Chapitre 15 · 34 min de lecture · 44 min d’écoute
La justice de Christ, une justice éternelle
Daniel 9:24 — « Et pour amener la justice éternelle. »
En lisant ces paroles, je ne puis m’empêcher de vous adresser le langage que les anges tinrent aux pauvres bergers qui gardaient leurs troupeaux pendant les veilles de la nuit : « Voici, je vous annonce une bonne nouvelle, le sujet d’une grande joie » ; une nouvelle telle que, si nous avons des oreilles pour entendre, des yeux pour voir, et si nos cœurs ont réellement fait l’expérience de la grâce de Dieu, elle doit nous faire nous écrier avec la Vierge Marie : « Mon âme exalte le Seigneur, Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur. » Les paroles que je viens de vous lire font partie de l’une des révélations les plus explicites qui aient été données de Jésus-Christ avant qu’il fît son entrée publique dans ce monde qui est le nôtre. Certains ont remarqué, et fort justement, que c’est une marque de la bonté divine envers ses créatures qu’il lui plaise de laisser la lumière se lever graduellement sur le monde naturel. Si le soleil, au sortir des ténèbres de minuit, venait à briller tout à coup de tout l’éclat de son midi, sa grande splendeur risquerait d’éblouir nos yeux et de nous rendre de nouveau aveugles ; mais il plaît à Dieu de faire venir la lumière peu à peu, et par ce moyen nous sommes préparés à la recevoir. Et comme Dieu se plaît à agir avec le monde naturel, ainsi a-t-il agi avec le monde moral, avec le monde spirituel. Le Seigneur Jésus-Christ ne parut pas dans toute sa gloire d’un seul coup ; mais comme le soleil se lève graduellement, ainsi le Seigneur Jésus, le Soleil de justice, se leva graduellement sur les hommes, avec la guérison sous ses ailes. De là vient que nos premiers parents n’avaient rien sur quoi fixer leur foi, sinon cette première promesse : « La postérité de la femme écrasera la tête du serpent. » Et dans les âges suivants, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, il plut à Dieu de parler à nos pères par les prophètes, avant de nous parler, dans ces derniers temps, par son Fils ; et les prophètes qui étaient plus particulièrement chers à Dieu reçurent, semble-t-il, des révélations plus particulières et plus extraordinaires touchant Jésus-Christ.
Il est évident, d’après les récits que nous en avons dans l’Écriture, que le prophète Daniel fut de ceux-là ; l’ange l’appelle non seulement « un homme aimé », mais « un homme bien-aimé », ou, comme porte la marge de vos Bibles, « un homme de désirs », de désirs vastes et étendus pour avancer la gloire de Dieu ; c’était un homme désirable, un homme qui fit beaucoup de bien dans sa génération, et c’est pourquoi sa vie devait être fort désirée de ceux qui aimaient Dieu. Les paroles que j’ai choisies pour sujet de notre présente méditation contiennent une partie d’une révélation faite à cet homme. Si vous remontez au commencement de ce chapitre, vous verrez à quoi le saint homme était occupé quand il plut à Dieu de lui donner cette révélation ; au verset 2 : « En la première année de son règne, moi, Daniel, je vis par les livres qu’il devait s’écouler soixante-dix ans pour les ruines de Jérusalem, d’après le nombre des années dont l’Éternel avait parlé à Jérémie, le prophète. » Daniel était un grand homme, et en même temps un homme de bien ; tout grand qu’il était, il ne se croyait pas, semble-t-il, au-dessus de la lecture de sa Bible ; il faisait de la Bible son étude constante ; car c’est la Bible que nous devons entendre par ce qui est appelé ici les livres, et ailleurs le livre de la vérité. Il découvrit que le temps de la délivrance du peuple de Dieu hors de la captivité était maintenant proche. Eh bien, on aurait pensé que Daniel n’avait donc pas besoin de prier ; mais cela, au lieu de le ralentir, l’anima dans ses prières : c’est pourquoi il nous est dit au troisième verset : « Je tournai ma face vers le Seigneur Dieu, afin de recourir à la prière et aux supplications, en jeûnant et en prenant le sac et la cendre. » Cela est admirablement exprimé : « il tourna sa face », comme s’il était résolu à ne jamais détourner les yeux de Dieu jusqu’à ce qu’il plût à Dieu de lui donner une réponse ; il était résolu, à la manière de Jacob, à lutter avec le Seigneur Dieu jusqu’à ce qu’il plût à Dieu de lui accorder la bénédiction désirée. Il nous est dit au quatrième verset qu’« il pria l’Éternel, et lui fit sa confession », non seulement de ses propres péchés, mais des péchés de son peuple. Et quand vous serez retirés d’ici dans vos maisons, avant de vous coucher, je vous recommande de lire cette prière ; chaque mot en révèle son extrême sollicitude pour le bien public. Il me faudrait trop de temps si je voulais faire sur cette prière les observations qu’elle mérite vraiment ; pour vous amener plus tôt aux paroles du texte, passons au vingtième verset, et