Chapitre 16 · 10 min de lecture · 13 min d’écoute
Paul et ses demandes de prière
Par-dessus tout, je désire apprendre à prier. Nous voulons sonner le réveil des soldats chrétiens. Nous désirons découvrir la vérité sur le manque de prière véritable. Qu’est-ce donc ? D’où vient-il ? Pourquoi consacrer si peu de temps à la prière, alors que Christ, qui était maître de son temps, a choisi d’en passer une grande partie dans l’INTERCESSION ? « Il est toujours vivant pour intercéder en notre faveur. » Nous croyons que voici la réponse : le désir est dans le cœur, mais la volonté est indisciplinée ; le motif est présent, mais les affections n’ont pas fondu sous des heures de méditation céleste ; l’intelligence est vive, mais non pour des heures de recherche infatigable. L’intelligence et les affections n’ont jamais été unies par le sceau du bienheureux Saint-Esprit pour agir ou mourir pour la gloire de Dieu dans les lieux secrets, portes closes, convoitises crucifiées.—le pasteur Homer W. Hodge.
Les nombreuses demandes de prière que Paul adressait pour lui-même à ceux auprès desquels il exerçait son ministère placent la prière au premier rang dans l’estimation qu’il faisait de ses possibilités. Paul priait beaucoup lui-même, et il s’efforçait de toutes ses forces de réveiller les chrétiens à l’importance impérieuse de l’œuvre de la prière. Il ressentait si profondément le besoin de la prière qu’il avait pris l’habitude de la prière personnelle. Le comprenant pour lui-même, il pressait les autres d’accomplir ce devoir inestimable. La prière d’intercession, ou prière pour les autres, occupait une place élevée dans l’estime qu’il avait de la prière. Rien d’étonnant, donc, à ce que nous le voyions s’appuyer de tout son poids sur les prières des Églises auxquelles il écrivait.
Par tout leur dévouement à Jésus-Christ, par tout leur intérêt pour l’avancement du royaume de Dieu sur la terre, par toute l’ardeur de leur attachement personnel à Jésus, il les exhorte à prier beaucoup, à prier sans cesse, à prier en tout temps, à prier en toutes choses, et à faire de la prière l’affaire même de leur vie. Et puis, conscient de sa propre dépendance à l’égard de la prière pour ses lourdes tâches, ses rudes épreuves et ses pesantes responsabilités, il presse ceux à qui il écrit de prier tout particulièrement pour lui.
Le premier des apôtres avait besoin de la prière. Il avait besoin des prières des autres, et il le reconnaissait en pratique en leur demandant leurs prières. Son appel à l’apostolat ne l’élevait pas au-dessus de ce besoin. Il comprenait et reconnaissait sa dépendance à l’égard de la prière. Il désirait ardemment les prières de tous les gens de bien et y attachait un grand prix. Il n’avait pas honte de solliciter des prières pour lui-même, ni de presser les frères de partout de prier pour lui.
Écrivant aux Hébreux, il fonde sa demande de prière sur deux raisons : sa droiture et son vif désir de les visiter. S’il avait manqué de sincérité, il n’aurait pu prétendre à leurs prières. Leur prière pour lui serait un agent puissant pour hâter sa visite auprès d’eux. Ils toucheraient le lieu secret du vent et des flots, disposeraient toutes les causes secondes et les feraient servir à cette fin. La prière fait que Dieu se hâte d’accomplir pour nous ce que nous désirons recevoir de sa main.
La demande que Paul adressait souvent à ses frères, c’était qu’ils « prient pour lui ». Nous devons juger de la valeur d’une chose à la fréquence avec laquelle on la demande, et à l’insistance particulière et pressante avec laquelle on la réclame. Si cela est vrai, alors pour Paul les prières des saints comptaient parmi ses plus grandes richesses. Par l’urgence, la répétition et la répétition encore de cette demande, « Priez pour moi », Paul a montré de façon décisive la grande valeur qu’il attachait à la prière comme moyen de grâce. Paul n’avait aucun besoin aussi pressant que le besoin de la prière. Il n’y avait pas de valeurs aussi appréciées et aussi appréciables que les prières des fidèles.
