Aux pieds du Maître
Le péché et le salut

Chapitre 5 · 18 min de lecture · 24 min d’écoute

Le péché et le salut

Section I

Le Disciple,—Maître, il est clair pour presque tout le monde que désobéir à Dieu et cesser de l’adorer, c’est le péché, et l’on en voit le résultat mortel dans l’état présent du monde. Mais ce qu’est réellement le péché n’est pas absolument clair. En la présence même du Dieu tout-puissant, à l’encontre de sa volonté, et dans son propre monde, comment le péché a-t-il pu naître ?

Le Maître,—1. Le péché, c’est rejeter la volonté de Dieu pour vivre selon sa propre volonté, abandonner ce qui est vrai et légitime afin de satisfaire ses propres désirs, en pensant obtenir ainsi le bonheur. Pourtant, en agissant ainsi, on n’obtient pas le vrai bonheur et l’on ne goûte pas de véritable plaisir. Le péché n’a pas d’individualité, si bien que personne ne peut dire de lui que quelqu’un l’a créé. C’est simplement le nom d’un état ou d’une condition. Il n’y a qu’un seul Créateur, et il est bon ; or un Créateur bon n’aurait pu créer une chose mauvaise, car ce serait contraire à sa nature même. Et en dehors de l’unique Créateur, il n’existe personne d’autre qui aurait pu créer le péché. Satan ne peut que gâter ce qui a déjà été créé, mais il n’a pas le pouvoir de créer quoi que ce soit. Le péché ne fait donc pas partie de la création, et il n’a pas non plus d’existence indépendante qui permettrait de le créer. C’est simplement un état d’être trompeur et destructeur.

Par exemple, la lumière est une chose qui a une existence réelle, mais non les ténèbres ; elles ne sont qu’un état, l’absence de lumière. Ainsi le péché, ou le mal, n’est pas une chose qui existe par elle-même, mais simplement l’absence ou la non-existence du bien. Cet état ténébreux du mal est des plus terribles, car à cause de lui beaucoup manquent la bonne route et, faisant naufrage sur les écueils de Satan, tombent dans les ténèbres de l’enfer et sont perdus. C’est pourquoi moi, qui suis la lumière du monde, j’ai été manifesté en chair, afin que ceux qui mettent leur confiance en moi ne périssent pas ; car je les arrache à la puissance des ténèbres et je les amène sains et saufs à ce port céleste et désiré où il n’y a ni nom ni trace de ténèbres (Apoc. xxi. 23, xxii. 5).

2. Tu demandes comment cet état ténébreux du péché a pu naître en la présence même du Seigneur de la création. Il est né parce que Satan et les hommes, de leur propre mouvement, ont cherché d’une manière illégitime et mauvaise à accomplir leurs propres désirs. Et si tu demandes pourquoi Dieu n’a pas fait l’homme de telle sorte qu’il ne puisse tomber dans un tel état, la réponse est que, s’il avait été construit comme une machine, il n’aurait jamais pu parvenir à cet état de bonheur que l’on n’atteint qu’en agissant selon son propre choix. Adam et Ève sont tombés dans les ruses et la tromperie de Satan parce que, dans leur état sans péché, ils ne savaient pas qu’il existait des choses telles que le mensonge et la tromperie. Auparavant, Satan lui-même ne connaissait pas l’existence de cet orgueil à cause duquel il fut chassé du ciel, car avant lui l’orgueil n’existait pas. Et bien que cet état de péché soit apparu à la fois chez les hommes et chez Satan, Dieu, par sa toute-puissance, a donné à cet état un aspect nouveau, si bien que, de cet état même, il a fait sortir les plus nobles résultats.

Tout d’abord, l’amour sans bornes de Dieu a été manifesté dans l’incarnation et la rédemption, alors qu’en d’autres circonstances il serait resté caché ; et en second lieu, les rachetés, après avoir goûté l’amertume du péché, jouiront plus richement du bonheur du ciel, de même qu’après un goût d’amertume la douceur du miel procure un plus grand délice. Car au ciel ils ne pèchent plus, mais dans la douceur et dans un amour obéissant ils servent Dieu leur Père, et demeurent avec lui dans la joie pour toujours.

