Chapitre 22 · 35 min de lecture · 46 min d’écoute
La folie et le danger de se séparer de Christ pour les plaisirs et les profits de la vie
Matthieu 8:23–34 — « Il monta dans la barque, et ses disciples le suivirent. Et voici, il s’éleva sur la mer une si grande tempête que la barque était couverte par les flots. Et lui, il dormait. Les disciples s’étant approchés le réveillèrent, et dirent: Seigneur, sauve-nous, nous périssons! Il leur dit: Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi? Alors il se leva, menaça les vents et la mer, et il y eut un grand calme. Ces hommes furent saisis d’étonnement: Quel est celui-ci, disaient-ils, à qui obéissent même les vents et la mer? Lorsqu’il fut à l’autre bord, dans le pays des Gadaréniens, deux démoniaques, sortant des sépulcres, vinrent au-devant de lui. Ils étaient si furieux que personne n’osait passer par là. Et voici, ils s’écrièrent: Qu’y a-t-il entre nous et toi, Fils de Dieu? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps? Il y avait loin d’eux un grand troupeau de pourceaux qui paissaient. Les démons priaient Jésus, disant: Si tu nous chasses, envoie-nous dans ce troupeau de pourceaux. Il leur dit: Allez! Ils sortirent, et entrèrent dans les pourceaux. Et voici, tout le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer, et ils périrent dans les eaux. Ceux qui les faisaient paître s’enfuirent, et allèrent dans la ville raconter tout ce qui s’était passé et ce qui était arrivé aux démoniaques. Alors toute la ville sortit à la rencontre de Jésus; et, dès qu’ils le virent, ils le supplièrent de quitter leur territoire. »
Si seulement nous sentions combien il est nécessaire, en ce temps qui est le nôtre, d’être de vrais chrétiens, assurément nous ne nous contenterions pas de l’être de nom ; mais nous sommes tombés je ne sais dans quel état ; nous ne valons pas mieux que des païens baptisés. Et qu’il est étonnant que nous fassions profession du nom de Christ, et que pourtant nous parlions si peu de lui ! Assurément, ce nom par lequel nous sommes appelés devrait être le sujet de nos entretiens ici-bas, et de nos alléluias éternels dans le monde à venir. Mais n’est-il pas plus étonnant encore de considérer qu’au lieu du nom de Jésus, par lequel nous devons avoir le salut, on nous enseigne à le chercher en nous-mêmes, et qu’il faut qu’il y ait en nous une aptitude avant que Dieu nous accorde sa grâce et sa faveur ? Mais quelle est cette doctrine ? Ce n’est pas la doctrine de l’Écriture, ce n’est pas la doctrine de Jésus, ni celle des premiers chrétiens, ni celle de la Réforme, ni celle des articles de l’Église d’Angleterre. Non, c’est la doctrine du diable ; c’est faire de Christ un demi-Sauveur, et jeter l’homme dans une erreur des plus graves conséquences, en lui faisant aller à Jésus par ses propres forces, et non au nom du Seigneur Jésus-Christ. Mais, mes frères, à moins que vous n’alliez dans la force de Jésus-Christ, à moins que vous ne dépendiez de lui seul pour votre salut, à moins qu’il ne soit votre sagesse, votre justice et votre sanctification, il ne sera jamais votre rédemption. Notre salut est le don gratuit de Dieu ; c’est à son amour gratuit et à la grâce gratuite de Jésus-Christ que vous devrez jamais d’être sauvés.
Ne vous flattez pas d’être assez bons parce que vous êtes moralement bons ; parce que vous allez à l’église, que vous dites les prières et que vous prenez le sacrement, vous pensez qu’il n’en faut pas davantage ; hélas ! vous séduisez vos propres âmes ; et si Dieu, dans sa grâce gratuite et sa miséricorde, ne vous montre pas votre erreur, elle ne fera que vous conduire par un chemin plus doux à votre ruine éternelle ; mais à Dieu ne plaise qu’aucun de vous, à qui je parle en ce moment, s’imagine cela ; non, il faut que vous soyez abaissés et que Dieu soit élevé, ou bien vous ne commencerez jamais par le bon bout ; vous ne verrez jamais Jésus avec consolation ni satisfaction, à moins que vous n’alliez à lui uniquement à cause de ce qu’il a fait et souffert.
N’est-il pas clair, jusqu’à la démonstration, que nous jouons le rôle des Gergéséniens, qui vinrent prier Jésus de s’éloigner d’eux ? Considérons les paroles, et nous verrons alors avec quelle exactitude nous rejouons le rôle de ces hommes.
Il monta dans la barque, et ses disciples le suivirent.
Christ avait fait beaucoup de miracles, comme nous pouvons le lire quelques versets plus haut ; et comme il allait continuellement de lieu en lieu faisant du bien, il se rendait alors au pays des Gergéséniens pour délivrer deux hommes qui étaient possédés de démons ; et ses disciples le suivirent. Sans doute leur faisait-on des reproches et les montrait-on du doigt pour suivre un tel bavard, car c’est ainsi que les scribes et les pharisiens jugeaient le Seigneur Jésus-Christ. Sans doute les montrait-on du doigt, se moquait-on d’eux, les raillait-on, et les tenait-on pour des fous, des enthousiastes et un tas de canaille ; mais ils suivaient toujours le Seigneur Jésus-Christ ; ils ne s’inquiétaient pas d’un peu d’opprobre ; non, ils aimaient trop leur Maître pour cesser de le suivre à cause d’un peu de persécution. Et si seulement vous aimez le Seigneur Jésus-Christ, si vous l’aimez par-dessus tout, vous le suivrez en dépit de la malice de tous les scribes et de tous les pharisiens de cette génération.
