Les affections religieuses
V. Les affections véritablement saintes et produites par la grâce s’accompagnent d’une conviction raisonnable et spirituelle du jugement, touchant la réalité et la certitude des choses divines

Chapitre 19 · 48 min de lecture · 1 h 3 min d’écoute

V. Les affections véritablement saintes et produites par la grâce s’accompagnent d’une conviction raisonnable et spirituelle du jugement, touchant la réalité et la certitude des choses divines

V. Les affections véritablement saintes et produites par la grâce s’accompagnent d’une conviction raisonnable et spirituelle du jugement, touchant la réalité et la certitude des choses divines.

C’est ce que semble impliquer le texte qui a été posé comme fondement de ce discours : « lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse. »

Tous ceux qui sont véritablement des personnes de grâce ont une conviction solide, pleine, entière et efficace de la vérité des grandes choses de l’Évangile ; je veux dire qu’ils ne clochent plus des deux côtés ; les grandes doctrines de l’Évangile cessent d’être pour eux des choses douteuses, ou des affaires d’opinion qui, bien que probables, restent néanmoins discutables ; ce sont au contraire pour eux des points arrêtés et décidés, tenus pour indubitables et incontestables, de sorte qu’ils ne craignent pas de tout risquer sur leur vérité. Leur conviction est une conviction efficace ; de sorte que les grandes choses spirituelles, mystérieuses et invisibles de l’Évangile exercent sur eux l’influence de choses réelles et certaines ; elles ont dans leur cœur le poids et la puissance de réalités ; et par conséquent elles règnent sur leurs affections et les gouvernent tout au long de leur vie. Quant à ce que Christ est le Fils de Dieu et le Sauveur du monde, et quant aux grandes choses qu’il a révélées touchant lui-même, et son Père, et un autre monde, ils n’ont pas seulement une opinion dominante que ces choses sont vraies, et ils n’y donnent pas seulement leur assentiment, comme ils le font en bien d’autres matières de spéculation douteuse ; mais ils voient qu’il en est réellement ainsi ; leurs yeux sont ouverts, de sorte qu’ils voient que Jésus est réellement le Christ, le Fils du Dieu vivant. Et quant aux choses que Christ a révélées des desseins et des résolutions éternels de Dieu touchant l’homme déchu, et des choses glorieuses et éternelles préparées pour les saints dans un autre monde, ils voient qu’il en est vraiment ainsi ; c’est pourquoi ces choses ont pour eux un grand poids, et exercent une puissance considérable sur leur cœur et une influence sur leur conduite, dans une mesure qui répond en quelque façon à leur importance infinie.

Que tous les vrais chrétiens aient une telle sorte de conviction de la vérité des choses de l’Évangile, c’est ce qui ressort abondamment des saintes Écritures. Je mentionnerai quelques passages parmi beaucoup d’autres : Matthieu 16:15, 16, 17 : « Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis? Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la parole, lui dit: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; — mon Père qui est dans les cieux te l’a révélé. » Jean 6:68, 69 : « Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Jean 17:6, 7, 8 : « J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m’as donné vient de toi. Car je leur ai donné les paroles que tu m’as données; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. » Actes 8:37 : « Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible. » 2 Corinthiens 4:11, 12, 13, 14 : « nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus. — la mort agit en nous. — nous avons le même esprit de foi qui est exprimé dans cette parole de l’Écriture: J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé! Nous aussi nous croyons, et c’est pour cela que nous parlons, sachant que celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera aussi avec Jésus, et nous fera paraître avec vous en sa présence. » Avec le verset 16 : « C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. » Et le verset 18 : « parce que nous regardons, non point aux choses visibles », etc. Et le chapitre 5:1 : « Nous savons, en effet, que, si cette tente où nous habitons sur la terre est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l’ouvrage de Dieu. » Et les versets 6, 7, 8 : « Nous sommes donc toujours pleins de confiance, et nous savons qu’en demeurant dans ce corps nous demeurons loin du Seigneur, car nous marchons par la foi et non par la vue, nous sommes pleins de confiance, et nous aimons mieux quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur. » 2 Timothée 1:12 : « Et c’est à cause de cela que je souffre ces choses; mais j’en ai point honte, car je sais en qui j’ai cru, et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder mon dépôt jusqu’à ce jour-là. » Hébreux 3:6 : « sa maison, c’est nous, pourvu que nous retenions jusqu’à la fin la ferme confiance et l’espérance dont nous nous glorifions. » Hébreux 11:1 : « Or la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. », avec tout ce chapitre. 1 Jean 4:13, 14, 15, 16 : « Nous connaissons que nous demeurons en lui, et qu’il demeure en nous, en ce qu’il nous a donné de son Esprit. Et nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé le Fils comme Sauveur du monde. Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. » Chapitre 5:4, 5 : « parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi. Qui est celui qui a triomphé du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu? »

Les affections de grâce s’accompagnent donc d’une telle sorte de conviction et de persuasion de la vérité des choses de l’Évangile, et d’une telle vue de leur évidence et de leur réalité, que celle dont parlent ces Écritures et d’autres encore.

Il y a beaucoup d’affections religieuses qui ne s’accompagnent pas d’une telle conviction du jugement. Il y a beaucoup d’appréhensions et d’idées qu’ont certaines personnes, et qu’elles appellent des découvertes divines, qui touchent, mais ne convainquent pas. Bien que, pour un peu de temps, elles puissent paraître plus persuadées de la vérité des choses de la religion qu’elles ne l’étaient auparavant, et donner un assentiment empressé, comme beaucoup de ceux qui écoutaient Christ et qui crurent pour un temps, elles n’ont pourtant aucune conviction profonde et efficace ; et il ne s’opère en elles, à cet égard, aucun grand changement durable, en sorte qu’alors qu’autrefois elles ne se représentaient pas comme réelles les grandes choses de l’Évangile, ces choses leur paraîtraient maintenant nouvelles quant à leur réalité et à leur certitude, et qu’elles les contempleraient sous un tout autre jour qu’auparavant. Il y a beaucoup de personnes qui ont été extrêmement exaltées par des affections religieuses, et qui pensent avoir été converties, qui ne vont pas par le monde plus convaincues de la vérité de l’Évangile qu’elles ne l’étaient auparavant ; ou du moins il n’y a chez elles aucun changement remarquable : ce ne sont pas des hommes qui vivent sous l’influence et la puissance d’une conviction qui leur rende réelles les choses infinies et éternelles que l’Évangile révèle ; s’ils l’étaient, il leur serait impossible de vivre comme ils vivent. Parce que leurs affections ne s’accompagnent pas d’une conviction profonde de l’esprit, on ne peut nullement s’y fier ; quelque grande apparence et quelque grand bruit qu’elles fassent, c’est comme la flambée de l’étoupe, ou le pétillement des épines, ou comme le brin précoce et florissant levé dans les endroits pierreux, qui n’a ni racine ni profondeur de terre pour entretenir sa vie.

