Chapitre 40 · 33 min de lecture · 43 min d’écoute
Le Saint-Esprit convainquant le monde de péché, de justice et de jugement
Jean 16:8 — « Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement. »
Ces paroles contiennent une partie d’une promesse pleine de grâce que le bienheureux Jésus voulut bien faire à ses disciples en pleurs et affligés. Le temps approchait où le Fils de l’homme devait être élevé, d’abord sur la croix, et ensuite au ciel. Bon, merveilleusement bon avait été ce miséricordieux souverain sacrificateur envers ses disciples pendant le temps où il avait dressé sa tente parmi eux ! Il avait eu compassion de leurs infirmités, il avait répondu pour eux quand leurs ennemis les attaquaient, et les avait redressés quand ils s’égaraient, soit dans leurs principes, soit dans leur conduite. Il ne les avait ni appelés ni traités comme des serviteurs, mais comme des amis ; et il leur avait révélé ses secrets de temps à autre. Il leur avait ouvert l’esprit, afin qu’ils comprissent les Écritures ; il leur avait expliqué les mystères cachés du royaume de Dieu, tandis qu’il parlait aux autres en paraboles ; bien plus, il s’était fait le serviteur de tous, et s’était même abaissé jusqu’à leur laver les pieds. La pensée de se séparer d’un Maître si cher et si aimant, surtout pour longtemps, devait nécessairement les affecter beaucoup. Lorsqu’en une certaine occasion il voulut s’absenter d’eux pour une nuit seulement, il fut obligé, nous est-il dit, de les contraindre à le quitter ; il n’est donc pas étonnant que, lorsqu’il leur annonça maintenant qu’il devait s’en aller entièrement, et que les pharisiens, en son absence, les excluraient des synagogues et les excommunieraient, et même que le temps viendrait où quiconque les ferait mourir croirait rendre un culte à Dieu (prophétie qui, pourrait-on croire, visait d’une manière toute spéciale les ministres persécutés de cette génération) ; il n’est pas étonnant, dis-je, tout cela considéré, qu’il nous soit dit, au verset 6, que la tristesse avait rempli leur cœur : « parce que je vous ai dit ces choses, la tristesse a rempli votre cœur. » L’expression est très forte ; leurs cœurs étaient si pleins d’inquiétude qu’ils étaient près d’éclater. Afin donc de les réconcilier avec cette douloureuse dispensation, notre cher et compatissant Rédempteur leur montre la nécessité où il était de les quitter : « Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille » ; comme s’il avait dit : Ne pensez pas, mes chers disciples, que je vous quitte par colère ; non, c’est à cause de vous, pour votre profit, que je m’en vais ; car si je ne m’en vais pas, si je ne meurs pas sur la croix pour vos péchés, si je ne ressuscite pas pour votre justification, et ne monte pas au ciel pour intercéder et faire valoir mes mérites devant le trône de mon Père, le Consolateur, le Saint-Esprit, ne viendra pas, ne pourra pas venir vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. Et afin qu’ils sussent ce qu’il devait faire : « quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement. »
La personne dont il est question dans les paroles du texte est clairement le Consolateur, le Saint-Esprit ; et la promesse fut d’abord faite aux apôtres de notre Seigneur. Mais bien qu’elle leur ait été faite en premier lieu, et qu’elle ait été accomplie à la lettre et d’une manière remarquable au jour de la Pentecôte, lorsque le Saint-Esprit descendit comme un vent impétueux, et aussi lorsque trois mille personnes eurent le cœur vivement touché par la prédication de Pierre ; cependant, comme les apôtres représentaient tout le corps des croyants, nous devons en conclure que cette promesse doit être regardée comme adressée à nous, à nos enfants, et à tous ceux, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera.
Mon dessein, à partir de ces paroles, est de montrer de quelle manière le Saint-Esprit agit généralement sur le cœur de ceux qui, par la grâce, sont faits des vases de miséricorde, et transportés du royaume des ténèbres dans le royaume du Fils de son amour.
Je dis généralement : car, Dieu étant un agent souverain, son Esprit sacré souffle non seulement sur qui il veut, mais quand et comme il veut. Loin de moi donc de borner le Tout-Puissant à une seule manière d’agir, ou de dire que tous passent par un même degré de conviction ; non, il y a une sainte variété dans les méthodes par lesquelles Dieu rappelle à lui ses élus. Mais ce que nous pouvons affirmer avec assurance, c’est que, partout où une œuvre de vraie conviction et de vraie conversion s’opère dans le cœur d’un pécheur, le Saint-Esprit, que ce soit par un degré plus ou moins grand de trouble intérieur de l’âme, fait ce que notre Seigneur Jésus dit aux disciples, dans les paroles du texte, qu’il ferait quand il serait venu.