Et voici, il s’éleva sur la mer une si grande tempête.
La présence de Christ dans la barque ne préserva pas les disciples des craintes et des troubles ; ils furent remplis d’inquiétude, bien que Christ fût avec eux : ce n’était que pour l’épreuve de leur foi, pour voir s’ils tiendraient ferme pour le Seigneur en un temps de persécution. Mes chers frères, si le Seigneur vous éprouve, ne lâchez pas pied ; non, tenez ferme dans tout ce que le Seigneur peut vous appeler à souffrir. Il est aisé de suivre Christ quand tout est sûr ; mais votre amour pour Jésus-Christ se verrait davantage s’il vous fallait perdre la vie ou renier votre Jésus ; ce serait une épreuve de votre amour, quand le feu et le fagot seraient devant vous, de voir si vous vous y précipiteriez plutôt que de fuir la vérité telle qu’elle est en Jésus. Bien que tout soit calme maintenant, l’orage s’amasse, et bientôt il éclatera ; il n’est encore pas plus grand que la paume de la main d’un homme ; mais quand il sera formé, il éclatera, et alors vous verrez si vous êtes trouvés chrétiens ou non. La persécution disperserait les hypocrites et ferait craindre aux chrétiens de nom d’adorer Dieu ; ils se tourneraient alors bien vite vers le monde et les choses du monde.
Les disciples s’étant approchés le réveillèrent, et dirent: Seigneur, sauve-nous, nous périssons! Il leur dit: Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi? Alors il se leva, menaça les vents et la mer, et il y eut un grand calme. Ces hommes furent saisis d’étonnement: Quel est celui-ci, disaient-ils, à qui obéissent même les vents et la mer?
Nous pouvons voir ici la grande compassion du Seigneur Jésus-Christ ; à peine les disciples l’eurent-ils réveillé, et eut-il vu leur danger, qu’il menaça les vents et la mer, et tout fut calme. Il en fut ainsi dans l’ordre naturel, et il en sera de même dans l’ordre spirituel ; car à peine Jésus-Christ a-t-il parlé de paix à une âme troublée, que tout devient calme et tranquille. Or nul autre que Dieu n’aurait pu accomplir ce grand miracle ; il n’est donc pas étonnant que ses disciples et les hommes de la barque aient été stupéfaits de voir les merveilles qu’il accomplissait ; et ils ne purent s’empêcher d’exprimer ce qu’ils en ressentaient en demandant : « Quel est celui-ci ! »
Lorsqu’il fut à l’autre bord, dans le pays des Gadaréniens, deux démoniaques, sortant des sépulcres, vinrent au-devant de lui. Ils étaient si furieux que personne n’osait passer par là. Et voici, ils s’écrièrent: Qu’y a-t-il entre nous et toi, Fils de Dieu? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps?
Deux hommes, possédés corporellement par ce méchant qui rôde, cherchant qui il dévorera, vinrent à la rencontre de Jésus ; dès qu’ils le virent, ils eurent peur et s’écrièrent : bien qu’ils fissent peur à tout le monde, ils n’eurent pas plus tôt vu Christ que leur puissance les quitta, et ils s’écrièrent : « Qu’y a-t-il entre nous et toi, Fils de Dieu? » Nous savons que tu es Dieu ; nous ne voulons pas de toi ; nous n’avons aucun pouvoir sur toi, mais toi, tu en as sur nous, et nous craignons que tu ne sois venu nous tourmenter avant notre temps ; nous savons que nous devons être amenés en jugement, et c’est pourquoi nous ne voudrions pas être tourmentés avant que ce temps soit venu.
Il y avait loin d’eux un grand troupeau de pourceaux qui paissaient. Les démons priaient Jésus, disant: Si tu nous chasses, envoie-nous dans ce troupeau de pourceaux.
Les esprits mauvais sentaient que Christ était venu les déloger, et que leur heure était venue de quitter le corps de ces deux hommes ; car quand Christ vient, lui qui est plus fort que l’homme fort et bien armé, tout doit tomber devant lui ; ils ne pouvaient tenir contre la puissance de Christ. Et nous pouvons remarquer ici que, si le diable est un ennemi, c’est pourtant un ennemi enchaîné ; il ne peut faire de mal à un pauvre pourceau avant d’en avoir reçu le pouvoir d’en haut ; et nous pouvons voir aussi la malice du diable, qui aimerait mieux faire du mal à un pauvre pourceau que de ne faire aucun mal ; et le diable, s’il en avait le pouvoir, détruirait chacune de vos âmes ; mais Christ, par sa puissance souveraine, l’en empêche.
Il leur dit: Allez! Ils sortirent, et entrèrent dans les pourceaux. Et voici, tout le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer, et ils périrent dans les eaux. Ceux qui les faisaient paître s’enfuirent, et allèrent dans la ville raconter tout ce qui s’était passé et ce qui était arrivé aux démoniaques. Alors toute la ville sortit à la rencontre de Jésus; et, dès qu’ils le virent, ils le supplièrent de quitter leur territoire.
