La prière et les hommes de prière
Abraham, l’homme de prière

Chapitre 4 · 5 min de lecture · 6 min d’écoute

Abraham, l’homme de prière

Oh ! s’il se trouvait des hommes et des femmes résolus, qui se lèvent de bon matin et se consument vraiment pour Dieu ! Oh ! s’il se trouvait une foi qui monte d’un élan jusqu’au ciel avec les premières lueurs de l’aube, et qui fasse entrer au port de l’âme des navires chargés venus d’une mer sans rivage, avant que l’ouvrier ordinaire ait fait tomber la rosée de sa faux, ou que le marchand des quatre-saisons ait quitté sa paillasse pour étaler devant les premiers acheteurs les trésors de la nature, ses fruits.—Rév. Homer W. Hodge.

Abraham, l’ami de Dieu, est une illustration frappante de ces saints de l’Ancien Testament qui croyaient fermement à la prière. Abraham n’a rien d’un personnage effacé, bien au contraire. Dans la simplicité et la pénombre de l’économie patriarcale, telle qu’il l’illustre, nous apprenons la valeur de la prière, et nous découvrons aussi son ancienneté. Le fait est que la prière remonte aux premiers âges de l’homme sur la terre. Nous voyons combien l’énergie de la prière est absolument nécessaire dans les plus simples comme dans les plus complexes des économies de la grâce de Dieu. Quand nous étudions le caractère d’Abraham, nous constatons qu’après son appel à partir pour un pays inconnu, au cours de son voyage avec sa famille et les serviteurs de sa maison, partout où il s’arrêtait en chemin, pour la nuit ou plus longtemps, il dressait toujours un autel, et l’Écriture dit qu’il « invoqua le nom de l’Éternel ». Et cet homme de foi et de prière fut l’un des premiers à dresser un autel familial, autour duquel il rassemblait sa maison pour offrir les sacrifices de l’adoration, de la louange et de la prière. Ces autels bâtis par Abraham étaient avant tout, par essence, des autels autour desquels il rassemblait sa maison, à la différence de la prière secrète.

À mesure que les révélations de Dieu devenaient plus complètes et plus parfaites, la vie de prière d’Abraham grandissait, et c’est à l’une de ces époques spirituelles qu’« Abram tomba sur sa face; et Dieu lui parla ». En une autre occasion encore, nous trouvons cet homme, « le père des croyants », la face contre terre devant Dieu, saisi d’un étonnement qui touchait presque à l’incrédulité devant les desseins et les révélations du Dieu tout-puissant à son égard, quand il lui promit un fils dans sa vieillesse, et devant les engagements merveilleux que Dieu prit au sujet de ce fils promis.

Même la destinée d’Ismaël est façonnée par la prière d’Abraham, lorsqu’il pria : « Oh! Qu’Ismaël vive devant ta face! »

Quelle histoire remarquable que celle d’Abraham se tenant devant Dieu et renouvelant ses intercessions pour la ville méchante de Sodome, où demeurait son neveu Lot, et que Dieu avait décidé de détruire ! Le sort de Sodome fut un temps suspendu par la prière d’Abraham, et il fut presque entièrement levé grâce à l’humilité et à l’insistance de la prière de cet homme qui croyait fermement à la prière et qui savait prier. Abraham n’avait pas d’autre recours que la prière pour sauver Sodome. Peut-être l’échec final du sauvetage de Sodome, vouée à la destruction, tint-il à la vue trop optimiste qu’Abraham avait de l’état spirituel de cette ville. Il aurait été possible — qui sait ? — que, si Abraham avait supplié Dieu une fois de plus et lui avait demandé d’épargner la ville même s’il ne s’y trouvait qu’un seul juste, à cause de Lot, Dieu eût prêté l’oreille à la requête d’Abraham.

Remarquez un autre épisode de la vie d’Abraham, qui montre combien il était un homme de prière et avait de la puissance auprès de Dieu. Abraham s’était rendu à Guérar et y séjournait. Craignant qu’Abimélec ne le tue et ne s’approprie Sara, sa femme, pour assouvir sa convoitise, il trompa Abimélec en prétendant que Sara était sa sœur. Dieu apparut à Abimélec dans un songe et l’avertit de ne pas toucher Sara, lui disant qu’elle était la femme d’Abraham et non sa sœur. Puis il dit à Abimélec : « Maintenant, rends la femme de cet homme; car il est prophète, il priera pour toi, et tu vivras. » Et la conclusion de l’épisode est rapportée ainsi : « Abraham pria Dieu, et Dieu guérit Abimélec, sa femme et ses servantes; et elles purent enfanter. Car l’Éternel avait frappé de stérilité toute la maison d’Abimélec, à cause de Sara, femme d’Abraham. »

C’était un cas assez semblable à celui de Job, au terme de son épreuve effroyable et de ses terribles souffrances, lorsque ses amis, ne comprenant pas Job et ne saisissant pas davantage les voies de Dieu envers ce serviteur qui était le sien, accusèrent faussement Job d’être dans le péché, comme si c’était là la cause de tous ses malheurs. Dieu dit à ces amis de Job : « Job, mon serviteur, priera pour vous, et c’est par égard pour lui seul que je ne vous traiterai pas selon votre folie. L’Éternel rétablit Job dans son premier état, quand Job eut prié pour ses amis. »

Le Dieu tout-puissant connaissait son serviteur Job comme un homme de prière, et il pouvait se permettre d’envoyer vers lui ces amis de Job pour qu’il prie, afin de réaliser et d’accomplir ses plans et ses desseins.

C’était la règle d’Abraham de se tenir devant le Seigneur dans la prière. Sa vie était saturée de prière, et l’économie sous laquelle vivait Abraham était sanctifiée par la prière. Car partout où il faisait halte dans son pèlerinage, la prière était sa compagne inséparable. À côté de l’autel du sacrifice se dressait l’autel de la prière. Il se leva de bon matin pour aller au lieu où il se tenait devant le Seigneur dans la prière.

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