Si quelqu’un d’entre vous tourne en ridicule la religion intérieure, ou pense qu’il n’existe rien de tel que de sentir ou de recevoir le Saint-Esprit, je crains que ma prédication ne soit pour vous une pure folie, et que vous ne me compreniez pas mieux que si je vous parlais une langue inconnue. Mais comme la promesse du texte est faite au monde, et que je sais qu’elle s’accomplira jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de temps, je vais expliquer la manière générale dont le Saint-Esprit agit sur le cœur de tout pécheur converti ; et j’espère que le Seigneur, pendant même que je parle, voudra bien l’accomplir dans beaucoup de vos cœurs. « Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement. »
Le mot que l’on traduit chez nous par « reprendre » devrait être rendu par « convaincre » ; et dans l’original il implique une conviction par voie d’argumentation, qui vient saisir l’esprit avec une puissance égale à celle d’une démonstration. Beaucoup de moqueurs de ces derniers temps demandent à ceux qu’ils appellent des prétendants à l’Esprit comment ils sentent l’Esprit, et comment ils connaissent l’Esprit. Ils pourraient aussi bien demander comment ils connaissent et comment ils sentent le soleil lorsqu’il luit sur leur corps. Car c’est avec une puissance et une évidence égales que l’Esprit de Dieu agit sur l’âme et la convainc. Et,
Premièrement, il convainc de péché ; et généralement de quelque péché énorme, le pire peut-être dont la personne convaincue se soit jamais rendue coupable. C’est ainsi que notre Seigneur, s’entretenant avec la femme de Samarie, la convainquit d’abord de son adultère : « Va, lui dit Jésus, appelle ton mari. La femme répondit: Je n’ai point de mari. Jésus lui dit: Tu as eu raison de dire: Je n’ai point de mari. Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu as dit vrai. » Avec cela vint une conviction si puissante de tous ses autres péchés actuels que, peu après, la femme, « ayant laissé sa cruche, s’en alla dans la ville, et dit aux gens: Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait; ne serait-ce point le Christ? » C’est ainsi encore que notre Seigneur agit avec Saul le persécuteur : il le convainquit d’abord de l’horrible péché de persécution : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu? » Un tel sentiment de tous ses autres péchés se réveilla probablement en même temps dans son esprit qu’aussitôt il mourut ; c’est-à-dire qu’il mourut à toutes ses fausses confiances, et fut jeté dans une telle angoisse d’âme qu’il resta trois jours, et il ne mangea ni ne but. Telle est la méthode que l’Esprit de Dieu suit généralement dans ses rapports avec les pécheurs : il les convainc d’abord de quelque péché actuel odieux, et en même temps il remet en mémoire tous leurs autres péchés, et les range pour ainsi dire en bataille devant eux : « quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché. »
En a-t-il jamais été ainsi de vous, mes chers auditeurs ? (Car il faut que je vous interroge chemin faisant, parce que j’ai l’intention, avec l’aide divine, de prêcher non seulement à vos têtes, mais à vos cœurs.) L’Esprit de Dieu vous a-t-il jamais ainsi remis en mémoire tous vos péchés, et vous a-t-il fait crier à Dieu : « Tu écris contre moi des choses amères » ? Vos péchés actuels vous sont-ils jamais apparus comme tracés sur une carte ? Sinon, vous avez grande raison (à moins d’avoir été sanctifiés dès le sein de votre mère) de soupçonner que vous n’êtes pas convaincus, et bien moins encore convertis, et que la promesse du texte ne s’est jamais encore accomplie dans vos cœurs.
De plus : lorsque le Consolateur entre dans le cœur d’un pécheur, bien qu’il le convainque généralement d’abord de ses péchés actuels, il l’amène pourtant à voir et à déplorer son péché originel, la source d’où découlent tous ces ruisseaux souillés.
Bien que toutes choses sur la terre, dans l’air et dans les eaux, toutes choses au-dehors comme au-dedans, concourent à prouver la vérité de cette affirmation de l’Écriture : « en Adam nous sommes tous morts », la plupart sont cependant si endurcis par la séduction du péché que, tout en donnant peut-être dans leur tête leur assentiment à la vérité de cette proposition, ils ne l’ont jamais réellement sentie dans leur cœur. Bien plus, quelques-uns la nient ouvertement en paroles, bien que leurs œuvres ne prouvent que trop, trop clairement, qu’ils sont les fils dégénérés d’un père dégénéré. Mais lorsque le Consolateur, l’Esprit de Dieu, arrête un pécheur et le convainc de péché, tout raisonnement charnel contre la corruption originelle, toute hauteur qui s’élève contre cette doctrine, est aussitôt renversée ; et il est amené à s’écrier : « Qui me délivrera du corps de cette mort? » Il trouve maintenant que la convoitise est péché ; et il ne déplore pas tant ses péchés actuels que la perversité intérieure de son cœur, qu’il trouve maintenant être non seulement ennemi de Dieu, mais inimitié contre Dieu directe.
