Chapitre 2 · 10 min de lecture · 12 min d’écoute
Les saints de l’Ancien Testament qui priaient
Le Saint-Esprit donnera au saint qui prie l’éclat d’une espérance immortelle, la musique d’un chant qui ne meurt pas ; par son baptême et sa communion avec le cœur, il donnera du ciel des visions plus douces et plus vastes, jusqu’à ce que le goût des autres choses s’affadisse et que les autres visions pâlissent et s’éloignent. Il mettra dans les cœurs humains des accents d’autres mondes, jusqu’à ce que toute la musique de la terre ne soit plus que discorde et silence.—Rév. E. M. Bounds
L’histoire de l’Ancien Testament est remplie de récits de saints qui priaient. Les chefs d’Israël, en ces premiers temps, étaient connus pour leurs habitudes de prière. La prière est la chose qui ressort avec éclat dans leur vie.
Pour commencer, remarquez l’épisode de Josué 10, où les astres eux-mêmes furent soumis à la prière. Une longue bataille était engagée entre les Israélites et leurs ennemis ; la nuit approchait rapidement, et l’on s’aperçut qu’il fallait encore quelques heures de jour pour assurer la victoire aux armées du Seigneur. Alors Josué, ce robuste homme de Dieu, se jeta sur la brèche par la prière. Le soleil déclinait trop vite à l’occident pour que le peuple de Dieu pût recueillir tous les fruits d’une victoire mémorable ; et Josué, voyant combien de choses dépendaient de ce moment, s’écria aux yeux et aux oreilles d’Israël : « Soleil, arrête-toi sur Gabaon, Et toi, lune, sur la vallée d’Ajalon. » Et le soleil s’arrêta réellement, et la lune interrompit sa course, au commandement de cet homme de Dieu qui priait, jusqu’à ce que le peuple du Seigneur se fût vengé des ennemis du Seigneur.
Jacob n’était pas un modèle rigoureux de justice avant sa nuit entière de prière. Il était pourtant un homme de prière et croyait au Dieu de la prière. Aussi le voyons-nous prompt à invoquer Dieu dans la prière quand il était dans la détresse. Il fuyait la maison par crainte d’Ésaü et se rendait chez Laban, un parent. Comme la nuit tombait, il s’arrêta en un certain lieu pour reprendre des forces dans le sommeil ; et pendant qu’il dormait, il eut un songe merveilleux où il vit les anges de Dieu monter et descendre sur une échelle qui allait de la terre au ciel. Il n’est pas étonnant qu’à son réveil il se soit senti poussé à s’écrier : « Certainement, l’Éternel est en ce lieu, et moi, je ne le savais pas. »
C’est alors qu’il conclut une alliance très précise avec le Dieu Tout-Puissant et que, dans la prière, il fit un vœu à l’Éternel, en disant : « Si Dieu est avec moi et me garde pendant ce voyage que je fais, s’il me donne du pain à manger et des habits pour me vêtir, et si je retourne en paix à la maison de mon père, alors l’Éternel sera mon Dieu; cette pierre, que j’ai dressée pour monument, sera la maison de Dieu; et je te donnerai la dîme de tout ce que tu me donneras. »
Profondément conscient de son entière dépendance à l’égard de Dieu, et désirant par-dessus tout le secours de Dieu, Jacob assortit d’un vœu solennel sa prière pour obtenir protection, bénédiction et direction. Ainsi Jacob appuya sa prière à Dieu par un vœu.
