Chapitre 32 · 36 min de lecture · 47 min d’écoute
Un cœur pénitent, le meilleur présent de nouvel an
Luc 13:3 — « Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. »
Quand nous considérons combien nos offenses sont odieuses et graves aux yeux d’un Dieu juste et saint, qu’elles attirent sa colère sur nos têtes et nous font vivre sous son indignation, combien ne devrions-nous pas en être détournés du mal, ou du moins portés à nous appliquer à nous en repentir et à ne plus le commettre ! Mais l’homme se soucie si peu de son état éternel, il a si peu égard au bien de son âme immortelle, qu’il peut pécher sans penser un instant qu’il devra rendre compte de ses actions au jour du jugement ; ou, s’il lui arrive parfois de réfléchir à sa conduite, ces réflexions ne le mènent pas à une vraie repentance : il peut, pour un peu de temps, s’abstenir de retomber dans quelque péché grossier qu’il a commis naguère ; mais alors, quand la tentation revient avec force, il est emporté par la convoitise ; et ainsi il va promettant et résolvant, et rompant ses résolutions et ses promesses presque aussi vite qu’il les a faites. Cela offense grandement Dieu ; c’est se moquer de lui. Mes frères, quand la grâce nous est donnée de nous repentir véritablement, nous nous tournons entièrement vers Dieu ; et laissez-moi vous supplier de vous repentir de vos péchés, car le temps approche où vous n’aurez plus ni le temps ni l’appel pour vous repentir ; il n’y a point de repentance dans le sépulcre, où nous allons ; mais ne craignez point, car Dieu reçoit souvent en grâce le plus grand pécheur par les mérites de Jésus-Christ ; cela magnifie les richesses de sa grâce gratuite, et ce devrait être pour vous, qui êtes de grands et notoires pécheurs, un encouragement à vous repentir, car il aura pitié de vous si, par Christ, vous revenez à lui.
Saint Paul en fut un exemple éminent ; il parle de lui-même comme « du premier des pécheurs », et il déclare comment Dieu lui fit miséricorde. Christ aime à faire miséricorde aux pécheurs, et si vous vous repentez, il aura pitié de vous. Mais comme aucun mot n’est plus mal compris que celui de repentance, je vais
I. Vous montrer quelle est la nature de la repentance.
II. Considérer les diverses parties et les causes de la repentance.
III. Je vous donnerai quelques raisons pour lesquelles la repentance est nécessaire au salut. Et
IV. Je vous exhorterai tous, grands et petits, riches et pauvres, les uns comme les autres, à rechercher la repentance.
I. La repentance, mes frères, en premier lieu, quant à sa nature, c’est la disposition charnelle et corrompue de l’homme changée en une disposition renouvelée et sanctifiée. L’homme qui s’est vraiment repenti est vraiment régénéré : c’est un mot différent pour une seule et même chose ; le mélange bigarré de la bête et du diable a disparu ; il y a, pour ainsi dire, une nouvelle création opérée dans vos cœurs. Si votre repentance est vraie, vous êtes renouvelés tout entiers, âme et corps ; votre intelligence est éclairée de la connaissance de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ ; et votre volonté, qui était rebelle, obstinée, et haïssait tout bien, est obéissante et conforme à la volonté de Dieu. À vrai dire, nos déistes nous disent que l’homme a maintenant le libre arbitre pour faire le bien, pour aimer Dieu, et pour se repentir quand il le voudra ; mais en vérité, il n’y a en aucun de vous de libre arbitre que pour pécher ; bien plus, votre libre arbitre vous mène si loin que vous arracheriez Dieu de son trône, si cela était possible. Peut-être cela offensera-t-il les pharisiens ; mais (c’est la vérité en Christ que je dis, je ne mens point) tout homme, par sa volonté naturelle, hait Dieu ; mais quand il est tourné vers le Seigneur par une repentance évangélique, alors sa volonté est changée ; alors votre conscience, maintenant endurcie et engourdie, sera vivifiée et réveillée ; alors vos cœurs durs seront fondus, et vos affections déréglées seront crucifiées. Ainsi, par cette repentance, l’âme tout entière sera changée ; vous aurez de nouvelles inclinations, de nouveaux désirs et de nouvelles habitudes.
Vous pouvez voir par là combien nous sommes vils par nature, puisqu’il faut opérer en nous un si grand changement pour nous relever de cet état de péché ; c’est pourquoi la considération de notre affreux état devrait nous rendre pressants auprès de Dieu pour qu’il change notre condition, et ce changement, la vraie repentance l’implique ; considérez donc, mes frères, combien vos voies sont odieuses à Dieu tant que vous demeurez dans le péché, combien vous lui êtes abominables tant que vous courez au mal : on ne peut vous appeler chrétiens tant que vous haïssez Christ et son peuple ; la vraie repentance vous changera entièrement, le penchant de vos âmes sera changé, alors vous ferez vos délices de Dieu, de Christ, de sa loi et de son peuple ; vous croirez alors qu’il existe un sentiment intérieur, bien que maintenant vous le teniez peut-être pour folie et pour fanatisme ; vous n’aurez plus honte alors de devenir fous pour l’amour de Christ ; vous ne ferez plus cas d’être tournés en dérision ; ce ne sera plus alors leur façon de vous montrer du doigt en criant : « Voici encore une troupe de ses partisans », qui vous troublera ; non, votre âme aura en horreur de tels procédés, et les voies de Christ et de son peuple feront tout votre délice.
