Sermons choisis de George Whitefield
Christ, le soutien de ceux qui sont tentés

Chapitre 19 · 24 min de lecture · 31 min d’écoute

Christ, le soutien de ceux qui sont tentés

Matthieu 6:13 — « Ne nous induis pas en tentation. »

Le grand et important devoir qui incombe aux chrétiens est de se garder de toute apparence de mal ; de veiller contre les premiers mouvements du cœur vers le mal ; et de garder leurs actions, afin qu’elles ne soient pas coupables, ni même qu’elles paraissent l’être. Il est vrai que le diable nous tente sans cesse, et que notre propre cœur mauvais est tout prêt à se joindre au tentateur pour nous faire tomber dans le péché, afin qu’il remporte ainsi la victoire sur nous, et que nous, mes frères, soyons ses sujets, ses serviteurs, ses esclaves ; et alors, tôt ou tard, il nous paiera notre salaire, qui sera la mort temporelle et la mort éternelle. Notre Seigneur Jésus-Christ voyait combien son peuple serait tenté, et que le grand ennemi de leurs âmes saisirait toutes les occasions, pourvu seulement qu’il pût être un moyen d’empêcher les pauvres pécheurs de venir au Seigneur Jésus-Christ ; vous harcelant de tentations pour vous pousser à quelque grand péché ; puis, s’il ne peut vous gagner, se rabattant sur un moindre, et ajustant ses tentations, coup après coup ; et quand il voit qu’aucune de ces choses ne réussit, se transformant souvent en ange de lumière, et faisant ainsi tomber l’âme dans le péché, au déshonneur de Dieu et à sa propre blessure ; le Seigneur Jésus, dis-je, voyant combien ses disciples, et tous les autres, seraient exposés à être vaincus par la tentation, leur recommande donc, lorsqu’ils prient, de demander de n’être pas induits en tentation. Il est si dangereux d’engager le combat avec un ennemi aussi subtil et aussi puissant que Satan, que nous serons vaincus chaque fois que nous l’engagerons, à moins que le Seigneur ne soit de notre côté. Mes frères, si vous étiez abandonnés à vous-mêmes, vous seriez vaincus par chacune des tentations qui vous assaillent.

Ces paroles font partie de la prière que Christ enseigna à ses disciples ; je ne doute donc pas que vous ne les croyiez tous véritables, puisqu’elles sont prononcées par celui qui ne peut mentir. Je vais donc,

I. Vous montrer qui est celui qui vous tente.

II. Vous montrer, mes frères, pourquoi il vous tente.

III. Indiquer quelques-unes des voies et des moyens dont il se sert pour vous entraîner dans ses tentations.

IV. Vous faire voir avec quelle ardeur vous devez supplier le Seigneur de vous préserver d’être induits en tentation.

V. Je ferai quelque application, en vous suppliant de venir à Christ, afin qu’il vous délivre, mes frères, d’être tentés.

I. Premièrement, nous devons considérer qui est celui qui nous tente.

Et le tentateur, c’est Satan, le prince de la puissance de l’air, celui qui agit maintenant dans les fils de la rébellion ; il est ennemi de Dieu et du bien, il hait toute vérité. Sinon, pourquoi aurait-il calomnié Dieu dans le paradis ? Pourquoi aurait-il dit à Ève : « Vous ne mourrez point » ? Il est plein de malice, d’envie et de vengeance ; car quelle autre raison aurait pu le pousser à molester l’homme innocent dans le paradis ? Celui qui vous tente, mes frères, est remarquable par sa ruse ; car, n’ayant pas reçu de pouvoir d’en haut, il est obligé d’attendre les occasions de nous trahir et de nous prendre par la ruse ; c’est pourquoi il se servit du serpent pour tenter nos premiers parents ; et se tenir en embuscade pour tromper, c’est là un autre trait de son caractère. Et quoique ce portrait soit celui du diable, si nous examinions notre propre cœur, nous y trouverions bien des traits du tentateur lisiblement écrits en nous.

