Sermons choisis de George Whitefield
La conversion de Zachée

Chapitre 35 · 33 min de lecture · 42 min d’écoute

La conversion de Zachée

Luc 19:9–10 — « Jésus lui dit: Le salut est entré aujourd’hui dans cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d’Abraham. Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Le salut, partout et dans toute l’Écriture, est déclaré être le don gratuit de Dieu, par Jésus-Christ notre Seigneur. Il est gratuit, non seulement parce que Dieu est un agent souverain, et qu’il peut donc le refuser ou l’accorder à qui il lui plaît ; mais gratuit, parce qu’il ne se trouve rien dans l’homme qui puisse en aucune manière porter Dieu à lui faire miséricorde. La justice de Jésus-Christ est l’unique cause de la faveur que nous trouvons aux yeux de Dieu : cette justice, saisie par la foi (qui est aussi le don de Dieu), devient nôtre ; et cette foi, si elle est vraie, agira par l’amour.

Ce sont là quelques-unes des bonnes nouvelles qui sont publiées dans l’Évangile ; et, de leur certitude, après la parole expresse de Dieu, l’expérience de tous ceux qui ont été sauvés est la meilleure preuve et, à mon avis, la plus indubitable. Afin de nous instruire de toutes manières, il a plu à Dieu de laisser par écrit de nombreux exemples de la puissance de sa grâce, déployée dans le salut de diverses personnes, afin qu’apprenant comment il a agi envers elles, nous en concluions de quelle manière nous devons nous attendre à être traités nous-mêmes, et que nous apprenions par quelle voie nous devons chercher le salut, si nous désirons sincèrement avoir part à l’héritage des saints dans la lumière.

La conversion de la personne dont parle notre texte nous sera, je pense, d’un grand secours en cette matière, si nous en faisons un bon usage. J’aime à espérer que la plupart d’entre vous savent quelle est la personne à qui parle le Seigneur Jésus : c’est le publicain Zachée, dans la maison duquel, au dire du bienheureux Jésus, le salut est entré, et qu’il déclare fils d’Abraham.

Mon dessein est (Dieu aidant) de faire quelques remarques sur sa conversion, rapportée tout au long dans les versets qui précèdent, puis de faire valoir la dernière partie du texte, pour encourager les pauvres pécheurs perdus à venir à Jésus-Christ. « Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

L’évangéliste Luc introduit ainsi le récit de la conversion de cet homme, verset 1 : « Jésus, étant entré dans Jéricho, traversait la ville. » Le saint Jésus se faisait une affaire d’aller de lieu en lieu en faisant le bien. Comme le soleil, au firmament, répand continuellement sur le monde naturel ses influences bienfaisantes, vivifiantes et réjouissantes, ainsi le Soleil de justice s’est levé, la guérison sous ses ailes, et répandait chaque jour et à chaque heure ses influences pleines de grâce sur le monde moral. Le chapitre précédent nous fait connaître un miracle remarquable opéré par le saint Jésus sur le pauvre aveugle Bartimée ; et dans celui-ci, un plus grand se présente à notre considération. L’évangéliste veut que nous y prêtions une attention particulière ; car il l’introduit par le mot « voici » : « Et voici, un homme riche, appelé Zachée, chef des publicains. »

L’évangéliste avait bien raison d’introduire le récit de la conversion de cet homme par le mot « voici ! » Car, selon le jugement humain, que d’obstacles insurmontables s’y opposaient ! Assurément, personne ne dira qu’il y eût en Zachée la moindre disposition au salut ; car on nous dit qu’il était publicain, et par conséquent, selon toute probabilité, un pécheur notoire. Les publicains percevaient les impôts romains ; ils étaient tristement célèbres par leurs abominables extorsions ; aussi leur nom même devint-il si odieux que nous voyons les pharisiens reprocher souvent à notre Seigneur d’être fort méchant, parce qu’il était leur ami et se mettait à table avec eux. Zachée donc, étant publicain, était sans doute un pécheur ; et, étant chef des publicains, il était par conséquent le chef des pécheurs. Bien plus, « il était riche ». Un apôtre inspiré nous a dit que, parmi les appelés, « il n’y a ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles ». Un autre dit : « Dieu a choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu’ils soient riches en la foi. » Et celui qui était le Créateur et le Rédempteur des apôtres nous assure « qu’il est plus facile à un chameau (ou à un câble) de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu ». Que les riches ne se glorifient donc pas de l’abondance de leurs richesses.