vous y trouverez le succès que Daniel obtint dans sa prière. Il dit : « Je parlais encore, je priais, je confessais mon péché et le péché de mon peuple d’Israël, et je présentais mes supplications à l’Éternel, mon Dieu, en faveur de la sainte montagne de mon Dieu; je parlais encore dans ma prière, quand l’homme, Gabriel, que j’avais vu précédemment dans une vision, s’approcha de moi d’un vol rapide, au moment de l’offrande du soir. » La manière dont Daniel s’exprime est très expressive : « je parlais encore dans ma prière » ; ce qui signifie que Dieu nous permet, lorsque nous nous approchons de lui par la foi dans la prière, de déposer devant lui toutes nos plaintes ; il nous permet de lui parler et de nous entretenir avec lui comme un homme s’entretient avec son ami. Daniel, en ce moment aussi, faisait de la confession une partie de sa prière ; car nous ne sommes jamais, non jamais, mieux disposés à recevoir des réponses d’en haut que lorsque nous nous humilions devant le Seigneur. Il ne confessait pas seulement ses propres péchés, mais il confessait les péchés de son peuple ; il priait pour des gens qui peut-être priaient rarement pour eux-mêmes ; « je parlais encore dans ma prière, quand l’homme, Gabriel » : mot qui, interprété, signifie la force de Dieu ; nom très convenable, dit l’évêque Hall, pour l’ange qui devait venir apporter au monde la nouvelle du Dieu de force, le Seigneur Jésus-Christ. Cet ange est représenté ici comme volant, et volant rapidement, pour nous montrer combien ces esprits bienheureux sont disposés, indiciblement disposés, à apporter de bonnes nouvelles aux hommes. Et c’est pour cette raison, je suppose, que notre Seigneur nous enseigne à prier « que la volonté de Dieu soit faite par nous sur la terre comme elle est faite au ciel », afin que nous imitions un peu de cet empressement et de cette vigueur que les anges déploient lorsqu’ils sont envoyés en message pour Dieu.
Eh bien, il n’est pas seulement fait mention ici du vol rapide de l’ange, mais il est fait mention aussi du moment où il vint : « Il me toucha au moment de l’offrande du soir », c’est-à-dire vers trois heures de l’après-midi ; à ce moment-là, un sacrifice était offert à Dieu, et ce sacrifice était d’une manière particulière une figure du Seigneur Jésus, qui, au soir du monde, devait devenir un sacrifice pour les pécheurs. Il nous est dit au verset 22 quel message cet ange apporta : « Il m’instruisit, et s’entretint avec moi. Il me dit: Daniel, je suis venu maintenant pour ouvrir ton intelligence. Lorsque tu as commencé à prier, la parole est sortie, et je viens pour te l’annoncer; car tu es un bien-aimé. Sois attentif à la parole, et comprends la vision! » Ce passage, avec d’autres passages semblables de l’Écriture, a souvent consolé mon âme, et peut consoler le cœur de tout le peuple de Dieu. Il y en a beaucoup parmi vous, peut-être, qui ont prié et prié encore Dieu, et qui ne trouvent probablement aucune réponse : vous demandez un cœur élargi, vous demandez la consolation, vous demandez la délivrance ; il plaît à Dieu de la retenir pour un temps ; alors le diable intervient et dit : Dieu a repoussé tes prières, Dieu ne t’entendra jamais, Dieu ne fera jamais attention à toi, ne prie donc plus. Mais, mes chers amis, c’est une erreur ; mille ans sont devant Dieu comme un jour ; et le Seigneur Jésus nous a ordonné de « toujours prier, et ne point se relâcher ». Vos prières ont pu être entendues au moment même où elles sortaient de vos lèvres, quoiqu’il puisse ne pas plaire à votre Dieu (et qu’il puisse ne pas être bon pour vous) de vous faire savoir qu’elles sont entendues. « Lorsque tu as commencé à prier, la parole est sortie » ; et ce même ange, quelques centaines d’années plus tard, dit à Zacharie que sa prière avait été exaucée ; une prière pour quoi ? Une prière pour avoir un enfant : on ne saurait supposer que c’était au moment même où Zacharie priait pour un enfant ; mais sa prière, celle qu’il avait présentée quarante ans auparavant, il plut à Dieu de l’exaucer si longtemps après.
Mais poursuivons la déclaration de Gabriel, au verset 24 : « Soixante-dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sainte, pour faire cesser les transgressions et mettre fin aux péchés, pour expier l’iniquité et amener la justice éternelle. » Je n’ai pas l’intention de vous fatiguer de l’exposition critique de ces soixante-dix semaines ; les commentateurs sont extrêmement divisés sur ce sujet ; les uns les expliquent d’une manière, les autres d’une autre, et peut-être ne saurons-nous jamais avant le jour du jugement, avant ce jour glorieux dont parle le Nouveau Testament, lesquels ont raison. Mon intention est de m’arrêter sur cette partie particulière du message de l’ange, à savoir qu’une certaine personne devait faire pour le peuple de Dieu quelque chose d’ineffable, savoir « amener la justice éternelle ».