Remarquez ici qu’à peine Christ eut-il permis aux démons d’entrer dans les pourceaux, qu’ils y entrèrent ; et leur malice fut si grande que les pourceaux se précipitèrent des pentes escarpées dans la mer, et furent noyés.
Quel pauvre dépit, que le diable allât tourmenter de pauvres pourceaux ! Et les gens de la ville furent donc si affligés de la perte d’un peu de bien qu’ils vinrent supplier Christ de s’éloigner ; ils ne voulaient pas de sa compagnie ; ils préféraient quelques pauvres pourceaux à la compagnie de Christ ; quelques biens de ce monde, un peu de plaisir, n’importe quoi plutôt que Christ : ils se séparent de Christ avant toute autre chose ; mais celui qui sent l’amour de Christ se séparera de tout, plutôt que du Seigneur Jésus-Christ.
Jusqu’ici va la lettre du récit ; peut-être pensez-vous qu’il n’y a rien à en apprendre, et que c’est là tout ce que vous devez y comprendre ; mais s’il en est ainsi, mes frères, vous vous trompez fort ; car il y a ici une excellente leçon à apprendre, et vous la verrez en considérant de nouveau les paroles dans un sens spirituel.
Et voici, il s’éleva sur la mer une si grande tempête que la barque était couverte par les flots. Et lui, il dormait.
Et n’éprouvez-vous pas souvent de grandes tempêtes en ce monde ? La mer de la tentation ne déferle-t-elle pas sur vos âmes ? Vous craignez d’en être vaincus ; vous ne voyez aucun moyen d’échapper, car vos âmes sont couvertes par les flots, et vous vous attendez à être engloutis dans la tempête ; vous craignez de tomber entre les mains du malin. Oh ! ne craignez pas, car Jésus-Christ, bien qu’il puisse dormir à ce que vous pensez, vous gardera pourtant ; il vous préservera de la fureur des hommes, des pharisiens de ce monde ; ils peuvent se déchaîner et cracher tout leur venin contre vous, Christ vous délivrera toujours, vous préservera et vous protégera ; si seulement vous le cherchez avec le sentiment de votre propre impuissance et de votre indignité, vous trouverez bientôt qu’il est un Dieu prêt à pardonner et à faire grâce. Oh ! que tous ceux qui m’entendent se laissent persuader de fléchir le genou, et le cœur, dès qu’ils seront rentrés chez eux ! Mais hélas ! combien de nos chrétiens vont à Dieu jour après jour et l’appellent Père, ce qui n’est que se moquer de Dieu, quand le diable est leur père ! Nul n’a le droit de l’appeler Père, sinon ceux qui ont reçu l’Esprit d’adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! Si les bêtes brutes pouvaient parler, elles pourraient appeler Dieu leur père aussi bien que certains d’entre vous ; car il est leur Créateur, à qui elles doivent leur être ; mais cela ne vous donnera pas le droit d’appeler Dieu Père, au sens spirituel ; non, il faut que vous naissiez de nouveau de Dieu ; de quelque manière que vous vous flattiez, il faut qu’un principe intérieur soit opéré dans vos cœurs par la foi. Voilà ce que vous devez éprouver ; voilà, voilà ce que vous devez sentir, avant d’être chrétiens en vérité.
Le Seigneur Jésus-Christ prend garde à chacun de vous ; vous pensez peut-être que le Seigneur ne prend pas garde à nous, parce que nous sommes dans un champ, hors des murs d’une église ; mais il observe dans quelle intention vous êtes venus ce soir entendre sa parole ; il sait si c’était pour satisfaire votre curiosité, ou pour trouver de quoi tourner le prédicateur en ridicule. Les pensées et les intentions de tous vos cœurs ne sont pas cachées à Jésus-Christ ; bien qu’il puisse sembler dormir, parce que vous êtes à présent insensibles à ses opérations sur votre cœur, et qu’il puisse sembler ne pas prendre garde à vous ni vous regarder, pas plus qu’il ne le fit pour la femme syro-phénicienne, il se tournera pourtant vers vous et vous regardera avec amour ; le Seigneur se souviendra de vous au temps convenable et parlera de paix à votre âme troublée ; bien que la mer des tribulations déferle sur vous, bien que les pharisiens de ce jour se moquent de vous, quand Christ les menacera, ils se tairont.
Ne comptez pas sur vous-mêmes ; dites-lui : « Seigneur, sauve-nous, nous périssons! » Suppliez-le d’être votre guide et votre salut. Je vous exhorte, par les compassions de Dieu qui sont en Jésus-Christ, à vous offrir à lui, ce qui sera de votre part un culte raisonnable.