Certaines personnes, sous l’effet d’affections élevées et d’une persuasion assurée de leur bon état, ont ce qu’elles appellent très ignoramment voir la vérité de la parole de Dieu, et qui en est fort éloigné ; voici de quelle manière : quelque texte de l’Écriture leur vient à l’esprit d’une manière soudaine et extraordinaire, leur déclarant immédiatement (à ce qu’elles supposent) que leurs péchés sont pardonnés, ou que Dieu les aime et les sauvera ; et il se peut qu’elles aient toute une chaîne de passages de l’Écriture qui leur viennent l’un après l’autre dans le même sens ; et elles sont convaincues que c’est la vérité, c’est-à-dire qu’elles sont assurées qu’il en est certainement ainsi, que leurs péchés sont pardonnés, que Dieu les aime, etc. — elles disent qu’elles savent qu’il en est ainsi ; et quand les paroles de l’Écriture leur sont suggérées, et, à ce qu’elles supposent, leur sont adressées immédiatement par Dieu dans ce sens, elles sont prêtes à s’écrier : Vérité, vérité ! Il en est certainement ainsi ! La parole de Dieu est vraie ! Et c’est cela qu’elles appellent voir la vérité de la parole de Dieu. Or toute leur foi ne se ramène à rien de plus qu’à une forte confiance en leur propre bon état, et par suite à une confiance que ces paroles sont vraies, lesquelles, à ce qu’elles supposent, leur disent qu’elles sont dans un bon état : alors qu’en réalité (comme on l’a montré plus haut) il n’y a aucun passage de l’Écriture qui déclare qu’une personne quelconque est dans un bon état directement, ou autrement que par voie de conséquence. De sorte que ceci, au lieu d’être une vue réelle de la vérité de la parole de Dieu, n’est que la vue d’un fantôme, et n’est entièrement qu’une illusion. Voir véritablement la vérité de la parole de Dieu, c’est voir la vérité de l’Évangile, c’est-à-dire la glorieuse doctrine que contient la parole de Dieu touchant Dieu, et Jésus-Christ, et la voie du salut par lui, et le monde de gloire où il est entré et qu’il a acquis pour tous ceux qui croient ; et non une révélation que telles ou telles personnes particulières sont de vrais chrétiens et iront au ciel. C’est pourquoi les affections qui ne naissent d’aucune autre persuasion de la vérité de la parole de Dieu que celle-là naissent d’une illusion, et non d’une vraie conviction ; et par conséquent elles sont elles-mêmes trompeuses et vaines.

Mais si les affections religieuses qu’ont certaines personnes naissent effectivement d’une forte persuasion de la vérité de la religion chrétienne, leurs affections n’en sont pas meilleures, à moins que leur persuasion ne soit une persuasion ou une conviction raisonnable. Par conviction raisonnable, j’entends une conviction fondée sur une évidence réelle, ou sur ce qui est une bonne raison, un juste fondement de conviction. Les hommes peuvent avoir une forte persuasion que la religion chrétienne est vraie, alors que leur persuasion n’est nullement bâtie sur l’évidence, mais entièrement sur l’éducation et sur l’opinion d’autrui ; comme beaucoup de mahométans sont fortement persuadés de la vérité de la religion mahométane, parce que leurs pères, leurs voisins et leur nation y croient. Cette croyance à la vérité de la religion chrétienne, qui est bâtie exactement sur les mêmes fondements que la croyance d’un mahométan à la religion mahométane, est une croyance de même sorte. Et bien que la chose crue se trouve être meilleure, cela ne rend pas pour autant la croyance elle-même d’une meilleure sorte ; car, bien que la chose crue se trouve être vraie, la croyance qu’on en a n’est pas due à cette vérité, mais à l’éducation. De sorte que, comme la conviction n’est pas meilleure que celle du mahométan, de même les affections qui en découlent ne sont pas meilleures en elles-mêmes que les affections religieuses des mahométans.

Mais si la croyance aux doctrines chrétiennes d’où naissent les affections de certaines personnes ne vient pas simplement de l’éducation, mais réellement de raisons et d’arguments qui sont proposés, il ne s’ensuivra pas nécessairement de là que leurs affections soient véritablement de grâce : car pour cela il est requis, non seulement que la croyance d’où naissent leurs affections soit une croyance ou une conviction raisonnable, mais aussi qu’elle soit spirituelle. Je suppose que nul ne doutera que certains hommes naturels ne donnent une sorte d’assentiment de leur jugement à la vérité de la religion chrétienne, sur la foi des preuves ou des arguments rationnels qu’on propose pour l’établir. Judas, sans aucun doute, pensait que Jésus était le Messie, d’après les choses qu’il voyait et entendait ; et pourtant il fut, tout du long, un démon. Ainsi, en Jean 2:23, 24, 25, nous lisons que beaucoup crurent au nom de Christ en voyant les miracles qu’il faisait ; et pourtant Christ savait qu’ils n’avaient pas en eux ce sur quoi l’on pouvait compter. Ainsi Simon le magicien crut, quand il vit les miracles et les prodiges qui s’opéraient ; et pourtant il resta dans un fiel amer et dans les liens de l’iniquité, Actes 8:13, 23. Et s’il y a chez certains hommes naturels une telle croyance, un tel assentiment du jugement, nul ne peut douter que des affections religieuses ne puissent naître de cet assentiment ou de cette croyance ; comme nous lisons qu’il y en eut qui crurent pour un temps, qui furent grandement touchés, et qui reçurent aussitôt la parole avec joie.