Si vous voulez savoir qui était la personne qui devait faire cela, regardez au verset 26, et vous y trouverez la personne mentionnée, le Seigneur Jésus-Christ : « après soixante-deux semaines, le Messie sera retranché, mais non pour lui-même » ; c’est lui la personne dont il est parlé ; c’est lui qui devait « mettre fin aux péchés, pour expier l’iniquité et amener la justice éternelle ».
À partir de ces paroles importantes, je m’efforcerai,
Premièrement, De vous montrer ce que nous devons entendre par le mot « justice ».
Secondement, Je m’efforcerai de vous montrer pour quelle raison la justice mentionnée dans le texte est appelée une « justice éternelle ».
Troisièmement, Je montrerai ce que nous devons entendre par « l’amener ». Et,
Puis je dirai un mot aux saints et aux pécheurs. Et pendant que je parle à vos oreilles, que Dieu, pour l’amour du Seigneur Jésus-Christ, parle à vos cœurs !
Premièrement, Expliquer ce que nous devons entendre par le mot « justice ». Si je demandais à certaines personnes ce que nous devons entendre par le mot justice ; si la personne était un arminien, ou un ennemi de la doctrine de la grâce gratuite, elle me répondrait qu’il signifie ce que nous appelons communément la probité morale, ou le fait de rendre justice entre l’homme et l’homme. Et, à la vérité, en divers passages de l’Écriture, le mot justice n’a pas d’autre sens ; du moins il porte ce sens-là. Je suppose que nous devons l’entendre en ce sens lorsqu’il nous est dit que Paul, prêchant devant Félix, « discourait sur la justice, sur la tempérance, et sur le jugement à venir ». Félix avait été un homme très injuste et inique ; c’est pourquoi, pour le convaincre de sa méchanceté, pour alarmer sa conscience, pour l’amener à chercher du secours dans le Seigneur Jésus, Paul ne lui prêcha pas seulement la tempérance (car Félix avait été un homme très intempérant), mais il lui prêcha la justice, la nécessité de rendre justice, parce qu’il avait été un homme injuste ; et il lui met devant les yeux le jugement à venir, afin de le faire fuir vers Jésus-Christ pour être délivré des funestes conséquences de ce jugement ; et il y a d’autres passages de l’Écriture où le mot justice peut être entendu en ce sens.
Il signifie aussi la sainteté intérieure, opérée en nous par le bienheureux Esprit de Dieu. Mais, je le crois, le mot justice dans mon texte signifie ce que, j’en ai la confiance, la plupart — je serais heureux de pouvoir dire tous — de ceux qui sont présents ce soir seront heureux d’entendre. Qu’est-ce donc ? C’est ce que tous les théologiens réformés qui ont la tête claire et le cœur pur appellent une justice imputée, c’est-à-dire la justice du Seigneur Jésus-Christ imputée aux pauvres pécheurs quand ils croient ; et si vous me demandez ce que j’entends par une justice imputée, non pour parler par-dessus vos têtes, mais plutôt, s’il plaît à Dieu de m’en rendre capable, pour atteindre vos cœurs, je vous dirai que par le mot « justice » j’entends tout ce que Christ a fait et tout ce que Christ a souffert ; ou, pour employer le terme dont se servent généralement les théologiens solides, « l’obéissance active de Christ et l’obéissance passive de Christ » ; mettez ces deux choses ensemble, et elles composent la justice du Seigneur Jésus-Christ. Mes chers amis, voici quelle était la situation entre Dieu et l’homme : au commencement, Dieu fit l’homme droit. Moïse nous en donne une description courte, mais jamais personne d’autre que lui n’a donné une description aussi complète de l’origine et de la nature de l’homme. « il le créa à l’image de Dieu », dit l’historien sacré, inspiré par l’Esprit de Dieu. Dieu dit, et la chose fut ; Dieu commanda, et le monde surgit devant lui : « Que la lumière soit! » et à l’instant même, voici, la lumière parut ; mais quand cette aimable, cette divine, cette bienheureuse créature, l’Homme, le seigneur de la création, le lieutenant de Dieu, devait être faite, Dieu tient conseil et dit : « Faisons l’homme à notre image. » Or, cette image doit s’entendre, sans aucun doute, de l’âme de l’homme ; car Dieu n’étant pas une substance corporelle, l’homme ne pouvait être fait à son image de cette manière-là. Eh bien, c’est dans cet état que Dieu fit l’homme. Adam se tenait comme notre représentant. Adam et Ève n’avaient à l’origine qu’un seul nom : « Dieu fit l’homme, et les appela du nom d’Adam. » Dieu laissa Adam à son libre arbitre ; il lui plut de faire alliance avec lui, ce qui est, à la vérité, un exemple étonnant de la condescendance de Dieu. Dieu aurait pu ordonner à l’homme de faire ceci ou cela, sans lui faire aucune promesse de récompense ; mais il plut au grand Créateur de lui promettre que, s’il rendait une obéissance sans péché, s’il s’abstenait de manger d’un certain arbre, lui et sa postérité vivraient éternellement ; mais que, s’il transgressait ce commandement, le jour où il en mangerait, lui et toute sa postérité mourraient. Or, je crois vraiment que