Sermons choisis de George Whitefield
Christ, le meilleur Époux : ou invitation pressante aux jeunes femmes à venir voir Christ, prêché à une société de jeunes femmes, à Fetter Lane

Chapitre 5 · 29 min de lecture · 38 min d’écoute

Christ, le meilleur Époux : ou invitation pressante aux jeunes femmes à venir voir Christ, prêché à une société de jeunes femmes, à Fetter Lane

Christ, le meilleur Époux : ou invitation pressante aux jeunes femmes à venir voir Christ22Prêché à une société de jeunes femmes, à Fetter Lane

Psaume 45:11-12 — « Écoute, ma fille, vois, et prête l’oreille; Oublie ton peuple et la maison de ton père. Le roi porte ses désirs sur ta beauté; Puisqu’il est ton seigneur, rends-lui tes hommages. »

Ce psaume est appelé le chant des amours, des amours les plus pures et les plus spirituelles, les plus chères et les plus délicieuses ; à savoir, celles qui existent entre Christ, le bien-aimé, et son Église, qui est son épouse. Il y est représenté, premièrement, le Seigneur Jésus-Christ, quant à sa majesté, à sa puissance et à sa divinité, à sa vérité, à sa douceur et à son équité ; et ensuite l’épouse, quant à ses ornements, à ses compagnes, à sa suite et à sa postérité ; et l’un et l’autre quant à leur grâce et à leur beauté. Après la description de Christ, une invitation à ses noces est adressée aux enfants des hommes, désignés sous le nom de fille ; et elle s’applique donc particulièrement à vous, mes chères sœurs, qui êtes les filles des hommes, sans exclure pourtant les fils des hommes.

Je considérerai donc maintenant ces paroles comme adressées à vous en particulier, et comme contenant cette doctrine :

Que le Seigneur Jésus-Christ invite les filles des hommes à devenir son épouse, et qu’il désire extrêmement la beauté de celles qui, oubliant leur peuple et la maison de leur père, écoutent, considèrent et se rendent à son invitation, et s’unissent à lui dans cette relation.

Je montrerai,

I. Comment Christ se fiance aux enfants des hommes, mais plus spécialement aux filles des hommes.

Le Seigneur Jésus-Christ se fiance aux enfants des hommes dans ce monde, mais la célébration publique du mariage est réservée pour le dernier jour, lorsque son épouse lui sera amenée en robes blanches, vêtue d’une justice parfaite, plus riche et plus finement ouvragée, mes chères sœurs, qu’aucun de vos ouvrages à l’aiguille ; et le festin des noces se tiendra dans la maison de son Père, dans le ciel, lorsque ses élus seront reçus dans les étreintes les plus proches et les plus intimes de son amour. Le nœud du mariage se noue ici-bas, et il renferme quatre choses :

Premièrement, un choix mutuel,

Secondement, une affection mutuelle,

Troisièmement, une union mutuelle,

Quatrièmement, une obligation mutuelle.

Premièrement, mes chères sœurs, il y a un choix mutuel, qui n’est pas seulement en Christ comme Médiateur, mais aussi par Christ comme Fils éternel de Dieu, oui, comme Dieu lui-même, quoi qu’en disent les ariens et les sociniens polis. Le Seigneur Jésus-Christ, mes chères sœurs, vous choisit uniquement par sa grâce gratuite ; c’est par sa pure miséricorde qu’il vous fait entrer dans l’alliance du mariage : vous qui l’avez si gravement offensé, le Seigneur Jésus-Christ vous a pourtant choisies ; vous ne l’auriez pas choisi, vous n’auriez pas voulu le choisir ; mais dès qu’il vous a choisies, mes chères sœurs, alors, et pas avant, vous faites choix de lui pour votre Seigneur et votre Époux.

Le Seigneur Jésus-Christ, lorsqu’il vient à vous pour la première fois, vous trouve pleines de péché et de souillure ; vous êtes difformes, souillées, asservies, pauvres, misérables et malheureuses, tout à fait méprisables et repoussantes à cause du péché ; et il fait choix de vous, non à cause de votre sainteté, ni de votre beauté, ni parce que vous seriez dignes de ces faveurs ; non, c’est le Seigneur Jésus-Christ qui met sur vous les qualités capables de vous rendre dignes de ses étreintes ; et vous êtes attirées à faire choix du Seigneur Jésus-Christ parce qu’il vous a choisies le premier.