Beaucoup d’entre vous n’aiment-ils pas à mentir ? Et si c’est dans votre commerce, vous le regardez dès lors comme excusable ; mais, que vous le croyiez ou non, c’est un péché, c’est un péché extrêmement grave. Vous avez beau vous estimer de belles créatures raisonnables, et des êtres nobles ; et vous l’étiez, lorsque vous sortîtes d’abord des mains de Dieu ; mais maintenant vous êtes déchus, il n’y a rien d’aimable, rien de désirable dans l’homme ; son cœur est un cloaque de souillure, plein de péché et d’impureté. Et pourtant, bien que le cœur de l’homme soit si désespérément méchant, nos prédicateurs modernes et polis lui disent qu’il y a dans les hommes une aptitude, et que Dieu, voyant en vous une bonne créature, vous donne sa grâce ; mais cela, bien que ce soit une manière de parler moderne, polie et à la mode, est fort contraire à l’Écriture ; c’est fort contraire aux doctrines de la Réforme, et à nos propres Articles. Mais, si contraire que ce soit aux doctrines de l’Église d’Angleterre, nos chaires ne retentissent pourtant de rien davantage que de ceci : ne faire de tort à personne, vivre honnêtement, aimer son prochain comme soi-même, faire ce que l’on peut, et alors Christ suppléera à ce qui manque : c’est faire de Christ un demi-sauveur, et de l’homme l’autre moitié ; mais moi je vous dis que Christ sera toute votre justice, toute votre sagesse, toute votre sanctification, ou bien il ne sera jamais toute votre rédemption. Qu’il est étonnant que les ministres de l’Église d’Angleterre parlent tout au contraire de ce qu’ils ont signé ! Grand Dieu ! Si ce sont là les guides des ignorants, et s’ils sont estimés les vrais ministres de Jésus parce qu’ils ont une grande part de science de la lettre, alors qu’en même temps ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles ; et sans une providence particulière, ils tomberont tous deux dans une fosse.

Il ne faut pas s’étonner que l’on parle de la convenance et de la disconvenance des choses, quand on peut nous dire que l’Esprit de Dieu, c’est une bonne conscience, et que les consolations du Saint-Esprit en sont la conséquence. Mais cela est faux ; car il faudrait dire : l’Esprit de Dieu, ce sont les consolations du Saint-Esprit, et une bonne conscience en est la conséquence. Sénèque, Cicéron, Platon, ou n’importe lequel des philosophes païens, en auraient donné une définition aussi bonne que celle-là ; elle ne signifie rien de plus que de réfléchir que nous avons bien agi.

Mais que ces messieurs modernes et polis, et que mes frères savants de la lettre, peignent l’homme de couleurs aussi aimables qu’il leur plaira, moi je ne le ferai pas ; je n’ose pas le faire meilleur que ne le fait la parole de Dieu. Si je devais peindre l’homme sous ses vraies couleurs, il me faudrait aller chercher un modèle dans le royaume de l’enfer ; car l’homme est par nature plein d’orgueil, de ruse, de malice, d’envie, de vengeance et de toute sorte de dureté ; et que sont ces choses, sinon le tempérament du diable ? Et la convoitise, la sensualité, le plaisir, voilà le tempérament de la bête. Ainsi, mes frères, l’homme est moitié bête et moitié diable, un mélange bigarré de la bête et du diable. Et c’est cette créature, qui s’est rendue si odieuse à la colère de Dieu et si exposée à son indignation, à qui l’on dit qu’elle doit être en partie son propre sauveur en faisant de bonnes œuvres, et que ce qu’elle ne peut faire, Christ le fera pour elle.

C’est là donner au tentateur toute latitude d’entrer avec sa tentation ; il peut presser une âme de remplir les devoirs moraux, d’aller à l’église, de prendre le sacrement, de lire, de prier, de méditer ; le diable veut bien que vous fassiez toutes ces choses ; mais si elles sont faites par votre propre force, ou si vous n’allez pas plus loin, vous ne faites que suivre un chemin plus doux vers l’enfer.

