Chapitre 7 · 1 h 4 min de lecture · 1 h 22 min d’écoute
Travaux parmi les Indiens aux Fourches du Delaware et alentour — fête et danse idolâtres — par le désert jusqu’à Opeholhaupung, sur la Susquehanna — il bâtit une cabane aux Fourches — signes d’une œuvre de l’Esprit parmi les Indiens — en Nouvelle-Angleterre, réunir des fonds pour un collègue
13 juin 1744 — 18 juin 1745.
13 juin 1744. [À Elizabeth Town.] — « J’ai passé un temps considérable à rédiger un compte rendu des affaires indiennes, qui doit être envoyé en Écosse ; une partie du jour, à converser avec des amis ; mais je n’ai guère goûté de jouissance spirituelle. »
Le mardi 19 juin, il se mit en route et, en trois jours, atteignit sa demeure près des Fourches du Delaware. Il fit le voyage dans une grande faiblesse de corps, mais l’âme consolée de jour en jour.
Jour du Seigneur, 24 juin. — « Extrêmement faible ; à peine capable de marcher ; j’ai pourtant visité mes Indiens, et je me suis donné beaucoup de peine pour les instruire ; j’ai travaillé auprès de quelques-uns qui étaient fort mal disposés envers le christianisme. Mon esprit était lourdement chargé du poids et de la difficulté de mon œuvre. Toute ma dépendance et toute mon espérance de succès semblaient reposer sur Dieu, qui seul, je le voyais, pouvait les rendre disposés à recevoir l’instruction. Mon cœur était tout engagé dans la prière, et j’envoyais à Dieu de silencieuses requêtes, pendant même que je leur parlais. Oh ! si je pouvais toujours marcher dans la force du Seigneur !
25 juin. — « Un peu mieux portant que ces derniers temps ; j’ai pu consacrer une bonne partie de la journée à la prière et à une étude assidue. J’ai eu dans la prière plus de liberté et de ferveur que d’ordinaire ces temps-ci ; j’ai surtout désiré la présence de Dieu dans mon œuvre, et la conversion des pauvres païens. Et dans la prière du soir, ma foi et mon espérance en Dieu se sont grandement élevées. Aux yeux de la raison, tout ce qui touche à la conversion des païens est aussi obscur que minuit ; et cependant je ne puis m’empêcher d’espérer en Dieu pour l’accomplissement de quelque chose de glorieux parmi eux. Mon âme a ardemment désiré l’avancement du royaume du Rédempteur sur la terre. J’avais grand-peur d’admettre quelque pensée vaine, et de perdre ainsi le sentiment que j’avais alors des choses divines. Oh ! qu’on me donne une disposition céleste qui demeure !
26 juin. — « Le matin, mes désirs semblaient s’élever et monter librement vers Dieu. J’ai été occupé la plus grande partie du jour à traduire des prières dans la langue des Indiens Delawares ; j’ai rencontré de grandes difficultés, parce que mon interprète ignorait tout de ce genre de travail. Mais bien que l’extrême difficulté de cette tâche m’eût fort découragé, Dieu m’a soutenu ; et surtout le soir, il m’a donné un doux rafraîchissement. Dans la prière, mon âme s’est dilatée, et ma foi a été mise en exercice d’une manière sensible ; j’ai pu crier à Dieu pour mes pauvres Indiens ; et bien que l’œuvre de leur conversion parût impossible aux hommes, je voyais pourtant qu’à Dieu tout est possible. Ma foi a été grandement fortifiée en considérant le secours merveilleux que Dieu accorda à ses serviteurs Néhémie et Esdras pour réformer son peuple et rétablir son antique Église. J’ai été bien assisté dans la prière pour mes chers amis chrétiens, et pour d’autres que je croyais être sans Christ ; mais j’étais plus particulièrement en souci pour les pauvres païens, et pour ceux dont j’ai la charge ; j’ai pu persévérer dans la prière pour eux ; et j’espérais que Dieu abaisserait les cieux et descendrait pour leur salut. Il me semblait qu’aucun obstacle ne pouvait suffire à arrêter cette œuvre glorieuse, puisque le Dieu vivant, comme je l’espérais fermement, s’y était engagé. Je suis demeuré dans une disposition solennelle, élevant mon cœur à Dieu pour obtenir secours et grâce, afin d’être plus mort à ce présent siècle, et que toute mon âme fût continuellement occupée du souci de l’avancement du royaume de Christ. J’ai ardemment désiré que Dieu me purifie davantage, afin que je sois comme un instrument choisi pour porter son nom parmi les païens.
28 juin. — « J’ai passé la matinée à lire plusieurs parties de la sainte Écriture, et en prière fervente pour mes Indiens, afin que Dieu établisse son royaume parmi eux et les amène dans son Église. Vers neuf heures, je me suis retiré dans mon lieu habituel de retraite, dans les bois, et là j’ai de nouveau joui de quelque assistance dans la prière. Mon grand souci était la conversion des païens à Dieu ; et le Seigneur m’a aidé à plaider auprès de lui pour l’obtenir. Vers midi, je suis monté à cheval jusque chez les Indiens pour leur prêcher ; et tout en chemin, mon cœur s’élevait vers Dieu dans la prière pour eux ; je pouvais librement dire à Dieu qu’il savait que la cause dans laquelle j’étais engagé n’était pas la mienne, mais que c’était sa propre cause, et qu’il serait pour sa propre gloire de convertir les pauvres Indiens ; et, Dieu soit béni ! je ne sentais aucun désir de leur conversion pour recevoir l’honneur du monde comme en ayant été l’instrument. J’ai eu quelque liberté en parlant aux Indiens.
30 juin. — « Mon âme a été très solennelle en lisant la parole de Dieu, surtout le neuvième chapitre de Daniel. J’ai vu comment Dieu avait appelé ses serviteurs à la prière et les avait fait lutter avec lui, lorsqu’il se proposait d’accorder quelque grande miséricorde à son Église. Et, hélas ! j’ai eu honte de moi-même en pensant à ma torpeur et à mon inaction, alors qu’il semblait y avoir tant à faire pour l’édification de Sion. Oh ! comme Sion est dévastée ! J’ai désiré que l’Église de Dieu s’agrandisse ; j’ai pu prier, je crois, avec foi ; mon âme semblait se confier sensiblement en Dieu, et j’ai pu lutter avec lui. Ensuite je suis allé me promener jusqu’à un lieu de douce retraite ; j’ai joui de quelque assistance dans la prière, j’ai eu le sentiment du grand besoin que j’avais du secours divin, et j’ai senti mon âme dépendre sensiblement de Dieu. Dieu soit béni, cette semaine a été pour moi une semaine de consolation.
Jour du Seigneur, 1er juillet. — « Quand je suis arrivé auprès d’eux, mon esprit était confus, et je ne sentais rien sensiblement de cette douce confiance en Dieu qui a consolé mon âme les jours passés. J’ai passé la matinée dans cet état d’esprit, et j’ai prêché aux Indiens sans aucun cœur. L’après-midi, je me sentais encore stérile en commençant à prêcher, et cela pendant une demi-heure environ : il me semblait que je ne savais rien, et que je n’avais rien à dire aux Indiens ; mais bientôt après, j’ai trouvé en moi un esprit d’amour, de chaleur et de puissance pour m’adresser aux pauvres Indiens, et Dieu m’a aidé à les supplier de “se tourner de toutes les vanités des païens vers le Dieu vivant” ; je suis persuadé que le Seigneur a touché leur conscience, car je n’ai jamais vu chez eux une telle attention. En les quittant, j’ai passé tout le temps de la course jusqu’à mon logis, à trois milles de là, en prière et en louange à Dieu. Après avoir fait plus de deux milles à cheval, il m’est venu à l’esprit de me consacrer de nouveau à Dieu, ce que j’ai fait avec une grande solennité et une satisfaction inexprimable ; je me suis surtout donné à lui à nouveau pour l’œuvre du ministère. Je l’ai fait par la grâce divine, j’espère, sans aucune exception ni réserve, sans reculer le moins du monde devant les difficultés qui pourraient accompagner cette grande et bienheureuse œuvre. Il me semblait être tout à fait libre, joyeux et sans partage dans cette consécration de moi-même. Toute mon âme criait : “Seigneur, c’est à toi que je me consacre ! Oh ! accepte-moi, et que je sois à toi pour toujours. Seigneur, je ne désire rien d’autre ; je ne désire rien de plus. Oh ! viens, viens, Seigneur, accepte un pauvre ver de terre. Mon cœur se réjouissait de mon œuvre particulière de missionnaire ; il se réjouissait de la nécessité où j’étais de renoncer à moi-même à bien des égards, et je continuais à me livrer à Dieu et à implorer sa miséricorde, priant sans cesse, à chaque instant, avec une douce ferveur. Ma nature, très faible ces derniers temps et fort épuisée, était maintenant considérablement abattue : mes doigts sont devenus très faibles et quelque peu engourdis, si bien que je pouvais à peine les étendre, et quand je suis descendu de cheval, je pouvais à peine marcher ; toutes mes jointures semblaient relâchées. Mais je sentais une abondante force dans l’homme intérieur. J’ai prêché aux Blancs ; Dieu m’a beaucoup aidé, surtout dans la prière. Plusieurs de mes pauvres Indiens ont été assez touchés pour venir aussi à la réunion, et l’un d’eux a paru fort inquiet pour son âme.
