Sermons choisis de George Whitefield
Christ, le seul repos de ceux qui sont fatigués et chargés

Chapitre 21 · 22 min de lecture · 29 min d’écoute

Christ, le seul repos de ceux qui sont fatigués et chargés

Matthieu 11:28 — « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. »

Rien n’est plus généralement connu que les devoirs qui appartiennent au christianisme ; et pourtant, chose étonnante, rien n’est moins pratiqué ! Il y en a beaucoup en nom et en apparence, mais peu dans le cœur et dans la conduite ; en vérité, si aller à l’église et à la sainte cène, ou si être appelés du nom de Christ et baptisés en ce nom, si cela suffit pour faire de nous des chrétiens, je crois que nous tous pourrions y prétendre ; mais si le christianisme consiste dans le cœur, s’il faut qu’un principe intérieur soit opéré en nous par la foi ; s’il faut un changement de toute la nature, un dépouillement du vieil homme et de ses œuvres, une conversion du péché à Dieu, un attachement au seul Fils de justice ; et s’il faut une nouvelle naissance, et que nous en éprouvions les douleurs ; et s’il faut que vous vous sentiez fatigués et chargés de vos péchés avant que vous cherchiez à en être délivrés ; si c’est là ce qu’il faut, s’il y a tant de choses à être enfants de Dieu, hélas ! combien y en a-t-il qui se complaisent dans une apparence extérieure, qui passent pour vivants alors qu’ils sont morts ; et combien peu ont quelque part à cet état spirituel, à ce nom véritable et vivant ! Combien peu sont fatigués et chargés de leurs péchés, et cherchent en Christ le repos ! Ils disent, d’une manière formaliste et routinière, que nous sommes pécheurs et qu’il n’y a rien de sain en nous ; mais combien peu se sentent pécheurs, et sont tellement oppressés en leur esprit qu’ils n’ont ni paix ni repos au-dedans d’eux, à cause du fardeau de leurs péchés et du poids qui est tombé et qui pèse sur leur esprit !

Sous ces fardeaux, ces lourds fardeaux, ils ne savent que faire pour obtenir du repos ; ils ont recours à leurs œuvres, ils vont trouver un ministre, et celui-ci leur dit de lire, de prier, de méditer et de prendre la sainte cène ; ils s’en vont donc, et lisent, et prient, et méditent presque sans cesse, et ne négligent jamais la sainte cène chaque fois qu’il y a occasion de la prendre. Eh bien, quand la pauvre âme a fait tout cela, elle ne trouve toujours aucun apaisement, il n’y a encore aucun soulagement. Eh bien, que faut-il donc faire ? Demeurer tranquillement sous le fardeau, ils ne le peuvent, et s’en débarrasser, alors, ils ne le peuvent pas non plus. Oh ! que doit faire l’âme chargée ? Eh bien, elle retourne auprès de l’ecclésiastique, lui expose son cas, ce qu’elle a fait, et qu’elle ne va pas mieux. Eh bien, demande-t-il, avez-vous fait l’aumône aux pauvres ? Ma foi, non. Alors allez la faire, et vous trouverez du repos. C’est ainsi que le pauvre pécheur est poussé de devoir en devoir, et ne trouve toujours aucun repos : tout est inquiet et troublé au-dedans, et il ne reste aucun repos dans l’âme. Et quand elle passerait par tous les devoirs de la religion, et lirait d’un bout à l’autre mille manuels de prières, aucun ne donnerait jamais de repos à l’âme ; rien ne le donnera, jusqu’à ce qu’elle aille au Seigneur Jésus-Christ, car c’est là le seul vrai repos ; c’est là le repos qui demeure, et qui durera éternellement. Il n’est pas dans vos propres œuvres, ni dans vos efforts ; non ; quand Christ entre dans vos âmes, il vous pardonne, sans aucun égard à vos œuvres, qu’elles soient passées, présentes ou à venir.

