Chapitre 2 · 7 min de lecture · 9 min d’écoute
Comment commencer
Lorsque Dieu nous a amenés à penser qu’il souhaite que nous fassions un effort pour conduire à Christ une personne donnée, la première question qui se pose à nous est : « Comment vais-je commencer ? » Si la personne est entrée dans une salle d’entretien, ou est restée pour une réunion d’après-culte, ou même si elle assiste simplement à une réunion de prière, à l’école du dimanche ou à quelque autre réunion ordinaire de l’Église, c’est relativement facile. Vous pouvez alors lui demander s’il est chrétien, ou s’il n’aimerait pas le devenir, ou pourquoi il ne l’est pas, ou lui poser quelque autre question directe et simple qui mènera inévitablement à une conversation sur ce sujet. Mais si la personne est quelqu’un à qui vous vous êtes intéressé en dehors d’une réunion religieuse, et qui vous est peut-être entièrement étranger, cela ne paraît pas si simple au premier abord ; et pourtant ce n’est pas si difficile. On peut engager la conversation avec cette personne sur quelque sujet général, ou sur quelque chose que suggèrent les événements du moment, et l’amener bientôt au grand sujet. L’entretien de Christ avec la femme samaritaine, au chapitre 4 de Jean, en est une illustration très instructive. Souvent, même avec de parfaits inconnus, il est bon d’aborder le sujet tout de suite et de leur demander s’ils sont chrétiens, ou s’ils sont sauvés, ou de leur poser quelque question semblable. Si on le fait avec courtoisie et sérieux, cela amènera souvent à réfléchir même des gens insouciants et aboutira à leur conversion. Il est étonnant de voir combien souvent celui qui entreprend cette œuvre dans une humble dépendance de Dieu et sous sa direction trouve le chemin préparé, et combien rarement il essuie une rebuffade. Un jour, l’auteur de ces lignes croisa un homme dans l’une des rues les plus fréquentées de Chicago. Comme je passais près de lui, je ressentis l’impulsion de lui parler du Sauveur. M’arrêtant un instant pour demander à Dieu de me montrer si cette impulsion venait de lui, je fis demi-tour et suivis l’homme. Je le rattrapai au milieu de la rue, posai la main sur son épaule et lui dis : « Mon ami, êtes-vous chrétien ? » Il sursauta et répondit : « Voilà une étrange question à poser à quelqu’un. » Je lui dis : « Je le sais, et je ne pose pas cette question à tous les inconnus, mais Dieu m’a mis au cœur de vous la poser. » Il me raconta alors que son cousin était pasteur et l’avait pressé à ce sujet précisément, que lui-même était diplômé du collège d’Amherst, mais que la boisson l’avait perdu. Après avoir conversé encore un moment, nous nous séparâmes, mais plus tard cet homme accepta Christ comme son Sauveur.
Il est souvent préférable de gagner la confiance et l’affection d’une personne avant d’aborder le sujet. Il est bon de choisir quelqu’un et de dresser ensuite vos plans pour le gagner à Christ. Cultivez sa connaissance, entourez-le d’attentions, accomplissez pour lui beaucoup d’actes de bonté, grands et petits, et enfin, quand le moment opportun arrive, abordez la grande question. C’est de cette manière qu’un vieil incrédule endurci de Chicago fut gagné à Christ par une jeune femme qui l’avait trouvé malade et seul. Elle vint le voir jour après jour et lui témoigna beaucoup de bonté, et, à mesure que la tuberculose resserrait son emprise sur lui, elle lui parla du Sauveur et eut la joie de le voir accepter Christ.
Un traité bien choisi, remis à la personne à qui vous désirez parler, conduira souvent facilement et naturellement au sujet. Un jour, je voyageais en train et je priais Dieu de se servir de moi pour amener quelqu’un à son Fils. Une demoiselle, fille d’un pasteur, avec qui j’avais déjà eu une conversation à ce sujet, entra avec une amie et s’assit sur la banquette juste devant moi. Je sortis un petit paquet de traités, j’en choisis un qui semblait convenir, le lui tendis et lui demandai de le lire. Pendant qu’elle lisait, je priais. Quand elle eut terminé, je me penchai vers elle et lui demandai ce qu’elle en pensait. Elle était profondément émue, et je lui demandai si elle ne voulait pas accepter Christ sur-le-champ. Ses difficultés furent bientôt examinées et résolues, et elle accepta Christ. En descendant du train, elle me remercia très chaleureusement de ce que j’avais fait pour elle.