Il est évident qu’il existe une croyance ou une conviction spirituelle de la vérité des choses de l’Évangile, c’est-à-dire une croyance propre à ceux qui sont spirituels, ou qui sont régénérés et ont l’Esprit de Dieu dans ses saintes communications, demeurant en eux comme un principe vital. De sorte que la conviction qu’ils ont ne diffère pas seulement de celle qu’ont les hommes naturels par ce qui l’accompagne, en ce qu’elle est accompagnée de bonnes œuvres ; mais la croyance elle-même est différente : l’assentiment et la conviction du jugement sont d’une espèce propre à ceux qui sont spirituels, et dont les hommes naturels sont entièrement dépourvus. Cela ressort de l’Écriture, si quoi que ce soit en ressort : Jean 17:8 : « ils ont cru que tu m’as envoyé. » Tite 1:1 : « pour la foi des élus de Dieu et la connaissance de la vérité qui est selon la piété. » Jean 16:27 : « car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. » 1 Jean 4:15 : « Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. » Chapitre 5:1 : « Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu. » Verset 10 : « Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui-même. »

Ce qu’est une conviction spirituelle du jugement, nous sommes naturellement conduits à le déterminer d’après ce qui a déjà été dit sous le chef précédent, celui de l’intelligence spirituelle. La conviction du jugement naît de l’illumination de l’entendement ; porter un jugement droit sur les choses dépend d’en avoir une appréhension ou une idée droite. Il s’ensuit donc qu’une conviction spirituelle de la vérité des grandes choses de l’Évangile est une conviction qui naît de ce qu’on a dans l’esprit une vue ou une appréhension spirituelle de ces choses. Et cela ressort aussi de l’Écriture, qui représente souvent qu’une croyance salutaire à la réalité et à la divinité des choses qui nous sont proposées et présentées dans l’Évangile vient de ce que l’Esprit de Dieu éclaire l’esprit pour qu’il ait des appréhensions droites de la nature de ces choses, et ainsi, pour ainsi dire, les dévoile ou les révèle, et rend l’esprit capable de les contempler et de les voir telles qu’elles sont. Luc 10:21, 22 : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi. Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît qui est le Fils, si ce n’est le Père, ni qui est le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » Jean 6:40 : « Et c’est ici la volonté de celui qui m’a envoyé, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle. » D’où il est clair que la vraie foi naît d’une vue spirituelle de Christ. Et Jean 17:6, 7, 8 : « J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m’as donné vient de toi. Car je leur ai donné les paroles que tu m’as données; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. » Où l’acte par lequel Christ manifesta le nom de Dieu aux disciples, c’est-à-dire leur donna une vraie appréhension et une vraie vue des choses divines, fut ce par quoi ils connurent que la doctrine de Christ était de Dieu, et que Christ lui-même venait de lui et était envoyé par lui : Matthieu 16:16, 17 : « Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la parole, lui dit: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. » 1 Jean 5:10 : « Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui-même. » Galates 1:14, 15, 16 : « étant animé d’un zèle excessif pour les traditions de mes pères. Mais, lorsqu’il plut à celui qui m’avait mis à part dès le sein de ma mère, et qui m’a appelé par sa grâce, de révéler en moi son Fils, afin que je l’annonçasse parmi les païens, aussitôt, je ne consultai ni la chair ni le sang. »

S’il en est ainsi, que soit spirituelle la conviction de la divinité et de la réalité des choses présentées dans l’Évangile qui naît d’une intelligence spirituelle de ces choses, j’ai déjà montré ce qu’est cette intelligence, à savoir un sentiment et un goût de l’excellence et de la beauté divines, suprêmes et saintes de ces choses. De sorte que l’esprit est spirituellement convaincu de la divinité et de la vérité des grandes choses de l’Évangile lorsque cette conviction naît, soit directement, soit de loin, d’un tel sentiment ou d’une telle vue de leur excellence et de leur gloire divines, telles qu’elles y sont présentées. Cela découle clairement de ce qui a déjà été dit ; et sur ce point l’Écriture est très claire et formelle, 2 Corinthiens 4:3-6 : « Si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent; pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence, afin qu’ils ne vissent pas briller la splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu. Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes; c’est Jésus-Christ le Seigneur que nous prêchons, et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus. Car Dieu, qui a dit: La lumière brillera du sein des ténèbres! a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ. » Avec le dernier verset du chapitre précédent, qui introduit celui-ci : « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit. » Rien ne peut être plus évident que le fait qu’une croyance salutaire à l’Évangile est ici présentée par l’apôtre comme naissant de ce que l’esprit est éclairé pour contempler la gloire divine des choses que l’Évangile présente.

Cette vue ou ce sentiment de la gloire divine et de la beauté sans égale des choses qui nous sont présentées dans l’Évangile tend à convaincre l’esprit de leur divinité de deux manières : directement, et d’une manière plus indirecte et plus éloignée. 1. Une vue de cette gloire divine convainc directement l’esprit de la divinité de ces choses, car cette gloire est en elle-même une évidence directe, claire et victorieuse de toute résistance ; surtout lorsqu’elle est clairement découverte, ou lorsque ce sens surnaturel est donné à un bon degré.

Celui dont le jugement est ainsi directement convaincu et assuré de la divinité des choses de l’Évangile, par une vue claire de leur gloire divine, a une conviction raisonnable ; sa croyance et son assurance sont entièrement conformes à la raison, parce que la gloire et la beauté divines des choses divines sont en elles-mêmes une évidence réelle de leur divinité, et l’évidence la plus directe et la plus forte. Celui qui voit véritablement la gloire divine, transcendante et suprême des choses qui sont divines connaît, pour ainsi dire, leur divinité intuitivement : il ne se contente pas d’arguer qu’elles sont divines, il voit qu’elles sont divines ; il voit en elles ce en quoi consiste principalement la divinité ; car c’est dans cette gloire, si immensément et si inexprimablement distincte de la gloire des choses faites de main d’homme et de toute autre gloire, que consiste principalement la vraie notion de la divinité. Dieu est Dieu, distingué de tous les autres êtres et élevé au-dessus d’eux, principalement par sa beauté divine, qui est infiniment différente de toute autre beauté. — Ceux donc qui voient l’empreinte de cette gloire dans les choses divines voient en elles la divinité, voient Dieu en elles, et voient qu’elles sont divines, parce qu’ils voient en elles ce en quoi consiste l’idée la plus vraie de la divinité. Ainsi une âme peut avoir une sorte de connaissance intuitive de la divinité des choses présentées dans l’Évangile ; non qu’elle juge que les doctrines de l’Évangile viennent de Dieu sans aucun argument ni aucune déduction ; mais cela se fait sans une longue chaîne d’arguments : l’argument est unique, et l’évidence directe ; l’esprit s’élève à la vérité de l’Évangile par un seul degré, et ce degré, c’est sa gloire divine.

