Chapitre 16 · 21 min de lecture · 28 min d’écoute
La célébration de la naissance de Christ, devoir de tous les chrétiens ; ou la vraie manière de garder Noël
Matthieu 1:21 — « Et elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
La célébration de la naissance de Christ a été regardée comme un devoir par la plupart de ceux qui font profession du christianisme. Quand nous considérons la condescendance et l’amour du Seigneur Jésus-Christ, qui consentit à naître d’une vierge, pauvre créature pécheresse ; et surtout quand nous pensons qu’il savait comment il serait traité en ce monde : qu’il serait méprisé, raillé, et qu’à la fin il mourrait d’une mort douloureuse, honteuse et ignominieuse ; qu’il serait traité comme s’il était le rebut de tout le genre humain ; traité, non comme le fils de l’homme, et donc nullement comme le Fils de Dieu ; la considération de ces choses devrait nous faire admirer l’amour du Seigneur Jésus-Christ, qui fut si disposé à s’offrir lui-même en rançon pour les péchés du peuple, que, lorsque la plénitude des temps fut venue, Christ vint, né d’une femme, né sous la loi : il vint selon le conseil éternel du Père ; il vint, non dans la gloire ni dans la splendeur, non comme celui qui apportait avec lui tout le salut : non, il naquit dans une étable, et fut couché dans une crèche ; les bœufs furent ses compagnons. Ô étonnante condescendance du Seigneur Jésus-Christ, de s’abaisser pour l’amour de nous à des choses si basses et si pauvres ! Quel amour est-ce là, quel grand et merveilleux amour fut-ce là, que le Fils de Dieu vînt dans notre monde en une condition si humble, pour nous délivrer du péché et de la misère où nous avait plongés notre chute en nos premiers parents ! Et comme tout ce qui provenait des ruisseaux ne pouvait qu’être bourbeux, parce que la source l’était, le Seigneur Jésus-Christ vint prendre sur lui notre nature, mourir d’une mort honteuse, douloureuse et maudite pour l’amour de nous ; il mourut pour nos péchés, et pour nous amener à Dieu : il nous purifia par son sang de la culpabilité du péché, il satisfit pour nos imperfections ; et maintenant, mes frères, nous avons accès auprès de lui avec assurance ; il est médiateur entre nous et son Père offensé.
C’est pourquoi, si seulement nous considérons dans quel état et à quelle grande distance de Dieu nous sommes tombés ; combien notre nature était vile ; quelle dépravation était la nôtre, et combien nous étions incapables de rendre à nos âmes cette image de Dieu que nous avons perdue en nos premiers parents : quand je considère ces choses, mes frères, et que le Seigneur Jésus-Christ est venu nous rétablir dans cette faveur de Dieu que nous avions perdue, et que Christ n’est pas seulement descendu dans l’intention de le faire, mais qu’il a réellement accompli tout ce qui était dans son cœur envers nous ; qu’il nous a relevés et ramenés dans la faveur de Dieu, afin que nous trouvions bonté et miséricorde à ses yeux : assurément cela réclame de notre part quelque action de grâces envers notre cher Rédempteur pour cet amour et cette bonté envers nos âmes. Combien il aurait été juste de sa part de nous laisser dans cet état déplorable où nous nous étions plongés par notre culpabilité ! Car Dieu ne pouvait, et ne peut, recevoir aucun bien supplémentaire de notre salut ; mais ce fut l’amour, le pur amour ; ce fut un amour gratuit qui amena le Seigneur Jésus-Christ dans notre monde il y a environ 1700 ans. Quoi ! ne nous souviendrons-nous pas de la naissance de notre Jésus ? Célébrerons-nous chaque année la naissance de notre roi temporel, et celle du Roi des rois sera-t-elle entièrement oubliée ? Cela seul qui devrait être principalement gardé en mémoire sera-t-il entièrement oublié ? À Dieu ne plaise ! Non, mes chers frères, célébrons et gardons cette fête de notre Église avec la joie dans nos cœurs : que la naissance d’un Rédempteur qui nous a rachetés du péché, de la colère, de la mort, de l’enfer, soit toujours rappelée ; que l’amour de ce Sauveur ne soit jamais oublié ! Mais puissions-nous chanter tout son amour et toute sa gloire aussi longtemps que durera la vie ici-bas, et pendant une éternité sans fin dans le monde d’en haut ! Puissions-nous célébrer par nos chants les merveilles de l’amour rédempteur et les richesses de la grâce gratuite, parmi les anges et les archanges, les chérubins et les séraphins, sans relâche, aux siècles des siècles ! Et puisque, mes frères, le temps de garder cette fête approche, considérons notre devoir quant à la vraie manière de l’observer, quant à la bonne manière, pour la gloire de Dieu et le bien des âmes immortelles, de célébrer la naissance de notre Seigneur Jésus-Christ, événement qui devrait être en éternelle mémoire.
