Chapitre 7 · 39 min de lecture · 50 min d’écoute
Le journal, quatrième partie
Mais, dans l’affliction, elle jouissait de la grâce de l’Esprit ; et, en mai 1834, nous nous séparâmes comme pour l’éternité, et j’espère la retrouver là où il n’y aura plus de séparation, où aucun de nous ne serrera plus la main de l’adieu, car nous avons connu ensemble une douce communion dans les exercices spirituels. Cher lecteur, ne pensez pas que je m’en aille au ciel comme en pantoufles dorées, car j’ai bien des épreuves à affronter en parcourant ce vaste monde ; mais je me sens prête à souffrir pour la cause de Dieu, après quoi je retrouverai (si je suis fidèle) beaucoup de mes amis qui ont communié avec moi dans l’Esprit, là où jamais, jamais plus nous ne serrerons la main de l’adieu — telles sont les consolations dans l’affliction que décrit l’Apocalypse, au chapitre 12, verset 11 : Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort. Et tandis que ma plume avance, mon âme se réjouit en Dieu, mon Rédempteur. Ma mission remplie, je quittai mes amis dans la joie. Je fis voile vers la ville de Détroit, à 18 milles, puis je dis adieu aux rives britanniques, sans savoir si j’y remettrais jamais le pied. Je fus aimablement reçue, en territoire américain, par une famille respectable de Cincinnati, un certain M. D⸺. Je sentis que j’avais une œuvre à accomplir dans cette partie de la vigne de Dieu. J’arrivai le mardi, et le jeudi soir nous eûmes une réunion réconfortante au lieu habituel. Je trouvai beaucoup d’encouragement à travailler pour le Seigneur, et bien des impressions furent produites dans l’esprit des auditeurs. Le soir qui précéda mon débarquement, je vis quelque chose de l’affliction que l’Amérique inflige aux gens de couleur : émeutes, vols et destructions. Malheur à la terre et à la mer! Car le diable est descendu vers vous. Le sabbat suivant, à 10 heures du matin, je prêchai de nouveau, puis je conduisis la classe — un temps vraiment vivifiant pour l’âme — ; à 7 heures du soir, je prêchai encore, et la maison fut pleine à déborder, trop petite pour contenir les gens. Voici le texte : Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage. Alors viendra la fin. Après quoi nous nous rendîmes à une réunion de prière que tenait le pasteur en poste dans l’église des Blancs, et elle fut vraiment réconfortante. Le sabbat suivant, on m’avait fixé un rendez-vous du côté britannique, dans une maison d’habitation ; mais, comme elle ne suffisait pas à contenir les gens, les méthodistes épiscopaux ouvrirent leur salle de réunion, plus grande, qui fut bien remplie de fidèles de diverses dénominations. Texte : saint Jean, chapitre 1, verset 45. Le Seigneur toucha ma langue comme d’un charbon ardent pris sur son autel, et nous eûmes un bon moment, comme venu de la main du Seigneur ; et les amen des prédicateurs, des anciens et des conducteurs vinrent grossir le chant de la réjouissance. Gloire à Dieu, nous avions tout en commun. Mais alors, sentant ma mission achevée, j’attendis la première occasion et pris passage pour Buffalo. Trois cent soixante milles sur le lac Ontario, et je dois dire que ce fut la traversée la plus pénible que j’aie jamais faite : bien que le bateau fût spacieux, on y traitait les gens de couleur avec beaucoup d’indifférence quant à leur installation, tout en leur faisant payer un prix élevé ; j’avais, pour ma part, payé 4,50 dollars. Après deux jours et deux nuits d’une pénible navigation, nous arrivâmes au quai de Buffalo vers six heures du matin. Six ans s’étaient écoulés depuis mon premier passage à Buffalo, mais pendant mon absence bien des changements étaient survenus : j’avais perdu quelques-uns de mes amis particuliers, par la mort et par d’autres causes de départ. Mais je trouvai une certaine Mme Davis, qui était vraiment une grande amie du peuple de Dieu. Je sentis véritablement ma mission dans cette partie de sa vigne — il y avait quelques méthodistes épiscopaux, mais aucune société établie. La dénomination baptiste rassemblait la majorité des gens ; ils ouvrirent leurs lieux de culte, et je prêchai et tins des réunions de prière trois ou quatre fois parmi eux, avec un succès considérable. J’eus aussi le plaisir d’assister à une réunion d’une société antiesclavagiste, où j’entendis des discussions fort habiles sur les droits des opprimés, et aussi de claires démonstrations de la cruauté du propriétaire d’esclaves, qu’un jeune homme du nom de L⸺ exposa dans toute son horreur ; mais il rencontra une vive opposition de la part du juge de la ville, après quoi le jeune homme se leva une seconde fois, et il sembla que rien n’échappait à ses révélations. Vers ce temps-là, j’avais écrit de Buffalo à Philadelphie (car l’Esprit m’avait montré que mon fils avait embrassé la religion) pour savoir ce qu’il en était, puisque je me trouvais à quelques centaines de milles de chez moi ; et je reçus une réponse satisfaisante, une lettre de sa propre main, qui expliquait sa conviction de péché — la durée de la détresse de son esprit — dont la violence l’avait poussé à chercher l’occasion de mettre fin à ses jours ; mais, au moment de passer à l’acte, la voix de l’Esprit lui dit d’essayer de prier encore une fois, ce qu’il consentit à faire, tout en cachant aux gens son intention, que le diable lui avait suggérée, de s’ôter la vie, et tout serait fini. Dans cette extrémité, ce fut l’occasion de Dieu, par cet acte d’obéissance, de convertir son âme, après l’avoir jeté à terre comme un Saul de Tarse ; et il se tient maintenant comme un témoin vivant que Dieu a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés.