Des paroles, mes frères, que je viens de lire, je vais

I. Vous montrer qui sont ceux qui sont fatigués et chargés.

II. Rechercher ce que signifie venir à Christ. Et

III. Conclure en vous exhortant à accepter l’invitation que le Seigneur Jésus-Christ vous adresse de venir à lui, avec l’assurance d’y trouver le repos.

Premièrement, je dois vous montrer qui sont ceux qui sont fatigués et chargés.

Et ici il sera nécessaire de considérer qui ne le sont pas, et ensuite de considérer qui sont ceux qui le sont réellement.

1. Ceux qui se croient assez bons, et qui se félicitent de n’être pas aussi méchants que les autres, ceux-là ne sont ni fatigués ni chargés.

Non, ces pharisiens ne sont pas troublés de la sorte ; ils rient et plaisantent de ceux qui parlent de sentir leurs péchés, et pensent qu’il n’y a pas lieu de faire tant d’histoires pour la religion : c’est, disent-ils, être juste à l’excès, et le moyen de se détruire soi-même. Ils pensent que, pourvu qu’ils aient de bonnes intentions et qu’ils disent leurs prières, comme ils les appellent, cela suffit ; quoiqu’ils puissent dire une prière, oui, des milliers de prières, et n’offrir pendant tout ce temps que le sacrifice des insensés. Ils peuvent appeler Dieu Père tous les jours, alors que ce n’est que se moquer de Dieu et lui offrir un feu étranger ; et il serait juste qu’il les traitât comme il traita Nadab et Abihu, qu’il les détruisît, qu’il les retranchât de dessus la face de la terre ; mais il attend pour faire grâce, et il veut bien essayer encore un peu de temps si vous produirez quelque chose de plus que le levain d’une profession extérieure, qui n’est pas tout ce que le Seigneur demande ; non, il veut le cœur ; et à moins que vous ne l’honoriez de ce cœur, il ne fait aucun cas de vos bouches, quand le cœur est loin de lui. Vous pouvez réciter vos prières toute votre vie, et pourtant ne jamais prier une seule fois du fond du cœur ; c’est pourquoi, tandis que vous vous flattez d’être assez bons et d’être dans un état de salut, vous ne faites que tromper vos propres âmes et hâter votre propre destruction. Venez à lui, non comme étant assez bons, mais comme de vils pécheurs, comme pauvres, aveugles, nus et misérables, et alors Jésus aura compassion de vous.

Ô pharisiens, quels fruits portez-vous ? Eh bien, vous êtes des créatures morales et polies ; vous faites vos efforts, vous faites ce que vous pouvez, et ainsi Jésus doit suppléer au reste. Vous vous estimez des êtres distingués, raisonnables et polis, et vous pensez que prier est trop peu à la mode ; ce n’est pas assez poli ; peut-être avez-vous lu quelques prières, mais vous ne saviez pas prier de tout votre cœur ; non, en aucune façon : c’eût été là, en vérité, être juste à l’excès.