Mon dessein est de poser des règles pour garder véritablement ce temps de Noël qui approche maintenant.
I. Je vous montrerai quand on peut dire que vous n’observez pas cette fête comme il faut.
II. Je vous montrerai quand votre observation et votre célébration de cette fête se font selon la gloire de Dieu et selon la vraie manière de la garder.
III. Je conclurai par une exhortation à vous tous, grands et petits, riches et pauvres, les uns comme les autres, à veiller sur votre conduite en tout temps, mais plus particulièrement, mes chers frères, en cette occasion solennelle.
I. Mes frères, j’ai à montrer quand votre célébration de cette fête n’est pas de la bonne sorte.
Et Premièrement, vous ne la célébrez pas comme il faut lorsque vous passez la plus grande partie de votre temps aux cartes, aux dés, ou à des jeux de hasard de quelque sorte que ce soit.
Ce temps-ci n’accorde pas plus qu’un autre la permission de gaspiller votre temps précieux en ces divertissements illicites. Les gens sont portés à se flatter qu’ils sont libres de passer maintenant des soirées entières aux cartes, aux dés, ou à n’importe quel divertissement, pour tuer, comme ils disent, une soirée ennuyeuse. Ils sont prêts maintenant à tout faire pour tuer ce qui s’enfuit aussi vite que la pensée : le temps a toujours des ailes ; il n’est pas plus tôt présent qu’il est passé, pas plus tôt venu qu’il s’en est allé. Et avons-nous tant à faire, et si peu de temps pour le faire, et nous plaignons-nous pourtant que le temps nous pèse sur les bras ? N’avons-nous pas le diable et la bête à chasser de nos âmes ? Notre nature n’est-elle pas à changer, nos corruptions à dompter, notre volonté à ramener à Dieu, nos cœurs durs à amollir, toutes les choses anciennes à faire disparaître, et toutes choses à devenir nouvelles dans nos âmes ? N’y a-t-il pas tout cela à faire ? Et pourtant nous avons trop de temps sur les bras ! Il est à souhaiter qu’au lieu d’avoir eu trop de temps, nous ne trouvions pas que nous en avons eu trop peu quand nous viendrons à mourir : alors nous souhaiterons, mes frères, d’avoir fait plus de cas de notre temps, de l’avoir mis à profit pour la gloire de Dieu et le bien de nos âmes immortelles.
Bon Dieu ! qu’elle est étonnante, cette pensée que beaucoup peuvent aller à l’église le matin, et prendre la sainte cène, puis rentrer chez eux et passer l’après-midi et la soirée aux cartes ! Est-ce là, mes frères, discerner le corps du Seigneur ? Est-ce là prendre la sainte cène selon son institution ? N’est-ce pas là la profaner, et tenir pour une chose profane le sang de l’alliance ?
C’est pourquoi, vous qui en avez fait votre habitude par le passé, laissez-moi vous supplier, par les entrailles de la miséricorde, de ne plus le faire ; car, en vérité, c’est terrestre, c’est charnel, c’est diabolique. Considérez ce qui est dit de ceux qui mangent et boivent indignement à la table du Seigneur : qu’ils mangent et boivent leur propre condamnation ; et peut-on dire, mes frères, que ceux-là mangent et boivent autrement, qui ne sont pas plus tôt sortis de la table du Seigneur qu’ils courent aux divertissements du diable ? En vérité, cela est extrêmement coupable et déplaît au Seigneur ; abstenez-vous donc de ces divertissements qui sont si mauvais en eux-mêmes : oh ! qu’on ne vous trouve point dans ces exercices et dans ce plaisir où vous ne voudriez pas être trouvés quand vous viendrez à mourir. Ainsi, mes frères, vous voyez que ce n’est pas célébrer comme il faut la naissance du Seigneur Jésus que de passer ce temps aux cartes, aux dés, ou à tout autre divertissement qui procède si directement du diable et qui ruine toute vraie piété.