Ô lecteur, vous ne pouvez qu’imaginer la joie de mon cœur devant de telles paroles venant de mon fils unique, que Dieu, semblait-il, m’avait laissé comme une consolation pour ma vieillesse ; d’autant plus que je n’avais reçu de lui aucune nouvelle depuis huit mois, et qu’il était alors très malade, ce qui rendait ma croix bien lourde. Mais je me confiais en Dieu, bien que je m’attendisse à apprendre sa mort quand j’apprendrais quelque chose ; or, à genoux chez un frère et une sœur L⸺, pendant la prière en famille, ces choses me furent montrées par révélation de l’Esprit, ce qui me fit me relever et m’écrier à haute voix : Le Seigneur a converti l’âme de mon fils ! Sur quoi il y eut des cris de joie dans toute la pièce ; puis vint la lettre, écrite de sa propre main, pour en témoigner. Je ne savais comment louer assez le Seigneur, et pour une autre raison encore, quand je pensais que Dieu m’avait accordé ce que je lui demandais depuis les jours de son enfance, tandis que je parcourais les étendues désertes, les collines solitaires et les vallées sombres. Voilà ce que c’est que de se confier en Dieu, qui ne laisse pas passer inaperçues les prières de son peuple, mais qui s’est engagé à entendre et à répondre quand ils prient comme il faut. Mon âme, loue l’Éternel! Célèbre son nom.
Qu’avec joie Juda se tienne
Sur la colline élue de Sion,
Qu’il proclame les merveilles de ta main
Et les conseils de ta volonté.
Je commençai alors à sentir ma mission en quelque sorte accomplie quant à la distance, et je résolus donc de reprendre le chemin de la maison. Un frère et sa femme traversèrent les Lacs avec moi pour me tenir compagnie ; puis je pris le train et leur dis adieu. Je restai quelque temps à Rochester après mon arrivée ; mais, à ma tristesse et à ma surprise, une société qui, douze mois auparavant, était nombreuse et semblait prospère à tous égards, s’était presque éteinte — le prédicateur parti et le peuple dispersé, à l’exception d’un petit nombre de résolus, décidés à aller jusqu’au bout, et cela au risque de tout ce qu’ils possédaient ; et c’est auprès d’eux que je m’efforçai de remplir ma mission. Je parlai aussi pour les méthodistes wesleyens — ils me traitèrent avec une communion chrétienne. Notre Seigneur a dit : Ceux qui sont pour nous ne sont pas contre nous, ne les en empêchez pas — ce fut vraiment réconfortant. Il y avait de la semence au semeur et du pain à celui qui mange. Je m’arrêtai aussi à Palmyra, visitai les malades et m’efforçai par ailleurs de remplir ma mission. Il y avait quelque trouble au sujet d’une jeune esclave qu’on avait cachée et emmenée ; mais, pendant que nous étions au culte, le juge de paix se trouvait dans la maison, et tout parut calme. Après le service, l’assemblée se retira paisiblement — c’était le 6 août. Le lendemain, une dame de couleur paya une place pour elle et pour moi, et nous prîmes passage pour Canondagua, à 16 milles ; j’y trouvai une Église et un peuple prospères. Ils me reçurent aimablement — mon premier rendez-vous, à 11 heures, le sabbat matin ; la parole fit quelque impression, l’après-midi mieux encore ; le soir, Dieu fut son propre interprète, et le feu sacré se mit à courir, à la confusion du péché. J’eus plusieurs rendez-vous dans la semaine, tous aussi prospères. Bien que je sentisse mon incapacité, le témoignage d’une bonne conscience me fortifiait, même en terre étrangère ; et, avec Paul, je puis dire que je n’ai point honte de l’Évangile de Christ, car c’est une puissance de Dieu pour quiconque croit. Je pris ensuite la diligence pour Geneva ; ayant des recommandations pour ces petites villes ou villages, j’y trouvai quelques membres des méthodistes épiscopaux, ainsi que de la dénomination presbytérienne ; ils se montrèrent très amicaux et ouvrirent leur maison pour me recevoir — les messieurs de couleur des environs construisaient une maison où les missionnaires itinérants pourraient prêcher ; on me l’ouvrit, et je sentis une grande liberté en m’efforçant de travailler pour le Seigneur ; les larmes de contrition coulèrent librement ; une sœur de l’endroit me témoigna une grande hospitalité. Après avoir rempli trois rendez-vous, je partis le troisième jour de la semaine. Je pris la diligence pour Ithaca, ayant reçu une invitation du révérend H. J⸺, qui en avait la charge. J’arrivai vers 4 heures de l’après-midi et fus conduite chez l’ancien H. J⸺. Avant d’entrer dans la ville, je sentis, selon les mouvements de l’Esprit, que le Seigneur répandrait son Esprit sur le peuple, ce dont je me réjouis encore, dans l’espérance d’une meilleure résurrection. Nous nous réunîmes dans l’unité de l’esprit, et nous y demeurâmes avec humilité — les amis furent vraiment bons pour moi, depuis les nobles demeures aux vastes commodités jusqu’à l’humble chaumière d’habitants chrétiens. Mais un cœur humble vaut mieux qu’un sacrifice. La société était jeune, mais composée de gens très respectables et de citoyens utiles. Assemblées nombreuses, classe pleine de vie, et l’Esprit de Dieu nous visita en abondance, ce qui fit parler les gens avec une grande assurance dans le Seigneur. Bien que le labeur fût rude, le devoir rend le travail léger ; quelques rétrogrades furent ramenés, des pécheurs convertis et des croyants fortifiés, tandis