3 juillet. — « Toujours très faible. Ce matin, j’ai pu prier avec un sentiment vif du besoin que j’avais du secours de Dieu, et j’ai eu, j’en ai la confiance, quelque foi en exercice ; et, Dieu soit béni, j’ai pu plaider avec lui un temps considérable. Vraiment Dieu est bon pour moi. Mais mon âme s’est lamentée, elle a été affligée de mon état de péché et de ma stérilité, et elle a désiré être plus engagée pour Dieu. Vers neuf heures, je me suis de nouveau retiré pour prier, et, par la bonté divine, j’ai eu le bienheureux esprit de prière ; mon âme aimait ce devoir, et y soupirait après Dieu. Oh ! qu’il est doux d’être au Seigneur, de lui être sensiblement consacré ! Quelle bienheureuse part que Dieu ! Qu’il est glorieux, qu’il est aimable en lui-même ! Oh ! mon âme désirait ardemment employer tout son temps pour Dieu seul ! J’ai passé la plus grande partie du jour à traduire des prières en langue indienne. Le soir, j’ai pu de nouveau lutter avec Dieu dans la prière avec ferveur. J’ai pu garder une disposition d’esprit vigilante et défiante de moi-même, jaloux et craintif d’admettre la négligence et la confiance en moi-même.
6 juillet. — « Je me suis réveillé ce matin dans la crainte de Dieu, et j’ai passé mes premières minutes de veille à prier pour ma sanctification, afin que mon âme soit lavée de son extrême souillure et de son impureté. Après m’être levé, j’ai passé quelque temps à lire la parole de Dieu et à prier. J’ai crié à Dieu dans le sentiment de ma grande indigence. Ces derniers temps, je suis par-dessus tout en souci des qualités nécessaires au ministère, et de la conversion des païens. L’an dernier, je désirais être préparé pour un monde de gloire, et quitter promptement ce monde-ci ; mais ces temps-ci, presque tout mon souci est la conversion des païens, et c’est pour cela que je désire vivre. Mais, Dieu soit béni, j’ai moins que jamais le désir de vivre pour aucun des plaisirs du monde. J’aime à être pèlerin et je le désire, et je voudrais la grâce d’imiter la vie, les travaux et les souffrances de saint Paul parmi les païens. Et quand je soupire maintenant après la sainteté, ce n’est plus tant pour moi-même qu’autrefois, mais plutôt pour devenir par elle “capable d’être ministre d’une nouvelle alliance”, surtout auprès des païens.
7 juillet. — « J’étais très mal en point ce matin, toute ma vigueur dépensée et épuisée ; mais j’ai été touché et rafraîchi en lisant la douce histoire de l’enlèvement d’Élie, et j’ai goûté quelque affection et quelque ferveur dans la prière ; j’ai vivement désiré les dons et les grâces du ministère, afin de pouvoir faire quelque chose pour la cause de Dieu. Ensuite j’ai été rafraîchi et fortifié en lisant le premier Cas de conscience d’Alleine, etc. ; j’ai pu alors prier avec quelque ardeur d’âme ; je craignais la négligence et la confiance en moi-même, et je soupirais après la sainteté.
Jour du Seigneur, 8 juillet. — « J’ai été malade la nuit dernière, sans pouvoir reposer tranquillement. J’ai eu une petite mesure d’assistance en prêchant aux Indiens, et ensuite j’ai pu prêcher aux Blancs avec quelque puissance, surtout à la fin de mon discours, sur Jérémie 3:23 : “Oui, le bruit qui vient des collines et des montagnes n’est que mensonge”, etc. Le Seigneur m’a aussi assisté en quelque mesure dans la première prière ; béni soit son nom. Vers le soir, quoique très las, j’ai pu lire la parole de Dieu avec un doux goût pour elle, et prier avec affection, avec ferveur et, j’en ai la confiance, avec foi ; mon âme dépendait de Dieu plus sensiblement que d’ordinaire. J’étais vigilant, tendre et jaloux de mon propre cœur, de peur d’admettre la négligence et les pensées vaines et d’attrister le bienheureux Esprit, de sorte qu’il retire ses douces, bienveillantes et tendres influences. J’ai désiré “m’en aller et être avec Christ” plus qu’à aucun moment ces derniers temps. Mon âme était étroitement unie aux saints des temps anciens comme à ceux qui vivent aujourd’hui ; mon âme se fondait surtout du désir de la compagnie d’Élie et d’Élisée. J’ai pu crier à Dieu avec un esprit d’enfant, et persévérer quelque temps dans la prière. J’ai été largement dilaté dans le doux devoir de l’intercession ; j’ai pu me souvenir d’un grand nombre de chers amis et d’âmes précieuses, ainsi que des ministres de Christ. Je suis demeuré dans cette disposition, craignant toute pensée oisive, jusqu’à ce que je me sois endormi.
21 juillet. — « Ce matin, j’étais grandement accablé de culpabilité et de honte, par le sentiment de ma bassesse et de ma souillure intérieures. Vers neuf heures, je me suis retiré dans les bois pour prier, mais je n’y ai pas eu beaucoup de consolation ; je me paraissais à moi-même la créature la plus vile et la plus misérable de la terre, et je pouvais à peine me supporter ; je me paraissais si misérable et si vil que je pensais ne jamais pouvoir lever la face dans le ciel, si Dieu, dans son infinie grâce, m’y amenait. Vers le soir, mon fardeau au sujet de mon œuvre parmi les Indiens a commencé à s’alourdir beaucoup, et il a été aggravé par plusieurs choses que j’ai apprises et qui semblaient fort décourageantes, en particulier qu’ils avaient l’intention de se réunir le lendemain pour une fête et une danse idolâtres. Alors j’ai commencé à être dans l’angoisse ; je pensais qu’en conscience je devais aller m’efforcer de les disperser, et pourtant je ne savais comment tenter une telle chose. Je me suis toutefois retiré pour prier, espérant recevoir de la force d’en haut. Dans la prière, j’ai été extraordinairement dilaté, et mon âme a été aussi entraînée hors d’elle-même qu’elle l’ait jamais été, autant que je m’en souvienne, en toute ma vie. J’étais dans une telle angoisse, et je plaidais avec un tel sérieux et une telle importunité, qu’en me relevant de dessus mes genoux je me suis senti extrêmement faible et abattu ; je pouvais à peine marcher droit ; mes jointures étaient relâchées ; la sueur coulait sur mon visage et sur mon corps, et la nature semblait près de se dissoudre. Autant que je pouvais en juger, j’étais entièrement libre de toute fin égoïste dans mes ferventes supplications pour les pauvres Indiens. Je savais qu’ils étaient réunis pour adorer des démons, et non Dieu ; et cela me faisait crier avec ardeur pour que Dieu se montre maintenant et m’aide dans mes efforts pour disperser cette assemblée idolâtre. Mon âme a plaidé longtemps, et je pensais que Dieu exaucerait, et qu’il irait avec moi pour défendre sa propre cause : il me semblait me confier en Dieu pour sa présence et son assistance. Et j’ai ainsi passé la soirée, priant sans cesse pour obtenir le secours divin, et pour ne pas dépendre de moi-même, mais mettre toujours toute ma dépendance en Dieu. Ce que j’ai traversé a été remarquable, et vraiment inexprimable. Toutes les choses d’ici-bas se sont évanouies, et rien ne me paraissait avoir une importance considérable, sinon la sainteté du cœur et de la vie, et la conversion des païens à Dieu. Tous mes soucis, mes craintes et mes désirs qu’on aurait pu dire de nature terrestre ont disparu, et n’avaient guère plus d’importance à mes yeux qu’un souffle de vent. Je désirais extrêmement que Dieu se fasse un nom parmi les païens ; et j’en appelais à lui avec la plus grande liberté, lui disant qu’il savait que je le “faisais le principal sujet de ma joie”. En vérité, je ne concevais aucune joie venant de ce monde ; peu m’importait où et comment je vivais, ou quelles épreuves je traversais, pourvu que je puisse gagner des âmes à Christ. Je suis demeuré dans cette disposition toute la soirée et toute la nuit. Pendant mon sommeil, je rêvais de ces choses ; et quand je m’éveillais (ce qui m’arrivait souvent), la première chose à laquelle je pensais était cette grande œuvre : plaider pour Dieu contre Satan.
Jour du Seigneur, 22 juillet. — « À mon réveil, mon âme était accablée de ce qui semblait m’attendre. J’ai crié à Dieu avant même de pouvoir sortir de mon lit ; et dès que j’ai été habillé, je me suis retiré dans les bois pour répandre devant Dieu mon âme chargée, surtout pour obtenir son assistance dans ma grande œuvre ; car je ne pouvais guère penser à autre chose. J’ai joui de la même liberté et de la même ferveur que la veille au soir ; et je me suis livré de nouveau à Dieu, avec une liberté inexprimable, pour la vie ou pour la mort, pour toutes les épreuves auxquelles il voudrait m’appeler parmi les païens ; et il me semblait que rien ne pourrait me détourner de cette bienheureuse œuvre. J’avais la ferme espérance que Dieu “abaisserait ses cieux et descendrait”, et qu’il ferait quelque œuvre merveilleuse parmi les païens. Pendant que je chevauchais vers les Indiens, trois milles durant, mon cœur montait continuellement vers Dieu pour obtenir sa présence et son secours ; espérant, et presque attendant, que Dieu ferait de ce jour le jour de sa puissance et de sa grâce parmi les pauvres Indiens. Quand je suis arrivé auprès d’eux, je les ai trouvés occupés à leurs réjouissances ; mais, par la bonté divine, je les ai persuadés de s’arrêter et d’écouter ma prédication ; et pourtant il ne paraissait encore rien de la puissance particulière de Dieu parmi eux. Je leur ai prêché de nouveau l’après-midi, et j’ai remarqué que les Indiens étaient plus sobres qu’auparavant ; mais je ne voyais toujours rien de particulier parmi eux. Satan en a pris occasion pour me tenter et me souffleter par ces suggestions maudites : Il n’y a point de Dieu, ou s’il y en a un, il n’est pas capable de convertir les Indiens avant qu’ils aient plus de connaissance, etc. J’étais très faible et très las, et mon âme était accablée de perplexité ; mais j’étais mort à tout le monde, et résolu à m’attendre encore à Dieu pour la conversion des païens, bien que le diable me tentât en sens contraire.