C’est la nature d’une telle repentance d’opérer un changement, et le plus grand changement qui puisse se faire ici-bas dans l’âme. Vous voyez ainsi ce que la repentance implique en sa propre nature ; elle marque l’horreur de tout mal et l’abandon du mal. Je passe maintenant
Secondement, à vous en montrer les parties, et les causes qui y concourent.
Les parties en sont la douleur, la haine et l’entier abandon du péché.
Notre douleur et notre affliction pour le péché ne doivent pas naître simplement de la crainte de la colère ; car si nous n’avons pas d’autre motif que celui-là, elle procède de l’amour de soi, et non de quelque amour pour Dieu ; et si l’amour de Dieu n’est pas le motif principal de votre repentance, votre repentance est vaine et ne doit pas être tenue pour vraie.
Beaucoup, de nos jours, pensent que crier : Dieu, pardonne-moi ! ou : Seigneur, aie pitié de moi ! ou : J’en suis fâché ! c’est là la repentance, et que Dieu la tiendra pour telle ; mais, en vérité, ils se trompent ; ce n’est pas de s’approcher de Dieu des lèvres, tandis que le cœur est loin de lui, qu’il fait cas. La repentance ne vient pas par accès et par saccades ; non, c’est un acte continu de toute notre vie ; car, de même que nous commettons chaque jour le péché, nous avons besoin chaque jour de la repentance devant Dieu pour obtenir le pardon des péchés que nous commettons.
Ce n’est pas de vous confesser pécheurs, ce n’est pas de reconnaître que votre condition est triste et déplorable, tant que vous demeurez dans vos péchés ; votre soin et votre effort devraient être d’en avoir le cœur profondément touché, afin que vous vous sentiez des créatures perdues et ruinées, car Christ est venu sauver ceux qui sont perdus ; et s’il vous est donné de gémir sous le poids et le fardeau de vos péchés, alors Christ vous soulagera et vous donnera du repos.
Et jusqu’à ce que vous sentiez ainsi votre misère et votre condition perdue, vous êtes esclave du péché et de vos convoitises, sous la servitude et l’empire de Satan, faisant sa besogne : tu es sous la malédiction de Dieu, et exposé à son jugement. Considère combien ton état sera affreux à la mort, et après le jour du jugement, quand tu seras livré à des misères que l’oreille n’a point entendues et que le cœur ne saurait concevoir, et cela pour toute l’éternité, si vous mourez dans l’impénitence.
Mais j’attends de vous de meilleures choses, mes frères, quoique je parle ainsi, et des choses qui accompagnent le salut ; allez à Dieu dans la prière, et pressez-le de vous convaincre par son Esprit de votre misérable condition naturelle, et de vous la faire sentir vraiment. Oh ! humiliez-vous, humiliez-vous, je vous en supplie, à cause de vos péchés. Ayant passé tant d’années à pécher, que peux-tu faire de moins que de prendre à cœur de passer quelques heures à pleurer et à t’affliger de ces péchés, et de t’humilier devant Dieu ?
Retournez-vous sur votre vie, rappelle-toi tes péchés, autant que tu le pourras, les péchés de ta jeunesse comme ceux de ton âge mûr ; voyez comment vous vous êtes éloignés d’un Père plein de grâce et avez erré dans le chemin de la méchanceté, où vous avez perdu vous-mêmes, la faveur de Dieu, les consolations de son Esprit et la paix de votre propre conscience ; puis allez demander pardon au Seigneur, par le sang de l’Agneau, pour le mal que tu as commis et pour le bien que tu as omis. Considère aussi l’énormité de tes péchés ; vois de quelles circonstances aggravantes tes péchés sont accompagnés, comment vous avez abusé de la patience de Dieu, qui aurait dû vous conduire à la repentance ; et quand tu trouves ton cœur dur, supplie Dieu de l’amollir, crie à lui avec force, et il ôtera ton cœur de pierre et te donnera un cœur de chair.
Résous-toi à quitter toutes tes convoitises et tous tes plaisirs coupables ; renonce à ton ancienne manière de vivre dans le péché, abandonne-la, aie-la en horreur, et sers Dieu dans la sainteté et la justice tout le reste de ta vie. Si vous déplorez et pleurez vos péchés passés sans les abandonner, votre repentance est vaine, vous vous moquez de Dieu et trompez votre propre âme ; il vous faut dépouiller le vieil homme avec ses œuvres avant de pouvoir revêtir l’homme nouveau, Jésus-Christ.