Ainsi, mes frères, vous pouvez voir qui est celui qui nous tente. Mais

II. Pourquoi il vous tente, c’est la seconde chose que je dois vous montrer.

C’est par envie contre vous et contre le Seigneur Jésus-Christ qu’il s’efforce de vous empêcher de vous attacher à Jésus ; et s’il peut seulement vous empêcher de saisir Christ par la foi, il sait qu’il vous tient bien en sûreté ; et plus vous êtes sous le coup de tentations, selon leur nature et leur grandeur, plus votre esprit est troublé ; et plus vos pensées et vos affections sont agitées, plus vous êtes enclins à conclure que, si vous alliez à Christ à présent, dans tout ce trouble d’esprit, il ne vous recevrait pas ; mais c’est là une politique du tentateur, pour vous faire avoir des pensées basses et déshonorantes du bienheureux Jésus ; et ainsi, par degrés, il travaille sur votre esprit jusqu’à ce que vous soyez insouciants et indifférents à l’égard de Christ. Voilà, voilà, mes frères, le dessein du tentateur. Rien ne lui fera plus de plaisir que de vous voir ruinés et perdus pour toujours. Il vous tente dans ce but, afin que vous perdiez votre part en Jésus-Christ, et que vous habitiez avec lui et avec les esprits apostats pour toute l’éternité. Il sait que Jésus-Christ est mort pour les pécheurs, et pourtant il voudrait bien empêcher les âmes de chercher un abri dans cette ville de refuge, et d’aller en Galaad chercher le vrai baume.

C’est lui qui règne dans ton cœur, ô moqueur, ô pharisien ; le diable règne là, et s’efforce d’aveugler vos yeux, afin que vous ne voyiez pas dans quel danger vous êtes, et combien il y a de mal dans ces cœurs qui sont les vôtres ; et tant qu’il pourra vous garder tranquilles et insouciants quant au changement de vos cœurs, il sera tranquille ; quoique, s’il le peut, il vous tentera de pécher contre lui, jusqu’à ce que vous soyez endurcis dans votre iniquité. Ô mes frères, ne donnez pas au diable une prise par laquelle il puisse vous saisir ; hélas ! il n’est pas étonnant que le diable vous tente, quand il vous trouve à la comédie, au bal ou à la mascarade ; si vous faites l’œuvre du diable, il n’est pas étonnant qu’il vous presse de la continuer ; et comment quelqu’un peut-il dire le matin : « Ne nous induis pas en tentation », quand il est résolu à y courir le soir ? Grand Dieu ! Ces gens-là sont-ils membres de l’Église d’Angleterre ? Hélas, quand vous êtes allés à l’église et que vous avez lu d’un bout à l’autre les prières, ce n’est rien de plus qu’offrir le sacrifice des insensés ; vous y dites Amen des lèvres, tandis que dans vos cœurs, ou bien vous êtes indifférents à ce que vous faites, ou bien vous pensez que le simple fait de dire vos prières suffit, et qu’alors Dieu et vous avez soldé vos comptes.

Mais, mes chers frères, ne vous y trompez pas, on ne se moque pas de Dieu. Vous ne faites que vous ruiner pour le temps et pour l’éternité. Vous priez : « ne nous induis pas en tentation », alors que vous tentez le diable de venir vous tenter.

III. Je vais maintenant indiquer quelques-unes des voies et des moyens dont il se sert pour vous attirer à lui.

Mais c’est là un champ si vaste, et je ne fais que commencer à être soldat de Jésus-Christ, que je ne puis vous en nommer beaucoup. Je serai donc très bref sur ce point.

1. Il s’efforce de vous faire croire que le péché n’est pas aussi grand qu’il l’est ; qu’il n’y a pas lieu d’être si rigoristes, et que vous êtes justes à l’excès ; que vous êtes ostentatoires [vaniteux, pompeux, égotistes], que vous vous ferez du tort par là, et que vous vous détruirez vous-mêmes. Il vous montre, mes frères, l’appât, mais il cache l’hameçon ; il vous montre les plaisirs, les profits et les avantages qui accompagnent l’abondance des biens de ce monde ; mais il ne vous montre pas les croix, les pertes et les chagrins que vous pouvez avoir pendant que vous jouissez des biens de ce monde.