Et le Consolateur, mes chers amis, est-il jamais venu avec une telle puissance de conviction dans vos cœurs ? Vous a-t-il jamais été donné de voir et de sentir que dans votre chair n’habite rien de bon ; que vous avez été conçus et que vous êtes nés dans le péché ; que vous êtes par nature des enfants de colère ; que Dieu serait juste s’il vous damnait, quand même vous n’auriez jamais commis un seul péché actuel de votre vie ? Toutes les fois que vous êtes allés à l’église et à la sainte cène, avez-vous jamais confessé avec un sentiment réel qu’il n’y avait rien de sain en vous, que le souvenir de vos péchés originels et actuels vous était douloureux, et leur fardeau insupportable ? Sinon, vous n’avez fait qu’offrir à Dieu de vaines offrandes ; vous n’avez jamais encore prié de votre vie ; le Consolateur n’est jamais encore entré efficacement dans vos âmes ; par conséquent vous n’êtes pas dans la foi proprement dite ; non, vous êtes à présent dans un état de mort et de damnation.
De plus, le Consolateur, lorsqu’il vient agir efficacement sur un pécheur, ne le convainc pas seulement du péché de sa nature et du péché de sa vie, mais aussi du péché de ses devoirs religieux.
Nous sommes tous naturellement légalistes, pensant être justifiés par les œuvres de la loi. Lorsque nous sommes quelque peu réveillés par les terreurs du Seigneur, aussitôt, comme les pharisiens d’autrefois, nous cherchons à établir notre propre justice, et nous pensons trouver grâce devant Dieu si nous la recherchons avec larmes ; nous trouvant damnés par notre nature et nos péchés actuels, nous pensons alors nous recommander à Dieu par nos devoirs, et nous espérons, par nos œuvres d’une sorte ou d’une autre, hériter la vie éternelle. Mais toutes les fois que le Consolateur entre dans le cœur, il convainc l’âme de ces faux appuis, et fait voir au pécheur que toutes ses justices ne sont qu’un vêtement souillé ; et que, pour ses services les plus pompeux, il ne mérite pas un meilleur sort que celui du serviteur inutile, « d’être jeté dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs, des lamentations, et des grincements de dents ».
Et ce degré de conviction a-t-il jamais été opéré dans quelqu’une de vos âmes ? Le Consolateur est-il jamais entré dans vos cœurs de manière à vous dégoûter de vos devoirs aussi bien que de vos péchés ? Avez-vous jamais été amenés, avec le grand apôtre des Gentils, à avoir en horreur votre propre justice, celle qui vient de la loi, et à reconnaître que vous méritez d’être damnés, quand même vous distribueriez tous vos biens pour la nourriture des pauvres ? Vous a-t-il été donné de sentir que votre repentance même avait besoin d’être repentie, et que tout ce qui est en vous n’est que boue et scories ? Et que tous les arguments que vous pouvez faire valoir pour obtenir miséricorde doivent être tirés du cœur et de l’amour pur et immérité de Dieu ? Avez-vous jamais été amenés à vous coucher aux pieds de la grâce souveraine et à dire : Seigneur, si tu le veux, tu peux me sauver ; sinon, tu peux justement me damner ; je n’ai rien à faire valoir, je ne puis en aucune manière me justifier devant toi ; mes meilleures œuvres, je le vois, me condamneront ; et tout ce sur quoi je puis compter, c’est ta grâce gratuite ? Qu’en dites-vous ? Est-ce là, ou cela a-t-il jamais été, le langage habituel de vos cœurs ? Vous êtes souvent allés au temple ; mais vous en êtes-vous jamais approchés dans les dispositions du pauvre publicain, et, après avoir tout fait, avez-vous reconnu que vous n’aviez rien fait ; et, dans le sentiment vivant et éprouvé de votre indignité et de votre culpabilité à tous égards, vous êtes-vous frappé la poitrine en disant : « Ô Dieu, sois apaisé envers nous, qui sommes des pécheurs » ? Si vous n’avez jamais été dans ces dispositions, le Consolateur n’est jamais encore entré efficacement dans vos âmes, vous êtes hors de Christ ; et si Dieu vous redemandait votre âme dans cet état, il ne serait pour vous rien de moins qu’un feu dévorant.