Secondement, dans ces fiançailles qui sont les vôtres, mes chères sœurs, il y a une affection mutuelle ; elle accompagne le choix. Vos cœurs sont attirés vers Christ ; vos âmes soupirent et languissent après lui ; vous ne pouvez avoir de repos que vous ne soyez engagées à ce Jésus : vous êtes prêtes à vous écrier continuellement : Rien que Christ, rien que Christ ! Tel est le langage de vos cœurs, si vous sentez vraiment le besoin que vous avez de lui. Plus vous connaissez ce Seigneur Jésus, plus vous êtes contentes de votre choix, et plus vos affections sont attirées vers lui. Et où pourriez-vous mieux placer vos affections que sur ce Jésus qui a versé son sang pour l’amour de vous ? Assurément il mérite à la fois vos amours et vos affections. Avancez, avancez, mes chères sœurs, afin que vos affections deviennent de plus en plus fortes.

Troisièmement, il n’y a pas seulement un choix mutuel et une affection mutuelle, mais encore une union mutuelle : et c’est en cela que consiste principalement le mariage, dans cette union. Christ et les âmes sont unis par contrat, et le nœud est noué si fort que ni les hommes sur la terre, si grands qu’ils soient, ni les démons de l’enfer, quand ils uniraient ensemble toute leur colère et toute leur rage, ne pourraient le dissoudre ni le dénouer ; non, mes chères sœurs, il est indissoluble, car l’union se fait par l’Esprit, du côté de Christ, et par la foi, du vôtre : par l’Esprit, Christ vous saisit ; et par la foi, vous le saisissez ; et ainsi le mariage est conclu. Christ devient vôtre : sa personne, son partage et tous ses bienfaits sont à vous ; et vous devenez à Christ : vos personnes, vos cœurs et tout ce que vous avez lui sont abandonnés ; et oh ! puissent-ils l’être de plus en plus.

Quatrièmement, il y a une obligation mutuelle entre Christ et son épouse. Christ s’oblige à vous aimer ici-bas ; il ne vous abandonnera pas, non, jamais il ne vous abandonnera ; il vous protégera contre la malice des pharisiens de cette génération ; il pourvoira à vos besoins dans toutes vos difficultés ; il vivra avec vous ici-bas, et à la fin il vous prendra auprès de lui pour vivre avec lui éternellement. Et vous, vous êtes engagées envers lui à être aimantes, loyales, fidèles et obéissantes ; et vous devez vous attacher étroitement à lui aussi longtemps que vous vivrez ; et alors vous trouverez que vous vous êtes mariées le plus avantageusement possible, pour l’âme et pour le corps, pour le temps et pour l’éternité.

II. Christ vous invite toutes à devenir son épouse.

Et c’est pour cela qu’il envoie ses ministres prêcher. C’est cela qui me fait venir ainsi parmi vous : afin que vous acceptiez cette invitation, par laquelle, au nom du Seigneur Jésus-Christ, je vous appelle et vous supplie de le prendre à ses propres conditions. Il vous appelle toutes, mes sœurs, plus âgées ou plus jeunes, mariées ou non mariées, de haut rang ou de la plus humble condition, les plus pauvres servantes, oui, la populace de ce monde, comme le monde vous appelle, vous toutes qui voulez bien être fiancées au Seigneur Jésus-Christ. Je le dis, les pauvres sont aussi bienvenues que les riches à devenir l’épouse de Christ. Il n’a pas plus d’égard pour le riche que pour le pauvre ; il a choisi pour sa mère une humble vierge, fiancée à un charpentier ; et il choisit et appelle toutes celles qui sont telles à devenir son épouse. Ne vous découragez donc pas d’être méprisées dans le monde ; car si seulement vous êtes aimées de Christ et fiancées à lui, ce sera une compensation plus que suffisante pour toutes les peines que vous aurez rencontrées ici-bas.

III. Celles qui veulent être fiancées à Christ doivent écouter, considérer et se rendre à son invitation, et oublier même la maison de leur père.

Celles qui veulent être fiancées à Christ doivent écouter. « Écoute, ma fille ». Beaucoup d’entre vous, mes sœurs, se bouchent les oreilles aux appels de l’Évangile ; elles ferment leurs oreilles comme l’aspic sourd, qui n’entend pas la voix des enchanteurs, quelque habile que soit l’enchanteur. Vous ne voulez pas écouter les invitations de Christ ; vous savez écouter les vanités du monde et vous plaire aux fiançailles du monde, mais jamais vous ne pensez aux fiançailles de Christ, ni n’y prenez plaisir.