3. Les hommes sont prompts à découvrir des défauts dans le soleil et la lune, comme les taches et les éclipses, mais aux taches et aux éclipses du péché ils ne prêtent aucune attention. Tu peux mesurer par là combien sont grandes les ténèbres qui sont dans les hommes, quand la lumière même qu’ils ont est ténèbres (Matt. vi.23). De même que le corps du lépreux, à cause de sa maladie, devient engourdi et insensible, ainsi le cœur et l’esprit de l’homme, à cause du péché, deviennent obtus et insensibles, et ne lui causent aucun sentiment de dégoût ni de douleur. Mais le temps viendra où il s’éveillera à ses terribles ravages, et alors il y aura des pleurs et des grincements de dents.

4. Beaucoup de ceux qui sont plongés dans le péché n’en sentent pas le fardeau, de même que celui qui plonge dans l’eau peut avoir des tonnes d’eau au-dessus de lui sans en sentir aucunement le poids, jusqu’à ce qu’il étouffe et meure. Mais celui qui sort de l’eau et cherche à en emporter s’aperçoit vite de son poids, si peu qu’il en prenne ; et celui qui, sentant le fardeau de son péché, vient à moi avec repentance recevra gratuitement le vrai repos, car ce sont de tels hommes que je viens chercher et sauver (Matt. xi.28, Luc xix.10).

5. Il n’est pas nécessaire que chaque membre du corps devienne inutile et faible pour que la mort survienne. Une faiblesse du cœur ou du cerveau, ou un coup qui les frappe, suffit à mettre fin à la vie, si fortes et saines que soient les autres parties du corps. Ainsi un seul péché, par son effet empoisonné sur l’esprit et le cœur, suffit à ruiner la vie spirituelle non seulement d’un seul homme, mais d’une famille ou d’une nation entière, voire de toute la race humaine. Tel fut le péché d’Adam. Mais de même qu’une seule parole de moi a pu faire sortir Lazare du tombeau, de même elle suffit à donner la vie éternelle à tous.

6. Il arrive parfois qu’un animal ou un oiseau, après avoir longtemps vécu auprès de l’homme, retourne parmi ses semblables ; mais ceux-ci, au lieu de l’accueillir, se jettent sur lui et le mettent à mort, parce que, par son long séjour et sa familiarité avec l’homme, ses habitudes et sa manière de vivre ont entièrement changé. De même que les animaux n’admettent pas dans leur société ceux de leur espèce qui ont subi l’influence de l’homme, comment les saints et les anges du ciel pourraient-ils accueillir les pécheurs qui ont vécu dans l’intimité des méchants ? Cela ne veut pas dire que les saints et les anges n’ont pas d’amour pour les hommes pécheurs, mais l’atmosphère sainte du ciel elle-même sera déplaisante à de tels hommes. Car, de toute évidence, si dans ce monde les pécheurs n’aiment pas la compagnie des hommes de bien, comment pourraient-ils être heureux en leur compagnie pendant toute l’éternité ? Pour eux, un tel ciel serait aussi déplaisant que l’enfer lui-même.

Ne suppose pas que Dieu ou son peuple chasseront les pécheurs du ciel pour les jeter en enfer, car Dieu, qui est amour, n’a jamais jeté personne en enfer et ne le fera jamais. C’est la vie impure du pécheur qui le mènera en enfer. Bien avant que la fin de la vie ne rapproche de nous le ciel et l’enfer, il s’est déjà établi dans le cœur de chaque homme, selon sa nature bonne ou mauvaise, son propre ciel ou son propre enfer. C’est pourquoi, quiconque désire être sauvé de ce tourment éternel, qu’il se repente sincèrement de ses péchés et me donne son cœur, afin que, par ma présence en lui et l’influence du Saint-Esprit, il devienne pour toujours un enfant du royaume de Dieu.

7. Celui qui se révolte contre un roi ou un gouvernement de ce monde peut se sauver en se réfugiant dans un autre pays ; mais où un rebelle contre Dieu fuira-t-il pour être en sûreté ? Où qu’il aille, fût-ce au ciel ou en enfer, il trouvera Dieu toujours présent. (Ps. cxxxix.7,8). Il ne trouvera son salut que dans la repentance et la soumission à son Seigneur.

