La nouvelle naissance
Dwight L. Moody

Sermon · 23 min de lecture · Accessible

La nouvelle naissance

Portrait de Dwight L. Moody Dwight L. Moody

Texte

Jean 3:3

En bref

La régénération est la pierre de fondement, soutient Moody, et l’homme qui n’est pas sain sur ce point n’est sain sur rien — aussi écarte-t-il un à un les substituts : être né de parents chrétiens, avoir été baptisé, avoir été admis dans une Église, être moralement respectable, être plein de bonnes résolutions. Rien de tout cela n’est une naissance. Ce changement est l’œuvre de Dieu, et il se produit en un instant.

« Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. » — Jean 3:3

Encore moins peut-il en hériter. Il ne peut même pas entrevoir le royaume de Dieu s’il ne naît de nouveau. Je crois que c’est le sujet le plus important qui se présentera jamais à nous dans ce monde. Je ne crois pas qu’il y ait, dans toute la Bible, de vérité aussi importante que celle qui est mise en lumière dans le troisième chapitre de l’Évangile de Jean.

C’est l’a b c de l’alphabet de Dieu. Si un homme n’est pas sain sur la régénération, il n’est sain sur rien. C’est vraiment là la pierre de fondement ; et il faut que le fondement soit bien posé. S’il ne l’est pas, à quoi bon essayer de bâtir une maison ? Or le Christ dit clairement : « Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. » Mais, bien que la régénération, ou nouvelle naissance, soit enseignée si clairement dans le troisième chapitre de Jean, je ne crois pas qu’il y ait dans toute la Bible une vérité sur laquelle règnent d’aussi épaisses ténèbres que sur cette grande vérité. Il y en a beaucoup qui sont comme cet homme qui voyait les hommes comme des arbres qui marchent. Bien des chrétiens ne semblent pas avoir les idées claires sur cette nouvelle naissance.

NÉ CHRÉTIEN.

Cet après-midi même, comme j’étais dans la salle des entretiens, une personne entra, et je lui dis : « Êtes-vous chrétienne ? » « Mais, me dit-elle, bien sûr que je le suis. » « Eh bien, lui dis-je, depuis combien de temps l’êtes-vous ? » « Oh, monsieur, je suis née chrétienne ! » « Oh ! vraiment ? alors je suis très heureux de vous serrer la main ; je vous félicite ; vous êtes la première femme que je rencontre qui soit née chrétienne ; vous avez plus de chance que les autres ; eux naissent enfants d’Adam. » Elle hésita un peu, puis essaya de faire valoir que, parce qu’elle était née en Angleterre, elle était chrétienne. Il y en a beaucoup qui s’imaginent que, parce qu’ils sont nés dans un pays chrétien, ils sont nés de l’Esprit. Or, dans ce troisième chapitre de Jean, la nouvelle naissance est exposée si clairement que, si quelqu’un le lit attentivement et avec prière, ses yeux, je pense, seront bientôt ouverts. Ce qui est né de la chair est chair ; cela reste chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit, et reste esprit. Ainsi, quand un homme est né de Dieu, il a la nature de Dieu. Quand un homme naît de ses parents, il reçoit leur nature, et ils avaient reçu la nature de leurs parents, et l’on peut remonter ainsi jusqu’à Adam. Mais quand un homme est né de Dieu, ou né d’en haut, ou né de l’Esprit — c’est ainsi que le Saint-Esprit le dit dans ce troisième verset —, il reçoit la nature de Dieu, et c’est alors qu’il quitte la vie de la chair pour la vie de l’esprit.

