Texte
Matthieu 11:28
En bref
Un jour qu’on lui demandait laquelle des promesses du Christ était la plus précieuse, Moody s’aperçut qu’il ne pouvait pas choisir — un père ne saurait nommer son enfant préféré —, mais il revient sans cesse à celle-ci, et aux deux repos qu’elle renferme: le repos donné à quiconque vient, et le repos trouvé ensuite par quiconque prend le joug. Il termine au chevet d’une enfant malade qui ne désirait qu’une chose: être prise dans les bras.
Il y a quelques années, un monsieur vint me demander quelle était, à mon avis, la plus précieuse de toutes les promesses que le Christ nous a laissées. Je pris le temps de les passer en revue, puis j’y renonçai. Je m’aperçus que j’étais incapable de répondre. C’est comme un homme qui a une nombreuse famille: il ne saurait dire lequel de ses enfants il préfère; il les aime tous. Mais si ce n’est pas la meilleure, voici du moins l’une des plus douces de toutes les promesses: « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. »
Bien des gens pensent que les promesses ne s’accompliront pas. Il y en a certaines que l’on voit s’accomplir, et l’on ne peut s’empêcher de croire qu’elles sont vraies. Or, souvenez-vous que toutes les promesses ne sont pas données sans conditions. Certaines sont assorties de conditions, d’autres non. Par exemple, il est écrit: « Si j’avais conçu l’iniquité dans mon cœur, le Seigneur ne m’aurait pas exaucé. » Il est donc inutile que je prie tant que je chéris quelque péché connu. Il ne m’écoutera pas, et encore moins me répondra-t-il. Le Seigneur dit dans le quatre-vingt-quatrième psaume: « Il ne refuse aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité. » Si je ne marche pas dans l’intégrité, je n’ai aucun droit à cette promesse. D’autre part, certaines promesses ont été faites à des individus ou à des nations en particulier. Par exemple, Dieu a dit qu’il multiplierait la postérité d’Abraham comme les étoiles du ciel: mais ce n’est pas une promesse pour vous ni pour moi. Certaines promesses ont été faites aux Juifs et ne s’appliquent pas aux païens.
Il y a ensuite des promesses sans conditions. Dieu a promis à Adam et Ève que le monde aurait un Sauveur, et aucune puissance de la terre ni de la perdition ne pouvait empêcher le Christ de venir au temps marqué. Quand le Christ a quitté le monde, il a dit qu’il nous enverrait le Saint-Esprit. Il n’était parti que depuis dix jours quand le Saint-Esprit est venu. Et vous pouvez ainsi parcourir toutes les Écritures: vous trouverez que certaines promesses sont assorties de conditions et d’autres non; et si nous ne remplissons pas les conditions, nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu’elles s’accomplissent.
Je crois que ce sera l’expérience de chaque homme et de chaque femme sur la face de la terre, je crois que chacun sera obligé de rendre ce témoignage au soir de sa vie: s’il a rempli la condition, le Seigneur a accompli sa parole à la lettre. Josué, le vieux héros hébreu, en est une illustration. Après avoir éprouvé Dieu quarante ans dans les briqueteries d’Égypte, quarante ans dans le désert et trente ans dans la Terre promise, voici quel fut son témoignage à l’heure de sa mort: « Aucune de toutes les bonnes paroles prononcées sur vous par l’Éternel, votre Dieu, n’est restée sans effet. » Je crois qu’il serait plus facile de soulever l’océan que de faire manquer une seule des promesses de Dieu. Aussi, quand nous abordons une promesse comme celle que nous avons maintenant sous les yeux, je veux que vous vous rappeliez qu’on n’en retranche rien. « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. »
Peut-être dites-vous: « J’espère que M. Moody ne va pas prêcher sur ce vieux texte. » Si, c’est bien ce que je vais faire. Quand je prends un album, il ne m’intéresse pas si toutes les photographies sont nouvelles; mais si j’y reconnais quelques visages, je m’arrête aussitôt. Il en est de même de ces vieux textes bien connus. Ils ont déjà étanché notre soif, mais l’eau jaillit toujours: nous ne pouvons pas tarir la source.