Vous rencontrerez souvent quelqu’un dont le visage trahit le malheur ou le mécontentement : dans ce cas, il est facile de demander à la personne si elle est heureuse, et quand elle répond « non », vous pouvez dire : « Je peux vous parler de quelqu’un qui vous rendra heureux si seulement vous voulez le recevoir. » L’habileté à engager une conversation viendra avec la pratique. On peut se montrer assez maladroit au début, mais à mesure que nous avancerons, nous acquerrons de l’aisance.
Une fois le sujet abordé, la première chose à découvrir est où en est la personne dont vous vous occupez ; vous saurez alors comment traiter son cas avec sagesse. Dans les chapitres qui suivent immédiatement celui-ci seront présentées toutes les catégories de personnes que l’on risque de rencontrer, et le premier point à établir est de savoir à quelle catégorie appartient tel ou tel individu. Mais comment savoir à quelle catégorie appartient une personne ? Premièrement. En lui posant des questions. Des questions comme : « Êtes-vous chrétien ? » « Êtes-vous sauvé ? » « Savez-vous que vos péchés sont pardonnés ? » « Avez-vous la vie éternelle ? » « Confessez-vous Christ ouvertement devant le monde ? » « Êtes-vous un ami de Jésus ? » « Êtes-vous né de nouveau ? » Il se peut qu’on réponde à ces questions de façon mensongère, soit par ignorance, soit par désir de vous induire en erreur. Néanmoins, les réponses et la manière dont elles sont données vous en apprendront beaucoup sur l’état réel de la personne. Deuxièmement. En observant son visage. Le visage d’un homme révèle souvent ce que ses paroles essaient de cacher. Quiconque s’exerce à étudier le visage de ceux dont il s’occupe sera bientôt capable, dans bien des cas, de discerner l’état exact de ces personnes, indépendamment de ce qu’elles peuvent dire. Troisièmement. Par le Saint-Esprit. Si seulement nous comptons sur lui pour le faire, le Saint-Esprit fera souvent jaillir dans notre esprit, comme un éclair, une vue de la position de cet homme, et exactement le passage de l’Écriture dont il a besoin.
Lorsque nous avons appris où en est la personne dont nous nous occupons, la chose suivante à faire est de la conduire aussi directement que possible à accepter Jésus-Christ comme son Sauveur et son Maître personnel. Nous devons toujours garder à l’esprit que le but premier de notre travail n’est pas d’amener les gens à se joindre à l’Église, ni à renoncer à leurs mauvaises habitudes, ni à faire quoi que ce soit d’autre que ceci : accepter Jésus-Christ comme leur Sauveur — celui qui a porté lui-même leurs péchés en son corps sur le bois, et par qui ils peuvent recevoir un pardon immédiat et complet — et comme leur Maître, à qui ils abandonnent absolument la direction de leurs pensées, de leurs sentiments, de leurs intentions et de leurs actes. Lorsque nous avons ainsi amené quelqu’un à accepter Christ, l’étape suivante sera de lui montrer par la Parole de Dieu qu’il a le pardon des péchés et la vie éternelle. Actes 10:43 ; 13:39 ; Jean 3:36 ; 5:24 serviront à cet effet. L’étape suivante sera de lui montrer comment réussir la vie chrétienne dans laquelle il est entré. Nous dirons plus loin comment le faire. Chaque personne doit être conduite à accepter Christ au moyen de la Parole de Dieu. Dans les chapitres qui suivent immédiatement celui-ci, nous essaierons de montrer quelles portions précises de la Parole employer dans tel ou tel cas, et comment les employer.
Chapitre 2 terminé
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