Avant d’aller plus loin, je veux dire une chose, à savoir ce que n’est pas cette nouvelle naissance, cette naissance de l’Esprit. Beaucoup de gens pensent qu’ils sont nés de nouveau parce qu’ils vont à l’église. Beaucoup disent : « Oh oui, je suis chrétien ; je vais à l’église tous les dimanches ! » Permettez-moi de dire ici qu’il n’y a personne, dans tout Londres, qui aille à l’église aussi régulièrement que Satan. Il est toujours là avant le pasteur, et il est le dernier à sortir de l’église. Il n’y a pas à Londres une église, ni une chapelle, dont il ne soit un fidèle habitué. L’idée qu’il ne se trouve que dans les bas quartiers, les ruelles et les impasses de Londres est une idée fausse. Il est partout où la Parole est prêchée ; c’est son affaire d’y être, et d’enlever la semence. Il est ici ce soir. Certains d’entre vous s’endormiront peut-être, mais lui ne s’endormira pas. Certains d’entre vous n’écouteront peut-être pas le sermon, mais lui l’écoutera. Il guettera, et au moment même où la semence entrera dans quelque cœur, il ira l’enlever.

CHRÉTIEN PARCE QUE BAPTISÉ.

Une autre catégorie de gens disent : « Oh oui, je suis chrétien, parce que j’ai été baptisé. » Or je veux dire ici que le baptême est une chose, et que naître de nouveau en est une autre. Parce qu’une personne est baptisée, vous ne pouvez pas dire que c’est là la nouvelle naissance. Appelleriez-vous cela naître d’en haut ? On ne peut pas faire entrer un homme dans le royaume de Dieu en le baptisant. Retenez bien cela. Si je pouvais sauver les hommes en les baptisant, vous ne me verriez pas prêcher. Je prendrais de l’eau et je les baptiserais ; ce serait le moyen le plus rapide. Il serait inutile de prier et de supplier les hommes de fuir la colère de Dieu. Mais jamais vous ne les ferez entrer dans le royaume de Dieu par le baptême. Le baptême est très bien à sa place. Je ne suis pas ici pour décrier les ordonnances de l’Église ; je parle de la nouvelle naissance : et il y en a beaucoup, je crois, qui se trompent sur ce point précis, et qui pensent que, parce qu’ils ont été baptisés à un moment de leur vie, ils sont devenus chrétiens. Mais ce n’est pas là la nouvelle naissance ; ce n’est pas là naître d’en haut et de l’Esprit. Ne laissez pas Satan vous tromper sur ce point, mes amis, car c’est une vérité très importante ; et nous voulons que chacun ici comprenne, et j’espère que l’Esprit de Dieu rendra claire la différence entre le baptême et la régénération, ou naissance de l’Esprit.

DEVENIR MEMBRE D’UNE ÉGLISE.

Il y a une autre catégorie de gens qui disent : « Oh oui, je suis devenu chrétien quand je suis devenu membre de l’Église. » Ce n’est pas là naître de nouveau. Qu’est-ce que cela a à voir avec la nouvelle naissance, que d’être uni à l’Église sur la terre ? Il y en a beaucoup, unis à l’Église, qui sont en chemin vers la mort et la ruine. Beaucoup de membres d’Église n’ont aucune espérance de la vie éternelle. L’un des douze que le Christ choisit pour le suivre se révéla un hypocrite et un traître ; il n’était pas loyal envers le Christ dans son cœur. Mes amis, ne fondez pas votre espérance du ciel sur quelque profession de foi, mais souvenez-vous qu’il faut que vous naissiez de Dieu. Arrêtons-nous juste une minute ; réfléchissez, et posez-vous cette question : « Suis-je né de nouveau ? » C’est la question la plus solennelle qui se posera jamais à vous ici-bas : « Suis-je né d’en haut ? Suis-je né de l’Esprit ? » Il ne s’agit pas de prendre de nouvelles résolutions. Vous en avez pris assez. Je n’ai jamais rencontré personne qui n’ait pris quelques bonnes résolutions dans sa vie. Il ne s’agit pas d’essayer de faire le bien. Beaucoup disent : « J’essaie de faire de mon mieux, et je pense que tout finira bien. » Qu’est-ce que cela a à voir avec la nouvelle naissance et la nouvelle création ? Dieu ne promet pas le salut à celui qui essaie de faire de son mieux, mais à celui qui croit, ou qui est né de l’Esprit ; car « si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ».

LA NOUVELLE NAISSANCE EST INSTANTANÉE.

