Chapitre 10 · 17 min de lecture · 22 min d’écoute
Avertissement contre l’incrédulité
« Prenez garde, frères, que quelqu’un de vous n’ait un cœur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant. » HÉBREUX 3:12.
LE contraste entre le troisième et le quatrième chapitre de cette épître est très marqué. Le premier ressemble à une morne journée de novembre, quand tout le paysage est noyé sous une pluie battante et que les feuilles pourrissantes tombent en averses pour trouver une tombe sur le sol humide et boueux. Le second ressemble à une journée claire et paisible du cœur de l’été, quand la nature se délecte d’une félicité reposante sous les caresses sans réserve du soleil. Il y a entre eux autant de différence qu’entre le septième et le huitième chapitre de l’épître aux Romains.
Mais chacun de ces chapitres représente une expérience de la vie chrétienne intérieure. Peut-être la majorité des chrétiens vivent-ils et meurent-ils dans le troisième chapitre, à leur perte infinie. Relativement peu passent dans le quatrième. Pourtant, lecteur, pourquoi ne franchiriez-vous pas la frontière aujourd’hui même, laissant derrière vous pour toujours les expériences amères et décevantes qui sont devenues la règle ordinaire de votre existence ? Montez hors du désert où vous avez erré si longtemps. Votre séjour en ce lieu n’a été dû ni à quelque désir de la part de Dieu, ni à quelque décision arbitraire de sa part, ni à quelque infirmité naturelle de votre tempérament, mais à certains graves manquements de votre part dans le régime de la vie intérieure.
L’antipode de vos mornes expériences passées, c’est Christ, les richesses incompréhensibles de Christ ; c’est d’être fait participant de Christ : car Christ est la Terre promise où coulent le lait et le miel, où nous mangeons du pain avec abondance, et où nous cueillons les raisins, les grenades et les olives d’une rare félicité spirituelle.
EXPÉRIENCES DU DÉSERT. Jamais nation n’occupa position plus glorieuse que les enfants d’Israël le matin où ils se tinrent, victorieux, sur les rivages de la mer Rouge. La puissance du tyran avait été brisée par une série de miracles merveilleux. La chevalerie de l’Égypte s’était enfoncée comme du plomb dans les eaux puissantes de la mort. Et quand le soleil se leva derrière les montagnes d’Édom et traça un sentier étincelant sur le miroir poli de la mer, il découvrit de longues rangées de cadavres rejetés jusqu’au bord de l’eau. Derrière eux, l’Égypte quittée pour toujours. Au-dessus d’eux, la nuée floconneuse, char de Dieu, tabernacle de sa présence. Devant eux, la Terre promise. Plus d’un rêvait déjà de vignes et d’oliviers, et d’une demeure stable, tout cela à deux ou trois mois d’une marche aisée.
Mais de ces six cent mille hommes, enivrés de victoire et d’espérance, deux seulement devaient voir le pays où coulent le lait et le miel ; et ceux-là, pas avant que quarante années de lassitude se fussent lentement écoulées. Et que devinrent tous les autres ? Hélas ! leurs cadavres tombèrent dans le désert. Au lieu de reposer dans quelque sépulcre de famille au pays de la promesse, leurs corps furent relevés un à un et déposés dans l’étendue désolée du désert ; le sable pour linceul, la solitude pour mausolée. Il fallut quarante ans pour qu’ils meurent tous. Et, pour cela, il dut y avoir une forte proportion de décès. Qu’elles étaient mornes, ces funérailles incessantes ! Qu’ils étaient monotones, ces perpétuels accents de la douleur orientale gémissant à travers le camp ! Faut-il s’étonner que le psaume 90, écrit au milieu de telles scènes, soit d’une tristesse si inexprimable !
L’expérience du désert est l’emblème, entre autres choses, de l’agitation, de l’absence de but et des désirs inassouvis. L’agitation : on ne cessait de plier les tentes pour les dresser de nouveau à peu près au même endroit. Leur lot : une lassitude perpétuelle ; et il ne leur fut pas permis d’entrer dans le repos de Dieu. L’absence de but : Ils erraient dans le désert, ils marchaient dans la solitude, Sans trouver une ville où ils pussent habiter. Les désirs inassouvis : Ils souffraient de la faim et de la soif; Leur âme était languissante.
