Chapitre 6 · 2 min de lecture · 2 min d’écoute
Récapitulation
JE CONFESSE que Dieu mérite d’être grandement aimé, ou plutôt qu’il doit être aimé sans mesure. Il a aimé le premier ; lui si grand, nous si petits ; il nous aime à l’excès, tels que nous sommes, et sans aucun droit de notre part. Voilà pourquoi la juste mesure de notre amour pour Dieu est de dépasser toute mesure ; car Dieu, l’objet de notre amour, étant infini, comment pourrions-nous peser ou mesurer ce que nous lui devons en amour ? De plus, notre amour n’est pas une offrande gratuite ; c’est le paiement d’une dette. Et en outre, puisque c’est le JE SUIS, éternel et immense, l’Amour divin, Dieu, dont la grandeur n’a pas de limites ni la sagesse de bornes, qui est la “Paix qui surpasse toute intelligence ” ; puisque, dis-je, c’est un tel Dieu qui nous aime, nous est-il possible de dire que nous l’aimerons tant, et pas davantage ? “Je t’aimerai, Seigneur, ma force et mon soutien, mon refuge et mon salut ”, toi qui es pour moi tout ce dont mon âme a besoin, et tout ce que mon cœur désire. Mon Dieu et mon secours, je t’aimerai de toutes mes forces ; non selon ce que tu mérites, mais selon ma petite capacité. Je t’aimerai davantage quand tu m’auras donné plus de pouvoir d’aimer ; mais jamais, jamais comme tu devrais être aimé. Tes yeux voient ma folie, mon impuissance ; mais je sais que tu inscris dans ton livre ceux qui font ce qu’ils peuvent, même lorsqu’ils ne peuvent faire ce qu’ils doivent. N’en ai-je pas dit assez pour prouver comment Dieu doit être aimé, et par quels dons il a mérité notre amour ? Je ne fais que nommer ses dons, car leur excellence, qui pourrait l’exprimer, qui pourrait la comprendre, qui pourrait la sentir ?
Chapitre 6 terminé
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