Mais, tout riche qu’il était, on nous dit, verset 3, qu’il « cherchait à voir qui était Jésus ». C’est vraiment une merveille ! Le petit peuple écoutait notre Seigneur avec plaisir, et les pauvres recevaient l’Évangile. La multitude, l’ochlos, la populace, ce peuple qui ne connaît pas la loi, comme l’appelaient les orgueilleux souverains sacrificateurs, avait coutume de le suivre à pied dans la campagne, et demeurait parfois avec lui trois jours de suite pour l’entendre prêcher. Mais les riches croyaient-ils en lui, ou s’attachaient-ils à lui ? Non. Notre Seigneur prêchait la doctrine de la croix ; sa prédication les sondait trop, c’est pourquoi ils le regardèrent comme leur ennemi, le persécutèrent et dirent faussement contre lui toute sorte de mal. Que les ministres de Christ ne s’étonnent pas s’ils reçoivent le même traitement des riches de cette génération méchante et adultère. Je ne tiendrais pas pour un scandale (à supposer que ce fût vrai) d’entendre affirmer que nul, sinon les pauvres, ne suivait mon ministère. Leurs âmes sont aussi précieuses à notre Seigneur Jésus-Christ que les âmes des plus grands. C’étaient les pauvres qui le suivaient aux jours de sa chair : ce sont eux qu’il a choisis pour être riches en la foi et pour être les plus grands dans le royaume des cieux. Si les riches en biens de ce monde disaient généralement du bien de moi, malheur à moi ! J’y verrais un signe terrible que je ne suis qu’un loup en habit de brebis, que je dis : Paix ! paix ! quand il n’y a point de paix, et que je prophétise des choses plus douces que l’Évangile ne le permet. Écoutez ceci, ô vous riches. Ose le faire qui voudra : à Dieu ne plaise que je méprise les pauvres ; en le faisant, j’outragerais mon Créateur. Les pauvres sont chers à mon âme ; je me réjouis de les voir voler vers la doctrine de Christ, comme les colombes vers leur colombier. Je prie seulement que les pauvres qui viennent m’entendre soient évangélisés et transformés selon l’esprit de l’Évangile : s’il en est ainsi, « Heureux êtes-vous, car le royaume des cieux est à vous. »

Mais il nous faut revenir à Zachée. « Il cherchait à voir qui était Jésus. » Voilà une bonne nouvelle. Je souhaiterais de tout cœur pouvoir dire que c’était par un bon principe ; mais, sans manquer à cette charité qui espère et croit tout pour le mieux, nous pouvons dire que le même principe qui l’attira après Christ attire aujourd’hui des multitudes (pour parler franchement, peut-être des multitudes d’entre vous) à entendre tel ou tel prédicateur, à savoir la curiosité : car on nous dit qu’il ne vint pas pour entendre sa doctrine, mais pour regarder sa personne, ou, pour employer les paroles de l’évangéliste, pour « voir qui était Jésus ». La renommée de notre Seigneur s’était alors répandue dans tout Jérusalem et dans toute la contrée d’alentour : les uns disaient que c’était un homme de bien ; d’autres : « Non, il égare la multitude. » C’est pourquoi la curiosité fit sortir ce riche publicain Zachée, pour voir qui était cet homme dont il avait entendu des récits si divers. Mais il semble qu’il ne pouvait pas commodément l’apercevoir, à cause de la foule, et parce qu’il était de petite taille. Hélas ! combien sont empêchés de voir Christ dans la gloire à cause de la foule ! je veux dire, combien ont honte d’être singulièrement bons, et suivent donc la multitude pour faire le mal, parce qu’ils ont autour d’eux une foule, une cohue de connaissances distinguées ! Et, de peur d’être méprisés par ceux avec qui ils avaient coutume de se mettre à table, ils renient le Seigneur de gloire et ont honte de le confesser devant les hommes. Cette basse, cette servile crainte de l’homme est le fléau du vrai christianisme ; elle tend à l’âme un piège redoutable, et elle est la ruine de dizaines de milliers d’âmes : car je suis pleinement persuadé que beaucoup sont convaincus par la raison des vérités de l’Évangile ; mais, ne pouvant supporter le mépris, ils ne veulent pas donner suite à leurs convictions, ni les mettre en pratique. Heureux ceux qui, à cet égard, sont résolus, comme Zachée, à surmonter tous les obstacles qui se trouvent sur leur chemin pour voir Christ ; car, voyant qu’il ne pouvait voir Christ à cause de la foule et de la petitesse de sa taille naturelle, il ne se frappa pas la poitrine pour s’en aller en disant : « C’est en vain que je chercherais plus longtemps à le voir, je n’y parviendrai jamais. » Non : voyant qu’il ne pouvait voir Christ s’il restait au milieu de, « Il courut en avant, et monta sur un sycomore pour le voir, parce qu’il devait passer par là. »