8. Pour Adam et Ève, les feuilles de figuier étaient un vêtement trop maigre ; aussi Dieu leur fit-il des habits de peau. De même, les bonnes œuvres de l’homme sont aussi inutiles que les feuilles de figuier pour le sauver de la colère à venir. Rien ne suffira, sinon ma robe de justice.

9. Le papillon de nuit ne pense pas à la puissance brûlante et destructrice de la flamme, mais, fasciné par son éclat, il s’y précipite et périt. Ainsi l’homme, sans égard pour la puissance destructrice et empoisonnée du péché, et ne sentant que son attrait, se précipite vers sa destruction éternelle. Mais ma lumière arrache le pécheur à la mort, et lui accorde la vie et un bonheur durable. L’homme a été fait de manière à pouvoir s’approprier le don précieux de ma vraie lumière.

10. Le péché n’est pas une illusion ni une chose imaginaire ; mais dans cet état de ténèbres spirituelles, par l’exercice de la volonté mauvaise de l’homme, sont venues à l’existence des semences vivantes du mal telles qu’elles infecteront à jamais son esprit et finiront par le détruire — de même que la variole, en très peu de temps, détruit pour toujours la beauté d’un homme et la change en une laideur repoussante. Comme Dieu n’a pas créé la méchanceté, il n’a pas non plus créé la maladie ni les douleurs du corps. Elles sont simplement la conséquence naturelle de la désobéissance de l’homme. La douleur et la maladie ne sont pas non plus des choses imaginaires, mais elles sont les fruits extérieurs et visibles de la maladie cachée et invisible du péché, que ce soit le péché personnel ou celui de la famille dont on est membre. Lorsque tous ces membres se repentent et sont unis à moi, mon sang, qui donne la santé, circule à travers tous, guérissant toutes leurs maladies intérieures et invisibles et leur donnant la santé pour toute l’éternité. C’est pour un tel état de santé que l’homme a été créé, afin de demeurer pour toujours dans le bonheur avec son Seigneur et Maître.

Section II

Le Disciple,—Maître, de nos jours, certains savants et leurs disciples considèrent ton expiation et la rédemption par le sang comme dénuées de sens et vaines, et disent que Christ n’était qu’un grand maître et un exemple pour notre vie spirituelle, et que le salut et le bonheur éternel dépendent de nos propres efforts et de nos bonnes œuvres.

Le Maître,—1. N’oublie jamais que les idées spirituelles et religieuses relèvent moins de la tête que du cœur, qui est le temple de Dieu ; et lorsque le cœur est rempli de la présence de Dieu, la tête aussi est éclairée. Car l’intelligence et les yeux de l’entendement sont inutiles sans la vraie lumière, comme les yeux naturels le sont sans la lumière du jour. Dans l’obscurité, on peut prendre une corde pour un serpent, de même que les sages de ce monde faussent la vérité spirituelle et égarent les esprits simples. Ainsi Satan, lorsqu’il séduisit Ève, ne se servit ni de la brebis ni de la colombe, mais du serpent, le plus rusé de tous les animaux. Ainsi il prend la sagesse des sages et l’habileté des savants, et en fait des instruments propres à son dessein. Mais il ne suffit pas d’être savant et habile ; il faut aussi avoir l’innocence de la colombe ; c’est pourquoi j’ai dit : « Soyez prudents comme les serpents, et simples comme les colombes » (Matt. x.16).

2. Ma croix et mon expiation font pour les croyants ce que le serpent d’airain fit pour les Israélites, car quiconque le regardait avec l’œil de la foi était sauvé (Nomb. xxi.9, Jean iii.14,15). Il y en eut cependant qui, au lieu de croire, ne virent en lui que de l’airain et se mirent à critiquer, disant : « Si Moïse avait fourni un antidote, ou s’il nous donnait quelque remède puissant ou quelque médicament spécial contre ces serpents venimeux, ce serait là un objet de foi convenable ; mais quel pouvoir cette perche a-t-elle sur un venin mortel ? » Ils moururent tous. De nos jours aussi, ceux qui ergotent sur le moyen de salut que Dieu a établi périront dans le poison de leur propre péché.