Si vous sondez le cœur humain, vous y trouverez un manque, et ce manque, c’est le repos. Le cri du monde aujourd’hui, c’est: « Où trouver le repos? » Pourquoi les théâtres et les lieux de divertissement sont-ils bondés le soir? Quel est le secret des promenades en voiture du dimanche, des débits de boisson et des maisons de débauche? Les uns pensent trouver le repos dans le plaisir, d’autres dans la richesse, d’autres encore dans la littérature. Ils cherchent, et ne trouvent aucun repos.
Où trouver le repos?
Si je voulais trouver quelqu’un qui a le repos, je n’irais pas le chercher parmi les grands riches. L’homme dont nous parle le douzième chapitre de Luc pensait trouver le repos en multipliant ses biens, mais il fut déçu. « Mon âme, repose-toi. » J’ose dire qu’il n’y a pas une seule personne dans ce vaste monde qui ait cherché le repos de cette manière et qui l’ait trouvé.
L’argent ne peut pas l’acheter. Plus d’un millionnaire donnerait volontiers des millions s’il pouvait l’acquérir comme il acquiert ses actions et ses titres. Dieu a fait l’âme un peu trop grande pour ce monde. Faites-y entrer le monde entier, il reste encore de la place. Il y a du souci à acquérir la richesse, et plus de souci encore à la garder.
Je n’irais pas non plus parmi ceux qui courent après le plaisir. Ils ont quelques heures de jouissance, mais le lendemain il y a assez de chagrin pour la contrebalancer. Ils boivent peut-être aujourd’hui la coupe du plaisir, mais la coupe de la douleur vient demain.
Pour trouver le repos, je n’irais jamais parmi les politiciens, ni parmi ceux qu’on appelle les grands. Le Congrès est le dernier endroit de la terre où j’irais. À la Chambre des représentants, on veut entrer au Sénat; au Sénat, on veut entrer au gouvernement; puis on veut entrer à la Maison-Blanche; et le repos n’y a jamais été trouvé. Je n’irais pas non plus dans les temples du savoir. « Beaucoup d’étude est une fatigue pour le corps. » Je n’irais pas parmi la haute société, le « bon ton », car ces gens-là courent sans cesse après la mode. N’avez-vous pas remarqué leurs visages soucieux dans nos rues? Or le visage est le miroir de l’âme. Ils n’ont pas l’air de gens qui espèrent. Leur culte du plaisir est un esclavage. Salomon a essayé le plaisir et n’a trouvé qu’une amère déception, et à travers les siècles nous est parvenu ce cri amer: « Tout est vanité. »
Il n’y a pas non plus de repos dans le péché. Les méchants n’en savent rien. Les Écritures nous disent que les méchants « sont comme la mer agitée, qui ne peut se calmer ». Vous avez peut-être été en mer par temps calme, quand l’eau était claire comme le cristal et qu’il semblait que la mer fût au repos. Mais si vous regardiez bien, vous voyiez que les vagues arrivaient encore, et que le calme n’était qu’à la surface. L’homme, comme la mer, n’a pas de repos. Il n’en a plus eu depuis la chute d’Adam, et il n’y en a point pour lui tant qu’il ne revient pas à Dieu et que la lumière du Christ ne brille pas dans son cœur.
Le repos ne se trouve pas dans le monde, et, Dieu soit loué, le monde ne peut pas l’ôter au cœur qui croit! Le péché est la cause de toute cette agitation. C’est lui qui a introduit dans le monde la peine, le labeur et la misère.
Venons-en maintenant au positif. J’irais, et avec succès, trouver quelqu’un qui a entendu la douce voix de Jésus et qui a déposé son fardeau au pied de la croix. Là est le repos, le doux repos. Des milliers de personnes pourraient attester ce fait béni. Elles pourraient dire, et en toute vérité:
J’entendis la voix de Jésus:
« Viens à moi, et repose-toi.
Pose, ô toi qui es las, pose
Ta tête sur mon sein. »
Je vins à Jésus tel que j’étais,
Las, épuisé, triste;
Je trouvai en lui un lieu de repos,
Et il m’a rendu joyeux.