2. Quand il voit qu’il ne peut vous séduire par la flatterie, il vous éprouvera par les menaces et par les terreurs de ce monde ; il excitera les gens à vous montrer du doigt et à crier : « Voici venir encore une troupe de ses partisans ! » Il les excitera à vous railler, à se moquer de vous, à vous calomnier et à vous haïr ; mais s’il voit que cela ne réussit pas non plus, alors il jette, mes frères, des doutes et du découragement dans votre esprit, pour vous faire demander si la voie où vous êtes est la vraie voie ou non ; ou bien il vous suggérera : Quoi ! Vous vous attendez à être sauvés par Christ ? De plus, il n’est pas mort pour vous ; vous avez été trop grand pécheur ; vous avez vécu si longtemps dans le péché, et commis contre Christ de tels péchés qu’il ne les pardonnera pas. C’est ainsi qu’il pousse les pauvres pécheurs presque jusqu’au désespoir.

Et très souvent, quand le peuple de Dieu est réuni pour l’adorer, il envoie ses agents, les moqueurs, pour le troubler. Nous en avons vu tout à l’heure un exemple, dans leur rage ; ils auraient bien voulu nous troubler ; mais le Seigneur était de notre côté, et il a ainsi fait échouer toutes les tentatives d’hommes méchants et mal intentionnés pour nous troubler et nous inquiéter. Seigneur Jésus, pardonne à ceux qui persécutent ainsi ta vérité ! Jésus, montre-leur qu’ils combattent contre toi, et qu’il te serait dur de regimber contre les aiguillons ! Voilà, mes frères, quelques-unes des voies que Satan emploie dans ses tentations pour vous détourner de Christ. On pourrait en nommer beaucoup d’autres ; mais celles-ci suffisent, je l’espère, pour vous tenir sur vos gardes contre tout ce que l’ennemi peut faire pour vous empêcher de venir à Christ.

IV. J’en viens à vous montrer avec quelle ardeur vous devez supplier Jésus-Christ, soit de ne pas permettre que vous soyez induits en tentation, soit de vous y préserver.

Et ici, mes chers frères, permettez-moi de vous conjurer d’aller à Jésus-Christ ; dites-lui comment vous êtes assaillis par le malin, qui guette vos âmes ; dites-lui que vous n’êtes pas capables d’en venir à bout par votre propre force ; implorez son secours, et vous le trouverez prêt à vous aider, prêt à vous assister et à être votre Guide, votre Consolateur, votre Sauveur, votre Tout ; il vous donnera la force de résister aux traits enflammés du diable ; et c’est pourquoi vous ne pouvez trouver nulle part personne d’aussi propre à vous secourir que Jésus-Christ ; il sait ce que c’est que d’être tenté ; il fut tenté par Satan dans le désert, et il vous donnera le secours de son Esprit pour résister au malin, et alors il fuira loin de vous. En Jésus-Christ vous aurez la force dont vous avez besoin, le diable n’aura aucun pouvoir ; ne craignez donc point, car au nom du Seigneur nous vaincrons tous nos Amalécites spirituels. Que le diable et ses agents fassent rage, qu’ils respirent la menace, oui, qu’ils respirent le meurtre, nous pouvons pourtant nous réjouir de ceci, que Jésus-Christ les tient en son pouvoir, et qu’ils n’iront pas plus loin qu’il ne le leur permet ; ils peuvent faire rage, ils peuvent faire horriblement rage, mais ils ne peuvent aller plus loin, tant qu’ils n’ont pas reçu plus de pouvoir d’en haut.

S’ils pouvaient nous faire tout le mal qu’ils voudraient, bien peu d’entre nous auraient la permission de revoir leurs demeures ; mais, Dieu soit béni, nous pouvons nous remettre à sa protection ; il a été notre protecteur jusqu’ici, il le sera encore. Suppliez donc ardemment le Seigneur de vous soutenir dans les tentations dont le diable pourra vous assaillir ; c’est un adversaire puissant, et un adversaire rusé aussi ; il serait trop fort pour nous, si nous n’avions la force de Christ avec nous. Mais regardons à Jésus, afin qu’il envoie son Esprit dans nos cœurs et qu’il nous garde de tomber. Ô mes chers frères en Jésus-Christ, où en êtes-vous maintenant entre Dieu et vos âmes ? Jésus est-il tout aimable pour vos âmes ? Vous est-il précieux ? Je suis sûr que, si vous ne vous êtes pas détournés de Christ, il ne se détournera pas de vous ; il arrachera les choses maudites de ce monde, et il habitera dans vos cœurs. Vous êtes candidats pour le ciel ; et vous vous soucieriez de la terre ? Que sont tous les plaisirs de la terre, sans une part au Seigneur Jésus-Christ ? Et un seul sourire de lui est plus désirable que les perles, oui, plus que le monde entier.