Mais quelle image de la vie de beaucoup d’entre nous ! La vie s’enfuit si vite loin de nous, et combien elle demeure éloignée de l’idéal ! Qu’ils sont peu nombreux, les chrétiens qui semblent avoir appris le secret du repos intérieur ! Combien sont victimes du murmure et du mécontentement, ou mordus par les serpents de la jalousie et de la passion, de la haine et de la malveillance ! L’expérience presque universelle parle de vœux rompus et d’espérances flétries, d’errances sans but, d’une monotonie d’échecs. Toujours lever et dresser le camp ! Toujours entouré du même horizon monotone, du sable, avec çà et là un palmier ! Toujours nourri du même aliment, jusqu’à ce que l’âme en ait le dégoût ! La vie s’écoule au milieu de l’irritation, de la déception qui ronge et de la lassitude de l’existence, jusqu’à ce que nous disions avec Salomon : « Vanité des vanités, tout est vanité. »
L’un des fléaux du désert est la tempête de sable, quand le vent brûlant est chargé d’une fine poussière qui pénètre dans les yeux, la bouche et les poumons, traverse les vêtements, pique la peau et rend la vie presque insupportable. Image fidèle des petits ennuis, des menues irritations, de cet essaim perpétuel de piqûres de moucherons qui envahissent nos situations les plus confortables et nous font nous demander si la vie vaut la peine d’être vécue.
Il y a aussi le mirage. De loin, de vertes clairières semblent attirer le voyageur épuisé qui, lorsqu’il les atteint, voit ses espérances trompées et sa soif tournée en dérision. Emblème des déceptions auxquelles s’exposent ceux qui cherchent sans cesse quelque bien terrestre pour adoucir les épreuves et les douleurs de leur vie, au lieu de rechercher la communion et le secours béni du Christ vivant. Ils avancent, pensant à chaque pas qu’ils approchent d’une oasis dans leur marche à travers le désert ; mais, à mesure qu’ils s’en approchent, l’édifice de leurs espérances s’évanouit dans les airs.
« Nous sommes devenus participants de Christ. » Ces paroles peuvent signifier soit que tous les croyants ensemble ont part à la plénitude de Jésus, soit qu’ils ont tous part avec lui à la plénitude de Dieu. « Héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ. » Mais quelle que soit la vraie interprétation, la pensée est d’un secours inexprimable. Jésus-Christ est notre Terre promise, et notre Josué pour nous y conduire. Il nous donne le repos. En lui sont les vergers et les vignes, et toutes sortes de choses précieuses. Sa consolation pour notre douleur ; son repos pour notre lassitude ; sa force pour notre faiblesse ; sa pureté pour notre corruption ; son secours toujours présent pour notre besoin. Ô Jésus béni, c’est assurément l’étonnement du ciel que nous fassions si peu de cas de toi !
LA CAUSE DE L’EXPÉRIENCE DU DÉSERT. Ils ne purent y entrer à cause de leur incrédulité. Voyez comme l’incrédulité dresse une barrière qui nous ferme l’accès de la bénédiction. Une fortune peut vous avoir été léguée ; mais si vous ne croyez pas la nouvelle et ne la réclamez pas, vous n’en profiterez pas. Un régiment d’anges peut passer devant votre maison, les mains chargées de bénédictions qui pourraient vous enrichir pour toujours ; mais si vous ne croyez pas la nouvelle de leur passage, vous ne sortirez pas pour les saluer ni pour les accueillir. Un noble caractère peut s’élever dans le voisinage où vous vivez, ou dans la société où vous évoluez ; mais si vous n’y croyez pas, vous ne tirerez aucun stimulant, aucun réconfort de son influence bienfaisante et secourable. Ainsi, quoi que Christ puisse être, et si proche qu’il soit, il ne sera rien pour vous tant que vous n’aurez pas appris à vous confier en lui.
Il y a trois conditions dans lesquelles l’incrédulité prospère chez nous, comme chez les enfants d’Israël : ils murmurèrent.