Vous donc qui avez été des jureurs et des blasphémateurs, vous qui avez été des femmes de mauvaise vie et des ivrognes, vous qui avez été des voleurs et des brigands, vous qui avez jusqu’ici suivi les plaisirs et les divertissements coupables de la vie, laissez-moi vous supplier, par les compassions de Dieu en Jésus-Christ, de ne pas y demeurer plus longtemps, mais d’abandonner vos mauvaises voies et de vous tourner vers le Seigneur, car il attend pour vous faire grâce ; il est prêt, il est disposé à vous pardonner tous vos péchés ; mais n’attendez pas que Christ vous pardonne le péché quand vous y courez et ne voulez pas vous garder de céder aux tentations ; mais si vous vous laissez persuader de vous abstenir du mal et de choisir le bien, de revenir au Seigneur et de vous repentir de votre méchanceté, il a promis qu’il vous pardonnera abondamment, qu’il guérira vos infidélités et qu’il vous aimera de bon cœur. Résolvez-vous dès aujourd’hui à en finir pour toujours avec vos péchés ; que vos anciennes voies et vous soyez séparés ; il faut vous résoudre contre le péché, car il ne peut y avoir de vraie repentance sans la résolution de l’abandonner. Résolvez-vous pour Christ, résolvez-vous contre le diable et ses œuvres, et allez, combattant les combats du Seigneur contre le diable et ses émissaires ; attaquez-le dans ses plus fortes places, combattez-le en hommes, en chrétiens, et vous trouverez bientôt que c’est un lâche ; résistez-lui, et il fuira loin de vous. Résolvez-vous, par la grâce, à faire cela, et votre repentance est à moitié faite ; mais alors prenez garde de ne pas fonder vos résolutions sur votre propre force, mais sur la force du Seigneur Jésus-Christ ; il est le chemin, il est la vérité, et il est la vie ; sans son secours vous ne pouvez rien faire, mais, sa grâce te fortifiant, tu pourras tout ; et Christ sera d’autant plus prompt à t’aider ; et que peuvent te faire tous les hommes du monde, quand Christ est pour toi ? Tu ne feras pas cas de ce qu’ils diront contre toi, car vous aurez le témoignage d’une bonne conscience.
Résous-toi à te jeter aux pieds de Christ pour te soumettre à lui, et à te jeter dans les bras de Christ pour être sauvé par lui. Considérez, mes chers frères, les nombreuses invitations qu’il vous a adressées de venir à lui pour être sauvés par lui ; « Dieu a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. » Oh ! que je l’emporte sur vous, avant toutes choses, pour que vous fassiez choix du Seigneur Jésus-Christ ; remettez-vous à lui, prenez-le, oh ! prenez-le à ses propres conditions ; et qui que tu sois, si grand pécheur que vous ayez été, ce soir, au nom du grand Dieu, je t’offre Jésus-Christ ; comme tu tiens à ta vie et à ton âme, ne le refuse pas, mais excite-toi à accepter le Seigneur Jésus ; prends-le tout entier tel qu’il est, car il veut vous être appliqué tout entier, ou pas du tout. Jésus-Christ doit être toute votre sagesse, Jésus-Christ doit être toute votre justice, Jésus-Christ doit être toute votre sanctification, ou il ne sera jamais votre rédemption éternelle.
Qu’importe que vous ayez été aussi méchants et aussi débauchés que possible ? Si pourtant vous voulez abandonner vos péchés et vous tourner vers le Seigneur Jésus-Christ, il te sera donné, et tous tes péchés te seront gratuitement pardonnés. Oh ! pourquoi négligerez-vous la grande œuvre de votre repentance ? Ne la remettez pas d’un jour de plus, mais aujourd’hui, à l’instant même, prenez ce Christ qui vous est offert gratuitement.
Quant aux causes de la repentance, la première cause est Dieu ; il en est l’auteur ; « nous sommes nés de Dieu », Dieu nous a engendrés, oui, Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ; c’est lui qui nous pousse à vouloir et à faire selon son bon plaisir ; et une autre cause est la grâce gratuite de Dieu ; c’est aux « richesses de sa grâce gratuite », mes frères, que nous devons d’avoir été préservés de descendre en enfer il y a longtemps ; c’est parce que les compassions de l’Éternel ne sont pas à leur terme, qu’elles se renouvellent chaque matin et sont fraîches chaque soir.
Quelquefois les instruments sont bien peu vraisemblables : un pauvre ministre méprisé, ou un membre de Jésus-Christ, peut, par la puissance de Dieu, devenir un instrument entre les mains de Dieu pour vous amener à une vraie repentance évangélique ; et cela peut se faire pour montrer que la puissance n’est pas dans les hommes, mais qu’elle tient entièrement au bon plaisir de Dieu ; et s’il s’est fait quelque bien parmi beaucoup d’entre vous par la prédication de la parole, comme j’ai confiance qu’il s’en est fait, quoiqu’elle ait été prêchée dans un champ, si Dieu nous a visités et approuvés, et a béni sa parole, bien qu’elle fût prêchée par un bavard fanatique, un enfant, un fou, je m’en réjouis, oui, et je m’en réjouirai, que les ennemis disent ce qu’ils voudront. Je vais maintenant
Troisièmement, montrer les raisons pour lesquelles la repentance est nécessaire au salut.
Et cela, mes frères, nous est clairement révélé dans la parole de Dieu : « L’âme qui ne se repent pas et ne se tourne pas vers le Seigneur mourra dans ses péchés, et leur sang sera redemandé sur leur propre tête. » Il est nécessaire, puisque nous avons péché, que nous nous repentions ; car un Dieu saint n’a jamais pu, ne peut ni ne voudra jamais admettre en sa présence rien d’impur : c’est là le commencement de la grâce dans l’âme ; il faut un changement de cœur et de vie avant qu’on puisse habiter avec un Dieu saint. Vous ne pouvez aimer à la fois le péché et Dieu, vous ne pouvez aimer Dieu et Mammon ; aucun impur ne peut subsister en la présence de Dieu, cela est contraire à la sainteté de sa nature ; il y a une opposition entre la sainte nature de Dieu et la nature impie des hommes charnels et non régénérés.