Dans tous ses écrits, saint Augustin n’a rien de plus doux que ceci: « Tu nous as faits pour toi, ô Dieu, et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il repose en toi. »
Savez-vous que pendant quatre mille ans aucun prophète, aucun prêtre, aucun patriarche ne s’est jamais levé pour prononcer une parole comme celle-ci? C’eût été un blasphème dans la bouche de Moïse. Pensez-vous qu’il avait le repos quand il suppliait sans relâche le Seigneur de le laisser entrer dans la Terre promise? Pensez-vous qu’Élie aurait pu prononcer une parole comme celle-ci quand, sous le genêt, il demandait la mort? Et c’est là l’une des preuves les plus fortes que Jésus-Christ n’était pas seulement homme, mais Dieu. Il était l’Homme-Dieu, et voici la proclamation du ciel: « Venez à moi, et je vous donnerai du repos ». Il l’a apportée avec lui du ciel.
Or, si ce texte n’était pas vrai, ne pensez-vous pas qu’on s’en serait aperçu depuis longtemps? J’y crois autant que je crois à ma propre existence. Pourquoi? Parce que je ne le trouve pas seulement dans le Livre, mais aussi dans ma propre expérience. Les « je veux » du Christ n’ont jamais été démentis, et ne pourront jamais l’être.
Je remercie Dieu pour le mot « donnerai » dans ce passage. Il ne le vend pas. Certains d’entre nous sont si pauvres qu’ils ne pourraient pas l’acheter s’il était à vendre. Dieu soit loué, nous pouvons l’avoir pour rien.
J’aime un texte comme celui-ci, parce qu’il nous englobe tous. « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués. » Cela ne veut pas dire un petit nombre d’élus, des dames raffinées et des hommes cultivés. Cela ne veut pas dire seulement les gens de bien. Cela s’applique au saint comme au pécheur. Les hôpitaux sont pour les malades, non pour les bien-portants. Pensez-vous que le Christ fermerait la porte au nez de qui que ce soit en disant: « Je ne voulais pas dire tous; je ne visais que certains »? Si vous ne pouvez pas venir comme un saint, venez comme un pécheur. Venez seulement!
Une dame me dit un jour qu’elle avait le cœur si dur qu’elle ne pouvait pas venir.
« Eh bien, ma brave dame, lui dis-je, il n’est pas écrit: Venez, vous tous qui avez le cœur tendre. Cœurs noirs, cœurs vils, cœurs durs, cœurs tendres, tous les cœurs, venez. Qui peut attendrir votre cœur dur, sinon lui-même? »
Plus le cœur est dur, plus vous avez besoin de venir. Si ma montre s’arrête, je ne la porte pas chez le pharmacien ni chez le forgeron, mais chez l’horloger, pour la faire réparer. De même, si le cœur se dérègle, portez-le à celui qui en a la garde, au Christ, pour qu’il le remette en ordre. Si vous pouvez prouver que vous êtes un pécheur, vous avez droit à la promesse. Tirez-en tout le profit que vous pourrez.
Or, il y a bien des croyants qui pensent que ce texte ne s’applique qu’aux pécheurs; il leur convient tout aussi bien, à eux aussi. Que voyons-nous aujourd’hui? L’Église, les chrétiens, tous écrasés sous le poids des soucis et des épreuves. « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués. » Tous! Je crois que cela comprend le chrétien dont le cœur est accablé par quelque grand chagrin. Le Seigneur veut que vous veniez.
Le Christ, porteur de nos fardeaux.
Il est dit ailleurs: « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. » Nous aurions une Église victorieuse si nous pouvions amener les chrétiens à saisir cela. Mais ils n’ont jamais fait cette découverte. Ils admettent que le Christ est le porteur de nos péchés, mais ils ne saisissent pas qu’il est aussi le porteur de nos fardeaux. « Ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé. » C’est le privilège de tout enfant de Dieu de marcher dans une lumière sans nuage.