24 juillet. — « J’ai fait environ dix-sept milles à cheval vers l’ouest, par-dessus une montagne affreuse, jusqu’à un groupe d’Indiens. J’en ai rassemblé près de trente ; je leur ai prêché le soir, et j’ai logé parmi eux. J’étais faible, et je me sentais en quelque mesure inconsolable ; et pourtant je ne pouvais trouver aucune liberté à la pensée d’une autre condition ou d’une autre occupation dans la vie. Tout mon désir était la conversion des païens ; et toute mon espérance était en Dieu. Dieu ne me permet pas de me complaire ni de me consoler dans l’espoir de revoir des amis, de retourner auprès de mes chères connaissances, et de jouir des commodités de ce monde.
Jour du Seigneur, 5 août. — « Quoique très faible, j’ai visité les pauvres Indiens et je leur ai prêché deux fois, et j’ai été fortifié bien au-delà de mon attente. En vérité, le Seigneur m’a donné quelque liberté et quelque ferveur pour m’adresser à eux, bien que je n’eusse pas la force de me tenir debout, et que je fusse obligé de rester assis tout le temps. Vers le soir, j’étais extrêmement faible, défaillant, malade et plein de douleurs. Je me fais l’effet d’un homme qui a embarqué tout son bien dans une petite barque, et qui la voit malheureusement partir à la dérive au fil d’un torrent rapide. Le pauvre propriétaire se tient sur le rivage, regarde, et se lamente de sa perte. Mais, hélas ! bien que tout mon bien semble partir à la dérive, et que je sois là à le regarder, je n’ose me lamenter ; car cela abat davantage mes esprits et aggrave mes maux corporels ! Je suis donc forcé de me distraire avec des bagatelles ; bien qu’en même temps j’aie peur, et que je me sente souvent comme coupable de mal employer le temps. Et bien souvent ma conscience est si tourmentée de cette misérable manière de passer le temps que je n’ai point de paix ; et pourtant je n’ai ni la force d’esprit ni la force de corps pour l’employer à de meilleures fins. Oh ! que Dieu ait pitié de ma détresse ! »
Durant les trois semaines suivantes, sa maladie fut moins violente ; et il fut en quelque mesure capable de s’occuper de ses affaires, tant publiques que privées, bien qu’il eût quelques accès où son indisposition l’emporta à un haut degré. Il eut aussi, en général, beaucoup plus d’assistance intérieure et de force d’esprit. Il exprime souvent de grands désirs de l’extension du royaume de Christ, surtout par la conversion des païens à Dieu ; et il parle de cette espérance comme de toute sa joie et de tout son délice. Il continue d’exprimer ses désirs habituels de sainteté, de vivre pour Dieu, et le sentiment de sa propre indignité. Il dit à plusieurs reprises qu’il se paraît à lui-même la plus vile créature de la terre ; et une fois, qu’il pensait vraiment qu’aucun des enfants de Dieu ne restait aussi loin que lui de cette sainteté et de cette perfection dans l’obéissance que Dieu exige. Il dit se sentir plus mort que jamais aux jouissances du monde. Il mentionne parfois l’assistance particulière qu’il eut à cette époque en prêchant aux Indiens, et les signes d’intérêt religieux qui paraissaient parmi eux. Il parle aussi de l’assistance qu’il eut dans la prière pour des amis absents, et surtout pour les ministres et les candidats au ministère ; et de la grande consolation qu’il goûta dans la compagnie de quelques ministres qui vinrent le visiter.
1er septembre. — « J’ai été assez fortifié, après une période de grande faiblesse, pour pouvoir passer deux ou trois heures à écrire sur un sujet divin. J’ai goûté quelque consolation et quelque douceur dans les choses divines et sacrées ; et à mesure que mes forces corporelles se rétablissaient en quelque mesure, mon âme semblait aussi reprendre quelque vigueur et s’engager dans les choses de Dieu.
Jour du Seigneur, 2 septembre. — « J’ai pu parler à mes pauvres Indiens avec beaucoup de souci et de ferveur ; et je suis persuadé que Dieu m’a rendu capable d’exercer la foi en lui pendant que je leur parlais. Je me suis aperçu que quelques-uns d’entre eux craignaient d’écouter et d’embrasser le christianisme, de peur d’être ensorcelés et empoisonnés par quelques-uns des powaws ; mais j’ai pu les supplier de ne pas craindre ces gens-là ; et, me confiant en Dieu pour ma sûreté et ma délivrance, j’ai lancé un défi à toutes ces puissances des ténèbres, les invitant à faire leur pire, d’abord sur moi. J’ai dit à mes gens que j’étais chrétien, et je leur ai demandé pourquoi les powaws ne m’ensorcelaient pas et ne m’empoisonnaient pas. Je n’ai presque jamais senti plus vivement ma propre indignité que dans cette action. Je voyais que l’honneur de Dieu était en jeu ; et je désirais être préservé, non par des vues égoïstes, mais pour rendre témoignage à la puissance et à la bonté divines et à la vérité du christianisme, et afin que Dieu fût glorifié. Ensuite, j’ai trouvé mon âme se réjouissant en Dieu pour sa grâce secourable. »
Après cela, il fit un voyage en Nouvelle-Angleterre, et fut absent de son lieu de résidence, aux Fourches du Delaware, environ trois semaines. Il fut dans un état de faiblesse la plus grande partie du temps. Mais dans la dernière partie du voyage, il s’aperçut qu’il gagnait beaucoup en santé et en force.
26 septembre. — « Je suis rentré à cheval aux Fourches du Delaware. Quelle raison n’ai-je pas de bénir Dieu, qui m’a préservé en parcourant à cheval plus de quatre cent vingt milles, et qui “a gardé tous mes os, de sorte qu’aucun d’eux n’a été brisé” ! Ma santé est aussi grandement rétablie. Oh ! si je pouvais consacrer tout mon être à Dieu ! C’est tout le retour que je puisse lui faire. »
Lorsqu’il commença à prêcher ici, il n’avait pas plus de vingt à vingt-cinq auditeurs ; leur nombre s’éleva peu à peu à quarante ou davantage ; et souvent la plupart de ceux qui appartenaient à ces parages se réunissaient pour l’entendre prêcher. Dans une lettre au révérend M. Pemberton, il dit : « Les effets que les vérités de la parole de Dieu ont produits sur quelques-uns des Indiens de ce lieu sont assez encourageants. Un certain nombre d’entre eux ont été amenés à renoncer à l’idolâtrie, et à refuser de prendre part à ces fêtes qu’ils avaient coutume d’offrir en sacrifice à certaines puissances inconnues qu’ils imaginent. Et quelques-uns parmi eux ont manifesté, depuis un temps considérable, une sérieuse inquiétude pour le salut éternel de leur âme, et continuent encore à “s’informer du chemin de Sion” avec une diligence, une affection et une sollicitude si convenables que j’ai lieu d’espérer que “Dieu, qui, je l’espère, a commencé cette œuvre en eux”, la poursuivra jusqu’à ce qu’elle aboutisse à leur conversion salutaire à lui-même. Non seulement ceux-ci détestent leurs anciennes notions idolâtres, mais ils s’efforcent aussi d’en détourner leurs amis. Et comme ils cherchent le salut pour leur propre âme, ainsi ils semblent désireux, et quelques-uns d’entre eux s’en donnent la peine, que d’autres soient poussés à faire de même.
« Il y a aussi bien des difficultés qui accompagnent l’entreprise de christianiser ces pauvres païens.
« En premier lieu, leur esprit est rempli de préjugés contre le christianisme, à cause de la vie vicieuse et de la conduite peu chrétienne de quelques-uns de ceux qu’on appelle chrétiens. Ceux-ci, non seulement placent sous leurs yeux les pires exemples, mais quelques-uns d’entre eux se donnent la peine, en propres termes, de les dissuader de devenir chrétiens, prévoyant que, si ces Indiens venaient à être convertis à Dieu, “l’espoir de leur gain” illicite serait par là perdu.
« En outre, ces pauvres païens sont extrêmement attachés aux coutumes, aux traditions et aux notions fabuleuses de leurs pères. Et celle-ci semble être le fondement de toutes leurs autres notions, à savoir que “ce n’est pas le même Dieu qui les a faits, que celui qui a fait les Blancs”, mais un autre, qui leur a commandé de vivre de la chasse, etc., et de ne pas se conformer aux coutumes des Blancs. C’est pourquoi, lorsqu’on les invite à devenir chrétiens, ils répondent souvent qu’“ils vivront comme leurs pères ont vécu, et qu’ils iront vers leurs pères quand ils mourront”. Et si l’on mentionne les miracles de Christ et de ses apôtres pour prouver la vérité du christianisme, ils mentionnent aussi plusieurs miracles que leurs pères leur ont racontés comme ayant été accomplis anciennement parmi les Indiens, et que Satan leur fait croire véritables. Ils sont très attachés à l’idolâtrie, et font souvent des fêtes qu’ils mangent en l’honneur de certains êtres inconnus qui, pensent-ils, leur parlent en songe, leur promettant le succès à la chasse et dans d’autres affaires, pourvu qu’ils leur offrent des sacrifices. Souvent aussi, ils offrent leurs sacrifices aux esprits des morts, qui, pensent-ils, ont besoin des faveurs des vivants, et qui sont pourtant dans un état tel qu’ils peuvent bien récompenser tous les bons offices qu’on leur rend. Et ils imputent toutes leurs calamités à la négligence de ces sacrifices.