C’est par l’oreille que la tentation du péché fut reçue par le premier homme, lorsqu’il se détourna de Dieu ; et c’est par l’oreille que l’invitation à devenir l’épouse de Christ doit être reçue, avant que le cœur s’ouvre pour recevoir Jésus-Christ dans cette relation conjugale.

Si vous voulez, mes chères sœurs, être fiancées à Christ, il faut que vous considériez l’invitation de Christ. Ce n’est pas une audition légère ou superficielle de l’invitation de Christ qui vous sera de quelque utilité, ou qui conclura le mariage entre Christ et vos âmes ; non, il faut que vous receviez Christ dans le cœur ; il faut que vous considériez la chose elle-même, les avantages qu’elle procure, la différence qui existe entre les invitations de Christ et les tentations du diable, ou n’importe laquelle des offres du monde.

Celles qui veulent être fiancées à Christ doivent être disposées à accepter l’invitation de Christ. « Écoute, ma fille, vois, et prête l’oreille ». C’est-à-dire : inclinez vos cœurs. Il faut que vous y consentiez de votre volonté ; il faut qu’il y ait une soumission à la proposition de Christ, et que vous ayez des désirs après Christ ; et alors vos cœurs diront : « Seigneur, que nous soyons ton épouse, et sois notre bien-aimé. »

Il faut aussi que vous oubliiez la maison de votre père. « Écoute, ma fille, vois, … oublie la maison de ton père. » Il ne s’agit pas ici de rejeter toute affection pour vos parents selon la nature ; mais il faut que vous oubliiez toutes vos relations, en sorte que vous soyez prêtes à renoncer à toute leur faveur lorsqu’elle entre en concurrence avec celle du Seigneur Jésus-Christ : ne laissez pas vos amis et vos parents charnels vous empêcher de vous attacher au Seigneur Jésus et de l’épouser. Je vous supplie instamment de souffrir la perte de quoi que ce soit plutôt que de perdre ses faveurs. Il faut en vérité que vous oubliiez votre peuple, c’est-à-dire que vous oubliiez toutes les mauvaises coutumes que vous avez apprises dans la maison de votre père, et que vous renonciez à toute votre vaine manière de vivre, à la lecture des pièces de théâtre, des nouvelles ou des romans ; et il faut que vous vous gardiez d’apprendre à chanter les chansons de l’ivrogne ; car Christ, si vous êtes son épouse, vous a rachetées.

Celles d’entre vous, mes chères sœurs, qui sont fiancées au Seigneur Jésus-Christ sont très belles. Je ne parle pas de vos corps ; vous pouvez avoir, quant au corps, moins de grâce extérieure que d’autres ; mais quant à vos âmes, vous surpasserez en beauté, non pas tant aux yeux des hommes qu’aux yeux de Dieu ; celles-là ont la très belle image de Dieu empreinte sur elles ; aucune autre au monde n’a la moindre étincelle de beauté spirituelle. Celles qui ne sont pas mariées à Christ ne sont pas régénérées ; elles ne sont pas nées de nouveau, ni ramenées du péché à Dieu, ce qui doit se faire avant que vous soyez fiancées à Christ.

Et le Seigneur Jésus-Christ désire voir cette beauté dans son épouse, car il s’écrie : « Ma colombe, qui te tiens dans les fentes du rocher, Qui te caches dans les parois escarpées, Fais-moi voir ta figure, Fais-moi entendre ta voix; Car ta voix est douce, et ta figure est agréable. » Il appelle son épouse son amie, parce qu’elle est le cher objet de son amour ; et il admire sa grâce ; il le répète deux fois dans un même verset : « Que tu es belle, mon amie, que tu es belle! » Vous voyez ainsi comment il décrit leur beauté. Et puis, mes sœurs, nous avons une parole admirable de Christ à son épouse : « Tu me ravis le cœur, ma sœur, ma fiancée, Tu me ravis le cœur par l’un de tes regards, Par l’un des colliers de ton cou. » Vous voyez ainsi combien le Seigneur Jésus-Christ se plaît en son épouse ; et ne voudrez-vous donc pas être fiancées au Seigneur Jésus ? J’offre Jésus-Christ à vous toutes ; quand vous auriez été aussi notoires que possible par votre péché, quand vous auriez été une aussi grande pécheresse que Marie-Madeleine, dès que vous serez fiancées à Christ, vous serez pardonnées. Ne vous découragez donc pas, quels que soient les dédains et les mépris que le monde puisse vous infliger ; mais venez, unissez-vous au Seigneur Jésus-Christ, et tous vos péchés seront lavés dans son sang ; et dès que vous êtes fiancées à Jésus, vous êtes séparées du péché, vous êtes nées de nouveau. Vous êtes maintenant, pour ainsi dire, fiancées au péché ; le péché est votre mari, et vous lui êtes trop attachées ; mais dès que vous êtes mariées à Christ, dès que vous êtes nées de nouveau, alors on peut dire que vous mourez au péché ; mais jusque-là le péché vit dans vos affections. C’est pourquoi, mes sœurs, portez au péché le coup mortel dans vos cœurs. Vous avez été appelées par la parole à maintes reprises, et elle n’a produit aucun effet sur vous ; mais quand vous serez fiancées au Seigneur Jésus-Christ, alors vous serez amenées à lui par son Esprit : vous le saisirez alors par la foi ; son Esprit vous attirera à lui ; il vous rendra bien disposées au jour de sa puissance ; il vous donnera la foi en lui. La foi est la main de l’âme qui saisit Christ ; c’est pourquoi ne vous reposez pas, ne soyez pas satisfaites, que cette grâce de la foi n’ait été opérée en vous avec puissance ; ne soyez pas satisfaites que vous n’ayez reçu le Seigneur Jésus-Christ.