Réveille-toi, toi qui dors, Relève-toi d’entre les morts, de la mort du péché, et Christ alors vous donnera la lumière de sa justice. Venez à Christ, et vous serez les bienvenus ; oh ! venez à ce Jésus béni, venez malgré votre bassesse ; car si vous ne venez pas, vous périrez. Si Christ ne vous sauve pas, vos bonnes intentions, vos bons desseins ne le pourront pas ; non, tels que vous êtes dans votre sang, ainsi il vous faudra périr dans votre sang ; mais si vous venez à Christ, vous trouverez miséricorde, vous ne périrez pas. Vous ne pouvez trouver le salut en aucun autre qu’en Christ ; si les disciples avaient pu se sauver eux-mêmes, ils n’auraient pas réveillé Jésus-Christ ; mais ils sentaient que nul autre que lui ne pouvait les sauver, et c’est pourquoi ils crièrent à lui ; et ainsi vous, qui êtes sous le sentiment du péché, qui craignez l’enfer, si vous cherchez du côté de vos propres œuvres, vous ne cherchez que votre propre mort ; car il n’y a aucune aptitude en vous. Je dis la vérité en Jésus-Christ, je ne mens point, il n’y a aucune aptitude en vous, sinon une aptitude à la damnation éternelle ; car que sommes-nous par nature, sinon des enfants de colère ? Et vos cœurs sont la garnison de Satan. Parce que vous êtes allés à l’église, que vous avez dit les prières, que vous vous êtes approchés du sacrement et que vous n’avez fait de tort à personne, vous parlez de paix à vos âmes ; et tout est en paix, pensez-vous, et votre cas est assez bon ; mais en vérité, tout cela n’est qu’une fausse paix, et si vous n’avez point d’autre paix que celle-là, il vous faudra bientôt vous coucher dans les flammes éternelles ; c’est une paix sans fondement, une paix que vous vous êtes faite vous-mêmes, et si vous vous confiez en cette paix, vous périrez.
Mais faites comme firent les disciples quand ils étaient dans la détresse ; ils vont à Christ et lui disent : « Seigneur, sauve-nous, nous périssons! » Je vous offre le salut aujourd’hui ; la porte de la miséricorde n’est pas encore fermée ; il reste encore un sacrifice pour les péchés, pour tous ceux qui voudront accepter le Seigneur Jésus-Christ ; lui seul connaît les pensées les plus intimes de ton cœur ; il vous embrassera dans les bras de son amour ; il voit en vous les premiers mouvements de la grâce, et voudrait de bon cœur les encourager ; les anges désirent vous voir dans l’amour et la faveur de Dieu ; ils se réjouiront de vous voir vous détourner du péché pour aller à lui. Tous les ministres du Jésus béni seraient heureux d’être des instruments pour vous faire passer des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu.
Il leur dit: Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi?
Et ainsi, mes frères, je puis vous dire : pourquoi avez-vous peur de quitter vos péchés et de vous tourner vers Dieu ? Oh ! tournez-vous vers lui, tournez-vous avec le sentiment de votre propre indignité ; dites-lui combien vous êtes souillés, combien vous êtes vils, et ne soyez pas incrédules, mais croyez ; n’allez pas par vos propres forces, et alors vous n’aurez rien à craindre. Pourquoi craignez-vous que le Seigneur Jésus-Christ ne vous accepte pas ? Vos péchés ne seront pas un obstacle, votre indignité ne sera pas un obstacle ; si vos propres cœurs corrompus ne vous retiennent pas, ou si vos propres bonnes œuvres ne vous empêchent pas de venir, rien n’empêchera Christ de vous recevoir ; il aime voir de pauvres pécheurs venir à lui, il se plaît à les voir couchés à ses pieds, plaidant ses promesses ; et si vous venez ainsi à Christ, il ne vous renverra pas sans son Esprit ; non, mais il vous recevra et vous bénira.
Oh ! ne faites pas affront à un amour infini ; que voudriez-vous que Christ fît de plus ? N’est-ce pas assez qu’il soit venu tout exprès pour sauver ? Ne voulez-vous pas servir Dieu dans vos âmes aussi bien que dans vos corps ? Sinon, vous ne faites que vous séduire vous-mêmes et vous moquer de Dieu ; il lui faut le cœur. Gens de peu de foi, pourquoi craignez-vous qu’il ne vous accepte pas ? Si vous ne voulez pas me croire, vous croirez assurément le Seigneur Jésus-Christ ; il t’a dit qu’il vous recevra ; pourquoi donc tardez-vous, et n’allez-vous pas à lui tout de suite ? Demande-t-il l’impossible ? Ce n’est que : « donne-moi ton cœur » ; ou bien veut-il votre cœur à la même fin que le diable, pour vous rendre malheureux ? Non, il veut seulement que vous croyiez en lui, afin que vous soyez sauvés. Voilà, voilà tout ce que désire le cher Sauveur : vous rendre heureux, afin que vous quittiez vos péchés pour vous asseoir éternellement avec lui au festin de noces de l’agneau.
Alors il se leva, menaça les vents et la mer, et il y eut un grand calme.
Ainsi, vous le voyez, il n’appartenait qu’à la puissance de Christ d’arrêter la fureur de la mer ; il la menaça ; les disciples auraient pu parler à jamais, elle ne se serait pas calmée ; il en est de même de la parole prêchée ; je puis vous prêcher tant que je vivrai ; je puis parler jusqu’à ce que je ne puisse plus parler ; mais les doctrines de Christ ne vous feront jamais aucun bien, à moins qu’il ne les imprime dans vos cœurs. Oh ! donc, dans tous tes troubles, regarde à Christ, afin qu’il les menace ; et s’il prononce la parole, ils cesseront. Si les pharisiens de cette génération se moquent de vous et vous raillent, s’ils disent contre vous toute sorte de mal, ne leur répondez pas ; laissez à Christ le soin de les menacer ; car tout ce que vous pourriez dire n’aurait pas plus d’effet que les paroles des disciples adressées à la mer ; mais quand Christ prononcera la parole, ils cesseront. Que cela ne vous décourage pas, car si vous voulez vivre pieusement en Jésus-Christ, il vous faut souffrir la persécution.