Quelle communion peut-il y avoir entre un Dieu sans péché et des créatures pleines de péché, entre un Dieu pur et des créatures impures ? Si vous étiez admis au ciel avec vos dispositions présentes, dans votre état d’impénitence, le ciel même vous serait un enfer ; les cantiques des anges vous sembleraient du fanatisme et vous seraient insupportables ; il faut donc que ces dispositions soient changées ; il faut que vous soyez saints, comme Dieu est saint : il faut qu’il soit votre Dieu ici-bas, et que vous soyez son peuple, ou vous n’habiterez jamais ensemble durant l’éternité. Si vous haïssez les voies de Dieu et ne pouvez passer une heure à son service, comment pensez-vous être à l’aise, durant toute l’éternité, à chanter les louanges de celui qui est assis sur le trône, et de l’Agneau, aux siècles des siècles ?
Et ce sera là l’occupation, mes frères, de tous ceux qui sont admis dans ce lieu glorieux, où ni le péché ni le pécheur ne sont admis, où jamais moqueur ne peut entrer sans s’être repenti de ses mauvaises voies, sans s’être tourné vers Dieu et attaché à lui : il faut que cela soit fait avant que personne puisse être admis dans les glorieuses demeures de Dieu, qui sont préparées pour tous ceux qui aiment le Seigneur Jésus-Christ avec sincérité et vérité : repentez-vous donc de tous vos péchés. Ô mes chers frères, mon sang se glace à la pensée que quelqu’un d’entre vous pourrait n’être pas admis dans les glorieuses demeures d’en haut. Oh ! s’il était en mon pouvoir, je vous placerais tous, oui, vous aussi, mes frères moqueurs, et le plus grand ennemi que j’aie sur la terre, à la droite de Jésus ; mais cela, je ne le puis : je vous conseille toutefois, et je vous exhorte, avec tout amour et toute tendresse, à faire de Jésus votre refuge ; fuyez vers lui pour être secourus ; Jésus est mort pour sauver des gens tels que vous ; il est plein de compassion ; et si vous allez à lui comme de pauvres pécheurs perdus et ruinés, Jésus vous donnera son esprit ; vous vivrez et régnerez, et régnerez et vivrez, vous aimerez et vivrez, et vivrez et aimerez avec ce Jésus durant toute l’éternité.
J’ai, Quatrièmement, à vous exhorter tous, grands et petits, riches et pauvres, les uns comme les autres, à vous repentir de tous vos péchés et à vous tourner vers le Seigneur.
Et je m’adresserai à chacun de vous ; car ou bien vous vous êtes repentis, ou bien vous ne l’êtes pas ; vous êtes ou des croyants en Jésus-Christ, ou des incrédules.
Et d’abord, vous qui ne vous êtes jamais vraiment repentis de vos péchés et n’avez jamais vraiment abandonné vos convoitises, ne soyez pas offensés si je vous parle franchement ; car c’est l’amour, l’amour de vos âmes, qui me presse de parler : je vais mettre sous vos yeux votre danger et la misère à laquelle vous êtes exposés tant que vous demeurez impénitents dans le péché. Et oh ! puisse cela être un moyen de vous faire fuir vers Christ pour obtenir pardon et rémission.
Tant que tes péchés ne sont pas repentis, tu es en danger de mort, et si vous veniez à mourir, vous péririez pour toujours. Il n’y a d’autre espérance pour ceux qui vivent et meurent dans leurs péchés que celle d’habiter avec les démons et les esprits damnés durant toute l’éternité. Et comment savons-nous si nous vivrons beaucoup plus longtemps ? Nous ne sommes pas sûrs de revoir ce soir nos propres demeures en sûreté. Que voulez-vous dire, alors, de vivre à votre aise et dans les plaisirs pendant que vos péchés ne sont pas pardonnés ? Aussi sûrement que la parole de Dieu est vraie, si vous mourez dans cet état, vous êtes exclus pour toujours de toute espérance et de toute miséricorde, et vous passerez dans une misère sans relâche et sans fin.
Que valent tous tes plaisirs et tes divertissements ? Ils ne durent qu’un moment ; ils n’ont aucune valeur, et sont de courte durée. Et ce doit être assurément une grossière folie que de poursuivre avidement ces convoitises et ces plaisirs coupables qui font la guerre à l’âme, qui tendent à endurcir le cœur et nous empêchent de nous attacher au Seigneur Jésus ; en vérité, ils détruisent notre paix ici-bas, et, sans la repentance, ils détruiront notre paix dans l’au-delà.
Ô la folie et la démence de ce monde sensuel ! Assurément, n’y eût-il dans le péché que l’esclavage présent, cela suffirait pour en détourner un esprit bien né. Mais faire la besogne du diable ! Et si nous la faisons, nous aurons ses gages, qui sont la mort éternelle et la condamnation ; oh ! considérez cela, mes frères coupables, vous qui ne tenez pas pour un crime de jurer, de vous livrer à la débauche, de boire, ou de railler et de bafouer le peuple de Dieu ; considérez comme vos voix seront changées alors, et comment vous qui teniez leur vie pour une folie et leur fin pour sans honneur, vous hurlerez et vous lamenterez sur votre propre démence et votre propre folie, qui vous auront attiré tant de malheur et d’angoisse. Alors vous pleurerez et déplorerez votre affreuse condition ; mais cela ne servira de rien : car celui qui n’est pas votre Sauveur miséricordieux deviendra alors votre Juge inexorable. Maintenant il se laisse aisément fléchir ; mais alors toutes vos larmes et toutes vos prières seront vaines : car Dieu a assigné à chaque homme un jour de grâce, un temps de repentance, et si l’homme n’en profite pas, mais néglige et méprise les moyens qui lui sont offerts, il ne peut être sauvé.