que beaucoup se joignirent à l’Église, signe de quelque bien opéré au nom du saint enfant Jésus. Après quoi ma visite se termina dans la paix avec Dieu, la paix avec tous les hommes et le témoignage d’une bonne conscience. On me conduisit ensuite en voiture jusqu’au bateau à vapeur, et je pris passage pour Albany, traversant la rivière ou le lac Seneca, où les passagers rejoignent le bateau du canal pour Albany, qui était ma prochaine étape. Un monsieur me recommanda au capitaine ; je pris passage ; et, après un agréable voyage de deux jours et deux nuits, nous arrivâmes à Schenectady, et le lendemain matin à Albany. Le révérend M. Williams y était en poste ; je lui rendis visite ; les prédicateurs manifestaient en général un esprit chrétien. La tâche semblait imposée comme à un Jonas ; je prêchai deux fois le jour du sabbat ; et, grâce à l’aide du frère S. S⸺, je pus me rendre à New York. Le révérend R. W⸺ était l’un des doyens parmi les anciens de l’Église épiscopale méthodiste africaine ; il est depuis tombé sur le champ de bataille, en déclarant la guerre à la puissance des ténèbres, et ses os furent ensevelis avec tous les honneurs de la guerre. Que je vive de la vie des justes, et que ma fin soit semblable à la sienne ! À mon arrivée à New York, j’y trouvai en poste le révérend S. S⸺, ancien ; je passai trois semaines dans cette ville ; je prêchai à Bethel, et plusieurs fois à l’église Allen ; bonnes assemblées pour ce quartier de la ville, mais l’autre était bondée. Je ne mentionne que quelques textes : 1 Samuel, chapitre 2, verset 6 ; Hébreux, chapitre 3, les 3 premiers versets. Le frère Jacob Matthews me donna un rendez-vous à l’église Zion, et je sentis le Seigneur, comme je l’ai dit plus haut, tout proche de moi. Le révérend T. E⸺ me donna un rendez-vous à l’église Asbury le sabbat soir — texte : saint Matthieu, chapitre 3, verset 12 —, et ce fut une soirée dont tous les assistants se souviendront longtemps ; le Seigneur découvrit son bras ; certains furent saisis par la puissance de Dieu et tombèrent sur le plancher en criant miséricorde, tandis que les croyants étaient fortifiés dans la foi de Christ. J’eus aussi des rendez-vous à Brooklyn, dans Long Island ; nous y fûmes très favorisés de bonnes réunions ; il y avait là un certain nombre de vieux méthodistes, avec de fidèles prédicateurs qui gardaient vivant le troupeau de Christ ; et nos travaux furent couronnés de succès et d’additions à l’Église. Au milieu de la vie, nous sommes dans la mort. Depuis mon dernier passage en ce lieu, avant ma tournée en Amérique britannique, le jeune homme qui avait manifesté tant d’amitié pour l’Église en lui offrant une Bible pour mon rendez-vous avait dit adieu au temps et s’en était allé aux demeures de la félicité. La veille de mon arrivée, je m’arrêtai chez le frère T⸺, l’une des plus anciennes familles fidèles qui honoraient l’Église de Dieu ; sa femme, une mère et une sœur âgée de plus de soixante-dix ans, dont la réputation était sans tache et la foi ferme, affligée mais joyeuse, quitta le monde en triomphe en septembre 1835, après une courte maladie. Je commençai mon voyage pour le Canada en 1832. Du 2 juillet au 15 octobre des années qui suivirent, 1833, j’avais prêché 138 sermons et parcouru entre 2 700 et 2 800 milles. De retour de Brooklyn, j’assistai à une assemblée trimestrielle à Flushing ; le frère J. S⸺ y était l’ancien en charge. Le samedi soir, je donnai une exhortation, et je prêchai le dimanche après-midi à 3 heures ; le Seigneur accompagna la parole et, qu’on s’en souvienne, elle sera soit une odeur de vie, donnant la vie, soit une odeur de mort, donnant la mort. Ma visite achevée, j’eus hâte d’aller à Philadelphie, sentant que mes travaux touchaient à leur fin pour le moment. J’arrivai saine et sauve à la maison, trouvai mon fils et mes amis tous en bonne santé, et j’appris alors la vérité de sa conversion, pour laquelle je rends encore gloire à Dieu. Je restai trois jours en ville et partis pour Salem, dans le New Jersey, pour affaires ; trouvant les portes ouvertes devant moi, je prêchai à l’église ; nous eûmes un réconfortant moment d’attente devant le Seigneur, mais sans manifestation particulière de sa puissance. Après quoi je traversai la baie jusqu’à New Castle, dans le Delaware, puis j’allai voir ma sœur longtemps perdue ; c’était la seconde fois en quarante-deux ou quarante-trois ans — j’y trouvai un vaste champ de travail. Je prêchai dans une école, avec la permission de M. S⸺, homme d’autorité et principal propriétaire d’une grande partie de la ville. On me fit aussi demander pour parler dans le Delaware — un cheval, un cabriolet et un dîner étaient prêts —, on me conduisit à cinq ou six milles ; j’eus la bénédiction d’une maison pleine, je sentis la puissance du monde d’en haut, et le Seigneur fut avec moi. Après une visite de deux jours, l’esprit en paix, je me reposai, et le troisième jour je partis pour Philadelphie ; trouvant tout le monde en bonne santé, j’y restai quelques jours, puis je partis pour le circuit du révérend R. R⸺, que je trouvai chrétien et homme de bien. Je fis d’abord escale à Burlington et rencontrai l’ordre ministériel des frères, qui me reçurent avec joie.
La vigne du Seigneur s’étend devant l’ouvrier.