« De plus, ils sont fort intimidés par ceux d’entre eux qu’on appelle powaws, à qui l’on attribue le pouvoir de les ensorceler ou de les empoisonner jusqu’à la mort, ou du moins d’une manière très douloureuse. Et ils craignaient que ce ne fût leur triste sort d’être ainsi ensorcelés s’ils devenaient chrétiens.
« Leur manière de vivre est également un grand obstacle au dessein de les christianiser. Ils errent presque continuellement d’un lieu à un autre, et ce n’est que rarement qu’on peut trouver l’occasion d’instruire certains d’entre eux. »
1er octobre. — « J’ai été occupé à faire les préparatifs du voyage que je projette vers la Susquehanna. Je me suis retiré plusieurs fois dans les bois pour mes devoirs secrets, et je me suis efforcé de plaider pour que la présence divine m’accompagne auprès des pauvres païens à qui j’allais prêcher l’Évangile. Vers le soir, j’ai fait environ quatre milles à cheval, et j’ai rencontré le frère Byram, qui était venu, à ma demande, pour être mon compagnon de voyage auprès des Indiens. Je me suis réjoui de le voir, et j’ai la confiance que Dieu a rendu sa conversation profitable pour moi. Je le voyais, me semblait-il, plus mort que moi au monde, à ses soucis inquiets et à ses objets séduisants ; et cela m’a fait regarder en moi-même, et m’a donné un sentiment plus vif de ma culpabilité, de mon ingratitude et de ma misère.
2 octobre. — « Je me suis mis en route en compagnie du cher frère Byram, de mon interprète et de deux Indiens principaux des Fourches du Delaware. Nous avons fait environ vingt-cinq milles, et nous avons logé dans l’une des dernières maisons sur notre route ; au-delà, il n’y avait plus qu’un désert affreux et hurlant.
3 octobre. — « Nous avons poursuivi notre chemin dans le désert, et nous avons trouvé la route de beaucoup la plus difficile et la plus dangereuse qu’aucun de nous eût jamais vue. Nous n’avions guère autre chose que de hautes montagnes, de profondes vallées et des rochers affreux à travers lesquels il fallait nous frayer un chemin. J’ai toutefois goûté quelque jouissance spirituelle une partie du jour, et mon esprit était intensément occupé à méditer sur un sujet divin. Vers le soir, ma jument s’est pris une jambe entre les rochers et s’est abattue sous moi ; mais, par la bonté divine, je n’ai pas été blessé. Elle s’est toutefois cassé la jambe ; et comme nous étions dans un lieu si affreux, à près de trente milles de toute maison, je ne voyais rien qui pût être fait pour lui conserver la vie, et j’ai donc été obligé de la tuer et de poursuivre mon voyage à pied. Cet accident m’a fait admirer la bonté divine envers moi, de ce que mes os n’avaient pas été brisés et leur multitude remplie de vives douleurs. À la nuit tombante, nous avons allumé un feu, coupé quelques broussailles, et fait un abri au-dessus de nos têtes pour nous protéger du gel, qui a été très fort cette nuit-là ; et, nous étant remis à Dieu par la prière, nous nous sommes couchés sur la terre et nous avons dormi paisiblement. »
Le lendemain, ils poursuivirent leur voyage et, le soir, prirent leur logement dans les bois de la même manière.
5 octobre. — « Nous avons atteint la rivière Susquehanna, en un lieu appelé Opeholhaupung, et nous y avons trouvé douze maisons indiennes. Après avoir salué le roi d’une manière amicale, je lui ai exposé l’objet de ma venue, et lui ai dit que mon désir était de leur enseigner le christianisme. Après quelque consultation, les Indiens se sont rassemblés, et je leur ai prêché. Et quand j’ai eu fini, je leur ai demandé s’ils voulaient m’entendre de nouveau. Ils ont répondu qu’ils y réfléchiraient, et peu après ils m’ont fait dire qu’ils viendraient aussitôt si je voulais prêcher ; ce que j’ai fait avec liberté, les deux fois. Lorsque je leur ai demandé de nouveau s’ils voulaient m’entendre encore, ils ont répondu que oui, le lendemain. Je sentais extrêmement l’impossibilité de rien faire pour les pauvres païens sans une assistance particulière d’en haut ; et mon âme semblait se reposer sur Dieu, et lui laisser faire comme il lui plairait dans ce que je voyais être sa propre cause. En vérité, par la bonté divine, j’avais éprouvé quelque chose de cette disposition la plus grande partie du temps de mon voyage jusque-là, et en quelque mesure avant mon départ.
6 octobre. — « Je me suis levé de bonne heure, et j’ai imploré le secours du Seigneur pour ma grande œuvre. Vers midi, j’ai prêché de nouveau aux Indiens ; et l’après-midi, je les ai visités de maison en maison, et je les ai invités à venir m’entendre encore le lendemain, et à remettre jusqu’au lundi le projet de chasse qu’ils étaient sur le point d’entreprendre. “Cette nuit”, j’en ai la confiance, “le Seigneur s’est tenu près de moi” pour encourager et fortifier mon âme : j’ai passé plus d’une heure dans une retraite secrète ; j’ai pu “répandre mon cœur devant Dieu” pour l’accroissement de la grâce dans mon âme, pour les dons du ministère, pour le succès parmi les pauvres Indiens, pour les ministres et le peuple de Dieu, pour de chers amis éloignés, etc. Dieu soit béni !
8 octobre. — « J’ai visité les Indiens dans le dessein de prendre congé d’eux, supposant qu’ils partiraient ce matin de bonne heure pour la chasse ; mais, au-delà de mon attente et de mon espérance, ils ont désiré m’entendre prêcher encore. Je me suis rendu volontiers à leur demande, et ensuite je me suis efforcé de répondre à leurs objections contre le christianisme.
9 octobre. — « Nous nous sommes levés vers quatre heures du matin et, nous étant recommandés à Dieu par la prière et ayant demandé sa protection particulière, nous nous sommes mis en route pour le retour vers cinq heures, et nous avons voyagé avec une grande constance jusqu’après six heures du soir ; puis nous nous sommes fait un feu et un abri d’écorce, et nous nous sommes ainsi reposés. J’ai eu, en chemin, vers le soir, quelques pensées claires et consolantes sur un sujet divin. Pendant la nuit, les loups ont hurlé autour de nous ; mais Dieu nous a préservés. »
Le lendemain, ils se levèrent de bonne heure et, le soir, arrivèrent à un établissement irlandais que Brainerd connaissait, et y logèrent. Le jour suivant, lui et M. Byram prêchèrent l’un et l’autre aux habitants.
12 octobre. — « Je suis rentré à cheval à mon logis ; là, j’ai répandu mon âme devant Dieu dans la prière secrète, et je me suis efforcé de le bénir pour son abondante bonté envers moi pendant mon récent voyage. Je n’ai presque jamais joui d’une meilleure santé, du moins ces dernières années ; et Dieu m’a soutenu merveilleusement, et presque miraculeusement, dans les fatigues de la route et de la marche à pied. Béni soit le Seigneur, qui me préserve continuellement.
Jour du Seigneur, 14 octobre. — « Je suis allé au lieu du culte public, élevant mon cœur à Dieu pour obtenir secours et grâce dans ma grande œuvre ; et Dieu m’a fait grâce, m’aidant à plaider auprès de lui pour la sainteté, et à faire valoir auprès de lui les plus forts arguments, tirés de l’incarnation et des souffrances de Christ, pour cette fin même, que les hommes soient rendus saints. Ensuite, j’ai été bien assisté dans la prédication. Je ne sache pas que Dieu m’ait jamais aidé à prêcher d’une manière plus serrée et plus discernante pour l’examen de l’état des hommes. Par la bonté infinie de Dieu, je sentais ce que je disais ; et il m’a rendu capable de traiter la vérité divine avec une clarté peu commune.
24 octobre. — « Vers midi, je suis allé à cheval vers mes gens ; j’ai passé quelque temps avec eux et j’ai prié avec eux ; je me sentais dans la disposition d’un pèlerin sur la terre ; j’ai vivement désiré quitter cette sombre demeure ; et pourtant j’ai trouvé l’exercice de la patience et de la résignation. Et en revenant de chez les Indiens, j’ai passé tout le temps à élever mon cœur à Dieu. Le soir, j’ai goûté seul un temps béni de prière ; j’ai pu crier à Dieu avec un esprit d’enfant, pendant près d’une heure ; j’ai joui d’une douce liberté pour supplier en faveur de moi-même, de chers amis, des ministres et de quelques-uns qui se préparent à cette œuvre, et pour l’Église de Dieu ; et j’ai désiré être moi-même aussi vif que les anges au service de Dieu.