Considérez donc, pendant que vous suivez un chemin de péché et d’iniquité, je vous en supplie, mes frères, pensez aux conséquences qu’aura pour vous cet emploi coupable de votre temps précieux ; vos âmes valent qu’on s’en soucie : car, dussiez-vous jouir de tous les plaisirs et de tous les divertissements de la vie, à la mort il vous faudra les quitter ; elle mettra fin à toutes vos affaires de ce monde. Et ne sera-ce pas chose bien déplorable que d’avoir eu vos biens ici-bas, tous vos plaisirs terrestres, sensuels et diaboliques, dont vous avez été si fort occupés, et de les voir tous finis ? Et la pensée que pour un intérêt si futile tu as perdu ton bonheur éternel rongera ton âme même.
Tes richesses et ta grandeur ne te serviront de rien ; tu n’en pourras rien emporter dans l’autre monde : alors le souvenir de ta dureté envers les pauvres, et des moyens que tu as pris pour acquérir tes richesses, te sera un véritable enfer.
Maintenant vous jouissez des moyens de grâce, tels que la prédication de sa parole, la prière et les sacrements ; et Dieu a envoyé ses ministres dans les champs et sur les grands chemins pour vous inviter, pour vous presser d’entrer ; mais ils te sont à charge, tu aimerais mieux être à tes plaisirs : avant peu, mes frères, ce sera fini, et vous n’en serez plus importunés ; mais alors tu donnerais dix mille mondes pour un seul moment de ce temps de grâce miséricordieux dont tu as abusé ; alors vous crierez pour une goutte de ce sang précieux que vous foulez maintenant aux pieds ; alors vous souhaiterez une offre de miséricorde de plus, que Christ et sa grâce gratuite vous soient offerts encore une fois ; mais vos cris seront vains : car, comme vous n’avez pas voulu vous repentir ici-bas, Dieu ne vous donnera pas l’occasion de vous repentir dans l’au-delà ; si vous ne l’avez pas voulu au temps de Christ, vous ne le pourrez pas au vôtre. Dans quel affreux état serez-vous alors ? Quelle horreur, quelle stupeur s’empareront de vos âmes ? Alors tous tes mensonges et tes jurements, tes railleries et tes moqueries contre le peuple de Dieu, toutes tes pensées et tes actions sales et impures, ton temps perdu dans les bals, les comédies et les assemblées, tes soirées entières passées aux cartes, aux dés et aux mascarades, tes visites aux tavernes et aux cabarets, ton amour du monde, ta convoitise et ta dureté de cœur, tout cela te sera remis à la fois en mémoire et imputé à la fois à ton âme coupable. Et comment pourrez-vous en supporter la pensée ? En vérité, je suis plein de compassion envers vous en songeant que tel pourrait être le partage de quelqu’un de ceux qui m’écoutent maintenant. Ce sont là des vérités, quoique terribles ; mes frères, ce sont les vérités de l’Évangile ; et s’il n’était pas nécessaire de parler ainsi, je m’en abstiendrais volontiers : car ce n’est pas un sujet plus agréable pour moi que pour vous ; mais il est de mon devoir de vous montrer les affreuses conséquences de la persévérance dans le péché. Je ne fais maintenant que le rôle d’un chirurgien habile, qui sonde une plaie avant de la guérir : je voudrais vous montrer d’abord votre danger, afin que vous acceptiez plus volontiers la délivrance.
Considérez que, bien que vous cherchiez à éloigner de vous le mauvais jour et que vous vous efforciez maintenant de cacher vos péchés, au jour du jugement tout sera pleinement découvert ; ce jour-là, les choses cachées seront mises en lumière ; et après que tous tes péchés auront été révélés au monde entier, il vous faudra alors aller dans le feu éternel de l’enfer, qui ne s’éteindra ni nuit ni jour ; il sera sans relâche et sans fin. Oh ! quelle stupidité, quelle insensibilité s’est donc emparée de vos cœurs, pour que vous ne soyez pas effrayés de vos péchés ? La crainte de la fournaise ardente de Nebucadnetsar faisait que les hommes faisaient n’importe quoi pour y échapper ; et un feu éternel ne fera-t-il pas que les hommes, que vous, fassiez n’importe quoi pour y échapper ?
Oh ! puisse cela vous réveiller et vous porter à vous humilier pour vos péchés et à en demander pardon, afin que vous trouviez miséricorde auprès du Seigneur.
Ne vous en allez pas, ne laissez pas le diable vous entraîner avant que le sermon soit fini ; mais restez, et l’on vous offrira un Jésus qui a fait pleine satisfaction pour tous vos péchés.
Laissez-moi vous supplier de rejeter loin de vous vos transgressions, de lutter contre le péché, de veiller contre lui, et de demander à Christ la puissance et la force de réprimer la puissance de ces convoitises qui vous entraînent dans vos voies coupables.
Mais si vous ne voulez rien faire de tout cela, si vous êtes résolus à continuer de pécher, vous devez vous attendre à en recueillir la mort éternelle ; vous devez vous attendre à être saisis d’horreur et de tremblement, d’horreur et d’épouvante, en entendant prononcer contre vous la terrible sentence de condamnation : et alors vous courrez et appellerez les montagnes à tomber sur vous, pour vous cacher de devant le Seigneur et de l’ardeur de sa colère.