Nous eûmes plusieurs très bonnes réunions ; je passai ensuite à Bristol et parlai une ou deux fois dans une maison d’habitation, où le Seigneur confirma ses promesses, qui sont : Je prêterai l’oreille. Je poursuivis mon voyage jusqu’à Trenton, qui était le circuit de l’ancien Robinson. Deux ou trois jours plus tard, il arriva en ville. Le sabbat matin, il prêcha et fut très favorisé par l’Esprit du Seigneur. Le soir, je prêchai et sentis de la joie dans mon âme ; de là, il me donna d’autres rendez-vous. Mon esprit était dégagé, les Écritures s’ouvraient d’elles-mêmes à mon intelligence, et je me sentais fortifiée ; certains poussaient des cris de joie, d’autres pleuraient. Je sens maintenant encore la sainte influence de ce feu, tandis que ma plume en fait le récit pour un monde qui se meurt. Que les habitants des rochers tressaillent d’allégresse! Que du sommet des montagnes retentissent des cris de joie! Je prêchai un autre sermon sur Ésaïe, chapitre 59, verset 12. Le feu s’alluma quelque part, et les amen fervents qui montaient vers la colline du Seigneur semblèrent frapper de culpabilité le cœur des pécheurs. J’aidai à conduire la classe. Oh ! le prix et la valeur des âmes précieuses, qui me font souvent gémir ! Je prêchai de nouveau sur Apocalypse, chapitre 22, verset 1. Les prières du peuple de Dieu m’aidèrent, et la puissance de Dieu, comme la rosée du ciel, descendit sur nous, et le semeur et le moissonneur se réjouirent ensemble, malgré diverses oppositions. Je parlai aussi sur Romains, chapitre 1, verset 16, et je parlai trois fois le jour du sabbat ; et je sentis plus de force au dernier rendez-vous qu’au premier, ce qui prouve l’affirmation de l’Écriture : Donnez gratuitement et recevez gratuitement. J’allai aussi visiter les malades, après quoi on me donna quelques rendez-vous à Princeton, une partie difficile de la vigne. J’avais mon talent, et je n’avais pas honte de l’employer, quoique la substance parût perdue — des maisons pleines. Les amis presbytériens furent très bons pour moi et me reçurent avec une amitié chrétienne. Le temps était froid, et les voyages pénibles, à travers les tempêtes de l’hiver. Le premier texte : Laisse les morts ensevelir leurs morts. Cela parut un peu étonnant, surtout aux frères. Je continuai, remplissant des rendez-vous à diverses reprises. De là, j’allai à Brunswick ; et, par l’un des jours les plus froids, je fis seize milles de route ; le Seigneur était avec moi, et j’eus une grande liberté de parole ; une église et une grande assemblée ; et la puissance de Dieu se manifesta plus pleinement qu’à Princeton ; et le Seigneur ajouta à l’Église des âmes qui, je l’espère, seront sauvées pour l’éternité. J’y restai deux ou trois semaines à travailler pour le Seigneur, et il y eut un réveil général, dans les réunions de prière, tant des hommes que des femmes, et dans les réunions de classe ; non par mes travaux, lecteur : le mérite en revient à Dieu seul.
Louez le Seigneur, cieux, adorez-le ;
Louez-le, vous toutes, étoiles de lumière ;
Soleil et lune, réjouissez-vous devant lui,
Louez-le, anges, dans vos hauteurs.
Après mon retour à Philadelphie, en décembre 1835, je vis un vaste champ s’ouvrir devant moi ; c’était une place forte, avec bien des esprits divers à combattre ; je m’efforçai de recommander cette portion de l’Écriture sainte : Job, chapitre 23, verset 10 : Il sait néanmoins quelle voie j’ai suivie; Et, s’il m’éprouvait, je sortirais pur comme l’or. Et encore : Apocalypse, chapitre 3, verset 8. J’étais fort troublée, me voyant dans une certaine mesure exclue de ma propre Église quant à ce privilège auquel j’étais tant habituée ; je savais à peine où aller, ni où rester, dans ma propre maison. Je dis : Seigneur, où irai-je ? Et je fus dirigée vers le frère Murray, alors ancien de la petite église Wesley ; quand j’arrivai chez lui, il s’étonna de me voir sortir par un temps si rigoureux ; je m’arrêtai, puis je lui dis que j’étais envoyée vers lui, sans savoir pourquoi. Il répondit : Moi, je le sais — et il me donna un rendez-vous pour le dimanche soir et pour le mercredi soir suivant ; de là, l’ancien me donna un rendez-vous à l’église Zoar, et le Seigneur convertit une âme, ce qui me fit me réjouir plus encore en Dieu, mon Sauveur ; ensuite, l’ancien de l’église Wesley me donna un rendez-vous, et je prêchai devant une grande assemblée, et me sentis forte dans la cause de mon Dieu. Mon appel semblait se situer principalement à Philadelphie. En l’année 1835, je parcourus 721 milles et prêchai 692 sermons. Je parlai aussi à l’église Bethel ; quelques faux frères. Ceux qui ne sont pas pour nous sont contre nous ; et s’ils sont contre le ministère de Dieu, qu’il soit exercé par un homme ou par une femme, ils sont contre Dieu, qui dit : J’envoie par qui je veux, car tous sont un en Jésus-Christ. Que le Seigneur pardonne leurs erreurs et les rende prudents dans le maniement des outils tranchants. En 1836, je parcourus 556 milles et prêchai 111 sermons ; et je me sentis fort pressée de faire imprimer un livre ; j’eus quelques amis pour m’y encourager, comme le révérend R. R⸺ et l’évêque, avec d’autres ; et toutes les circonstances furent si favorables que j’y parvins enfin ; et quand on m’apporta les exemplaires, je m’assis dans la maison en me demandant comment j’allais les écouler ; les vendre me paraissait trop ressembler à du négoce. Tandis que j’étais dans cet état, il me fut suggéré à l’esprit : Il faut que tu les paies, ou cela fera plus de tort à l’Évangile que si tu ne les avais pas imprimés. Mais pour moi-même, (ne pas les imprimer) eût été le fouet d’une conscience coupable devant le Seigneur. À 4 heures de l’après-midi, mon esprit fut dirigé vers une sœur presbytérienne, et en chemin je rencontrai la veuve de l’évêque Allen, qui en acheta un ; et cet après-midi-là, j’en vendis pour un dollar cinquante. Le Seigneur bénit tellement l’offrande de cet ouvrage au monde qu’en moins de quatre mois je payai soixante dollars, avec l’aide de Dieu, pour les frais, ce qui me donna une grande tranquillité d’esprit et me fit désirer plus encore de m’user au service de Dieu. Divers sont les moyens par lesquels, grâce à l’intervention de la Providence, je réussis à écouler ce petit ouvrage, à savoir : camp-meetings, assemblées trimestrielles, rues publiques, etc. Louez Dieu pour ses miséricordes aussi bien que pour ses grâces.
