jésus-Christ ! Que celui qui était dans le sein de son Père soit descendu de toute cette gloire pour mourir pour des rebelles tels que vous et moi, qui, s’il était en notre pouvoir, arracherions le Tout-Puissant de son trône ! Or, pouvez-vous penser que, s’il n’y avait eu aucun besoin de la mort de Christ, pouvez-vous penser que, si l’on avait pu trouver quelque autre rançon par laquelle les pauvres pécheurs pussent être sauvés, Dieu n’aurait pas épargné son Fils unique, et ne l’aurait pas livré pour tous ceux qui croient en lui ?
Ceci, mes frères, prouve jusqu’à l’évidence, me semble-t-il, qu’il était nécessaire que Christ mourût. Mais considérez qu’il ne vous servira de rien de savoir que Christ est mort pour les pécheurs, si vous n’acceptez pas son Esprit, afin d’être sanctifiés et rendus propres à recevoir ce Jésus qui est mort pour tous ceux qui croient en lui. Le péché de votre nature, votre péché originel, suffit à vous précipiter dans des tourments qui n’auront point de fin ; c’est pourquoi, à moins que vous ne receviez l’Esprit de Christ, vous êtes réprouvés, et vous ne pouvez être sauvés. Rien de moins que le sang de Jésus appliqué à vos âmes ne vous rendra heureux pour toute l’éternité. Puis donc que cela est si absolument nécessaire que vous ne pouvez être sauvés sans avoir reçu l’Esprit de Christ, mais que vous êtes réprouvés, ne vous tenez pas pour satisfaits jusqu’à ce que vous ayez, par la grâce, une bonne espérance que la bonne œuvre est commencée dans vos âmes ; que vous avez reçu le pardon de vos péchés ; que Christ est descendu du ciel, qu’il est mort, et qu’il a fait satisfaction pour vos péchés. Ne vous flattez pas qu’un peu de morale suffira pour vous sauver ; qu’aller à l’église, ou à la prière, et au sacrement, et accomplir tous les devoirs de la religion d’une manière extérieure, vous conduira jamais au ciel ; non, il faut que vous ayez la grâce dans vos cœurs ; il faut qu’il y ait un changement de l’homme tout entier.
Il faut que vous naissiez de nouveau, que vous deveniez de nouvelles créatures, et que vous ayez l’Esprit de Christ au-dedans de vous ; et jusqu’à ce que vous ayez cet Esprit de Christ, quoi que vous puissiez penser du contraire, et quelque plaisir que vous preniez à vos propres imaginations, je vous le dis, vous ne valez pas mieux que des réprouvés. Vous pouvez vous contenter de mener une vie civile et extérieurement décente ; mais à quoi cela vous servira-t-il, à moins que vous n’ayez l’Esprit du Seigneur Jésus-Christ dans vos cœurs ? Son royaume doit être établi dans vos âmes ; il faut qu’il y ait la vie de Dieu dans l’âme de l’homme, sinon vous n’appartenez pas au Seigneur Jésus-Christ ; et tant que vous ne lui appartenez pas, vous êtes réprouvés.
Ceci peut paraître de l’enthousiasme à quelques-uns d’entre vous ; mais, s’il en est ainsi, c’est ce qu’enseignait l’apôtre Paul ; et ce sont donc, mes frères, des paroles de vérité. Je vous en conjure, par les compassions de Dieu en Jésus-Christ, ne méprisez pas ces paroles, comme si elles ne vous concernaient pas, mais n’étaient faites que pour les premiers âges du christianisme, et par conséquent sans aucune portée. Si vous pensez ainsi, vous faites tort à vos propres âmes ; car tout ce qui a été écrit l’a été pour vous en ces temps-ci, aussi bien que pour les chrétiens des premiers âges de l’Église.
Car voici où en sont les choses entre Dieu et l’homme : Dieu, au commencement, a fait l’homme droit, ou, comme s’exprime l’écrivain sacré, « Dieu a fait l’homme à son image » ; son âme était la copie même, la transcription de la nature divine. Celui qui, par sa puissance infinie, avait appelé le monde à l’existence par sa parole, souffla dans l’homme le souffle de la vie spirituelle ; et son âme fut ornée de pureté et de perfection. Ce fut le dernier trait de la création, la perfection du monde moral aussi bien que du monde matériel ; et l’homme ressemblait tellement à l’Original divin que Dieu ne pouvait que se réjouir et prendre plaisir à sa propre ressemblance. C’est pourquoi nous lisons que, lorsque Dieu eut achevé la partie inanimée et animale de la création, « il regarda, et voici, cela était bon ». Mais, lorsque l’homme, cette aimable créature semblable à Dieu, eut été fait, « voici, cela était très bon ».