Mais il y a un quatrième péché dont le Consolateur, quand il vient, convainc l’âme, et que seul (chose très remarquable) notre Seigneur mentionne, comme si c’était le seul péché qui valût la peine d’être mentionné ; car c’est en vérité la racine de tous les autres péchés quels qu’ils soient : c’est le péché qui règne sur le monde aussi bien que celui qui le damne. Et quel pensez-vous que soit ce péché ? C’est ce péché maudit, cette racine de tous les autres maux, je veux dire le péché d’incrédulité. Notre Seigneur dit, au verset 9 : « en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi. »
Mais le monde chrétien, ou quelqu’un d’entre vous qui m’entendez aujourd’hui, a-t-il besoin du Saint-Esprit pour être convaincu d’incrédulité ? Y a-t-il ici des incrédules ? Oui (oh ! que n’ai-je pas trop de raisons de le penser !), je crains que la plupart ne le soient : non pas, il est vrai, de ces incrédules qui renient ouvertement le Seigneur qui nous a rachetés (bien que je craigne qu’il n’y ait trop de ces monstres-là dans chaque pays) ; mais je veux dire de ces incrédules qui n’ont pas plus de foi que les démons eux-mêmes. Peut-être pensez-vous croire, parce que vous récitez le Symbole, ou que vous souscrivez à une Confession de foi ; parce que vous allez à l’église ou au temple, que vous recevez la sainte cène, et que vous êtes admis à la pleine communion. Ce sont là des privilèges bénis ; mais tout cela peut se faire sans que nous soyons de vrais croyants. Et je ne sais comment mieux démasquer votre foi fausse et hypocrite qu’en vous posant cette question : Depuis combien de temps croyez-vous ? La plupart d’entre vous ne diraient-ils pas : Depuis aussi loin que nous nous en souvenons ; nous n’avons jamais été incrédules ? Eh bien, c’est là un signe certain que vous n’avez pas du tout de vraie foi ; non, pas même autant qu’un grain de sénevé : car, si vous croyez maintenant (à moins que vous n’ayez été sanctifiés dès votre enfance, ce qui est le cas de quelques-uns), vous devez savoir qu’il y eut un temps où vous ne croyiez pas au Seigneur Jésus-Christ ; et le Saint-Esprit, si jamais vous l’avez reçu, vous en a convaincus. La vérité éternelle a déclaré : « Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi. »
Aucun de nous ne croit par nature ; mais après que le Saint-Esprit nous a convaincus du péché de notre nature et du péché de notre vie et de nos devoirs, afin de nous convaincre de notre entière incapacité à nous sauver nous-mêmes, et de ce que nous devons être redevables à Dieu de la foi, comme de toute autre chose (cette foi sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu ou d’être sauvé par Christ), il nous convainc aussi que nous n’avons pas la foi. « Crois-tu au Fils de Dieu? » Telle est la grande question que le Saint-Esprit pose maintenant à l’âme ; en même temps il agit avec une telle puissance et une telle évidence que l’âme voit, et est obligée de confesser, qu’elle n’a pas la foi.
C’est là une chose à laquelle pensent peu la plupart de ceux qui se disent croyants. Ils s’imaginent être chrétiens parce qu’ils vivent dans un pays chrétien : s’ils étaient nés Turcs, ils croiraient en Mahomet ; car qu’est-ce que les hommes appellent communément la foi, sinon un assentiment extérieur à la religion établie ? Mais ne vous trompez pas ainsi vous-mêmes ; la vraie foi est tout autre chose. Demandez-vous donc si le Saint-Esprit vous a jamais puissamment convaincus du péché d’incrédulité. Vous êtes peut-être si dévots (vous pouvez le croire) que de dresser un catalogue de vos péchés, que vous parcourez et que vous confessez d’une manière formelle chaque fois que vous allez à la sainte cène ; mais parmi tous vos péchés, avez-vous jamais une seule fois confessé et déploré ce péché damnable de l’incrédulité ? Avez-vous jamais été amenés à vous écrier : « Seigneur, donne-moi la foi ; Seigneur, donne-moi de croire en toi ; oh ! si j’avais la foi ! oh ! si je pouvais croire ! » Si vous n’avez jamais été dans une telle détresse, du moins si vous n’avez jamais vu et senti que vous n’aviez pas la foi, c’est un signe certain que le Saint-Esprit, le Consolateur, n’est jamais entré dans vos âmes et n’y a jamais agi pour le salut.
Mais n’est-il pas étrange que le Saint-Esprit soit appelé Consolateur, quand il est évident, par l’expérience de tous les enfants de Dieu, que cette œuvre de conviction est ordinairement accompagnée de rudes combats intérieurs et de beaucoup de troubles de l’âme ? Je réponds : le Saint-Esprit peut bien être appelé Consolateur, même dans cette œuvre, parce qu’elle est le seul chemin qui conduise à la consolation vraie et solide, et qu’elle s’y termine. Heureux ceux qui sont ainsi convaincus par lui, car ils seront consolés! Bien plus, il y a une consolation présente, même au milieu de ces convictions : l’âme se réjouit secrètement à la vue de sa propre misère, bénit Dieu de l’avoir fait passer des ténèbres à la lumière, et regarde en avant avec l’espérance consolante de délivrances futures, sachant que « Le soir arrivent les pleurs, Et le matin l’allégresse ».