Après cela, je partis pour un camp-meeting près de Baltimore. À mon arrivée, je reçus deux rendez-vous, et après la venue de l’évêque on m’en donna davantage encore ; et une fois, la puissance de Dieu saisit un homme qui poussa un grand cri, tomba par la porte et fut ramené au Seigneur. Je prêchai trois sermons dans l’Église épiscopale méthodiste africaine, et Dieu nous donna des âmes à chaque réunion, et mon cœur se réjouissait de voir des pécheurs venir à Dieu. Bien que j’eusse mes adversaires, je leur survis par la force de celui qui aime encore ses fidèles disciples. Après avoir vu tant de manifestations de la puissance miraculeuse de Dieu, je retournai à la ville de Baltimore, la conscience en paix. Après quoi mon esprit fut pressé d’aller à Elicott’s Mills pour prêcher dans l’Église épiscopale méthodiste africaine ; une chère sœur m’accompagnait ; comme j’avais eu auparavant un entretien avec l’évêque Walters, celui-ci envoya une lettre au prédicateur en charge, qui me reçut dans un esprit chrétien. Le matin, je conduisis la classe, et l’après-midi j’eus un rendez-vous et prêchai sur saint Luc, chapitre 5, versets 18 et 19. Une maison pleine, des auditeurs attentifs — louez Dieu pour cette visitation de son Esprit. Un humble gémissement vaut mieux qu’un sacrifice. Le soir, je parlai sur Hébreux, chapitre 7, versets 12 et 13, et — chose merveilleuse à raconter, si la langue le pouvait — quelle puissance de sentiment ! Et l’on peut bien dire que le sentiment n’a pas son pareil. Le jeudi soir, je parlai sur Ésaïe, chapitre 61, verset 1 ; et vraiment, j’étais ointe. Et un signe visible de la manifestation de l’Esprit de Dieu fut qu’une dame âgée se mit à crier à haute voix, dans la détresse de son esprit, et beaucoup d’autres encore, trop longs à mentionner. Pendant toute la semaine, je continuai à visiter les malades, etc. Je mentionne ici un cas, comme avertissement à ceux qui remettent à plus tard le jour du salut ; le voici. Sur demande, j’allai voir un propriétaire d’esclaves d’un caractère tyrannique, qu’on disait très méchant. Mais il avait reçu une assignation, signifiée par l’huissier la Mort, et je la vis peinte sur son visage ; peu auparavant, j’avais entendu dire qu’il avait récemment vendu deux hommes, les séparant de leurs femmes. Je lui demandai ce qu’il pensait de la mort, s’il était préparé à ce changement. Il me dit que non. Il était très malade, ne pouvait guérir, mais voulait la religion et ne pouvait l’obtenir ; il désirait cependant que je prie avec lui. C’est ce que je fis, mais ce fut sans effet, quoique ce fût vraiment solennel. Je l’exhortai alors à avoir foi dans les mérites du sang de Christ, puis je le quittai, âme chagrine en route pour l’éternité.
« Ne vois-tu pas comme, à l’improviste, je m’avance sur mon char,
Convulsions, pestes et fièvres sont les armes à mon côté. »
La Mort.
Après cela, je retournai à Baltimore, et de là on me conduisit à Springtown, où je parlai le matin, le dimanche, à 11 heures. Texte, dans les Psaumes. Pas de manifestation particulière l’après-midi. Le frère H. U. prêcha devant une très grande assemblée. Le soir, je prêchai de nouveau. Dès lors, une brèche était faite dans l’esprit des gens — ils saisirent la flamme sacrée ; certains poussaient des cris de joie, tandis que d’autres étaient convaincus de péché et ramenés, et je fus élevée dans la Parole et les doctrines de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Le lundi soir, je tins une réunion de prière — le lendemain matin, je partis pour Baltimore, assez souffrante ; mais, une fois rendue à la santé, je prêchai le sabbat soir suivant à l’église Bethel de Baltimore, sur un rendez-vous fixé par l’évêque Walters. Texte : Actes, chapitre 18, versets 9 et 10, avec des renvois particuliers au chapitre 20, versets 19, 20, 21 et 22. Le mercredi soir suivant, je prêchai de nouveau sur le prophète Joël, chapitre 1, verset 1. Ceux que l’Éternel avait frappés furent vraiment nombreux. Je parlai encore sur Hébreux, chapitre 7, versets 12 et 13, à 3 heures de l’après-midi, et le nom de Dieu fut glorifié. J’eus une grande liberté de parole — béni soit le Seigneur. C’est une bonne cause pour y vivre, mais meilleure encore pour y mourir. Elle est plus douce que la vie et plus forte que la mort.
L’évêque me donna un rendez-vous pour le sabbat soir suivant. Texte, tiré de l’une des épîtres de Pierre, verset 5. La parole prêchée produisit son effet. Trois personnes furent saisies par la puissance de Dieu et jetées à terre en même temps : la grand-mère, sa fille et sa petite-fille criaient à haute voix miséricorde. Pendant ce temps, un monsieur tomba face contre terre et cria pour obtenir la sanctification ; et il y eut un remuement général parmi les ossements desséchés. Louez Dieu, car je sens l’onction d’en haut, tandis que je tiens ma plume.