Certaines personnes remontent dans le passé et ramassent toutes les épreuves qu’elles ont jamais eues, puis elles regardent vers l’avenir et s’attendent à en avoir davantage encore, et elles vont chancelant et titubant tout au long de leur vie. Elles vous donnent froid dans le dos chaque fois qu’elles vous rencontrent. Elles prennent une voix plaintive et vous racontent « combien elles ont eu la vie dure ». Je crois qu’elles embaument leurs épreuves et qu’elles sortent la momie à la moindre occasion. Le Seigneur dit: « Déchargez-vous sur moi de tous vos soucis. Je veux porter vos fardeaux et vos peines. » Ce qu’il nous faut, c’est une Église joyeuse, et nous ne convertirons pas le monde tant que nous ne l’aurons pas. Il nous faut faire disparaître de la face de la terre ce christianisme à la mine allongée.
Prenez ces gens qui portent quelque grand fardeau, et faites-les venir à une réunion. Si vous parvenez à captiver leur attention par le chant ou la prédication, ils diront: « Oh, que c’était beau! J’ai oublié tous mes soucis. » Et ils laissent tout simplement tomber leur paquet au bout du banc. Mais dès que la bénédiction est prononcée, ils rattrapent le paquet. Vous riez, mais vous le faites vous-mêmes. Déchargez-vous sur lui de vos soucis.
Parfois ils entrent dans leur chambre et ferment la porte, et ils sont tellement transportés et élevés qu’ils oublient leur peine; mais ils la reprennent dès l’instant où ils se relèvent de leurs genoux. Laissez là votre chagrin maintenant; déchargez-vous sur lui de tous vos soucis. Si vous ne pouvez pas venir au Christ comme un saint, venez comme un pécheur. Mais si vous êtes un saint qui a quelque peine ou quelque souci, apportez-le-lui. Saints et pécheurs, venez! Il vous veut tous. Ne laissez pas Satan vous faire croire que vous ne pouvez pas venir si vous le voulez. Le Christ dit: « Vous ne voulez pas venir à moi. » Avec le commandement vient la force de l’accomplir.
Un homme, dans l’une de nos réunions en Europe, dit qu’il aimerait bien venir, mais qu’il était enchaîné et ne pouvait pas venir.
Un Écossais lui dit: « Eh, l’ami, pourquoi ne viens-tu pas avec ta chaîne et tout? »
Il répondit: « Je n’y avais jamais pensé. »
Êtes-vous grincheux et irritable, et rendez-vous la vie désagréable à la maison? Mon ami, venez au Christ et demandez-lui de vous aider. Quel que soit le péché, apportez-le-lui.
Que signifie venir?
Peut-être dites-vous: « Monsieur Moody, j’aimerais que vous nous expliquiez ce que c’est que venir. » J’ai renoncé à essayer de l’expliquer. Je me sens toujours comme ce pasteur noir qui disait qu’il allait confondre le chapitre au lieu de l’exposer.
La meilleure définition, c’est tout simplement: venez. Plus vous essayez de l’expliquer, plus vous vous embrouillez. L’une des premières choses qu’une mère apprend à son enfant, c’est à regarder. Elle porte le bébé à la fenêtre et dit: « Regarde, mon bébé, voilà papa qui arrive! » Puis elle apprend à l’enfant à venir. Elle l’appuie contre une chaise et dit: « Viens! » et, peu à peu, le petit pousse la chaise vers sa maman. Voilà ce que c’est que venir. Vous n’avez pas besoin d’aller à l’université pour apprendre comment on fait. Vous n’avez besoin d’aucun pasteur pour vous dire ce que c’est. Maintenant, voulez-vous venir au Christ? Il a dit: « Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi. »
Quand nous avons une promesse comme celle-là, cramponnons-nous-y et ne la lâchons jamais. Le Christ ne se moque pas de nous. Il veut que nous venions avec tous nos péchés et toutes nos rechutes, et que nous nous jetions sur son sein. Ce sont nos péchés que Dieu veut, pas seulement nos larmes. Les larmes seules ne servent à rien. Et nous ne pouvons pas venir à force de bonnes résolutions. Il faut agir. Combien de fois, à l’église, n’avons-nous pas dit: « Je vais tourner la page », mais la page du lundi est pire que celle du samedi.