C’est ainsi que le Saint-Esprit convainc l’âme de péché. Et s’il en est ainsi, combien se trompent misérablement ceux qui confondent la lumière de l’Esprit avec la lumière de la conscience, comme le font tous ceux qui disent que Christ éclaire tout homme venant dans le monde, et que cette lumière, si on la fait valoir, nous amènera à Jésus-Christ ! Si une telle doctrine est vraie, la promesse du texte était inutile : les apôtres de notre Seigneur avaient déjà cette lumière ; le monde qui devait être convaincu plus tard avait cette lumière ; et si elle suffisait pour les amener à Christ, pourquoi était-il avantageux que Christ s’en allât au ciel, pour envoyer d’en haut le Saint-Esprit faire cela pour eux ? Hélas ! tous n’ont pas cet Esprit : c’est le don spécial de Dieu, et sans ce don spécial nous ne pouvons jamais venir à Christ.
La lumière de la conscience nous accusera ou nous convaincra de tout péché commun ; mais la lumière de la conscience naturelle n’a jamais convaincu, ne convaincra jamais et ne peut jamais convaincre d’incrédulité. Si elle le pouvait, comment se fait-il que pas un seul des païens, qui ont fait valoir la lumière de la nature à un si haut degré, n’ait jamais été convaincu d’incrédulité ? Non, la conscience naturelle ne peut produire cela ; c’est la propriété particulière du Saint-Esprit, le Consolateur : « Quand il sera venu, il reprendra (ou convaincra) le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement. »
Nous avons entendu comment il convainc de péché : nous en venons maintenant à montrer,
Secondement, quelle est la justice dont le Consolateur convainc le monde.
Par le mot justice, en quelques endroits de l’Écriture, il faut entendre cette équité commune que nous devons pratiquer d’homme à homme ; comme lorsqu’il est dit que Paul discourait sur la tempérance et sur la justice devant Félix tremblant. Mais ici (comme en une multitude d’autres endroits des saintes Écritures), il faut entendre par le mot justice l’obéissance active et passive du cher Seigneur Jésus ; cette justice parfaite, personnelle, toute-suffisante, qu’il a accomplie pour ce monde que l’Esprit doit convaincre. « En ce qui concerne la justice (dit notre Seigneur), parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus. » C’est là un argument dont le Saint-Esprit se sert pour prouver la justice de Christ : il est allé au Père, et nous ne le voyons plus. Car s’il n’avait pas accompli une justice suffisante, le Père l’aurait renvoyé, comme n’ayant pas fait ce qu’il avait entrepris, et nous l’aurions revu.
Oh ! la justice de Christ ! Elle console tellement mon âme qu’on doit m’excuser si j’en parle dans presque tous mes discours. Je ne voudrais pas, si je pouvais l’éviter, faire un seul sermon sans elle. Quoi que puissent objecter les incrédules, ou que les arminiens puissent alléguer de spécieux contre une justice imputée, quiconque se connaît soi-même et connaît Dieu doit reconnaître que « Christ est la fin de la loi, pour la justification (et la parfaite justification aux yeux de Dieu) de tous ceux qui croient », et que nous devons devenir en lui justice de Dieu. Cela, et cela seul, un pauvre pécheur peut le saisir comme une ancre sûre de son espérance. Quelque autre plan de salut que les hommes puissent établir, je reconnais que je ne puis voir d’autre fondement sur lequel bâtir mes espérances de salut que le rocher de la justice personnelle de Christ, imputée à mon âme.
Beaucoup, je le crois, en ont une conviction rationnelle, et sont d’accord avec moi sur ce point ; mais les convictions rationnelles, si l’on s’y arrête, servent de peu ; c’est une conviction spirituelle et expérimentale de la vérité qui est salutaire. Et c’est pourquoi notre Seigneur dit que, lorsque le Saint-Esprit vient au jour de sa puissance, il convainc de cette justice, de sa réalité, de sa perfection et de sa suffisance pour sauver un pauvre pécheur.
Nous avons vu comment le Saint-Esprit convainc le pécheur du péché de sa nature, de sa vie, de ses devoirs, et du péché d’incrédulité ; et que doit faire alors la pauvre créature ? Il faut, il faut inévitablement qu’elle désespère, s’il n’y a d’espérance qu’en elle-même. Lors donc que l’Esprit a chassé le pécheur de tous ses faux appuis et de toutes ses retraites, qu’il lui a ôté les misérables feuilles de figuier de ses propres œuvres, qu’il l’a fait sortir d’entre les arbres du jardin (ses réformes extérieures) et l’a placé nu devant le tribunal d’un Dieu souverain, saint, juste et vengeur du péché, alors, alors c’est le moment où l’âme, portant en elle-même la sentence de mort à cause de son incrédulité, reçoit du Saint-Esprit de Dieu une douce révélation de la justice de Christ. C’est ici qu’il commence à agir plus immédiatement en qualité de Consolateur, et qu’il convainc l’âme si puissamment de la réalité et de la toute-suffisance de la justice de Christ que l’âme est aussitôt saisie de faim et de soif pour elle. Le pécheur commence maintenant à voir que, bien qu’il se soit perdu lui-même, son secours est pourtant en Christ ; que, bien qu’il n’ait aucune justice propre pour le recommander, il y a dans le cher Seigneur Jésus une plénitude de grâce, une plénitude de vérité, une plénitude de justice, qui, une fois qu’elle lui est imputée, le rendra heureux aux siècles des siècles.