Il est vrai que ceux qui sont sincèrement bons sont dressés comme des cibles sur lesquelles chacun tire. Il y a une inimitié continuelle entre la postérité de la femme et la postérité du serpent ; si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que Christ vous a choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait.
Ne pensez pas suivre Christ dans la gloire si vous ne passez pas ici-bas par la presse. Regardez en avant, mes frères, dans l’éternité, et voyez Christ qui vient, et sa rétribution avec lui, pour donner une douce récompense de toutes les tentations et de toutes les difficultés de cette vie présente.
Ces hommes furent saisis d’étonnement: Quel est celui-ci, disaient-ils, à qui obéissent même les vents et la mer?
Les hommes de la barque furent stupéfaits de voir le miracle que Jésus-Christ accomplit par sa seule parole ; ils pensèrent qu’il était quelque chose de plus qu’un homme. Et n’avons-nous pas autant de raisons d’admirer que, lorsque nous sommes accablés de troubles au-dedans et au-dehors, Jésus-Christ, par la seule parole de sa puissance, parle de paix, et qu’alors il y a vraiment la paix ? Quand Dieu nous réveille d’abord par le sentiment du péché, et range ses terreurs en bataille contre nous, alors il y a des troubles et des tempêtes ; car Satan, s’étant emparé de la place, combattra et luttera rudement, avant de céder, pour empêcher l’âme de s’unir à Jésus. Mais quand Christ vient, il prend le cœur d’assaut, il en rompt la paix, il lui donne les plus terribles alarmes du jugement et de l’enfer, il met tout en feu de crainte et de douleur, jusqu’à ce qu’il l’ait forcé de se rendre à sa seule miséricorde et de le prendre pour son gouverneur ; alors Satan est chassé ; alors la tempête est menacée, et il établit une paix ferme et durable.
La mer peut-elle être tranquille tandis que le vent fait rage ? Non, c’est impossible ; de même il ne peut y avoir de paix dans l’âme tant qu’elle est en inimitié avec Christ ; elle peut, il est vrai, se flatter et se parler de paix, mais il ne peut y avoir de vraie paix ; bien que toi, ô pharisien, tu endurcisses et fortifies ton cœur contre la crainte, le chagrin et le trouble, pourtant, aussi sûrement que Dieu est vrai, ils abattront ton esprit orgueilleux et fortifié, ils s’en saisiront et te jetteront dans la stupeur. Cela se fera ici-bas ou plus tard ; ici-bas dans la miséricorde, ou plus tard dans la colère et le jugement.
Ô mes frères, considérez ce que Christ a fait, et vous serez étonnés qu’il ait tant fait pour des misérables aussi méchants que vous et moi. Si vous êtes à l’aise sous l’orage et la tempête du péché, et que vous ne criiez pas à Christ pour être sauvés, tu es dans un état dangereux ; et c’est une chose étonnante de penser qu’un homme qui n’est pas sûr d’avoir fait sa paix avec Dieu puisse manger, ou boire, ou vivre en paix ; que tu ne craignes pas, quand tu te couches, de te réveiller en enfer ! Mais si Christ parle de paix à ton âme, qui donc pourra parler de trouble ? Personne ; non, ni les hommes ni les démons. Couchez-vous donc aux pieds de Christ, à qui vous avez résisté, et dites : Seigneur, que veux-tu que je fasse? Et il menacera les vents et la mer de ton esprit troublé, et tout sera calme.
Lorsqu’il fut à l’autre bord, dans le pays des Gadaréniens, deux démoniaques, sortant des sépulcres, vinrent au-devant de lui. Ils étaient si furieux que personne n’osait passer par là.
Le Seigneur Jésus-Christ, qui allait de lieu en lieu faisant du bien continuellement, savait fort bien qu’il rencontrerait dans ce pays des Gergéséniens deux pauvres hommes qui étaient possédés de démons ; et Jésus-Christ prit tout exprès ce chemin-là, afin de les soulager. Le diable, là où il a le pouvoir, ne manque jamais de volonté ; mais comme je l’ai dit, je le redis : si le diable est un ennemi, c’est pourtant un ennemi enchaîné ; il ne pouvait faire périr ces deux pauvres hommes, il ne pouvait faire de mal aux gens qui passaient par ce chemin, il ne pouvait que les effrayer ; et il en est ainsi de vous ; le diable met en œuvre toute son habileté et toute sa puissance pour vous effrayer et vous détourner de venir au Seigneur Jésus ; il fait tous ses efforts pour empêcher les pauvres pécheurs malades et fatigués de venir à Jésus ; s’il peut seulement vous faire perdre vos âmes, c’est le but qu’il poursuit.
Et combien d’âmes ne retient-il pas loin de Christ par la crainte de l’opprobre ! Des milliers voudraient bien voir Christ dans sa gloire, dans le monde à venir, et être heureux avec lui là-haut ; mais ils ont peur maintenant d’être tournés en ridicule, et d’entendre les pharisiens dire : « Voici encore un de ses disciples » ; ils ont peur de perdre leurs affaires en ce monde, ou d’être tenus pour atteints de la folie méthodiste et bons pour Bedlam. Je ne doute pas que beaucoup ne soient retenus loin de Jésus-Christ par la crainte d’un petit désagrément.