On ne voit point Christ dans la gloire, à moins de courir en avant de la multitude et d’être disposé à se compter au nombre de ce petit nombre méprisé qui s’empare par force du royaume de Dieu. Le chemin large, où marchent tant de gens, ne peut jamais être ce chemin étroit et resserré qui mène à la vie. Le troupeau de notre Seigneur était, et sera toujours, comparativement petit ; et si nous n’osons pas courir en avant de la multitude, dans une sainte singularité, et nous réjouir d’être tenus pour fous à cause de Christ, nous ne verrons jamais Jésus avec joie quand il paraîtra dans sa gloire. De la mention du sycomore, et en considérant la difficulté avec laquelle Zachée dut y grimper, nous pouvons apprendre en outre que ceux qui veulent voir Christ doivent endurer d’autres difficultés et d’autres peines, outre le mépris. Zachée, sans aucun doute, passa par les deux. Croyez-vous que beaucoup ne se moquèrent pas de lui tandis qu’il courait, et ne s’écrièrent pas, dans le langage de Mical, fille de Saül : « Quel honneur aujourd’hui pour le riche Zachée, quand, oubliant la grandeur de son rang, il a couru en avant d’une populace misérable et écervelée, et grimpé sur un sycomore pour voir un prédicateur enthousiaste ! » Mais Zachée ne se soucie pas de tout cela ; sa curiosité était forte : pourvu qu’il pût voir qui était Jésus, il ne faisait aucun cas de ce que les moqueurs disaient de lui. Ainsi en sera-t-il, et bien plus encore, de tous ceux qui ont un désir efficace de voir Jésus dans le ciel : ils iront de force en force, ils franchiront toutes les difficultés qui se trouvent sur leur chemin, et ne se soucieront pas de ce que les hommes ou les démons diront d’eux ou leur feront. Que le Seigneur nous donne à tous ces sentiments, pour l’amour de son cher Fils !

Enfin, après s’être donné beaucoup de peine et avoir essuyé (comme nous pouvons bien le supposer) beaucoup de mépris, Zachée a grimpé sur l’arbre ; et il est là assis, caché, à ce qu’il pense, dans son feuillage, guettant le moment où il verra passer Jésus : « parce qu’il devait passer par là. »

Mais chantez, ô cieux, et réjouis-toi, ô terre ! Louez, magnifiez et adorez l’amour souverain, électif, gratuit et prévenant ; Jésus, le Dieu éternel, le Prince de la paix, qui vit Nathanaël sous le figuier, et qui vit Zachée de toute éternité, le voit maintenant sur le sycomore et l’appelle dans le temps.

Verset 5. « Lorsque Jésus fut arrivé à cet endroit, il leva les yeux et lui dit: Zachée, hâte-toi de descendre; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison. » Amour étonnant ! Luc avait bien raison d’introduire le récit par « voici ! » Il est digne de notre plus haute admiration. Alors que Zachée ne pensait à rien de tel, et pensait même que le Christ Jésus ne le connaissait pas, voici que Christ fait ce que nous ne l’entendons jamais faire ni avant ni après, je veux dire s’inviter lui-même dans la maison de Zachée, en disant : « Zachée, hâte-toi de descendre; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison. » Non pas : Permets, je te prie, que je demeure ; mais : il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison. Il l’appelle aussi par son nom, comme s’il le connaissait bien ; et en vérité il le pouvait bien, car son nom était écrit dans le livre de vie ; il était de ceux que le Père lui avait donnés de toute éternité : c’est pourquoi il fallait qu’il demeurât ce jour-là dans sa maison. « Car ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés. »

Ici donc, comme dans un miroir, nous pouvons voir la doctrine de la grâce gratuite clairement illustrée devant nous. Il n’y avait en Zachée aucune disposition. Il était publicain, chef des publicains ; non seulement cela, mais riche, et il vint voir Christ par pure curiosité ; mais la grâce souveraine triomphe de tout. Et si nous rendons justice à Dieu, et si nous avons été efficacement touchés, nous devons reconnaître qu’il n’y avait pas plus de disposition en nous qu’en Zachée ; et que, si Christ ne nous avait prévenus par son appel, nous serions demeurés morts dans nos offenses et nos péchés, et étrangers à la vie divine, comme les autres. « Jésus leva les yeux et lui dit: Zachée, hâte-toi de descendre; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison. »

Avec quelles émotions diverses pouvons-nous supposer que Zachée reçut cette invitation ? Ne pensez-vous pas qu’il fut surpris d’entendre Jésus-Christ l’appeler par son nom, et non seulement cela, mais s’inviter lui-même dans sa maison ? Assurément, pense Zachée, je rêve : cela ne se peut ; comment me connaîtrait-il ? Je ne l’ai jamais vu auparavant ; d’ailleurs, j’essuierai bien du mépris si je le reçois sous mon toit. Voilà, dis-je, ce que nous pouvons supposer que Zachée pensait en lui-même. Mais que dit l’Écriture ? « Je rendrai mon peuple plein d’ardeur au jour de ma puissance. » Avec cet appel extérieur, il partit de Dieu une puissance efficace qui subjugua doucement sa volonté naturelle ; c’est pourquoi, verset 6, « il se hâta de descendre, et le reçut avec joie » ; non seulement dans sa maison, mais aussi dans son cœur.