Embrassez Christ dans les bras de votre plus tendre amour ; vous aimez le Seigneur Jésus-Christ avec sincérité lorsque vous l’aimez et l’estimez plus que père et mère, et plus que toutes les délices et tous les plaisirs de cette vie ; mais si vous prenez plaisir à quelque chose que ce monde puisse produire plus qu’au Seigneur Jésus-Christ, vous n’avez pas pour lui un véritable amour.

Si vous êtes fiancées à Christ, vous avez avec lui intimité et entretien ; vous vous efforcerez de servir ses intérêts et d’exalter son nom dans le monde ; tandis que d’autres se rendent aux divertissements polis et à la mode, vous travaillerez à procurer de l’honneur au Seigneur Jésus-Christ ; vous vanterez votre bien-aimé plus que tout autre bien-aimé, et vous vous efforcerez d’en amener d’autres à l’aimer. Pouvez-vous, mes chères sœurs, qui êtes maintenant assemblées pour adorer Dieu, montrer de telles preuves de vos fiançailles avec le Seigneur Jésus-Christ ? Oh ! quel état joyeux, quel état consolant que celui-là ! Assurément, c’est là un mariage qui vaut la peine d’être recherché ; c’est le seul mariage désirable, et le Seigneur Jésus-Christ est le seul amant qui vaille la peine d’être recherché.

Maintenant, mes chères sœurs, je dirai quelques mots à celles d’entre vous qui ne se sont pas encore fiancées au Seigneur Jésus. C’est un grand péché, et assurément vous faites un grand affront au Seigneur qui vous a rachetées. C’est aussi une folie de votre part que de refuser et de négliger les offres gracieuses qui vous sont faites de devenir l’épouse de Christ ; par là vous perdez tout cet amour qu’il voudrait vous accorder ; par là vous préférez les haillons aux robes, les scories à l’or, les cailloux aux joyaux, la culpabilité au pardon, les blessures à la guérison, la souillure à la purification, la difformité à la beauté, le trouble à la paix, l’esclavage à la liberté, le service du diable au service de Christ. Par là vous préférez le déshonneur à une couronne, la mort à la vie, l’enfer au ciel, la misère et les tourments éternels à la joie et à la gloire éternelles. Et faut-il une plus grande preuve de votre folie et de votre démence que de refuser et de négliger Christ pour votre Époux ?

Mes chères sœurs, je dépasserais les limites de votre temps si j’énumérais en détail tous les avantages que vous obtiendriez en étant fiancées au Seigneur Jésus. C’est là votre sagesse ; ce sont des vierges folles, celles qui refusent ; mais vous êtes les vierges sages, vous qui avez accepté le Seigneur Jésus-Christ et qui vous êtes données à lui ; vous avez fait le choix le plus sage ; et quoique le monde aveugle vous tienne pour des folles, et vous méprise comme des insensées qui le sont avec méthode, vous êtes pourtant sages dans l’estime de Dieu, et vous paraîtrez un jour telles dans l’estime de ceux qui vous méprisent maintenant. C’est votre gloire d’être fiancées au Seigneur Jésus ; glorifiez-vous donc de vos fiançailles ; ne vous glorifiez pas en vous-mêmes, mais dans le Seigneur qui vous a si gratuitement et si gracieusement accordé ces faveurs. C’est votre sûreté d’être fiancées au Seigneur Jésus-Christ ; il vous protégera et vous défendra même contre le péché, contre Satan et contre la ruine éternelle ; et ainsi, jusque-là, vous êtes en sûreté ; il a égard à vous dans les temps de danger qui viennent des hommes, et ces temps de danger semblent se hâter ; il s’élève maintenant comme un nuage noir, pas plus grand que la main d’un homme, et bientôt il couvrira les cieux, et quand il sera plein, il crèvera ; mais si vous êtes fiancées à Christ, vous êtes en sûreté.