Nul ne peut dire, sinon les âmes heureuses qui l’ont éprouvé, avec quelle démonstration d’Esprit vient cette conviction. Oh ! combien le bienheureux Jésus paraît maintenant aimable autant que tout-suffisant ! Avec quels yeux nouveaux l’âme voit maintenant le Seigneur, sa justice ! Frères, c’est inexprimable. Si vous n’avez jamais été ainsi convaincus de la justice de Christ dans vos propres âmes, bien que vous puissiez la croire en doctrine, elle ne vous servira de rien ; si le Consolateur n’est jamais entré dans vos âmes pour le salut, alors vous êtes en vérité sans consolation. Mais
À quoi servira cette justice, si l’âme ne la possède pas ?
Troisièmement, la chose suivante dont le Consolateur, quand il vient, convainc l’âme, c’est donc le jugement.
Par le mot jugement, j’entends cette paix bien fondée, ce jugement assuré que l’âme forme sur elle-même lorsqu’elle est rendue capable par l’Esprit de Dieu de saisir la justice de Christ, ce qu’elle fait toujours, je crois, lorsqu’elle a été convaincue de la manière dont j’ai parlé. « En ce qui concerne le jugement (dit notre Seigneur), parce que le prince de ce monde est jugé » ; l’âme, rendue capable de saisir par une foi vivante la parfaite justice de Christ, reçoit du Saint-Esprit la conviction que le prince de ce monde est jugé. L’âme, étant maintenant justifiée par la foi, a la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, et peut dire triomphalement : C’est Christ qui me justifie, qui me condamnera ? L’homme fort et bien armé est maintenant chassé ; mon âme est dans une vraie paix ; le prince de ce monde viendra et m’accusera, mais il n’a maintenant aucune part en moi : l’Esprit béni que j’ai reçu, et par lequel je suis rendu capable d’appliquer la justice de Christ à ma pauvre âme, m’en convainc puissamment : pourquoi craindrais-je ? Ou de qui aurais-je peur, puisque l’Esprit de Dieu rend témoignage à mon esprit que je suis enfant de Dieu ? Le Seigneur est monté dans les hauteurs ; il a emmené des captifs ; il a reçu le Saint-Esprit, le Consolateur, ce meilleur des dons pour les hommes : et ce Consolateur est venu dans mon cœur : celui qui a fait la promesse est fidèle : moi, oui, moi, je suis puissamment, raisonnablement, spirituellement convaincu de péché, de justice et de jugement. Par là je sais que le prince de ce monde est jugé.
Ainsi, dis-je, pouvons-nous supposer que triomphe l’âme en qui la promesse du texte est heureusement accomplie. Et bien qu’au commencement de ce discours j’aie dit que la plupart n’avaient jamais rien éprouvé de semblable, et que par conséquent cette prédication devait être une folie pour eux, je ne doute pas cependant qu’il n’y ait quelques âmes heureuses qui, par la grâce, ont pu me suivre pas à pas ; et bien que le Saint-Esprit n’ait peut-être pas agi directement dans l’ordre que j’ai décrit, et que peut-être elles ne puissent dire exactement à quel moment, elles ont pourtant une confiance bien fondée que l’œuvre est faite, et qu’elles ont été réellement convaincues de péché, de justice et de jugement, d’une manière ou d’une autre, à un moment ou à un autre.
Et maintenant, que vous dirai-je ? Oh ! remerciez Dieu, remerciez le Seigneur Jésus, remerciez la Trinité à jamais bénie pour ce don ineffable : car vous n’auriez jamais été si hautement favorisés, si celui qui le premier fit d’une parole jaillir la lumière des ténèbres ne vous avait aimés d’un amour éternel, et ne vous avait éclairés par son Saint-Esprit, et cela, non à cause de quelque bien prévu en vous, mais pour l’amour de son nom.