C’est ainsi que le grand Dieu ramène ses enfants à lui. Il les appelle par leur nom, par sa parole ou par sa providence ; il leur parle aussi par son Esprit. Par là, ils deviennent capables d’ouvrir leur cœur, et sont rendus disposés à recevoir le Roi de gloire. À cause de Zachée, ne condamnons pas entièrement ceux qui viennent entendre la parole par un principe qui ne vaut pas mieux que la curiosité. Qui sait si Dieu ne les appellera pas ? Il est bon d’être là où le Seigneur passe. Puissent tous ceux qui sont maintenant présents par ce principe entendre la voix du Fils de Dieu parler à leurs âmes, et l’entendre de telle sorte qu’ils vivent ! Ce n’est pas que les hommes doivent pour autant s’enhardir à venir par curiosité. Car peut-être mille autres, en d’autres occasions, vinrent voir Christ par curiosité, aussi bien que Zachée, qui ne furent pas efficacement appelés par sa grâce. Je ne le mentionne que pour l’encouragement de ma propre âme et la consolation des enfants de Dieu, qui ne sont que trop portés à s’irriter contre ceux qui ne viennent pas entendre la parole par amour pour Dieu ; mais laissez-les. Frères, priez pour eux. Comment savez-vous si Jésus-Christ ne parlera pas à leurs cœurs ! Quelques paroles de Christ, appliquées par son Esprit, sauveront leurs âmes. « Zachée, dit Christ, hâte-toi de descendre. Et il se hâta de descendre, et le reçut avec joie. »

J’ai observé dans la sainte Écriture avec quel soin il est remarqué que des personnes se sont réjouies en croyant en Christ. Ainsi l’eunuque converti poursuivit joyeux sa route ; ainsi le geôlier se réjouit avec toute sa famille ; ainsi Zachée reçut Christ avec joie. Et ils ont bien raison de se réjouir, ceux qui reçoivent Jésus-Christ ; car avec lui ils reçoivent la justice, la sanctification et la rédemption éternelle. Beaucoup ont décrié notre bon pays, et voudraient persuader aux gens que la religion les rendra mélancoliques jusqu’à la folie. Bien loin de là, la joie est l’un des éléments du royaume de Dieu dans le cœur du croyant ; « Le royaume de Dieu, c’est la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. » Se réjouir dans le Seigneur est un devoir évangélique. « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur; je le répète, réjouissez-vous. » Et qui peut être aussi joyeux que ceux qui savent que leur pardon est scellé avant qu’ils s’en aillent et ne soient plus ? Les gens pieux le peuvent ; mais je ne vois pas comment des impies pourraient se réjouir : ils ne peuvent être vraiment gais. Qu’importe que les méchants aient parfois du rire parmi eux ? Ce n’est que le rire des insensés ; au milieu même de ce rire, le cœur est affligé. Au mieux, ce n’est que comme le bruit des épines sous la chaudière ; cela fait une flambée, mais s’éteint bientôt. Mais, quant aux gens pieux, il n’en est pas ainsi ; leur joie est solide et durable. Comme c’est une joie à laquelle un étranger n’a point de part, c’est aussi une joie que nul ne leur ravit : c’est une joie en Dieu, « une joie ineffable et glorieuse ».

Il semble que Zachée ne fut dans la détresse d’âme que peu de temps ; peut-être (dit Guthrie, dans son livre intitulé L’Examen d’une part salutaire en Christ) pas plus d’un quart d’heure. J’ajoute : peut-être pas même si longtemps ; car, comme quelqu’un l’a remarqué, le Seigneur Jésus se plaît quelquefois à délivrer promptement. Dieu est un agent souverain, et il agit sur ses enfants, dans leur appel efficace, selon le conseil de sa volonté éternelle. Il en est de la naissance spirituelle comme de la naissance naturelle : toutes les femmes n’ont pas les mêmes douleurs ; tous les chrétiens n’ont pas le même degré de conviction. Mais tous s’accordent en ceci, que tous ont Jésus-Christ formé dans leur cœur ; et ceux qui n’ont pas tant d’épreuves au commencement peuvent être visités par de plus grands combats dans la suite ; quoiqu’ils ne retombent jamais dans la servitude, après avoir une fois reçu l’Esprit d’adoption. « Nous n’avons point (dit Paul) reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte. » Nous ne savons pas ce que Zachée endura avant de mourir ; mais je sais une chose : il crut alors en Christ, et fut justifié, ou absous, et regardé comme juste aux yeux de Dieu, bien qu’il eût été, peu de moments auparavant, un publicain, chef des publicains. Et il en est ainsi de tous ceux qui, comme Zachée, reçoivent Jésus-Christ par la foi dans leur cœur : au moment même où ils trouvent le repos en lui, ils sont gratuitement justifiés de toutes les choses dont ils ne pouvaient être justifiés par la loi de Moïse ; « car c’est par la grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de nous, c’est le don de Dieu. »