Je partis ensuite pour Long Green, à une distance de seize milles. Une sœur I⸺, qui voyageait avec moi, ainsi que le frère Dunn, nous accompagnèrent. Je parlai sur Actes 17, verset 31. Trois personnes trouvèrent la paix, plusieurs furent sérieusement touchées. La parole continua de produire un effet durable, et on nous fit rappeler. Nous y consentîmes, accompagnés de notre révérend frère ; bien que la matinée fût très froide, nous eûmes la bénédiction d’arriver à temps pour l’église, et, avec l’aide de Dieu, j’essayai de parler au peuple sur ces paroles : « Quand même vous marcheriez sur des scorpions et des serpents, ils ne vous feront aucun mal, si vous avez la foi. » La parole sortit et ne revint pas sans effet ; car deux personnes trouvèrent la paix ce jour-là, et nous en laissâmes quelques-unes sur le plancher, gémissant pour obtenir la rédemption en Christ, tandis que d’autres portaient les signes profonds d’une sérieuse inquiétude pour le salut de leur âme. Nous partîmes à 4 heures de l’après-midi, mais la réunion se prolongea jusqu’à la nuit. Que Dieu continue d’arroser chaque plante de Sion ! Je prêchais, vendais mes livres et payais moi-même mes frais. Je retournai à Philadelphie en décembre. Après mon arrivée, ma santé était fort ébranlée, et je fis une grave maladie. Ainsi finit 1836.
Je recommençai à voyager le 11 mars 1837. À huit milles de Philadelphie, je prêchai trois sermons. Deux à Blaketown, dans le New Jersey, après quoi je pris le bateau à vapeur pour St. Georges, dans le Delaware, pour voir ma sœur ; à la demande du docteur ⸺, principal propriétaire de la ville, j’acceptai un rendez-vous et le remplis. Je passai ensuite quelques jours avec ma sœur et partis pour Salem, dans le New Jersey. Je prêchai deux sermons le jour du sabbat, à deux milles de Salem, et nous eûmes une bonne réunion — car là où est le Seigneur, là est la liberté. Le mercredi, je partis pour Greenwich, prêchai trois fois, et le Seigneur était là avec puissance, et mon âme en fut témoin. De là, je me rendis à ⸺, et il y eut vraiment un réveil parmi le peuple, ce qui m’encouragea à me confier en Dieu. De là, je poursuivis jusqu’à Port Elizabeth, et parlai à l’église Ebenezer devant une très grande et respectable assemblée, sur Hébreux, chapitre sept, versets 12 et 13. Le dimanche, à 3 heures de l’après-midi, je prêchai dans la même église ; puis je fis six milles de plus et prêchai un sermon aux ouvriers des forges, et j’essayai de leur donner l’Évangile ; mais je ne sentis pas cette liberté de communion spirituelle que j’avais sentie en bien des endroits, en voyant des chrétiens de profession travailler dur à la forge le jour du sabbat, puis entrer à l’église ; appeler cela sanctifier le sabbat est, à mon avis, tout à fait hors de question. Quoi qu’il en soit, je revins de cet endroit le soir même, et le lundi je partis pour Goshen, au cap May, voir ma vieille mère, alors âgée de 78 ans. Je la trouvai heureuse dans le Seigneur, et ma sœur aussi. Je prêchai trois sermons au cap May et les laissai comme je les avais trouvées, entre les mains de Dieu. Sur le chemin du retour, j’arrivai à Port Elizabeth le sabbat matin suivant, et remplis un rendez-vous le matin et le soir. Le lendemain matin, je pris la diligence pour Philadelphie, où j’arrivai le 5 juin, et trouvai tout le monde en bonne santé. Notre Conférence s’étant tenue en mai, je conclus que je devais avoir ma part du festin. Trois ou quatre jours plus tard, je me rendis à New York, et de là à Albany, où l’ancien Williams avait la charge de l’église. Je prêchai neuf sermons. Quelques réveils ; quelques-uns se joignirent à l’Église, et les membres furent fortifiés dans la foi de Christ. Je visitai aussi Troy, y prêchai trois sermons, dont un pour une assemblée de Blancs. Nous eûmes une bonne réunion, et je fus bien traitée par les amis. À mon retour à Albany, je prêchai deux sermons — et je jouis vraiment de la présence du Seigneur. Je retournai ensuite à New York, en appelant à la conscience de chacun quant à mes efforts pour faire le bien — béni soit le Seigneur. Le devoir rend le travail léger. Ma visite devait s’achever à New York et à Brooklyn. Le révérend Wm. C. ⸺, qui avait la charge des deux endroits, me donna des rendez-vous. Je prêchai quatre sermons à New York, cinq à Brooklyn, deux à Flushing et un à Williamsburg.