Ô vous qui avez trouvé que Jésus-Christ vous assistait et vous soutenait dans toutes les tentations de cette vie, l’abandonnerez-vous ? Ne l’avez-vous pas trouvé un maître plein de grâce ? Il se distingue entre dix mille, et toute sa personne est pleine de charme, n’est-il pas vrai ? Maintenant vous voyez en Christ une beauté et un éclat que vous n’aviez jamais vus auparavant. Oh ! combien vous et moi souhaitons d’avoir connu Jésus plus tôt, et d’avoir davantage de son amour ; c’est un amour condescendant, c’est un amour étonnant, c’est un amour qui pardonne, c’est un amour qui meurt, c’est un amour élevé et qui intercède, et c’est un amour glorifié. Il me semble, quand je parle de l’amour de Jésus-Christ, qui m’a aimé avant que je l’aime : il nous vit souillés dans notre sang, couverts de plaies, esclaves du péché, de la mort et de l’enfer, courant à la perdition ; alors il passa près de moi, et dit à mon âme : « Vis » ; il me saisit comme un tison arraché du feu. C’est l’amour qui m’a sauvé, ce fut entièrement la grâce gratuite de Dieu, et elle seule. Le peu d’expérience que j’ai eu de cet amour me remplit d’étonnement devant la condescendance, l’amour et la miséricorde du bienheureux Jésus, qu’il ait eu pitié d’un tel misérable. Ô mes frères, le royaume de Dieu est au-dedans de moi, et cela me remplit tellement d’amour que je ne voudrais pas me retrouver dans mon état naturel, non, pas pour des millions de millions de mondes ; je soupire après Jésus, après le moment de vivre avec le Seigneur qui m’a racheté, de vivre pour toujours avec l’agneau qui a été immolé, et de lui chanter des alléluias. L’éternité elle-même sera trop courte pour célébrer l’amour du Seigneur Jésus-Christ. Je ne puis, non, vraiment je ne puis m’empêcher de parler encore, et encore, et encore, du Seigneur Jésus.

Et s’il y en a ici qui soient étrangers à cet amour du Seigneur Jésus-Christ, ne désespérez pas ; venez, venez à Christ, et il aura pitié de vous, il pardonnera tous vos péchés, il guérira toutes vos infidélités, il vous aimera d’un amour gratuit, et il vous prendra pour être avec lui. Venez donc, ô mes frères coupables, à Jésus, et vous trouverez du repos pour vos âmes. Vous n’avez pas besoin de craindre, vous n’avez pas besoin de désespérer, puisque Dieu a eu pitié d’un misérable tel que moi ; et il vous sauvera aussi, si vous voulez venir à lui par la foi.

Pourquoi tardez-vous ? Quoi ! Dites-vous que vous êtes pauvres, et que vous avez honte de venir ? Ce n’est pas à votre pauvreté que Christ prend garde ; venez avec tous vos haillons, avec toute votre souillure, et il vous sauvera. Ne vous appuyez sur rien d’autre que sur le sang de Jésus-Christ ; ne résistez pas une heure de plus, mais donnez vos cœurs à Christ, donnez-lui les premiers-nés du troupeau ; venez à lui maintenant, de peur qu’il ne vous retranche avant que vous soyez préparés, et que votre âme ne soit envoyée dans cette fosse d’où il n’y a point de rédemption.