Or je crois que cette nouvelle naissance est instantanée. J’ai rencontré bien des gens qui ne peuvent dire le jour ni l’heure de leur conversion ; mais il faut bien qu’il y ait eu un moment où ils sont passés de la mort à la vie — où ils sont nés de l’Esprit. Il faut bien qu’il y ait eu un moment où leurs noms ont été inscrits dans le livre de vie. Ils n’ont peut-être pas conscience du jour, ni de l’heure, ni de la semaine, ni du mois, ni de l’année ; mais, mes amis, je vous en supplie, assurez-vous que vous êtes nés de l’Esprit. Ne vous laissez pas tromper sur cette vérité, car le Christ lui-même dit : « Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. »

LA CHAIR NE PEUT SERVIR DIEU.

Comme je l’ai déjà dit, quand je suis né de mes parents, j’ai reçu leur nature, j’ai reçu la nature de la chair ; et je ne puis servir Dieu dans la chair. « Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité. » Et avant qu’un homme puisse adorer Dieu, il faut qu’il naisse de Dieu ; il faut qu’il naisse de l’Esprit. Alors, avec cette nouvelle naissance, avec cette vie nouvelle, il peut servir Dieu ; alors le joug est doux, et le fardeau léger. Un homme pourrait tout aussi bien essayer de voler jusqu’à la lune que de servir Dieu avant d’être né de l’Esprit ; c’est absolument impossible. L’homme naturel est en inimitié contre Dieu ; son cœur naturel est en guerre avec Dieu ; il l’a toujours été, et il le sera toujours. Et ce n’est pas tout : vous ne pouvez pas le rendre meilleur. Dieu ne raccommode jamais, il crée à nouveau ; n’essayez donc pas de rapiécer cette vieille nature d’Adam. Dieu dit : « Elle n’entrera jamais en ma présence. » Aussi Dieu l’a-t-il tout simplement mise de côté. Mais il nous dit comment nous devons entrer en sa présence, et comment nous devons entrer dans son royaume. Cela mérite qu’on s’en souvienne. On ne peut y faire entrer les hommes par l’instruction. C’est ce que le monde essaie de faire. Mais celui qui y monte par un autre chemin que celui du Seigneur, celui-là est un voleur et un brigand. Vous feriez mieux d’y naître selon la voie de Dieu.

Nous avons en Amérique une loi qui veut que nul ne puisse être président des États-Unis s’il n’est né sur le sol américain. Il vient en Amérique un grand nombre d’Anglais, et un grand nombre d’hommes de toutes les parties du monde, et pourtant je n’en ai jamais entendu un seul se plaindre de cette loi. Ils disent que l’Amérique a le droit de dire qui sera président. Je viens ici, dans votre pays, et je ne me plains pas de ce que vous ayez une reine pour régner sur vous. Quel droit aurais-je de m’en plaindre ? L’Angleterre n’a-t-elle pas le droit de dire qui la gouvernera, et qui sera sa reine ? Les étrangers n’ont aucun droit de s’en mêler. Et j’aimerais vous poser cette question : Dieu n’a-t-il pas le droit de dire qui entrera dans son royaume, et comment nous y entrerons ? Or, mon ami, Dieu nous dit ici que nous devons entrer dans son royaume par la nouvelle naissance. Il faut que nous naissions d’en haut, que nous naissions de l’Esprit, et alors nous recevons une nature qui se porte vers Dieu. Prenez un ivrogne, et placez-le sur le pavé même du ciel : il n’y sera pas heureux. L’ivrogne ne veut pas du ciel. Qu’y ferait-il ? Il n’y a pas de whisky à y boire, et il n’y trouve aucun de ses anciens compagnons. Qu’y ferait-il ? Il dirait : « C’est l’enfer pour moi. Je ne veux pas rester ici. » Un homme qui ne peut passer un seul sabbat sur la terre parmi le peuple de Dieu, que fera-t-il de ce sabbat éternel, avec ceux qui ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’agneau ? Il faut qu’un homme ait une nature spirituelle avant de désirer aller au ciel. Le ciel ne peut avoir aucun attrait pour un homme tant qu’il n’est pas né de l’Esprit.