Que diront-ils, ceux-là, quand le Seigneur Jésus-Christ paraîtra dans sa gloire ? Voudriez-vous être heureux qu’il vous confesse alors ? Il ne faut pas maintenant que vous ayez honte de le confesser devant les hommes ; que la fureur du diable ne vous retienne pas loin de Christ par la crainte d’être tenus pour des insensés ; car le temps vient où l’on verra qui sont les vrais sages et qui sont les vrais fous.
Avez-vous peur de prendre parti pour la cause de Christ dans le monde ? N’osez-vous pas être bons à part des autres ? Avez-vous peur d’être membres de Jésus-Christ ? Je vous le dis, de telles personnes le crucifieraient de nouveau s’il était dans le monde. Mais vous, mes frères, ce n’est pas ainsi que vous devez apprendre Christ ; que les tentations du diable ne vous empêchent pas de venir au Seigneur Jésus-Christ ; il peut être furieux, il peut vous pousser de lieu en lieu, mais luttez contre lui, afin qu’il ne vous chasse pas loin de Christ ; et si vous cherchez Christ, il vous aidera de telle sorte que vous résisterez au diable, et alors il fuira loin de vous ; Christ le délogera. N’ayez donc pas peur d’aller à la rencontre de Jésus-Christ ; dites-lui tout ce qui manque à vos âmes, et il vous le donnera ; et vous ne serez plus tourmentés par les furieux assauts du diable.
Et ils s’écrièrent: Qu’y a-t-il entre nous et toi, Fils de Dieu? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps?
Dès que les démons virent Jésus s’approcher, ils eurent peur qu’il ne fût venu les punir avant ce jour des comptes où tous doivent être amenés en jugement.
Les démons eux-mêmes suffisent à convaincre tous nos ariens et nos sociniens polis. Ils reconnaissent ici le Seigneur Jésus-Christ pour Dieu béni éternellement ; ils sentent sa puissance, et ils sont assurés qu’il est le Dieu qui doit les condamner au grand jour des comptes ; et ils craignaient que le Seigneur Jésus-Christ ne fût venu les punir dès maintenant. Mais quoique les démons croient à la divinité de Christ, le monde fourmille pourtant d’ariens et de sociniens.
Les ariens ne font de Christ qu’un Dieu de titre, une divinité subordonnée, un être qui était plus qu’un homme, et pourtant moins que Dieu ; ils reconnaissent qu’il était un prophète envoyé de Dieu, mais ils nient qu’il soit égal au Père. Mais j’espère, mes frères, qu’il est pour vous ce que notre symbole fait de lui : Dieu né de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu, coéternel et consubstantiel au Père ; que, de même qu’il n’y a pas eu un moment du temps où Dieu le Père n’était pas, de même il n’y a pas eu un moment du temps où Dieu le Fils n’était pas. Car il dit lui-même : « Toutes choses ont été faites par lui » ; et si elles ont été faites par lui, il faut qu’il soit Dieu ; et quiconque lit seulement la parole de Dieu trouvera qu’on lui rend un hommage divin, « et qu’il n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu » ; il est « l’alpha et l’oméga ». Ces passages, et beaucoup d’autres encore, pourraient être allégués pour prouver la divinité du Seigneur Jésus-Christ ; il n’aurait jamais pu donner satisfaction pour nos péchés s’il n’avait été Dieu aussi bien qu’homme. Comme homme il a souffert ; comme Dieu il a satisfait ; ainsi il était Dieu et homme en une seule personne ; il a pris notre nature sur lui, et il a été offert sur la croix pour les péchés de tous ceux qui viennent à lui, ce pour quoi, s’il n’avait été Dieu, il n’aurait jamais pu satisfaire. On peut prouver, jusqu’à la démonstration même, que le Seigneur Jésus-Christ est Dieu, et qu’il est égal au Père.
Les sociniens ne vont pas aussi loin que les autres ; ils regardent Christ comme n’étant rien de plus qu’un homme de bien, qui enseigna au peuple son devoir, et mourut pour la défense des doctrines qu’il lui avait annoncées.
Mais j’espère qu’il n’y a ici personne qui ait des pensées aussi basses et aussi déshonorantes du Jésus béni, et qui méprise ainsi la divinité du Seigneur qui les a rachetés. Non, j’attends de vous des choses meilleures et favorables au salut. Pensez-vous que quelqu’un qui nie la divinité de Christ puisse jamais être sauvé par lui, s’il vit et meurt dans cet état ? Assurément, le temps viendra où ceux qui ont nié sa divinité en sentiront plus tard la puissance ; ils sentiront qu’il est Dieu aussi bien qu’homme ; alors il sera reconnu comme Dieu par tous ceux qui osent maintenant nier ses vérités ; mais à Dieu ne plaise que la chose reste indécise jusque-là ! Malheur aux incrédules polis de cette génération, car les démons se lèveront en jugement contre eux.