Ne dites pas en vous-mêmes : C’est là une doctrine antinomienne et licencieuse ; car cette foi, si elle est vraie, agira par l’amour et produira des fruits de sainteté. Voyez-en un exemple dans ce converti, Zachée ; à peine eut-il reçu Jésus-Christ par la foi dans son cœur qu’il le manifeste par ses œuvres ; car, verset 8, on nous dit : « Zachée, se tenant devant le Seigneur, lui dit: Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et, si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. »

Ayant cru en Jésus dans son cœur, il le confesse maintenant de sa bouche pour le salut. « Zachée, se tenant devant le Seigneur » : il n’eut pas honte, mais il se présenta devant ses confrères publicains ; car la vraie foi bannit toute crainte servile et coupable de l’homme ; « lui dit: Voici, Seigneur. » Il est remarquable avec quelle promptitude, dans l’Écriture, les gens ont reconnu la divinité de Christ aussitôt après leur conversion. Ainsi la femme au puits de Jacob : « ne serait-ce point le Christ? » Ainsi l’aveugle-né : « Je crois, Seigneur. Et il se prosterna devant lui. » Ainsi Zachée : « Voici, Seigneur. » C’est pour moi une preuve incontestable que ceux qui nient la divinité de notre Seigneur n’ont jamais efficacement senti sa puissance : s’ils l’avaient sentie, ils ne parleraient pas de lui si légèrement ; ils dédaigneraient de nier sa puissance éternelle et sa divinité. « Zachée, se tenant devant le Seigneur, lui dit: Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et, si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. » Nobles fruits d’une foi vraie et vivante au Seigneur Jésus ! Chaque mot mérite notre attention. Non pas quelque petite part, non pas la dixième partie, mais la moitié. De quoi ? De mes biens, de choses qui avaient de la valeur. Mes biens, les siens, non ceux d’un autre. Je donne : non pas : Je donnerai quand je mourrai, quand je ne pourrai plus les garder ; mais : Je donne maintenant, dès maintenant. Zachée voulait être son propre exécuteur testamentaire. Car, pendant que nous en avons le temps, nous devons faire le bien. Mais à qui voulait-il donner la moitié de ses biens ? Non pas aux riches, non pas à ceux qui étaient déjà vêtus de pourpre et de fin lin, et qui auraient pu le payer de retour ; mais aux pauvres, aux estropiés, aux boiteux, aux aveugles, dont il ne pouvait attendre aucune récompense avant la résurrection des morts. « je donne aux pauvres. » Mais, sachant qu’il devait être juste avant de pouvoir être charitable, et ayant conscience d’avoir fait tort à beaucoup de personnes dans l’exercice de sa charge publique, il ajoute : « et, si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. » Écoutez ceci, vous tous qui ne vous faites aucun scrupule de frustrer le roi de ses impôts, ou d’acheter et de vendre des marchandises de contrebande. Si jamais Dieu vous donne la vraie foi, vous n’aurez point de repos que vous n’ayez, comme Zachée, fait restitution selon tout votre pouvoir. Je suppose qu’avant sa conversion il ne voyait pas plus de mal à frauder ainsi que vous n’en voyez peut-être maintenant, et qu’il se félicitait souvent, à coup sûr, de s’enrichir par ce moyen ; mais maintenant il en est affligé jusqu’au fond du cœur ; il confesse son injustice devant les hommes, et promet de faire une ample restitution. Allez, publicains fraudeurs, apprenez de Zachée ; allez, et faites de même. Si vous ne faites pas restitution ici-bas, le Seigneur Jésus vous forcera de confesser vos péchés devant les hommes et les anges, et vous condamnera pour cela, lorsqu’il viendra dans la gloire de son Père pour le jugement, dans l’autre monde.

Après tout cela, notre Seigneur avait bien raison de lui dire : « Le salut est entré aujourd’hui dans cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d’Abraham » ; non pas tant par une naissance naturelle que par une naissance spirituelle. Il avait reçu en partage une foi du même prix que celle d’Abraham : comme Abraham, il crut au Seigneur, et cela lui fut imputé à justice ; sa foi, comme celle d’Abraham, agissait par l’amour ; et je ne doute pas qu’il ne soit depuis longtemps assis dans le havre d’Abraham.