Sachant que mes visites religieuses touchaient à leur fin pour le moment, je profitai de l’occasion pour visiter les différentes écoles ; la plus impressionnante fut celle de M. Louis Tappan, qui surpassait, je crois, tout ce que j’avais jamais vu ; les principes des différentes branches du savoir, qui avaient été, et dans certains cas sont encore, cachés aux gens de couleur pour les priver de leurs jouissances, leur étaient enseignés ici, ce qui contribuait grandement à les élever à une position qui commanderait le respect pendant le court voyage de la vie. Voilà les fruits de la piété vivante. « Faites à tous les hommes ce que vous voudriez qu’ils vous fissent. » L’amour, vraiment, est l’accomplissement de la loi. Oh ! puisse venir bientôt le jour où le joug de l’oppression sera enfin brisé ! Sous une vive impulsion de reconnaissance, et à la demande de M. Tappan, je prononçai une courte allocution, puis je quittai l’école avec le témoignage d’une bonne conscience. Quittant alors New York, j’arrivai à New Brunswick, où je fus aimablement reçue. Je prêchai trois sermons ; vraiment, le Seigneur était là avec puissance. Je me rendis ensuite à Rahway, prêchai quatre sermons, et quelques-uns furent ajoutés à l’Église. De là à Princeton, où je prêchai quatre sermons. Pas de manifestation particulière de la puissance de Dieu ; pourtant mon âme se réjouit dans l’espérance de la promesse. « Si Israël n’est pas rassemblé, Jacob ne perdra pas sa récompense. » Je partis ensuite pour Trenton, assistai à une assemblée trimestrielle, et l’ancien me donna deux rendez-vous. Ses travaux avaient été couronnés de succès sur son circuit. Je partis ensuite pour Philadelphie et trouvai mes amis en bonne santé. Comme c’était le mois de novembre, je restai quelque temps en ville. Je prêchai à l’église Bethel, et à l’église Union aussi. Le 2 décembre, je partis pour New-Hope avec une sœur prédicatrice. Elle et moi desservîmes deux églises avec la permission de l’ancien R. R. ⸺. Je prêchai cinq sermons avant Noël : le 1er chez le frère S., le 2e à la Montagne et le 3e dans la nouvelle église ; Dieu en soit loué. « Longtemps attendu, enfin venu. » Le 1er texte était le suivant : « La sagesse a été justifiée par ses enfants », etc. ; ce fut un temps dont on se souviendra longtemps. Je prêchai le sermon de la veillée la veille de Noël, sur saint Matthieu, chapitre 2, verset 10 ; et pendant mon séjour, jusqu’à la veille du Nouvel An, il se fit beaucoup de bien au nom du saint enfant Jésus. En me rendant à Frankford, je m’arrêtai à Holmesburg pour avertir certaines personnes d’un danger qui approchait ; mais, trouvant une de mes amies intimes très malade, je lui fis une visite religieuse, et j’eus une grande satisfaction de la voir résignée à la mort. Je comptais partir le lendemain matin pour Frankford à 9 heures, mais elle mourut ; et comme l’ancien et le prédicateur se trouvaient fort loin de là, sur une demande expresse, j’assistai aux funérailles, et après un court sermon à la maison, je dus confier le corps à la terre, car personne d’autre n’était présent pour le faire. Je partis ensuite pour Frankford et y prêchai quatre sermons, qui furent profitables par la grâce de Dieu.
Le 16 février, je partis pour Attleboro. Je parlai sur les passages suivants : Romains, chapitre 6, versets 21, 22 et 23 ; et aussi sur le chapitre 8, versets 36 et 37. Au début, ce fut comme une semence jetée sur un sol pierreux ; mais la torpeur commença à se dissiper, et la vie, la lumière et l’immortalité se manifestèrent par la prédication de la croix de Christ. Je prêchai un sermon à Ben-Salem et tins une réunion de prière, et le Seigneur nous sourit ; et vraiment, certains avaient dans une certaine mesure perdu leur premier amour, et d’autres n’avaient pas souillé leurs vêtements, mais combattaient pour l’accomplissement de la promesse. Revenant alors vers Philadelphie, je trouvai mon fils et mes amis tous en bonne santé. Après avoir prêché cent quarante-six sermons et parcouru neuf cent quatre-vingt-dix-neuf milles.
En avril, je me sentis poussée à visiter Reading, en Pennsylvanie, ce que je fis, et j’y rencontrai des gens que j’avais connus des années auparavant, qui témoignaient que Dieu est Dieu et ne change pas. Je prêchai cinq sermons, et je dois dire vraiment que l’Évangile l’emporte. Quelques années plus tôt, il n’y avait pas un seul membre d’Église ; il y a maintenant une bonne église et une société nombreuse. J’allai ensuite à Norristown, parlai cinq fois et conduisis la classe. Il y avait autrefois là un homme qui jouait du violon ; ayant quitté son lieu de résidence, il alla à Philadelphie et embrassa la religion, et il fut appelé à retourner vers les gens de cette ville pour leur prêcher l’Évangile ; et le Seigneur bénit ses travaux, et ils vivent maintenant dans l’espérance d’une meilleure résurrection.
Le 15 juillet 1838, je partis pour Westchester et y prêchai deux sermons. De là, j’allai à Chichester, puis à la Vallée, travaillant en chemin auprès d’assemblées pleines de vie. Le 23, je partis pour Columbia et rendis visite au révérend S. S. ⸺, qui me donna trois rendez-vous. Dieu ranima son œuvre dans le cœur de son peuple, et tandis que ma plume avance, mon cœur brûle d’amour pour Dieu. Je partis ensuite pour West-town et visitai quelques vieux amis, de ceux qui ne pouvaient se rendre à l’église, et deux en particulier, remarquables, que l’on regardait comme des colonnes de l’Église. On me conduisit à bord du bateau du canal pour Lewistown. J’eus une traversée agréable, j’arrivai à 1 ou 2 heures du matin et fus aimablement traitée par eux. Je prêchai quatre sermons à un peuple endurci. Je fus malade pendant mon séjour ; mon organisme était très affaibli avant que j’atteigne Pittsburg ; néanmoins, je poussai jusqu’à Huntingdon, où je trouvai une petite société qui souffrait faute d’aide. Je fus reçue par tous les frères, prêchai cinq sermons, fis 11 milles et parlai aux ouvriers des forges ; mais, par suite d’une mauvaise organisation, l’assemblée fut peu nombreuse ; la parole produisit pourtant son effet ; les âmes des rachetés sont précieuses. Je me rendis ensuite à Hollidaysburg. Je pris la diligence de nuit et arrivai à 8 heures du matin. Je fus aimablement reçue par un monsieur appartenant à l’église Wesley et accueillie de manière