La première explosion eut lieu dans le désert de Sin (Exode 16), quelques jours à peine après la sortie d’Égypte. Il n’y avait pas de pain. Les provisions emportées à la hâte d’Égypte étaient épuisées. Ils avaient leurs pétrins, mais pas de farine à pétrir. Il n’y avait aucune intendance organisée. « Et toute l’assemblée des enfants d’Israël murmura dans le désert contre Moïse et Aaron. Les enfants d’Israël leur dirent: Que ne sommes-nous morts par la main de l’Éternel dans le pays d’Égypte, quand nous étions assis près des pots de viande, quand nous mangions du pain à satiété? Car vous nous avez menés dans ce désert pour faire mourir de faim toute cette multitude. »
La deuxième explosion se produisit à Rephidim (Exode 17). Il n’y avait pas d’eau. Les maigres torrents du désert n’étaient plus que des amas de pierres brûlantes, et pas une feuille de verdure ne frémissait sous l’ardent soleil. Et de nouveau l’on entendit les sourdes rumeurs du mécontentement, tandis que le peuple marmonnait sa conviction qu’on l’avait fait sortir d’Égypte pour le faire périr là.
Mais l’explosion la plus grave eut lieu peu après leur départ du Sinaï (Nombres 13). Les vertes collines de la Palestine apparurent enfin, et des espions furent envoyés en avant pour explorer le pays. Au bout de quarante jours, ils revinrent chargés de fruits savoureux ; mais ils avaient à raconter, sur la force et les fortifications des Cananéens, une histoire qui remplit le peuple de consternation ; et « tous les enfants d’Israël murmurèrent contre Moïse et Aaron, et toute l’assemblée leur dit: Que ne sommes-nous morts dans le pays d’Égypte ! » « Ils méprisèrent le pays des délices; Ils ne crurent pas à la parole de l’Éternel, Ils murmurèrent dans leurs tentes, Ils n’obéirent point à sa voix. Et il leva la main pour jurer De les faire tomber dans le désert » (Psaumes 106:24-26). Un cœur qui murmure et se plaint a déjà commencé à ne plus croire à la direction sage et aimante de Christ, et c’est en lui que l’incrédulité prospérera.
« Ils se détournèrent du Dieu vivant. » Dieu est la Demeure et la Source de la vie. De lui, comme d’une fontaine, toutes choses tirent leur être, leur force et leur beauté. Si Israël était demeuré en union vivante avec lui, ses provisions n’auraient jamais manqué ; et il y aurait eu assez de grâce pour rendre le peuple calme, paisible et fort au milieu de ces privations et de ces difficultés. Mais ils se détournèrent de lui. Ils pensèrent pouvoir mieux faire par eux-mêmes. Ils abandonnèrent la source d’eau vive, et montèrent dans les collines pour se creuser des citernes rompues, c’est-à-dire crevassées, qui ne retiennent pas l’eau. Ils oublièrent le Rocher qui les avait engendrés ; et ainsi ils devinrent comme le tamaris du désert, qui habite des étendues mornes et inhabitées, à l’opposé de l’arbre dont les racines sont nourries par les fleuves et dont les branches ombragent des générations.
Demandons-nous s’il y a eu quelque déclin dans la religion de notre cœur : moins d’esprit de prière, moins d’intimité dans notre marche avec Dieu, moins de joie dans le culte de sa maison ; car, s’il en est ainsi, l’incrédulité ne manquera pas de se manifester, comme le champignon qui s’engraisse sur un sol humide et fétide. L’incrédulité ne peut vivre à la lumière de la communion avec Dieu.