Le chemin du ciel est droit comme une règle, mais c’est le chemin de la croix. N’essayez pas de le contourner. Vous dirai-je ce qu’est le « joug » dont parle le texte? C’est la croix que les chrétiens doivent porter. La seule manière de trouver le repos dans ce monde de ténèbres, c’est de prendre sur vous le joug du Christ. Je ne sais pas ce qu’il peut comporter dans votre cas, au-delà de l’accomplissement de vos devoirs de chrétien, de la confession du Christ et d’une conduite digne de l’un de ses disciples. Peut-être s’agira-t-il d’instituer le culte de famille; ou de dire à un mari sans Dieu que vous avez résolu de servir Dieu; ou de dire à vos parents que vous voulez être chrétien. Suivez la volonté de Dieu, et le bonheur, la paix et le repos viendront. Le chemin de l’obéissance est toujours le chemin de la bénédiction.
Je prêchais un dimanche après-midi à Chicago devant une salle pleine de femmes, et après la réunion une dame vint me dire qu’elle désirait me parler. Elle me dit qu’elle voulait accepter le Christ, et après un moment d’entretien elle rentra chez elle. Je la cherchai du regard toute la semaine, mais je ne la revis que le dimanche après-midi suivant. Elle vint s’asseoir juste devant moi, et son visage avait une expression si triste. Elle semblait être entrée dans la misère, et non dans la joie du Seigneur.
Après la réunion, j’allai vers elle et lui demandai ce qui n’allait pas.
Elle me dit: « Oh, Monsieur Moody, cette semaine a été la plus misérable de ma vie. »
Je lui demandai s’il y avait quelqu’un avec qui elle avait eu un différend et à qui elle ne pouvait pas pardonner.
Elle répondit: « Non, pas que je sache. »
« Eh bien, avez-vous dit à vos proches que vous avez trouvé le Sauveur? »
« Certainement pas; j’ai passé toute la semaine à essayer de le leur cacher. »
« Eh bien, lui dis-je, voilà pourquoi vous n’avez pas de paix. »
Elle voulait prendre la couronne, mais ne voulait pas de la croix. Mes amis, il faut passer par le chemin du Calvaire. Si jamais vous trouvez le repos, c’est au pied de la croix que vous le trouverez.
« Mais, dit-elle, si je rentrais dire à mon mari incrédule que j’ai trouvé le Christ, je ne sais pas ce qu’il ferait. Je crois qu’il me mettrait à la porte. »
« Eh bien, lui dis-je, sortez. »
Elle s’en alla en promettant qu’elle le lui dirait, craintive et pâle, mais elle ne voulait pas d’une autre semaine misérable. Elle était résolue à avoir la paix.
Le lendemain soir, je donnai une conférence réservée aux hommes, et dans la salle il y avait huit mille hommes et une seule femme. Quand j’eus fini et que je me rendis à la réunion des âmes en recherche, j’y trouvai cette dame avec son mari. Elle me le présenta (il était médecin, et un homme très influent) et me dit:
« Il veut devenir chrétien. »
Je pris ma Bible et lui parlai du Christ en détail, et il l’accepta. Quand tout fut fini, je dis à la dame:
« Cela s’est passé tout autrement que vous ne l’attendiez, n’est-ce pas? »
« Oui, répondit-elle, je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. Je m’attendais à ce qu’il fasse quelque chose de terrible, mais tout s’est si bien passé. »
Elle avait pris le chemin de Dieu, et elle avait trouvé le repos.
Je veux dire aux jeunes filles: vous avez peut-être un père ou une mère sans Dieu, un frère sceptique qui se perd dans la boisson, et il n’y a peut-être personne d’autre que vous qui puisse les atteindre. Combien de fois une jeune fille pieuse et pure n’a-t-elle pas porté la lumière dans quelque foyer plongé dans les ténèbres! Bien des foyers pourraient être éclairés par l’Évangile si les mères et les filles voulaient seulement dire la parole.