Paul plaçait le grand facteur de la prière comme le grand facteur de son œuvre. L’énergie la plus puissante et la plus étendue dans ses effets, selon l’estimation de Paul, c’est la prière. Il la convoite et la thésaurise en sollicitant les prières du peuple de Dieu. Toute l’ardeur de son âme s’exprime dans ces demandes. Écoutez-le dans cette supplication pour la prière qu’il adresse aux Romains :
« Je vous exhorte, frères, par notre Seigneur Jésus-Christ et par l’amour de l’Esprit, à combattre avec moi, en adressant à Dieu des prières en ma faveur. »
Les prières des autres pour Paul avaient de la valeur parce qu’elles l’aidaient. Les prières sont de grandes aides. Rien ne nous porte autant secours dans nos besoins que les prières véritables. Elles pourvoient aux besoins et délivrent des détresses. La foi de Paul, comme il l’écrit aux Corinthiens, avait été durement éprouvée, et il avait été grandement aidé et fortifié par la délivrance de Dieu. « Vous-mêmes aussi nous assistant de vos prières. » Quelles choses merveilleuses Dieu a faites pour ses saints privilégiés grâce aux prières des autres ! Les saints peuvent aider les saints par une prière fervente plus que de toute autre manière.
Au milieu de l’envie et du dénigrement, et dans les périls de la part des faux frères, il écrit ainsi aux Philippiens :
« Car je sais que cela tournera à mon salut, grâce à vos prières et à l’assistance de l’Esprit de Jésus-Christ.
« Selon ma ferme attente et mon espérance que je n’aurai honte de rien, mais que, maintenant comme toujours, Christ sera glorifié dans mon corps avec une pleine assurance, soit par ma vie, soit par ma mort. »
La honte fut ôtée, une sainte hardiesse fut assurée, la vie et la mort furent rendues glorieuses par les prières des saints de Philippes pour Paul.
Paul disposait dans son ministère de nombreuses forces puissantes. Sa conversion remarquable était une grande force, un point doué d’une puissance immense de projection et de propulsion ; et pourtant, dans son ministère, il n’en obtenait pas les fruits par la force de sa conversion qui fit date. Son appel à l’apostolat était clair, lumineux et pleinement convaincant, mais il ne comptait pas sur lui pour obtenir les plus grands fruits de son ministère.
La course de Paul fut plus clairement tracée, et sa carrière rendue plus puissamment féconde, par la prière que par toute autre force.
Paul presse les chrétiens de Rome de prier pour lui afin qu’il soit délivré des incrédules. La prière est une défense et une protection contre la malignité et les machinations des méchants. Elle peut agir sur les hommes parce que Dieu peut agir sur eux. Paul n’avait pas seulement à lutter contre des ennemis incrédules : beaucoup de chrétiens avaient contre lui des préventions telles qu’on pouvait douter qu’ils acceptent de sa main un quelconque service chrétien. C’était le cas surtout à Jérusalem, et il fallait donc recourir à la prière, à une prière puissante, pour ôter la force immense et pernicieuse du préjugé, enflammé et profondément enraciné.
Leur prière pour lui devait servir à sa sécurité, et aussi à ce qu’un heureux voyage et la volonté de Dieu le conduisent promptement et sûrement auprès d’eux, afin que lui et les chrétiens de Rome soient mutuellement bénis et fortifiés.
Ces demandes de prière de Paul ont de multiples facettes et embrassent tout. Que de choses renferme sa demande à l’Église de Rome ! La demande de leurs prières, comme l’Église à laquelle elle s’adresse, est universelle. Il les exhorte, il les supplie (un terme qui marque l’intensité et l’ardeur), « par Jésus-Christ, à combattre avec lui en adressant à Dieu des prières en sa faveur ». Il le désire afin d’être délivré des hommes méchants et pleins d’intrigues qui pourraient l’entraver et l’embarrasser dans sa mission ; ensuite, afin que son service pour les saints pauvres soit agréé des saints, et qu’il puisse enfin venir à eux avec joie, pour qu’ils soient fortifiés.