Maintenant, mes chères sœurs, je conclurai par une exhortation pressante adressée aux grands et aux petits, aux riches et aux pauvres, les uns comme les autres, à se fiancer à Christ.

Permettez-moi de m’adresser d’une manière toute spéciale à vous, jeunes femmes, qui n’êtes pas encore fiancées à Christ. C’est peut-être pour satisfaire votre curiosité que beaucoup d’entre vous sont venues ici ; et pourtant, peut-être, ce sera le moment où vous serez amenées à embrasser le Seigneur Jésus et à vous fiancer à lui. Et oh ! puissé-je vous persuader, par son Esprit, de vous fiancer au Seigneur de la vie.

Et si seulement vous êtes amenées à vous attacher au Seigneur Jésus-Christ, j’aurai atteint mon but, et alors vous et moi nous nous réjouirons de ce que je vous ai prêché ce sermon.

Venez, vierges, me permettrez-vous d’être un prétendant auprès de vous, non en mon propre nom, mais au nom du Seigneur ? Oh ! puissé-je obtenir de vous vos affections, et vous persuader de les donner à Christ ! Puissé-je être l’instrument qui amène vos âmes à Christ ! Puissé-je être l’instrument qui vous unisse, vous et Christ, en ce jour !

Ne faites pas les farouches (timides, réservées ; montrant de la répugnance à prendre un engagement définitif), comme quelques-unes d’entre vous le sont peut-être en d’autres amours : la modestie et la rougeur virginale peuvent fort bien vous convenir quand des propositions d’une autre sorte vous sont faites ; mais ici la réserve est sotte, et la lenteur à accepter cette proposition est une honte : vous avez dix mille fois plus de raisons de rougir de refuser Christ pour votre bien-aimé que de l’accepter, alors qu’autrement le diable et le péché raviraient vos affections virginales. Jamais proposition meilleure ne vous fut faite ; jamais un tel parti ne vous fut offert que celui-ci, d’être unies et fiancées au Seigneur Jésus-Christ.

Considérez qui est le Seigneur Jésus, auquel vous êtes invitées à vous fiancer ; il est le meilleur des époux ; il n’y en a point de comparable à Jésus-Christ.

Désirez-vous quelqu’un qui soit grand ? Il est de la plus haute dignité ; il est la gloire du ciel, le bien-aimé de l’éternité, admiré des anges, redouté des démons et adoré des saints. Être fiancées à un si grand roi, quel honneur ne vous vaudront pas ces fiançailles ?

Désirez-vous quelqu’un qui soit riche ? Nul n’est comparable à Christ ; la plénitude de la terre lui appartient. Si vous êtes fiancées à Christ, vous aurez part à ses richesses incompréhensibles ; vous recevrez de sa plénitude, et grâce pour grâce, ici-bas, et vous serez ensuite admises dans la gloire, et vous vivrez avec ce Jésus pendant toute l’éternité.

Désirez-vous quelqu’un qui soit sage ? Il n’y en a point de comparable à Christ en sagesse. Sa connaissance est infinie, et sa sagesse y correspond. Et si vous êtes fiancées à Christ, il vous guidera et vous conseillera, et vous rendra sages à salut.

Désirez-vous quelqu’un qui soit puissant, qui puisse vous défendre contre vos ennemis, et contre toutes les insultes et tous les outrages des pharisiens de cette génération ? Il n’y en a point qui puisse égaler Christ en puissance ; car le Seigneur Jésus-Christ a tout pouvoir.

Désirez-vous quelqu’un qui soit bon ? Il n’y en a point de semblable à Christ à cet égard ; d’autres peuvent avoir quelque bonté, mais elle est imparfaite ; la bonté de Christ est entière et parfaite ; il est plein de bonté, et en lui n’habite aucun mal.

Désirez-vous quelqu’un qui soit beau ? Ses yeux sont des plus étincelants, ses regards et ses œillades d’amour sont ravissants, ses sourires sont des plus délicieux et des plus rafraîchissants pour l’âme : Christ est, de tous les êtres du monde, le plus aimable.