La dernière fois que M. Sankey et moi étions à Édimbourg, il y avait un père, deux sœurs et un frère qui, chaque matin, prenaient le journal et mettaient mon sermon en pièces. Ils s’indignaient à la pensée que les gens d’Édimbourg se laissent emporter par une telle prédication. Un jour, l’une des sœurs passait devant la salle et se dit qu’elle allait entrer pour voir quelle sorte de gens y venaient. Elle se trouva assise à côté d’une dame pieuse, qui lui dit:
« J’espère que cette œuvre vous intéresse. »
Elle releva la tête et dit: « Certainement pas. Je suis écœurée par tout ce que j’ai vu et entendu. »
« Eh bien, dit la dame, peut-être êtes-vous venue avec des préjugés. »
« Oui, et la réunion ne les a pas dissipés le moins du monde; elle les a plutôt renforcés. »
« Moi, j’en ai reçu beaucoup de bien. »
« Il n’y a rien ici pour moi. Je ne vois pas comment une personne cultivée pourrait s’y intéresser. »
Bref, la dame obtint d’elle la promesse de revenir. Quand la réunion prit fin, une petite part de ses préjugés s’était dissipée. Elle promit de revenir encore le lendemain, puis elle assista à trois ou quatre autres réunions et s’y intéressa vraiment. Elle ne dit rien à sa famille, jusqu’à ce que le fardeau devienne trop lourd et qu’elle leur en parle. Ils se moquèrent d’elle et en firent la cible de leurs railleries.
Un jour que les deux sœurs étaient ensemble, l’autre lui dit: « Enfin, qu’as-tu trouvé à ces réunions que tu n’avais pas auparavant? »
« J’ai une paix que je n’avais jamais connue. Je suis en paix avec Dieu, avec moi-même et avec le monde entier. » Avez-vous jamais eu une petite guerre à vous avec vos voisins, dans votre propre famille? Et elle ajouta: « J’ai la maîtrise de moi-même. Tu sais, ma sœur, si tu m’avais dit avant ma conversion la moitié des méchancetés que tu m’as dites depuis, je me serais mise en colère et je t’aurais répondu; mais si tu te souviens bien, je ne t’ai pas répondu une seule fois depuis que je suis convertie. »
La sœur dit: « Tu as certainement quelque chose que je n’ai pas. » L’autre lui dit que c’était pour elle aussi, et elle l’amena aux réunions, où elle trouva la paix.
Comme Marthe et Marie, elles avaient un frère, mais il était membre de l’université d’Édimbourg. Lui, se convertir? Lui, aller à ces réunions? C’était peut-être bon pour les femmes, mais pas pour lui. Un soir, elles rentrèrent et lui dirent qu’un de ses camarades, membre de l’université, s’était levé et avait confessé le Christ, et que, lorsqu’il se fut assis, son frère s’était levé et avait confessé le Christ à son tour; et de même le troisième.
Quand le jeune homme l’apprit, il dit: « Vous voulez dire qu’il s’est converti? »
« Oui. »
« Eh bien, dit-il, il doit y avoir quelque chose là-dedans. »
Il mit son chapeau et son manteau, et alla voir son ami Black. Black l’emmena aux réunions, et il se convertit.
Nous partîmes ensuite pour Glasgow, et nous n’y étions pas depuis six semaines quand la nouvelle arriva que ce jeune homme avait été terrassé par la maladie et qu’il était mort. Sur son lit de mort, il appela son père à son chevet et lui dit:
« N’est-ce pas une bonne chose que mes sœurs soient allées à ces réunions? Ne viendras-tu pas me retrouver au ciel, père? »
« Oui, mon fils, je suis si heureux que tu sois chrétien; c’est la seule consolation que j’aie en te perdant. Je deviendrai chrétien, et je te retrouverai. »
Je raconte cela pour encourager quelque sœur à rentrer chez elle et à y porter le message du salut. Il se peut que votre frère vous soit enlevé d’ici quelques mois. Mes chers amis, ne vivons-nous pas des jours solennels? N’est-il pas temps pour nous de faire entrer nos proches dans le royaume de Dieu? Allons, épouse, ne le direz-vous pas à votre mari? Allons, sœur, ne le direz-vous pas à votre frère? Ne voulez-vous pas prendre votre croix maintenant? La bénédiction de Dieu reposera sur votre âme si vous le faites.