Et maintenant, n’avez-vous pas honte de vous-mêmes, vous qui parlez contre les doctrines de la grâce, et en particulier contre cette doctrine de la justification par la foi seule, comme si elle menait à la licence ? Que peut-il y avoir de plus injuste qu’une telle accusation ? L’exemple de Zachée n’est-il pas une preuve suffisante du contraire ? L’ai-je tordu pour servir ma propre cause ? À Dieu ne plaise. Autant que je le sache, j’ai dit la vérité avec sincérité, et la vérité telle qu’elle est en Jésus. J’affirme que nous sommes sauvés par grâce, et que nous sommes justifiés par la foi seule ; mais j’affirme aussi que la foi doit se manifester par les bonnes œuvres, là où il y a occasion de les accomplir.

Ce qui a été dit de Zachée peut donc servir de règle par laquelle tous peuvent juger s’ils ont la foi ou non. Vous dites que vous avez la foi ; mais comment le prouvez-vous ? Avez-vous jamais entendu le Seigneur Jésus vous appeler par votre nom ? Avez-vous jamais été amenés à obéir à cet appel ? Avez-vous jamais, comme Zachée, reçu Jésus-Christ avec joie dans vos cœurs ? La foi que vous dites avoir vous porte-t-elle à vous lever et à confesser le Seigneur Jésus devant les hommes ? Avez-vous jamais été rendus disposés à reconnaître vos offenses passées et à vous en humilier ? Votre foi agit-elle par l’amour, de sorte que vous mettiez consciencieusement de côté, selon que Dieu vous a fait prospérer, pour le soutien des pauvres ? Donnez-vous l’aumône de tout ce que vous possédez ? Et avez-vous fait la restitution due à ceux à qui vous avez fait tort ? S’il en est ainsi, heureux êtes-vous ; le salut est entré dans vos âmes, vous êtes les fils, vous êtes les filles du fidèle Abraham, et vous serez bientôt bénis éternellement avec lui. Mais, si vous n’êtes pas dans ces sentiments, ne trompez pas vos propres âmes. Quand vous parleriez de la justification par la foi comme des anges, cela ne vous servirait de rien ; cela ne ferait qu’aggraver votre condamnation. Vous retenez la vérité, mais c’est dans l’injustice : votre foi, étant sans les œuvres, est morte ; vous avez pour père le diable, et non Abraham. À moins que vous n’obteniez une foi du cœur, une foi qui agit par l’amour, c’est avec les démons et les esprits damnés que vous habiterez pour toujours.

Mais il est temps maintenant de faire valoir la dernière partie du texte : « Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » Ces paroles sont dites par notre Sauveur en réponse à certains pharisiens propres-justes qui, au lieu de se réjouir avec les anges du ciel de la conversion d’un tel pécheur, murmuraient, disant : « Il est allé loger chez un homme pécheur. » Pour justifier sa conduite, il leur dit que c’était là un acte conforme au dessein de sa venue : « Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » Il aurait pu dire : le Fils de Dieu. Mais, ô la merveilleuse condescendance de notre Rédempteur ! Il se plaît à se nommer le Fils de l’homme. Il est venu non seulement pour sauver, mais pour chercher et sauver ce qui était perdu. Il vint à Jéricho pour chercher et sauver Zachée ; car autrement Zachée n’aurait jamais été sauvé par lui. Mais d’où venait-il ? Du ciel même, sa demeure, sur cette terre d’ici-bas, cette vallée de larmes, pour chercher et sauver ce qui était perdu, c’est-à-dire tous ceux qui se sentent perdus et qui veulent bien, comme Zachée, le recevoir dans leur cœur, afin qu’il les sauve. Et de quel grand salut ? De la culpabilité, et aussi de la puissance de leurs péchés ; pour faire d’eux des héritiers de Dieu et ses cohéritiers, et des participants de cette gloire dont il jouissait auprès du Père avant que le monde fût. C’est ainsi que le Fils de l’homme sauvera ce qui est perdu. Il a été fait Fils de l’homme tout exprès pour pouvoir les sauver. Il n’avait d’autre fin que celle-là en quittant le trône de son Père, en obéissant à la loi morale et en étant suspendu à la croix : tout ce qu’il a fait et souffert, il l’a fait et souffert uniquement pour satisfaire à la justice, et pour procurer une justice aux pauvres pécheurs perdus et ruinés, et cela sans acception de personnes. « ce qui était perdu » : tous ceux de toute nation et de toute langue qui sentent leur état de perdition, qui le déplorent et qui désirent sincèrement en être délivrés, le Fils de l’homme est descendu pour les chercher et les sauver ; car il est puissant, et non seulement cela, mais disposé à sauver parfaitement tous ceux qui s’approchent de Dieu par lui. Il ne mettra nullement dehors celui qui vient à lui ; car il est aujourd’hui le même qu’il était hier. Il vient maintenant aux pécheurs, aussi bien qu’autrefois ; et il m’a, je l’espère, envoyé aujourd’hui pour chercher et, sous sa conduite, ramener quelques-uns d’entre vous, brebis perdues de la maison d’Israël.