Il serait fort étrange qu’un chrétien de profession niât qu’il soit possible qu’il y ait dans les choses divines une excellence si transcendante et si extrêmement différente de ce qui se trouve dans les autres choses que, si elle était vue, elle les distinguerait manifestement. Nous ne pouvons raisonnablement douter que les choses qui sont divines, qui appartiennent à l’Être suprême, ne soient immensément différentes des choses humaines ; qu’il n’y ait en elles une excellence haute et glorieuse, digne de Dieu, qui les distingue tellement des choses qui viennent des hommes que la différence est inévitable ; une excellence telle, par conséquent, que, si elle est vue, elle exercera sur quiconque l’influence la plus convaincante et la plus satisfaisante, lui montrant qu’elles sont ce qu’elles sont, à savoir divines. Sans aucun doute il y a dans l’Être divin cette gloire et cette excellence par lesquelles il est si infiniment distingué de tous les autres êtres que, si elles étaient vues, on pourrait le connaître par elles. Il serait donc fort déraisonnable de nier qu’il soit possible à Dieu de donner des manifestations de cette excellence distinctive dans les choses par lesquelles il lui plaît de se faire connaître, et que cette excellence distinctive puisse y être clairement vue. Il y a des excellences naturelles qui distinguent très manifestement leurs sujets ou leurs auteurs aux yeux de quiconque les contemple. Combien le langage d’un homme intelligent diffère immensément de celui d’un petit enfant ! Et combien le langage de certains hommes de grand génie, comme Homère, Cicéron, Milton, Locke, Addison et d’autres, se distingue de celui de beaucoup d’autres hommes intelligents ! On ne saurait fixer de limites aux degrés de manifestation de l’excellence de l’esprit qu’il peut y avoir dans le langage. Mais les manifestations des perfections naturelles de Dieu, dans les révélations qu’il fait de lui-même, peuvent sans doute être indiciblement plus manifestement distinctives que les manifestations de ces excellences par lesquelles des vers de terre diffèrent les uns des autres. Celui qui connaît bien les hommes et leurs œuvres peut, en regardant le soleil, savoir que ce n’est pas un ouvrage humain. Et il est raisonnable de supposer que, lorsque Christ viendra à la fin du monde dans la gloire de son Père, ce sera avec de si ineffables manifestations de divinité qu’elles ne laisseront aucun doute aux habitants du monde, pas même aux incrédules les plus obstinés, que celui qui paraît est une personne divine. Mais par-dessus tout, les manifestations de la gloire morale et spirituelle de l’Être divin (qui est la beauté propre de la divinité) portent en elles leur propre évidence et tendent à donner au cœur l’assurance. C’est ainsi que les disciples furent assurés que Jésus était le Fils de Dieu, « car ils contemplèrent sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père, pleine de grâce et de vérité », Jean 1:14. Lorsque Christ apparut à ses disciples dans la gloire de sa transfiguration, avec cette gloire extérieure offerte à leurs yeux corporels, qui était un doux et admirable symbole et une image de sa gloire spirituelle, en même temps que sa gloire spirituelle elle-même était manifestée à leur esprit, cette manifestation de gloire fut telle qu’elle les assura parfaitement, et à bon droit, de sa divinité ; comme il ressort de ce qu’en dit l’un d’eux, à savoir l’apôtre Pierre, 2 Pierre 1:16, 17, 18 : « Ce n’est pas, en effet, en suivant des fables habilement conçues, que nous vous avons fait connaître la puissance et l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, mais c’est comme ayant vu sa majesté de nos propres yeux. Car il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire, quand la gloire magnifique lui fit entendre une voix qui disait: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. Et nous avons entendu cette voix venant du ciel, lorsque nous étions avec lui sur la sainte montagne. » L’apôtre appelle cette montagne la sainte montagne, parce que les manifestations de Christ qui y furent faites à leur esprit, et dont leur esprit fut tout particulièrement frappé et ravi, étaient la gloire de sa sainteté, ou la beauté de son excellence morale ; ou, comme l’exprime un autre de ces disciples, qui la vit, « sa gloire, comme pleine de grâce et de vérité ».

Or cette gloire distinctive de l’Être divin trouve son apparition et sa manifestation les plus éclatantes dans les choses qui nous sont proposées et présentées dans l’Évangile : les doctrines qui y sont enseignées, la parole qui y est prononcée, et les conseils, les actes et les œuvres divins qui y sont révélés. Ces choses offrent les représentations et les manifestations les plus claires, les plus admirables et les plus distinctives de la gloire des perfections morales de Dieu qui aient jamais été faites au monde. Et s’il y a dans l’Évangile une telle manifestation distinctive et probante de la gloire divine, il est raisonnable de supposer qu’il peut exister une chose telle que la voir. Qu’est-ce qui empêcherait qu’elle puisse être vue ? Que certains ne la voient pas, ce n’est pas un argument qu’elle ne puisse être vue, bien qu’ils puissent être des hommes perspicaces dans les choses temporelles. S’il y a dans l’Évangile de telles excellences ineffables, distinctives et probantes, il est raisonnable de supposer qu’elles sont de celles qui ne peuvent être discernées que par l’influence particulière et les illuminations de l’Esprit de Dieu. Il faut une force d’esprit peu commune pour discerner les excellences distinctives des œuvres des auteurs de grand génie : ce qui, chez Milton, paraît fade et imparfait aux juges médiocres, ce sont ses excellences inimitables aux yeux de ceux qui ont plus de discernement et un meilleur goût. Et s’il y a un livre dont Dieu est l’auteur, il est tout à fait raisonnable de supposer que les gloires distinctives de sa parole sont d’une nature telle que la corruption du cœur des hommes, qui plus que toute autre chose éloigne les hommes de la Divinité, et rend le cœur lourd et stupide à l’égard de tout sentiment ou de tout goût des choses en quoi consiste la gloire morale des perfections divines : je dis qu’il n’est que raisonnable de supposer que cela aveuglerait les hommes et les empêcherait de discerner les beautés d’un tel livre ; et que par conséquent ils ne les verront pas, sinon dans la mesure où il plaira à Dieu de les éclairer et de leur rendre un goût saint, pour discerner et savourer les beautés divines.