Mais quand une fois vous sentirez que vous êtes des créatures perdues et damnées, et que vous verrez l’enfer béant, prêt à vous recevoir, si Dieu venait seulement à couper le fil de la vie, oh ! alors, alors vous crieriez ardemment au Seigneur de vous recevoir, de vous ouvrir la porte de la miséricorde ; vos os seraient alors changés, vous ne vous flatteriez plus de vos capacités et de vos bons désirs ; non, vous verriez combien vous êtes impuissants, combien incapables de vous sauver vous-mêmes ; qu’il n’y a en vous aucune aptitude, aucun libre arbitre ; aucune aptitude, sinon pour la damnation éternelle, aucun libre arbitre, sinon celui de faire le mal ; et que, quand vous voulez faire le bien, le mal est attaché à vous, et que vous faites ce que vous ne voulez pas. Il connaît l’intention secrète de chaque cœur ; et c’est là une joie pour vous, mes chers frères, qui êtes venus tout exprès pour le rencontrer, fût-ce dans un champ. Et quoique quelques-uns puissent me tenir pour un charlatan et un enthousiaste, pour un homme qui ne cherche qu’à vous rendre méthodiquement fous ; quoiqu’ils puissent exhaler contre moi leurs invectives, Christ cependant sait tout ; il en prend connaissance, et je lui laisserai le soin de plaider ma cause, car c’est un Maître plein de grâce : je l’ai déjà trouvé tel, et je suis sûr qu’il continuera de l’être. La vengeance lui appartient, et il rétribuera. Qu’ils m’injurient ; qu’ils me chassent de leurs synagogues, et qu’ils couvrent mon nom d’opprobre, je ne leur répondrai pas en les injuriant à mon tour, ni en disant du mal d’eux ; non, ce n’est pas là l’Esprit de Christ, mais la douceur, la patience, la longanimité, la bonté, etc.

Pharisiens, qui cherchez à établir votre propre justice ; vous qui êtes trop polis pour suivre le Seigneur Jésus-Christ en sincérité et en vérité ; vous qui ne voulez qu’un peu d’apparence, un peu d’œuvre extérieure ; qui menez une vie morale, civile et décente, Christ ne vous connaîtra pas au grand jour, mais il vous dira : Ô pharisiens, y avait-il quelque place pour moi dans votre amour ? Hélas ! vous êtes pleins de colère, de malice et d’obstination ; et pourtant vous prétendiez m’aimer et me servir, et être mon peuple ; mais je vous méprise ; moi qui suis Dieu, et qui connais le secret de tous les cœurs ; moi qui suis la vérité même, le témoin fidèle et véritable, je vous dis : « Retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité, allez dans ce lieu de tourment qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. » Grand Dieu ! Et faut-il que ces créatures discrètes et polies, qui n’ont jamais fait de tort à personne, mais qui ont mené une vie si civile et si décente, faut-il qu’elles subissent la vengeance du feu éternel ? Leurs âmes justes ne peuvent-elles être sauvées ? Où donc paraîtront le pécheur et l’impie ? Où paraîtras-tu, ô violateur du sabbat, toi qui peux prendre ton plaisir, ta récréation, le jour du Seigneur, qui refuses d’entendre la parole de Dieu, qui ne veux pas venir à l’église pour être instruit dans les voies du Seigneur ? Où paraîtrez-vous, ô adultères, fornicateurs, et vous tous, gens de cette sorte, de cette génération ? Dieu jugera les impudiques et les adultères, et il les condamnera. Alors vous n’appellerez plus cela des tours de jeunesse ; non, mais vous crierez aux rochers et aux montagnes de tomber sur vous, pour vous cacher de la fureur et de la colère du Seigneur. Où paraîtras-tu, ô homme qui prends plaisir à te moquer du péché, qui méprises toute réprimande, qui lances tes plaisanteries comme un furieux lance le feu, et qui demandes si ce n’est pas pour rire ? Où paraîtras-tu, ô homme qui fais ton affaire de prêcher contre les enfants du Très-Haut ; toi qui inventes des moyens pour arrêter les progrès de l’Évangile, et qui emploies tout ton pouvoir à en étouffer [écraser] la prédication ; qui fais courir de mauvais bruits contre les disciples de Christ, et qui les tiens pour des fous, des insensés, des schismatiques et un ramassis de canaille ? Toi, ô homme, avec toute ta science de la lettre, tu verras assurément le tribunal de Christ, quoique peut-être bien contre votre gré, pour être jeté par lui dans le feu éternel, lieu préparé pour le diable et pour ses anges. Il y a un Topheth ardent, allumé par la fureur d’un Dieu vengeur, qui ne s’éteindra jamais, jamais. Le diable brûle de vous serrer dans ses bras infernaux, dès que la sentence sera prononcée, là où vous devrez porter éternellement le poids de votre péché : il n’y a plus alors de rédemption ; le jour de la grâce est passé ; la porte de l’espérance est fermée ; la miséricorde ne sera plus offerte, mais vous serez exclus de la présence de Dieu pour toujours. Oh ! qui de nous pourra rester auprès de flammes éternelles !

