La prière et les hommes de prière
Introduction

Chapitre 1 · 4 min de lecture · 6 min d’écoute

Introduction

Le révérend Edward McKendrie Bounds était passionnément dévoué à son Seigneur et Sauveur bien-aimé, Jésus-Christ. Son dévouement avait ceci d’extraordinaire qu’il priait et écrivait à son sujet sans cesse, hormis pendant ses heures de sommeil.

Dieu donna à Bounds un cœur élargi et un désir insatiable de le servir. À cette fin, il jouissait de ce que j’aime appeler une inspiration transcendante ; sans quoi il n’aurait jamais pu tirer de son trésor des choses nouvelles et anciennes qui dépassent de loin tout ce que nous avons connu ou lu depuis un demi-siècle.

Bounds est sans conteste la Bételgeuse du ciel de la dévotion. Aucun homme ayant vécu depuis les jours des apôtres ne l’a surpassé dans la profondeur de ses merveilleuses recherches sur la vie de prière.

Il était tout occupé à écrire ses manuscrits quand le Seigneur lui dit : « C’est bien, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître. » Ses lettres me parvenaient souvent à Brooklyn, N.Y., en 1911, 1912 et 1913, et disaient : « Priez pour moi, afin que Dieu me donne des nerfs neufs et des visions nouvelles pour achever les manuscrits. »

Wesley était d’un naturel des plus doux et des plus prompts au pardon, mais, une fois piqué, c’était un homme « d’une pénétration des plus aiguës, doué d’une parole qui mordait comme un coup de fouet ». Bounds était doux et humble, et jamais nous ne l’avons vu rendre la pareille à aucun de ses ennemis. Il pleurait sur eux et priait pour eux avec larmes, du matin jusqu’au soir.

Wesley se laissait facilement duper. « Mon frère, dit un jour Charles d’un ton dégoûté, était, je crois, né pour le profit des fripons. » Personne ne pouvait abuser de la crédulité de Bounds. C’était un diagnosticien d’un rare talent. Bounds se détournait de tous ceux qui ne professaient la foi que par imposture, et ne perdait pas de temps avec eux.

Wesley prêchait et chevauchait toute la journée. Bounds priait et écrivait jour et nuit.

Dans ses dernières années, Wesley ne tolérait aucune déformation de ses positions doctrinales. Bounds, à cet égard, lui ressemblait beaucoup.

Wesley connut la célébrité de son vivant. Il était toujours sous les yeux du public. Bounds, bien qu’il ait dirigé un Christian Advocate pendant douze ans, était peu connu hors de son Église.

À quatre-vingt-six ans, Wesley pouvait encore prêcher trente minutes dans la rue. À soixante-quinze ans, Bounds pouvait, dès la première heure de la quatrième veille, prier trois heures à genoux.

À sa mort, Wesley avait joui de cinquante-six années de faveur. Son nom était sur toutes les lèvres. Le christianisme était né de nouveau en Angleterre sous sa puissante prédication et son organisation. Bounds est resté relativement inconnu pendant cinquante ans, mais il retrouvera, au cours des cinquante prochaines années, « le secret perdu et oublié de l’Église ».

La piété, le génie et la popularité de Wesley ont coulé dès sa jeunesse comme un fleuve majestueux. Ceux de Bounds ont été endigués, mais voici qu’ils commencent à déferler avec une force irrésistible, et avant longtemps il sera le puissant Amazone du monde de la dévotion.

Henry Crabbe Robinson écrivit dans son journal, après avoir entendu Wesley prêcher à Colchester : « Il se tenait dans une large chaire, et de chaque côté de lui se tenait un pasteur ; tous deux le soutenaient. Sa voix était faible et on l’entendait à peine, mais son visage vénérable, surtout ses longs cheveux blancs, formait un tableau à jamais inoubliable. » L’auteur de ces lignes céda sa chaire de Brooklyn, en 1912, au révérend E. M. Bounds, dix mois tout juste avant sa mort. Sa voix était faible et ses périodes n’étaient pas bien arrondies. Son sermon ne dura que vingt minutes ; il arriva tranquillement à la fin et parut épuisé.

Wesley eut de l’argent en suffisance, et même plus, tout au long de sa carrière. Bounds ne se souciait pas de l’argent. Il ne le méprisait pas ; il le considérait comme la forme de puissance la plus basse.

Wesley mourut « l’œil rayonnant et les lèvres éclatant en louange ». « Le meilleur de tout, c’est que Dieu est avec nous », écrivit Bounds à l’auteur de ces lignes. « Quand il sera prêt, je serai prêt ; il me tarde de goûter les joies des lieux célestes. »

Wesley disait : « Le monde est ma paroisse. » Bounds priait comme si l’univers était son territoire.

Wesley était l’incarnation du détachement du monde, la personnification même de la magnanimité. Bounds était l’incarnation du détachement de la terre, de l’humilité et du renoncement à soi. Wesley vivra dans le cœur des saints pendant des siècles sans fin. Bounds, éternellement.

Wesley repose dans le cimetière de la chapelle de City Road, parmi ses « chers morts », sous le marbre, avec un hommage digne de lui gravé en prose, dans l’attente de la Résurrection. Bounds repose au cimetière de Washington, en Géorgie, sans marbre pour le couvrir, dans l’attente de la venue de l’Époux.

Ces deux hommes tenaient pour hauts et chers des idéaux hors de la portée des autres hommes. Cette race d’hommes a-t-elle entièrement disparu du monde maintenant qu’ils sont morts ? Prions.

Homer W. Hodge

Brooklyn N.Y.

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