Heureux, inexprimablement heureux d’être ainsi participant de la nature divine ! Et l’homme aurait pu continuer à l’être, s’il était demeuré saint ; mais Dieu le plaça dans un état d’épreuve, avec la libre permission de manger de tous les arbres du jardin, excepté de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le jour où il en mangerait, il devait devenir sujet, non seulement à la mort temporelle, mais à la mort spirituelle ; et il perdit ainsi cette image divine, cette vie spirituelle que Dieu avait soufflée en lui, et qui faisait autant son bonheur que sa gloire.
Mais l’homme, l’homme malheureux, séduit par le diable, mangea du fruit défendu, et devint par là passible de la malédiction que le Dieu éternel avait prononcée contre lui pour sa désobéissance. Et nous lisons que, peu après qu’Adam fut tombé, il se plaignit d’être nu ; nu, non seulement quant à son corps, mais nu et dépouillé de ces grâces divines qui embellissaient auparavant son âme.
Une malheureuse révolte et un désordre s’abattirent alors sur ce monde ; ces ronces et ces épines qui poussent maintenant et couvrent la terre n’étaient que de pauvres emblèmes, des représentations sans vie de cette confusion et de cette rébellion qui naquirent dans l’âme de l’homme et la submergèrent, aussitôt après la chute. Il s’abaissa dès lors jusqu’aux dispositions de la bête et du démon.
C’est dans cette condition affreuse et désordonnée que nous venons tous au monde. Il nous est dit, mes frères, qu’« Adam engendra un fils à sa ressemblance », c’est-à-dire avec la même nature corrompue où il était lui-même tombé après avoir mangé du fruit défendu ; et l’expérience, aussi bien que l’Écriture, prouve que nous sommes tout entiers nés dans le péché, et par conséquent incapables, tant que nous sommes dans un tel état, d’avoir communion avec Dieu.
Car, comme la lumière ne peut avoir communion avec les ténèbres, de même Dieu ne peut avoir aucune communion avec de si impurs fils de Bélial. C’est ici, c’est ici que paraît la grande et glorieuse fin pour laquelle Christ a été manifesté en chair : pour mettre fin à ces désordres, et nous rétablir dans la faveur de Dieu. Il est descendu du ciel, et il a versé son sang précieux sur la croix, pour satisfaire à la justice divine de son Père pour nos péchés ; et ainsi il a acquis ce Saint-Esprit, qui doit une fois de plus empreindre de nouveau l’image divine sur nos cœurs, et nous rendre capables de vivre avec Dieu et de jouir de lui. Il faut que nous soyons renouvelés par l’Esprit de Dieu ; il faut qu’il habite en nous, avant que nous puissions être de nouvelles créatures et être délivrés d’un esprit réprouvé ; il faut que l’Esprit de Christ nous ramène dans cette bergerie où sont toutes ses brebis, qu’il implante sa grâce dans nos cœurs, et qu’il nous ôte cet esprit de péché qui règne en nous. Et jusqu’à ce qu’il soit déraciné de nos cœurs, nous aurons beau nous flatter d’être de bons chrétiens parce que nous sommes de bons moralistes et que nous menons une vie civile, morale et décente, si nous vivons et mourons de cette manière, mes frères, nous ne faisons que nous flatter jusqu’en enfer.
Je pense avoir prouvé jusqu’à l’évidence la nécessité qu’il y a de recevoir l’Esprit de Christ. J’en viens maintenant à vous montrer,
Secondement, qui est Christ, dont vous devez recevoir l’Esprit.
Mes frères, (Jésus-Christ est coégal, coessentiel, coéternel et consubstantiel au Père, vrai Dieu de vrai Dieu ; et, comme il n’y a pas eu un moment du temps où Dieu le Père n’ait été, de même il n’y a pas eu un moment du temps où Dieu le Fils n’ait été.