LES HOMMES MORAUX ONT BESOIN DE LA NOUVELLE NAISSANCE.

Revenons maintenant à l’homme à qui le Christ adressa ces paroles. Je me réjouis souvent qu’il ne les ait pas dites à la femme du puits, ni à Marie de Magdala. S’il les leur avait dites, les gens auraient dit : « Oh, cette pauvre femme a besoin d’être convertie ; mais moi, je suis un homme moral ; je n’ai pas besoin d’être converti. La régénération convient aux prostituées, aux voleurs et aux ivrognes, mais nous, les gens moraux, nous n’en avons pas besoin. » Mais à qui le Christ le dit-il ? Il le dit à Nicodème. Qui était-il ? Il appartenait à la chambre des évêques. Nicodème occupait un rang très élevé ; il était l’un des dignitaires de l’Église ; il était aussi haut placé que n’importe quel homme de Jérusalem, à part le souverain sacrificateur lui-même. Il faisait partie des soixante-dix chefs des Juifs ; il était docteur en théologie, et il enseignait la loi. Il n’y a pas un mot de l’Écriture contre lui ; c’était un homme qui se dressait aux yeux de toute la nation comme un homme d’un caractère pur et sans tache. Que lui dit le Christ ? « Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. » Je vois son front se plisser. Il dit : « Que voulez-vous dire par naître de nouveau — naître d’en haut, naître de l’Esprit ? Maintenant que je suis vieux, puis-je rentrer une seconde fois dans le sein de ma mère, et naître de nouveau ? » Jésus dit : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut voir le royaume de Dieu. » Il ne retira pas ce qu’il avait dit, mais il le répéta. J’imagine que Nicodème était comme des dizaines de milliers d’hommes à Londres aujourd’hui. Dès que vous leur parlez de régénération ou de conversion, leur front se plisse. Ils disent : « Je ne comprends pas cela. » Naturellement, l’homme naturel ne comprend pas les choses spirituelles. C’est une affaire de révélation. Beaucoup d’hommes essaient de sonder Dieu et de le découvrir. Et si vous passiez un peu de votre temps à demander à Dieu de se révéler à vous ?

LA RAISON NE PEUT COMPRENDRE CETTE NOUVELLE NAISSANCE.

J’ai entendu parler, il y a quelque temps, de quelques voyageurs de commerce qui allèrent entendre prêcher un homme. Ils revinrent à l’hôtel et, assis dans le fumoir, ils causaient ; ils disaient que le prédicateur n’avait pas fait appel à leur raison, et qu’ils ne croiraient rien de ce qu’ils ne pourraient pas démontrer par le raisonnement. Un vieil homme était assis là, qui écoutait, et il leur dit : « Vous dites que vous ne croirez rien de ce que vous ne pouvez pas démontrer par le raisonnement ? » « Non, nous ne le croirons pas. » Le vieil homme dit : « Hier, en venant par le train, j’ai remarqué des moutons, des bœufs, des porcs et des oies, qui mangeaient tous de l’herbe. Eh bien, pouvez-vous me dire par quel procédé cette même herbe a été changée en plumes, en poils, en soies et en laine ? » « Ma foi, non, nous ne saurions vous le dire au juste. » « Croyez-vous que ce soit un fait ? » « Oh oui, c’est un fait. » « Je croyais que vous aviez dit que vous ne croiriez rien de ce que vous ne pourriez démontrer par le raisonnement ? » « Eh bien, nous ne pouvons pas nous empêcher de croire cela ; c’est un fait que nous voyons de nos yeux. » « Eh bien, dit le vieil homme, je ne puis m’empêcher de croire à la régénération, et qu’un homme puisse être converti, bien que je ne sache pas expliquer comment Dieu l’a converti. »

L’IMAGE DONT SE SERVIT LE CHRIST.