Désirez-vous quelqu’un qui puisse vous aimer ? Nul ne peut vous aimer comme Christ : son amour, mes chères sœurs, est incompréhensible ; son amour surpasse tous les autres amours. L’amour du Seigneur Jésus est le premier, sans commencement ; son amour est gratuit, sans aucun motif ; son amour est grand, sans aucune mesure ; son amour est constant, sans aucun changement, et son amour est éternel.

C’est l’amour du Seigneur Jésus-Christ, mes chères sœurs, qui le fit descendre du ciel, et qui voila sa divinité dans une âme et un corps humains ; car il est au-dessus de toutes choses, Dieu béni éternellement. C’est l’amour qui l’assujettit à la faim, à la soif et à la douleur ; il fut abaissé jusqu’à la mort pour vous ; pour vous qui êtes fiancées à lui, il subit la mort douloureuse, honteuse et ignominieuse de la croix : et pouvez-vous, mes sœurs, entendre cela sans être touchées à la pensée que le bienheureux Jésus a subi tout cela pour d’aussi pécheresses créatures que vous et moi ? Et lorsque, par amour, il eut achevé la rédemption sur la terre, quant à ce qui était nécessaire à la satisfaction, ce fut son amour qui le ramena au ciel, où il était auparavant, afin d’appliquer ce qu’il avait acquis, d’y intercéder pour ceux qu’il avait rachetés, et de leur préparer une place, de glorieuses demeures auprès de lui, dans la maison qui n’a pas été faite de main d’homme, et qui est éternelle dans les cieux. C’est par amour qu’il envoie du ciel sur la terre, à son peuple, de tels gages, qu’il leur transmet par ses ordonnances, au moyen de son Esprit. Assurément donc, nul ne mérite autant que le Seigneur Jésus-Christ que vous vous fianciez à lui : si vous êtes fiancées à Christ, il est à vous, tout ce qu’il est, tout ce qu’il a ; vous aurez son cœur, et vous aurez part aux témoignages les plus précieux de son plus tendre amour.

Le Seigneur Jésus-Christ, mes chères sœurs, vous supplie de devenir son épouse. Nous, ministres, nous avons reçu du Seigneur Jésus-Christ la mission de vous inviter, en son nom, à cela même ; et les invitations de Christ sont réelles, générales, fréquentes, pressantes, gratuites.

Les invitations que Christ vous adresse pour devenir son épouse sont réelles : et comme la chose est réelle, ainsi vous, mes chères sœurs, vous y êtes réellement invitées. Le Seigneur ne se moque pas de vous et ne dissimule pas avec vous, comme certains amants prétendus qui feignent de l’amour pour des vierges jusqu’à ce qu’ils aient gagné leurs affections, et qui ensuite les abandonnent faussement et lâchement, n’ayant jamais eu réellement l’intention ni de les épouser ni de se marier avec elles : mais le Seigneur a réellement en vue la chose, dans les invitations qu’il vous adresse ; jamais il n’a rejeté aucune de celles dont il avait gagné le consentement et les affections. Encore,

Les invitations que Christ vous adresse, mes chères sœurs, sont générales. Vous êtes toutes invitées, aucune de vous n’est exclue ; toutes sortes de pécheurs sont invités ; les pécheurs les plus vils et les plus abominables, les transgresseurs les plus notoires sont invités à devenir l’épouse de Christ, et seront aussi bienvenus que quiconque dans les étreintes de son amour.

Les invitations que Christ vous adresse sont fréquentes : Jésus-Christ vous appelle fréquemment ; il vous a attendues à maintes reprises, une année après l’autre ; et il vous invite maintenant, par ma bouche, en ce jour, à venir à lui. Ne méprisez pas cette invitation, mais recevez-la avec joie et reconnaissance. Venez, je vous en supplie, à ce Jésus qui vous invite ainsi à devenir son épouse. Encore,

Les invitations de Christ à devenir son épouse sont pressantes : il vous appelle, et non seulement il appelle, mais il appelle avec instance ; oui, il use avec vous de nombreux arguments ; il vous pressera de venir à lui ; il lui répugne (il lui coûte) d’essuyer de vous un refus : il frappe, et frappe fort, à la porte de vos cœurs pour être reçu ; et assurément vous ne repousserez pas le Seigneur de la vie et de la gloire, qui est mort pour vous et qui s’est donné lui-même pour vous. Ô mes chères sœurs, que ce soir soit celui de vos fiançailles avec le Seigneur Jésus-Christ !