26 octobre. — « Le matin, mon âme s’est fondue au sentiment de la bonté et de la miséricorde divines envers un ver si vil et si indigne. Je prenais plaisir à m’appuyer sur Dieu et à mettre en lui toute ma confiance. Mon âme était extrêmement affligée du péché, et elle estimait la sainteté et soupirait après elle ; cela me blessait profondément le cœur, et pourtant doucement, de penser combien j’avais abusé d’un Dieu bon. Je désirais être parfaitement saint, afin de ne pas attrister un Dieu plein de grâce, qui continuera d’aimer bien qu’on abuse de son amour ! Je désirais la sainteté pour cette fin plus que pour mon propre bonheur ; et pourtant c’était là mon plus grand bonheur : ne plus jamais déshonorer, mais toujours glorifier le Dieu béni.
31 octobre. — « J’ai senti ma stérilité et mon déclin dans les choses de Dieu : mon âme défaillait quand je me souvenais de la ferveur dont j’avais joui devant le trône de la grâce. Oh ! pensais-je, si seulement je pouvais être spirituel, ardent, l’esprit tourné vers le ciel, et soupirer affectueusement après Dieu, cela vaudrait mieux pour moi que la vie ! Mon âme a désiré extrêmement la mort, pour être délivrée de cette torpeur et de cette stérilité, et rendue à jamais active au service de Dieu. Il me semblait ne vivre pour rien et ne faire aucun bien ; et oh ! quel fardeau qu’une telle vie ! Ô mort, mort, mon amie bienveillante, hâte-toi, délivre-moi de cette morne condition mortelle, et rends-moi spirituel et vigoureux pour l’éternité ! »
5 novembre. — Il partit pour un voyage à New York, et fut absent de chez lui plus de quinze jours. Il fut exposé au froid et aux tempêtes, se fatigua beaucoup et, en revenant de New York au New Jersey, tomba malade et fut retenu quelque temps.
21 novembre. — « Je suis allé à cheval de Newark à Rockciticus par le froid, et j’en ai été presque vaincu. J’ai goûté quelque douceur dans la conversation avec le cher M. Jones, pendant que je dînais chez lui. Mon âme aime le peuple de Dieu, et surtout les ministres de Jésus-Christ qui éprouvent les mêmes épreuves que moi.
22 novembre. — « J’ai poursuivi ma route de Rockciticus vers le Delaware. J’étais fort incommodé d’un rhume et d’un mal de tête. Vers six heures du soir, je me suis égaré dans le désert, et j’ai erré par-dessus rochers et montagnes, au bas de pentes affreuses, à travers des marécages et des lieux tout à fait effrayants et dangereux ; et la nuit étant obscure, de sorte qu’on ne voyait que peu d’étoiles, j’étais grandement exposé. J’étais transi de froid, et tourmenté par mon mal de tête, accompagné de nausées ; de sorte que chaque pas que je faisais m’était pénible. Pendant plusieurs heures de suite, je n’ai guère eu d’autre espérance que de devoir passer toute la nuit dehors dans les bois, en ce triste état. Mais vers neuf heures, j’ai trouvé une maison, par l’abondante bonté de Dieu, et j’y ai été reçu avec bonté. J’ai été ainsi souvent exposé, et j’ai quelquefois passé la nuit entière dehors ; mais Dieu m’a préservé jusqu’ici ; et béni soit son nom. De telles fatigues et de telles épreuves servent à me détacher de la terre, et rendront, j’en ai la confiance, le ciel plus doux. Autrefois, quand j’étais ainsi exposé au froid, à la pluie, etc., j’étais prêt à me complaire dans la pensée de jouir d’une maison confortable, d’un bon feu et d’autres commodités extérieures ; mais maintenant ces choses ont moins de place dans mon cœur (par la grâce de Dieu), et mon regard se tourne davantage vers Dieu pour ma consolation. Dans ce monde, je m’attends à la tribulation ; et elle ne me paraît plus étrange comme autrefois. Dans de tels temps de difficulté, je ne me flatte pas que ce sera mieux à l’avenir ; mais je pense plutôt combien ce pourrait être pire ; combien plus grandes sont les épreuves que d’autres enfants de Dieu ont endurées ; et combien plus grandes sont celles qui me sont peut-être encore réservées. Béni soit Dieu de ce qu’il fait de la pensée de la fin de mon voyage et de ma dissolution une grande consolation pour moi dans mes plus rudes épreuves ; et de ce qu’il ne permet presque jamais que ces pensées soient accompagnées de terreur ou de mélancolie ; mais elles sont souvent accompagnées d’une grande joie.
23 novembre. — « J’ai visité un malade ; je me suis entretenu avec lui et j’ai prié avec lui. Puis j’ai visité une autre maison, où il y avait un mort déjà enseveli ; j’ai regardé le corps, et j’ai désiré que mon heure vienne de m’en aller et d’être avec Christ. Puis je suis rentré à mon logis vers une heure. Je me sentais mal ; mais j’ai pu lire la plus grande partie de l’après-midi. »
Dans l’espace des douze jours suivants, il passa beaucoup de temps, avec d’autres, à un dur travail pour se construire une petite cabane, ou hutte, où il pût vivre seul durant l’hiver. Il prêcha néanmoins fréquemment aux Indiens, et parle de l’assistance particulière qu’il eut de temps à autre en s’adressant à eux, et de l’encouragement considérable que lui donnait parfois l’attention qu’ils lui prêtaient. Mais le mardi 4 décembre, il tomba dans un grand découragement en voyant la plupart d’entre eux se rendre ensemble à une fête et à une danse idolâtres, après qu’il se fut donné une peine infinie pour les en dissuader.
6 décembre. — « Ayant maintenant l’heureuse occasion d’être retiré dans une maison à moi, que je me suis procurée récemment et où je me suis installé ; considérant qu’il y a maintenant longtemps que je n’ai pu, soit à cause de ma faiblesse corporelle, soit faute de retraite, soit pour quelque autre difficulté, consacrer du temps au jeûne et à la prière secrète ; considérant aussi la grandeur de mon œuvre, les extrêmes difficultés qui l’accompagnent, et que mes pauvres Indiens, à présent, adorent des démons, malgré toute la peine que je me suis donnée pour eux, ce qui accable presque mon esprit ; considérant en outre mon extrême stérilité, ma torpeur spirituelle et mon abattement de ces derniers temps, ainsi que la puissance de certaines corruptions particulières, j’ai mis à part ce jour pour la prière secrète et le jeûne, afin d’implorer la bénédiction de Dieu sur moi-même, sur mon pauvre peuple, sur mes amis et sur l’Église de Dieu. D’abord, j’ai senti une grande répugnance pour les devoirs du jour, à cause de l’impossibilité apparente de les accomplir ; mais le Seigneur m’a aidé à surmonter cette difficulté. Il a plu à Dieu, par l’usage des moyens, de me donner une conviction claire de mon état de péché, et une découverte de la plaie de mon propre cœur plus saisissante que celle que j’avais eue ces derniers temps. Et j’ai vu surtout mon péché en ceci, que, lorsque Dieu s’était retiré, au lieu de vivre et de mourir à sa poursuite, j’ai été enclin à l’une de ces deux choses : ou bien accorder à quelques objets terrestres une considération inconvenante, comme si le bonheur pouvait en être tiré ; ou bien être secrètement chagrin et impatient, et désirer la mort d’une manière déplacée, au point que j’ai pensé quelquefois ne pouvoir supporter l’idée que ma vie dût se prolonger. Ce qui m’a souvent poussé à ce désir impatient de la mort, c’était le désespoir de faire aucun bien dans la vie ; et je préférais la mort à une vie dépensée pour rien. Mais maintenant Dieu m’a fait sentir mon péché en ces choses, et m’a rendu capable de crier à lui pour obtenir le pardon. Et pourtant ce n’était pas là tout ce qui me manquait, car mon âme paraissait extrêmement souillée, mon cœur semblait un nid de vipères, ou une cage d’oiseaux impurs et odieux ; c’est pourquoi j’avais besoin d’être purifié “par le sang de l’aspersion, qui purifie de tout péché”. J’espère avoir pu demander cela avec foi. J’ai joui de beaucoup plus d’intensité, de ferveur et de spiritualité que je ne m’y attendais ; Dieu a été meilleur pour moi que mes craintes. Vers le soir, j’ai senti mon âme se réjouir de ce que Dieu est immuablement heureux et glorieux, et de ce qu’il sera glorifié, quoi qu’il advienne de ses créatures. J’ai pu persévérer dans la prière jusqu’à une heure avancée de la soirée ; et alors je voyais un si grand besoin du secours divin, à tous égards, que je ne savais comment cesser, et que j’avais oublié que j’avais besoin de nourriture. Béni soit le Seigneur pour tout secours reçu en ce jour.
7 décembre. — « J’ai passé quelque temps en prière le matin ; j’ai goûté quelque liberté et quelque affection dans ce devoir, et j’ai eu d’ardents désirs d’être rendu “fidèle jusqu’à la mort”. J’ai passé un peu de temps à écrire sur un sujet divin ; puis j’ai visité les Indiens et je leur ai prêché ; mais je n’avais pas le cœur de leur parler, et je ne pouvais le faire qu’en me forçant : je savais qu’ils devaient avoir horreur de m’entendre, à peine rentrés de leur fête idolâtre et de leur culte des démons. Le soir, j’ai eu quelque liberté dans la prière et la méditation.