Si vous aviez maintenant un cœur disposé à vous détourner de vos péchés vers le Dieu vivant, par une repentance vraie et sincère, et à le prier de vous faire miséricorde en Jésus-Christ et par ses mérites, il y aurait de l’espérance ; mais au jour du jugement, tes prières et tes larmes ne serviront de rien ; elles ne te seront d’aucune utilité, le Juge ne se laissera pas fléchir par toi : comme vous n’avez pas voulu l’écouter quand il t’appelait, mais que vous l’avez méprisé, lui et ses ministres, et n’avez pas voulu quitter vos iniquités, en ce jour-là il ne se laissera pas fléchir, malgré tous tes cris et toutes tes larmes ; car Dieu lui-même a dit : « Puisque j’appelle et que vous résistez, Puisque j’étends ma main et que personne n’y prend garde, Puisque vous rejetez tous mes conseils, Et que vous n’aimez pas mes réprimandes, Moi aussi, je rirai quand vous serez dans le malheur, Je me moquerai quand la terreur vous saisira, Quand la terreur vous saisira comme une tempête, Et que le malheur vous enveloppera comme un tourbillon, Quand la détresse et l’angoisse fondront sur vous. Alors ils m’appelleront, et je ne répondrai pas; Ils me chercheront, et ils ne me trouveront pas. »
Vous pouvez maintenant appeler cela fanatisme et folie ; mais en ce grand jour, si vous ne vous repentez pas ici-bas de vos péchés, vous trouverez, par une douloureuse expérience, que vos propres voies étaient vraiment folie ; mais à Dieu ne plaise que cela reste à faire jusque-là : cherchez le Seigneur pendant qu’on peut le trouver ; invoquez-le tandis qu’il est près, et vous trouverez miséricorde : repentez-vous à cette heure même, et Christ vous recevra avec joie.
Que dites-vous ? Faut-il que j’aille à mon Maître lui dire que vous ne voulez pas venir à lui, et que vous ne voulez point de ses conseils ? Non ; ne m’envoyez pas en un si triste message : je ne puis, je ne veux rien lui dire de tel. Ne lui dirai-je pas plutôt que vous voulez bien vous repentir et vous convertir, devenir des hommes nouveaux et embrasser un nouveau genre de vie ? C’est là la seule résolution sage que vous puissiez prendre. Laissez-moi dire à mon Maître que vous voulez venir à lui et vous tenir à son service : car si vous ne le faites pas, ce sera votre ruine dans le temps et pour l’éternité.
Vous souhaiterez à la mort d’avoir vécu de la vie du juste, afin de mourir de sa mort. Laissez-vous donc conseiller ; considérez ce qui est devant vous : Christ et le monde, la sainteté et le péché, la vie et la mort ; choisissez maintenant vous-mêmes ; que votre choix se fasse sur-le-champ, et que ce choix soit celui de votre mort.
Si vous ne voulez pas choisir de mourir dans vos péchés, de mourir ivrognes, de mourir adultères, de mourir jureurs et moqueurs, &c., ne passez pas cette nuit dans l’affreux état où vous êtes. Quelques-uns d’entre vous diront peut-être : Vous n’avez pas le pouvoir, vous n’avez pas de force ; mais ne vous êtes-vous pas manqué à vous-mêmes dans les choses qui étaient en votre pouvoir ? N’avez-vous pas autant de pouvoir pour aller entendre un sermon que pour aller au théâtre, ou au bal, ou à la mascarade ? Vous avez autant de pouvoir pour lire la Bible que pour lire des comédies, des nouvelles et des romans ; et vous pouvez fréquenter les gens pieux aussi bien que les méchants et les profanes : ce n’est là, mes frères, qu’une vaine excuse pour continuer dans vos péchés ; et si l’on vous trouve dans les moyens de grâce, Christ a promis qu’il vous donnera la force. Pendant que Pierre prêchait, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole : combien donc ne devriez-vous pas être trouvés dans le chemin de votre devoir ? Jésus-Christ te donnera alors la force ; il mettra son Esprit en toi ; tu trouveras qu’il sera ta sagesse, ta justice, ta sanctification et ta rédemption. Essaie seulement de voir quel Maître plein de grâce, bon et aimant il est ; il te sera un secours dans tous tes fardeaux : et si le fardeau du péché pèse sur ton âme, va à lui comme fatigué et chargé, et tu trouveras du repos.
Ne dites pas que vos péchés sont trop nombreux et trop grands pour que vous puissiez espérer trouver miséricorde ! Non ; fussent-ils aussi nombreux et aussi grands que possible, le sang du Seigneur Jésus-Christ vous purifiera de tout péché. La grâce de Dieu, mes frères, est gratuite, riche et souveraine. Manassé était un grand pécheur, et pourtant il obtint son pardon ; Zachée s’était fort éloigné de Dieu, et il sortit pour voir Christ sans autre dessein que de satisfaire sa curiosité ; et cependant Jésus le rencontra et apporta le salut à sa maison. Manassé était idolâtre et meurtrier, et pourtant il obtint miséricorde ; l’autre était un oppresseur et un extorqueur, qui s’était enrichi par la fraude et la tromperie, et en écrasant la face des pauvres : ainsi fit aussi Matthieu, et pourtant ils trouvèrent miséricorde.