Ils ne surent pas tirer les leçons du passé. Ils ne niaient pas le passé. Ils vous auraient raconté, les yeux étincelants, la merveilleuse histoire de leur délivrance. Mais ils ne se fièrent pas à l’amour et à la sagesse de Dieu ; ils ne s’appuyèrent pas sur ses promesses répétées qu’il les ferait très certainement entrer, comme il les avait déjà fait sortir ; ils ne trouvèrent pas dans le passé la garantie qu’il ne les délaisserait ni ne les abandonnerait. À Sin, ils auraient dû dire : « Il nous a donné ces corps avec ces appétits et ces besoins : nous pouvons compter sur lui pour leur fournir de la nourriture. “Notre Père céleste sait que nous avons besoin de toutes ces choses.” » À Mara, ils auraient dû dire : « Il nous a donné la manne ; assurément il peut apaiser notre soif. » À Paran, ils auraient dû dire : « Dieu a promis de nous donner le pays ; aussi, bien que les Cananéens soient forts et leurs villes fortifiées jusqu’au ciel, nous oserons croire en lui. » Au lieu de cela, ils s’écrièrent : « Voici, il a frappé le rocher, et des eaux ont coulé, Et des torrents se sont répandus; Pourra-t-il aussi donner du pain, Ou fournir de la viande à son peuple? »
En traversant la vie, nous devrions soigneusement remplir nos cœurs du souvenir de la grande bonté de Dieu, et tirer des délivrances passées l’assurance qu’il ne nous délaissera jamais et ne nous abandonnera point. Nous a-t-il fait traverser l’Atlantique pour nous laisser nous noyer dans un fossé ? A-t-il été avec nous dans six détresses pour nous abandonner dans la septième ? Nous a-t-il sauvés, et ne peut-il pas nous garder ? Nous a-t-il rachetés de l’enfer, et ne peut-il pas nous amener au ciel ?
« Son amour d’autrefois nous défend de penser
Qu’il nous laisse à la fin dans la peine sombrer ;
Chaque doux Ében-Ézer que nous passons en revue
Confirme son bon plaisir de nous aider jusqu’au bout. »
Si nous voulons nous garder de l’incrédulité, nous devons fortifier notre foi en récapitulant sans cesse l’histoire des voies de Dieu envers nous dans le passé ; ainsi, par le cours de la mémoire, les hautes terres de notre vie enverront leurs alluvions de secours béni pour nous fortifier dans nos inquiétudes et nos perplexités quotidiennes. « L’Éternel se souvient de nous: il bénira. » « Si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. »
Vous étiez heureux dans votre enfance ; vos premiers jours étaient sertis dans un cadre d’or ; mais des êtres chers se sont évanouis, comme l’ombre du chêne s’efface des taillis de la forêt, et vous vous sentez sans protection et seul : mais le Dieu de votre enfance ne sera pas moins attentif à vous qu’en ces jours heureux d’autrefois.
Vous vous êtes avancé sur les eaux, et tandis que la tempête vous menace, vous souhaiteriez presque être revenu en arrière ; mais celui qui était avec vous dans le port tranquille sera tout aussi près de vous quand les vents feront rage et que les vagues élèveront leur voix. Vous êtes sur le point d’échanger les pots de viande de l’Égypte contre le pays nouveau de Canaan, avec sa promesse bénie ; et, en chemin, le cœur et la chair défaillent devant les scènes nouvelles et inconnues qui effraient et déconcertent : mais celui qui vous a délivré de Pharaon peut vous protéger d’Amalek ; celui qui a fendu la mer Rouge divisera le Jourdain.
AVERTISSEMENTS INSPIRÉS. « Prenez garde que quelqu’un de vous n’ait un cœur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant. » L’incrédulité est l’enfant, non de la tête, mais du cœur. Il est toujours bon de connaître la source d’une maladie ; le médecin peut alors l’attaquer dans sa citadelle. Si l’incrédulité était la créature de notre intelligence, il nous faudrait l’y combattre par des arguments ; mais puisqu’elle est le produit d’un mauvais état du cœur, d’un cœur mauvais, c’est là que nous devons la combattre.
« C’est, dit William Law, une vérité éternelle sur laquelle vous ne sauriez trop réfléchir : la raison suit toujours l’état du cœur ; et ce qu’est votre cœur, cela est votre raison. Si votre cœur est plein de sentiments, de pénitence et de foi, votre raison prendra le parti de votre cœur ; mais si votre cœur est enfermé dans la mort et la sécheresse, votre raison ne se plaira qu’aux objections et aux spéculations arides. »
Gardez-vous d’un cœur mauvais. Si le cœur était dans un état convenable, la foi lui serait aussi naturelle que les fleurs au printemps, ou que les sourires sur le visage d’une enfance saine et innocente. Dès que le cœur tombe dans un mauvais état — abritant le péché ; chérissant des choses que vous n’excuseriez pas chez les autres, mais que vous tolérez chez vous-même ; laissant des pensées et des désirs impurs subsister sans frein et sans jugement —, alors prenez garde ! car un tel cœur n’est plus capable de croire en Dieu. La tête lui tourne ; ses yeux sont aveuglés ; et il court le péril imminent d’une chute irrémédiable.