Ce sentiment de l’excellence et de la beauté spirituelles des choses divines tend aussi directement à convaincre l’esprit de la vérité de l’Évangile, en ce qu’il y a un très grand nombre des choses les plus importantes déclarées dans l’Évangile, cachées aux yeux des hommes naturels, dont la vérité consiste en fait dans cette excellence, ou en dépend si immédiatement et en résulte de telle sorte que, cette excellence étant vue, la vérité de ces choses est vue. Dès que les yeux s’ouvrent pour contempler la sainte beauté et l’amabilité qui sont dans les choses divines, une multitude de doctrines très importantes de l’Évangile qui en dépendent (et qui toutes paraissent étranges et obscures aux hommes naturels) sont vues tout d’un coup comme vraies. Ainsi, par exemple, par là apparaît la vérité de ce que la parole de Dieu déclare touchant l’extrême malignité du péché ; car le même œil qui discerne la beauté transcendante de la sainteté y voit nécessairement l’extrême odiosité du péché : le même goût qui savoure la douceur du vrai bien moral goûte l’amertume du mal moral. Et par ce moyen un homme voit son propre état de péché et sa propre abjection ; car il a maintenant un sens pour discerner les objets de cette nature ; et il voit ainsi la vérité de ce que la parole de Dieu déclare touchant le caractère extrêmement pécheur du genre humain, ce qu’il ne voyait pas auparavant. Il voit maintenant d’une manière nouvelle l’affreuse souillure de son cœur et la dépravation désespérée de sa nature ; car son âme a maintenant reçu un sens pour sentir la douleur d’une telle maladie ; et cela lui montre la vérité de ce que l’Écriture révèle touchant la corruption de la nature humaine, le péché originel de l’homme, la condition ruineuse et perdue où il se trouve, son besoin d’un Sauveur, et son besoin de la puissance souveraine de Dieu pour renouveler son cœur et changer sa nature. Les hommes, en voyant la vraie excellence de la sainteté, voient la gloire de toutes ces choses que la raison et l’Écriture montrent être dans l’Être divin ; car on a montré que leur gloire en dépend ; et par là ils voient la vérité de tout ce que l’Écriture déclare touchant l’excellence et la majesté glorieuses de Dieu, le fait qu’il est la source de tout bien, le seul bonheur de la créature, etc. Et cela montre encore à l’esprit la vérité de ce que l’Écriture enseigne touchant le mal du péché commis contre un Dieu si glorieux ; et aussi la vérité de ce qu’elle enseigne touchant le juste salaire que mérite le péché, ce terrible châtiment qu’elle révèle ; et aussi touchant l’impossibilité où nous sommes d’offrir aucune satisfaction ou aucune expiation suffisante pour ce qui est si infiniment mauvais et odieux. Et cela montre encore la vérité de ce que l’Écriture révèle touchant la nécessité d’un Sauveur, pour offrir une expiation d’une valeur infinie pour le péché. Et ce sentiment de la beauté spirituelle dont on a parlé rend l’âme capable de voir la gloire des choses que l’Évangile révèle touchant la personne de Christ ; et ainsi de voir l’extrême beauté et la dignité de sa personne, telles qu’elles apparaissent dans ce que l’Évangile présente de sa parole, de ses œuvres, de ses actes et de sa vie : et cette appréhension de la dignité suprême de sa personne montre la vérité de ce que l’Évangile déclare touchant la valeur de son sang et de sa justice, et par suite l’excellence infinie de l’offrande qu’il a faite à Dieu pour nous, et ainsi sa suffisance pour expier nos péchés et nous rendre agréables à Dieu. Et c’est ainsi que l’Esprit de Dieu découvre la voie du salut par Christ ; c’est ainsi que l’âme voit la convenance et la justesse de cette voie du salut, l’admirable sagesse de son plan, et la parfaite correspondance entre la provision que l’Évangile présente (comme faite pour nous) et nos besoins. Un sentiment de la vraie beauté divine étant donné à l’âme, l’âme discerne la beauté de chaque partie du plan de l’Évangile. Cela montre aussi à l’âme la vérité de ce que la parole de Dieu déclare touchant le bonheur suprême de l’homme, en tant qu’il consiste dans de saints exercices et de saintes jouissances. Cela montre la vérité de ce que l’Évangile déclare touchant la gloire ineffable de l’état céleste. Et ce que les prophéties de l’Ancien Testament et les écrits des apôtres déclarent touchant la gloire du royaume du Messie devient maintenant tout à fait clair ; de même que ce que l’Écriture enseigne touchant les raisons et les fondements de notre devoir. La vérité de toutes ces choses révélées dans l’Écriture, et de beaucoup d’autres qu’on pourrait mentionner, n’apparaît à l’âme que parce que lui est communiqué ce goût spirituel de la beauté divine dont on a parlé ; ces choses étant auparavant cachées pour elle.

Et outre tout cela, la vérité de tout ce que l’Écriture dit de la religion expérimentale est ainsi connue ; car ces choses sont maintenant éprouvées. Et cela convainc l’âme que l’auteur des Écritures fut quelqu’un qui connaissait le cœur de l’homme mieux que nous ne connaissons notre propre cœur, et qui connaissait parfaitement la nature de la vertu et de la sainteté. Et le fait que s’ouvre ainsi au regard, avec une telle clarté, tout un monde de vérités merveilleuses et glorieuses dans l’Évangile, auparavant inconnues parce qu’elles étaient tout à fait au-dessus de la portée d’un œil naturel, mais qui paraissent maintenant si claires et si éclatantes, exerce sur l’âme une influence puissante et invincible pour la persuader de la divinité de l’Évangile.

À moins que les hommes ne puissent parvenir à une persuasion et à une conviction raisonnables et solides de la vérité de l’Évangile par ses évidences internes, de la manière dont on a parlé, à savoir par la vue de sa gloire, il est impossible que ceux qui sont illettrés et ignorants de l’histoire en aient jamais aucune conviction profonde et efficace. Ils peuvent, sans cela, y voir une grande probabilité ; il peut être raisonnable pour eux d’accorder beaucoup de crédit à ce que leur disent les savants et les historiens ; et ceux-ci peuvent leur en dire tant qu’il leur paraîtra très probable et très rationnel que la religion chrétienne est vraie, et tant qu’ils seraient fort déraisonnables de ne pas embrasser cette opinion. Mais pour avoir une conviction si claire, si évidente et si assurée qu’elle suffise à les amener à tout vendre avec hardiesse, à courir avec confiance et sans crainte le risque de perdre toutes choses et d’endurer les tourments les plus raffinés et les plus prolongés, à fouler le monde aux pieds et à regarder toutes choses comme de la boue à cause de Christ, l’évidence qu’ils peuvent tirer de l’histoire ne saurait suffire. Il est impossible que des hommes qui n’ont pas quelque vue générale du monde historique, ou de la suite de l’histoire d’âge en âge, saisissent la force des arguments tirés de l’histoire en faveur de la vérité du christianisme à un degré tel qu’ils soient efficacement amenés à tout risquer sur elle. Après tout ce que les savants leur auront dit, il restera dans leur esprit d’innombrables doutes ; ils seront prêts, lorsqu’ils seront pressés par quelque grande épreuve de leur foi, à dire : « Comment sais-je ceci ou cela ? Comment sais-je quand ces histoires ont été écrites ? Les savants me disent que ces histoires ont été attestées de telle et telle manière en leur temps ; mais comment sais-je qu’il y a eu alors de telles attestations ? Ils me disent qu’il y a autant de raison de croire ces faits que n’importe quels autres rapportés à une telle distance ; mais comment sais-je que les autres faits que l’on rapporte de ces siècles-là ont jamais eu lieu ? Ceux qui n’ont pas quelque vue générale de la suite des événements historiques et de l’état du genre humain d’âge en âge ne peuvent voir l’évidence claire que fournit l’histoire de la vérité des faits survenus en des siècles lointains ; mais il leur restera des doutes et des scrupules sans fin.

