Le Livre des martyrs (Pour ados)
Quatre-vingt-six ans

Chapitre 2 · 2 min de lecture · 3 min d’écoute

Quatre-vingt-six ans

« Car Christ est ma vie, et la mort m’est un gain. » — Philippiens 1:21

Les premiers chrétiens vivaient dans l’Empire romain, et pendant près de trois cents ans ils subirent des vagues de persécution. Suivre Jésus pouvait te coûter ta maison, ta liberté ou ta vie. L’un des plus célèbres de ceux qui moururent pendant ces années-là fut un vieil homme nommé Polycarpe.

Polycarpe était l’évêque, c’est-à-dire le pasteur principal, de l’Église de Smyrne, une ville de l’actuelle Turquie. Il était très âgé, et l’on dit qu’il avait connu des gens qui avaient connu l’apôtre Jean. Quand les autorités se mirent à le rechercher, il se cacha, mais on le trouva.

Ce qu’il fit ensuite surprit tout le monde. Au lieu de se battre ou de s’enfuir, il offrit un repas aux soldats venus l’arrêter. Puis il demanda une seule chose : une heure pour prier. Ils la lui accordèrent, et Foxe raconte qu’« il pria avec une telle ferveur que ses gardes se repentirent d’avoir servi à le prendre ». Les hommes envoyés pour l’arrêter eurent honte.

On le conduisit devant le gouverneur romain, qui voulait qu’il sauve sa vie en maudissant le Christ. Le gouverneur lui dit : « Jure, et je te relâche ; insulte le Christ. » La réponse de Polycarpe est restée dans les mémoires depuis près de deux mille ans :

« Voilà quatre-vingt-six ans que je le sers, et il ne m’a jamais fait aucun tort ; comment donc pourrais-je blasphémer mon Roi, qui m’a sauvé ? »

Réfléchis à cette phrase. Ce n’était pas un discours sur la doctrine. Il parlait d’une relation. Pendant quatre-vingt-six ans, à travers tout ce que la vie lui avait apporté, Jésus ne l’avait jamais laissé tomber. Comment aurait-il pu lui tourner le dos maintenant ?

Polycarpe fut condamné et mis à mort. Mais ses paroles ont survécu à l’empire qui l’a tué.

Tu n’auras probablement jamais à choisir entre renier Jésus et perdre la vie. Mais tu feras face à des versions plus petites du choix de Polycarpe : un moment où dire que tu suis Jésus te coûtera quelque chose, une moquerie, une amitié, un peu de ta réputation. La meilleure préparation pour ces moments-là est la même que celle de Polycarpe : connaître Jésus si bien, avec le temps, que tu puisses dire par expérience : « Il ne m’a jamais fait aucun tort. »

Paul a écrit : Christ est ma vie, et la mort m’est un gain. Polycarpe a vécu cette phrase pendant quatre-vingt-six ans, puis il l’a vécue jusque dans sa mort.

Une chose à faire cette semaine : note trois façons dont Jésus t’a été fidèle jusqu’ici dans ta vie. Garde cette liste à un endroit où tu la verras. La prochaine fois que le suivre te paraîtra coûteux, relis-la.

Questions pour réfléchir

Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.

Qu’a fait Polycarpe quand les soldats sont venus l’arrêter ?

Il leur a offert un repas et a demandé une heure pour prier, et il a prié avec tant de ferveur que ses gardes ont regretté de l’avoir arrêté.

Qu’a répondu Polycarpe quand le gouverneur lui a ordonné de maudire le Christ ?

« Voilà quatre-vingt-six ans que je le sers, et il ne m’a jamais fait aucun tort ; comment donc pourrais-je blasphémer mon Roi, qui m’a sauvé ? »

Qu’est-ce qui rendait la réponse de Polycarpe si forte ?

Elle reposait sur une longue relation avec Jésus : après quatre-vingt-six ans d’expérience, il savait que Jésus ne l’avait jamais laissé tomber.

Chapitre 2 terminé

Quatre-vingt-six ans

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