Secondement, On ne peut dire qu’ils célèbrent véritablement ce temps, ceux qui le passent à manger et à boire avec excès.
C’est un temps où les gens sont portés à se livrer à toutes sortes de luxe : l’iniquité abonde maintenant à grands pas ; on ne voit presque rien que des choses de la plus grande extravagance imaginable ; non seulement pour les besoins du corps, mais pour le choyer dans la convoitise, pour nourrir ses vices, pour le faire avancer dans le péché, pour servir à satisfaire notre appétit charnel ; et c’est là un moyen de nous faire oublier le Seigneur de gloire. Cela ne nous rend propres qu’à faire les besognes serviles auxquelles le diable voudra nous employer ; ce n’est que se préparer à courir partout où le diable nous envoie : au lieu de renoncer à nous-mêmes, c’est nous complaire en nous-mêmes ; ce n’est pas, et cela ne peut être appelé, une célébration de la naissance de notre Seigneur Jésus-Christ, quand nous nous rendons pires que les bêtes qui périssent.
Je ne parle pas contre le fait de manger et de boire des bonnes choses de la vie, mais contre le fait d’en manger et d’en boire avec excès, parce qu’ainsi elles nous rendent impropres au service de Dieu ; elles nous rendent insociables envers nos semblables, et peuvent nous rendre coupables de dire et de faire des choses auxquelles nous aurions honte de penser, si nous n’avions mangé ou bu qu’avec modération.
C’est pourquoi, mes chers frères, laissez-moi vous supplier de veiller sur vous-mêmes ; prenez garde de ne pas vous jeter dans une compagnie qui pourrait vous tenter au mal ; car un homme se jetterait-il exprès dans le danger ? Un homme entrerait-il dans une compagnie où, avant même d’y aller, il sait qu’il sera exposé à de grandes tentations ? C’est pourquoi, si vous avez quelque raison de penser que la compagnie où vous allez sera pour vous une tentation, je vous en supplie, par les compassions de Dieu en Jésus-Christ, ne vous y jetez pas.
Comment pouvez-vous dire : « ne nous induis pas en tentation », quand vous êtes résolus à vous y induire vous-mêmes, en courant au-devant des occasions de péché ? Il vous est commandé de vous abstenir de toute apparence de mal ; et le faites-vous en courant vers le lieu et la compagnie où il risque d’être commis ? Non, c’est si loin de l’éviter et de le fuir que c’en est une preuve manifeste du contraire ; c’est pourquoi, si vous tenez à observer ce temps, cette fête de notre Église, que ce ne soit pas en vous livrant à l’excès ; car vous voyez clairement que ceux qui s’en rendent coupables ne peuvent être dits la célébrer vraiment.
Troisièmement, On ne peut pas non plus dire, mes frères, qu’ils gardent ou qu’ils observent comme il faut la commémoration de la naissance de notre Rédempteur, le Seigneur Jésus-Christ, ceux qui négligent leurs vocations dans le monde pour courir après les plaisirs et les divertissements.