S’il y en a ici de tels, considérez ce que vous faites avant qu’il soit trop tard ; revenez, revenez à l’Éternel, et il aura pitié de vous, et à Jésus-Christ, et il vous pardonnera abondamment. Ô mes amis, laissez-moi vous supplier de considérer ce que vous faites, de peur que vous ne tombiez en enfer, sans qu’il y ait personne pour vous délivrer.
Les démons priaient Jésus, disant: Si tu nous chasses, envoie-nous dans ce troupeau de pourceaux. Il leur dit: Allez! Ils sortirent, et entrèrent dans les pourceaux. Et voici, tout le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer, et ils périrent dans les eaux.
Nous pouvons voir ici qu’à peine le diable eut-il le pouvoir qu’il le mit à exécution ; ainsi, si le diable a seulement le pouvoir de tenter ou de pousser une âme, oh ! quel cruel tyran il est, la poussant d’une tentation à une autre, d’un péché à un autre ; et il voudrait, si c’était possible, vous précipiter tous en enfer avec autant de violence qu’il précipita les pauvres pourceaux dans la mer ; mais Christ, par sa grâce, l’en empêche. Jésus-Christ est mort pour les âmes, et c’est pourquoi le diable ne peut en faire ce qu’il veut ; il peut en avoir la volonté, mais il ne peut en obtenir le pouvoir. Il est clair que lorsque le diable lui-même, ou les hommes persécuteurs, obtiennent le pouvoir, ils tourmentent les pauvres chrétiens ; tout est trop bon pour eux, et ils ne sont pas dignes d’être mis avec les chiens du troupeau. Mes frères, que beaucoup seraient joyeux si les lois de notre pays leur permettaient de nous faire périr ! Comme les pharisiens nous traîneraient à la prison et à la mort ! Mais, Dieu soit béni, il ne leur dit pas, comme au diable : « Allez! » Non, il leur ordonne de rester, il ferme leur chemin avec des épines, de sorte qu’ils ne peuvent bouger pour nous nuire ; ils le voudraient bien, mais ils n’osent nous faire périr ; rien ne les retient, sinon la puissance du Jésus béni. C’est pourquoi ne craignez pas leur fureur, quoiqu’elle soit cruelle, ni leur colère, quoiqu’elle soit impétueuse ; qu’ils lancent leurs traits, leurs paroles amères, contre nous : Dieu soit béni, le bouclier de la foi nous en préservera tous.
Et quand vous êtes ainsi préservés, ce sera une occasion de joie par le Saint-Esprit ; bien que beaucoup regardent la joie du Saint-Esprit comme de l’enthousiasme et de la folie, et disent qu’il n’existe rien de tel ; mais je sais bien qu’elle existe ; elle porte en elle-même sa propre évidence. Plaidez donc auprès de Dieu, au nom de Jésus-Christ ; continuez à lutter avec lui jusqu’à ce qu’il vous accorde la bénédiction et vous donne de sentir cette joie à laquelle le monde n’a point part et qui lui est étrangère ; le diable peut, il est vrai, exciter ses agents à nous pousser d’un trouble à un autre ; mais cela ne servira de rien, car le Seigneur Jésus-Christ ne lui permettra pas de nous précipiter en enfer ; non, mais il nous donnera son Esprit, qui nous préservera de tous les assauts du diable. Voyez maintenant ce qui suivit ce miracle que Jésus avait accompli en permettant au diable d’entrer dans le troupeau de pourceaux.
Ceux qui les faisaient paître s’enfuirent, et allèrent dans la ville raconter tout ce qui s’était passé et ce qui était arrivé aux démoniaques.
Les gens furent si stupéfaits de voir la puissance qu’avait Christ, et la malice dont le diable était possédé, qu’ils eurent peur et racontèrent tout ce qui était arrivé aux démoniaques ; et de même, quand l’Esprit de Dieu aura agi sur vos âmes, et que vous serez amenés à sentir la puissance de Dieu sur vos cœurs, vous serez si transportés de joie que vous raconterez à chacun les grandes choses que Dieu a faites pour vos âmes ; vous serez si remplis de joie que vous déclarerez toute l’œuvre de Dieu dans vos cœurs, et vous direz comment vous avez été rendus capables de vaincre Satan, et comment vous avez été touchés par tel sermon, en tel lieu, et à tel moment.
Vous aimerez alors à parler de Jésus ; aucune conversation ne vous sera aussi agréable que celle qui porte sur le Seigneur Jésus-Christ ; oui, il sera pour vous plein de charme, quand vous aurez une fois goûté son amour et senti la puissance de sa grâce sur vos cœurs.
Alors toute la ville sortit à la rencontre de Jésus; et, dès qu’ils le virent, ils le supplièrent de quitter leur territoire.