Qu’en dites-vous ? M’en retournerai-je chez moi plein de joie, disant : Beaucoup s’étaient égarés comme des brebis, mais ils ont maintenant cru en Jésus-Christ, et sont ainsi retournés au grand Pasteur et Gardien de leurs âmes ? Si le Seigneur voulait bien faire ainsi prospérer l’œuvre de mes mains, peu m’importerait combien de légalistes et de pharisiens propres-justes murmureraient contre moi parce que j’offre le salut aux pires des pécheurs : car je sais que le Fils de l’homme est venu les chercher et les sauver ; et le Seigneur Jésus logera maintenant chez le pire des publicains, chez le plus vil des pécheurs qui soit parmi vous, pourvu seulement qu’il croie en lui. Hâtez-vous donc, ô pécheurs, hâtez-vous, et venez à Christ par la foi. Alors, aujourd’hui même, à cette heure même, bien plus, à ce moment même, si vous croyez, Jésus-Christ viendra faire sa demeure éternelle dans vos cœurs. Lequel d’entre vous est rendu disposé à recevoir le Roi de gloire ? Lequel d’entre vous obéit à son appel, comme le fit Zachée ? Hélas ! pourquoi restez-vous immobiles ? Comment savez-vous si Jésus-Christ vous appellera jamais de nouveau ? Venez donc, pauvres pécheurs coupables ; venez, pauvres publicains perdus et ruinés ; hâtez-vous, vous dis-je, et venez à Jésus-Christ. Le Seigneur daigne s’inviter lui-même à entrer sous les toits souillés des maisons de vos âmes. N’ayez pas peur de le recevoir ; il vous remplira de toute paix et de toute joie dans la foi. N’ayez pas honte de courir en avant de la multitude, et de voir dire faussement contre vous toute sorte de mal à cause de lui : une seule vue de Christ vous dédommagera de tout. On se moqua de Zachée ; et tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés. Mais qu’importe ? Zachée est maintenant couronné dans la gloire ; comme vous le serez aussi bientôt, si vous croyez en Christ et êtes outragés à cause de lui. Ne me renvoyez donc pas avec de frivoles excuses : on ne saurait donner aucune excuse pour ne pas venir à Christ. Vous êtes perdus, ruinés, sans lui ; et s’il n’est pas glorifié dans votre salut, il sera glorifié dans votre destruction ; s’il ne vient pas faire sa demeure dans vos cœurs, il vous faudra faire votre demeure éternelle avec le diable et ses anges. Oh ! si le Seigneur voulait passer près de quelques-uns d’entre vous en ce moment ! Oh ! qu’il vous appelle par son Esprit, et fasse de vous un peuple plein d’ardeur en ce jour de sa puissance ! Car je sais que mon appel ne suffira pas, à moins que lui, par sa grâce efficace, ne vous contraigne d’entrer. Oh ! si vous saviez une fois par expérience ce que c’est que de recevoir Jésus-Christ dans vos cœurs ! Vous lui donneriez bientôt tout, comme Zachée. Vous n’aimez pas Christ, parce que vous ne le connaissez pas ; vous ne venez pas à lui, parce que vous ne sentez pas le besoin que vous avez de lui : vous êtes bien portants, et non brisés de cœur ; vous n’êtes pas malades, ou du moins vous ne sentez pas votre maladie ; et il n’est donc pas étonnant que vous n’ayez pas recours à Jésus-Christ, ce grand, ce tout-puissant médecin. Vous ne vous sentez pas perdus, et c’est pourquoi vous ne cherchez pas à être trouvés en Christ. Oh ! si Dieu voulait vous blesser de l’épée de son Esprit, et faire pénétrer profondément dans vos cœurs ses flèches de conviction ! Oh ! s’il voulait lancer un rayon de lumière divine dans vos âmes ! Car si vous ne vous sentez pas perdus sans Christ, vous êtes les plus malheureux de tous les hommes : vos âmes sont mortes ; vous n’êtes pas seulement une image de l’enfer, mais, à quelque degré, l’enfer lui-même : vous portez l’enfer avec vous, et vous ne le savez pas. Oh ! si je pouvais voir quelques-uns d’entre vous sentir cela, et vous entendre vous écrier : « Seigneur, brise ce cœur endurci ; Seigneur, délivre-moi du corps de cette mort ; attire-moi, Seigneur, rends-moi disposé à venir après toi ; je suis perdu ; Seigneur, sauve-moi, ou je péris ! » Si tel était votre cas, avec quelle promptitude le Seigneur étendrait sa main toute-puissante, et dirait : Rassurez-vous, c’est moi; n’ayez pas peur! Quel calme merveilleux posséderait alors vos âmes troublées ! Votre communion serait alors avec le Père et avec le Fils : votre vie est cachée avec Christ en Dieu, vous le sauriez alors.