Mais l’Évangile n’a pas été donné pour les seuls savants. Il y a au moins dix-neuf sur vingt, sinon quatre-vingt-dix-neuf sur cent, de ceux pour qui les Écritures ont été écrites, qui ne sont capables d’aucune conviction certaine ou efficace de l’autorité divine des Écritures par des arguments tels que ceux dont se servent les savants. Si des hommes qui ont été élevés dans le paganisme doivent attendre, pour avoir une conviction claire et certaine de la vérité du christianisme, d’avoir assez de savoir et de connaissance des histoires des nations plus policées pour voir clairement la force de ce genre d’arguments, cela leur rendra l’évidence de l’Évangile immensément embarrassante, et rendra la propagation de l’Évangile parmi eux infiniment difficile. Misérable est la condition des Indiens Houssatunnuck, et d’autres, qui ont récemment manifesté le désir d’être instruits dans le christianisme, s’ils ne peuvent parvenir à aucune évidence de la vérité du christianisme, suffisante pour les amener à tout vendre pour Christ, par aucune autre voie que celle-là.

Il est déraisonnable de supposer que Dieu n’a pourvu son peuple que d’une évidence probable de la vérité de l’Évangile. Il a, avec un grand soin, abondamment pourvu son peuple de l’évidence la plus convaincante, la plus rassurante, la plus satisfaisante et la plus variée de sa fidélité dans l’alliance de grâce, et la lui a donnée ; et, comme le dit David, il « a fait avec moi une alliance éternelle, En tous points bien réglée et offrant pleine sécurité ». Il est donc rationnel de supposer qu’en même temps il ne manquerait pas de régler les choses de telle sorte qu’il n’y eût pas faute d’une évidence aussi grande et aussi claire que c’est là son alliance, et que ces promesses sont ses promesses ; ou, ce qui revient au même, que la religion chrétienne est vraie et que l’Évangile est sa parole. Autrement, c’est en vain qu’il a donné ces grandes assurances de sa fidélité dans son alliance, en la confirmant par son serment et en l’établissant de tant de manières par des sceaux et des gages. Car l’évidence que c’est bien son alliance est proprement le fondement sur lequel reposent toute la force et tout l’effet de ces autres assurances. Nous pouvons donc sans aucun doute supposer et conclure qu’il y a quelque sorte d’évidence, donnée par Dieu, que cette alliance et ces promesses sont les siennes, au-delà de toute simple probabilité ; qu’il nous est présenté certains fondements d’assurance à ce sujet qui, si nous n’y étions pas aveugles, tendent à donner une persuasion plus haute que tout raisonnement tiré de l’histoire, des traditions humaines, etc., dont sont capables les illettrés et ceux qui ignorent l’histoire ; oui, ce qui est un bon fondement de l’assurance la plus haute et la plus parfaite que les hommes aient en quelque cas que ce soit, conformément à ces expressions élevées qu’emploie l’apôtre, Hébreux 10:22 : « Approchons-nous dans la plénitude de la foi. » Et Colossiens 2:2 : « afin qu’ils aient le cœur rempli de consolation, qu’ils soient unis dans la charité, et enrichis d’une pleine intelligence pour connaître le mystère de Dieu, savoir Christ. » Il est raisonnable de supposer que Dieu donnerait la plus grande évidence des choses qui sont les plus grandes, et dont la vérité est pour nous de la plus grande importance ; et dont par conséquent nous désirerons le plus, si nous sommes sages et agissons rationnellement, avoir une assurance pleine, exempte de doute et parfaite. Mais il est certain qu’une telle assurance ne peut être atteinte, par la plus grande partie de ceux qui vivent sous l’Évangile, au moyen d’arguments tirés des traditions, des histoires et des monuments anciens.

Et si nous en venons aux faits et à l’expérience, il n’y a pas la moindre raison de supposer qu’un sur cent de ceux qui ont été de sincères chrétiens, et qui ont eu à cœur de tout vendre pour Christ, soient parvenus par cette voie à leur conviction de la vérité de l’Évangile. Si nous parcourons les histoires des milliers et des milliers de ceux qui sont morts martyrs pour Christ depuis le commencement de la Réforme, et qui ont joyeusement souffert d’extrêmes tortures dans la confiance de la vérité de l’Évangile, et si nous considérons leur situation et leurs ressources, combien peu d’entre eux pouvons-nous raisonnablement supposer être jamais parvenus par cette voie à leur ferme persuasion ; ou plutôt, combien peu pour qui il fût possible de recevoir raisonnablement de tels arguments une assurance si pleine et si forte ! Beaucoup d’entre eux étaient de faibles femmes et des enfants, et la plupart étaient des gens illettrés, dont beaucoup avaient été élevés dans l’ignorance et les ténèbres papistes, et venaient à peine d’en sortir, et qui vécurent et moururent en des temps où ces arguments tirés de l’antiquité et de l’histoire en faveur de la vérité du christianisme n’avaient encore été traités que très imparfaitement. Et, à vrai dire, ce n’est que tout récemment que ces arguments ont été mis dans une lumière claire et convaincante, même par les savants eux-mêmes ; et depuis que cela a été fait, il n’y a jamais eu moins de croyants solides parmi ceux qui ont été élevés dans la vraie religion ; l’incrédulité n’a jamais autant prévalu, en aucun siècle, que dans celui-ci, où ces arguments sont traités avec le plus grand avantage.