Or l’image dont le Christ se servit pour Nicodème, ce fut le vent. « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. » Vous ne pouvez pas voir l’Esprit de Dieu à l’œuvre dans cet auditoire ; mais j’espère, et je prie pour cela, qu’il est en ce moment à l’œuvre dans le cœur de beaucoup, les convainquant de péché ! Croyez-vous plus que jamais que vous êtes un pécheur ? Eh bien, c’est l’œuvre du Saint-Esprit. Le diable ne vous a jamais dit que vous étiez un pécheur ; il essaie de vous faire croire que vous êtes assez bon. Si vous croyez ce soir que vous avez péché contre Dieu, c’est l’œuvre du Saint-Esprit. Il est ici à l’œuvre. Nous ne pouvons le voir, mais il y en a beaucoup qui savent qu’il est ici. Supposez que je dise : « Je ne crois pas au vent, ce doit être pure imagination ; j’ai vécu trente-sept ans, et je n’ai jamais vu le vent. C’est folie aux hommes de parler du vent. » J’imagine très bien ce garçon, là, qui dirait : « Mais j’en sais plus que cet homme ; je sais qu’il y a du vent, car il a fait tomber mon chapeau dans la boue aujourd’hui même, et je l’ai souvent senti me souffler au visage. » Mes amis, vous n’avez jamais senti le vent plus que je n’ai senti l’Esprit de Dieu. Vous n’avez jamais vu les effets du vent plus que je n’ai vu les effets de l’Esprit de Dieu, et de l’œuvre du Saint-Esprit, et il y a ici des centaines de témoins qui attesteraient la même chose. Or cette puissance invisible accomplit son œuvre dans la création, et la grande puissance invisible de Dieu accomplit efficacement son œuvre dans le domaine spirituel.

La vie nouvelle en Christ, c’est la rupture des anciennes chaînes.

DIEU PEUT CHANGER L’IVROGNE.

Peut-être suis-je en train de parler en ce moment à quelque pauvre ivrogne ici. Quand il rentre chez lui, ses enfants écoutent, et reconnaissent au bruit de ses pas que leur père rentre ivre, et les petits s’enfuient et se cachent de lui comme s’il était quelque horrible démon. Sa femme se met à trembler. Que de fois ce grand bras vigoureux s’est abattu sur son corps faible et sans défense. Que de jours elle a porté sur elle les marques de la violence de cet homme. Il devrait être son protecteur, son soutien et son appui ; mais il est devenu son bourreau. Son foyer est comme un enfer sur la terre ; il n’y a là aucune joie. Il y en a peut-être un ici ce soir qui entend la bonne nouvelle qu’il peut naître de nouveau, et recevoir une nature venue du ciel, et recevoir l’Esprit de Dieu. Dieu peut lui donner la force de rejeter loin de lui la coupe infernale. Dieu lui donnera la grâce de fouler Satan sous ses pieds, et l’ivrogne deviendra alors un homme sobre. Allez dans cette maison trois mois plus tard, et vous la trouverez propre et bien tenue. En approchant de ce foyer, vous entendez chanter ; non pas la chanson de l’ivrogne, elle a disparu, toutes choses sont devenues nouvelles. Il est né de Dieu, et il chante l’un des cantiques de Sion :

« Rocher des siècles, ouvert pour moi,

Laisse-moi me cacher en toi. »

Ou peut-être chante-t-il ce bon vieux cantique que sa mère lui apprit quand il était petit garçon :

« Il est une source emplie de sang,

Jailli des veines d’Emmanuel ;

Et les pécheurs plongés dans ce flot

Perdent toutes leurs souillures. »

Il est devenu enfant de Dieu, héritier du ciel. Ses enfants grimpent sur ses genoux, et il a les bras passés autour de leur cou. Ce sombre foyer est maintenant changé en un petit Béthel sur la terre. Dieu y habite à présent. Oui ; Dieu a fait tout cela, et voilà ce qu’est la régénération.

CE QUE VALENT LES BONNES RÉSOLUTIONS.