12 décembre. — « J’étais très faible ; mais j’ai été quelque peu assisté dans la prière secrète, et j’ai pu crier avec plaisir et douceur : “Viens, Seigneur Jésus ! viens, Seigneur Jésus ! viens bientôt.” Mon âme “avait soif de Dieu, du Dieu vivant”. Oh ! qu’il est délicieux de prier sous de si douces influences ! Oh ! combien cela vaut mieux que la nourriture nécessaire ! Je n’avais à ce moment aucune envie de manger (bien qu’il fût tard dans la matinée), car la nourriture terrestre me paraissait entièrement sans saveur. Oh ! combien “ton amour vaut mieux que le vin”, que le vin le plus doux ! J’ai visité les Indiens l’après-midi et je leur ai prêché, mais dans un grand abattement. J’ai trouvé mon interprète quelque peu inquiet pour son âme ; ce qui a été pour moi une certaine consolation, et m’a pourtant rempli d’un souci nouveau. J’ai grandement désiré sa conversion ; j’ai élevé mon cœur à Dieu pour elle pendant que je lui parlais ; je suis rentré, et j’ai répandu mon âme devant Dieu pour lui ; j’ai goûté quelque liberté dans la prière, et j’ai pu, je crois, tout remettre à Dieu.
18 décembre. — « Je suis allé chez les Indiens, et je leur ai parlé près d’une heure, sans aucune puissance pour atteindre leur cœur. Mais à la fin, j’ai senti quelque ferveur, et Dieu m’a aidé à parler avec chaleur. Mon interprète aussi a été étonnamment assisté ; et bientôt la plupart des adultes ont été fort touchés, et les larmes coulaient sur leurs joues. Un vieillard, âgé, je suppose, de cent ans, a été si touché qu’il a pleuré, et il semblait convaincu de l’importance de ce que je leur enseignais. Je suis resté avec eux un temps considérable, à les exhorter et à les diriger ; et je suis reparti en élevant mon cœur à Dieu dans la prière et la louange, et j’ai encouragé et exhorté mon interprète à “s’efforcer d’entrer par la porte étroite”. Je suis rentré, et j’ai passé la plus grande partie de la soirée en prière et en actions de grâces ; et je me suis trouvé grandement dilaté et vivifié. J’étais fort en souci que l’œuvre du Seigneur, qui semblait commencée, se poursuive avec puissance, pour la conversion des pauvres âmes et la gloire de la grâce divine.
19 décembre. — « J’ai passé une grande partie du jour à prier Dieu pour l’effusion de son Esprit sur mon pauvre peuple, et aussi à bénir son nom de ce qu’il a réveillé mon interprète et quelques autres, et nous a donné hier quelques marques de sa présence. Et, Dieu soit béni, j’ai eu une grande liberté, cinq ou six fois dans la journée, dans la prière et la louange, et j’ai senti peser sur mon esprit un profond souci du salut de ces âmes précieuses et de l’extension du royaume du Rédempteur parmi elles. Mon âme a espéré en Dieu pour quelque succès dans mon ministère : béni soit son nom pour tant d’espérance.
21 décembre. — « J’ai pu de nouveau prier avec liberté, avec joie et avec espérance. Il a plu à Dieu de me rendre ce devoir consolant et agréable ; de sorte que je prenais plaisir à y persévérer et à m’y livrer à plusieurs reprises. Vers midi, j’ai visité mes gens, et j’ai passé tout le chemin à prier, désirant voir la puissance de Dieu parmi eux, comme il en avait paru quelque chose mardi dernier ; et j’ai trouvé doux de me reposer en Dieu et d’espérer en lui. Je leur ai prêché deux fois, en deux endroits différents : j’ai eu une liberté considérable chaque fois, et mon interprète aussi. Plusieurs d’entre eux m’ont suivi d’un endroit à l’autre ; et j’ai pensé qu’on pouvait discerner parmi eux quelque influence divine. Le soir, j’ai de nouveau été assisté dans la prière. Béni soit le Seigneur.
25 décembre. — « Je n’ai guère goûté de sommeil paisible la nuit dernière, à cause de ma faiblesse corporelle et de l’application de mes études d’hier ; et pourtant mon cœur était assez vif dans la prière et la louange. J’étais ravi de la gloire et du bonheur divins, et je me réjouissais de ce que Dieu était Dieu, et de ce qu’il possédait immuablement la gloire et la béatitude. Bien que Dieu tînt mes paupières en éveil, il m’a pourtant aidé à employer utilement mon temps au milieu de mes douleurs et de ma faiblesse, dans des méditations continues sur Luc 13:7 : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit”, etc. Mes méditations étaient douces ; et je désirais placer devant les pécheurs leur péché et leur danger. »
Il demeura quelques jours dans un état de santé très affaibli, ce qui paraît l’avoir grandement entravé dans ses exercices et ses occupations religieuses. Il fait pourtant état d’une certaine assistance divine, jour après jour, pendant le reste de cette semaine. Il prêcha plusieurs fois cette semaine-là à ses Indiens ; et il paraissait encore parmi eux quelque inquiétude pour leur âme.
9 janvier 1745. — « Le matin, il a plu à Dieu de dissiper la tristesse qui oppressait mon esprit ces derniers temps, et de me donner liberté et douceur dans la prière ; j’ai été encouragé, fortifié, et rendu capable de plaider pour obtenir la grâce pour moi-même et la miséricorde pour mes pauvres Indiens ; et j’ai été doucement assisté dans mes intercessions auprès de Dieu pour d’autres. Béni soit son saint nom aux siècles des siècles. Amen, oui, amen. Les choses qui, ces derniers temps, m’avaient paru les plus difficiles et presque impossibles me paraissaient maintenant non seulement possibles, mais faciles. Mon âme prenait tant de plaisir à persévérer dans la prière, en ce temps béni, que je n’avais aucun désir de ma nourriture nécessaire : je redoutais même de cesser tout à fait de prier, de peur de perdre cette spiritualité et cette bienheureuse reconnaissance envers Dieu que je sentais alors. Je me sentais maintenant tout à fait disposé à vivre, et à subir toutes les épreuves qui pourraient encore m’attendre dans un monde de douleur ; mais je soupirais toujours après le ciel, afin de pouvoir glorifier Dieu d’une manière parfaite. “Oh ! viens, Seigneur Jésus, viens bientôt.”
Jour du Seigneur, 3 février. — « Le matin, j’ai été quelque peu soulagé de cette tristesse et de cette confusion qui ont grandement tourmenté mon esprit ces derniers temps ; et j’ai pu prier avec quelque calme et quelque consolation. J’allais pourtant encore vers mes Indiens en tremblant ; mais il a plu à Dieu d’entendre mes cris et de m’accorder une grande assistance ; de sorte que j’ai senti la paix dans mon âme, et que j’étais satisfait de penser que, même si pas un seul des Indiens ne devait profiter de ma prédication, mais qu’ils dussent tous être damnés, je serais pourtant accepté et récompensé comme fidèle ; car je suis persuadé que Dieu m’a rendu tel. J’ai eu ensuite une bonne mesure de secours en un autre lieu ; et j’ai vivement désiré la conversion des pauvres Indiens. »
Le sabbat suivant, il prêcha à Greenwich, dans le New Jersey. Le soir, il fit huit milles à cheval pour visiter un malade sur le point de mourir, et le trouva sans parole et sans connaissance.
11 février. — « Vers le point du jour, le malade est mort. J’ai été touché par ce spectacle ; j’ai passé la matinée avec ceux qui étaient en deuil ; et après la prière et quelque entretien avec eux, je suis retourné à Greenwich, et j’ai prêché de nouveau sur le Psaume 89:16. Le Seigneur m’a donné quelque assistance ; j’ai senti un doux amour pour les âmes et pour le royaume de Christ ; et j’ai désiré que les pauvres pécheurs “connaissent le son de la trompette”. Plusieurs personnes ont été fort touchées. Après la réunion, j’ai pu m’entretenir avec liberté et sollicitude avec quelques personnes qui s’adressaient à moi dans leur trouble spirituel. J’ai quitté ce lieu doucement apaisé, et je suis rentré à cheval chez moi, à environ huit milles de là. Je me suis entretenu avec des amis, et j’ai inculqué à quelques-uns des vérités divines. Le soir, j’ai été dans la disposition la plus solennelle dont je me souvienne presque jamais avoir fait l’expérience. Je ne sache pas que la mort m’ait jamais paru plus réelle, ni que je me sois jamais vu aussi clairement qu’en ce moment dans la condition d’un cadavre étendu et habillé pour prendre logement dans le silence du tombeau. Et pourtant je me sentais extrêmement tranquille ; mon esprit était posé et calme, et la mort me paraissait sans aiguillon. Je pense n’avoir jamais senti une mortification aussi universelle à l’égard de tous les objets créés. Oh ! quelle chose grande et solennelle me paraissait la mort ! Oh ! comme elle couche dans la poussière le plus grand honneur ! Et oh ! combien vains et frivoles me paraissaient les richesses, les honneurs et les plaisirs du monde ! Je ne pouvais, je n’osais même pas penser à aucun d’eux ; car la mort, la mort paraissait à la porte. Oh ! je pouvais me voir mort, étendu, enfermé dans mon cercueil et descendu dans la froide tombe, avec la plus grande solennité, mais sans terreur ! J’ai passé la plus grande partie de la soirée à converser avec un cher ami chrétien. Béni soit Dieu pour les consolations de ce jour.
15 février. — « J’ai été occupé à écrire presque toute la journée. Le soir, j’ai été bien assisté dans ma méditation sur ce texte précieux, Jean 7:37 : “Jésus, se tenant debout, s’écria”, etc. J’avais alors un doux sentiment de la libre grâce de l’Évangile ; mon âme était encouragée, réchauffée et vivifiée. Mes désirs se portaient vers Dieu dans la prière ; et mon âme était vigilante, craignant de perdre un hôte tel que celui que je recevais alors. J’ai persévéré longtemps dans la prière et la méditation, les entremêlant l’une à l’autre ; et je ne voulais être détourné par rien au monde d’un exercice si doux. Je désirais proclamer au monde des pécheurs la grâce que je méditais alors. Oh ! combien la parole du Dieu béni est vivante et efficace.