Quoi que vous pensiez de l’enfer, ce n’est certes pas un feu en peinture ; ce n’est pas une invention pour tenir les gens dans la crainte : alors, alors vous sentirez la puissance du bras tout-puissant. Si vous ne voulez pas saisir son sceptre d’or, il vous brisera avec sa verge de fer. Ô pharisiens, qui êtes maintenant si bons, tellement meilleurs que les autres, comment subsisterez-vous devant Christ, quand il sera revêtu de sa gloire comme juge ? Vous, ariens, vous pouvez mépriser maintenant sa divinité ; alors vous en aurez la preuve ; il montrera qu’il a toute puissance, et qu’il n’était pas un Dieu subalterne ; il vous montrera qu’il a tout pouvoir dans le ciel et sur la terre ; qu’il était le Roi des rois et Seigneur des seigneurs ; qu’il était le Dieu puissant, Père éternel ; et ce pouvoir qu’il possède, il l’exercera à vous conserver sans autre fin que de vous punir éternellement. Ainsi vous, qui vous complaisez maintenant à être assez bons, qui n’êtes pas ici-bas fatigués et chargés par le sentiment de vos péchés, vous serez fatigués et chargés dans l’au-delà par le sentiment de votre châtiment.

2. Ceux-là, mes frères, ne sont pas fatigués et chargés par le sentiment de leurs péchés, qui peuvent se délecter dans les divertissements polis du siècle, et suivre les amusements coupables de la vie.

Maintenant ils peuvent aller aux bals et aux assemblées, aux théâtres et aux courses de chevaux ; ils ne pensent pas à leurs péchés ; ils ne savent ce que c’est que de pleurer sur le péché, ou de s’humilier sous la puissante main de Dieu ; ils peuvent chasser leurs chagrins par le rire, chasser leurs soucis par le chant, et éloigner ces pensées mélancoliques : ils sont trop polis pour entretenir aucune pensée triste ; parler de la mort et du jugement leur est pénible, parce que cela refroidit leur gaieté ; ils ne pourraient supporter de penser à leur péché et à leur danger ; ils ne pourraient aller à la comédie et penser à l’enfer ; ils ne pourraient aller tranquillement à une mascarade et penser à leur danger ; ils ne pourraient aller en paix à un bal ou à une assemblée, s’ils pensaient à leurs péchés.

Et ainsi il est prouvé, jusqu’à la démonstration, que ceux-là ne sont pas fatigués et chargés ; car s’ils ne se soucient pas de leurs péchés, ils n’en seront jamais fatigués ni chargés. Mais au jour du jugement tout sera fini ; ils perdront toute leur gaieté charnelle, tout leur plaisir ; toutes leurs délices s’en iront pour toujours.

Ils diront alors de leur rire : Insensé! Et de la joie: A quoi sert-elle? Leurs joyeuses saillies et leurs plaisanteries spirituelles contre le pauvre peuple méprisé de Dieu sont alors finies. Leur gaieté n’était que comme le bruit des épines sous la chaudière ; elle faisait un grand éclat et un bruit malséant pour un temps, mais elle s’est bientôt dissipée, et elle ne reviendra plus.