Alors, quelques-uns d’entre vous se sont peut-être dit : « Je voudrais bien que M. Moody nous dise comment nous devons devenir chrétiens, puisqu’il dit que nous ne pouvons pas être chrétiens en essayant de faire le bien et en prenant de nouvelles résolutions. » Que de fois vous avez assisté à une réunion comme celle-ci, et résolu de tourner la page, et peut-être allez-vous maintenant prendre une autre bonne résolution. Si vous le faites, vous la romprez. Qu’allez-vous faire ? Si c’est une nouvelle naissance qu’il vous faut, vous ne pouvez pas créer la vie. Pouvez-vous rendre la vie aux morts ? Tous les sages de Londres ne le peuvent pas. Dieu seul est l’auteur de la vie ; et si vous avez la nouvelle naissance, ce doit être l’œuvre de Dieu. Quand les Jubilee Singers étaient dans le nord de l’Angleterre, ma famille alla les voir, et mon petit garçon demanda pourquoi ils ne lavaient pas le noir de leur visage. Je lui dis que c’était parce qu’ils étaient nés noirs. L’Éthiopien ne peut changer sa peau, ni le léopard ses taches. Vous ne pouvez pas vous sauver vous-même. Voici un homme qui meurt — pouvez-vous mettre en lui une vie nouvelle ? Ou pouvez-vous ressusciter un mort en disant : « Jeune homme, lève-toi » ? C’est l’œuvre de Dieu. Vos âmes sont mortes par vos offenses et par vos péchés, et seul le Seigneur Jésus-Christ peut dire la parole de vie.

LE MENDIANT ET LE PRINCE.

J’imagine que certains d’entre vous diront : « N’ai-je donc rien à faire ? » Eh bien, non, rien. Le salut a été accompli pour vous par un autre. Beaucoup font le tour du monde en quête d’honneurs ou de richesses. Le salut vaut des milliers de fois plus que tout ce que la terre peut produire ; mais ce n’est pas ainsi qu’on l’obtient. Dieu n’a qu’un seul prix pour le salut. Voulez-vous savoir lequel ? C’est sans argent, sans rien payer. Rowland Hill disait que la plupart des commissaires-priseurs avaient bien de la peine à faire monter les gens jusqu’à leur prix, mais que lui avait bien de la peine à les faire descendre jusqu’au sien. « Le salaire du péché, c’est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle. » Qui le veut maintenant ? Je vous le demande, jeune homme : voulez-vous de ce don ? Supposez que je traverse le pont de Londres, et que je voie un pauvre mendiant misérable, nu-pieds, sans habit, sans chapeau, à peine couvert de quelques haillons, et juste derrière lui, à quelques pas seulement, le prince de Galles avec un sac d’or ; et que le pauvre mendiant s’enfuie devant lui comme s’il fuyait un démon, tandis que le prince de Galles lui crie : « Hé, mendiant, voici un sac d’or ! » Eh bien, nous dirions que le mendiant est devenu fou, pour s’enfuir ainsi loin du prince de Galles et de son sac d’or. Pécheur, voilà votre condition. Le Prince du ciel veut vous donner la vie éternelle, et vous vous enfuyez loin de lui.

LE SOLDAT MOURANT.

Alors vous dites : « Si ce n’est pas en travaillant avec ardeur, comment serai-je sauvé ? » Je vais vous le dire ; l’Écriture vous le dira — cela vaut mieux. Prenez l’image dont le Christ se servit pour Nicodème ; vous ne pourriez en avoir de meilleure. Il le conduisit au remède : « Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:14-15). Voilà donc le remède. Comment serai-je sauvé ? En regardant au Christ ; simplement en regardant. C’est bien bon marché, n’est-ce pas ? Bien simple, n’est-ce pas ? Regardez seulement à l’Agneau de Dieu, maintenant, et soyez sauvé. Que dit le grand prédicateur du désert ? « Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. » On pourrait dire que tout le plan du salut tient en deux mots — Donner ; Recevoir. Dieu donne ; je reçois.