Jour du Seigneur, 17 février. — « J’ai prêché aux Blancs [mon interprète étant absent] dans le désert, sur le versant ensoleillé d’une colline ; j’ai eu une assemblée considérable, composée de gens dont beaucoup, du moins, vivaient à pas moins de trente milles les uns des autres ; quelques-uns étaient venus de près de vingt milles. Je leur ai parlé toute la journée sur Jean 7:37 : “Jésus, se tenant debout, s’écria: Si quelqu’un a soif”, etc. L’après-midi, il a plu à Dieu de m’accorder une grande liberté et une grande ferveur dans mon discours, et j’ai pu imiter l’exemple de Christ dans le texte, qui se tenant debout, s’écria. Je pense n’avoir presque jamais pu, de toute ma vie, présenter la libre grâce de Dieu aux pécheurs qui périssent avec plus de liberté et de simplicité. Ensuite, j’ai pu inviter instamment les enfants de Dieu à venir de nouveau boire à cette source d’eau de la vie, d’où ils ont jusqu’ici tiré une satisfaction inexprimable. Ce fut pour moi un temps très consolant. Il y avait beaucoup de larmes dans l’assemblée ; et je ne doute pas que l’Esprit de Dieu ne fût là, convainquant les pauvres pécheurs de leur besoin de Christ. Le soir, je me sentais calme et consolé, bien que très fatigué. J’avais un doux sentiment de l’excellence et de la gloire de Dieu ; mon âme se réjouissait de ce qu’il est “Dieu béni éternellement” au-dessus de toutes choses ; mais j’étais trop pressé de monde et de conversations, et je désirais être davantage seul avec Dieu. Oh ! si je pouvais bénir Dieu à jamais pour la miséricorde de ce jour, lui qui “m’a répondu dans la joie de mon cœur”.
Jour du Seigneur, 24 février. — « Le matin, j’étais fort perplexe. Mon interprète étant absent, je ne savais comment accomplir mon œuvre parmi les Indiens. Je suis toutefois allé à cheval vers eux, et j’ai trouvé un Hollandais pour me servir d’interprète, bien qu’il fût fort peu qualifié pour cette tâche. Ensuite je suis venu prêcher à quelques Blancs, sur Jean 6:67. Ici le Seigneur a semblé me décharger en quelque mesure, surtout vers la fin de mon discours : je me suis senti libre d’exposer l’amour de Christ pour ses chers disciples. Quand le reste du monde l’abandonne, et est abandonné par lui, alors il se tourne vers les siens et leur dit : Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller? J’ai eu le sentiment de la libre grâce de Christ envers son propre peuple, en de tels temps d’apostasie générale, et quand eux-mêmes, en quelque mesure, reculent avec le monde. Oh ! la libre grâce de Christ, qui rappelle à son peuple, en temps opportun, le danger qu’il court de reculer, et l’invite à persévérer dans son attachement à lui-même ! J’ai vu que les âmes qui reculent, et qui semblaient sur le point de s’en aller avec le monde, pouvaient revenir et être aussitôt les bienvenues auprès de lui, sans rien qui les recommande, malgré toutes leurs défaillances passées. Ainsi mon discours était approprié à l’état de ma propre âme ; car ces derniers temps, j’ai beaucoup manqué de ce sentiment et de cette perception de la grâce divine ; et j’ai souvent été dans une grande détresse d’âme, parce que je ne saisissais pas convenablement cette source ouverte pour laver le péché ; et j’ai trop travaillé à obtenir, par mes propres forces, la vie spirituelle, la paix de la conscience et une sainteté progressive. Maintenant Dieu m’a montré, en quelque mesure, le bras de toute force et la source de toute grâce. Le soir, je me sentais solennel, me reposant sur la libre grâce pour l’assistance, l’acceptation et la paix de la conscience.
6 mars. — « J’ai passé la plus grande partie du jour à me préparer pour un voyage en Nouvelle-Angleterre, et un peu de temps en prière en vue de ce voyage. Je craignais d’abandonner la Source d’eau vive, et de chercher à tirer satisfaction de citernes crevassées, mes chers amis et mes connaissances, que je pourrais rencontrer pendant mon voyage. J’ai regardé à Dieu pour qu’il me garde de cette vanité comme des autres. Vers le soir, et dans la soirée, j’ai reçu la visite de quelques amis, dont quelques-uns, j’en ai la confiance, étaient de vrais chrétiens ; ils m’ont témoigné une affection sincère, et semblaient affligés de ce que j’allais les quitter ; d’autant plus que je ne comptais pas faire un séjour considérable parmi eux, si je vivais assez pour revenir. Oh ! que Dieu a été bon pour moi ! comme il m’a suscité des amis en tout lieu où sa providence m’a appelé ! Les amis sont une grande consolation ; et c’est Dieu qui les donne ; c’est lui qui les rend amicaux envers moi. “Mon âme, bénis l’Éternel, Et n’oublie aucun de ses bienfaits!” »
Il semble, d’après ce qui paraît ensuite, qu’il avait le dessein d’aller vivre parmi les Indiens de la rivière Susquehanna.
Le lendemain, il se mit en route ; et il s’écoula environ cinq semaines avant son retour. Le dessein particulier de ce voyage, il le déclare lui-même plus tard, dans son journal du 21 mars, où, parlant de son entretien avec un certain ministre de la Nouvelle-Angleterre, il dit : « J’ai cherché avec lui comment réunir quelque argent parmi des amis chrétiens, afin d’entretenir un collègue avec moi dans le désert (ayant maintenant passé deux années d’une manière très solitaire), pour que nous soyons ensemble, comme Christ envoya ses disciples deux à deux ; et comme c’était là le principal souci que j’avais en vue en faisant ce voyage, je m’y suis donné de la peine, et j’espère que Dieu le fera réussir, si c’est pour sa gloire. » Il se rendit d’abord en diverses parties du New Jersey, et y visita plusieurs ministres ; puis il alla à New York, et de là en Nouvelle-Angleterre, parcourant diverses parties du Connecticut. Il revint ensuite au New Jersey, et rencontra un certain nombre de ministres à Woodbridge, « qui, dit-il, s’y étaient réunis pour délibérer sur les affaires du royaume de Christ ». Il semble avoir été, pour la plus grande partie, libre de mélancolie pendant ce voyage, et avoir eu bien des fois une assistance extraordinaire dans ses fonctions publiques ; et sa prédication fut parfois accompagnée de signes très encourageants d’un bon effet sur l’auditoire. Il eut aussi bien des moments de consolation particulière et de rafraîchissement spirituel, dans la conversation avec des ministres et d’autres amis chrétiens, et aussi dans la méditation et la prière quand il était seul.
13 avril. — « Je suis rentré à cheval dans ma maison, aux Fourches du Delaware ; j’ai pu me souvenir de la bonté du Seigneur, qui m’a préservé pendant que je parcourais à cheval six cents bons milles au cours de ce voyage, et m’a gardé de sorte qu’aucun de mes os n’a été brisé. Béni soit le Seigneur, qui m’a préservé dans ce pénible voyage, et m’a ramené sain et sauf dans ma maison. En vérité, c’est Dieu qui m’a soutenu et qui a gardé mes pas.
Jour du Seigneur, 14 avril. — « J’étais incommodé dans mon corps par les fatigues du récent voyage ; mais j’ai pu toutefois prêcher avec quelque liberté à une assemblée considérable de Blancs, venus de tous les environs, sur Ézéchiel 33:11 : “je suis vivant! Dit le Seigneur”, etc. J’ai eu beaucoup plus d’assistance que je ne m’y attendais. »
Cette semaine-là, il fit un voyage à Philadelphie, afin d’engager le gouverneur à user de son crédit auprès du chef des Six Nations, avec qui il entretenait une étroite amitié, pour qu’il lui permît de vivre sur la Susquehanna et d’instruire les Indiens qui se trouvent sur leurs territoires.
26 avril. — « J’ai conversé avec un ami chrétien avec quelque chaleur ; et j’ai senti, à un très haut degré, un esprit de mortification à l’égard du monde. Ensuite, j’ai pu prier avec ferveur, et me reposer doucement sur Dieu pour “tout ce qui contribue à la vie et à la piété”. Juste à la tombée du soir, j’ai reçu la visite d’un cher ami chrétien, avec qui j’ai passé une heure ou deux à converser sur l’âme même de la religion. Il y en a beaucoup avec qui je puis parler de religion ; mais, hélas ! j’en trouve peu avec qui je puisse parler la religion elle-même ; mais, béni soit le Seigneur, il y en a qui aiment se nourrir de l’amande plutôt que de l’écorce.
