Sermon · 17 min de lecture · Accessible

Le Brigand mourant

Portrait de Dwight L. Moody Dwight L. Moody

Texte

Luc 23:39-43

En bref

Le dernier homme sauvé avant la mort de Christ est la réponse de Moody à tous ceux qui se méfient d’une conversion soudaine: il demande combien de temps il faut à Dieu pour sauver une âme, puis suit le brigand pas à pas — la conviction, la confession, un mot sans honte pour Christ devant une foule qui raille, et la requête elle-même. Il conclut par un soldat mourant qui demanda qu’on dît à sa mère qu’il était mort en regardant en haut.

Lisez Luc 23:39-43

Je vais prendre pour texte un homme qui fut le dernier à être sauvé avant que Christ ne montât au ciel, avant même qu’il ne mourût sur la croix; et l’histoire de sa conversion devrait donner de l’espérance à tout homme. Nous avons dans la Bible le récit de la conversion de toutes les classes de gens. Pas une seule classe n’en est exclue. Il y a le plus riche et le plus pauvre, le plus grand et le plus petit; toutes les classes d’hommes, et toutes les classes de femmes.

Il y a de nos jours tant de gens qui parlent contre les conversions soudaines que la meilleure chose à faire, me semble-t-il, est de voir ce que l’Écriture en dit — de voir combien de temps il faut à Dieu pour convertir une âme. Si je lis bien ma Bible, huit mille personnes furent converties en deux jours. C’était un beau nombre en peu de temps, n’est-ce pas? Nous n’en sommes pas encore là; je voudrais bien que nous y fussions. Mais j’ai la ferme conviction que, si seulement l’Église de Dieu voulait se réveiller, nous verrions quelque chose de semblable.

JAMAIS TROP TARD.

Or, cet homme n’était pas seulement un brigand, mais un blasphémateur de Dieu, tout au bord de l’éternité, le plus dépravé et le plus perdu des misérables. Matthieu nous dit: « Les brigands, crucifiés avec lui, l’insultaient de la même manière. » On aurait pensé qu’ils eussent mieux à faire, si proches de la mort et du tombeau, et que leurs pensées fussent devenues bien solennelles en face non seulement de la mort, mais du jugement qui suit la mort. Au lieu de cela, ils injuriaient Christ et l’accablaient d’accusations quelques heures avant leur mort. Eh bien, je ne pense pas que ce brigand eût pu descendre plus bas, à moins de sombrer dans l’enfer. Et pourtant, si loin fût-il, Jésus le trouva. Matthieu et Marc nous disent tous deux que ces deux brigands l’insultaient. Jean ne dit rien de leurs insultes; en fait, il ne nous parle pas de la conversion de l’un d’eux. La première mention que nous en ayons se trouve en Luc 23:40, où nous le trouvons disant à l’autre brigand: « Ne crains-tu pas Dieu? » Salomon, le sage, dit: « Le commencement de la sagesse, c’est la crainte de l’Éternel. » Or, voilà le commencement de la sagesse chez ce brigand. Il se mit à craindre Dieu. J’espère qu’il y aura des centaines de personnes dans cette salle qui le craindront; car c’est là le vrai commencement de la sagesse.

LA CONVICTION DU PÉCHÉ.

Or, la chose suivante fut que cet homme fut convaincu. Nul n’est susceptible d’être converti avant d’avoir d’abord été convaincu de péché. Ce brigand fut convaincu. Et qu’est-ce qui le convainquit? Il n’entendit aucun sermon de Christ. Les magistrats se moquaient alors de lui. Les principaux de son propre pays l’avaient déclaré coupable de blasphème et l’avaient condamné à mourir de la mort de la croix. Les grands du royaume étaient là, hochant la tête et se moquant de lui. Qu’est-ce donc qui convainquit ce pauvre brigand? Il n’avait vu Christ accomplir aucun miracle; il n’avait entendu aucune parole merveilleuse tomber de ses lèvres; il ne voyait aucune couronne étincelante sur son front. Il est vrai qu’il était écrit au-dessus de sa croix: « Jésus, le roi des Juifs »; mais où était son royaume? Il ne voyait pas les Juifs lui rendre hommage. Les Juifs le mettaient à mort. Il n’y avait pas de sceptre dans sa main. Il est vrai qu’il avait été couronné peu de temps auparavant, mais seulement d’épines; et pourtant, au milieu de tout cela, ce pauvre brigand fut convaincu après que la crainte fut tombée sur lui.

