Un tison arraché du feu
Soif de savoir — Ennemis intérieurs

Chapitre 8 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute

Soif de savoir — Ennemis intérieurs

J’ÉTUDIAIS la Bible à chaque instant libre, afin de pouvoir la lire avec une meilleure intelligence. J’avais l’habitude de lire le soir, à la lueur du feu mourant, quand le reste de la famille était allé se coucher. Une nuit, je laissai tomber les pincettes, qui firent un tel bruit que ma mère vint voir ce qui se passait. Quand elle découvrit que j’avais pris l’habitude de lire la nuit, elle en fut très mécontente ; elle m’ôta la Bible et ne me permit plus de l’avoir à de telles heures.

Peu après, mon pasteur me fit présent d’une Bible et d’un Nouveau Testament neufs. M’eût-il donné mille dollars, je n’y aurais pas tenu autant qu’à cette Bible. Je la chérissais tendrement, mais je n’y lisais pas la nuit, car je n’osais pas désobéir à ma mère. Je sentais maintenant plus que jamais le besoin de m’instruire. Je lisais mal et j’écrivais mal ; mais le cher Saint-Esprit me vint en aide en vivifiant mes facultés intellectuelles. Ô Seigneur, je te louerai, car ta bonté est grande ! Oh ! que tout ce qui a l’être loue le Seigneur ! Dès ce moment, Satan n’eut plus jamais le pouvoir de me faire douter de ma conversion. Béni soit Dieu ! Je savais en qui j’avais cru.

Pendant six mois, je goûtai une paix et une joie ininterrompues en Jésus, mon bien-aimé. Au bout de ce temps, il m’arriva un accident qui éveilla en moi un esprit que je ne me connaissais pas. Un jour que j’étais assise à mon ouvrage, mon jeune frère, qui jouait avec les autres petits enfants, me frappa par mégarde à l’œil, me causant les plus vives souffrances. L’œil fut si atteint que j’en perdis la vue. J’étais très en colère ; et bientôt l’orgueil, l’impatience et d’autres signes de la nature charnelle me donnèrent beaucoup de tourment. Satan me dit : « Là ! tu vois bien que tu n’as jamais été convertie. » Mais il ne put me le faire croire, bien que j’ignorasse la cause de ces murmures intérieurs. J’allai à Dieu avec mes peines, et je me sentis soulagée pour un temps ; mais elles revenaient sans cesse. De nouveau j’allai au Seigneur, cherchant ardemment à découvrir ce qui n’allait pas. Je savais ce qui était bien, et je m’efforçais de faire le bien, mais quand je voulais faire le bien, le mal était attaché à moi. Comme Gad, j’étais faible et sans force, n’ayant ni la puissance, ni la sagesse, ni la capacité de vaincre mes ennemis ou de tenir ferme sans essuyer maint revers. Pourtant, n’étant jamais entièrement défaite, abattue ou vaincue, je reprenais courage et je recommençais le combat. Oh ! que n’ai-je eu alors quelqu’un pour me conduire dans la lumière du salut complet !

Mais au lieu de m’apporter la lumière, mon prédicateur, mon conducteur de classe et mes parents me dirent que tous les chrétiens avaient à lutter contre ces troubles intérieurs, et qu’ils n’en étaient jamais délivrés avant la mort ; que c’était là ma tâche ici-bas, que je devais continuer à combattre, et que, à ma mort, Dieu me donnerait une couronne éclatante. Quelle illusion ! Cependant, je croyais mon pasteur trop bon et trop sage pour ne pas savoir ce qui était juste ; aussi continuai-je à lutter et à combattre ce monstre qui habitait en moi, espérant sans cesse mourir bientôt et trouver le repos — sans jamais supposer un seul instant que je pusse être purifiée de tout péché, et vivre.

J’avais entendu parler de la doctrine de la Sainteté, mais d’une manière qui ne me donnait aucune lumière et n’engendrait en moi aucune force pour aspirer à cette expérience. Combien est frivole et stérile la prédication qui décrit la simple histoire de l’œuvre et n’a pas la puissance du Saint-Esprit. Mon observation m’a montré qu’il y a beaucoup, ah ! beaucoup trop de pasteurs aujourd’hui qui vivent sous le terrible malheur prononcé par le Seigneur contre les pasteurs d’Israël (Ézéchiel 34).

Chapitre 8 terminé

Soif de savoir — Ennemis intérieurs

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