si vous et moi avions été présents, quoi que certains puissent objecter contre la sévérité de Dieu qui nous impute le péché d’Adam, je crois, dis-je, que si vous et moi, et le monde entier, avions été présents, nous aurions souscrit de bon cœur à cet accord. Supposez que Dieu eût rassemblé toute la création et eût dit : « Vous, mes créatures, j’ai fait ici un homme à mon image ; j’ai soufflé en lui le souffle de vie, je l’ai fait devenir une âme vivante, je l’ai rempli de justice et d’une vraie sainteté ; il n’a pas le moindre penchant au péché ; seulement c’est une créature faillible et changeante ; tout ce que je demande à cet homme, c’est qu’il s’abstienne de cet arbre là-bas ; je lui ai donné tous les arbres du jardin, je l’ai fait, j’ai planté pour lui un jardin de ma propre main droite ; je désire qu’il s’abstienne de cueillir ce fruit-là ! Voulez-vous subsister ou tomber avec cet homme ? Voulez-vous qu’il soit votre représentant ? Consentez-vous à ce que son obéissance ou sa désobéissance vous soit imputée ? » Si nous avions tous été là, chacun de nous aurait dit : « Seigneur Dieu, nous voulons bien qu’il soit notre représentant » ; les conditions étaient si faciles, l’improbabilité de sa chute si extrêmement grande, que, je le crois, chacun de nous aurait mis la main à cette alliance. Et à supposer que nous eussions été vivants et que nous eussions consenti à cette alliance, quel est l’homme ou la femme qui pourrait trouver à redire à ce que Dieu nous impute le péché d’Adam ? Eh bien, mes amis, Dieu fit l’homme dans cet état ; le diable envia son bonheur ; certains supposent que l’homme fut créé pour remplir les places des anges déchus. Mais le diable envia l’homme, et reçut la permission de le tenter ; Ève eut bientôt étendu la main et cueilli du fruit défendu, et ensuite Adam transgressa aussi ; et dès ce moment même, pour employer les paroles de M. Boston, « le nom de l’homme fut I-Kabod », la gloire du Seigneur se retira de lui. Adam et Ève tombèrent alors ; vous, et moi, et toute leur postérité (qu’ils représentaient), nous tombâmes en eux. Le genre humain n’avait qu’un seul cou ; et Dieu aurait pu traiter le genre humain comme Caligula aurait voulu traiter Rome, selon ses propres paroles : « Je voudrais qu’elle n’eût qu’un seul cou, et je le trancherais d’un seul coup. » Dieu, s’il lui avait plu, aurait pu nous envoyer tous en enfer. Ici Calvin représente les attributs de Dieu comme luttant l’un contre l’autre ; la Justice disant à Dieu, puisque la Justice avait fixé la sanction : « La loi est-elle violée ? Damne le coupable, et envoie-le en enfer. » La miséricorde de Dieu, son attribut bien-aimé, s’écrie : « Épargne-le, épargne-le. » La sagesse de Dieu imagine un moyen par lequel la justice serait satisfaite, et la miséricorde pourtant triompherait encore. Comment cela ? Le Seigneur Jésus s’interpose, l’arbitre, le cher Rédempteur ! Il vit Dieu brandissant son épée flamboyante, et sa main saisissant la vengeance ; le Seigneur Jésus-Christ vit l’épée prête à être plongée dans le sang du coupable ; lorsque aucun œil ne pouvait avoir pitié, lorsque aucun ange ni aucun archange ne pouvait secourir, au moment même où Dieu allait, pour ainsi dire, porter le coup fatal, au moment même où le couteau était mis sur la gorge du coupable, le Fils de Dieu, le Logos éternel, dit : « Père, épargne le pécheur ; qu’il ne meure pas ; Père, Père, oh ! retiens ta main, retire ton épée, car je viens pour faire ta volonté ; l’homme a violé ta loi et transgressé ton alliance : je ne nie pas que l’homme mérite d’être damné pour toujours ; mais, Père, ce qu’Adam n’a pu faire, si tu veux me préparer un corps, moi, à la plénitude des temps, j’irai et je mourrai pour lui ; il a violé ta loi, mais j’irai et je la garderai, afin que ta loi soit honorée ; je rendrai à tous tes commandements une obéissance parfaite et sans péché ; et afin que tu puisses justifier des créatures impies, non seulement je descendrai et j’obéirai à ta loi, mais je descendrai et je verserai mon sang ; je descendrai et je mourrai : me voici ; je me placerai entre toi et les pécheurs, et je serai heureux que ton épée soit plongée pour eux dans le sang de mon cœur. »
À la plénitude des temps descend le Logos éternel : « Lorsque les temps furent accomplis, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sous la loi, afin de racheter de sa malédiction ceux qui étaient sous la loi, étant devenu malédiction pour nous. » Le Seigneur Jésus-Christ, revêtu de la nature humaine, accomplit toute justice ; il se soumit à toute institution de Dieu, et il lui plut d’obéir à toute la loi morale ; et ensuite — oh ! pouvons-nous y penser, oh ! pouvez-vous en entendre parler sans que votre cœur bondisse de joie ? — à la fin, le Seigneur Jésus versa son sang et mourut ! Et lorsqu’il était sur le point d’expirer, au moment même où il allait baisser la tête et rendre l’esprit, que pensez-vous qu’il dit ? Il dit : « Tout est accompli. » Comme s’il disait : « Maintenant l’œuvre ardue, la tâche difficile que j’avais entreprise, Dieu soit béni, est entièrement achevée ; toutes les exigences de la loi sont accomplies ; maintenant la justice de Dieu est satisfaite ; maintenant une route nouvelle et vivante est ouverte par mon sang jusqu’au lieu très saint pour les pauvres pécheurs. »