Ils pensent maintenant que, s’ils devaient jeûner ou prier, méditer et pleurer, ils seraient justes à l’excès, et se détruiraient eux-mêmes ; que leur vie serait un tourment continuel, et que cela les rendrait fous. Hélas, mes frères, quelle misère doit être cette vie où il n’y a plus de jours agréables, plus de bals ni de comédies, plus de cartes ni de dés, ces dissipateurs d’un temps précieux, plus de courses de chevaux ni de combats de coqs, d’où il n’est jamais sorti aucun bien, à moins que l’on ne puisse appeler un bien le fait de maltraiter les créatures du Dieu tout-puissant et de les employer à un usage auquel il ne les a jamais destinées. Combien votre vie sera misérable, quand toutes vos joies seront finies, quand vos plaisirs seront tous passés, et qu’il n’y aura plus ni gaieté ni passe-temps ! Pensez-vous qu’il y ait un seul cœur joyeux en enfer ? Un seul visage riant ? Ou une langue qui plaisante, qui raille, qui jure ? Un sermon vous est maintenant pénible ; l’offre du salut, par le sang de Jésus-Christ, est maintenant appelée enthousiasme ; mais alors vous donneriez des milliers de mondes, s’ils étaient en votre pouvoir, pour une seule offre de miséricorde, pour une seule offre de grâce, que vous méprisez tant aujourd’hui.

Maintenant vous n’êtes pas fatigués de vos divertissements, ni chargés des péchés qui les accompagnent ; mais alors vous serez fatigués de votre châtiment, et des circonstances qui l’aggraveront. Vos cartes et vos dés, vos faucons et vos chiens de chasse, vos boules, et vos plaisants jeux, seront alors finis. Quelle gaieté aurez-vous à vous souvenir de vos jeux et de vos divertissements ? Je ne voudrais pas que vous vous mépreniez sur moi, et que vous disiez que je ne vous prêche que la mort et la damnation ; je vous montre seulement quelle sera la conséquence de la persévérance dans ces plaisirs coupables ; et si le diable ne vous entraîne pas au milieu du sermon, je vous montrerai comment éviter ces dangers, que je prêche maintenant comme l’effet du péché dont on ne s’est pas repenti. Je dis cela de peur que vous ne soyez entraînés par le diable ; mais ne vous offensez pas si je vous montre encore davantage les terreurs qui accompagneront votre attachement à ces divertissements polis et à la mode du siècle présent, et le fait de n’être pas fatigués et chargés par le sentiment de vos péchés.

Ceux qui se délectent à boire du vin avec excès, et qui sont des ivrognes, quels breuvages amers auront-ils au lieu de vin et de bière ? L’ardeur de la convoitise sera alors aussi abattue ; ils ne chanteront plus la chanson de l’ivrogne ; ils ne passeront plus leur temps à courtiser leurs maîtresses, en discours lascifs, en chansons amoureuses, en badinages lascifs, en souillures brutales ; non, tout cela est fini ; et ce ne sera pour eux qu’un coup de poignard au cœur que de se regarder l’un l’autre en face. Alors ils souhaiteront d’avoir, au lieu de pécher ensemble, prié ensemble ; d’avoir fréquenté les sociétés religieuses ; de s’être excités l’un l’autre à l’amour et à la sainteté, et de s’être efforcés de se convaincre l’un l’autre de la malignité du péché, de combien ils sont exposés à la colère de Dieu, et de la nécessité d’être fatigués et chargés par le sentiment de cette vérité ; afin d’échapper au châtiment qu’ils endurent pour avoir suivi les divertissements coupables et polis du siècle où ils étaient tombés. Mais comme c’est contre Dieu lui-même qu’ils avaient péché, ce n’est rien de moins que Dieu qui les punira de leurs offenses : il a préparé ces tourments pour ses ennemis ; sa colère continuelle les dévorera toujours ; le souffle de son indignation allumera la flamme ; sa colère sera un fardeau continuel pour leurs âmes. Malheur à celui qui tombe sous le coup du Tout-Puissant !

Ainsi ceux qui peuvent suivre les divertissements polis et à la mode du siècle ne sont pas fatigués et chargés de leurs péchés. Mais,

Secondement, je dois vous montrer ce que c’est que d’être fatigué et chargé de ses péchés. Et

1. On peut dire, mes frères, que vous êtes fatigués et chargés, quand vos péchés vous sont pénibles, et que c’est avec chagrin et avec trouble que vous les commettez.