Ne chancelez pas, mais donnez-lui ce qu’il désire, vos cœurs ; c’est le cœur que le Seigneur Jésus-Christ demande ; et quand ce même Jésus aura opéré dans vos cœurs un principe intérieur, alors vous sentirez la douceur et le plaisir de la communion avec Dieu. Oh ! considérez, mes frères, l’amour du Seigneur Jésus-Christ, qui est mort pour vous ; et êtes-vous résolus à mépriser son amour mourant ? Ce sont vos péchés qui ont fait descendre Christ du ciel, et je prie humblement le Seigneur qu’ils ne soient pas le moyen de vous envoyer en enfer. Quel langage vous fera quitter vos péchés et venir à Christ ? Oh ! si seulement je le savais ! Et s’il était en mon pouvoir de vous donner cette grâce, pas un d’entre vous, pas même le plus grand moqueur qui soit ici, ne sortirait d’ici sans avoir été changé d’une vie naturelle en une vie spirituelle ; alors, alors nous nous réjouirions, et nous goûterions ensemble une douce intimité ; mais tout cela n’est pas en mon pouvoir ; je vous dis cependant où vous pouvez l’obtenir, c’est auprès du Seigneur Jésus ; il vous la donnera, si vous la lui demandez, car il nous a dit : « Demandez, et vous recevrez » ; demandez-la-lui donc, et si vous êtes repoussés encore et encore, suppliez-le davantage, et il sera pour vous ce qu’il fut pour la pauvre femme syro-phénicienne, qui vint à Christ à cause de sa fille ; et si elle fut si importune auprès de lui pour un corps, combien plus devrions-nous être pressants pour nos âmes ? Si vous le cherchez avec foi, sa réponse sera pour vous ce qu’elle fut pour elle : « Ta foi t’a sauvée, qu’il te soit fait comme tu veux ».

Oh ! ne cessez pas de chercher le Seigneur ; ne négligez pas, je vous en conjure, les occasions qui pourront vous être offertes pour le salut de vos âmes ; n’abandonnez pas vos assemblées, afin d’édifier, d’affermir et de fortifier ceux qui sont faibles dans la foi ; afin de convaincre les pécheurs, pour qu’ils sentent la puissance de Dieu leur percer le cœur, et qu’elle les fasse s’écrier : « Que nous faut-il faire pour être sauvés ? »

Le diable et ses agents ont leurs clubs de débauche et leurs sociétés d’ivrognerie ; ils n’ont pas honte d’être vus et entendus faisant les œuvres du diable, leur maître ; ils n’ont pas honte de le proclamer ; et assurément vous n’avez pas honte du Seigneur Jésus-Christ ; vous osez proclamer ce Jésus qui est mort afin que vous viviez, et qui vous reconnaîtra devant son Père et devant tous les saints anges. Osez donc être singulièrement bons ; ne craignez pas la face de l’homme ; que toutes les menaces des hommes de ce monde ne vous ébranlent pas ; qu’est-ce que la perte de toute la grandeur, de tout le plaisir ou de toute la réputation de cette vie, comparée à la perte du ciel, de Christ et de vos âmes ? Et quant aux outrages du monde, n’y prenez pas garde ; quand on vous injurie, ne rendez jamais, jamais l’injure ; ne rendez point injure pour injure ; mais que l’amour, la bonté, la douceur, la patience, la longanimité se trouvent en vous, comme ils se trouvaient dans le bienheureux Jésus ; c’est pourquoi, je vous en conjure, ne négligez pas de vous réunir souvent, et de vous raconter les uns aux autres quelles grandes choses Jésus-Christ a faites pour vos âmes.

Je ne vous encourage pas maintenant, comme les pharisiens disent que je le fais, à quitter vos vocations légitimes et vos affaires, où Dieu, par sa providence, vous a placés ; car vous avez deux vocations, l’une générale et l’autre particulière ; c’est votre devoir de prendre soin de vos familles, et si vous les négligez sous quelque prétexte que ce soit, comme d’aller à l’église ou aux sociétés, vous êtes hors de la voie de votre devoir, et vous offrez à Dieu ce qu’il ne vous a pas commandé. Mais alors, mes frères, vous devez prendre garde que les choses de cette vie ne vous empêchent pas de vous préparer pour celle qui est à venir ; que les affaires du monde ne vous fassent pas oublier vos âmes ; mais que dans toutes vos actions morales, dans les affaires de la vie, tout soit fait en vue de la gloire de Dieu et du salut de vos âmes.

La nuit approche, et m’oblige à me hâter de conclure ; quoiqu’il me semble que je pourrais parler jusqu’à ce que ma langue s’attache à mon palais, oui, jusqu’à ce que je ne puisse plus parler, s’il s’agissait de sauver vos âmes des griffes de celui qui cherche à vous dévorer.