Je me souviens qu’après l’une des terribles batailles de la guerre de Sécession — j’étais à l’armée, auprès des soldats —, je venais de me coucher une nuit, passé minuit, pour prendre un peu de repos, quand un homme vint me dire qu’un soldat blessé désirait me voir. J’allai auprès du mourant. Il me dit : « Je voudrais que vous m’aidiez à mourir. » Je lui dis : « Je vous aiderais à mourir si je le pouvais. Je vous prendrais sur mes épaules et je vous porterais dans le royaume de Dieu si je le pouvais ; mais je ne le puis. Je puis vous parler de quelqu’un qui le peut. » Et je lui parlai du Christ, qui voulait le sauver ; je lui dis comment le Christ avait quitté le ciel et était venu dans le monde pour chercher et sauver ce qui était perdu. Je lui citai promesse après promesse, mais tout restait obscur, et il semblait presque que les ombres de la mort éternelle s’amassaient autour de son âme. Je ne pouvais pas le quitter, et enfin je pensai à ce troisième chapitre de Jean, et je lui dis : « Écoutez, je vais vous lire maintenant un entretien que le Christ eut avec un homme qui vint à lui alors qu’il était dans le même état d’esprit que vous, et qui lui demanda ce qu’il devait faire pour être sauvé. » Je lus simplement cet entretien au mourant, et il restait là, les yeux rivés sur moi, et chaque parole semblait pénétrer jusqu’à son cœur, qui était ouvert pour recevoir la vérité. Quand j’arrivai au verset où il est dit : « Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » — le mourant s’écria : « Arrêtez, monsieur. Est-ce que c’est là ? » « Oui, tout cela y est. » Alors il dit : « Voulez-vous, s’il vous plaît, me le relire ? » Je le lus une seconde fois. Le mourant joignit les mains, et il dit : « Dieu soit béni pour cela. Voulez-vous, s’il vous plaît, me le relire encore ? » Je lus tout le chapitre, mais bien avant la fin il avait fermé les yeux. Il sembla perdre tout intérêt pour le reste du chapitre, et quand j’eus fini, ses bras étaient croisés sur sa poitrine, il avait un doux sourire sur le visage ; le remords et le désespoir s’étaient enfuis. Ses lèvres tremblaient ; je me penchai sur lui, et je l’entendis murmurer faiblement de ses lèvres mourantes : « Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » Il ouvrit les yeux, fixa sur moi son regard calme, où se lisait déjà la mort, et il dit : « Oh ! cela suffit ; c’est tout ce qu’il me faut » ; et quelques heures après, il reposa sa tête mourante sur la vérité de ces deux versets, s’en alla sur l’un des chars du Sauveur, et prit sa place dans le royaume de Dieu.

Oh ! pécheur, vous pouvez être sauvé maintenant, si vous le voulez ! Regardez, et vivez. Que Dieu aide chaque âme perdue ici à regarder à l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.

Questions pour la réflexion

Pourquoi Moody dit-il que la nouvelle naissance est le sujet le plus important de la Bible ?
Il l’appelle « l’a b c de l’alphabet de Dieu » et la pierre de fondement : « Si un homme n’est pas sain sur la régénération, il n’est sain sur rien. » Le Christ l’a dit clairement : « Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. »
Qu’est-ce que la nouvelle naissance n’est PAS, selon Moody ?
Ce n’est pas être né dans un pays chrétien, ni aller à l’église (Satan, dit-il, est le plus assidu de tous à l’église), ni le baptême, ni le fait de devenir membre d’une Église (Judas était l’un des douze), ni le fait de prendre de nouvelles résolutions ou d’« essayer de faire le bien ».
Pourquoi Moody souligne-t-il que le Christ a dit cela à Nicodème ?
Parce que Nicodème était un chef et un docteur moral et respectable, « d’un caractère pur et sans tache », et non une prostituée ou un ivrogne. Personne ne peut donc dire que la régénération « convient aux prostituées, aux voleurs et aux ivrognes » mais non à l’homme moral : l’homme moral en a besoin, lui aussi.
Comment Moody dit-il qu’on naît de nouveau, puisque c’est l’œuvre de Dieu ?
Non pas en créant soi-même la vie — « Vous ne pouvez pas vous sauver vous-même. » Comme avec le serpent élevé par Moïse, le salut vient en regardant au Christ : « Donner ; Recevoir. Dieu donne ; je reçois. » Il l’illustre par le soldat mourant sauvé par Jean 3:14-15 — « Regardez, et vivez. »

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L’Écriture dans ce sermon Jean 3:3

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