Vingt années s’étaient écoulées pendant que Jacob séjournait chez Laban ; il avait épousé deux de ses filles et Dieu lui avait donné des enfants. Il s’était grandement enrichi, et il résolut de quitter ce lieu pour retourner là où il avait été élevé. Approchant de chez lui, il songea qu’il lui faudrait rencontrer son frère Ésaü, dont la colère ne s’était pas apaisée malgré les nombreuses années écoulées. Dieu, cependant, lui avait dit : « Retourne au pays de tes pères et dans ton lieu de naissance, et je serai avec toi. » Dans cette situation critique, sans doute la promesse de Dieu et le vœu qu’il avait fait jadis lui revinrent-ils à l’esprit, et il se livra à toute une nuit de prière. Ici se présente à nous cet étrange et inexplicable épisode de l’ange luttant avec Jacob toute la nuit, jusqu’à ce que Jacob remporte enfin la victoire. « Je ne te laisserai point aller, que tu ne m’aies béni. » Et là, sur-le-champ, en réponse à sa prière ardente, pressante et insistante, il fut richement béni pour lui-même, et son nom fut changé. Mais plus encore, Dieu devança le désir de Jacob et agit étrangement sur la nature irritée d’Ésaü ; et voici que, lorsque Jacob le rencontra le lendemain, la colère d’Ésaü était entièrement tombée, et il rivalisa avec Jacob de bonté envers ce frère qui lui avait fait tort. Aucune explication de ce changement remarquable dans le cœur d’Ésaü n’est satisfaisante si elle laisse de côté la prière.
Samuel, le puissant intercesseur en Israël et homme de Dieu, fut le fruit de la prière de sa mère. Anne est un exemple mémorable de la nature et des bienfaits de la prière insistante. Aucun fils ne lui était né, et elle languissait après un enfant mâle. Toute son âme était dans ce désir. Elle se rendit donc au lieu de culte où se trouvait Éli, le sacrificateur de Dieu ; chancelant sous le poids de ce qui pesait sur son cœur, elle était hors d’elle-même et semblait réellement ivre. Ses désirs étaient trop intenses pour se dire en paroles. « Elle répandait son âme en prière devant l’Éternel. » Des difficultés naturelles insurmontables lui barraient la route, mais elle « multiplia ses prières », comme le veut le sens du passage, jusqu’à ce que son cœur allégé par Dieu et son visage rayonnant attestent l’exaucement de ses prières ; et Samuel fut à elle par une foi consciente, et une nation fut restaurée par la foi.
Samuel naquit en réponse à la prière accompagnée d’un vœu que fit Anne ; car l’alliance solennelle qu’elle conclut avec Dieu, s’il exauçait sa demande, ne doit pas être laissée de côté quand on examine cet épisode d’une femme qui priait et de l’exaucement qu’elle reçut. Il est suggestif qu’en Jacques 5:15, « la prière de la foi sauvera le malade », le mot traduit par « prière » signifie un vœu. De sorte que la prière, dans sa forme de foi la plus haute, est celle qui engage l’homme tout entier comme une offrande sacrificielle. Se consacrer ainsi tout entier, soi-même et tout ce que l’on a, à Dieu, par un vœu précis et réfléchi, qui ne doit jamais être rompu, dans un désir ardent et inextinguible du ciel — une telle attitude de consécration à Dieu aide puissamment la prière. Samson est quelque peu un paradoxe quand on examine son caractère religieux. Mais au milieu de toutes ses fautes, qui étaient graves à l’extrême, il connaissait le Dieu qui exauce la prière, et il savait parler à Dieu.
Si loin qu’Israël se fût égaré, si bas qu’il fût tombé, si dures que fussent les chaînes de fer qui le liaient, son cri vers Dieu franchissait aisément la distance, sondait les profondeurs et brisait les chaînes. C’était la leçon qu’ils apprenaient sans cesse et oubliaient toujours : la prière amenait toujours Dieu à leur délivrance, et il n’y avait rien de trop difficile pour Dieu quand il s’agissait de son peuple. Nous trouvons tous les saints de Dieu dans la détresse à différents moments, d’une manière ou d’une autre. Leurs détresses sont pourtant souvent les messagères de leurs grands triomphes. Mais quelle que soit la cause de leurs détresses, et de quelque espèce qu’elles soient, il n’est aucune détresse, si terrible soit-elle, quelle qu’en soit la source et quelle qu’en soit la nature, dont la prière n’ait pu les tirer. La grande force de Samson ne le soulage pas et ne le tire pas de ses détresses. Lisez ce que disent les Écritures :
« Lorsqu’il arriva à Léchi, les Philistins poussèrent des cris à sa rencontre. Alors l’esprit de l’Éternel le saisit. Les cordes qu’il avait aux bras devinrent comme du lin brûlé par le feu, et ses liens tombèrent de ses mains.
