Un tison arraché du feu
Ma conversion

Chapitre 7 · 4 min de lecture · 5 min d’écoute

Ma conversion

JE me convertis à l’âge de quinze ans. C’était un dimanche soir, au cours d’une assemblée trimestrielle. Le pasteur prêcha sur ce texte : « Et ils chantent un cantique nouveau devant le trône, et devant les quatre êtres vivants et les vieillards. Et personne ne pouvait apprendre le cantique, si ce n’est les cent quarante-quatre mille, qui avaient été rachetés de la terre. » (Apocalypse 14:3)

Tandis que le pasteur s’étendait avec beaucoup de force et de puissance sur le premier membre du texte, je vis mon état de perdition comme je ne l’avais encore jamais vu. Quelque chose en moi ne cessait de répéter : « Une pécheresse telle que toi ne pourra jamais chanter ce cantique nouveau. » Aucune langue ne saurait dire l’angoisse que j’endurai. Je tombai sans connaissance sur le plancher, et l’on me porta à la maison. Plusieurs personnes restèrent auprès de moi toute la nuit, chantant et priant. Je ne reconnaissais personne ; il me semblait marcher dans les ténèbres, suivie de quelqu’un qui ne cessait de répéter : « Une pécheresse telle que toi ne pourra jamais chanter ce cantique nouveau. » Tout homme et toute femme convertis peuvent imaginer ce que j’éprouvais. Je croyais que Dieu me poussait vers l’enfer. Dans une grande terreur, je m’écriai : « Seigneur, aie pitié de moi, pauvre pécheresse ! » La voix qui avait crié à mes oreilles se tut aussitôt, et un rayon de lumière passa comme un éclair devant mes yeux, accompagné du son d’un chant très lointain ; la lumière devint de plus en plus vive, et le chant de plus en plus distinct, et bientôt je saisis ces paroles : « Voici le cantique nouveau — rachetés, rachetés ! » Je bondis aussitôt du lit où j’étais étendue depuis vingt heures, sans manger ni boire, et je me mis à chanter : « Rachetée ! rachetée ! gloire ! gloire ! » Quelle joie et quelle paix remplirent mon cœur quand je sentis que j’étais rachetée et que je pouvais chanter le cantique nouveau ! C’est ainsi que je fus merveilleusement sauvée des flammes éternelles.

Je m’empressai de prendre la Bible pour y lire ce qui touchait au cantique nouveau, et les premières paroles qui frappèrent mes regards furent celles-ci : « Ainsi parle maintenant l’Éternel, qui t’a créé, ô Jacob! Celui qui t’a formé, ô Israël! Ne crains rien, car je te rachète, Je t’appelle par ton nom: tu es à moi! Si tu traverses les eaux, je serai avec toi; Et les fleuves, ils ne te submergeront point; Si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, Et la flamme ne t’embrasera pas. » (Ésaïe 43:1-2)

Mon âme s’écria : « Gloire ! gloire ! » et je fus remplie d’un ravissement trop profond pour les mots. N’étais-je pas vraiment un tison arraché du feu ? J’allai de maison en maison dire à mes jeunes amis quel Sauveur bien-aimé j’avais trouvé, et qu’il m’avait appris le cantique nouveau. Oh ! comme le souvenir me ramène à ces jours d’enfance, d’innocence et de joie !

Quelques-uns de mes amis se moquèrent de moi et me dirent : « Nous t’avons déjà vue sérieuse, mais cela n’a jamais duré longtemps. » Je répondis : « Oui, j’ai déjà été sérieuse, mais jamais, jusqu’à aujourd’hui, je n’avais pu chanter le cantique nouveau. »

Une semaine après ma conversion, Satan me tenta terriblement, me disant que je m’étais trompée : les gens ne trouvaient pas la religion de cette manière, mais allaient à l’autel, où le pasteur priait pour eux. Cela me parut si raisonnable que je commençai à douter d’avoir vraiment la religion. Mais, dès la première heure de ce doute, Dieu envoya notre pasteur s’entretenir avec moi. Je lui dis ce que j’éprouvais, et que je craignais de n’être pas convertie. Il me répondit : « Mon enfant, ce n’est ni l’autel ni le pasteur qui sauvent les âmes, mais la foi au Seigneur Jésus-Christ, qui est mort pour tous les hommes. » Prenant la Bible, il lut : « c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. » Il me demanda alors si je croyais que tous mes péchés m’étaient pardonnés et que le Sauveur m’aimait. Je répondis que je le croyais de tout mon cœur. Aucune langue ne peut exprimer la joie qui me vint à cet instant. Il y a une grande paix à croire. Gloire à l’Agneau !

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