Toute la ville vint à la rencontre de Jésus, non pour l’adorer, ni pour le remercier d’avoir délivré les deux pauvres hommes qui étaient possédés ; non, mais pour le supplier de s’en aller loin d’eux ; ils faisaient plus de cas de leurs pourceaux que du Seigneur Jésus-Christ, et aimaient mieux se séparer de lui que d’eux ; et n’avons-nous pas parmi nous des milliers de gens qui s’appellent chrétiens, et qui aimeraient mieux se séparer de Christ que de leurs plaisirs ? Une comédie, un bal ou une assemblée leur est bien plus agréable que la compagnie et la présence du Seigneur Jésus-Christ ; pourvu qu’ils puissent satisfaire leur appétit sensuel, contenter et choyer leur ventre, assouvir la convoitise des yeux, la convoitise de la chair, et l’orgueil de la vie, ils ne se soucient de rien de plus, mais demeurent satisfaits, comme s’ils devaient vivre toujours ici-bas. Ô mes chers frères, j’espère qu’aucun de vous ne peut se contenter d’une telle conduite, mais que vous aimez trop la compagnie du Seigneur Jésus pour vous séparer de lui pour quelques délices de cette vie. Et n’y en a-t-il pas beaucoup qui se séparent de Christ pour leurs propres bonnes œuvres, et qui pensent pouvoir aller au ciel s’ils vont seulement à l’église, disent leurs prières et prennent le sacrement ? Mais hélas ! ils seront bien trompés ; car s’ils s’arrêtent à quoi que ce soit en deçà du Seigneur Jésus, s’ils ne font pas de lui la principale pierre de l’angle, ils resteront infiniment en deçà de ce qu’ils se flattaient d’atteindre.
Je voudrais vous dire quelques mots, en manière d’application, avant de vous quitter ce soir. Laissez-moi vous supplier de venir à Jésus-Christ ; je vous invite tous à venir à lui et à le recevoir comme votre Seigneur et Sauveur ; il est prêt à vous recevoir ; si vous craignez d’aller à lui parce que vous êtes dans un état de perdition, il est venu pour sauver de tels gens ; et à ceux qui étaient fatigués et chargés, à ceux qui sentent le poids et le fardeau de leurs péchés, il a promis de donner du repos. Vous qui sentez sur vos âmes le poids et le fardeau de vos péchés, un fardeau trop lourd pour que vous puissiez le porter, qui en êtes las, et ne savez comment en obtenir la délivrance, au nom de mon Seigneur et Maître, je vous invite à venir à lui, afin que vous trouviez du repos pour vos âmes.
Si seulement vous venez à lui, il ne vous fera pas de reproches, comme il le pourrait justement ; il ne vous reprochera pas de n’être pas venus à lui plus tôt ; non, mes chers frères, il se réjouira, il sera dans l’allégresse, et il vous dira : « Mon fils, ma fille, prends courage, tes péchés te sont pardonnés » : ces paroles, il les a dites à d’autres ; et si seulement vous venez à lui par la foi en son sang, il est prêt à vous dire maintenant la même chose qu’il leur dit autrefois, car « il est le même hier, aujourd’hui, et éternellement » : bien qu’il ait souffert sur la croix il y a dix-sept cents ans, il est pourtant le même en bonté et en puissance qu’il le fut jamais.
Il vous appelle par ses ministres ; oh ! venez à lui, suppliez-le de briser vos cœurs obstinés, afin que vous consentiez à être amenés à lui de la manière qu’il veut, à être rendus pauvres en esprit, et à avoir droit à l’héritage avec tous les sanctifiés.
Oh ! venez et buvez de l’eau de la vie ; vous pouvez acheter sans argent, sans rien payer ; il travaille à vous ramener du péché et de Satan à lui-même : ouvrez la porte de vos cœurs, et le roi de gloire entrera.
Mais si vous êtes étrangers à cette doctrine et la tenez pour une folie, ou si vous pensez avoir assez de votre propre fonds pour vous recommander à la faveur de Dieu, vous avez beau aller à l’église ou recevoir le sacrement, vous n’avez aucun amour véritable pour le Seigneur Jésus-Christ ; vous êtes étrangers à la vérité de la grâce dans vos cœurs, et vous ne connaissez pas la nouvelle naissance ; vous ne savez pas ce que c’est que d’avoir votre nature changée ; et tant que vous n’aurez pas éprouvé ces choses, vous ne pourrez jamais entrer dans le royaume de Dieu.
Que vous dirai-je, mes frères ? Mon cœur est plein, il est tout plein, et il faut que je parle, ou j’éclaterai. Quoi ! pensez-vous que vos âmes soient sans valeur ? Les estimez-vous indignes d’être sauvées ? Vos plaisirs valent-ils plus que vos âmes ? Aimez-vous mieux vous soucier des divertissements de cette vie que du salut de vos âmes ? S’il en est ainsi, vous n’aurez jamais part avec lui à la gloire ; mais si vous venez à lui, il vous donnera une nature nouvelle, vous fournira sa grâce ici-bas, et vous amènera dans la gloire plus tard ; et là vous pourrez chanter à jamais des louanges et des alléluias à l’Agneau.
Et puisse telle être l’heureuse fin de tous ceux qui m’entendent ! Que le Seigneur vous conduise par son conseil, jusqu’à ce qu’il vienne vous chercher pour le ciel et vous rende participants de sa gloire !
Qu’il vous dirige dans ses voies, et vous conduise dans ces sentiers qui mènent à la vie éternelle ! Puissiez-vous être saints ici-bas et heureux plus tard : puisse votre vie répondre à la profession que vous faites, afin que nous soyons tous trouvés à la droite du Seigneur Jésus-Christ, quand il viendra juger le monde selon nos œuvres, qu’elles soient bonnes ou mauvaises ! Et que nous puissions alors paraître devant sa gloire irrépréhensibles et dans l’allégresse : que Dieu nous l’accorde dans sa miséricorde infinie, etc.
Chapitre 22 terminé
La folie et le danger de se séparer de Christ pour les plaisirs et les profits de la vie