Hélas ! beaucoup, au lieu de garder ce temps comme il doit l’être, se précipitent avec avidité dans le péché ; au lieu de consacrer leur temps au Seigneur, ils ne le consacrent qu’au diable et à leurs propres convoitises. Combien de ceux qui emploient ainsi mal leur temps, en cette saison, mettent de côté le travail de leur vocation pendant un temps considérable, sans autre but que de courir après des plaisirs terrestres, charnels et diaboliques ! S’ils allaient entendre un sermon, ou se rendaient à une société religieuse, mes frères, la bouche de tous les pharisiens s’ouvrirait d’un coup contre eux : non seulement, dirait-on, ils vont se ruiner eux-mêmes, mais ils vont ruiner aussi leurs familles ; on juge inutile de faire tant d’embarras ; c’est être juste à l’excès ; mais vous pouvez être aussi méchants qu’il vous plaira, et ils ne crieront pas ; et quand vous êtes méchants à l’excès, en servant le diable et vos propres plaisirs pendant une semaine ou un mois d’affilée, alors, mes frères, à leurs yeux vous ne faites que prendre un peu de récréation, vous passez votre temps en divertissements innocents ; personne ne crie contre vous, on ne se récrie pas que vous allez vous ruiner. De même, si vous donnez la moindre petite somme aux pauvres du peuple de Dieu pour les soulager, alors vous dépouillez vos familles, alors vous allez devenir fous ! Et dans peu de jours vous serez si follement méthodistes que vous ne serez plus dignes de la conversation d’un gentilhomme poli ; mais si vous dépensez cent fois cet argent dans les théâtres, &c., pour vos convoitises et vos plaisirs, alors vous êtes aimés et estimés comme un bon ami et un bon compagnon ; mais, mes chers frères, ces bons compagnons au jugement du monde ne le sont jamais au jugement du Seigneur Jésus-Christ. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. Il faut que vous perdiez vos convoitises, vos plaisirs et vos délices, ou vous ne pouvez espérer trouver grâce devant Dieu ; car en vérité, en vérité, les voies que trop de gens suivent en ce temps sont coupables, oui, elles sont extrêmement coupables. Vous voyez qu’on ne peut dire qu’ils célèbrent ce saint temps, ceux qui emploient si mal leur temps précieux au détriment de leurs familles ; ceux-là se perdent eux-mêmes, et de belle manière.
Ainsi, mes chers frères, je vous ai montré quels sont ceux qui n’observent pas cette sainte fête.
II. J’en viens maintenant, en second lieu, à vous montrer quels sont ceux qui observent comme il faut et qui célèbrent véritablement la naissance de notre Rédempteur.
Et je vous montrerai qui ils sont en deux points, directement opposés aux autres ; et alors, mes frères, faites votre choix : il vous faut choisir l’un ou l’autre ; il n’y a pas de milieu, il vous faut servir ou l’Éternel ou Baal ; c’est pourquoi, mes chers frères, laissez-moi vous prier de considérer,
Premièrement, Que ceux-là emploient bien leur temps et observent véritablement cette fête, qui passent leurs heures à lire, à prier, et dans des entretiens religieux.
Que pouvons-nous faire pour employer notre temps à un but plus noble que de lire ce que notre cher Rédempteur a fait et souffert ; de lire que le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs descendit de son trône et prit la forme du plus humble de ses serviteurs ; et quelles grandes choses il endura ? Voilà, voilà une histoire qui vaut d’être lue ; voilà à quoi il vaut la peine d’employer notre temps ; et assurément, quand nous lisons les souffrances de notre Sauveur, cela devrait nous exciter à la prière, afin que nous ayons part au Seigneur Jésus-Christ ; afin que le sang qu’il répandit sur le mont Calvaire, et sa mort et sa crucifixion, fassent l’expiation de nos péchés, afin que nous soyons rendus saints ; afin que nous soyons rendus capables de dépouiller le vieil homme avec ses œuvres, et de revêtir l’homme nouveau, savoir le Seigneur Jésus-Christ ; afin que nous rejetions le joug pesant du péché, et que nous prenions le joug du Seigneur Jésus-Christ. En vérité, mes frères, ces choses réclament la prière, et une prière ardente ; et oh ! soyez ardents auprès de Dieu, afin d’avoir part à ce Rédempteur, et de revêtir sa justice, en sorte que vous ne paraissiez pas devant lui dans vos haillons souillés, et que vous ne soyez pas trouvés sans avoir l’habit de noces. Oh ! ne vous confiez pas, je vous en supplie, en vous-mêmes pour la justification ; vous ne pouvez, non, vraiment vous ne pouvez pas être justifiés par les œuvres de la loi. Je vous conjure de passer ainsi votre temps ; et si vous êtes en compagnie, que votre temps se passe dans une conversation qui profite : qu’elle ne roule pas sur votre toilette, vos spectacles, vos profits ou vos affaires du monde, mais qu’elle porte sur les merveilles de l’amour rédempteur : oh ! racontez, racontez-vous les uns aux autres quelles grandes choses le Seigneur a faites pour vos âmes ; déclarez-vous les uns aux autres comment vous avez été délivrés des mains de votre ennemi commun, Satan, et comment le Seigneur a retiré vos pieds de la boue et les a posés sur le Rocher des siècles, le Seigneur Jésus-Christ ; là, mes frères, on ne glisse point ; les autres conversations, à force de les répéter, vous deviennent pleinement familières, mais en Christ il y a toujours quelque chose de nouveau pour élever vos pensées ; la matière ne peut jamais vous manquer quand l’amour du Seigneur Jésus-Christ est le sujet : que Jésus soit donc, mes frères, le sujet de toutes vos conversations.