Prenez donc garde ! Veillez et priez ! Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi; éprouvez-vous vous-mêmes ! Exposez-vous à la lumière scrutatrice de l’Esprit de Dieu. Cultivez un cœur honnête et bon. La plus grande partie de l’incrédulité d’aujourd’hui vient de ce que l’homme répugne à garder Dieu dans sa connaissance. On peut faire remonter plus de scepticisme à un cabinet de prière négligé qu’aux arguments des incrédules ou aux salles des sécularistes. Les hommes s’éloignent d’abord de Dieu ; puis ils le renient. C’est pourquoi, la plupart du temps, l’incrédulité ne cédera pas à d’habiles sermons sur les preuves du christianisme, mais à des coups droits qui frappent au défaut de la cuirasse et atteignent l’âme qu’elle recouvre. « Garde ton cœur plus que toute autre chose, Car de lui viennent les sources de la vie. »
Gardez-vous surtout de l’endurcissement du cœur. Les cœurs durs sont des cœurs incrédules ; prenez donc garde à l’ossification du cœur. Les cœurs les plus durs ont été tendres autrefois, et les plus tendres peuvent s’endurcir. La craie qui renferme aujourd’hui les coquillages fossiles fut jadis une vase humide. La main calleuse du travailleur fut autrefois pleine de tendres fossettes. Le meurtrier frissonna jadis lorsque, enfant, il écrasa un ver. Judas dut être autrefois un garçon sensible et impressionnable.
Mais les cœurs s’endurcissent peu à peu, comme gèle un étang par une nuit glaciale. Au début, le processus ne peut être décelé que par un œil exercé. Puis apparaît une mince pellicule de glace, si fine qu’une épingle ou une aiguille passerait au travers. Bientôt elle supportera un caillou ; et, si l’hiver maintient son empire sans relâche, un enfant, un homme, une foule, une charrette suivront. Nous nous endurcissons par les étapes d’un processus inaperçu.
Entendre constamment la vérité sans y obéir. Connaître le meilleur et faire le pire. Chérir des choses impures qui paraissent belles comme des anges. Refuser de confesser le mal et de professer le bien. Tout cela endurcit. Gardez-vous de la séduction du péché ! Prenez garde à vous-mêmes ! Exhortez-vous les uns les autres chaque jour.
Gardez-vous d’un cœur inconstant. C’est le péché que cette épître combat tout particulièrement. Il y en a beaucoup autour de nous qui embrassent avec ardeur une nouveauté ; mais quand vient l’épreuve, comme elle vient toujours, il se produit un relâchement, semblable au tassement d’une maison. Il nous faut retenir jusqu’à la fin la ferme confiance et l’espérance dont nous nous glorifions. Nous ne pouvons devenir participants de Christ que si nous retenons fermement jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement.
Nous devons veiller non seulement sur notre propre cœur, mais sur le cœur de nos frères ; nous exhorter les uns les autres chaque jour, veillant les uns sur les autres, et cherchant à ranimer la piété languissante et à raviver l’espérance défaillante. Prenons garde à ces choses aujourd’hui. C’est maintenant le temps de Dieu. Voici ce que dit le Saint-Esprit: Aujourd’hui ! Chaque jour de retard est dangereux, parce que le processus d’endurcissement devient plus habituel. Aujourd’hui, restituez ce que vous avez pris injustement ; réparez un tort, faites avancer le droit. Aujourd’hui, renoncez à quelque mauvaise habitude, à quelque passe-temps profane, à quelque amitié illicite. Aujourd’hui, tendez vers une réalisation plus complète du bel idéal qui vous fait signe. Aujourd’hui, quittez le désert pour toujours, et entrez par la foi dans la Terre promise.
Chapitre 10 terminé
Avertissement contre l’incrédulité