Les ariens et les sociniens nient cette divinité de Christ, et ne le considèrent que comme une créature. Les ariens le regardent comme une divinité titulaire, comme un Dieu créé et subordonné ; mais s’ils sondaient humblement les Écritures, ils y trouveraient un hommage divin rendu à Christ. Il est appelé Dieu dans l’Écriture, en particulier lorsque le grand prophète évangélique dit : « On l’appellera Dieu puissant, Père éternel, et la domination reposera sur son épaule. » Et Jésus-Christ lui-même dit qu’il est « l’alpha et l’oméga », et que « le monde a été fait par lui ». Mais, si clair que soit cela, nos beaux esprits légers et frivoles de ce siècle ne veulent pas croire que le Seigneur Jésus-Christ soit égal à son Père, et cela pour nulle autre raison que parce qu’il est de bon ton et de bonne compagnie de nier sa divinité et de ne le considérer que comme un Dieu créé.
Nos sociniens ne vont pas si loin : ils ne regardent Christ que comme un homme de bien envoyé de Dieu pour montrer au peuple le chemin qu’il devait suivre en abandonnant le judaïsme ; ils pensent qu’il devait aussi être un exemple pour le monde, et que sa mort n’a servi qu’à prouver la vérité de ses doctrines.
Beaucoup de ceux qui se disent membres, bien plus, docteurs de l’Église d’Angleterre, sont entrés dans ce système de bon ton. Bon Dieu ! Mon âme frémit à la pensée des conséquences qu’entraînera une telle croyance. Ô mes frères, n’ayez pas de pensées si déshonorantes à l’égard du Seigneur qui vous a rachetés, du Jésus qui est mort pour vous : il faut qu’il soit tout en tous pour vos âmes, si jamais vous devez être sauvés par lui. Il faut que Christ soit votre obéissance active aussi bien que passive ; il faut que sa justice vous soit imputée. La doctrine de la justice imputée de Christ est une doctrine consolante et désirable pour tous les vrais chrétiens. Et à vous, pécheurs, qui demandez ce qu’il faut faire pour être sauvés, combien il serait peu consolant de vous dire : Par vos propres bonnes œuvres, alors que, peut-être, vous n’avez jamais fait une seule bonne œuvre de toute votre vie ! Ce serait vraiment vous pousser au désespoir ; non, « croyez au Seigneur Jésus-Christ, et vous serez sauvés » ; venez au Seigneur Jésus par la foi, et il vous recevra. Il peut et il veut vous sauver.
Cette seconde personne de la Trinité, qui est Dieu-homme, le médiateur de la nouvelle alliance, a, mes frères, assez de vertu dans son sang pour expier les péchés de millions de mondes. Comme homme, il est mort ; il a été crucifié, cloué et percé sur le bois maudit. Voilà quel a été pour vous l’amour du Seigneur Jésus-Christ ; et aurez-vous donc des pensées basses et déshonorantes à l’égard de Jésus-Christ, après qu’il a tant fait pour vous ? Ô mes chers frères, ne soyez pas assez polis pour nier la divinité de Christ ; bien que vous puissiez être tenus pour des insensés aux yeux du monde, vous serez cependant, au jugement de Dieu, estimés sages, sages à salut.
Vous pouvez être maintenant regardés comme des insensés et des fous, comme un ramassis de populace, et bientôt bons pour Bedlam. Ils peuvent dire que vous allez saper l’Église établie ; mais Dieu connaît les secrets de tous les cœurs, il connaît notre innocence ; et je dis la vérité en Christ, je ne mens point : je me réjouirais de voir le monde entier s’attacher à ses articles ; je me réjouirais de voir les docteurs, les ministres de l’Église d’Angleterre, prêcher ces articles mêmes qu’ils ont souscrits ; mais ceux des ministres qui les prêchent, ils les tiennent pour des fous, et les regardent comme les balayures de la terre, indignes de toute compagnie et de tout commerce.
Le mal qu’ils disent de moi, béni soit Dieu, est sans fondement ; je suis ami des homélies de l’Église ; je suis ami de sa liturgie, et s’ils ne me chassaient pas de leurs églises, je la lirais chaque jour.
Mes frères, je ne suis pas de ceux qui veulent limiter l’Esprit de Dieu, mais je suis pour unir tous les hommes par les liens de l’amour ; j’aime tous ceux qui aiment le Seigneur Jésus-Christ : cela fera plus de chrétiens que ne le fera l’esprit de persécution.