Avez-vous été des blasphémateurs et des persécuteurs des saints et des serviteurs de Dieu ? Ainsi fut saint Paul, et pourtant il obtint miséricorde. Avez-vous été des prostituées, des personnes souillées et impures ? Ainsi fut Marie-Madeleine, et pourtant elle obtint miséricorde. As-tu été voleur ? Le brigand sur la croix trouva miséricorde. Je ne désespère d’aucun de vous, quelque vils et débauchés que vous ayez été ; je le répète, je ne désespère d’aucun de vous, surtout quand Dieu a eu pitié d’un misérable tel que moi.
Souvenez-vous du pauvre publicain, comment il trouva grâce devant Dieu, quand l’orgueilleux pharisien, plein de lui-même et enflé de sa propre justice, fut rejeté. Et si vous allez à Jésus comme fit le pauvre publicain, avec le sentiment de votre indignité, vous trouverez grâce comme lui : il y a assez de vertu dans le sang de Jésus pour pardonner de plus grands pécheurs que ceux qu’il a pardonnés jusqu’ici. Ne vous découragez donc pas, mais venez à Jésus, et vous le trouverez prêt à t’aider dans toutes tes détresses, à te conduire dans toute la vérité, à te faire passer des ténèbres à la lumière, et de la puissance de Satan à Dieu.
Ne laissez pas le diable vous tromper en vous disant qu’alors c’en sera fait de tous vos délices et de tous vos plaisirs : Non ; bien loin de vous priver de tout plaisir, c’est là l’entrée de délices ineffables, propres à tous ceux qui sont vraiment régénérés. La nouvelle naissance est le commencement même d’une vie de paix et de consolation ; et c’est dans les voies de la sainteté que se trouve le plus grand agrément.
Salomon, qui avait fait l’expérience de tous les autres plaisirs, dit pourtant des voies de la piété : « Ses voies sont des voies agréables, Et tous ses sentiers sont paisibles. » Assurément donc, vous ne laisserez pas le diable vous tromper ; c’est tout ce qu’il veut, c’est là qu’il vise, à faire paraître la religion mélancolique, misérable et fanatique : mais qu’il dise ce qu’il voudra, ne lui prêtez pas l’oreille, ne faites aucun cas de lui, car il a toujours été et sera toujours un menteur.
Quelles paroles, quelles instances emploierai-je pour vous faire venir au Seigneur Jésus-Christ ? Le peu d’amour que j’ai goûté depuis que j’ai été amené du péché à Dieu est si grand que je ne voudrais pas être dans l’état naturel pour dix mille mondes ; et ce que j’ai senti n’est que peu de chose auprès de ce que j’espère sentir ; mais ce peu d’amour que j’ai goûté me suffit pour me soutenir comme une bouée contre tous les orages et toutes les tempêtes de ce monde agité : et que les hommes et les démons fassent de leur pire, je me réjouis dans le Seigneur Jésus, oui, et je me réjouirai.
Et oh ! si vous vous repentez et venez à Jésus, je me réjouirai aussi à votre sujet ; et nous nous réjouirons ensemble durant toute l’éternité, une fois passés de l’autre côté de la tombe. Oh ! venez à Jésus. Les bras de Jésus-Christ vous embrasseront ; il lavera tous vos péchés dans son sang, et il vous aimera gratuitement.
Venez, je vous en supplie, venez à Jésus-Christ. Oh ! que mes paroles pénètrent jusqu’au fond de l’âme ! Oh ! que Jésus-Christ fût formé en vous ! Oh ! que vous vous tourniez vers le Seigneur Jésus-Christ, afin qu’il ait pitié de vous ! Je parlerais jusqu’à minuit, oui, je parlerais jusqu’à ce que je ne puisse plus parler, si cela pouvait être un moyen de vous amener à Jésus ; que le Seigneur Jésus entre seulement dans vos âmes, et vous trouverez une paix que le monde ne peut ni donner ni ôter. Il y a miséricorde pour le plus grand pécheur d’entre vous ; allez au Seigneur comme des pécheurs impuissants et perdus sans elle, et alors vous trouverez la consolation dans vos âmes, et vous serez admis enfin parmi ceux qui chantent les louanges du Seigneur durant toute l’éternité.
Maintenant, mes frères, laissez-moi adresser une parole d’exhortation à ceux d’entre vous qui sont déjà amenés au Seigneur Jésus, qui sont nés de nouveau, qui appartiennent à Dieu, à qui il a été donné de se repentir de leurs péchés et qui sont purifiés de leur culpabilité ; et la voici : soyez reconnaissants envers Dieu de ses miséricordes envers vous. Oh ! admirez la grâce de Dieu, et bénissez son nom à jamais ! Avez-vous été rendus vivants en Jésus-Christ ? La vie de Dieu est-elle commencée dans vos âmes, et en avez-vous l’évidence ? Soyez reconnaissants de cette miséricorde ineffable envers vous : n’oubliez jamais de parler de sa miséricorde. Et comme votre vie était autrefois vouée au péché et aux plaisirs du monde, qu’elle soit maintenant tout entière employée dans les voies de Dieu ; et oh ! saisissez toutes les occasions de faire et de recevoir du bien. Quelque occasion que vous ayez, faites-le avec vigueur, faites-le promptement, ne le différez pas. Si tu vois quelqu’un courir à sa perte, fais tous tes efforts pour l’arrêter dans sa course ; montre-lui le besoin qu’il a de la repentance, et que sans elle il est perdu pour toujours ; ne fais pas cas de son mépris pour vous ; continuez toujours à lui montrer son danger : et si tes amis se moquent et te méprisent, ne vous laissez pas décourager par là ; tenez bon, tenez ferme jusqu’à la fin, et vous aurez ainsi une couronne immuable, qui ne se flétrit point.