Soyez donc humbles, ô croyants, soyez humbles : portez les regards sur le rocher d’où vous avez été taillés ; exaltez la grâce gratuite ; admirez l’amour qui élit, qui seul vous a distingués du reste de vos frères. Dieu vous a-t-il amenés à la lumière ? Marchez comme des enfants de lumière! Ne provoquez pas le Saint-Esprit à se retirer de vous : car, bien qu’il vous ait scellés pour le jour de la rédemption, et que vous sachiez que le prince de ce monde est jugé, cependant, si vous retournez en arrière, si vous devenez tièdes, ou si vous oubliez votre premier amour, le Seigneur punira de la verge de l’affliction vos offenses, et votre péché de châtiments spirituels. Ne vous abandonnez donc pas à l’orgueil, mais craignez. Réjouissez-vous, mais que ce soit avec tremblement. Comme des élus de Dieu, revêtez-vous non seulement d’humilité, mais d’entrailles de miséricorde ; et priez, oh ! priez pour vos frères non convertis ! Aidez-moi, aidez-moi maintenant, ô enfants de Dieu, et soutenez mes mains, comme Aaron et Hur soutinrent autrefois les mains de Moïse. Priez, pendant que je prêche, afin que le Seigneur me rende capable de dire : Aujourd’hui la promesse du texte est accomplie dans le cœur de quelques pauvres pécheurs. Criez à Dieu avec force, et, par les liens d’une sainte violence, faites descendre les bénédictions sur la tête de vos prochains. Christ vit encore et règne dans le ciel : le reste de l’Esprit est encore entre ses mains, et une abondante effusion en est promise pour les derniers jours de l’Église. Et oh ! que le Saint-Esprit, le Consolateur béni, descende maintenant, et convainque ceux d’entre vous qui sont sans Christ, de péché, de justice et de jugement ! Oh ! si vous étiez enfin disposés à être convaincus !
Mais peut-être aimez-vous mieux être remplis de vin que de l’Esprit, et chassez-vous chaque jour ce Saint-Esprit de vos âmes. Que dirai-je pour vous à Dieu ? « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » Que vous dirai-je de la part de Dieu ? Quoi ? Que « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même ». Je vous en supplie donc, comme à la place de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu! Ne vous en allez pas en contredisant et en blasphémant. Je sais que Satan voudrait vous voir partir. Beaucoup d’entre vous sont peut-être mal à l’aise, et prêts à s’écrier : « Quelle fatigue! » Mais je ne vous laisserai pas aller : j’ai lutté avec Dieu pour mes auditeurs en particulier, et il faut que je lutte avec vous ici en public. Bien que par moi-même je ne puisse rien faire, et que vous ne puissiez pas plus, par votre propre puissance, venir à Christ et croire en lui, que Lazare ne pouvait sortir du tombeau, qui sait cependant si Dieu ne régénérera pas quelques-uns d’entre vous pour une espérance vivante par la folie de la prédication, et si vous n’êtes pas de ce monde que le Consolateur doit convaincre de péché, de justice et de jugement ? Pauvres âmes sans Christ ! Savez-vous dans quel état vous êtes ? Eh bien, vous êtes couchés dans le malin, le diable ; il règne en vous, il marche et il habite en vous, à moins que vous n’habitiez en Christ et que le Consolateur ne soit venu dans vos cœurs. Et voulez-vous rester contents couchés dans ce malin, ce diable ? Quel salaire vous donnera-t-il ? La mort éternelle. Oh ! si vous vouliez venir à Christ ! Le don gratuit de Dieu, par lui, c’est la vie éternelle. Il vous acceptera dès maintenant, si vous voulez croire en lui. Le Consolateur peut encore venir dans vos cœurs, oui, dans les vôtres. Tous ceux qui sont maintenant ses temples vivants étaient autrefois couchés dans le malin, aussi bien que vous. Ce don béni, ce Saint-Esprit, le bienheureux Jésus l’a reçu même pour les rebelles.
J’en vois beaucoup parmi vous qui sont émus : mais vos passions sont-elles seulement un peu remuées, ou vos âmes sont-elles réellement touchées d’un sentiment vif de l’énormité de vos péchés, de votre manque de foi et du prix de la justice de Jésus-Christ ? S’il en est ainsi, j’espère que le Seigneur a été miséricordieux, et que le Consolateur entre dans vos cœurs. N’étouffez pas ces convictions ! Ne vous en allez pas oublier aussitôt quelle doctrine vous avez entendue, montrant par là que ce ne sont que les effets ordinaires de quelques convictions passagères, flottant à la surface de vos cœurs. Demandez à Dieu de vous rendre sincères (car lui seul peut le faire), et de désirer réellement que la promesse du texte s’accomplisse dans vos âmes. Qui sait si le Seigneur ne fera pas grâce ? Souvenez-vous que vous n’avez d’autre argument à faire valoir que la miséricorde souveraine ; mais, pour votre encouragement aussi, souvenez-vous que c’est le monde, des gens tels que vous, vers lequel le Consolateur doit venir, et qu’il doit convaincre : veillez donc aux portes de la sagesse. La simple probabilité de voir s’ouvrir une porte de miséricorde suffit pour vous faire persévérer dans l’effort. Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, et le premier d’entre eux : vous ne savez pas s’il n’est pas venu pour vous sauver. N’allez pas contester avec les décrets de Dieu, et dire : Si je suis un réprouvé, je serai damné ; si je suis élu, je serai sauvé ; c’est pourquoi je ne ferai rien. Qu’avez-vous à faire avec les décrets de Dieu ? Les choses cachées lui appartiennent ; votre affaire, à vous, c’est ceci : « appliquez-vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection ». S’il y en a peu qui trouvent le chemin qui mène à la vie, efforcez-vous d’être de ceux-là : vous ne savez pas si vous ne serez pas au nombre de ces quelques-uns, et si vos efforts ne seront pas le moyen que Dieu se propose de bénir pour vous en donner l’entrée. Si vous n’agissez pas ainsi, vous n’êtes pas sincères ; et si vous le faites, qui sait si vous ne trouverez pas miséricorde ? Car bien qu’après avoir fait tout ce que vous pouvez, Dieu puisse justement vous retrancher, jamais pourtant une seule personne n’a été damnée qui ait fait tout ce qu’elle pouvait. Bien donc que vos mains soient desséchées, étendez-les ; bien que vous soyez impotents, malades et boiteux, venez, couchez-vous près de la piscine. Qui sait si bientôt le Seigneur Jésus n’aura pas compassion de vous, et ne vous enverra pas le Consolateur pour vous convaincre de péché, de justice et de jugement ? C’est un Dieu plein de compassion et lent à la colère ; autrement, vous et moi, nous aurions depuis longtemps levé les yeux au milieu des tourments. Mais il est encore patient envers nous !