Les vrais martyrs de Jésus-Christ ne sont pas ceux qui ont seulement été fermes dans l’opinion que l’Évangile de Christ est vrai, mais ceux qui en ont vu la vérité ; comme l’implique le nom même de martyrs, c’est-à-dire de témoins (nom par lequel l’Écriture les désigne). C’est très improprement qu’on appelle témoins de la vérité d’une chose ceux qui déclarent seulement qu’ils sont fort d’avis que telle chose est vraie. Ceux-là seuls sont de vrais témoins qui peuvent attester, et qui attestent, qu’ils ont vu la vérité de la chose qu’ils affirment : Jean 3:11 : « nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu. » Jean 1:34 : « Et j’ai vu, et j’ai rendu témoignage qu’il est le Fils de Dieu. » 1 Jean 4:14 : « Et nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé le Fils comme Sauveur du monde. » Actes 22:14, 15 : « Le Dieu de nos pères t’a destiné à connaître sa volonté, à voir le Juste, et à entendre les paroles de sa bouche; car tu lui serviras de témoin, auprès de tous les hommes, des choses que tu as vues et entendues. » Or les vrais martyrs de Jésus-Christ sont appelés ses témoins ; et tous les saints qui, par leur sainte conduite au milieu de grandes épreuves, manifestent cette foi qui est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas, sont appelés témoins, Hébreux 11:1 et 12:1, parce que, par leur profession et leur conduite, ils déclarent leur assurance de la vérité et de la divinité de l’Évangile, ayant eu les yeux de leur esprit éclairés pour voir la divinité dans l’Évangile, c’est-à-dire pour contempler cette gloire sans égale, ineffablement excellente et vraiment divine qui y brille, et qui est absolument distinctive, probante et convaincante : de sorte qu’on peut dire avec vérité qu’ils y ont vu Dieu et qu’ils ont vu que l’Évangile est réellement divin ; et ainsi ils peuvent parler dans le style de témoins ; et non seulement dire qu’ils pensent que l’Évangile est divin, mais dire qu’il est divin, en le donnant comme leur témoignage, parce qu’ils ont vu qu’il l’est. Sans doute Pierre, Jacques et Jean, après avoir vu cette excellente gloire de Christ sur la montagne, auraient été prêts, en redescendant, à parler le langage de témoins et à dire positivement que Jésus est le Fils de Dieu ; comme Pierre le dit, ils furent témoins oculaires, 2 Pierre 1:16. Et de même toutes les nations seront prêtes à le dire positivement, lorsqu’elles contempleront sa gloire au jour du jugement ; bien que ce qui sera universellement vu ne soit que sa gloire naturelle, et non sa gloire morale et spirituelle, qui est bien plus distinctive. Mais il faut cependant remarquer que, parmi ceux qui ont une vue spirituelle de la gloire divine de l’Évangile, il y a une grande variété de degrés dans la force de la foi, comme il y a une immense variété de degrés dans la clarté des vues de cette gloire : mais il n’y a point de foi vraie et salutaire, ni de conviction spirituelle du jugement touchant la vérité de l’Évangile, qui n’ait en elle, à quelque degré, quelque chose de cette manifestation de son évidence interne. L’Évangile du Dieu bienheureux ne s’en va pas mendier au-dehors son évidence autant que certains le pensent ; il a en lui-même son évidence la plus haute et la plus propre. On peut cependant faire grand usage des arguments extérieurs : ils ne sont pas à négliger, mais à estimer et à priser hautement ; car ils peuvent être d’un grand secours pour réveiller les incrédules et les amener à une sérieuse considération, et pour affermir la foi des vrais saints ; oui, ils peuvent, à certains égards, servir à engendrer chez les hommes une foi salutaire. Ce qui a été dit auparavant n’en demeure pas moins vrai, à savoir qu’il n’y a point de conviction spirituelle du jugement qui ne naisse d’une appréhension de la beauté et de la gloire spirituelles des choses divines : car, comme on l’a fait observer, cette appréhension ou cette vue tend à convaincre l’esprit de la vérité de l’Évangile de deux manières, soit directement, soit indirectement. Ayant donc déjà fait observer comment elle le fait directement, je passe maintenant,

2. À faire observer comment une vue de cette gloire divine convainc l’esprit de la vérité du christianisme d’une manière plus indirecte.

Premièrement, elle le fait en ce que les préventions du cœur contre la vérité des choses divines sont par là ôtées, de sorte que l’esprit se trouve ainsi ouvert à la force des raisons qui lui sont proposées. L’esprit de l’homme est naturellement plein d’inimitié contre les doctrines de l’Évangile ; ce qui désavantage les arguments qui en prouvent la vérité et leur fait perdre leur force sur l’esprit ; mais lorsque l’excellence divine des doctrines chrétiennes est découverte à quelqu’un, cela détruit cette inimitié, ôte les préventions, sanctifie la raison et la rend ouverte et libre. De là une immense différence quant à la force qu’ont les arguments pour convaincre l’esprit. De là l’effet tout différent qu’eurent les miracles de Christ pour convaincre les disciples, et celui qu’ils eurent pour convaincre les scribes et les pharisiens : non que les disciples eussent une raison plus forte, ou une raison plus cultivée ; mais leur raison était sanctifiée, et ces préventions aveuglantes sous lesquelles se trouvaient les scribes et les pharisiens étaient ôtées par le sentiment qu’ils avaient de l’excellence de Christ et de sa doctrine.

Secondement, non seulement elle ôte les obstacles de la raison, mais elle aide positivement la raison. Elle rend plus vives même les notions spéculatives. Elle aide et fixe l’attention de l’esprit sur ce genre d’objets, ce qui lui en donne une vue plus claire et lui fait voir plus clairement leurs relations mutuelles. Les idées elles-mêmes, qui autrement sont ternes et obscures, reçoivent par ce moyen une lumière et s’impriment avec plus de force, de sorte que l’esprit peut mieux en juger ; comme celui qui contemple les objets à la surface de la terre, lorsque la lumière du soleil tombe sur eux, est mieux placé pour les discerner dans leurs vraies formes et leurs relations mutuelles, et pour voir les marques de la sagesse et de l’habileté divines dans leur agencement, que celui qui les voit à la faible lueur des étoiles ou au crépuscule.

Ce qui a été dit peut servir, dans une certaine mesure, à montrer la nature d’une conviction spirituelle du jugement touchant la vérité et la réalité des choses divines ; et ainsi à distinguer des autres les affections de grâce ; car les affections de grâce s’accompagnent toujours d’une telle conviction du jugement.

Mais avant de quitter ce point, il sera nécessaire d’observer les manières dont certains se trompent à cet égard, et de relever plusieurs choses que l’on prend parfois pour une croyance spirituelle et salutaire à la vérité des choses de la religion, et qui en sont en réalité très différentes.

1. Il y a un degré de conviction de la vérité des grandes choses de la religion qui naît des illuminations communes de l’Esprit de Dieu. Cette appréhension plus vive et plus sensible des choses de la religion, quant à ce qui est naturel en elles, telle qu’en ont les hommes naturels qui sont sous l’effet de réveils et d’illuminations communes, donnera un certain degré de conviction de la vérité des choses divines, au-delà de ce qu’ils avaient avant d’être ainsi éclairés. Car par là ils voient les manifestations qu’il y a, dans la révélation faite dans les saintes Écritures et dans les choses présentées dans cette révélation, des perfections naturelles de Dieu, telles que sa grandeur, sa puissance et sa redoutable majesté ; ce qui tend à convaincre leur esprit que c’est là la parole d’un Dieu grand et terrible. Par les marques de la grandeur et de la majesté de Dieu qu’il y a dans sa parole et dans ses œuvres, et dont ils ont un vif sentiment par l’influence commune de l’Esprit de Dieu, ils peuvent avoir une conviction bien plus grande que ce sont là réellement les paroles et les œuvres d’un Être invisible très grand. Et la vive appréhension de la grandeur de Dieu que peuvent avoir les hommes naturels tend à leur faire sentir la grande culpabilité qu’entraîne le péché contre un tel Dieu, et ce qu’a de terrible sa colère contre le péché. Et cela tend à les amener à croire plus facilement et plus pleinement la révélation que l’Écriture fait d’un autre monde, et de la misère extrême dont elle menace d’y frapper les pécheurs. Et de même, par ce sentiment du grand bien naturel qu’il y a dans les choses de la religion, qui est quelquefois donné dans les illuminations communes, les hommes peuvent être davantage portés à croire la vérité de la religion. Ces choses, des personnes peuvent les avoir, sans avoir pourtant aucun sentiment de la beauté et de l’amabilité de l’excellence morale et sainte qui est dans les choses de la religion ; et par conséquent sans aucune conviction spirituelle de leur vérité. Et pourtant de telles convictions sont quelquefois prises pour des convictions salutaires, et les affections qui en découlent pour des affections salutaires.