Il vous invite gratuitement à devenir son épouse, car toutes ses invitations sont gratuites ; il n’attend pas de vous une dot, comme le font les amants du monde ; il n’a besoin de rien de vous : bien plus, il faut que vous n’ayez rien, si vous voulez être fiancées au Seigneur Jésus-Christ. Si vous êtes pauvres, misérables, aveugles, nues, Jésus-Christ suppléera à tous ces défauts par sa miséricorde gratuite ; il vous remplira et vous pourvoira de toutes choses tirées de son trésor ; il vous rendra dignes de lui ; il vous préparera à vivre avec lui éternellement.

Considérez que, si vous êtes une fois fiancées à Christ, si vous êtes une fois unies à lui dans cette relation, vous ne serez jamais séparées de lui ; ni les hommes ni les démons ne pourront vous séparer : personne, personne ne vous désunira ; et quand la mort rompra tous les autres liens, elle ne rompra pas le lien conjugal qui existe entre vous et Christ, mais elle vous amènera à la possession la plus pleine et la plus éternelle de votre bien-aimé.

Et que dites-vous maintenant, jeunes femmes ? Obtiendrai-je une réponse favorable pour mon Maître, ou serai-je renvoyé avec un rebut et un refus ? Non, je ne puis porter un tel message à mon Maître ; j’attends de vous, mes sœurs, des choses meilleures et favorables au salut : il me semble que vous devriez maintenant commencer à vous sentir de l’inclination pour Jésus-Christ ; vous avez l’air de désirer ; vous écoutez comme si vous vouliez consentir. Que dites-vous ? Le mariage sera-t-il conclu ce soir entre Christ et vos âmes ? Oh ! puissé-je être l’instrument qui unisse vos mains, ou plutôt vos cœurs ! Oh ! puissé-je être l’instrument qui noue ce nœud qui ne pourra jamais être délié.

Certaines se marient à la hâte et se repentent à loisir ; mais si vous étiez une fois fiancées à Jésus-Christ, vous ne vous en repentiriez jamais ; rien ne vous affligerait, sinon de ne pas lui avoir été unies plus tôt ; et pour tout l’or du monde vous ne voudriez être de nouveau séparées de lui.

Ce jour sera-t-il celui de vos fiançailles ? Quelques-unes d’entre vous ont attendu longtemps ; et voulez-vous différer encore ? Si vous ne le voulez pas maintenant, peut-être n’aurez-vous jamais une autre occasion ; c’est peut-être la dernière publication des bans ; et c’est pourquoi il est dangereux de refuser. Quelques-unes d’entre vous sont très jeunes, trop jeunes pour d’autres fiançailles ; mais aucune de vous, mes chères sœurs, n’est trop jeune pour être fiancée au Seigneur Jésus-Christ : dans les autres fiançailles, vous devez avoir le consentement de vos parents ; mais dans celles-ci, vous disposez de vous-mêmes ; vous pouvez, et vous devez, vous unir à Christ, que vos parents y consentent ou non.

Mais si quelqu’une d’entre vous demandait ce qu’elle doit faire pour être fiancée à Christ ? Il faut que vous sentiez le besoin que vous avez de lui être fiancées ; et tant que vous ne sentirez pas le besoin que vous avez du Seigneur Jésus-Christ, vous ne pourrez lui être fiancées. Il faut que vous ayez des désirs après ce Jésus, et que vous le recherchiez pour avoir part à lui ; il faut que vous criiez à lui chaque nuit, afin qu’il vous fiance à lui ; dépouillez-vous de la souillure du péché et de toutes ses impuretés ; et alors, mes sœurs, revêtez la robe blanche et les vêtements purs que Christ a préparés pour vous, les robes de sa justice ; dans ces vêtements vous serez belles, et dans ces vêtements vous serez agréées : il faut que vous ayez revêtu l’habit de noces ; il faut que vous vous dépouilliez de toutes vos propres bonnes œuvres, car elles ne serviraient qu’à vous tenir éloignées de Christ ; non, il faut que vous veniez sans avoir votre propre justice, celle qui vient de la loi, mais il faut que vous ayez la justice de Christ. Venez donc au Seigneur Jésus-Christ, et il vous la donnera ; il ne vous renverra pas sans elle. Recevez-le à ses propres conditions, et il est à vous pour toujours. Oh ! consacrez-vous à lui, âme et corps, et tout, pour être à lui pour toujours ; et Christ sera à vous, et alors heureuses, heureuses êtes-vous d’être jamais nées ! Mais si quelqu’une d’entre vous meurt avant ces fiançailles avec le Seigneur Jésus-Christ, alors malheur, malheur à vous d’avoir jamais reçu l’existence ! Mais si vous allez à Christ, vous serez fiancées au Seigneur Jésus : quelque grands qu’aient été vos péchés, oui, le sang de Christ vous en purifiera ; l’alliance du mariage entre Christ et vos âmes dissoudra tous vos péchés ; vous serez alors lasses de vos anciennes voies, car toutes choses deviendront nouvelles dans vos âmes.