LA PUISSANCE DE L’AMOUR.

Qu’est-ce qui le convainquit? Je vais dire ce qui, à mon avis, le convainquit, bien que je ne puisse l’enseigner de façon dogmatique; mais je crois que ce fut la prière du Sauveur. Lorsque le Seigneur Jésus cria du plus profond de son âme: « Père, pardonne-leur », la conviction jaillit dans son cœur. Il a dû se dire: « Voilà qui est plus qu’un homme; il a un esprit bien différent du mien. Moi, je ne pourrais pas demander à Dieu de leur pardonner. Je ferais descendre le feu du ciel pour les consumer, et j’appellerais Dieu à les frapper d’aveuglement comme le fit Élie, et je les balayerais de cette montagne si j’en avais le pouvoir. » Voilà ce qu’il a dû penser en entendant monter ce cri perçant: « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » Ah, c’est l’amour qui lui brisa le cœur. En ce temps-là, quand on crucifiait un homme, on avait coutume de le flageller. Ce pauvre homme avait été traduit devant le tribunal, jugé et condamné par le juge; mais cela n’avait pas brisé son cœur. Il avait été mené dehors et flagellé; mais cela n’avait pas brisé son cœur. Et voici qu’on l’avait cloué à la croix; mais cela même n’avait pas brisé son cœur. Le voilà qui injurie son Dieu. Mais lorsqu’il vit ce Sauveur plein d’amour, il entrevit son amour, et cet unique aperçu lui brisa le cœur.

J’ai entendu parler un jour d’un jeune homme au cœur très dur. Son père l’aimait comme il aimait sa propre vie. Il avait tout tenté pour ramener ce fils prodigue. Quand son père était mourant, on l’envoya chercher; mais il refusa de venir. Cependant, après la mort de son père, il revint à la maison pour assister aux funérailles; mais pas une larme ne tomba de ses yeux. Il suivit ce père jusqu’à sa dernière demeure et ne versa jamais une larme sur sa tombe. Mais lorsqu’ils rentrèrent à la maison et que le testament fut lu, ils découvrirent que ce père n’avait pas oublié son fils prodigue, mais s’était souvenu de lui avec bonté dans son testament; et cette preuve de l’amour du père lui brisa le cœur. Et il en fut ainsi, je pense, du brigand lorsqu’il entendit le Sauveur crier: « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font »; cela pénétra comme une flèche jusqu’au fond de son cœur, et il fut convaincu.

LA CONFESSION SUIT LA CONVICTION.

Eh bien donc, le point suivant chez cet homme fut qu’il confessa son péché. Il dit à son compagnon de brigandage: « Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes. » Je n’ai jamais vu un homme sauvé avant qu’il ne prît sa place comme pécheur. Caïn ne confessa jamais son péché. Judas ne confessa jamais son péché à Dieu, bien qu’il allât le confesser aux hommes.

Or, je tiens à dire que je ne suis pas venu ici pour vous presser de confesser vos péchés à un homme quelconque, à moins que vous n’ayez commis quelque péché contre lui et qu’il en soit scandalisé; si tel est le cas, allez le lui confesser, certainement. Nous ne devons confesser nos péchés à nul autre qu’à Dieu. Je n’ai guère de sympathie pour cette catégorie de gens qui courent sans cesse chez celui-ci et celui-là pour confesser leurs péchés. Il n’y a sur la terre aucun prêtre qui puisse pardonner les péchés. J’ai, moi, un souverain sacrificateur qui est « sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek ». Le seul homme dont l’Écriture nous rapporte qu’il ait confessé ses péchés à un homme fut Judas, et il alla aussitôt se pendre.

LA FOI EN CHRIST.

La chose suivante au sujet de ce brigand fut sa foi en Jésus-Christ. Nous parlons de la foi d’Abraham et de Moïse; eh bien, ce brigand eut la foi la plus remarquable de tous les hommes dont il soit fait mention. Il se plaça tout en tête de la classe, dépassant beaucoup de ceux qui avaient une foi admirable. Il n’entendit aucun sermon, ne vit aucun sceptre dans la main de Christ, aucune couronne sur son front, et ne fut témoin d’aucune œuvre merveilleuse; pourtant il eut une foi prodigieuse. Songez-y: Dieu mit vingt-cinq ans à affermir la foi d’Abraham. Dieu rencontra Moïse dans le buisson ardent, monta sur les montagnes et s’entretint avec lui; et Ésaïe vit Dieu élevé sur son trône; mais il n’en fut pas ainsi de ce brigand. Beaucoup avaient rencontré Christ et vu des choses merveilleuses. Ses disciples l’avaient entendu discourir et l’avaient vu ressusciter les morts, et pourtant ils l’avaient abandonné et quitté. Or, ici, au milieu des ténèbres et de l’obscurité, ce pauvre brigand eut foi en lui; car, bien que les Juifs eussent cloué ses mains et ses pieds à la croix, ils ne clouèrent pas ses yeux, et il put le regarder. Ils ne clouèrent pas son cœur à la croix, et c’est du cœur que l’homme croit, comme nous le lisons dans l’épître aux Romains, et c’est de son cœur qu’il a cru. Voilà de la foi.