Les pharisiens peuvent trouver que c’est folie de parler de persécution dans un pays chrétien ; mais l’esprit de persécution réside en beaucoup : leur volonté est aussi grande, mais, béni soit Dieu, le pouvoir leur manque ; s’ils l’avaient, mes frères, c’est le feu et le bûcher que nous devrions attendre, car le temple du diable est ébranlé. Beaucoup viennent à Jésus ; j’espère que beaucoup d’entre vous sont déjà venus, et que beaucoup d’autres viennent ; cela doit faire rager Satan, de voir son royaume affaibli ; il excitera toute sa malice contre le peuple de Dieu. Nous devons nous attendre à ce qu’un temps de souffrance vienne certainement ; il approche à grands pas, il mûrit rapidement ; alors il sera prouvé jusqu’à l’évidence si vous êtes des hypocrites ou non ; car les temps de souffrance sont toujours des temps d’épreuve. Ô mes frères, ne craignez pas un peu d’opprobre, mais regardez-le comme l’avant-coureur de ce qui l’accompagnera. Permettez-moi donc, en manière d’application,
De vous exhorter tous, grands et petits, riches et pauvres, les uns comme les autres, à venir au Seigneur Jésus-Christ, afin qu’il vous donne la force de supporter tout ce à quoi il vous appellera dans sa sagesse. Venez, venez, mes frères, à Jésus-Christ, et il vous donnera la grâce, qui vous rendra disposés et prêts à tout souffrir pour Jésus-Christ.
Ce n’est rien que d’être montré du doigt ; ce n’est rien que d’être méprisé et regardé comme un peuple fou et abusé. Hélas ! qu’est-ce que cela signifie pour une âme qui possède Jésus-Christ ? Ne craignez pas de confesser le bienheureux Jésus ; osez être singulièrement bons. Ne craignez pas de chanter des cantiques, ni de vous réunir pour vous édifier les uns les autres dans les voies du Seigneur. Brillez comme des flambeaux dans le monde, au milieu d’une génération perverse et corrompue.
Il est nécessaire qu’il arrive des scandales, pour éprouver ce qui est dans nos cœurs, et pour voir si nous voulons être, ou non, de fidèles soldats de Jésus-Christ. Ne vous contentez pas de suivre Christ de loin, car alors nous le renierons bientôt, comme le fit Pierre ; mais soyons tout à fait chrétiens. Que nos paroles et toutes nos actions déclarent au monde entier de qui nous sommes les disciples, et que nous avons résolu de ne savoir autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. Oh ! alors, alors, tout ira bien pour nous ; heureux, inexprimablement heureux, nous le serons dès ici-bas ; et, ce qui est infiniment meilleur, lorsque d’autres, qui nous ont méprisés, crieront aux montagnes de tomber sur eux, et aux collines de les couvrir, nous serons élevés pour nous asseoir à la droite de Dieu, nous resplendirons comme le soleil au firmament, et nous vivrons éternellement avec notre Rédempteur. Et ne sera-ce pas là une récompense suffisante pour toutes les souffrances que vous aurez endurées ici-bas ? Ne vous efforcez donc pas d’avoir la grandeur, les richesses, les honneurs et les plaisirs de ce monde, mais efforcez-vous d’avoir Jésus-Christ.
Vos amis et vos connaissances charnelles, et surtout votre grand adversaire, le diable, chercheront à vous persuader de ne pas prendre Christ avant d’être devenus vieux ; il voudrait que vous amassiez des biens pour plusieurs années, que vous alliez voir des pièces de théâtre, que vous jouiez aux cartes, que vous alliez aux bals et aux mascarades ; et, pour vous y rendre plus disposés, pour vous y attirer, il appelle les plaisirs coupables des divertissements innocents.
Un savant rabbin de notre Église, mort depuis peu, dit au peuple dans un sermon, que j’ai entendu moi-même, que, si l’on allait à l’église le dimanche et qu’on y dît les prières, il n’y avait aucun mal, et que Dieu ne compterait pas non plus pour un péché de prendre sa récréation une fois le service de l’Église terminé. Mais moi, je dis, mes frères, et le commandement de Dieu le dit aussi, que le sabbat tout entier doit être sanctifié ; et que, comme Dieu vous a accordé six jours pour vous-mêmes, pour accomplir les devoirs des diverses conditions où la Providence vous a placés, il attend que vous lui donniez un jour à lui-même. Et gaspillerez-vous ce sabbat, qui devrait être employé à amasser des provisions pour vos âmes ? À Dieu ne plaise !