Quelques-uns d’entre vous, je l’espère, en ont fait l’expérience, et peuvent dire : J’étais perdu, mais je suis retrouvé ; j’étais mort, mais je suis revenu à la vie : le Fils de l’homme est venu me chercher au jour de sa puissance, et il a sauvé mon âme pécheresse. Et vous repentez-vous d’être venus à Christ ? N’a-t-il pas été un bon maître ? Sa présence n’est-elle pas douce à vos âmes ? N’a-t-il pas été fidèle à sa promesse ? Et n’avez-vous pas trouvé que, même à agir et à souffrir pour lui, il y a dès à présent une très grande récompense ? Je suis persuadé que vous répondrez : Oui. Oh ! alors, vous saints, recommandez l’amour de Christ aux autres et parlez-leur-en, et dites-leur, oh ! dites-leur quelles grandes choses le Seigneur a faites pour vous ! Cela pourra encourager d’autres à venir à lui. Et qui sait si le Seigneur ne fera pas de vous des pêcheurs d’hommes ? L’histoire de Zachée a été laissée par écrit dans ce dessein. Aucune âme vraiment convaincue de péché, après qu’un tel exemple de la grâce divine lui a été mis sous les yeux, n’a besoin de désespérer de la miséricorde. Qu’importe que vous soyez des publicains ? Zachée n’était-il pas publicain ? Qu’importe que vous soyez chefs des publicains ? Zachée ne l’était-il pas aussi ? Qu’importe que vous soyez riches ? Zachée n’était-il pas riche aussi ? Et pourtant la grâce toute-puissante l’a rendu plus que vainqueur de tous ces obstacles. Toutes choses sont possibles à Jésus-Christ ; rien n’est trop difficile pour lui : il est le Seigneur tout-puissant. Nos montagnes de péchés doivent toutes s’aplanir devant ce grand Zorobabel. C’est sur lui que Dieu le Père a fait retomber les iniquités de tous ceux qui croiront en lui ; et il les a portées lui-même en son corps sur le bois. Là, là, par la foi, ô vous qui pleurez en Sion, vous pouvez voir votre Sauveur suspendu, les bras étendus, et l’entendre, pour ainsi dire, parler ainsi à vos âmes : « Voyez comme je vous ai aimés ! Voyez mes mains et mes pieds ! Regardez, regardez dans mon côté blessé, et voyez un cœur embrasé d’amour : un amour plus fort que la mort. Venez dans mes bras, ô pécheurs, venez laver vos âmes souillées dans le sang de mon cœur. Voici une source ouverte pour tout péché et pour toute impureté ! Voyez, âmes coupables, comment la colère de Dieu demeure maintenant sur vous : venez, hâtez-vous, et cachez-vous dans les fentes de mes plaies ; car je suis blessé pour vos péchés ; je meurs afin que vous viviez éternellement. Voici, comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi suis-je ici élevé sur le bois. Voyez comme je suis devenu malédiction pour vous : le châtiment qui vous donne la paix est tombé sur moi. Je suis ainsi flagellé, ainsi blessé, ainsi crucifié, afin que vous soyez guéris par mes meurtrissures. Oh ! tournez-vous vers moi, vous tous, pécheurs tremblants, jusqu’aux extrémités de la terre ! Tournez-vous vers moi par la foi, et vous serez sauvés : car je suis venu pour être ainsi obéissant jusqu’à la mort, afin de sauver ce qui était perdu. »

Et que dites-vous à cela, ô pécheurs ? Supposez que vous voyiez le Roi de gloire mourant, et vous parlant ainsi : croiriez-vous en lui ? Non, vous ne le feriez pas, à moins que vous ne croyiez en lui maintenant : car, bien qu’il soit mort, il parle encore et dit tout cela dans l’Écriture ; bien plus, il dit en effet tout cela dans les paroles du texte : « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » Ne crucifiez donc pas plus longtemps le Seigneur de gloire. Amenez-lui ces rebelles, vos péchés, qui ne veulent pas qu’il règne sur eux ; amenez-les-lui : quoique vous ne puissiez les mettre à mort vous-mêmes, il les mettra à mort pour vous. La puissance de sa mort et de sa résurrection est aussi grande maintenant qu’autrefois. Hâtez-vous donc, hâtez-vous, ô vous publicains et pécheurs, et donnez au cher Seigneur Jésus vos cœurs, vos cœurs tout entiers. Si vous refusez d’écouter cet appel du Seigneur, souvenez-vous que votre condamnation sera juste : je suis pur du sang de vous tous ; vous devrez absoudre mon Maître et moi au terrible jour du jugement. Oh ! puissiez-vous connaître les choses qui appartiennent à votre paix éternelle, avant qu’elles soient à jamais cachées à vos yeux ! Que tous ceux qui aiment le Seigneur Jésus-Christ avec sincérité disent : Amen.

Page 1 / 1 · 33 min restantes dans le chapitre
Précédent Suivant