Que votre temps soit employé pour lui : oh ! c’est là, c’est là une occupation qui, si vous appartenez à Jésus, vous durera toute l’éternité. Que d’autres jouissent de leurs cartes, de leurs dés et de leurs heures de jeu ; vous, mes frères, que votre temps se passe à lire, à prier, et en entretiens religieux. Lequel des deux soutiendra le mieux l’épreuve au dernier jour ? Lequel, pensez-vous, apportera le plus de consolation, le plus de paix, à l’heure de la mort ? Oh ! vivez et passez maintenant votre temps comme vous souhaiterez l’avoir fait quand vous viendrez à mourir.
Secondement, Que les bonnes choses de la vie dont vous jouissez soient usées avec modération.
Je ne suis pas, comme vous le disent les moqueurs de ce temps, contre le fait de manger et de boire les bonnes choses de la vie ; non, mes frères, je suis seulement contre leur usage excessif ; c’est pourquoi, laissez-moi vous supplier d’éviter ces grandes indiscrétions, ces actions coupables qui donneront aux ennemis de Dieu l’occasion de blasphémer. Laissez-moi vous supplier de veiller, de veiller particulièrement à votre conduite en ce temps-ci ; car, en vérité, les yeux de tous sont fixés sur vous, et ils se réjouiraient fort de trouver quelque sujet de se plaindre de vous. Ils peuvent dire des choses contre nous sans cause ; et combien ne se réjouiraient-ils pas s’il y avait de quoi nous blâmer ? Alors ils triompheraient et se réjouiraient vraiment ; et tous vos petits faux pas, mes chers frères, me sont et me seraient imputés. Oh ! en ce temps où les yeux de tant de gens sont fixés sur vous, soyez sur vos gardes ; et si vous usez avec modération des bonnes choses de cette vie, alors vous célébrez cette fête de la manière que l’institution le demande.
Et au lieu de vous livrer à l’excès, que cet argent que vous pourriez dépenser à choyer vos propres corps soit donné pour nourrir les pauvres ; c’est maintenant, mes frères, la saison où ils ont communément besoin de secours ; et sûrement vous ne pouvez agir d’une manière plus convenable, soit à la saison, soit au temps, soit à la gloire de Dieu, qu’en secourant ses pauvres serviteurs dans la détresse. C’est pourquoi, si quelques-uns d’entre vous ont des amis ou des connaissances pauvres qui sont dans la détresse, je vous supplie de les assister ; et non seulement ceux de votre connaissance, mais les pauvres en général. Ô mes chers frères, cela vous sera porté en compte bien plus avantageusement un autre jour que tout ce que vous aurez dépensé pour satisfaire la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie. Considérez que Christ fut toujours disposé à secourir les affligés ; c’est aussi son commandement ; et pouvez-vous mieux commémorer la naissance de votre roi, de votre Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, qu’en obéissant à l’un de ses commandements ?
N’oubliez pas, mes chers frères, les pauvres de ce monde ; considérez que si la Providence vous a souri, et vous a bénis par l’abondance des choses de cette vie, Dieu réclame de vous quelque retour de reconnaissance ; souvenez-vous des pauvres ; et quand vous le ferez, alors on pourra dire que vous avez une vraie considération pour ce temps qui approche maintenant ; si vous voulez observer véritablement cette fête, qu’elle le soit avec modération, et avec égard pour les pauvres de ce monde.
Troisièmement, Laissez-moi vous prier de ne pas trop distraire de votre temps des affaires de cette vie, mais d’y avoir l’égard convenable ; et alors on pourra dire que vous observez comme il faut cette fête.