Vous qui êtes réveillés au sentiment de vos péchés, qui voyez combien ils sont odieux à Dieu, et combien ils vous exposent à sa colère et à son indignation, et qui voudriez volontiers les éviter ; qui vous haïssez vous-mêmes de les commettre ; quand vous êtes ainsi convaincus de péché, quand vous voyez les terreurs de la loi, et que vous craignez ses jugements, alors on peut dire que vous êtes fatigués de vos péchés. Et oh ! combien ils paraissent terribles quand vous êtes réveillés pour la première fois au sentiment de vos péchés ; quand vous ne voyez rien que la colère de Dieu prête à tomber sur vous, et que vous craignez ses jugements ! Oh ! combien votre péché vous est pesant alors ! Alors vous en sentez le poids, et qu’il est pénible à porter.

2. Quand vous êtes contraints de crier sous le fardeau de vos péchés, et que vous ne savez que faire pour être soulagés, quand tel est votre cas, vous êtes fatigués de vos péchés. Cela ne consiste pas en une lassitude soudaine ; non, c’est le fardeau continuel de votre âme ; c’est votre chagrin et votre souci de ne pouvoir vivre sans offenser Dieu et sans pécher contre lui ; et ces péchés sont si nombreux et si grands que vous craignez qu’ils ne soient pas pardonnés.

J’en viens, secondement, à vous montrer ce que signifie venir à Christ.

Ce n’est pas, mes frères, venir avec vos propres œuvres ; non, vous devez venir en pleine dépendance du Seigneur Jésus-Christ, le regardant comme le Seigneur qui est mort pour sauver les pécheurs. Allez à lui, dites-lui que vous êtes des pécheurs perdus, ruinés, misérables, et que vous ne méritez rien que l’enfer ; et quand vous irez ainsi au Seigneur Jésus-Christ, hors de vous-mêmes, en pleine dépendance du Seigneur Jésus-Christ, vous trouverez en lui un Sauveur puissant et plein de bonne volonté ; il se plaît à voir les pécheurs venir à lui dans le sentiment de leur propre indignité ; et quand leur cas semble le plus dangereux, le plus désespéré, alors le Seigneur, dans sa miséricorde, intervient et vous donne sa grâce ; il met son Esprit au-dedans de vous, il ôte le cœur de pierre, et vous donne un cœur de chair. Ne résistez donc pas à ce Seigneur, mais allez à lui, non par votre propre force, mais par la force de Jésus-Christ.

Et ceci m’amène, troisièmement, à considérer l’exhortation que Christ vous adresse à tous, grands et petits, riches et pauvres, tous ensemble, de venir à lui afin d’avoir du repos. Et si Jésus-Christ vous donne le repos, vous pouvez être sûrs que ce sera un vrai repos ; ce sera tel repos qu’il en faut à votre âme ; ce sera un repos que le monde ne peut ni donner ni ôter. Oh ! venez tous ce soir, et vous trouverez du repos : Jésus-Christ l’a promis. Voici une invitation pleine de grâce ; ne laissez pas un peu de pluie vous chasser loin de l’entendre ; considérez seulement ce que le diable et les esprits damnés donneraient pour avoir l’offre de la miséricorde, et pour accepter Christ, afin d’être délivrés des tourments qu’ils endurent, et qu’ils doivent endurer éternellement ; ou combien cette pluie leur serait agréable pour rafraîchir leurs langues desséchées ; mais l’un et l’autre leur sont refusés, tandis que la miséricorde vous est offerte, une miséricorde gratuite et riche, pour venir à Christ ; voici de la nourriture pour vos âmes, et la pluie est là pour faire produire à la terre ses fruits, comme nourriture pour vos corps. Voici miséricorde sur miséricorde.