De sorte que, lorsqu’il est parlé ici de la justice de Christ, nous devons entendre « l’obéissance et la mort de Christ », tout ce que Christ a fait et tout ce que Christ a souffert pour un monde élu, pour tous ceux qui croiront en lui. Et que Dieu soit béni pour cette justice ! Que Dieu soit béni pour l’épithète que le texte donne à cette justice ; on aurait pu l’appeler une justice bienheureuse, on aurait pu l’appeler une justice glorieuse, on aurait pu l’appeler une justice inestimable ; mais l’ange l’appelle une justice éternelle : Dieu vous donne d’en recueillir la consolation !
Secondement, J’ai à montrer pour quelle raison cette justice est appelée ici une justice éternelle ; et, je vous prie, pourquoi pensez-vous que la justice de Christ soit appelée une justice éternelle ?
Je suppose qu’elle est appelée une justice éternelle,
Premièrement, Parce que le grand Dieu avait destiné la justice de Christ à s’étendre au genre humain dès l’éternité. Vous savez tous que le vieil amour est le meilleur amour. Quand nous avons une vieille connaissance, un ami qui nous aime depuis bien des années, cet amour-là est vraiment doux ; bien que nous puissions aimer de nouveaux amis, pourtant, quand un vieil ami et un nouvel ami se rencontrent, nous pouvons dire que le vieux est meilleur. Or, cela devrait nous rendre Dieu cher, de penser que de toute éternité Dieu a eu des pensées pour vous ; Dieu avait destiné le Seigneur Jésus-Christ à sauver vos âmes et la mienne ; de là vient que Dieu, pour se rendre cher à Jérémie, lui dit : Je t’aime d’un amour éternel. De là vient que le Seigneur Jésus, quand il appelle au ciel son peuple élu, dit : « Venez, vous qui êtes bénis de mon Père » ; que suit-il ? « prenez possession du royaume qui vous a été préparé » ; depuis quand ? « dès la fondation du monde. » Tout ce que nous recevons dans le temps, tous les ruisseaux qui viennent à nos âmes, ne sont qu’autant de courants qui découlent de cette source inépuisable, l’amour électif de Dieu, l’amour souverain de Dieu, l’amour discernant de Dieu, l’amour éternel de Dieu ; et c’est pourquoi la justice de Jésus-Christ peut à juste titre être appelée une justice éternelle, parce que Dieu l’a voulue de toute éternité.
Secondement, Elle est appelée une justice éternelle parce que l’efficace de la mort de Christ eut son effet aussitôt après la chute d’Adam. Le christianisme, en un sens, est aussi ancien que la création. Le grand professeur Franck, d’Allemagne, dit « que Christ est la somme et la substance de toute justice ». M. Henry observe « que le Seigneur Jésus-Christ est le trésor caché dans le champ de l’Ancien Testament, sous les types et les ombres de l’économie mosaïque ». Nous avons le Soleil de justice brillant de tout l’éclat de son midi dans l’économie du Nouveau Testament. Or, la justice de Jésus-Christ peut être appelée une justice éternelle parce que tous les saints qui ont été sauvés, ou qui seront jamais sauvés, sont tous sauvés par la justice de Christ. Beaucoup de gens censeurs sont fort curieux de savoir ce que deviendront les païens qui n’ont jamais entendu parler de Jésus-Christ. Je dirais à ces personnes ce que le Seigneur Jésus-Christ dit à un autre curieux : « que t’importe? Toi, suis-moi. » Je vous prie, pourquoi vous et moi nous inquiéterions-nous des païens ? Ne sommes-nous pas des païens ? Il n’est que trop vrai que nous gardons trop du caractère et de la conduite des païens. Mais pourquoi perdrions-nous notre temps à chercher ce que deviendront les païens, au lieu de chercher plutôt ce que deviendront nos propres âmes ? Nous pouvons être sûrs que Dieu traitera les païens selon leur lumière : s’il ne leur a donné aucune révélation, ils ne seront pas jugés par une révélation ; s’ils n’ont pas eu de loi, ils seront jugés sans loi. Mais quant aux Juifs et aux Gentils à qui l’Évangile a été révélé, quoi que les déistes puissent argumenter en sens contraire, quoiqu’ils puissent dresser la raison contre la révélation divine, nous pouvons être sûrs que nul n’a jamais été sauvé, ni ne sera sauvé, sinon par la justice de Christ. Ce fut par la foi en lui qu’Abel fut sauvé ; ce fut par le sacrifice de Jésus-Christ qu’Abraham fut agréé, et que tous les prophètes d’autrefois furent agréés ; et il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné par lequel nous puissions être sauvés, que celui de Christ. Et c’est pourquoi, puisque ceux qui étaient sous la loi et ceux qui sont sous l’Évangile ne doivent être sauvés que par Christ, la justice de Christ peut à juste titre être appelée une justice éternelle. Mais ce n’est pas tout.