Que l’amour de Jésus envers vous vous garde aussi dans l’humilité ; ne vous élevez point, tenez-vous près du Seigneur, observez les règles que le Seigneur Jésus-Christ a données dans sa parole, et ne laissez pas perdre les instructions que vous êtes capables de donner. Oh ! considérez quelle raison vous avez d’être reconnaissants envers le Seigneur Jésus-Christ de vous avoir donné cette repentance dont vous aviez vous-mêmes besoin : une repentance qui est agissante par l’amour. Vous trouvez maintenant plus de plaisir à marcher une heure avec Dieu que dans toutes vos anciennes délices charnelles et tous les plaisirs du péché. Oh ! la joie que vous sentez dans vos âmes, que tous les hommes du monde et tous les démons de l’enfer, se liguassent-ils ensemble, ne pourraient détruire ! Ne craignez donc ni leur colère ni leur malice, car c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans la gloire.
Encore quelques jours, ou quelques semaines, ou quelques années, et vous serez hors de leur atteinte, vous serez dans la Jérusalem céleste ; là tout est harmonie et amour, là tout est joie et délice ; là l’âme fatiguée est en repos.
Maintenant nous avons beaucoup d’ennemis, mais à la mort ils sont tous perdus ; ils ne peuvent nous suivre au-delà du tombeau : et c’est pour nous un grand encouragement à ne faire aucun cas des railleries et des moqueries des hommes de ce monde.
Oh ! que l’amour de Jésus soit continuellement dans vos pensées. C’est sa mort qui vous a donné la vie ; c’est son crucifiement qui a payé la satisfaction pour vos péchés ; c’est sa mort, sa sépulture et sa résurrection qui ont achevé l’œuvre ; et il est maintenant au ciel, intercédant pour vous à la droite de son Père. Et pouvez-vous trop faire pour le Seigneur Jésus-Christ, qui a tant fait pour vous ? Son amour pour vous est insondable. Ô la hauteur, la profondeur, la longueur et la largeur de cet amour, qui fit descendre le Roi de gloire de son trône pour mourir pour des rebelles tels que nous, alors que nous avions agi si méchamment envers lui et ne méritions rien que la damnation éternelle ! Il descendit et prit sur lui notre nature ; il fut fait chair et habita parmi nous ; il fut mis à mort à cause de nous ; il paya notre rançon : assurément cela devrait nous faire nous réjouir en lui, et non faire comme tant d’autres font, et comme nous-mêmes l’avons fait trop souvent, crucifier de nouveau ce Jésus. Faisons tout ce que nous pouvons, mes chers frères, pour l’honorer.
Venez, vous tous, venez, et contemplez-le étendu pour vous ; voyez ses mains et ses pieds cloués à la croix. Oh ! venez, venez, mes frères, et clouez-y vos péchés ; venez, venez, et voyez son côté percé ; là est une source ouverte pour le péché et pour l’impureté : oh ! lavez-vous, lavez-vous et soyez purs : venez et voyez sa tête couronnée d’épines, et tout cela pour vous. Pouvez-vous penser à un Jésus haletant, sanglant, mourant, et n’être pas remplis de pitié pour lui ? Il a souffert tout cela pour vous. Venez à lui par la foi ; saisissez-le : il y a miséricorde pour chacune de vos âmes qui voudra venir à lui. Ne tardez donc pas ; fuyez dans les bras de ce Jésus, et vous serez purifiés dans son sang.
Oh ! que vous dirai-je pour vous faire venir à Jésus ? Je vous ai montré l’affreuse conséquence de ne point vous repentir de vos péchés : et si, après tout ce que j’ai dit, vous êtes résolus à persister, votre sang sera redemandé sur votre propre tête ; mais j’attends de vous de meilleures choses, et des choses qui accompagnent le salut. Laissez-moi vous supplier de demander sérieusement dans la prière la grâce de la repentance. Il se peut que je ne revoie jamais vos visages ; mais au jour du jugement je vous retrouverai : là, ou bien vous bénirez Dieu d’avoir jamais été portés à la repentance, ou bien ce sermon, quoique prêché dans un champ, sera contre vous un prompt témoin. Repentez-vous, repentez-vous donc, mes chers frères, comme Jean-Baptiste et comme notre bienheureux Rédempteur lui-même y exhortaient avec instance, et détournez-vous de vos mauvaises voies, et le Seigneur aura pitié de vous.
Montre-leur, ô Père, en quoi ils t’ont offensé ; fais-leur voir leur propre bassesse, et qu’ils sont perdus et ruinés sans une vraie repentance ; et oh ! donne-leur cette repentance, nous t’en supplions, afin qu’ils se détournent du péché vers toi, le Dieu vivant et vrai. Ces choses, et tout ce que tu vois encore nécessaire pour nous, nous te supplions de nous les accorder, à cause de ce que le cher Jésus-Christ a fait et souffert ; à qui, avec toi et le Saint-Esprit, trois personnes et un seul Dieu, soient attribués, comme cela lui est dû, toute puissance, gloire, force, majesté et domination, maintenant, désormais et à jamais. Amen.
Chapitre 32 terminé
Un cœur pénitent, le meilleur présent de nouvel an