NE PAS AVOIR HONTE DE CHRIST.

Puis la chose suivante, c’est qu’il confessa Christ en cette heure ténébreuse. Ce fut l’heure la plus sombre du pèlerinage de Christ ici-bas. Jamais nous ne verrons une autre heure aussi sombre. Le péché du monde était sur lui; le ciel lui était fermé — verrouillé, cadenassé et barré. Il était alors suspendu au bois, portant nos péchés; et il est écrit: « Maudit est quiconque est pendu au bois. » Et Dieu lui-même dut lui cacher sa face, car il ne pouvait regarder le péché, et Christ portait alors le péché du monde entier. Je crois que c’est ce que Christ voulait dire dans le jardin de Gethsémané, lorsqu’il pria pour que la coupe pût s’éloigner de lui. Jusqu’à ce moment-là, il voyait la face de son Père et savait qu’il était béni de lui, et de temps à autre une voix venait du ciel: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » Mais voici qu’il prenait notre place devant Dieu comme un pécheur, et Dieu dut lui cacher sa face. Oui, cela brisait le cœur du Sauveur; et maintenant, alors que les ténèbres s’étendent sur la création, que la lune va se changer en sang et que le soleil est sur le point de voiler sa face parce qu’il ne peut contempler cette scène terrible, alors que Pierre, l’un de ses disciples les plus en vue, l’avait renié avec un blasphème et avait juré qu’il ne l’avait jamais connu, et que Judas, l’un de ses propres disciples, était sorti et l’avait vendu pour trente pièces d’argent, et que les grands de la nation se moquaient de lui en disant: « Il a sauvé les autres; qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ » — au milieu de toutes ces ténèbres et de cette obscurité, voici que surgit cette foi éclatante du brigand: « Seigneur, souviens-toi de moi », il l’appela Seigneur là, séance tenante; et il dit à l’autre brigand: « Celui-ci n’a rien fait de mal. » Grâces soient rendues à Dieu pour cette confession. Voilà de la foi et de la confession. Si vous voulez être sauvé, il vous faut avoir foi en Christ et être prêt à le confesser devant tous les hommes.

« SEIGNEUR, SOUVIENS-TOI DE MOI. »

Considérez la prière du brigand. Les gens disent: « Oh, priez pour le salut, et vous l’obtiendrez! » Oui, mais souvenez-vous qu’il vous faut avoir foi en Christ avant de pouvoir prier. Lui, il avait foi en Christ, et voici qu’il l’appelle « Seigneur ». Ce fut le son de la voix d’un jeune converti: « Seigneur, souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. » Ce ne fut pas une très longue prière, mais ce fut une prière brûlante, jaillie tout droit de son cœur. Certains vous diront qu’ils ne peuvent prier sans un livre de prières. Mais le pauvre brigand n’avait pas de livre de prières; et s’il y avait eu des livres de prières en ce temps-là, il n’y avait personne pour lui en donner un. Il voulait le salut, il voulait simplement être sauvé, et il cria du fond de son cœur: « Seigneur, souviens-toi de moi! » — et jamais prière plus éloquente ne fut entendue ni imprimée sur la terre. Mais plus encore: il reçut plus qu’il n’avait demandé, car il n’avait demandé qu’à ce qu’on se souvînt de lui. Nous recevons toujours plus que nous ne demandons lorsque nous venons au Seigneur.

LE DERNIER REGARD DU MONDE SUR CHRIST.