30 avril. — « J’étais à peine capable de marcher, et j’ai été obligé de garder le lit une grande partie du jour ; et j’ai passé le temps d’une manière très solitaire, n’étant capable ni de lire, ni de méditer, ni de prier, et n’ayant personne avec qui converser dans ce désert. Oh ! que le temps passe lourdement quand je ne puis rien faire de bon, et que je semble obligé de gaspiller en bagatelles un temps précieux ! Mais ces derniers temps, j’ai vu qu’il était de mon devoir de me distraire par tous les moyens légitimes, afin d’être en état, au moins pendant une petite partie de mon temps, de travailler pour Dieu. Et voici la différence entre mes distractions présentes et celles que je recherchais autrefois, lorsque j’étais dans l’état naturel. Alors je faisais de mes distractions un dieu, j’y prenais plaisir en négligeant Dieu, et j’en tirais ma plus haute satisfaction. Maintenant je les emploie comme des moyens qui m’aident à vivre pour Dieu, prenant fermement mon plaisir en lui, et non en elles, et tirant de lui ma plus haute satisfaction. Alors elles étaient mon tout ; maintenant elles ne sont que des moyens qui conduisent à mon tout. Et les choses qui sont la plus grande distraction, quand on les recherche dans cette vue, ne tendent pas à entraver, mais à favoriser ma spiritualité ; et je vois maintenant, plus que jamais, qu’elles sont absolument nécessaires.
2 mai. — « Le soir, me trouvant un peu mieux portant, je suis allé dans les bois, et j’ai goûté un doux temps de méditation et de prière. Mes pensées se portaient sur le Psaume 17:15 : “Dès le réveil, je me rassasierai de ton image.” Et ce fut vraiment pour moi un texte précieux. Je désirais prêcher au monde entier ; et il me semblait que tous devaient nécessairement se fondre en entendant des vérités divines aussi précieuses que celles que je contemplais alors. Mes pensées étaient extrêmement claires, et mon âme était rafraîchie. Béni soit le Seigneur de ce que, dans ma faiblesse passée et présente, depuis bien des jours maintenant, mon esprit n’est pas sombre comme à d’autres moments.
7 mai. — « J’ai passé la journée principalement à faire des préparatifs pour un voyage dans le désert. J’étais encore faible, et en souci de savoir comment j’accomplirais un voyage si difficile ; mais les forces corporelles me manquaient pour passer la journée dans le jeûne et la prière. »
Le lendemain, il partit avec son interprète pour son voyage vers la Susquehanna. Il endura de grandes épreuves et de grandes fatigues sur sa route à travers le désert ; là, après avoir logé une nuit en pleine forêt, il fut surpris par une tempête du nord-est, dans laquelle il faillit périr. N’ayant aucune espèce d’abri, et ne pouvant allumer de feu sous une si forte pluie, il ne pouvait trouver aucun réconfort s’il s’arrêtait ; il résolut donc d’avancer dans l’espoir de rencontrer quelque abri, sans lequel il pensait impossible de passer la nuit en vie ; mais leurs chevaux, ayant mangé quelque plante vénéneuse, faute d’autre nourriture, à l’endroit où ils avaient logé la nuit précédente, étaient si malades qu’ils ne pouvaient ni les monter ni les mener par la bride, mais furent obligés de les pousser devant eux et d’aller à pied ; jusqu’à ce que, par la miséricorde de Dieu, juste à la tombée du jour, ils arrivèrent à une hutte d’écorce, où ils logèrent cette nuit-là. Arrivé à la Susquehanna, il parcourut environ cent milles le long de la rivière, et visita beaucoup de villages et d’établissements indiens ; il vit des membres de sept ou huit tribus, et prêcha à différentes nations par différents interprètes. Il fut parfois très découragé et abattu dans son esprit, à cause de l’opposition que les Indiens manifestaient envers le christianisme. D’autres fois, il fut encouragé par la disposition que quelques-uns de ces gens montraient à l’entendre, et par leur bonne volonté à se laisser instruire. Il rencontra là quelques-uns de ceux qui avaient autrefois été ses auditeurs à Kaunaumeek, et qui s’étaient transportés en ce lieu ; ils le virent et l’entendirent de nouveau avec une grande joie. Il passa quinze jours parmi les Indiens de cette rivière, et traversa bien des travaux et des épreuves, couchant sur la terre pendant plusieurs semaines, et parfois en plein air. À la fin, il tomba gravement malade, alors qu’il chevauchait dans le désert, saisi d’un accès de fièvre intermittente, suivi d’une fièvre brûlante et de douleurs extrêmes à la tête et aux entrailles, accompagnées d’une grande perte de sang ; de sorte qu’il pensa devoir périr dans le désert. Mais arrivant enfin à la hutte d’un marchand qui trafiquait avec les Indiens, il obtint la permission d’y rester ; et bien qu’il fût sans remèdes et sans nourriture qui lui convînt, il plut à Dieu, après environ une semaine de détresse, de le soulager assez pour qu’il pût monter à cheval. Il revint vers chez lui depuis Juncauta, une île située loin en aval sur la rivière, où se trouvait un nombre considérable d’Indiens, qui paraissaient plus libres de préjugés contre le christianisme que la plupart des autres Indiens ; et il arriva aux Fourches du Delaware le jeudi 30 mai, après avoir parcouru à cheval, au cours de ce voyage, environ trois cent quarante milles. Il revint chez lui dans un état de grande faiblesse et l’esprit abattu, ce qui fut pour lui un grand obstacle dans ses exercices religieux. Toutefois, le jour du sabbat, après avoir prêché aux Indiens, il prêcha aux Blancs avec quelque succès, sur Ésaïe 53:10 : « Il a plu à l’Éternel de le briser », etc. ; quelques-uns furent réveillés par sa prédication. Le lendemain, il fut fort tourmenté du manque de vie et de ferveur spirituelles.
5 juin. — « J’ai senti, le matin, une soif ardente de Dieu. Le soir, j’ai goûté un précieux temps de retraite : j’ai été favorisé de quelques méditations claires et douces sur un texte sacré ; les choses divines s’ouvraient avec clarté et certitude, et portaient une empreinte divine. Mon âme a aussi été dilatée et rafraîchie dans la prière ; je prenais plaisir à persévérer dans ce devoir ; et j’ai été doucement assisté en priant pour mes frères chrétiens et pour mes chers frères dans le ministère. Béni soit le cher Seigneur pour de telles jouissances. Oh ! qu’il est doux et précieux d’avoir une claire intelligence et un sentiment tendre du mystère de la piété, de la vraie sainteté, et de la ressemblance avec le meilleur des êtres ! Oh ! quelle béatitude que d’être aussi semblable à Dieu qu’il est possible à une créature d’être semblable à son grand Créateur ! Seigneur, donne-moi davantage de ton image ; “dès le réveil, je m’en rassasierai.” »
Le vendredi 7 juin, il fit un voyage de près de cinquante milles jusqu’à Neshaminy, pour assister à une célébration de la sainte cène qui devait avoir lieu dans le temple de M. Beatty ; il y avait été invité par lui et par son peuple.
8 juin. — « J’étais extrêmement faible et fatigué d’avoir chevauché hier dans la chaleur ; mais, comme on le désirait, j’ai prêché l’après-midi, devant un auditoire nombreux, sur Ésaïe 40:1 : “Consolez, consolez mon peuple, Dit votre Dieu.” Il a plu à Dieu de me donner une grande liberté pour exposer les douleurs de son peuple et pour lui présenter des considérations consolantes. Et, béni soit le Seigneur, ce fut un doux temps d’attendrissement dans l’assemblée.
Jour du Seigneur, 9 juin. — « J’ai senti quelques ardents désirs que la présence de Dieu soit avec son peuple dans la circonstance solennelle de ce jour. Le matin, M. Beatty a prêché ; et il a paru quelque chaleur dans l’assemblée. Ensuite, j’ai aidé à l’administration de la cène du Seigneur ; et vers la fin, j’ai parlé à la foule sans préparation, en me référant au passage sacré d’Ésaïe 53:10 : “Il a plu à l’Éternel de le briser.” Là, Dieu m’a donné une grande assistance pour m’adresser aux pécheurs ; et la parole a été accompagnée d’une puissance étonnante : un grand nombre, des vingtaines, sinon des centaines, dans cette grande assemblée de trois ou quatre mille personnes, ont été fort touchés ; de sorte qu’il y a eu “un très grand deuil, Comme le deuil d’Hadadrimmon”.
10 juin. — « J’ai prêché avec une bonne mesure de clarté et quelque douce chaleur sur le Psaume 17:15 : “Dès le réveil, je me rassasierai de ton image.” Et, béni soit Dieu, il y a eu une grande solennité et une grande attention dans l’assemblée, et un doux rafraîchissement parmi le peuple de Dieu, comme on l’a vu alors et par la suite.
11 juin. — « J’ai passé la journée principalement à converser avec de chers amis chrétiens, et j’ai goûté quelque doux sentiment des choses divines. Oh ! qu’il est désirable de fréquenter les chers enfants de Dieu ! “Ce sont les hommes excellents de la terre”, en qui, je puis le dire en vérité, est “l’objet de toute mon affection”. Oh ! quelle joie ce sera de les retrouver tous dans un état de perfection ! Seigneur, prépare-moi pour cet état.
18 juin. — « Je suis parti de New Brunswick dans le dessein de visiter quelques Indiens en un lieu appelé Crossweeksung, dans le New Jersey, du côté de la mer. L’après-midi, je suis arrivé à un lieu appelé Cranberry et, y ayant rencontré un ministre sérieux, M. Macknight, j’ai logé là chez lui. J’ai eu quelque dilatation et quelque liberté dans la prière avec un certain nombre de personnes. »
Vue de la rivière et du village de Crosswicks, New Jersey, juillet 1833.
Chapitre 7 terminé
Travaux parmi les Indiens aux Fourches du Delaware et alentour — fête et danse idolâtres — par le désert jusqu’à Opeholhaupung, sur la Susquehanna — il bâtit une cabane aux Fourches — signes d’une œuvre de l’Esprit parmi les Indiens — en Nouvelle-Angleterre, réunir des fonds pour un collègue