Il vaudrait dix mille fois mieux pour vous ignorer tous les divertissements polis du siècle que d’ignorer que l’Esprit de Christ est au-dedans de vous, et qu’il doit y être avant que vous soyez de nouvelles créatures et que vous soyez en Christ ; et si vous n’avez point part à Christ, vous êtes perdus, votre damnation se hâte. « Celui qui croira sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. »
Si vous tenez bon contre Christ, c’est contre vous-mêmes que vous combattez. Oh ! venez à lui ; ne vous arrêtez pas pour apporter de bonnes œuvres avec vous, car elles ne vous serviront de rien ; toutes vos œuvres ne vous porteront jamais au ciel, elles ne pardonneront jamais un seul péché, et ne vous donneront pas la moindre consolation à l’heure de la mort ; si vous n’avez rien de plus que vos propres œuvres pour vous recommander à Dieu, elles ne vous empêcheront pas de sombrer dans cet abîme éternel où il n’y a point de fond.
Mais venez à Christ, et il vous donnera cette justice qui vous sera comptée au grand jour du Seigneur, lorsqu’il viendra prendre connaissance de ceux qui l’aiment, et de ceux qui ont revêtu l’habit de noces.
Que toutes vos actions procèdent de l’amour de Jésus ; qu’il soit l’alpha et l’oméga de toutes vos actions ; alors, mes frères, nos actions indifférentes mêmes sont des sacrifices agréables ; mais si ce principe manque, nos services les plus pompeux ne servent de rien ; nous ne sommes que des idolâtres spirituels ; nous sacrifions à notre propre filet, et nous faisons de nous-mêmes une idole, en faisant de nous-mêmes, et non de Christ, la source de nos actions ; et c’est pourquoi, mes frères, de telles actions sont si loin d’être agréées de Dieu que, selon le langage de l’un des articles de notre Église, « nous ne doutons pas qu’elles n’aient la nature du péché, parce qu’elles ne procèdent pas d’une foi expérimentale en Jésus-Christ ni d’une connaissance de lui ».
Si nous n’étions pas des créatures déchues, nous pourrions alors agir selon d’autres principes ; mais, puisque nous sommes tombés en Adam, et que nous ne sommes rétablis que par la mort de Jésus-Christ, la face des choses est entièrement changée, et tout ce que nous pensons, disons ou faisons n’est agréé qu’en lui et par lui.
C’est pourquoi, mes frères, je vous en conjure, par les entrailles de l’amour et de la compassion, venez à Jésus. Ne vous en allez pas en vous moquant, offensés ou blasphémant. En vérité, tout ce que je dis, je le dis par amour pour vos âmes ; et si je pouvais seulement être l’instrument qui vous amène à Jésus-Christ, quelque élevés que vous puissiez être, je ne vous porterais pas envie, mais je me réjouirais de votre bonheur. Si je devais fermer la marche du cortège des compagnons du bienheureux Jésus, ce serait ma joie de vous voir au-dessus de moi dans la gloire. Je ne parle pas par une fausse humilité, par une sainteté feinte ; non, Dieu m’en est juge, je dis la vérité en Christ, je ne mens point : j’irais volontiers en prison ou à la mort pour vous, si je pouvais seulement arracher une âme aux forteresses du diable et l’amener au salut qui est en Jésus-Christ.
Venez donc à Christ, vous tous qui m’entendez ce soir ; j’offre Jésus-Christ, le pardon et le salut à vous tous qui voudrez les accepter. Venez, ô ivrognes, posez vos coupes, ne buvez plus avec excès ; venez boire de l’eau que Christ vous donnera, et alors vous n’aurez plus jamais soif. Venez, ô voleurs ; que celui qui dérobait ne dérobe plus, mais qu’il fuie vers Christ, et il le recevra. Venez à lui, ô prostituées ; renoncez à vos convoitises et revenez au Seigneur, et il aura pitié de vous ; il vous purifiera de tous vos péchés, et vous lavera dans son sang. Venez, vous tous, menteurs ; venez, vous tous, pharisiens ; venez, vous tous, fornicateurs, adultères, jureurs et blasphémateurs, venez à Christ, et il ôtera toute votre souillure, il vous purifiera de votre impureté, et vos péchés seront effacés. Venez, venez, mes frères coupables ; je vous en conjure pour l’amour de Christ et pour l’amour de vos âmes immortelles, venez à Christ. Ne me laissez pas frapper en vain à la porte de vos cœurs, mais ouvrez, et laissez entrer le Roi de gloire ; il habitera avec vous, il viendra et soupera avec vous ce soir même ; à cette heure, en ce moment même, il est prêt à vous recevoir ; venez donc à lui.