Or, quand un grand homme meurt, on tient beaucoup à recueillir ses dernières paroles et ses derniers actes. Il est doux de recueillir les dernières paroles du Fils de Dieu. La dernière image que le monde eut de Christ fut sur la croix. On ne l’a jamais revu depuis. Nous n’avons aucun témoignage qu’un œil incirconcis ait contemplé Christ après qu’il fut ressuscité des morts. Le dernier aperçu que le monde eut de Christ, ce fut lui sauvant un pauvre pécheur alors qu’il était suspendu à la croix, le sauvant des mâchoires mêmes de l’enfer et de l’étreinte de Satan. Christ l’arracha à l’emprise même du diable et lui dit: « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. » Le lion de la tribu de Juda vainquit le lion de l’enfer lorsqu’il arracha le brigand mourant, tel un agneau, à l’étreinte de Satan. « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. » Voilà le glorieux Évangile. Affranchi de la loi. Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ.

LIBRE! LIBRE!

Au temps de Wilberforce, quand l’esclavage fut aboli et qu’on déclara qu’aucun esclave ne pouvait vivre sous le pavillon britannique, parce qu’une loi avait été votée déclarant tout homme libre, la nouvelle s’était répandue au loin; et lorsque le capitaine d’un navire se rendait dans une île lointaine des territoires esclavagistes, les esclaves noirs étaient aux aguets pour recevoir la nouvelle et s’assurer qu’elle était vraie. Ils avaient hâte de savoir si la loi qui les déclarait vraiment libres avait été votée. Et quand le capitaine arriva en vue de la petite île, ils étaient là, attendant les nouvelles, et le capitaine porta son porte-voix à sa bouche et cria à travers l’île: « Libres! Libres! » Et le cri fut repris et retentit par toute l’île: « Libres! Libres! » Et ils poussèrent des cris de joie, parce qu’ils n’étaient plus esclaves. Je vous apporte une bonne nouvelle. Le Fils de Dieu prononcera cette parole: « Libre. » Il prononça ces paroles sur la croix, et le pauvre brigand fut un homme libre, et Satan ne put le retenir.

Puis songez au contraste! Le matin, on fait sortir un pauvre condamné, maudissant et injuriant le Fils de Dieu lui-même; le soir, il chante le cantique nouveau de la rédemption. Ce soir-là, je le vois tout près du trône, chantant le doux cantique de Moïse et de l’Agneau. Le matin, il maudit; le soir, il chante: « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts. » N’était-ce pas là un changement? Quel contraste! Songez-y, ô pécheur. Condamné le matin par les hommes, rejeté comme trop vil pour la terre; le soir, assez bon pour le ciel; le soir, lavé dans le sang de l’Agneau, et Christ prêt à le recevoir dans le royaume des cieux. Christ n’eut pas honte de parcourir avec lui le pavé de cristal du ciel. Il entendit le cri sur la croix, quand Christ s’écria: « Tout est accompli! » Comme son âme a dû tressaillir de joie à ce cri! Il se dit: « Mon salut est maintenant achevé. » Il vit la lance enfoncée dans ce côté et le sang en jaillir, et je puis voir l’éclat sur son visage illuminé de gloire. « Sans effusion de sang il n’y a pas de pardon. » Ce fut un triste spectacle, mais glorieux.

LA MEILLEURE CHOSE À FAIRE.

Or donc, jeune homme, voulez-vous qu’il vous sauve? Êtes-vous prêt à le confesser comme votre Seigneur et Sauveur, à prendre place aux côtés du Maître et à dire dès cette heure: je servirai le Seigneur Jésus? Si tel est le cas, ce sera la meilleure nuit de votre vie jusqu’à présent. La meilleure chose que vous puissiez faire est de vous donner à Christ sur-le-champ. Tout vrai chrétien vous donnerait ce conseil; et si je pouvais crier jusqu’au trône et demander au Sauveur ce qu’il voudrait que vous fissiez, j’entendrais une voix descendre du ciel en roulant et dire: « Dis-lui de chercher le salut. » Lorsque le pauvre brigand fut converti, c’était probablement la première fois qu’il entendait parler du Seigneur Jésus-Christ, ou qu’il était invité. Mais il n’en est assurément pas de même pour vous. Combien de gens remettent le salut de jour en jour, jusqu’à ce qu’un jour il soit trop tard! Il y en a tant qui vivent dans l’avenir. Il vaut mieux que vous soyez sage et que vous entriez dès maintenant dans le royaume de Dieu. Que votre prière, comme celle du pauvre brigand, monte de votre cœur: « Seigneur, souviens-toi de moi », et vous ne demanderez pas en vain.

UNE CONVERSION OPPORTUNE.