Maintenant, mes chères sœurs, je conclurai en adressant seulement un mot ou deux à celles d’entre vous qui sont déjà fiancées au Seigneur Jésus-Christ.

Oh ! admirez, admirez la grâce riche et gratuite qui vous a amenées à cette relation : n’est-ce pas là un exemple du plus grand amour, que vous soyez l’épouse du Seigneur Jésus-Christ ? Vous qui n’aviez point de beauté, vous qui n’aviez point de grâce, qui étiez pleines de péché, qu’il veuille embrasser de telles créatures que vous et moi ; que nous soyons reçus dans les bras de ce Seigneur Jésus ! Ô bonté infinie et pleine de condescendance ! Ô amour étonnant ! Révérez, révérez, je vous en supplie, ce Seigneur Jésus-Christ.

Il est votre Seigneur, et vous devez le révérer, l’aimer et lui être fidèles, lui être soumises, et prendre soin de lui plaire en toutes choses ; efforcez-vous d’entretenir avec lui une communion journalière ; regardez vers la seconde apparition de Christ, soupirez après elle et préparez-vous-y, lorsque les noces seront célébrées entre vous, et que vous vivrez avec lui dans les demeures des joies éternelles, où vous aimerez ce roi de gloire et vivrez avec lui aux siècles des siècles.

Je ne sais comment conclure ; il me semble que je pourrais vous parler jusqu’à minuit, si cela pouvait vous amener au Seigneur Jésus-Christ et faire que vous lui soyez fiancées ; car en vérité ce sont là les fiançailles qui tourneront au plus grand avantage, comme vous le reconnaîtrez par expérience, si seulement vous voulez en faire l’essai ; et afin que vous le fassiez, mes prières et mes efforts constants y seront employés.

Je veux, mes chères sœurs, dépenser et me dépenser moi-même pour vous, et, avec l’assistance de Dieu, persévérer dans ce que j’ai commencé ; et comme beaucoup d’entre vous pourront en avoir l’occasion quelque soir de la semaine, sans empiéter sur les affaires de la vie, je serai donc, mes sœurs, ou bien ici, ou bien là où il vous sera fait savoir publiquement : je ne me soucierai pas d’être outragé ou méprisé : les hommes de ce monde peuvent user du langage qu’il leur plaît ; ils peuvent dire que je suis un méthodiste. En vérité, mes sœurs, je suis résolu, par la grâce de Dieu, à user de toutes les méthodes que je pourrai pour vous arracher à Satan, afin que vous soyez comme des tisons arrachés du feu : telle sera ma méthode, qui sera, je l’espère, le moyen de sauver efficacement vos âmes précieuses et immortelles.

Et si je suis l’instrument de cela, je me réjouirai, oui, et je me réjouirai en dépit de tout ce que les hommes ou les démons pourront dire ou faire pour s’y opposer : et que le Seigneur Jésus-Christ me dirige et m’assiste en tout temps, pour faire ce qui sera le plus pour sa gloire et pour le bien de vos âmes ! Et puissiez-vous toutes dire à cela un Amen du fond du cœur.

« Maintenant, que le Seigneur Jésus-Christ, qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni éternellement, vous assiste et veille sur vous, vous garde ici-bas de tout mal et de tout péché, et vous présente sans tache devant son Père au grand jour des comptes ! À ce Seigneur Jésus-Christ, au Père et au bienheureux Esprit, trois personnes et un seul Dieu éternel et invisible, soient attribués tout honneur, toute puissance, toute gloire, toute force, toute majesté et toute domination, maintenant, désormais et à jamais. Amen, amen. »

« Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, et la communication du Saint-Esprit, soient avec vous tous, pour vous consoler dans la tribulation et vous en délivrer ; pour vous conserver jusqu’à vos demeures respectives ; et, quand vous y serez, pour vous garder dans sa crainte, afin que vous viviez pour sa gloire ; que vivre soit Christ pour vous, et que mourir vous soit un gain éternel ; afin que vous viviez avec lui pendant les âges éternels, et que vous lui chantiez des alléluias à jamais. Amen. »

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