Laissez-moi donc vous conjurer, en tout amour et toute compassion. Considérez, vous qui êtes pharisiens ; vous qui ne voulez pas venir à Christ, mais qui vous confiez en vous-mêmes pour la justice ; qui pensez que, parce que vous menez une vie civile, honnête et décente, tout ira bien à la fin ; mais laissez-moi vous dire, ô pharisiens, que les prostituées, les meurtriers et les voleurs entreront dans le royaume de Dieu avant vous. Ne vous flattez pas d’être dans le chemin du ciel, quand vous êtes dans le large chemin de l’enfer ; mais si vous voulez rejeter votre justice et venir à Christ, et consentir à laisser Jésus-Christ tout faire pour vous et en vous, alors Christ veut bien être votre Sauveur ; mais si vous apportez vos bonnes œuvres avec vous, et pensez être justifiés à cause d’elles, vous pourrez chercher à être justifiés par elles éternellement, et ne jamais être justifiés ; non, c’est seulement le sang de Jésus-Christ qui nous purifie de la fange et de la souillure de tous nos péchés ; et vous devez être sanctifiés avant d’être justifiés. Quant aux bonnes œuvres, nous sommes justifiés devant Dieu sans aucun égard à elles, qu’elles soient passées, présentes ou à venir : quand nous sommes justifiés, les bonnes œuvres suivent notre justification, car nous ne pouvons faire aucune bonne œuvre jusqu’à ce que nous soyons purifiés de notre souillure par la sanctification de l’Esprit de Dieu.

Ô moqueurs, venez et voyez ce Jésus, ce Seigneur de gloire que vous avez méprisé ; et si seulement vous voulez venir à Christ, il voudra bien vous recevoir, malgré toute la persécution que vous avez exercée envers ses membres. Toutefois, si vous êtes résolus à persister dans votre obstination, souvenez-vous que le salut vous a été offert, que Christ et la grâce gratuite vous ont été proposés ; mais que vous avez refusé d’accepter l’un ou l’autre, et que c’est pourquoi votre sang vous sera redemandé de votre propre main.

Je vous dirai seulement ceci : quel que soit votre mépris pour moi ou pour mon ministère, je n’y prendrai pas garde, mais je vous montrerai souvent votre danger, et vous proposerai le remède ; et j’aurai pour vous une ardente pitié, et je prierai pour vous, afin que Dieu vous montre votre erreur, et vous ramène dans sa bergerie, et que, de lions ravisseurs, vous deveniez de paisibles agneaux.

Et quant à vous, ô mes frères, qui désirez choisir Christ pour votre Seigneur, et éprouver sa puissance sur vos âmes, et qui ne trouvez pas que vos désirs et vos prières soient exaucés : continuez, et Christ se manifestera à vous, comme il ne se manifeste pas au monde ; vous serez amenés à voir et à sentir cet amour de Jésus dans vos âmes ; vous aurez un témoin dans votre propre sein que vous êtes au Seigneur ; ne craignez donc point, le Seigneur Jésus-Christ vous rassemblera avec ses élus, quand il viendra, en ce grand jour des comptes, juger chacun selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps ; et oh ! que la pensée d’avoir à répondre à Dieu de toutes nos actions nous rende plus attentifs aux conséquences qui l’accompagneront !

Et maintenant laissez-moi m’adresser à vous tous, grands et petits, riches et pauvres, tous ensemble, pour que vous acceptiez la miséricorde et la grâce pendant qu’elles vous sont offertes. Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut ; et ne l’accepterez-vous pas, maintenant qu’il vous est offert ? Ne résistez pas un instant de plus ; mais venez, et acceptez Jésus-Christ selon sa propre voie, et alors vous serez enlevés au dernier jour, et vous serez avec lui aux siècles des siècles ; et assurément cela devrait vous faire désirer d’être avec ce Jésus qui a tant fait pour vous, et qui intercède maintenant pour vous, et vous prépare des demeures ; où puissions-nous tous arriver, et nous asseoir avec Jésus pour toute l’éternité !

Ce que Dieu veuille accorder dans son infinie miséricorde, etc.

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