3. Un jeune homme tomba d’un précipice et fut si grièvement blessé, et perdit tant de sang, qu’il était sur le point de mourir. Lorsque son père l’amena au médecin, celui-ci dit : « La vie, c’est le sang, et la réserve de sang de ce jeune homme est épuisée ; mais si quelqu’un est prêt à sacrifier sa propre vie, il pourra guérir ; sinon, il mourra. » Le père, dont le cœur débordait d’amour pour son fils, offrit son propre sang, et lorsqu’on l’eut injecté dans les veines du jeune homme, celui-ci guérit. L’homme est tombé de la montagne de la sainteté, il gît brisé et blessé par ses péchés, et à cause de ces blessures sa vie spirituelle s’est écoulée et il est près de mourir. Mais pour ceux qui croient en moi, je répands mon propre sang, éternel et spirituel, afin qu’ils soient sauvés de la mort et obtiennent la vie éternelle. Car c’est dans ce dessein que je suis venu, afin qu’ils aient la vie, et qu’ils soient dans l’abondance (Jean x.10), et qu’ainsi ils vivent pour toujours.

4. Dans les temps anciens, il était interdit aux hommes de boire le sang des animaux ou de manger certains aliments, dans la pensée qu’ils échapperaient ainsi à certaines maladies ; et aussi de peur que, l’homme ayant un corps animal, ses penchants animaux ne soient fortifiés par le fait de manger de la chair et de boire du sang. Mais maintenant, « ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage » (Jean vi.55), car ils donnent la vie spirituelle, et par eux on reçoit la santé parfaite, le bonheur céleste et la joie.

5. Le pardon des péchés ne signifie pas le salut complet, car celui-ci ne peut venir qu’avec une parfaite délivrance du péché. Il est possible, en effet, qu’un homme meure de la maladie de son péché, bien qu’il en ait reçu le plein pardon. Par exemple, un homme avait le cerveau atteint à la suite d’une longue maladie, et, dans cet état, il attaqua un autre homme et le tua. Lorsque la sentence de mort fut prononcée contre lui, ses parents exposèrent les circonstances et implorèrent sa grâce, et il obtint le pardon pour le péché de meurtre. Mais avant que ses amis aient pu lui apporter la bonne nouvelle, et tandis même qu’ils étaient en chemin, il mourut de la maladie qui l’avait poussé à commettre le meurtre.

À quoi ce pardon servit-il au meurtrier ? Son véritable salut aurait été d’être guéri de sa maladie, et alors il aurait trouvé un vrai bonheur dans son pardon. C’est pourquoi j’ai été manifesté en chair, afin de délivrer les croyants repentants de la maladie du péché, de son châtiment et de la mort, ôtant ainsi à la fois la cause et l’effet. Ils ne mourront pas dans leurs péchés, car je les sauverai (Matt. i.21), et ils passeront de la mort pour devenir héritiers de la vie éternelle.

6. Pour beaucoup de gens, la vie est pleine de périls, et ils ressemblent à ce chasseur qui aperçut un rayon de miel sur la branche d’un arbre penché au-dessus d’un cours d’eau. Il y grimpa et se mit à savourer le miel, sans se douter le moins du monde qu’il était en danger de mort ; car dans le cours d’eau, au-dessous de lui, un alligator attendait, la gueule ouverte, pour le dévorer, tandis qu’au pied de l’arbre une meute de loups s’était rassemblée, attendant qu’il descende. Pis encore, l’arbre sur lequel il était assis avait été rongé jusqu’aux racines par un insecte, et il était sur le point de tomber. Peu de temps après, il tomba en effet, et l’imprudent chasseur devint la proie de l’alligator. Ainsi l’esprit humain, installé dans le corps, jouit pour un peu de temps des plaisirs faux et passagers du péché, amassés dans le rayon de miel du cerveau, sans penser qu’il se trouve au milieu de cette effrayante jungle du monde. Là, Satan se tient prêt à le mettre en pièces, et l’enfer, comme un alligator, attend la gueule ouverte pour l’engloutir, tandis que, pire que tout, le minuscule insecte invisible du péché a rongé les racines mêmes du corps et de la vie. Bientôt l’âme tombe et devient pour toujours la proie de l’enfer. Mais le pécheur qui vient à moi, je le délivrerai du péché, de Satan et de l’enfer, et je lui donnerai une joie éternelle « que nul ne lui ravira » (Jean xvi.22).