Ne consultez ni la chair ni le sang ; ne laissez pas le monde vous empêcher de venir au Seigneur de la vie. Que valent quelques plaisirs passagers de cette vie ? Ils ne valent pas la peine d’être possédés ; mais Jésus-Christ est une perle de grand prix ; il vaut la peine que l’on donne tout ce qu’on a pour l’acheter.
Et si vous êtes dans l’affliction, ne fuyez pas vers la compagnie pour vous distraire, et ne lisez pas non plus ce que le monde appelle des livres inoffensifs ; ils ne servent qu’à endurcir le cœur et à vous empêcher de vous attacher au Seigneur Jésus-Christ.
Lorsque j’étais enfant, oui, lorsque je fus parvenu à un âge plus mûr, Dieu le sait, c’est avec douleur que je le dis, lorsque j’ignorais l’excellence de la Parole de Dieu, je lus autant de ces livres inoffensifs que personne ; mais maintenant que j’ai goûté la bonne parole de vie et que je suis parvenu à une connaissance plus parfaite de Jésus-Christ mon Seigneur, je rejette ces choses puériles et frivoles, et je suis résolu à ne lire d’autres livres que ceux qui me conduisent à la connaissance de moi-même et de Jésus-Christ.
Il me semble que je pourrais vous parler jusqu’à minuit, mes frères ; je suis plein d’amour pour vous ; permettez-moi de vous conjurer de fuir vers Christ pour chercher du secours : « Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut » ; ne tardez donc pas, mais efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ; ne suivez pas le chemin large du monde poli, mais choisissez d’être maltraités avec le peuple de Dieu plutôt que d’avoir pour un temps la jouissance du péché. Vous aurez ensuite une récompense qui vous dédommagera de toutes les railleries, de tous les sarcasmes et de toutes les calamités que vous pourrez endurer ici-bas.
Et la présence de Christ ne sera-t-elle pas une récompense suffisante pour tout ce que vous aurez souffert pour son nom ? Pourquoi ne voulez-vous pas accepter le Seigneur de gloire ? Ne dites pas que vous n’avez pas entendu parler de Christ, car il vous est maintenant offert, et vous ne voulez pas l’accepter. N’en accusez pas mon Maître ; il veut vous sauver, si seulement vous voulez le saisir par la foi ; et si vous ne le faites pas, votre sang sera redemandé sur vos propres têtes.
Mais j’espère que vous ne laisserez pas le sang de Jésus être versé en vain, et que vous ne laisserez pas ma prédication rester sans effet. Voudriez-vous que j’aille dire à mon Maître que vous ne voulez pas venir, et que j’ai consumé ma force en vain ? Je ne puis supporter de lui porter un message si fâcheux ; je ne voudrais pas, non, en vérité, je ne voudrais pas être un témoin prompt à déposer contre aucun de vous au grand jour des comptes ; mais si vous refusez ces invitations pleines de grâce, et ne les acceptez pas, il faudra que je le fasse. Et ne sera-ce pas pour vos tendres cœurs un déchirement de voir vos amis enlevés au ciel, et vous-mêmes précipités en enfer ? Mais j’espère de meilleures choses de la plupart d’entre vous, à savoir que vous vous tournerez vers le Seigneur d’amour, vers le Jésus qui est mort pour vous, afin qu’au jour où il viendra prendre son peuple pour le conduire dans les demeures du repos éternel, vous puissiez entendre sa voix : « Venez, vous qui êtes bénis de mon Père; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. » Et afin que nous entrions tous dans cette gloire, ô Jésus, prépare-nous par ta grâce ; donne-nous ton Esprit ; et que nos cœurs te soient unis. Que la parole qui vient d’être prononcée prenne profondément racine dans le cœur de ton peuple, afin qu’elle lève et porte du fruit, chez les uns trente, chez les autres quarante, chez d’autres cent pour un ; préserve-les de tout mal pendant cette vie, garde-les de toute chute, et présente-les enfin irrépréhensibles devant ton Père, lorsque tu viendras juger le monde, afin que là où tu es, ils y soient aussi. Accorde-nous cela, ô Seigneur Jésus-Christ, avec tout ce que tu vois encore nous être nécessaire, maintenant et à jamais.
Maintenant, à Dieu le Père, à Dieu le Fils et à Dieu le Saint-Esprit soient attribués tout honneur, toute puissance, toute gloire, toute force, toute majesté et toute domination, maintenant et à jamais. Amen.
Chapitre 51 terminé
Christ, le seul préservatif contre un esprit réprouvé