Un pasteur d’Édimbourg raconte l’histoire de la conversion d’un jeune homme qui travaillait dans l’un des districts miniers. Un soir, à la fin de la réunion dans l’une des églises, il le vit debout près d’un pilier de l’église, les autres étant sortis, à l’exception de deux ou trois personnes, et l’on demanda à cet homme s’il ne rentrait pas chez lui. Il dit: « J’ai résolu de ne pas quitter cette église avant d’être devenu chrétien »; alors ils restèrent, s’entretinrent et prièrent avec lui. Ce fut la meilleure chose qu’il pût faire. J’aimerais que chacun ici fît de même. Décidez-vous à ne pas partir avant d’avoir réglé le sort de votre âme pour l’éternité. Or, le lendemain, tandis que ce jeune homme travaillait dans la mine, le charbon s’effondra sur lui, et avant de mourir il lui resta juste assez de force pour dire à ses compagnons: « C’est une bonne chose que d’avoir réglé cela hier soir — une très bonne chose. » Jeune homme, je vous laisse répondre à la question: n’était-ce pas une bonne chose qu’il l’eût réglé cette nuit-là?

Un jeune homme, qui servit dans l’armée pendant la guerre de Sécession, me raconta que, lorsqu’il apprit que son frère, dont il n’avait jamais été séparé, s’était engagé dans un certain régiment, il s’en alla aussitôt inscrire son nom à la suite de celui de son frère. Ils mangeaient ensemble, marchaient ensemble et combattaient coude à coude. Finalement, son frère fut atteint d’une balle Minié et tomba mortellement blessé à ses côtés. Il vit trop clairement qu’il devait mourir, et comme la bataille faisait rage et qu’il ne pouvait rien faire pour le sauver, il plaça le sac de son frère sous sa tête, l’installa aussi commodément qu’il le put, et, se penchant sur lui, l’embrassa, lui dit adieu et le laissa mourir. Comme il s’éloignait, son frère lui dit: « Charlie, reviens, et laisse-moi te baiser sur les lèvres. » « Comme je me penchais sur lui, dit le jeune soldat qui me raconta l’histoire, il me baisa sur les lèvres et dit: “Porte cela à notre mère, et dis-lui que je suis mort en priant pour elle”; et comme je me détournais de lui, je pus l’entendre dire: “C’est la gloire”; et comme il gisait baignant dans son sang, je me demandai ce qu’il voulait dire, et je lui demandai ce qu’était la gloire. Il dit: “Charlie, il est glorieux de mourir en regardant en haut — je vois Christ dans le ciel.” »

MOURIR EN REGARDANT EN HAUT.

Si vous voulez mourir en regardant en haut et en voyant Christ, cherchez le royaume de Dieu. Peut-être n’entendrez-vous jamais plus l’appel. Ne quittez pas ce lieu sans avoir résolu de régler à l’instant la solennelle question de l’éternité.

Questions pour la réflexion

Pourquoi Moody présente-t-il le brigand mourant comme une espérance pour tous?
Parce que le brigand était un blasphémateur dépravé sauvé « tout au bord de l’éternité » — la dernière personne convertie avant la mort de Christ. Moody se sert de lui pour défendre la conversion soudaine et pour soutenir que nul n’est trop perdu, ni trop tard, pour être sauvé.
Selon Moody, qu’est-ce qui, en réalité, convainquit le brigand, lui qui n’entendit aucun sermon et ne vit aucun miracle?
La prière de Christ: « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » Moody dit que ce fut l’amour qui brisa le cœur du brigand — il vit un esprit tout autre que le sien, esprit de vengeance — le comparant à un fils prodigue brisé non par la mort de son père, mais en apprenant qu’il avait été mentionné dans le testament.
Que dit le sermon au sujet de la confession du péché, et à qui la faire?
Moody dit de confesser ses péchés à Dieu, et non à quelque homme ou prêtre, qui ne peut les pardonner. La seule personne, dans l’Écriture, qui ait confessé à un homme fut Judas, « et il alla aussitôt se pendre » — ne confessez à une personne que pour réparer un tort commis contre elle.
Pourquoi Moody juge-t-il la foi du brigand plus remarquable que celle d’Abraham ou de Moïse?
Parce que la foi d’Abraham mit vingt-cinq ans à mûrir et que Moïse rencontra Dieu dans le buisson ardent, tandis que le brigand crut sans aucun sermon, sans aucun miracle, sans couronne ni sceptre à voir — se confiant en Christ à son heure la plus sombre, alors que même les disciples avaient fui.
L’Écriture dans ce sermon Luc 23:39-43

Domaine public. Texte source de l’édition originale.