Que sa demande est pleine d’une ardeur venue du cœur ! Que son appel est tendre et affectueux ! Qu’il est touchant et élevé, le motif qui pousse à la forme de prière la plus haute et la plus vraie : « par notre Seigneur Jésus-Christ » ! Et aussi par l’amour que nous portons à l’Esprit, ou par l’amour que l’Esprit nous porte ; par les liens de la sainte fraternité. C’est par ces motifs élevés et pressants qu’il les exhorte à prier pour lui et à « combattre avec lui » dans leur prière commune. Paul est engagé dans le grand combat de la prière, un combat où les enjeux les plus considérables sont en cause et en péril ; et il est au cœur de ce combat. Il s’y est engagé parce que Christ y est engagé. Il a besoin d’aide, d’une aide qui ne vient que par la prière. Aussi supplie-t-il ses frères de prier pour lui et avec lui.
Par la prière, les ennemis doivent être balayés du chemin. Par la prière, les préjugés doivent être chassés du cœur des hommes de bien. Son chemin vers Jérusalem serait débarrassé de ses obstacles, le succès de sa mission serait assuré, et la volonté de Dieu et le bien des saints seraient accomplis. Toutes ces fins merveilleuses seraient obtenues par une prière merveilleuse. Merveilleux et universels sont les résultats que l’on peut obtenir par une prière puissante. Si tous les successeurs des apôtres avaient prié comme Paul, si tous les chrétiens de tous ces siècles avaient été unis aux hommes apostoliques dans les puissants combats de la prière, que l’histoire de l’Église de Dieu aurait été merveilleuse et divine ! Quel succès sans pareil elle aurait connu ! La gloire de son millénium aurait illuminé et béni le monde depuis des siècles.
Nous voyons dans les demandes de Paul l’estime qu’il avait de la puissance étendue de la prière. Non que la prière renferme quelque vertu de talisman, ni qu’elle soit un fétiche, mais elle pousse Dieu à faire les choses qu’elle lui désigne. La prière n’a en elle-même aucun charme magique et puissant ; elle n’est toute-puissante que parce qu’elle obtient du Dieu tout-puissant qu’il exauce sa demande. Le fondement premier de toute prière, tel que Paul l’exprime ou le conçoit, c’est de « combattre avec moi, en adressant à Dieu des prières en ma faveur ». C’est de la nature d’un rude conflit, dans lequel l’âme de Paul est engagée : une lutte, un combat corps à corps. La tension est rude et épuise toutes les énergies de l’âme, et l’issue reste incertaine. Dans ce combat de la prière, Paul a besoin de renforts et d’une aide divine dans sa lutte. Il est au cœur du combat et en supportera le choc, mais il sollicite et implore l’aide des autres. Leurs prières sont nécessaires en ce moment même, Il a besoin d’aide pour offrir d’intenses prières.
Ce n’est pas à tort que la prière est appelée « lutte », car c’est un combat des plus intenses. À la prière s’opposent les plus grands obstacles et les ennemis les plus acharnés. De puissantes forces du mal déferlent autour des lieux secrets de la prière. Des ennemis forts et solidement retranchés entourent les lieux où l’on prie. Cette prière de Paul n’est pas un acte faible et nonchalant. En cette matière, il a « fait disparaître ce qui était de l’enfant ». Le banal et le terne ont été mis de côté. Paul doit faire cette prière avec puissance, ou ne pas la faire du tout. L’enfer doit ressentir et chanceler et sous la puissance du coup que porte sa prière, ou il ne frappe pas du tout. Les grâces les plus fortes et les efforts les plus virils sont ici requis. La force est exigée dans la prière que fait Paul. Le courage y est d’un grand prix. Des touches timides et des désirs sans courage ne servent à rien dans la pensée de Paul que nous considérons. Il faut affronter les ennemis et les mettre en déroute, et il faut gagner des champs de bataille. La bravoure la plus infatigable et la plus invincible et les plus hautes qualités du soldat chrétien sont exigées pour la prière. C’est un appel de trompette à la prière, la sonnerie de clairon d’un chef, lancée pour une prière ardente et persévérante tandis que fait rage le grand combat spirituel.
Chapitre 16 terminé
Paul et ses demandes de prière