Troisièmement, La justice de Jésus-Christ ne doit pas seulement être appelée une justice éternelle parce que tous ceux qui étaient sous la loi et tous ceux qui sont sous l’Évangile sont sauvés par elle, mais parce que son efficace — Dieu en soit béni ! — doit durer jusqu’à ce que le temps ne soit plus. Dieu soit béni pour Jésus-Christ ! L’efficace de son sang, de sa mort et de son expiation est aussi grande et aussi efficace aujourd’hui pour le salut des pauvres pécheurs qu’au moment où il baissa sa tête bénie et rendit l’esprit : « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement. » ; et quiconque croit en lui maintenant, quiconque vient à lui et l’accepte, verra maintenant sa puissance, goûtera sa grâce, et sera réellement sauvé par lui, de même que s’il avait été en compagnie de ceux qui le virent expirer.
Quatrièmement, La justice de Christ peut être appelée une justice éternelle parce que le bienfait en doit durer jusqu’à la vie éternelle. Certains, il est vrai, nous disent qu’une personne peut être en Christ aujourd’hui et aller au diable demain ; mais, Dieu soit béni, ce n’est pas ainsi que vous avez appris Christ ! Non, mes chers amis ; grâces soient rendues à Dieu pour ce texte divin : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. » Bien que le peuple de Dieu puisse faire de lourdes chutes, et que beaucoup soient pleins de doutes et de craintes, et disent : « je périrai un jour par la main de Saül » ; quelque harcelées que soient vos pauvres âmes, pourtant aucun méchant démon, ni votre propre cœur dépravé, ne pourra vous séparer de l’amour de Dieu : Dieu vous a aimés, Dieu a fixé son cœur sur vous, et ayant aimé les siens, il les aime jusqu’à la fin. Le Seigneur de vie et de gloire, le bienheureux Jésus, ne cessera jamais de vous aimer, jusqu’à ce qu’il vous ait aimés et amenés au ciel ; alors il se réjouira, et dira : « Me voici, ô mon Père, avec les chers enfants que tu m’as donnés ; tu me les as donnés ; ils étaient à toi, je les ai achetés de mon sang, je les ai conquis par mon épée et par mon arc, et maintenant je les porterai comme autant de joyaux de ma couronne. » C’est pourquoi la justice de Jésus-Christ peut être appelée une justice éternelle, parce que ceux qui l’ont une fois saisie et qui y ont part seront sauvés éternellement par Christ : « C’est Dieu qui justifie (dit saint Paul) ; Qui les condamnera? Christ est mort; bien plus, il est ressuscité. » Il lance un défi aux démons : « Ô mort, où est ton aiguillon ? Ô sépulcre, où est ta victoire ? Qui nous séparera de l’amour de Dieu ? J’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les dominations ni les puissances, ni aucune autre créature, ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » Ceux que Dieu justifie, il les glorifie aussi. Et parce que Christ vit, Dieu soit béni, nous vivrons aussi. Je ne sais ce que vous pouvez dire ; mais quoique j’aie, je l’espère, senti la grâce de Christ chaque jour pour une force nouvelle, comme si je n’avais jamais cru auparavant : et si je devais dépendre de ma propre fidélité, et non de la fidélité du Fils de Dieu, je suis sûr que j’abandonnerais bientôt le Seigneur Jésus-Christ. Mais gloire soit à Dieu, celui qui a fait la promesse est fidèle ! Gloire soit à Dieu, notre salut ne dépend pas de notre libre arbitre, mais de la grâce gratuite de Dieu ! Voilà un fondement sûr ; le croyant peut bâtir dessus ; que les tempêtes soufflent aussi longtemps et aussi fort qu’il leur plaira, elles pourront faire trembler la pauvre créature, mais, Dieu soit béni, elles ne pourront jamais l’arracher du fondement ; si elles peuvent l’ébranler, elles ne feront qu’en secouer sa corruption ; et je crois que tous ceux qui craignent Dieu seront heureux de s’en défaire. Pour toutes ces raisons, la justice de Christ peut être appelée une justice éternelle.