Dieu ne permet à personne d’être oisif : dans tous les âges le travail a été recommandé ; c’est pourquoi ne pensez pas qu’une saison quelconque nous dispense de nos vocations ; nous ne devons pas, mes frères, travailler pour les choses de cette vie d’une manière désordonnée, mais nous devons travailler pour elles avec toute modération : nous ne devons pas négliger nos vocations ; non, nous devons avoir égard à ces places et à ces conditions de la vie que Dieu, dans sa providence, a jugées convenables pour nous ; c’est pourquoi, quand vous négligez vos affaires au détriment de vos familles, quelque prétexte que vous en preniez, vous êtes coupables de péché ; vous n’agissez pas selon la doctrine de l’Évangile, mais vous transgressez les commandements du Seigneur Jésus-Christ, tant selon sa parole que selon son propre exemple.
À cette fête, les gens sont portés à prendre un peu plus de liberté qu’à l’ordinaire ; et si ce temps pris sur nos occupations ne porte préjudice ni à nous-mêmes ni à nos familles, et s’il est employé au service de Dieu et au bien des âmes immortelles, alors je ne pense pas qu’il soit coupable ; mais il n’y a que trop de raisons de craindre que ce temps ne soit passé à satisfaire nos propres convoitises, et alors il est extrêmement coupable, il est contre nos propres âmes, il est contre le bien de nos familles ; et au lieu de commémorer la naissance de notre cher Rédempteur, nous le déshonorons au plus haut degré qu’il nous soit possible.
C’est pourquoi, examinez rigoureusement votre fin et votre dessein dans l’emploi de votre temps ; voyez, mes frères, s’il procède d’un véritable amour pour votre Rédempteur, ou s’il n’y a pas au fond quelque plaisir ou quelque avantage du monde : s’il y en a, notre fin n’est pas droite ; mais s’il procède entièrement de l’amour pour celui qui est mort et qui s’est donné lui-même pour nous, nos actions en seront la preuve ; alors notre temps sera employé, non aux plaisirs polis de la vie, mais selon la doctrine et les commandements du bienheureux Jésus ; alors notre conversation sera dans le ciel ; et oh ! puisse-t-on trouver que telle est la fin de chacun de vous qui m’entendez maintenant ; alors nous observerions véritablement cette fête, et nous aurions un vrai égard à ce qui en est l’occasion, savoir la venue de Christ pour racheter les âmes de ceux qui étaient perdus.
Laissez-moi maintenant conclure, mes chers frères, par quelques mots d’exhortation, en vous suppliant de penser à l’amour du Seigneur Jésus-Christ. Jésus est-il venu dans le monde pour nous sauver de la mort, et n’emploierons-nous aucune partie de notre temps à nous entretenir de notre cher Jésus ? N’aurons-nous aucun égard à la naissance de celui qui est venu nous racheter du pire des esclavages, celui du péché et du diable ? Et ce Jésus ne serait-il pas seulement né à cause de nous, mais mort aussi à notre place, et pourtant l’oublierions-nous ? Passerons-nous notre temps en des choses qui l’offensent ? Ne ferons-nous pas plutôt tout ce que nous pouvons pour avancer sa gloire, et pour agir selon son commandement ? Ô mes chers frères, qu’on vous trouve dans les voies de Dieu ; n’affligeons pas notre cher Rédempteur par aucune conduite déréglée ; et laissez-moi vous supplier de vous efforcer de l’aimer, de le craindre, de l’honorer et de lui obéir plus que vous ne l’avez jamais fait encore ; que le diable n’accapare pas votre temps, tandis que ce cher Sauveur, qui est venu dans le monde à cause de vous, n’en aurait que si peu. Oh ! ne soyez pas si ingrats envers celui qui a été si bon pour vous ! Qu’est-ce que le Seigneur Jésus-Christ aurait pu faire pour vous de plus qu’il n’a fait ? N’abusez donc pas de sa miséricorde, mais que votre temps se passe à penser et à parler de l’amour de Jésus, qui s’est incarné pour nous, qui est né d’une femme, et né sous la loi, pour nous racheter de la colère à venir.
Maintenant à Dieu le Père, à Dieu le Fils, &c.
Chapitre 16 terminé
La célébration de la naissance de Christ, devoir de tous les chrétiens ; ou la vraie manière de garder Noël