« Il trouva une mâchoire d’âne fraîche, il étendit sa main pour la prendre, et il en tua mille hommes.
« Et Samson dit: Avec une mâchoire d’âne, un monceau, deux monceaux; Avec une mâchoire d’âne, j’ai tué mille hommes.
« Quand il eut achevé de parler, il jeta de sa main la mâchoire. Et l’on appela ce lieu Ramath-Léchi.
« Pressé par la soif, il invoqua l’Éternel, et dit: C’est toi qui as permis par la main de ton serviteur cette grande délivrance; et maintenant mourrais-je de soif, et tomberais-je entre les mains des incirconcis?
« Dieu fendit la cavité du rocher qui est à Léchi, et il en sortit de l’eau. Samson but, son esprit se ranima, et il reprit vie. »
Nous avons un autre épisode dans le cas de cet étrange personnage de l’Ancien Testament, qui montre comment, dans une grande détresse, l’esprit de ces hommes se tournait involontairement vers Dieu dans la prière. Si déréglée que fût leur vie, si loin de Dieu qu’ils se fussent écartés, si pécheurs qu’ils pussent être, quand le malheur fondait sur ces hommes, ils invoquaient invariablement Dieu pour être délivrés ; et, en règle générale, quand ils se repentaient, Dieu entendait leurs cris et accordait leurs demandes. Cet épisode se situe à la fin de la vie de Samson et nous montre comment sa vie s’acheva.
Lisez le récit tel qu’on le trouve en Juges 16. Samson s’était lié avec Delila, une femme païenne, et celle-ci, de connivence avec les Philistins, chercha à découvrir la source de son immense force. Trois fois de suite elle échoua ; mais enfin, à force d’insistance et d’artifices féminins, elle persuada Samson de lui révéler ce merveilleux secret. Ainsi, à une heure où il ne se méfiait pas, il lui découvrit que la source de sa force était dans sa chevelure, qui n’avait jamais été coupée ; et elle le priva de sa grande puissance physique en lui coupant les cheveux. Elle appela les Philistins, qui vinrent lui crever les yeux et le maltraitèrent encore de bien d’autres manières.
Un jour que les Philistins s’étaient rassemblés pour offrir un grand sacrifice à Dagon, leur dieu idole, ils firent venir Samson pour qu’il les divertisse. Et voici le récit de ce qui se passa tandis qu’il se tenait là, sans doute devenu la risée de ces ennemis qui étaient les siens et ceux de Dieu.
« Et Samson dit au jeune homme qui le tenait par la main: Laisse-moi, afin que je puisse toucher les colonnes sur lesquelles repose la maison et m’appuyer contre elles.
« La maison était remplie d’hommes et de femmes; tous les princes des Philistins étaient là, et il y avait sur le toit environ trois mille personnes, hommes et femmes, qui regardaient Samson jouer.
« Alors Samson invoqua l’Éternel, et dit: Seigneur Éternel! Souviens-toi de moi, je te prie; ô Dieu! Donne-moi de la force seulement cette fois, et que d’un seul coup je tire vengeance des Philistins pour mes deux yeux! Et Samson embrassa les deux colonnes du milieu sur lesquelles reposait la maison, et il s’appuya contre elles; l’une était à sa droite, et l’autre à sa gauche.
« Samson dit: Que je meure avec les Philistins! Il se pencha fortement, et la maison tomba sur les princes et sur tout le peuple qui y était. Ceux qu’il fit périr à sa mort furent plus nombreux que ceux qu’il avait tués pendant sa vie. »
Chapitre 2 terminé
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