amicale. Je prêchai deux sermons à une assemblée réconfortante, puis je partis pour Johnstown. En descendant du wagon, je crus presque être au bout du monde, pour ce qui est des commodités. Je dus attendre près d’une heure avant de trouver quelqu’un pour porter ma malle. Le capitaine fut aimable et offrit de m’envoyer quelqu’un, mais je trouvai enfin un homme pour y porter ma malle. Sa femme fut aimable, bien que je me fusse présentée moi-même à elle, sachant qu’elle était la femme du barbier. Elle le fit appeler, puis me présenta à son mari. Quand il fut assis, il dit : « Vous prêchez, alors ? » J’essaie, dis-je. « Comprenez-vous les Écritures ? » Certaines parties, fut ma réponse. Il fixa une réunion ; le moment venu, l’assemblée se réunit. Quand je commençai, je sentis un peu d’agitation dans la maison, mais en quelques minutes tout fut calme, et nous eûmes un solennel moment d’attente devant le Seigneur ; après quoi le barbier clôtura le service. Je les quittai donc. Un frère m’apprit que le premier magistrat de la ville disait que nous devions tenir une autre réunion et qu’il y assisterait ; mais le prédicateur ne semblait guère s’intéresser au salut des âmes ; c’est pourquoi je pris passage sur le bateau à vapeur pour Pittsburg, traversée agréable, quoique le bateau fût bondé. Le dernier jour étant un sabbat, je restai assise en méditation sérieuse sur les beautés de la création et sur le plan de la rédemption. Il y avait à bord quelques passagères de Charleston qui avaient la religion et qui venaient s’asseoir près de moi pour lire. Au moment de partir, l’une d’elles me demanda de prier pour son mari et sa fille. J’espère que le Dieu d’Élie exaucera son désir pour leur bien. Nous arrivâmes à Pittsburg vers 8 heures du soir. On me conduisit chez un digne père en Israël, où je restai quelque temps ; je prêchai quatre ou cinq sermons à Pittsburg. Mon esprit me pressait encore d’aller à Brownsville ; et le Seigneur ouvrit le chemin. L’ancien du circuit, venant à Pittsburg, me fraya la voie et me procura une sœur pour m’accompagner. Le Seigneur bénit les travaux de ses serviteurs. En trois mois, cent dix personnes furent ajoutées à son circuit. Quelques convertis, quelques pénitents. Cinq personnes d’une même famille s’éprirent de ce plan né du ciel. Je commençai mon voyage d’hiver le 10 décembre. Je quittai Pittsburg pour une assemblée trimestrielle à Williamsport ; ce fut un voyage pénible. Nous dûmes marcher sept milles, et en entrant dans la ville, nous rencontrâmes un frère qui venait au-devant de nous avec une voiture. Ce soir-là, la réunion commença, et vraiment le combat était celui du Seigneur. Six furent terrassés par sa grande puissance, et la foi des croyants fut fortifiée. Je parlai à 11 heures sur Ésaïe, chapitre 12, versets 5 et 6, et de nouveau le soir, devant une maison bondée de gens de bonne tenue. L’ancien Clemens, ouvrier du Seigneur dont les travaux étaient couronnés de succès, était sur ce circuit. Après la prédication, on dressa le banc des pénitents, et ceux que le Seigneur avait terrassés furent nombreux. Cette réunion dura deux jours et deux nuits, après quoi eut lieu notre agape. Le Seigneur était au milieu de nous, et de tous côtés les gens criaient miséricorde. Les méthodistes wesleyens ouvrirent leur église et me donnèrent un rendez-vous le lundi à 3 heures de l’après-midi ; après quoi l’ancien nous permit de tenir des réunions de prière, qui durèrent toute la nuit et furent très fructueuses ; et un réveil eut lieu parmi les Blancs comme parmi les gens de couleur, et l’un des membres m’apprit que trente personnes avaient été ajoutées à l’Église cette fois-là. Louez Dieu pour la victoire.
Le monde ne peut résister
À son antique vainqueur ;
Il doit tomber sous la main
Qui nous arme pour la guerre :
Nous nous reposâmes ensuite quelques jours, puis partîmes pour Uniontown, une femme voyageant avec moi ; et nous fûmes reçues très aimablement par le frère Jackson et sa femme, et par les amis en général. Je prêchai dehors, à la forge, à un peuple attentif, et je sentis à la fois la vie et la liberté. L’ancien, revenant de son circuit, prêcha à son tour, et cinq personnes s’unirent à nous dans l’Église, après quoi l’ancien forma une nouvelle société, à quatorze milles de là. Je prêchai ensuite dans l’Église méthodiste épiscopale des Blancs à une assemblée très attentive, dont les gémissements montaient vers la colline du Seigneur, et je sentis sa présence de manière puissante — texte : Ésaïe, chapitre 59, verset 1. Le 24 décembre, l’ancien tint une veillée, et le 25 nous repartîmes pour Ridge Port. Je reçus le rendez-vous du matin, et l’ancien prêcha le soir ; et le Seigneur continua de répandre son Esprit sur le peuple, ce qui produisit un réveil général. Dix se joignirent à l’Église à l’essai. Nous en laissâmes quelques-uns gémissant pour obtenir la rédemption en Christ, tandis que d’autres semblaient tendre de toutes leurs forces vers le royaume de Dieu. J’avais reçu auparavant une invitation pour une église à cinq milles de là, sur la grand-route, et j’y parlai le matin à 11 heures ; je venais à peine de terminer le sermon quand un monsieur arriva en exprès avec un cheval rapide et une voiture, pour me demander de venir remplir un rendez-vous chez eux à 3 heures de l’après-midi ; j’y allai donc. Nous arrivâmes entre 2 et 3 heures. Je trouvai une grande assemblée de gens très respectables, et je prêchai sur ces paroles : « L’esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi », etc. Le mercredi suivant, je remplis un rendez-vous à Greenfield, dans la vieille église méthodiste épiscopale ; c’était une nuit très orageuse, et je pensais qu’avec un temps si rigoureux personne ne sortirait ; mais grâce à la persévérance du frère et de sa femme, qui étaient venus me chercher, une assez grande assemblée se réunit ; après quoi il me fit monter en chaire, et je m’efforçai de prêcher sur ces paroles : « Nous avons trouvé celui de qui Moïse et les prophètes ont écrit » ; et je dois dire que les gémissements chrétiens qui s’élevèrent et les amen fervents qui montaient vers la colline de Sion reçurent comme une réponse de charbons ardents pris sur le saint autel de Dieu, qui réchauffèrent tous les cœurs. Priez Dieu de poursuivre l’œuvre.
Chapitre 7 terminé
Le journal, quatrième partie