III. Il est dit dans mon texte que Jésus devait l’amener. Que devons-nous entendre par cette expression ? La promulgation et la proclamation que notre Seigneur en fit au monde. Il est vrai qu’elle fut apportée sous la loi, mais elle l’était alors sous des types et des ombres, et la plupart des Juifs ne regardaient pas plus loin. Mais Jésus-Christ a mis en évidence la vie et l’immortalité par l’Évangile. La lumière de Moïse n’était qu’un crépuscule ; la lumière de l’Évangile est comme le soleil en plein midi, brillant de tout son éclat. C’est pourquoi l’on peut dire que Jésus-Christ amène cette justice éternelle, parce qu’il l’a proclamée au monde, et qu’il a ordonné de prêcher que Dieu a envoyé son Fils dans le monde, afin que le monde soit sauvé par lui.
De plus, le Seigneur Jésus-Christ amena cette justice en ce qu’il l’accomplit pour les pécheurs sur la croix. Certains antinomiens, faute d’une distinction convenable, tombent dans une grave erreur, et nous disent : Parce que Dieu avait résolu de justifier par la justice de Jésus-Christ, l’homme est donc justifié de toute éternité ; ce qui est absurde : une personne ne peut être justifiée avant d’exister réellement ; c’est pourquoi, quoique l’homme soit justifié, en tant que la chose est dans la pensée de Dieu, de toute éternité, cette justice ne fut pourtant réellement amenée que lorsque le Seigneur Jésus-Christ prononça ces paroles bénies : « Tout est accompli » ; la grande consommation ! C’est alors que Jésus l’amena. Une route nouvelle et vivante devait être ouverte jusqu’au saint des saints, pour les pauvres pécheurs, par le sang de Christ. Mais je ne pense pas que l’expression « amener » doive être limitée à ce sens, quoique je suppose que ce soit le sens premier ; elle n’implique pas seulement que Christ l’a amenée dans le monde, en la promulguant, en la faisant écrire dans la Parole de Dieu, et en l’accomplissant pour les pécheurs dans sa vie et sur la croix ; mais il l’amène d’une manière qui, je prie Dieu, se réalisera ce soir ; je veux dire en l’amenant, par son bienheureux Esprit, dans le cœur des pauvres croyants. Tout ce que Christ a fait, tout ce que Christ a souffert, toute l’obéissance active de Christ, toute l’obéissance passive de Christ, ne nous servira de rien, à moins que, par l’Esprit de Dieu, cela ne soit amené dans nos âmes. Comme quelqu’un l’a dit : « Un Christ non appliqué n’est pas du tout un Christ. » Entendre parler d’un Christ mourant pour les pécheurs ne fera qu’accroître votre damnation, ne fera que vous enfoncer plus profondément en enfer, à moins que nous n’ayons lieu de dire, par une œuvre de grâce opérée dans nos cœurs, que le Seigneur Jésus nous a appliqué cela. De là vient que l’apôtre, parlant de Christ, dit : « qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. » Oh ! ce cher, ce grand, ce petit mais important mot : moi. Heureux ceux qui peuvent faire leur le langage de l’apôtre ! Heureux ceux qui peuvent l’appliquer à leur propre cœur, et qui, lorsqu’ils entendent que Christ a amené une justice éternelle, peuvent dire : Dieu soit béni, elle a été amenée par le bienheureux Esprit dans mon âme !
Y en a-t-il ici qui puissent me suivre dans cette doctrine ? Mais pourquoi poser cette question, alors que je prêche à un grand nombre qui, je l’espère, ont goûté depuis longtemps la grâce de Dieu ? Je ne sais pas, je ne puis vous distinguer ; vous êtes tout semblables aux autres gens quant à votre air et à vos vêtements ; mais si moi je ne vous connais pas, et si vos voisins ne peuvent vous connaître, ce grand Dieu en la présence duquel vous êtes vous connaît ; celui devant le tribunal duquel nous devons bientôt comparaître vous connaît. Si le Christ Jésus a amené sa justice éternelle dans votre cœur, si elle est appliquée à votre âme par l’Esprit de Dieu, que vous dirai-je ? Je vous dirai, comme l’ange à Jean : « Monte ici », enfant de Dieu ! Monte ici, fils, fille d’Abraham ! Viens te joindre à moi pour appeler les anges et les archanges, pour appeler les esprits des justes parvenus à la perfection, afin qu’ils t’aident à louer ce Rédempteur plein d’amour qui a amené une justice éternelle. Oh ! y eut-il jamais un amour pareil ! Quand Abraham allait offrir son fils, Dieu dit : « Je sais maintenant que tu m’aimes, puisque tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. » Maintenant chaque enfant de Dieu peut dire : « Maintenant, ô Dieu, je sais que tu m’as aimé, puisque tu n’as pas refusé ton Fils, ton cher Fils, le Seigneur Jésus-Christ, et que tu l’as livré à la mort pour moi. » Si tu as reçu Christ dans ton âme par la foi, oh ! regarde en avant, regarde vers une heureuse éternité ; oh ! regarde vers ces demeures éternelles dans lesquelles Dieu te fera entrer après la mort. Mes chers amis, je pourrais dire bien des choses à partir de ce texte pour consoler le peuple de Dieu. Mais
