Chapitre 6 · 4 min de lecture · 5 min d’écoute
Les images de la foi
« … car nous marchons par la foi et non par la vue. » — 2 Corinthiens 5:7 (LSG)
Parce que la foi est simple mais difficile à expliquer, Spurgeon enchaîne les images. La foi, c’est comme l’œil : d’un seul regard, tu embrasses le soleil et les étoiles lointaines ; de la même façon, la confiance rend Jésus proche, même s’il est au ciel. La foi, c’est comme la main : elle saisit et dit : « Jésus est à moi. » Tu ne voles rien ; tu as la permission — « que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie, gratuitement. » Et la foi, c’est comme la bouche : la nourriture ne te fait du bien qu’une fois que tu l’avales, et quelqu’un qui a faim n’a pas besoin de cours pour savoir manger.
Ensuite, la vie de tous les jours. Un agriculteur enterre des graines et s’attend à une récolte. Un homme d’affaires confie son argent à une banque et dort mieux que s’il l’avait enfermé dans son propre coffre-fort. Un orfèvre jette du métal précieux dans un feu qui semble prêt à le détruire, et il le récupère plus pur. Où que tu te tournes, dit Spurgeon, tu vois des gens faire confiance. Un nageur doit décoller ses pieds du fond et laisser l’eau le porter ; sinon, impossible de nager. Et puis il y a la patelle — un petit coquillage collé à un rocher au bord de la mer. Donne un coup sec à la première et tu peux la décrocher. Mais la suivante a entendu le coup, et maintenant elle s’accroche de toutes ses forces ; tu briseras le rocher avant de la faire bouger. Elle ne connaît rien à la géologie. Elle s’accroche, c’est tout. « C’est la vie de la patelle que de se cramponner au rocher, et c’est la vie du pécheur que de se cramponner à Jésus. » Des milliers de chrétiens, dit-il, n’ont pas plus de foi que ça — et ça suffit.
La foi peut grandir et devenir plus que ça. Un aveugle prend le bras d’un ami qui voit, parce qu’il sait que son ami a ce qui lui manque. Un élève croit son prof quand il parle de pays où il n’est jamais allé. Plus profond encore, il y a la foi qui naît de l’amour : Spurgeon imagine la femme d’un médecin brillant qui tombe gravement malade mais reste calme, parce que son mari a guéri des milliers de gens atteints de la même maladie et qu’elle sait qu’il l’aime. Et la foi obéit — un capitaine qui fait confiance au pilote dirige son navire là où le pilote le lui dit. « Une foi qui refuse d’obéir aux commandements du Sauveur n’est qu’un vain semblant. »
Enfin, la foi mûre. Une vieille chrétienne écrivait un « É » et un « P » dans la marge de sa Bible à côté de chaque promesse qu’elle avait éprouvée et prouvée. Et Spurgeon s’émerveille devant un capitaine de navire qui navigue des semaines sans voir la terre, en se guidant sur la boussole et les étoiles, et qui arrive pile au port. Voilà, dit-il, ce que c’est que de quitter les rivages « de la vue et du sentiment » pour se diriger d’après la parole de Dieu.
Alors — de quoi s’agit-il vraiment ? Une vraie foi peut être petite et simple, et s’accrocher quand même à Jésus. Tu penses peut-être qu’il te faut tout comprendre, répondre à chaque objection ou ressentir quelque chose de fort avant que ta foi compte. La patelle ne comprend rien, elle s’accroche, et elle est en sécurité. La foi grandit — de l’accroche à la confiance en un guide, puis à l’amour, jusqu’à celle qui a mis les promesses de Dieu à l’épreuve pendant des années — mais elle commence petite, et petite, elle est bien réelle.
Remarque pourtant que toutes ces images ont un point commun : la personne arrête de compter sur elle-même. Le nageur décolle ses pieds. L’aveugle prend un bras. Le malade suit le médecin. La foi n’est pas seulement une opinion dans ta tête ; elle se voit à ce sur quoi tu t’appuies et aux indications que tu suis. Tu fais déjà confiance toute la journée — au chauffeur du bus, au médecin, à l’ami qui dit qu’il sera là. La question n’est pas de savoir si tu peux faire confiance. C’est de savoir si tu vas faire confiance à Jésus comme tu leur fais confiance à eux.
Une chose à faire cette semaine : commence ton propre « É et P ». Choisis une promesse — par exemple les paroles de Jésus en Jean 6:37, « je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi » — et écris-la quelque part où tu la verras. Agis en t’appuyant sur elle cette semaine. Puis, quand tu l’auras vue tenir, écris les lettres à côté. C’est comme ça qu’une foi qui s’accroche devient une foi qui sait.
Questions pour réfléchir
Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.
Que fait la patelle quand elle entend le coup porté à sa voisine, et à quoi Spurgeon la compare-t-il ?
Elle s’accroche au rocher de toutes ses forces, si bien qu’on ne peut plus la décrocher. Il dit : « C’est la vie de la patelle que de se cramponner au rocher, et c’est la vie du pécheur que de se cramponner à Jésus. »
Pourquoi Spurgeon range-t-il l’obéissance parmi ses images de la foi ?
Parce que la confiance se voit dans les actes : un capitaine qui fait confiance au pilote suit ses indications. Une foi qui refuse de faire ce que Jésus dit ne fait que semblant.
Quelle image de la foi te correspond le mieux en ce moment — la patelle, l’aveugle, la femme du médecin, le marin ? Pourquoi ?
Le message du chapitre : la foi existe en différentes tailles et grandit avec le temps, mais même le plus petit attachement réel à Jésus suffit pour être en sécurité. Commence là où tu en es, et laisse-la grandir.
Chapitre 6 terminé
Les images de la foi