Laissez-moi vous conjurer de venir à Christ, et il vous donnera du repos ; vous trouverez du repos pour vos âmes. Ô vous, mes frères fatigués et chargés, allez seulement à Christ de cette manière, et quoique vous alliez à lui fatigués, vous trouverez le repos avant de le quitter ; que rien de moins que le Seigneur Jésus-Christ ne soit votre repos ; car partout ailleurs où vous chercherez, vous serez déçus ; mais si seulement vous cherchez le Seigneur Jésus-Christ, vous trouverez en lui une plénitude de tout ce dont votre âme fatiguée a besoin. Allez à lui ce soir ; voici une invitation pour vous tous qui êtes des âmes fatiguées. Il ne vous appelle pas, ô pharisiens ; non, c’est vous seulement, pécheurs fatigués, qu’il appelle ; et assurément vous ne vous tiendrez pas éloignés de lui, mais vous accepterez son invitation ; ne tardez pas ; un seul moment peut être dangereux : la mort peut vous emporter soudainement. Vous ne savez pas si une attaque d’apoplexie ne vous précipitera pas du temps dans l’éternité ; ne songez donc pas à attendre d’avoir quelque chose à apporter ; venez avec tous vos haillons, avec toute votre souillure, avec toutes vos détresses, et vous trouverez bientôt Jésus-Christ prêt à vous aider et à vous soulager ; il vous aime aussi bien dans vos haillons que dans vos plus beaux habits ; il ne regarde pas à votre vêtement ; non, venez seulement à lui, et vous trouverez bientôt du repos pour vos âmes.

Que dites-vous ? Dirai-je à mon Maître que vous voulez venir à lui, et que vous l’accepterez à ses propres conditions. Laissez-moi, mes frères, vous conjurer de prendre Jésus sans rien de votre propre justice ; car si vous comptez mêler à Christ quelque chose de vous-mêmes, vous bâtissez sur un fondement de sable ; mais si vous prenez Christ pour votre repos, il le sera pour vous. Laissez-moi vous conjurer de bâtir sur ce rocher des siècles. Ô mes frères, pensez à cette invitation pleine de grâce : « Venez à moi », venez à Jésus-Christ ; c’est lui qui vous appelle ; et n’irez-vous pas ?

Venez, venez à lui. Si vos âmes n’étaient pas immortelles, et si vous n’étiez pas en danger de les perdre, je ne vous parlerais pas ainsi ; mais l’amour de vos âmes me presse de parler ; il me semble que cet amour me presserait de vous parler éternellement. Venez donc par la foi, et saisissez le Seigneur Jésus ; bien qu’il soit dans le ciel, il t’appelle maintenant. Venez, vous tous, ivrognes, jureurs, violateurs du sabbat, adultères, fornicateurs ; venez, vous tous, moqueurs, prostituées, voleurs et meurtriers, et Jésus-Christ vous sauvera ; il vous donnera du repos, si vous êtes fatigués de vos péchés. Oh ! venez, saisissez-le. Si j’avais moins d’amour pour vos âmes, je pourrais parler moins ; mais cet amour de Dieu qui est répandu dans mon cœur ne me permettra pas de vous quitter avant que je voie si vous voulez venir à Christ ou non. Oh ! sur votre vie, recevez-le, de peur qu’il ne vous appelle plus jamais. Voici, l’époux vient ; c’est peut-être cette nuit même que le cri se fera entendre. Écouteriez-vous ceci maintenant, si vous étiez sûrs de mourir avant la lumière du matin ? Dieu veuille que vous commenciez à vivre, afin que, quand le roi des épouvantements viendra, vous n’ayez rien d’autre à faire que de remettre vos âmes entre les mains d’un Rédempteur fidèle.

Maintenant, à Dieu le Père, à Dieu le Fils et à Dieu le Saint-Esprit, soient tout honneur, toutes louanges, la domination et la puissance, dès maintenant et à jamais. Amen, Amen.

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