Il faut que je m’adresse à vous, pauvres âmes, qui ne pouvez pas dire que cette justice ait été appliquée à vos âmes ; mais si elle ne l’a jamais été auparavant, que Dieu, pour l’amour du Seigneur Jésus-Christ, l’applique maintenant ! Y en a-t-il parmi vous qui s’appuient sur une justice qui leur soit propre ? Y en a-t-il ici qui pensent se sauver par leurs propres œuvres ? Je vous dis, comme l’apôtre le dit à celui qui offrait de l’argent pour obtenir le pouvoir de conférer le don du Saint-Esprit : que votre justice périsse avec vous. Pauvres misérables créatures ! Qu’y a-t-il dans vos larmes ? Qu’y a-t-il dans vos prières ? Qu’y a-t-il dans vos œuvres pour apaiser la colère d’un Dieu irrité ? Sortez d’entre les arbres du jardin ; venez, coupables misérables, venez comme de pauvres créatures perdues, ruinées et misérables, et acceptez une justice meilleure que la vôtre. Comme je l’ai dit auparavant, je vous le redis : la justice de Jésus-Christ est une justice éternelle ; elle a été accomplie pour le premier des pécheurs. Vous tous qui avez soif, venez, et buvez gratuitement de cette eau de la vie. Y en a-t-il parmi vous qui soient blessés par le péché ? Y en a-t-il parmi vous qui sentent qu’ils n’ont aucune justice qui leur soit propre ? Y en a-t-il parmi vous qui périssent de faim ? Y en a-t-il parmi vous qui craignent de périr pour toujours ? Venez, chères âmes, avec tous vos haillons ; viens, pauvre homme ; viens, pauvre femme affligée ; vous qui pensez que Dieu ne vous pardonnera jamais, et que vos péchés sont trop grands pour être pardonnés ; viens, créature qui doutes, toi qui crains de ne jamais obtenir de consolation ; lève-toi, prends courage : le Seigneur Jésus-Christ, le Seigneur de vie, le Seigneur de gloire, t’appelle ; par sa justice, il y a de l’espérance pour le premier des pécheurs, pour la pire des créatures. Qu’importe que tu aies commis tous les péchés du monde ? Qu’importe que tu aies commis les péchés de mille hommes, qu’importe que tu aies commis les péchés d’un million de mondes ? La justice de Christ les couvrira, le sang du Seigneur Jésus-Christ te purifiera de la culpabilité de tous. Oh ! qu’aucune pauvre âme ne se tienne éloignée du Sauveur. Mes chers amis, si ma voix pouvait tenir, si mes forces égalaient ma volonté, je lutterais avec vous ; je combattrais à force d’arguments jusqu’à ce que vous veniez vous laver dans ce sang de l’Agneau, jusqu’à ce que vous veniez accepter cette justice éternelle. Oh ! venez, venez ! Maintenant, puisqu’elle a été amenée dans le monde par Christ, ainsi, au nom, dans la force et avec l’assistance du grand Dieu, je l’apporte maintenant dans cette chaire ; j’offre maintenant cette justice, cette justice gratuite, cette justice imputée, cette justice éternelle, à tous les pauvres pécheurs qui voudront l’accepter. Pour l’amour de Dieu, acceptez-la ce soir : vous ne savez pas si vous ne mourrez pas avant demain. Comment savez-vous si, pendant que je parle, une attaque d’apoplexie ne vous saisira pas, et si la mort ne vous arrêtera pas ? Ô mes chers amis, où pouvez-vous aller ? Où paraîtrez-vous ? Comment subsisterez-vous devant un Dieu irrité, sans que la justice du Seigneur Jésus-Christ ait été mise sur vos âmes ? Pouvez-vous subsister dans vos propres haillons ? Oserez-vous paraître devant un Dieu qui sonde les cœurs, sans le vêtement de votre frère aîné ? Si vous le faites, je connais votre sort : Christ, d’un regard, vous précipitera en enfer : « Retirez-vous, retirez-vous, maudits, allez dans le feu éternel », tel sera votre partage. Pensez donc, je vous prie, à ces choses ; rentrez chez vous, rentrez chez vous, rentrez chez vous, priez sur ce texte, et dites : « Seigneur Dieu, tu as amené une justice éternelle dans le monde par le Seigneur Jésus-Christ ; par ton bienheureux Esprit, amène-la dans mon cœur ! » Alors, mourez quand vous voudrez, vous êtes en sûreté ; que ce soit demain, vous serez immédiatement transportés en la présence du Dieu éternel : que cela sera doux ! Heureux ceux qui ont revêtu cette robe ; heureux ceux qui peuvent dire : « Mon Dieu m’a aimé, et je serai aimé de lui d’un amour éternel ! » Que chacun de vous puisse le dire, Dieu veuille l’accorder, pour l’amour de Jésus-Christ, le cher Rédempteur ; à qui soit la gloire à jamais. Amen.
Chapitre 15 terminé
La justice de Christ, une justice éternelle