2. Les impressions extraordinaires qui sont faites sur l’imagination de certaines personnes, dans les visions et dans les impulsions et suggestions immédiates et fortes qu’elles ont, comme si elles voyaient des apparitions et entendaient des paroles leur être adressées, peuvent engendrer, et engendrent souvent, une forte persuasion de la vérité des choses invisibles. Bien que la tendance générale de telles choses, dans leur aboutissement final, soit de détourner les hommes de la parole de Dieu, de les amener à rejeter l’Évangile, et d’établir l’incrédulité et l’athéisme, cependant, pour le présent, elles peuvent engendrer, et engendrent souvent, une persuasion assurée de la vérité de certaines choses qui sont révélées dans les Écritures ; quoique leur assurance soit fondée sur une illusion, et ne vaille donc rien. Par exemple, si quelque agent invisible imprime immédiatement et fortement sur l’imagination d’une personne l’apparence d’une lumière éclatante, et la forme glorieuse d’un personnage assis sur un trône, avec une grande majesté et une grande beauté extérieures, prononçant quelques paroles remarquables avec une grande force et une grande énergie, la personne qui est le sujet d’une telle opération peut, d’après ce qu’elle a éprouvé, en être assurée qu’il existe des agents invisibles, des êtres spirituels, sachant qu’elle n’a eu elle-même aucune part à cet effet extraordinaire qu’elle a éprouvé ; et elle peut aussi être assurée que c’est Christ qu’elle a vu et entendu parler ; et cela peut lui donner l’assurance qu’il y a un Christ, et que Christ règne sur un trône dans le ciel, tel qu’elle l’a vu ; et elle peut être assurée que les paroles qu’elle l’a entendu prononcer sont vraies, etc. — De la même manière que les miracles mensongers des papistes peuvent, pour le présent, engendrer dans l’esprit des gens ignorants et abusés une forte persuasion de la vérité de beaucoup de choses déclarées dans le Nouveau Testament. Ainsi, lorsque les images de Christ, dans les églises papistes, sont amenées en certaines occasions extraordinaires, par l’artifice des prêtres, à paraître aux yeux du peuple comme si elles pleuraient, versaient du sang frais, se mouvaient et prononçaient telles et telles paroles, le peuple peut être vraiment persuadé que c’est un miracle opéré par Christ lui-même ; et par là être assuré qu’il y a un Christ, et que ce qu’on lui dit de sa mort et de ses souffrances, de sa résurrection, de son ascension et de son gouvernement présent du monde est vrai ; car il peut regarder ce miracle comme une évidence certaine de toutes ces choses, et comme une sorte de démonstration oculaire. Telle peut être, pour le présent, l’influence de ces prodiges mensongers ; bien que leur tendance générale ne soit pas de convaincre que Jésus-Christ est venu en chair, mais de favoriser finalement l’athéisme. Même le commerce que Satan entretient avec les sorcières, et l’expérience fréquente qu’elles font de sa puissance immédiate, tend à les convaincre de la vérité de certaines doctrines de la religion, comme en particulier la réalité d’un monde invisible, ou monde des esprits, contrairement à la doctrine des sadducéens. La tendance générale de l’influence de Satan est l’illusion ; mais il peut cependant mêler quelque vérité à ses mensonges, afin que ses mensonges ne soient pas si aisément découverts.

Il y a des multitudes de gens qui sont abusés par une foi contrefaite, venue d’impressions sur leur imagination, de la manière dont on vient de parler. Ils disent qu’ils savent qu’il y a un Dieu, car ils l’ont vu ; ils savent que Christ est le Fils de Dieu, car ils l’ont vu dans sa gloire ; ils savent que Christ est mort pour les pécheurs, car ils l’ont vu suspendu à la croix, et son sang coulant de ses plaies ; ils savent qu’il y a un ciel et un enfer, car ils ont vu la misère des âmes damnées en enfer, et la gloire des saints et des anges dans le ciel (entendant par là quelques représentations extérieures fortement imprimées sur leur imagination) ; ils savent que les Écritures sont la parole de Dieu, et que telles et telles promesses en particulier sont sa parole, car ils les lui ont entendu prononcer à leur adresse : elles leur sont venues à l’esprit soudainement et immédiatement de la part de Dieu, sans qu’ils y aient eu aucune part.

3. Des personnes peuvent sembler avoir une croyance grandement accrue à la vérité des choses de la religion, alors que le fondement n’en est qu’une persuasion qu’elles ont reçue d’y avoir part. Elles commencent, par un moyen ou par un autre, par concevoir l’assurance que, s’il y a un Christ et un ciel, ils sont à elles ; et cela les prévient davantage en faveur de leur vérité. Quand elles entendent parler des grandes et glorieuses choses de la religion, c’est avec l’idée que toutes ces choses leur appartiennent ; et de là elles en viennent aisément à être assurées qu’elles sont vraies ; elles considèrent qu’il est grandement de leur intérêt qu’elles soient vraies. On voit fort bien quelle forte influence l’intérêt et les inclinations des hommes exercent sur leur jugement. Tant qu’un homme naturel pense que, s’il y a un ciel et un enfer, c’est le second, et non le premier, qui lui revient, il a de la peine à se laisser persuader qu’il y a un ciel ou un enfer ; mais lorsqu’il en vient à être persuadé que l’enfer n’appartient qu’aux autres, et non à lui, alors il peut aisément admettre la réalité de l’enfer, et se récrier contre l’insensibilité et la stupidité des autres, qui négligent les moyens d’y échapper ; et, assuré qu’il est enfant de Dieu et que Dieu lui a promis le ciel, il peut sembler fort dans la foi en sa réalité, et avoir un grand zèle contre l’incrédulité qui la nie.

Mais je passe à un autre signe distinctif des affections de grâce.

Chapitre 19 terminé

V. Les affections véritablement saintes et produites par la grâce s’accompagnent d’une conviction raisonnable et spirituelle du jugement, touchant la réalité et la certitude des choses divines

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