Ô pécheurs sans Christ, vous êtes en vie, et qui sait si Dieu n’a pas l’intention de vous amener à la repentance ? Si mes prières ou mes larmes pouvaient l’opérer, vous auriez des salves des unes et des torrents des autres. Mon cœur est touché du sentiment de votre état : que notre miséricordieux souverain sacrificateur envoie maintenant le Consolateur, et vous en rende sensibles aussi ! Oh ! l’amour de Christ ! Il me presse encore de vous supplier de venir à lui ; que rejetez-vous, si vous rejetez Christ, le Seigneur de gloire ! Pécheurs, donnez au cher Rédempteur un logement dans vos âmes. Ne soyez pas des Beth-Schémites ; donnez à Christ vos cœurs, vos cœurs tout entiers. En vérité, il en est digne. C’est lui qui vous a faits, et non pas vous-mêmes. Vous ne vous appartenez point ; donnez donc à Christ vos corps et vos âmes, qui sont à lui ! N’y a-t-il pas de quoi vous fondre le cœur, à la pensée que le Très-Haut, dont la demeure est éternelle, daigne vous inviter par ses ministres ? Avec quelle promptitude il peut d’un regard de colère vous précipiter en enfer ! Et que savez-vous s’il ne le fera pas à l’instant même, si vous n’entendez pas sa voix ? Quelqu’un s’est-il jamais endurci contre Christ, et a-t-il prospéré ? Venez donc, ne me renvoyez pas tout triste ; ne me donnez pas sujet de m’écrier : Ô ma maigreur, ma maigreur ! Ne me laissez pas aller en pleurant dans mon cabinet, et dire : « Seigneur, ils ne veulent pas croire à ce que je leur annonce ; Seigneur, je les ai appelés, et ils ne veulent pas répondre ; je suis pour eux comme un chant très agréable, comme quelqu’un qui joue d’un instrument agréable ; mais leurs cœurs courent après la convoitise des yeux, la convoitise de la chair et l’orgueil de la vie. » Voudriez-vous que je rende de vous un tel compte, ou que je fasse une telle prière devant Dieu ? Et pourtant il faudra non seulement que je le fasse ici, mais que je comparaisse en jugement contre vous plus tard, à moins que vous ne vouliez venir à Christ. Une fois encore donc, je vous conjure de venir. Quelles objections avez-vous à faire ? Voici, je me tiens ici au nom de Dieu pour répondre à toutes celles que vous pourrez présenter. Mais je sais que nul ne peut venir, si le Père ne l’attire : je vais donc en adresser une à mon Dieu, et intercéder auprès de lui pour qu’il envoie le Consolateur dans vos cœurs.
Ô bienheureux Jésus, toi qui es un Dieu dont les compassions ne tarissent point, et en qui toutes les promesses sont oui et amen ; toi qui es assis sur les chérubins, montre-toi au milieu de nous. Fais-nous voir maintenant ta marche ! Oh ! fais-nous maintenant goûter que tu es bon, et découvre ton bras tout-puissant ! Remporte la victoire dans le cœur de ces pauvres pécheurs. Que la parole prononcée ne soit pas comme des eaux répandues à terre. Envoie, envoie, ô grand souverain sacrificateur, le Saint-Esprit, pour convaincre le monde de péché, de justice et de jugement. Ainsi nous te rendrons grâces et louange, à toi, ô Père, à toi, ô Fils, et à toi, ô Esprit béni ; à qui, trois Personnes, mais un seul Dieu, soient attribués par les anges et les archanges, par les chérubins et les séraphins, et par toutes les armées célestes, toute puissance, toute force, toute majesté et toute domination, maintenant et à jamais. Amen, amen, amen.
Chapitre 40 terminé
Le Saint-Esprit convainquant le monde de péché, de justice et de jugement