7. Satan, par des paroles rusées et des séductions, attire les hommes à lui et les engloutit, de même qu’un serpent fascine les petits oiseaux par le magnétisme de son œil étincelant et en fait sa proie. Mais à ceux qui croient en moi, je donne la délivrance de ce serpent ancien et des séductions de ce monde qui détruit les âmes. Je les rends libres, afin que, comme un oiseau qui, résistant aisément à la force de pesanteur de la terre, vole librement dans le ciel ouvert, ils s’élèvent sur les ailes de la prière et parviennent enfin à la demeure de sûreté, la chère patrie de leur cœur, attirés par les doux attraits de mon amour.

8. De même qu’un homme atteint de jaunisse voit tout en jaune, ainsi, pour le pécheur et le philosophe, la vérité elle-même prend la forme et l’apparence de son péché ou de ses théories ; et il n’est pas très surprenant que de telles gens aillent un pas plus loin et me comptent pour un pécheur comme eux. Mais mon œuvre, qui est le salut des pécheurs, ne dépend pas de la bonne opinion du monde ; elle poursuit à jamais sa route paisible dans la vie des croyants. De même que Lévi, étant encore dans les reins d’Abraham, m’a payé la dîme alors qu’il n’était pas encore né, ainsi toutes les générations de croyants ont en moi, offert sur la croix, l’expiation et la rançon de leurs péchés, bien qu’à ce moment-là elles ne fussent pas même nées ; car ce salut est pour toutes les races d’hommes dans le monde.

9. Cette affirmation, selon laquelle un homme peut acquérir le salut par ses propres efforts et ses bonnes œuvres, est folle et absurde tant que cet homme n’est pas né de nouveau. Les maîtres du monde et les enseignants de morale disent : « Deviens bon en faisant le bien » ; mais moi, voici ce que je dis : « Deviens bon toi-même avant de faire de bonnes œuvres. » Lorsque cette vie nouvelle et bonne a commencé, les bonnes œuvres en sont le résultat naturel.

Il n’y a qu’un insensé pour dire qu’un arbre amer, à force de porter du fruit, finira par devenir doux. En réalité, un arbre amer peut devenir doux en étant greffé sur un arbre doux, de sorte que la vie et les qualités propres à l’arbre doux passent dans l’arbre amer et que son amertume naturelle disparaît. C’est ce que nous appelons une nouvelle création. De même, le pécheur peut avoir le désir de faire ce qui est bien, et pourtant le seul résultat est le péché ; mais lorsqu’il se repent et qu’il est greffé en moi par la foi, le vieil homme meurt en lui et il devient une nouvelle créature. Alors, de cette vie nouvelle qui a son origine dans le salut, les bonnes œuvres sortent comme des fruits, et ce fruit demeure éternellement.

10. Il y en a beaucoup qui ont appris par expérience que la bonté naturelle de l’homme ne peut donner la vraie paix du cœur, ni lui donner la certitude du salut ou de la vie éternelle. Le jeune homme qui vint à moi en cherchant la vie éternelle en est un exemple. Sa première pensée à mon égard était fausse, comme l’est celle de certains sages selon le monde et de leurs disciples aujourd’hui. Il me prenait pour l’un de ces maîtres qui sont semblables à des sépulcres blanchis, et dans la vie desquels il n’y a pas une parcelle de vraie bonté. C’est pourquoi je lui dis : « Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Un seul est le bon. » Mais il ne sut pas voir en moi l’unique dispensateur de la bonté et de la vie ; et lorsque je voulus l’admettre dans ma compagnie, faire de lui un homme vraiment bon et lui donner la vie, il devint triste et me quitta. Sa vie, cependant, rend une chose parfaitement claire : c’est que son observation des commandements et sa bonté ne le satisfaisaient pas et ne lui donnaient pas l’assurance de la vie éternelle. Si ses bonnes œuvres lui avaient donné la paix, il ne serait pas venu m’interroger ; ou, s’il était venu, il ne m’aurait pas quitté avec tristesse, mais, croyant à mes paroles, il s’en serait allé dans la joie.

Peu de temps après, le jeune Paul me reconnut, et le désir de son cœur fut pleinement exaucé. Au lieu de se détourner avec tristesse, il abandonna tout ce qu’il avait et me suivit (Phil. iii.6-15). Ainsi quiconque cesse de se confier en sa propre justice et me suit recevra de moi la vraie paix et la vie éternelle.

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