J’étais un jour au pays de Galles, et une dame me raconta cette petite histoire: une de ses amies anglaises, une mère, avait un enfant malade. Au début, on pensa qu’il n’y avait aucun danger, jusqu’au jour où le médecin entra et dit que les symptômes étaient très défavorables. Il fit sortir la mère de la chambre et lui dit que l’enfant ne pouvait pas vivre. Ce fut comme un coup de tonnerre. Après le départ du médecin, la mère entra dans la chambre où l’enfant était couchée, se mit à lui parler et essaya de la distraire.
« Ma chérie, sais-tu que tu entendras bientôt la musique du ciel? Tu entendras un chant plus doux que tout ce que tu as jamais entendu sur la terre. Tu les entendras chanter le cantique de Moïse et de l’Agneau. Tu aimes tant la musique. Ce sera bien doux, n’est-ce pas, ma chérie? »
Et la petite, lasse et malade, détourna la tête et dit: « Oh, maman, je suis si fatiguée et si malade que je crois que toute cette musique me ferait encore plus de mal. »
« Eh bien, reprit la mère, tu verras bientôt Jésus. Tu verras les séraphins et les chérubins, et les rues toutes pavées d’or »; et elle continua à lui dépeindre le ciel tel qu’il est décrit dans l’Apocalypse.
La petite, lasse, détourna de nouveau la tête et dit: « Oh, maman, je suis si fatiguée que je crois que voir toutes ces belles choses me ferait encore plus de mal! »
Enfin la mère prit l’enfant dans ses bras et la serra contre son cœur aimant. Et la petite malade murmura:
« Oh, maman, c’est cela que je veux. Si seulement Jésus veut me prendre dans ses bras et me laisser me reposer! »
Cher ami, n’êtes-vous pas las et fatigué du péché? N’êtes-vous pas las du tumulte de la vie? Vous pouvez trouver le repos sur le sein du Fils de Dieu.
Questions pour la réflexion
- Pourquoi Moody dit-il que le repos ne se trouve pas dans le monde?
- Parce qu’il l’y a cherché: ni dans la richesse (le « Mon âme, repose-toi » de l’homme riche a échoué), ni dans le plaisir, la politique, le savoir ou la mode, et jamais dans le péché — les méchants « sont comme la mer agitée, qui ne peut se calmer ». L’âme est trop grande pour que le monde puisse la remplir.
- Pourquoi Moody pense-t-il que cette promesse prouve que le Christ est Dieu?
- Parce que pendant quatre mille ans aucun prophète, aucun prêtre, aucun patriarche n’a jamais osé dire « Venez à moi, et je vous donnerai du repos » — c’eût été un blasphème dans la bouche de Moïse ou d’Élie. Seul l’Homme-Dieu pouvait apporter une telle promesse « du ciel ».
- Qui est compris dans « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués »?
- Tout le monde — « le saint comme le pécheur », les cœurs durs comme les cœurs tendres. Moody dit que les hôpitaux sont pour les malades: si vous pouvez prouver que vous êtes un pécheur, vous avez droit à la promesse, et le chrétien accablé est visé lui aussi, car le Christ est le porteur de nos fardeaux, et non seulement de nos péchés.
- Qu’est-ce que le « joug », selon Moody, et pourquoi faut-il le prendre sur soi?
- C’est la croix du devoir chrétien — confesser le Christ et lui obéir (le dire à un mari sans Dieu, instituer le culte de famille). Le repos ne se trouve qu’au pied de la croix; ceux qui veulent la couronne sans la croix, il le montre par un exemple, restent misérables jusqu’à ce qu’ils obéissent.
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- Dwight L. Moody, “Le repos,” sermon, Ochorus, https://ochorus.com/fr/sermons/rest/.
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